Tag: Nîmes

  • Immersion dans « Ma part de Nîmes » de Philippe Ibart

    Immersion dans « Ma part de Nîmes » de Philippe Ibart

    « Ma part de Nîmes”, c’est des visages de la ville dans son quotidien, au fil des ans et des saisons, dans ses lieux de rencontres ou de solitudes urbaines », présente Philippe Ibars dont le travail photographique sur la ville est présenté jusqu’au 24 janvier au Prolé.

    À travers la trentaine d’images exposées, le photographe professionnel nîmois, qui expose également sur les murs des couloirs et de la salle polyvalente du lycée CCI du Gard, propose une déambulation sensible dans la ville. Sans message revendiqué ni intention démonstrative, ses photos invitent à faire une pause, à regarder autrement les scènes du quotidien.

    Les visages de la ville

    Dans chaque scène, des personnes habitent l’image et la ville respire. Juste des humains dans la ville. Philippe Ibart n’a d’autre prétention que de regarder la vie telle qu’elle se déroule. « Il y a toujours un peu de poésie dans le banal, et s’il y a aussi une part de beauté, elle est, pour paraphraser Oscar Wilde, confondue dans les yeux de celui qui compose et de celui qui regarde l’image », livre-t-il.

    De la promenade Cervantes aux jardins de la fontaine en passant par le bâtiment de la CPAM, l’artiste nous transporte au gré de ses déambulations. Des lieux familiers, presque anodins, que l’on traverse souvent sans les voir. « C’est une banalité pour moi, j’ai vécu ici toute ma vie. Je connais cette voiture jaune, comme tous les gens de Nîmes. Mais voir la ville sur ces belles photos, ça fait plaisir », confie un habitué du café.

    L’exposition donne à voir Nîmes non comme un sujet à défendre ou à expliquer, mais comme un espace vécu, traversé, habité. Une ville regardée sans discours appuyé, où l’ordinaire devient matière à attention. Et peut-être, simplement, une invitation à lever les yeux sur ce qui est là.

    * 20 rue Jean-Reboul.

    Entrée libre.

  • Avec la gauche, « Nîmes veut changer de siècle »

    Avec la gauche, « Nîmes veut changer de siècle »

    Il fallait pousser la porte. Vendredi soir, le Prolé était bondé. Une centaine de personnes serrées dans la salle, d’autres encore dehors, à tendre l’oreille. Ambiance chaleureuse, applaudissements nourris, sourires et embrassades : les vœux de Nîmes en Commun et des élus du groupe Nîmes Citoyenne à Gauche avaient des allures de meeting populaire. Quelque 300 personnes au total. Chaque élu municipal du groupe Nîmes Citoyenne à Gauche a pris la parole en liant son engagement à un combat. Pierre-Édouard Detrez a ouvert sur la démocratie locale, dénonçant une « gestion clanique et opaque » du conseil municipal et les atteintes répétées au droit d’expression de l’opposition. « Refuser d’entendre certains élus, c’est considérer que tous les Nîmois ne jouissent pas de la même considération », a-t-il lancé, sous les applaudissements.

    Sur le logement, Corinne Giacometti a dressé un constat précis et documenté : chute du taux de logements sociaux, absence de mixité, urgence d’un PLU co-construit. Elle plaide pour « ne plus faire la ville sans ses habitants » et pour des outils concrets : permis de louer élargi, encadrement des loyers, travail avec les bailleurs.

    Christian Bastid a prolongé sur le même thème, martelant que le logement est « un enjeu social majeur, politique, climatique », appelant à lutter contre les marchands de sommeil, la vacance, la spéculation et les locations de courte durée.

    Jo Menut, avec émotion, a porté la voix de l’éducation et de la petite enfance : manque de places en crèches, précarité des personnels municipaux, écoles mal adaptées aux fortes chaleurs. « C’est l’avenir de nos enfants qui se joue », a-t-elle insisté, évoquant la nécessité de végétaliser les cours et de stabiliser les équipes éducatives.

    Bruno Ferrier a livré un plaidoyer pour une éthique politique exigeante face à « une droite qui, depuis vingt-cinq ans, se croit tout permis », appelant à faire confiance au collectif Nîmes en Commun, «où la compétence prime sur les intérêts personnels ».

