Tag: Nîmes

  • Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Ce samedi 13 décembre, les élus nîmois ont clôturé l’année politique par une séance de conseil municipal dense, avec 56 délibérations à l’ordre du jour. Moment fort de la matinée : l’adoption du budget primitif 2026, dernier de la mandature de Jean-Paul Fournier, dans un climat de plus en plus marqué par les échéances électorales à venir.

    Porté par l’adjoint aux finances Frédéric Escojido, ce budget affiche 402 M d’euros de dépenses consolidées, dont 125,8 M€ pour l’investissement. Il vise à poursuivre les projets structurants en matière d’urbanisme, d’éducation, de sécurité et de transition écologique, tout en maintenant un ratio de désendettement à cinq ans. « Ce budget est rigoureux, sincère, et assure la continuité de l’action municipale », a-t-il défendu. Mais à gauche, Vincent Bouget a dénoncé un « faux équilibre », pointant notamment « une baisse de plus de 2 M d’euros pour les associations ».

    Des débats électriques

    Les tensions se sont aussi cristallisées sur le financement des centres sociaux. François Courdil (adjoint) a accusé le Département de n’avoir soutenu qu’un seul centre cette année. Sur un autre front, l’élue d’opposition Sylvette Fayet a vivement critiqué l’augmentation de 50 centimes des places PMR pour les corridas, dénonçant une mesure « absurde et honteuse ». L’adjoint à la tauromachie Frédéric Pastor a répliqué que l’accompagnant bénéficie du même tarif réduit.

    Enfin, la Ville a réaffirmé son engagement pour l’égalité femmes-hommes, avec un index de 78/100 et des mesures de prévention accrues, notamment via le dispositif Angela ou la distribution de capuchons anti-GHB. À trois mois du scrutin, cette séance aura résumé en une matinée les enjeux d’un basculement politique en gestation.

  • [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    Au fil d’une présentation dense, les organisateurs ont mis en lumière les priorités exprimées par les Nîmois : une ville plus unie, où l’insécurité recule, où les jeunes trouvent leur place, où le logement et le cadre de vie redeviennent accessibles. Ce moment de restitution a permis de poser les premières pierres du projet que Vincent Bouget et les forces de gauche entendent porter en 2026, revendiquant un principe simple : partir de la parole des habitants pour refonder l’avenir de la ville.

    Avant même d’entrer dans le détail des résultats, les organisateurs ont rappelé ce qui avait conduit à cette restitution très attendue : avec 110 entretiens vidéos menés auprès de Nîmoises et de Nîmois représentatifs de la ville, puis prolongé par 30 projections-débats ayant réuni plus de 2 000 personnes. Ce cycle avait révélé un besoin profond : renouer le dialogue dans une ville où beaucoup disent manquer d’écoute.

    C’est pour répondre à cette demande qu’un questionnaire inédit avait été conçu, puis diffusé dès septembre dans tous les quartiers. Pendant trois mois, plusieurs centaines de membres du collectif ont sillonné marchés, parcs, arrêts de bus, pieds d’immeubles et halls d’immeubles pour aller chercher la parole là où elle se trouve, au plus près des habitants.

    À l’arrivée, 2 847 réponses ont été analysées -1 931 questionnaires papier et 917 numériques- formant un matériau statistique suffisamment robuste pour tirer des conclusions fines. Le profil des répondants reflétait une ville diverse : 58% de femmes, une forte représentation des 35-75 ans, des répondants plutôt « cadres » et « employés », et aussi des artisans-commerçants dans les contributions issues des entreprises. Surtout, la carte des réponses montrait que tous les quartiers de Nîmes avaient participé, des plus centraux aux plus périphériques, ce qui a permis d’établir un diagnostic précis des attentes, secteur par secteur, en amont des municipales de 2026.

    Retrouvez les résultats de cette enquête inédite dans l’édition papier ou numérique de La Marseillaise Hebdo d’Occitanie du vendredi 12 décembre.

  • Nîmes se pare de vert et d’or pour Noël

    Nîmes se pare de vert et d’or pour Noël

    Moment phare de ce début de saison, les projections monumentales seront visibles du 4 au 7 décembre, chaque soir de 18h à 21h. Tour de l’Horloge, musée du Vieux Nîmes, église Saint-Paul et horloge du lycée Daudet se transformeront grâce aux créations d’ID Scènes.

