Tag: Nîmes

  • Festival « Battement d’elles » à Nîmes : rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate samedi 21 mars

    Festival « Battement d’elles » à Nîmes : rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate samedi 21 mars

    Backlash : ce terme anglais signifie « retour de bâton ». La Fédération Citoyens et Justice en donne la définition suivante : « Dans l’usage courant, le backlash est associé à une réaction conservatrice face à un changement social et politique progressiste. » Le terme a été forgé par la journaliste américaine, Susan Faludi, en 1991. Son ouvrage Backlash : la guerre froide contre les femmes, est le résultat de 4 années d’enquête. récompensé par le prix Pulitzer. Il est publié en France en 1993 et devient une référence.

    Dans cet essai, précise le site de Justice et Société, « Susan Faludi explique, avec de nombreuses sources et statistiques à l’appui, comment toute avancée des droits des femmes et d’autres minorités se trouve systématiquement suivie d’une vague de résistances, de contestation, et de retour en arrière, qui s’illustre par des mécaniques d’exclusion. » Ce phénomène de backlash est ainsi au cœur de la rencontre organisée samedi 21 mars avec l’avocate et autrice Violaine Fillipis-Abate autour de son livre La résistance écarlate : Les femmes face au nouveau backlash. (éd. Payot). À ses côtés, la Montpelliéraine Vigdis Morisse-Herrera, présidente de l’association Les Tricoteuses hystériques. Cette rencontre, organisée par la librairie nîmoise L’Eau Vive, vient clôturer le volet débat public de la troisième édition du festival féministe des Ami.es du Prolé. Le débat sera animé par Marine Del Rio, référente pour l’égalité filles garçons dans l’éducation nationale, professeure d’histoire-géographie-enseignement moral et civique (EMC).

    Samedi 21 mars à 14h30, au Bar du Prolé, 20 rue Jean-Reboul, Nîmes. Entrée libre.

  • Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Au cœur de son projet municipal, Nîmes en commun fait des mobilités un levier central de justice sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique. La première mesure phare concerne la gratuité immédiate des transports scolaires, afin de mettre fin à une inégalité territoriale : à Nîmes, les familles paient encore quand la Région, ailleurs, prend en charge les déplacements des élèves. La liste conduite par Bouget propose également la gratuité pour les personnes en situation de précarité, le maintien de celle existante pour les plus de 70 ans, ainsi qu’un demi-tarif pour les retraités de moins de 70 ans. À cela s’ajoute une gratuité par l’usage, progressive, avec des trajets offerts après un certain nombre de voyages, pour encourager l’utilisation régulière du réseau.

    Des transports accessibles, fréquents et sécurisés

    Sur l’offre de transport, la liste défend un renforcement des fréquences et des amplitudes horaires, notamment tôt le matin et tard le soir, pour répondre aux besoins des salariés aux horaires décalés. Tous les quartiers doivent bénéficier du même niveau de desserte, avec une attention particulière portée à la mobilité des femmes le soir et à la desserte des équipements publics, comme l’hôpital ou les zones d’activité. Autre pilier du programme : un plan vélo ambitieux, avec la création d’environ 50 km de pistes cyclables supplémentaires sur le mandat. L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le linéaire, insiste Nîmes en commun, mais de garantir la continuité, la lisibilité et la sécurité des itinéraires en reliant les quartiers, les établissements scolaires, les pôles d’emploi et les gares. Des stationnements sécurisés et un accompagnement à la pratique, notamment pour les jeunes et les seniors, sont également prévus.

    Enfin, sans opposer les modes de transport, la liste propose un plan pluriannuel d’investissement sur la voirie, partagé avec les habitants et les comités de quartier. Objectif : sécuriser les déplacements, améliorer l’état des routes et des trottoirs, désengorger les axes saturés et offrir de véritables alternatives à la voiture individuelle pour celles et ceux qui n’en ont pas aujourd’hui.