    Mordante, Marianne Bernède a assumé sa critique de la majorité sortante : « Ils découvrent aujourd’hui qu’il faut végétaliser la ville… après vingt ans de béton ». Elle a rappelé les retards sur les mobilités, les transports, l’adaptation climatique.

    Sylvette Fayet a, elle, recentré le débat sur la vie quotidienne : voirie dégradée, propreté insuffisante, manque de mobilier urbain. Un chantier de fond à mener « avec les habitants et les comités de quartier ».

    «Il faudra plus qu’une majorité»
  • Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Nîmes sort de vingt-cinq années de « système Fournier » comme on se réveille d’une longue nuit : groggy, traversée de rancœurs, mais aussi d’espoirs confus. Le bilan est lourd. Dans une ville parmi les plus pauvres de France, plus de 30% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, avec des pics dépassant largement les 70% dans certains quartiers populaires comme celui Pissevin où les habitants subissent une double peine : l’insécurité sociale et celle de l’insécurité liée aux narcotrafiquants.

    La carte postale romaine
    – Arènes ripolinées, Maison carrée classée à l’Unesco, centre historique repeint pour les touristes – masque mal une ville à deux vitesses. Les habitants parlent d’une « ville d’en haut » et d’une « ville d’en bas », séparées par quelques rues et un gouffre social. Pendant que la majorité sortante vantait le « rayonnement » et louait son patrimoine, les immeubles lézardés du centre ancien et les barres des quartiers populaires s’enfonçaient dans l’humidité, la précarité et le décrochage scolaire.

    Sur cette toile de fond, l’insécurité est devenue l’obsession officielle. Nîmes aligne l’un des parcs de vidéosurveillance les plus denses de France – plus de 680 caméras, juste derrière Nice en ratio par habitant – sans que cela n’enraye durablement ni la petite délinquance ni les règlements de comptes liés au narcotrafic. Là où la droite promet toujours plus d’objectifs, de caméras de surveillance, les habitants réclament d’abord de l’humain : des policiers de proximité, des médiateurs, des éducateurs, du travail et des logements dignes. Les colères sont multiples : jeunes qui ne se projettent pas dans leur ville, locataires du vieux centre qui vivent dans des passoires, habitants des quartiers populaires relégués loin des équipements publics, commerçants étranglés par la hausse des charges. Les inégalités climatiques s’y ajoutent : à l’heure du dérèglement du climat, le projet « Nîmes 2035 » de Franck Proust un des candidats de la droite, avec ses palmiers de carte postale qui « ne font pas d’ombre », apparaît comme le symbole d’une droite plus préoccupée d’esthétique que de justice sociale ou de fraîcheur urbaine.

    Pourtant, les urnes ont déjà montré qu’une autre majorité est possible. En 2022, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête avec 28,68% au premier tour de la présidentielle à Nîmes, en 2024, lors des élections législatives anticipées, le Nouveau front populaire rassemblant la gauche devance le parti d’extrême droite RN dans la ville, quand le reste du département bascule massivement à son profit. Cette contradiction – ville votant plutôt à gauche au premier tour dans les scrutins nationaux mais bloquée à droite au niveau municipal – « Nîmes en commun » veut en faire un atout, un point d’appui.

    « D’abord on se tait, on écoute et puis on construit »

    Face à ce paysage, la force de Vincent Bouget coordinateur et leader de « Nîmes en commun » n’est pas seulement d’incarner l’union de la gauche (PCF, PS, écologistes, PRG, Place publique, mouvements citoyens), mais d’avoir patiemment construit une autre manière de faire de la politique. Depuis plus d’un an, « Nîmes en commun » laboure le terrain : film participatif s’appuyant sur les témoignages des habitants projeté dans les quartiers, plus de 110 entretiens filmés, une trentaine de réunions publiques, puis un questionnaire portant notamment sur les vœux de chacun, rempli par près de 3 000 Nîmoises et Nîmois dans tous les quartiers.

    La soirée du 11 décembre de restitution de ce questionnaire devant 900 personnes, micro et parole qui circulent, – une assemblée décrite comme un « moment démocratique rare et enthousiasmant ». Là où la droite s’est enfermée dans l’entre-soi municipal, Vincent Bouget assume un pari inverse : « D’abord on se tait, on écoute », avant de « construire un projet ». Il promet de prolonger cette méthode après le scrutin de mars, pour que la démocratie participative ne s’arrête pas au soir du vote.