    Le samedi 13 décembre, la ville accueillera Verne, un spectacle aérien gratuit où un ballon géant embarquera Jules Verne et cinq scientifiques dans un voyage poétique. Le 24 décembre, la traditionnelle parade réunira sept chars illuminés et plus de 150 figurants. Dès le 19 décembre, le village polaire prendra place sur le parvis des Arènes, avec patinoire écologique et chalets gourmands. Manèges, grande roue, marché, petit train, déambulations d’art de rue et boîtes aux lettres du Père Noël compléteront le programme. Une édition 2025 riche et festive, fidèle à la tradition nîmoise.

  • [Entretien] Vincent Bouget : « Je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    [Entretien] Vincent Bouget : « Je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : Jeudi 11 décembre, a lieu la restitution publique des réponses au questionnaire de « Nîmes en commun » auxquels ont répondu plus de 3 000 habitants. Pourquoi cette démarche ?

    Vincent Bouget : C’est une des étapes de la construction politique que nous avons engagé il y a un an maintenant et qui consistait à changer de perspective dans une campagne électorale. C’est-à-dire qu’au lieu d’arriver avec des propositions soumises au choix des électeurs nous avons d’abord souhaité écouter les habitants de la ville. Quels étaient les sujets qui les préoccupaient le plus ? Les objets de débats, de controverses, les problématiques essentielles pour eux. Cela a été la première partie du travail, jusqu’en juin.

    Ensuite, à partir des problématiques et des controverses qu’on avait identifiées nous avons essayé de voir quelles étaient les priorités et les réponses à apporter. Dans les sujets de débat qui avaient été posés – le cadre de vie, la question de la réussite économique ou sociale, la question de la démocratie, du rôle du politique – il n’y avait pas toujours les mêmes priorités émises par les uns et les autres dans la population. On voulait avoir l’émanation la plus fidèle possible de là où en était la population nîmoise.

    La Marseillaise : Ces réponses
    vont-elles charpenter le programme de «
     Nîmes en commun » ?

    V.B. : Ce questionnaire vise à la fois à quantifier les sujets et à dégager un certain nombre de priorités telles qu’elles sont pensées par les habitants. Elles peuvent, des fois, nous percuter ou ne pas être dans nos façons de penser ou de faire. Mais on doit répondre aux questions telles qu’elles sont posées et pas telles qu’on imagine qu’elles devraient l’être ! Souvent, on a l’impression d’avoir la science infuse et des propositions qui peuvent être crédibles mais qui ne rencontrent pas d’écho parce qu’on arrive pas en entrer en dialogue avec la population.

    L’enjeu de la soirée du jeudi 11 décembre est d’affiner le projet et de dégager les priorités du prochain mandat : priorités opérationnelles, dans le temps, de voir par quoi on commence et de quelle manière. Après, nous ferons des choix politiques. L’objectif est de présenter publiquement soit fin janvier ou début février la liste et le programme.

    Le nombre de questionnaires
    à analyser est impressionnant…

    V.B. : Oui, nous avons plus de 3 000 questionnaires remplis, essentiellement « papier ». Ce n’est pas le questionnaire en ligne qui a le mieux marché. C’était une volonté parce qu’un questionnaire « papier » permet la rencontre. Cela nous a permis de nous déployer dans la ville et d’aller échanger avec les habitants. Et cela a permis à des habitants de se retrouver dans un appartement ou dans un marché pour engager une discussion. Notre volonté, depuis le début, c’est vraiment de retrouver les voies de la discussion et de la délibération collective. Parce ce que dans nos sociétés ces espaces démocratiques existent de moins en moins et sont mis à mal. Le monde politique est déconnecté parfois du débat.

    La volonté est de dialoguer, d’échanger, confronter des idées et de faire que les gens se reparlent. Quand on crée les cadres du débat, on s’aperçoit que non seulement les gens ont envie et besoin de s’exprimer mais, qu’en plus, cela se passe bien. Partout depuis le début, on a trouvé des gens prêts à s’écouter. Tout cela avec un collectif de trois cents personnes qui nous permet d’être dans tous les quartiers.