  • Festival « Battement d’elles » à Nîmes : “Silex”, une conférence acrobatique sur la sexualité

    Festival « Battement d’elles » à Nîmes : “Silex”, une conférence acrobatique sur la sexualité

    On vous rassure tout de suite, c’est une conférence qui n’a rien d’un cours magistral ! Au contraire… À travers le personnage de Juliette, une acrobate qui raconte son parcours autour de la sexualité, Silex s’emploie, avec humour, « à questionner les idées reçues avec lesquelles on s’est construit. Par exemple celle qu’un rapport sexuel, pour être bon, doit durer longtemps ; que la pénétration est forcément centrale ; qu’une sexualité réussie, au sein d’un couple, va être une sexualité régulière… », énumère Inès Maccario, de la compagnie toulousaine Sid, auteure et interprète de ce solo.

    « L’idée est de démystifier des croyances autour de la sexualité et de célébrer le plaisir. Ces dernières années, on a beaucoup parlé des violences liées à la sexualité, ce qui est vraiment nécessaire. Mais on parle un peu moins du plaisir. J’avais envie de remettre ça au centre », développe cette acrobate diplômée de l’académie Fratellini, école supérieure des arts du cirque. Un médium sur lequel elle s’appuie pour créer cette « conférence acrobatique » conçue sur le modèle des conférences gesticulées. « Juliette est un personnage qui, pour gérer les choses et les comprendre, va être beaucoup dans l’analyse. Du coup, elle partage ses connaissances et ses recherches autour de la sexualité, mais raconte une histoire qui reste intime. On n’a pas le côté rébarbatif de la conférence, on est sur une autofiction, un parcours de vie, mais avec un personnage qui va quand même s’appuyer sur des recherches et pas simplement sur un ressenti », détaille Inès Maccario. Le corps, lui, « arrive dans les moments où la parole ne suffit plus ». L’acrobatie permet de représenter la sexualité de manière distanciée et métaphorique, « sans que ce soit une imitation crue. Ça permet que ce soit socialement partageable ».

    Accessible à partir de 14 ans, ce spectacle est régulièrement proposé dans des collèges et des lycées. Mais pas que ! Les adultes y sont également très réceptifs… « Je vois, quand on joue dans l’espace public, que ça leur parle aussi, car on a tous cruellement manqué d’éducation à la sexualité, en dehors de la reproduction », estime Inès Maccario. Ce spectacle « permet à chacun de tirer des fils et de faire des liens avec des vécus, sans poser de nouvelle injonction. Il n’y a pas une bonne et une mauvaise sexualité », insiste l’artiste.

    Jeudi 12 mars à 18h30, Silex sera donc proposé au lycée Daudet, salle Terrisse, dans le cadre du festival féministe des Ami.es du Prolé. Petit plus : chaque représentation est accompagnée, à la fin, d’un « bord plateau », un échange avec le public au cours duquel Inès Maccario est accompagnée de Ludi Demol Defe, conférencier spécialisé dans l’éducation affective et sexuelle.

  • Festival féministe au Prolé, à Nîmes : « Battement d’elles », le programme complet

    Festival féministe au Prolé, à Nîmes : « Battement d’elles », le programme complet

    Du vendredi 6 au 28 mars, sous le titre « Battement d’elles », le festival, dont La Marseillaise est partenaire, propose des spectacles, des conférences, des expositions, des tables rondes, projection de film et bal. La journée internationale de lutte pour les droits des femmes donne lieu à une grande manifestation le samedi 7 mars dans les rues de Nîmes.

    Coup de projecteur sur l’affaire Pelicot

    Un reportage photographique et un récit graphique documentent des aspects différents de ce procès hors-norme, dit « des viols de Mazan », qui s’est tenu à Avignon en première instance puis à Nîmes en appel. Le festival féministe des Amie.s du Prolé met en lumière ces œuvres.

    L’une à Avignon lors du procès en première instance, l’autre à Nîmes lors de l’appel. L’une dans l’enceinte de la salle d’audience, l’autre à l’extérieur du tribunal. Les Gardoises Julie Emile-Fabre et Patricia Hamel ont toutes deux documenté l’affaire dite des viols de Mazan, au retentissement mondial. Elles participent au festival féministe des Ami.es du Prolé, où sont présentés leurs travaux respectifs : un récit graphique et un reportage photographique inscrit dans le cadre d’une exposition collective.