    Sur le fond, la colonne vertébrale qui se dessine est claire : une ville qui « prend en compte tous les quartiers » et ne se contente plus de bichonner l’hypercentre ; une politique de sécurité globale, articulée à l’emploi, au logement et aux services publics, plutôt qu’aux seuls slogans « musclés » ; une stratégie de réhabilitation massive de l’habitat, plutôt que de nouveaux grands « projets vitrines » ; une priorité assumée à la jeunesse, à l’éducation, au sport et à la culture ; une véritable politique écologique, où « on peut trouver mieux que les palmiers pour faire de l’ombre ». Vincent Bouget le martèle : « Face à la division, il faut faire du commun », et se présente comme « le seul à pouvoir battre l’extrême droite », non pas en moralisant, mais en proposant un espace démocratique où les habitants se reparlent et reprennent la main sur leur ville.

    « Faire du commun », ou « la guerre de succession »

    Car en face, le spectacle offert par la droite locale est aux antipodes de ce patient travail de terrain et de concertation populaire. À l’approche des municipales, sous la pression des ambitions personnelles, la majorité sortante se divise. Jean-Paul Fournier, affaibli, tire sa révérence après vingt-cinq ans à l’Hôtel de Ville, sans designer de successeur.

    D’un côté, Franck Proust, président LR de Nîmes Métropole, adoubé récemment par Horizons, parti de l’ancien premier ministre Edouard Philippe. De l’autre, Julien Plantier, ancien premier adjoint, qui refuse de se ranger derrière lui et finit par s’allier à la macroniste Valérie Rouverand sous la bannière « L’avenir des Nîmois ». S’ajoutera, une liste du RN, dont la dynamique est forte à l’échelle du département. Les communiqués assassins, les invectives sur « l’arrogance » de l’un ou « le mépris de l’autre » sonnent comme autant de coups de Jarnac : tout concourt à donner l’image d’un camp qui règle ses comptes sur la place publique et cherche sa survie électorale plutôt qu’il ne se préoccupe des Nîmois.

    Politiquement, cette fragmentation ouvre une fenêtre historique pour la gauche rassemblée. Publié fin novembre 2025, Un sondage Quorum pour Le Réveil du Midi dessinait les contours d’une ville en trois blocs : gauche, droite et extrême droite. Dans la plupart des scénarios, Vincent Bouget arrive en tête au premier tour, autour de 28-30%, devançant l’extrême droite RN autour de 25-27% et Franck Proust crédité de 22%. En cas de ticket Plantier-Rouverand, Proust est même relégué plus bas, et la quadrangulaire devient un cauchemar pour la droite traditionnelle. Rien n’est fait pour autant. Les mêmes enquêtes montrent que dans le cas d’une triangulaire classique, avec un RN qualifié au second tour, la droite espère encore arracher la victoire de justesse, « Nîmes en commun » considère que forte de sa diversité elle rassembler et devenir un rempart face à la menace RN et à une droite essoufflée et sans réel projet transformateur.

    C’est là que se noue la réponse à la question : Nîmes va-t-elle basculer à gauche avec Vincent Bouget porteur des couleurs de « Nîmes en commun » ? C’est possible, si la dynamique citoyenne enclenchée par « Nîmes en commun » dans les urnes, si les milliers de personnes qui ont pris la peine de remplir un questionnaire, d’aller aux assemblées votent et font voter glissent aussi un bulletin le 15 mars. Oui, si « Nîmes en commun » parvient à être entendue à la fois aux quartiers populaires aujourd’hui délaissés et à l’électorat traditionnel démocrate écœuré par la « fin de règne » chaotique aspire à un changement positif et serein. Dans un Gard saturé par la poussée lepéniste, le basculement de Nîmes serait bien plus qu’un changement de maire : un signal national, la preuve qu’une ville populaire du Sud peut encore choisir de résister et reconstruire ensemble, plutôt que de céder à la résignation ou à la haine.

    REPERES

    11 février 2025 : Projection du film-documentaire Si je vous dis Nîmes, donnant la parole aux habitants de tous les quartiers.