    Comment va se constituer la liste qui va incarner Nîmes en commun ?

    V.B. : Nous sommes un collectif soutenu et investi par la quasi totalité des partis de gauche [sauf la FI, Ndlr.], et des propositions de candidatures émaneront des forces politiques mais pas que. Notre objectif est d’avoir une liste représentative de ce que nous sommes, c’est-à-dire à la fois un mouvement qui est soutenu par des organisations politiques et un mouvement ancré dans la ville avec des personnalités engagées aux profils différents. Il faut qu’on soit à l’image de la gauche et à l’image de la ville. Ensemble, on va porter un message dans ces élections. Car nous sommes à la croisée des chemins dans cette ville. On ne pouvait pas se résigner à ce qu’une minorité de personnes s’engagent dans les élections juste pour mettre un bulletin dans une urne. Parce que ça, c’est le risque de laisser la place à des discours qui vont s’appuyer sur la division, la méfiance des uns vis-à-vis des autres. « Nîmes en commun » c’est dire : On construit ensemble. On n’est pas d’accord sur tout – à gauche c’est le cas – on a des différences et on a fait le pari que nos différences nous enrichissent et que la diversité est un atout. On veut être l’équipe de toute la population.

    En fait, vous êtes le véritable antidote à l’extrême droite RN ?

    V.B. : Face à la division, il faut faire du commun et je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite. Si on veut faire reculer le terreau sur lequel se nourrit l’extrême droite, c’est aussi en proposant un espace démocratique, apaisé, dynamique qui permet aux gens de se reparler. Parce que c’est quand on ne se parle plus que l’on cherche des boucs émissaires, qu’on a de la frustration. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi des réponses économiques et sociales qu’ils nous faut apporter.

    On a vocation, quand nous serons aux manettes après mars, à continuer cette méthode participative tout en apportant des réponses concrètes aux difficultés qui sont posées immédiatement et des choses qui nous permettent de se projeter.

    Si on ne se projette pas collectivement, soit on fait du chacun pour soi, çà c’est la ville libérale où les intérêts particuliers priment sur le collectif. Soit on fait du tous contre tous, çà c’est les forces de l’extrême droite qui divisent la population. Soit on regarde ensemble, on se parle et on fait du commun.

    Bouget en tête au premier tour

    Selon un sondage, Vincent Bouget arrive en tête du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, devant le Rassemblement national. Réalisée par Le Réveil du Midi et l’Institut Quorum, l’enquête crédite Vincent Bouget de 28% et le candidat de l’extrême droite (pas désigné) de 27%. La droite pointe en 4e et 5e position avec 22% pour Franck Proust et 8% pour Julien Plantier devancé par les 9% de Valérie Rouverand (Ren). La FI obtient 6%. Le scrutin est ouvert avec une dynamique à gauche incarnée par « Nîmes en commun ».

  • Un riche débat sur la laïcité face aux fractures du présent, 120 ans après, organisé à Nîmes

    Un riche débat sur la laïcité face aux fractures du présent, 120 ans après, organisé à Nîmes

    Ce lundi, La Marseillaise réunissait universitaires, enseignants et acteurs de terrain pour dresser un état des lieux d’une laïcité plus débattue que jamais. En introduction, Nicolas Leroy, vice-président de l’Université de Nîmes, a rappelé que la laïcité reste un principe constitutionnel solide, « une règle qui oblige à la tolérance ». Mais les écarts se multiplient : cérémonies religieuses en présence d’élus, régime concordataire d’Alsace-Moselle, financement d’écoles privées sous contrat… Michel Viala (Libre Pensée du Gard) s’est montré alarmiste, évoquant ces « coups de canif » qui fragilisent, selon lui, l’esprit de la loi.

    Le débat s’est ensuite resserré sur les tensions actuelles : retour du religieux dans la jeunesse, crispations autour de l’islam, confusion dans le débat public. Sherif Toubal, formateur à la laïcité, insiste sur l’enjeu de compréhension : beaucoup perçoivent la loi comme punitive, faute d’une pédagogie claire. L’historien Gilles Roumieux rappelle alors le rôle de l’école : « Rendre les élèves acteurs de leur émancipation. » Plusieurs intervenants, dont Jacques Venuleth (Mrap), ont dénoncé l’instrumentalisation politique de la laïcité, souvent utilisée « contre » une religion plutôt qu’au service de la liberté.