    Le jour de l’ouverture du festival, vendredi 6 mars, l’autrice Julie Emile-Fabre présente à 17h30, sur le stand de la librairie L’eau vive, son ouvrage Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot, publié aux toutes jeunes éditions Morgen. Ce récit graphique, qui paraît le 4 mars, est la première œuvre artistique éditée de cette chercheuse et critique d’art. « Je me questionnais depuis longtemps sur la violence de genre, les violences intrafamiliales, les violences sexistes et sexuelles. » Le procès Pelicot, qui s’est ouvert le 2 septembre 2024 à Avignon, a été un déclic. « J’ai réalisé que le geste de Gisèle Pelicot d’ouvrir l’audience était un geste politique fort. Je me suis dit : il faut que j’y aille. »

    Julie Emile-Fabre, qui dessine depuis l’enfance, parvient à se faire accréditer comme dessinatrice d’audience. Elle s’immerge alors dans le procès, croquant « des portraits d’accusés, de gens de la cour, de Gisèle Pelicot… J’ai aussi pris des notes. J’ai fait une sorte de travail documentaire, tant par l’image que par le texte. Pour moi, c’était comme un terrain de recherche, ce procès ». Sans savoir, à ce moment-là, que cette matière nourrirait un récit graphique « dans lequel je fais des allers-retours entre l’intime et le collectif. Je mêle ma propre histoire, la manière dont j’ai vécu les violences de genre et les violences patriarcales depuis l’enfance, avec des moments du procès où je rapporte des témoignages d’accusés, des propos de témoins, des plaidoiries d’avocats… C’est une audience qui, parce qu’elle a été rendue publique, a permis à énormément de gens qui vivaient des choses de manière isolée de se retrouver et d’écouter ce que la justice allait faire de ces questions. »

    L’hommage en images aux soutiens de Gisèle Pelicot

    La photographe nîmoise Patricia Hamel a elle aussi perçu toute la portée de ce procès hors-norme. « L’ampleur du soutien à Gisèle Pelicot m’a énormément marquée au moment du procès d’Avignon. J’ai trouvé ça magnifique et très important. Je savais qu’il allait se passer le même genre de choses à Nîmes en appel. J’ai eu envie de le documenter », explique-t-elle. Dès l’ouverture du procès, le 6 octobre 2025, elle s’est donc postée aux abords du palais de justice, où se retrouvaient chaque jour nombre de collectifs féministes. « Il y avait bien sûr et avant tout cette idée de soutien collectif à Gisèle. D’ailleurs le titre de mon exposition : “Tu en touches une, on répond toutes”, emprunté à un slogan affiché sur une pancarte, l’illustre bien. Mais il y avait aussi une forte attente envers la justice », insiste Patricia Hamel. Une mobilisation qui s’adressait aussi « à tous les passants. Il y a eu de nombreux moments d’échanges avec des personnes lambda, qui revenaient le lendemain pour rejoindre le mouvement », témoigne la photographe.

    À travers la sélection d’images présentées jusqu’au 28 mars dans le cadre d’une exposition collective, Patricia Hamel se fait le relais de ces femmes et de leurs messages. « J’espère que l’intensité, l’énergie du moment et la détermination de ces femmes se percevra dans les photos et fera comprendre à quel point cette intention est positive et progressiste. » La photographe documentera également, sur un panneau composé d’une dizaine de photographies de plus petit format, le happening qui s’est déroulé devant le palais de justice de Nîmes autour du chant chorégraphié dénonçant les violences faites aux femmes « Un violador en tu camino », né au Chili et repris dans le monde entier. À noter que le vernissage de l’exposition, le 6 mars à 19h, se fait en présence des chorales « Les Simones » et « La chorale des luttes », toutes deux présentes en octobre 2025 devant le tribunal de Nîmes au moment du procès en appel dans l’affaire Pelicot…

    Programme

    Du 6 au 28 mars au Prolé

    Exposition collective avec : Mademoiselle a les nerfs (collages), Paillettes et Mimosa (gravures, masques). Patricia Hamel (photos « tu en touches une, on répond toutes, Nîmes, octobre 2025 »), Sylvie Vanston (photos, « femmes au travail dans le monde »). Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Vendredi 6 mars au Prolé

    17h30, Julie Émile Fabre présente son livre Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot. Stand de la librairie L’eau Vive.