    Automne 2025 : Les militants et bénévoles sillonnent marchés, et quartiers pour interroger les Nîmois via un questionnaire. 3 000 réponses recueillies.

    11 décembre 2025 : 900 personnes réunies à la halle des sports Ludivine-Furnon pour débattre du résultat du questionnaire.

  • Le Festival de Nîmes monte le son

    Le Festival de Nîmes monte le son

    Cent-cinquante-mille spectateurs en 2025 mais la 29e édition risque de battre tous les records avec 30 concerts et spectacles prévus du 11 juin au 26 juillet dans les Arènes.

    Le festival s’amorce en beauté le 11 juin avec un concert de Théodora. Dès le 12, on retrouve Gaëtan Roussel et Vanessa Paradis puis Feu! Chatterton et Benjamin Biolay le 14. Le 17 juin, place au groupe suédois de heavy metal Sabaton pour une escale de son « Legendary tour », suivi d’un concert de l’icône folk-rock Neil Young le 22, des Black Eyed Peas le 23 et de Lenny Kravitz le 24.

    Le 26 juin, les Arènes accueillent « Gladiator live », une interprétation par l’orchestre national de Montpellier Occitanie de la bande originale du film de Ridley Scott. Le 28 juin, le compositeur Joe Hisaishi dirigera les musiques tirées des films du studio Ghibli et Miyazaki. Le 1er juillet, place au rappeur Damso, suivi de Jamiroquai le 2, du pianiste Ludovico Einaudi le 3, du Gardois Julien Doré le 4 et de Sting le 6. Le 7 juillet, The Pixies célébrera ses 40 ans de carrière, Marilyn Manson fera vibrer Nîmes le 8, suivi d’une représentation du Béjart Ballet de Lausanne le 10.

    Le 11 juillet, Katy Perry fera ses premiers pas sur la scène nîmoise (complet), suivie le 13 par Lorde, puis par Nick Cave & the bad seeds le 14. Le 16 juillet, les toulousains Big Flo & Oli feront leur retour dans les Arènes, tout comme Christophe Maé le 17. Le 18, place à Charlotte Cardin, suivie de Tom Odell le 20. Gims donnera un concert déjà complet le 21 et Orelsan deux représentations les 22 et 23. Le festival s’achèvera sur trois dates de The Cure les 24, 25 et 26 juillet.

  • À Nîmes, Pissevin poursuit sa transformation

    À Nîmes, Pissevin poursuit sa transformation

    À Nîmes, le quartier de Pissevin poursuit sa transformation entamée il y a quelques années dans le cadre du Nouveau projet de renouvellement urbain (NPNRU) de la métropole nîmoise – qui concerne également les quartiers Chemin Bas d’Avignon-Clos d’Orville et Mas de Mingue. L’objectif étant de rénover le parc social où logent 16 000 personnes. Une aubaine pour les riverains, excédés par le trafic de drogue pourrissant la vie du quartier. Bien que les travaux se dérouleront sur plusieurs années afin de remodeler totalement le site, le projet de la Porte des Arts devrait émerger en partie en 2026.

    22 logements attendus

    Porté par STS Promotion, le projet de la Porte des Arts comporte deux îlots. Le premier, à proximité de la RN 160, est composé de deux bâtiments. L’un concerne un programme d’habitations de 22 logements collectifs avec autant de places de parking, le second sera réservé pour douze commerces de proximité sur une surface de près de 1 000 mètres carrés. D’un coût de 3,7 millions d’euros, ce premier îlot devrait être livré au second semestre 2026.

    Dans un second temps, un îlot sera construit au croisement de l’avenue des Arts et la rue Daumier. Ici, il n’est pas question de logements mais de la création d’une maison de santé pluridisciplinaire de 800m² à laquelle il convient d’ajouter une pharmacie en rez-de-chaussée avec 30 places de parking. D’un coût estimé à 2,5 millions d’euros, ce chantier devrait être finalisé au second semestre 2027.

  • Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Vingt-cinq ans de Fournier à Nîmes, trente et un ans de Roustan à Alès : en 2026, deux villes clefs du Gard tournent la page de mairies verrouillées à droite. À Nîmes, Jean-Paul Fournier (LR) se retire après quatre mandats. La droite laisse un paysage en friche, fracturé entre les ambitions concurrentes de Julien Plantier, ancien premier adjoint, et de Franck Proust, patron de Nîmes Métropole, adoubé par LR, l’UDI… et plus récemment Horizons. À côté, Renaissance tente d’exister, au prix de combinaisons illisibles pour beaucoup de Nîmois. Quant au RN en embuscade, il laisse planer la rumeur Julien Sanchez.