    La conclusion a appelé à reconstruire une culture commune : défendre la laïcité, oui, mais dans le cadre plus large de l’appartenance républicaine.

  • « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : jeudi 11 décembre, a lieu la restitution publique des réponses au questionnaire de « Nîmes en commun » auxquels ont répondu plus de 3 000 habitants. Pourquoi cette démarche ?

    Vincent Bouget : C’est une des étapes de la construction politique que nous avons engagée il y a un an maintenant et qui consistait à changer de perspective dans une campagne électorale. C’est-à-dire qu’au lieu d’arriver avec des propositions soumises au choix des électeurs nous avons d’abord souhaité écouter les habitants de la ville. Quels étaient les sujets qui les préoccupaient le plus ? Les objets de débats, de controverses, les problématiques essentielles pour eux. Cela a été la première partie du travail, jusqu’en juin.

    Ensuite, à partir des problématiques et des controverses qu’on avait identifiées nous avons essayé de voir quelles étaient les priorités et les réponses à apporter. Dans les sujets de débat qui avaient été posés – le cadre de vie, la question de la réussite économique ou sociale, la question de la démocratie, du rôle du politique – il n’y avait pas toujours les mêmes priorités émises par les uns et les autres dans la population. On voulait avoir l’émanation la plus fidèle possible de là où en était la population nîmoise.

    Ces réponses vont-elles charpenter le programme de « Nîmes en commun » ?

    V.B. : Ce questionnaire vise à la fois à quantifier les sujets et à dégager un certain nombre de priorités telles qu’elles sont pensées par les habitants. Elles peuvent, des fois, nous percuter ou ne pas être dans nos façons de penser ou de faire. Mais on doit répondre aux questions telles qu’elles sont posées et pas telles qu’on imagine qu’elles devraient l’être ! Souvent, on a l’impression d’avoir la science infuse et des propositions qui peuvent être crédibles mais qui ne rencontrent pas d’écho parce qu’on n’arrive pas en entrer en dialogue avec la population.

    L’enjeu de la soirée du jeudi 11 décembre est d’affiner le projet et de dégager les priorités du prochain mandat : priorités opérationnelles, dans le temps, de voir par quoi on commence et de quelle manière. Après, nous ferons des choix politiques. L’objectif est de présenter publiquement soit fin janvier ou début février la liste et le programme.

    Le nombre de questionnaires
    à analyser est impressionnant…

    V.B. : Oui, nous avons plus de 3 000 questionnaires remplis, essentiellement « papier ». Ce n’est pas le questionnaire en ligne qui a le mieux marché. C’était une volonté parce qu’un questionnaire « papier » permet la rencontre. Cela nous a permis de nous déployer dans la ville et d’aller échanger avec les habitants. Et cela a permis à des habitants de se retrouver dans un appartement ou dans un marché pour engager une discussion. Notre volonté, depuis le début, c’est vraiment de retrouver les voies de la discussion et de la délibération collective. Parce ce que dans nos sociétés ces espaces démocratiques existent de moins en moins et sont mis à mal. Le monde politique est déconnecté parfois du débat.

    La volonté est de dialoguer, d’échanger, confronter des idées et de faire que les gens se reparlent. Quand on crée les cadres du débat, on s’aperçoit que non seulement les gens ont envie et besoin de s’exprimer mais, qu’en plus, cela se passe bien. Partout depuis le début, on a trouvé des gens prêts à s’écouter. Tout cela avec un collectif de trois cents personnes qui nous permet d’être dans tous les quartiers.

    Comment va se constituer la liste qui va incarner Nîmes en commun ?