    19h, vernissage de l’exposition collective avec la chorale « Les Simones » et la « Chorale des luttes ». Restauration assurée par le Secours Populaire.

    20h30, Soirée DJset (de table) avec DJ La Frange « Out of the kitchen ». Performance et dance floor. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Samedi 7 mars dans la rue

    Manifestation dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En matinée, Jardins de La Fontaine.

    Samedi 7 mars au Spot

    18h, spectacle « Elles improvisent », avec huit improvisatrices. Au 8 Rue de l’Enclos Rey, Nîmes. 04.66.36.85.64. Réservations sur helloasso.com et le site du Spot. Tarif 8 euros. Recette au profit de Via Femina Fama.

    Jeudi 12 mars au lycée Daudet

    18h30, spectacle Silex. Conférence acrobatique sur la sexualité par la compagnie Sid. Dès 14 ans, Silex est une alternative démystifiante de croyances sexuelles et amoureuses. Réservation obligatoire sur helloasso. Entrée gratuite pour les adhérents 2026 des Ami.es du Prolé et les élèves du lycée Daudet. Autres : 5 euros.

    Samedi 14 mars au Prolé

    18h, contes au féminin par Teddie Allin et Claire Chevalier. Public : famille et à partir de 7 ans.

    16h, goûter avec crêpes. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Mardi 17 mars au Sémaphore

    18h15, projection du film Jane Austin a gâché ma vie de Laura Piani. En partenariat avec Les écrans britanniques et irlandais. 25 Rue Porte de France, Nîmes. 04.66.67.83.11.

    Samedi 21 mars au Prolé

    14h30, rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate, autrice de La résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash ». 80, rue Reboul, Nîmes. Entrée libre.

  • La députée européenne Chloé Ridel avec Nîmes en commun

    La députée européenne Chloé Ridel avec Nîmes en commun

    Elle avait prévenu ne pas vouloir laisser Nîmes à l’extrême droite. Après avoir ouvert sa permanence d’eurodéputée dans la préfecture du Gard et occupé le terrain à chaque cérémonie officielle où elle est disponible, Chloé Ridel a décidé de s’engager sur la liste de Vincent Bouget. « Je voulais marquer mon soutien politique pour une démarche exemplaire, une démarche d’union de la gauche hors LFI mais surtout une démarche avec une campagne construite avec les Nîmois. Il y a eu des dizaines de réunions publiques organisées depuis un an. Un questionnaire largement partagé et à la fin un programme coconstruit avec les habitants. La dynamique que l’on voit aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard », explique-t-elle.

    Donnée favorite par les sondages, la liste « Nîmes en commun » est en effet jugée aujourd’hui comme l’alternative la plus crédible après vingt ans de gestion par la droite. Un soutien populaire que la socialiste a ressenti lors des tractages effectués avec Vincent Bouget ces derniers jours : « On sent un vrai désir d’alternance. L’élection à Nîmes sera très regardée au niveau national. Dès que Nîmes en commun organise une réunion, il y a plusieurs centaines de personnes. Il y a aussi des signaux favorables des milieux économiques. On entend souvent des critiques sur le retour de la gauche qui produirait des catastrophes mais ce n’est pas le retour des milieux économiques que j’ai rencontrés. L’ambition de réunir la ville, qui est profondément balkanisée en quartiers, est aussi un message qui porte ».