    En face, la gauche a tiré les leçons de 2020. Avec Nîmes en Commun, Vincent Bouget (PCF) conduit une union large – PS, EELV, PP – nourrie par une démarche participative au long cours : des réunions de quartiers et un questionnaire où plus de 3 000 habitants ont pris la parole. Dans une ville où la droite a confisqué les décisions pendant un quart de siècle, le message est clair : redonner la ville à celles et ceux qui l’habitent.

    À Alès aussi, c’est la fin d’une époque. Max Roustan, figure de la droite locale depuis les années 1990, a passé la main à son fidèle compagnon de route, Christophe Rivenq. Une continuité revendiquée, au moment même où l’extrême droite engrange des victoires dans les circonscriptions alentour. Le RN rêve de transformer l’ancienne « capitale des Cévennes rouges » en vitrine de sa normalisation. La gauche, elle, tente de reconstituer un front commun pour « reprendre la maison » via le mouvement du Printemps alésien et son chef de file Paul Planque (PCF).

    Mais l’enjeu dépasse les seules préfecture et sous-préfecture. Dans les villages viticoles et les petites villes, le RN lorgne sur les mairies (Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Vauvert…). Là où les services publics se retirent, où les loyers flambent et où les fins de mois se tendent, c’est aussi le terrain de jeu des discours de haine et des clientélismes opaques. En 2026, le Gard joue donc gros. Soit les forces de gauche et du mouvement social parviennent à transformer les colères en projets, les citoyens en contre-pouvoirs locaux. Soit l’extrême droite continue d’essaimer, de Beaucaire à Vauvert, d’Alès aux hameaux des Cévennes, profitant des divisions et des rancœurs personnelles.

  • [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    Fermé mi-janvier suite à la liquidation judiciaire prononcée en décembre 2024 par le tribunal de commerce, l’abattoir d’Alès a pu être sauvé in extremis au prix d’une privatisation de l’outil.

    Après plusieurs mois de procédures et de travaux de remise aux normes, la structure reprise par Olivier Roux, l’ancien directeur de l’abattoir de Tarascon et actuel patron d’Atelier spécialisé viande (ASV), a finalement pu rouvrir ses portes le 11 septembre. A peine 11 salariés y travaillaient à la reprise contre une vingtaine auparavant. Essentielle, l’installation, qui ne tourne qu’à 50%, va devoir faire ses preuves pour durer.

    Les halles de la discorde

    A Nîmes, un projet qui aurait pu sembler consensuel fait jaser. Il s’agit de la rénovation programmée des halles historiques (140 ans). Le flou entretenu par la municipalité de Jean-Paul Fournier est tel qu’en mai, un collectif a fait part de ses craintes, réclamant une véritable concertation. L’absence d’objectif ou même de visuel de ce que sera le lieu en 2029 suscite la méfiance. Combien d’étals demeureront ? Ce lieu de vie peut-il se gentrifier et devenir un lieu de consommation bling bling, comme à Béziers où les halles privatisées par Robert Ménard ont changé d’atmosphère et de clientèle ? A Nîmes ou Béziers, les halles, enjeu des municipales.

  • [Quoi de neuf] « Bernard Lazare a défendu Alfred Dreyfus avant tous »

    [Quoi de neuf] « Bernard Lazare a défendu Alfred Dreyfus avant tous »

    Un événement historique se déroule à Nîmes, capitale du Gard, dimanche 14 décembre*. Un grand intellectuel, écrivain et journaliste, natif de la ville, va être réhabilité. Bernard Lazare (1865-1903), fut le premier à dénoncer, en 1896, l’injustice dont fut victime le capitaine Alfred Dreyfus, désormais élevé au grade de général. Son monument avait été détruit par le régime antisémite de Pétain en 1942. La pugnacité du collectif Histoire et Mémoire, qui a lancé une souscription citoyenne, et le soutien des collectivités permettent aujourd’hui de rendre justice à ce grand républicain et défenseur des droits humains que fut Bernard Lazare.