    V.B. : Nous sommes un collectif soutenu et investi par la quasi-totalité des partis de gauche [sauf la FI, Ndlr], et des propositions de candidatures émaneront des forces politiques mais pas que. Notre objectif est d’avoir une liste représentative de ce que nous sommes, c’est-à-dire à la fois un mouvement qui est soutenu par des organisations politiques et un mouvement ancré dans la ville avec des personnalités engagées aux profils différents. Il faut qu’on soit à l’image de la gauche et à l’image de la ville. Ensemble, on va porter un message dans ces élections. Car nous sommes à la croisée des chemins dans cette ville. On ne pouvait pas se résigner à ce qu’une minorité de personnes s’engagent dans les élections juste pour mettre un bulletin dans une urne. Parce que ça, c’est le risque de laisser la place à des discours qui vont s’appuyer sur la division, la méfiance des uns vis-à-vis des autres. « Nîmes en commun » c’est dire : on construit ensemble. On n’est pas d’accord sur tout – à gauche c’est le cas – on a des différences et on a fait le pari que nos différences nous enrichissent et que la diversité est un atout. On veut être l’équipe de toute la population.

    En fait, vous êtes le véritable antidote à l’extrême droite RN ?

    V.B. : Face à la division, il faut faire du commun et je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite. Si on veut faire reculer le terreau sur lequel se nourrit l’extrême droite, c’est aussi en proposant un espace démocratique, apaisé, dynamique qui permet aux gens de se reparler. Parce que c’est quand on ne se parle plus que l’on cherche des boucs émissaires, qu’on a de la frustration. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi des réponses économiques et sociales qu’il nous faut apporter.

    On a vocation, quand nous serons aux manettes après mars, à continuer cette méthode participative tout en apportant des réponses concrètes aux difficultés qui sont posées immédiatement et des choses qui nous permettent de se projeter.

    Si on ne se projette pas collectivement, soit on fait du chacun pour soi, ça c’est la ville libérale où les intérêts particuliers priment sur le collectif. Soit on fait du tous contre tous, ça c’est les forces de l’extrême droite qui divisent la population. Soit on regarde ensemble, on se parle et on fait du commun.

  • Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Urgences de Nîmes en danger : soutenez les soignants », invite une pétition en ligne sur Change.org qui a rassemblé quelque 2 000 signatures.

    Les personnels mobilisés ne contestent pas, loin s’en faut, l’ouverture prévue d’une unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), destinée à « mieux accueillir des patients au lieu de les laisser sur des brancards pendant 24, 48 voire 72h », explique Audrey Solignac, secrétaire départementale du syndicat FO santé. « Les patients y seront accueillis dans des lits et non sur des brancards. Des travaux sont en cours pour améliorer dans les meilleurs délais les conditions d’accueil des patients en attente d’hospitalisation ou de retour à domicile », précise de son côté, dans un communiqué, la direction du CHU de Nîmes, qui rappelle que l’établissement « dispose d’un des services d’urgences les plus importants en France avec plus de 120 000 passages par an ». Sur le principe, donc, tout le monde est d’accord. C’est la mise en œuvre qui pose problème.

    Car l’ouverture de cette nouvelle unité de 19 lits se fait à effectifs constants. Le projet prévoit donc de transférer vers l’UHCD un poste d’aide-soignant(e) qui officie actuellement à l’accueil des urgences en journée. « Ils ne veulent pas le remplacer. Pour eux, un infirmier est capable de gérer tout le flux », dénonce Audrey Solignac.

    En grève le 5 décembre

    Le projet prévoit par ailleurs « des effectifs UHCD différents entre le jour et la nuit, alors que les besoins de surveillance et de soins sont identiques 24h/24 ». L’unité bénéficierait ainsi de deux infirmiers et deux aides-soignants le jour, mais seulement d’un infirmier et un aide-soignant la nuit. « La direction nous dit : pourquoi mettre du personnel supplémentaire, puisque vous vous occupez déjà de ces gens en attente sur des brancards ? Sauf qu’à créer une unité, il faut pouvoir mieux les prendre en charge. Si c’est pour les mettre dans des box sans s’en occuper plus que ce qu’on le faisait dans les couloirs, je ne vois pas l’intérêt », dénonce la responsable FO.

    Suite à un CSE qui s’est déroulé le 1er décembre sans apporter d’avancée, le syndicat FO, majoritaire, a déposé un préavis de grève aux urgences pour le 5 décembre. Les personnels mobilisés se rassembleront devant l’entrée du CHU pour réclamer « un aide-soignant pérenne sur le service d’accueil des urgences, les mêmes effectifs de jour comme de nuit à l’UHCD et, pour la période hivernale, un renfort d’aide-soignant sur les urgences en général, qu’on avait et qu’on nous a enlevé », indique Audrey Solignac.