    Être le lien avec l’UE

    Pour cette élection municipale, la députée européenne retrouve un visage connu du Parlement européen avec Julien Sanchez (RN) qui avait organisé son exfiltration de Beaucaire en rejoignant la liste de Jordan Bardella pour les dernières élections européennes. Et comme au Parlement européen, Chloé Ridel constate à Nîmes une porosité de plus en plus évidente entre la droite dite républicaine et l’extrême droite : « Au Parlement européen je vois que les groupes de M. Sanchez et M. Proust votent main dans la main. Cette fusion est aussi en cours à Nîmes. Il y a une guerre des clans à droite et des personnes qui étaient avec M. Fournier partent avec M. Sanchez. On voit bien la confusion. Je ne veux pas ça pour ma ville parce que cette union des droites se fait sur un logiciel idéologique extrémiste qui prône l’exclusion et défend les grandes entreprises et pas leurs salariés ».

    Dans ce contexte, l’eurodéputée espère être élue pour « faire le lien entre l’Union européenne et Nîmes » à travers « le financement des fonds européens et le soutien à l’activité économique ». « L’UE fait plein de choses pour notre ville mais elle pourrait faire beaucoup plus. Elle finance pour 7 millions d’euros de projets à Nîmes comme les pistes cyclables, le soutien à des TPE et PME, l’adaptation d’écoles au réchauffement climatique. Mais on peut aller en chercher encore plus », soutient Chloé Ridel.

  • Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    L’ouvrage, porté par le conservateur en chef Nicolas de Larquier et son équipe scientifique, est le fruit de plusieurs années de travail. « Il était temps », dit-il simplement. Au total, cinquante œuvres emblématiques sont analysées et mises en contexte.

    Le guide parcourt vingt-cinq siècles d’histoire, de l’époque préromaine jusqu’au Moyen Âge. On y trouve les pièces emblématiques et les chefs-d’œuvre attendus : sculptures, mosaïques remarquables mais aussi des objets plus inattendus. Un brasero portatif, par exemple, « une sorte de foyer mobile utilisé pour cuisiner », qui permet, selon le conservateur, « d’incarner la vie antique ». Ou de la céramique sigillée, de la verrerie entre autres.

    « Un ouvrage vivant »

    Présentées à Nîmes depuis 1823, ces collections ont plus de deux siècles d’histoire. Bien avant l’ouverture du musée actuel, la ville exposait déjà ses vestiges antiques. Le guide rappelle ainsi que l’intérêt pour l’Antiquité ne date pas d’hier et que le patrimoine nîmois s’est constitué dans la durée.

    Nicolas de Larquier assume volontiers que publier un guide, c’est figer. Mais en archéologie, les connaissances bougent en permanence. « On imagine souvent qu’un musée est immuable. C’est rarement le cas.  » Entre la fouille et la présentation au public, il peut s’écouler une dizaine d’années. Les notices évolueront, de nouvelles découvertes viendront compléter le récit. « C’est un ouvrage vivant, appelé à évoluer. »

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.

  • Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Lieu hautement symbolique, la gare de Nîmes, avenue Feuchères. C’est ici, au carrefour des trains, des bus, des vélos et des piétons, que la liste « Nîmes en commun » a choisi de poser l’un des marqueurs forts de sa campagne municipale : faire des mobilités un droit effectif pour toutes et tous.

    Entouré de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des transports et de Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée aux mobilités, Vincent Bouget a dressé un constat sévère de la situation nîmoise. Retards accumulés, inégalités territoriales, dépendance persistante à la voiture : pour le candidat de l’union de la gauche (hors LFI), la majorité sortante « a péché sur les transports comme sur d’autres grands dossiers structurants ».

    À Nîmes, la mobilité reste aujourd’hui un facteur d’exclusion. Fréquences insuffisantes, horaires inadaptés aux travailleurs précaires, dessertes inégales entre quartiers, coût du transport scolaire… Autant de freins quotidiens qui enferment une partie de la population dans une forme « d’assignation à résidence ». « Se déplacer, ce n’est pas technique, c’est social, écologique et quotidien », martèle Vincent Bouget, rappelant que la mobilité conditionne l’accès à l’emploi, aux études, aux soins et à la vie sociale. Face à ce diagnostic, Nîmes en commun assume une rupture politique : replacer le service public de transport au cœur du projet municipal et communautaire. Gratuité ciblée, renforcement de l’offre, plan vélo structurant, voirie sécurisée pour les piétons : l’objectif affiché est clair, réduire la dépendance à la voiture sans opposer les usages.