    Françoise Verna : Pourquoi est-ce important aujourd’hui de redonner toute sa place à Bernard Lazare dans l’espace public ?

    David Storper : Il y a un devoir de mémoire républicain à rétablir la vérité, reconstruire le monument et enfin réparer cette infamie faite au premier défenseur du capitaine devenu cette année général Dreyfus. Bernard Lazare est un homme de combat qui a permis à la République de ne pas fléchir à un moment où c’était difficile. Il faut savoir que la presse était hostile à Dreyfus et que Bernard Lazare a une indépendance d’esprit que je crois aussi propre aux personnes d’Occitanie, il y a de nombreuses figures comme ça, d’engagement. Reconstruire sa statue c’est remettre à sa place cet homme.

    Olivier Nottale : Une presse qui était à plus de 90% contre Dreyfus ?

    David Storper : 117 ans après l’inauguration du premier monument, Bernard Lazare c’est la figure d’une presse libre, indépendante de l’État, des partis et de l’argent et je crois qu’en 2025 cela résonne fortement dans l’actualité.

    Françoise Verna : La conception de la presse de Bernard Lazare c’est exactement ce que l’on va écrire dans le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) en 1944. C’était un précurseur ?

    David Storper : Bernard Lazare s’est très tôt intéressé à ces questions, à l’antisémitisme et à son histoire. Il a essayé d’en chercher les causes. Tout au long de sa vie, c’est un critique littéraire, un journaliste et il a souvent eu à critiquer lui-même ses propres écrits antérieurs. Bernard Lazare a écrit la première brochure pour défendre Alfred Dreyfus en 1896 [L’affaire Dreyfus, une erreur judiciaire, deux ans avant le J’accuse d’Émile Zola paru dans L’Aurore début 1898, Ndlr]. C’est un pionnier et il l’a été sur de nombreux combats. Vous avez parlé du CNR il a été pionnier aussi sur ses valeurs qui font la France. Après, la IIIe République a largement mis en valeur Bernard Lazare puisque c’est une commande de l’État, du Sénat qui a commandé sa statue.

    Olivier Nottale : Depuis sa destruction sous le régime de Vichy, il s’est passé beaucoup de temps pour reconstruire ce monument. Comment l’expliquer ?

    David Storper : On a voulu aussi oublier. L’Histoire c’est jamais blanc ou noir, il y a aussi du gris. Ce qu’il y a de passionnant dans la reconstruction de la statue de Bernard Lazare c’est qu’il est fait à l’identique, dans les mêmes matériaux, avec une mobilisation citoyenne. On montre qu’en 2025, les citoyens peuvent prendre part à la République. Je tiens à préciser que c’est une mobilisation citoyenne locale, nationale et internationale. Cela montre que Bernard Lazare est une figure universelle.

    Françoise Verna : Dans la temporalité, il est le premier à dire que Dreyfus est victime d’une erreur judiciaire. Comment expliquer que Zola ou Jaurès ont pris plus la lumière ?

    David Storper : Bernard Lazare ne cherchait pas la visibilité. C’est quelqu’un qui pouvait être clivant, qui pouvait parler vrai et déplaire. Malgré tout, il travaillait pour des journaux qui ne partageaient pas ses idées comme Le Figaro. Il cherchait à défendre la vérité. Il était tellement un Ovni dans la planète France de l’époque qui ont pris la lumière. Ce qui est important sur la statue c’est une femme qui porte un flambeau, c’est une manière de propager la connaissance et un flambeau ça se voit de loin. Aujourd’hui où il y a tant d’obscurité, il ne faut pas se tromper de flambeau.

    Olivier Nottale : Est-ce que l’on peut se procurer facilement les écrits de Bernard Lazare ?

    David Storper : Je vous recommande d’aller sur le site de la BNF [Bibliothèque nationale de France] qui permet à des auteurs qui n’ont pas d’éditeurs qui republient leurs œuvres, d’obtenir des photocopies mises sous plis. Vous pouvez les commander chez votre libraire. C’est la meilleure façon de connaître Bernard Lazare : le lire.

    Françoise Verna : Vous travaillez aussi auprès des collégiens et lycéens ?