  • 3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    Depuis un an, le collectif Nîmes en Commun laboure le terrain politique nîmois à contre-courant des méthodes traditionnelles. Pas de programme ficelé à l’avance, pas de slogans plaqués. Mais une démarche patiente, construite autour d’une ambition : écouter les habitants pour construire avec eux une alternative de gauche crédible à la droite sortante et à l’extrême droite montante. « On a fait le pari d’inverser la logique classique des campagnes : partir des gens, de ce qui les traverse, pour en tirer des priorités politiques », résume Vincent Bouget, tête de liste du collectif.

    Ce pari a pris la forme d’un questionnaire citoyen d’une vingtaine de questions, diffusé massivement sur le terrain, marché après marché, porte après porte. Plus de 3 000 réponses ont été collectées, dont l’écrasante majorité en version papier. « Ce n’était pas un gadget. Aller chercher le papier, c’était aller chercher la parole », insiste Jean-Yves Chabanel, président de l’association Nîmes en Commun. « Chaque questionnaire, c’était une rencontre, un échange, parfois long. On n’a pas fait du chiffre, on a fait du lien. »

    Dans les réunions publiques qui rythment la vie du collectif, cette parole recueillie prend corps. Horia, habitante de Pissevin, a trouvé dans Nîmes en Commun un espace rare : « Depuis que je suis à Pissevin, rien n’a changé. Mais ici, je sens que je peux faire bouger les choses. J’ai été prof de musique, j’ai fait du droit, j’ai un bac littéraire, mais on ne me donne pas de chance. Avec eux, je suis actrice. » De fait, la force du collectif tient aussi à cette diversité de profils. Militants encartés, syndicalistes, habitants engagés sans étiquette : plus de 300 personnes font vivre la démarche, à tous les niveaux. Christine, enseignante et habitante du centre-ville de longue date, apprécie l’originalité du dispositif : « C’est la première fois qu’on va à ce point à la rencontre des gens. Souvent, on se contente d’attendre que les habitants viennent aux élus. Là, c’est l’inverse. »

    Un processus qui ne s’arrête pas à la collecte. Les réponses sont analysées, question par question, avec un objectif : faire émerger des priorités concrètes. « Sur certaines thématiques, il y a un consensus très fort, sur d’autres, des débats. À nous maintenant de faire des choix politiques clairs, en lien avec ce qui a été exprimé », explique Jean-Yves Chabanel.

    « Faire du commun » face aux divisions

    C’est aussi là que se joue la stratégie de Nîmes en Commun : reconstruire une dynamique à gauche, dans un climat de méfiance démocratique, sans tomber dans les vieilles recettes. Le collectif réunit un large spectre politique, des communistes aux écologistes, en passant par Debout ! de François Ruffin, le PS, Place publique ou encore d’anciens insoumis. La liste, en cours de composition, se veut à l’image du collectif : paritaire, diverse, ancrée dans tous les quartiers, mêlant figures expérimentées et visages nouveaux. « On cherche l’équilibre entre représentation politique et implication citoyenne. Il faut incarner ce qu’on veut faire : une ville plus juste, plus démocratique, plus inclusive », ajoute Vincent Bouget.

    Prochaine étape : la restitution publique des résultats du questionnaire, prévue le 11 décembre. Une soirée ouverte à tous, où sera projeté un film retraçant la démarche participative et présentés les résultats détaillés. Une nouvelle étape avant la finalisation du programme et la présentation publique de la liste, prévue fin janvier ou début février. Pour l’heure, les visages s’additionnent, les récits se croisent, et la dynamique se renforce. « Ce projet, ce n’est pas celui de Vincent Bouget seul, ni d’un parti, mais celui de toute une ville qui veut se réapproprier son avenir », conclut Jean-Yves Chabanel. Et dans une ville où le chacun pour soi et le tous contre tous semblent avoir gagné du terrain, c’est peut-être là que réside la véritable rupture.

  • Une pluie de stars au Festival de Nîmes

    Une pluie de stars au Festival de Nîmes

    Le Britannique, déjà passé plusieurs fois par Nîmes, y présentera sa tournée « Sting 3.0 », une formule trio resserrée avec le guitariste Dominic Miller et le batteur Chris Maas. Une configuration plus brute, plus directe, qui revisite ses grands classiques – de Roxanne à Fields of Gold – dans une atmosphère plus intime.