    David Storper : Notre volonté est de faire découvrir cette thématique de la disparition du monument. On a un circuit mémoriel dans la ville de Nîmes. Une classe a aussi reconstruit avec l’IA, un Bernard Lazare qui pose des questions sur l’esprit critique et les valeurs qui nous rassemblent.

    Dimanche 14 décembre à 12h, inauguration du monument Bernard Lazare, Jardins de la Fontaine, entrée Bosquet, Nîmes..

  • Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Ce samedi 13 décembre, les élus nîmois ont clôturé l’année politique par une séance de conseil municipal dense, avec 56 délibérations à l’ordre du jour. Moment fort de la matinée : l’adoption du budget primitif 2026, dernier de la mandature de Jean-Paul Fournier, dans un climat de plus en plus marqué par les échéances électorales à venir.

    Porté par l’adjoint aux finances Frédéric Escojido, ce budget affiche 402 M d’euros de dépenses consolidées, dont 125,8 M€ pour l’investissement. Il vise à poursuivre les projets structurants en matière d’urbanisme, d’éducation, de sécurité et de transition écologique, tout en maintenant un ratio de désendettement à cinq ans. « Ce budget est rigoureux, sincère, et assure la continuité de l’action municipale », a-t-il défendu. Mais à gauche, Vincent Bouget a dénoncé un « faux équilibre », pointant notamment « une baisse de plus de 2 M d’euros pour les associations ».

    Des débats électriques

    Les tensions se sont aussi cristallisées sur le financement des centres sociaux. François Courdil (adjoint) a accusé le Département de n’avoir soutenu qu’un seul centre cette année. Sur un autre front, l’élue d’opposition Sylvette Fayet a vivement critiqué l’augmentation de 50 centimes des places PMR pour les corridas, dénonçant une mesure « absurde et honteuse ». L’adjoint à la tauromachie Frédéric Pastor a répliqué que l’accompagnant bénéficie du même tarif réduit.

    Enfin, la Ville a réaffirmé son engagement pour l’égalité femmes-hommes, avec un index de 78/100 et des mesures de prévention accrues, notamment via le dispositif Angela ou la distribution de capuchons anti-GHB. À trois mois du scrutin, cette séance aura résumé en une matinée les enjeux d’un basculement politique en gestation.

  • [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    Au fil d’une présentation dense, les organisateurs ont mis en lumière les priorités exprimées par les Nîmois : une ville plus unie, où l’insécurité recule, où les jeunes trouvent leur place, où le logement et le cadre de vie redeviennent accessibles. Ce moment de restitution a permis de poser les premières pierres du projet que Vincent Bouget et les forces de gauche entendent porter en 2026, revendiquant un principe simple : partir de la parole des habitants pour refonder l’avenir de la ville.

    Avant même d’entrer dans le détail des résultats, les organisateurs ont rappelé ce qui avait conduit à cette restitution très attendue : avec 110 entretiens vidéos menés auprès de Nîmoises et de Nîmois représentatifs de la ville, puis prolongé par 30 projections-débats ayant réuni plus de 2 000 personnes. Ce cycle avait révélé un besoin profond : renouer le dialogue dans une ville où beaucoup disent manquer d’écoute.

    C’est pour répondre à cette demande qu’un questionnaire inédit avait été conçu, puis diffusé dès septembre dans tous les quartiers. Pendant trois mois, plusieurs centaines de membres du collectif ont sillonné marchés, parcs, arrêts de bus, pieds d’immeubles et halls d’immeubles pour aller chercher la parole là où elle se trouve, au plus près des habitants.

    À l’arrivée, 2 847 réponses ont été analysées -1 931 questionnaires papier et 917 numériques- formant un matériau statistique suffisamment robuste pour tirer des conclusions fines. Le profil des répondants reflétait une ville diverse : 58% de femmes, une forte représentation des 35-75 ans, des répondants plutôt « cadres » et « employés », et aussi des artisans-commerçants dans les contributions issues des entreprises. Surtout, la carte des réponses montrait que tous les quartiers de Nîmes avaient participé, des plus centraux aux plus périphériques, ce qui a permis d’établir un diagnostic précis des attentes, secteur par secteur, en amont des municipales de 2026.

    Retrouvez les résultats de cette enquête inédite dans l’édition papier ou numérique de La Marseillaise Hebdo d’Occitanie du vendredi 12 décembre.