    Mais Sting n’est qu’un visage parmi une programmation qui s’annonce exceptionnelle. Le public pourra retrouver Vanessa Paradis et Gaëtan Roussel le 12 juin, Lenny Kravitz le 24 juin, ou encore le rappeur Damso le 1er juillet pour un show très attendu. S’ajoutent à la liste Sabaton (17 juin), les Pixies (7 juillet), Katy Perry (11 juillet), Nick Cave (14 juillet), Christophe Maé (17 juillet), Orelsan
    (22 et 23 juillet), ou encore le Béjar Ballet Lausanne (10 juillet). Entre rock, pop, rap, metal et danse, le Festival de Nîmes 2026 promet l’une de ses éditions les plus ambitieuses.

  • Hideto Matsuura : « L’arme atomique ne doit plus être utilisée »

    Hideto Matsuura : « L’arme atomique ne doit plus être utilisée »

    Devant 150 élèves du lycée Jean-Baptiste-Dumas (JDB) d’Alès (et d’une classe japonisante du lycée Prévert), Hideto Matsuura a fêté ses 80 ans le 25 novembre face à un public qui n’a pas manqué de le féliciter. Matsuura est en effet né en novembre 1945, soit un peu plus de quatre mois après que les États-Unis ont largué la première bombe atomique sur Hiroshima. Le 6 août, sa mère enceinte se trouve alors dans sa maison en bois, à trois kilomètres de l’impact lorsque la bombe explose. Elle perd connaissance et lorsqu’elle se réveille, « le toit et le plafond ont disparu ». « Les vitres ont explosé et un gros morceau de verre était planté dans sa cuisse », a-t-il raconté aux élèves alésiens. Deux jours après le bombardement, sa mère quitte Hiroshima pour se réfugier chez ses parents de l’autre côté de la mer intérieure.

    Lui ne souffrira d’aucune séquelle. « J’ai la chance de ne pas avoir de grands problèmes mais autour de moi, beaucoup en ont eu. J’ai toujours eu le sentiment d’avoir la bombe dans mon corps. J’avais toujours cette inquiétude que des problèmes puissent se révéler à tout moment. J’ai trois enfants et lorsque j’ai eu mon premier, j’étais inquiet qu’il ait un problème », a-t-il expliqué au lycée JBD. Les élèves ont ensuite eu l’occasion de lui poser des questions, avant que certains d’entre eux ne lisent Moi Ota, rivière d’Hiroshima de Jean-Paul Alègre.

    Que ce soit au Prolé de Nîmes le lundi 24 novembre, lors des deux réunions publiques organisées par le Mouvement de la paix à la Bourse du travail d’Alès le lendemain et à Saint-Martin-de-Valgalgues le 26, ou face aux lycéens alésiens, Hideto Matsuura a surtout délivré un message de paix et tenté de convaincre ses auditoires de s’engager pour l’interdiction des armes atomiques. Pour cela, il était accompagné d’autres Hibakusha (terme qui désigne les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki) qui ont reçu le Prix Nobel de la paix l’an dernier.

    « Cette arme ne doit plus être utilisée. Les humains ne peuvent cohabiter avec l’arme nucléaire », a-t-il martelé à plusieurs reprises. « En un instant, des dizaines de milliers de vies ont été emportées. La bombe atomique est une arme terrifiante. Mais la terreur de la bombe ne réside pas que dans sa puissance destructrice. Je tiens à dénoncer la cruauté invisible des radiations. Les personnes qui avaient réussi à s’enfuir ont soudainement eu des taches violacées, de fortes fièvres, elles ont commencé à saigner abondamment des yeux, des gencives, des oreilles et sont mortes les unes après les autres. Parmi les victimes, des milliers n’étaient pas dans la ville. Des militaires ou des civils venus porter secours aux victimes sont morts. Les radiations ont tué 140 000 personnes à Hiroshima et 70 000 à Nagasaki », a-t-il détaillé tout en demandant à ce que la France -toujours dotée de 300 têtes nucléaires- signe le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. « Je continuerai à me battre contre ces armes jusqu’à ma mort », a-t-il promis.