    Nîmes à l’échelle régionale

    Pour Nîmes en commun, l’enjeu est aussi territorial. Troisième ville d’Occitanie, Nîmes ne peut plus penser ses transports en vase clos. La présence de Julie Frêche illustre cette volonté de décloisonnement. À Montpellier, la gratuité des transports en commun et le développement massif des mobilités actives ont profondément transformé les usages. « Les mobilités sont un outil de cohésion sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique », souligne l’élue montpelliéraine, plaidant pour une coopération renforcée entre les deux agglomérations. Rail du quotidien, liaisons ferroviaires plus fréquentes, complémentarité plutôt que concurrence entre équipements structurants : pour elle, Nîmes doit pleinement s’inscrire dans une dynamique métropolitaine élargie.

    Même message du côté de Jean-Luc Gibelin, pour qui la question dépasse largement les frontières communales. La Région Occitanie a fait du train une priorité, avec la gratuité d’usage pour les jeunes, le train à 1 euro, l’augmentation significative des fréquences et la réouverture de certaines lignes. Résultat : la fréquentation est passée de 60 000 à près de 100 000 voyageurs quotidiens. « Nîmes mérite un engagement total de tous ses partenaires », affirme-t-il, appelant à une meilleure articulation entre bus urbains, cars régionaux, vélo et ferroviaire, notamment autour de pôles stratégiques comme la gare centre ou celle de Saint-Césaire.

    Au-delà des annonces, la séquence de la gare Feuchères vise aussi à crédibiliser un projet municipal fondé sur la coopération : avec la Région, avec Montpellier, mais aussi à l’échelle de l’agglomération nîmoise, dont le fonctionnement actuel est régulièrement pointé comme un frein. Pour Vincent Bouget, l’enjeu est clair : « partager les ambitions, accepter les contraintes et agir ensemble » afin de garantir une mobilité équitable, lisible et accessible. En somme, faire des mobilités un service public central, au service de l’unité de la ville, de la justice sociale et de la transition écologique.

  • Inna accompagne ceux qui vivent ce qu’elle a connu : « Repartir de zéro »

    Inna accompagne ceux qui vivent ce qu’elle a connu : « Repartir de zéro »

    Inna est arrivée en France en 2022, évacuée d’Odessa avec ses enfants par l’Alliance Française. Au départ, elle pensait repartir si la guerre prenait fin rapidement. Trois ans plus tard, ses enfants sont scolarisés ici, elle a étudié le français à l’université Paul-Valéry, créé une micro-entreprise de consultation juridique et rejoint l’association SOS Montpellier Ukraine comme bénévole. Elle accompagne des Ukrainiens, mais aussi des Arméniens, des Polonais ou des personnes issues de communautés russophones dans leurs démarches administratives et juridiques. Quatre ans après le début du conflit, elle constate que les départs d’Ukraine se poursuivent et s’intensifient. Elle échange quotidiennement avec des familles nouvellement arrivées, confrontées aux mêmes obstacles que ceux connus en termes de logement, de sécurité sociale et de reconnaissance des diplômes. Car sans équivalence, certains métiers restent inaccessibles. Sans emploi, le logement l’est aussi. « Le plus difficile, c’est de comprendre le système administratif français, puis d’y trouver sa place.  » Elle constate que les démarches administratives semblent plus longues qu’au début du conflit. En 2022, des dispositifs d’urgence avaient été mis en place. Aujourd’hui, les délais pour obtenir un rendez-vous en préfecture, un numéro de sécurité sociale ou un logement peuvent s’étirer sur plusieurs mois, dans un contexte de saturation administrative générale.

    Entre soutien et lassitude

    L’attention internationale, elle, s’est émoussée. Les positions évoluent sous l’effet des débats politiques. Elle comprend la fatigue des Français mais regrette qu’elle coïncide avec l’arrivée de nouvelles familles ukrainiennes, celles qui ont le plus besoin d’être accompagnées. Et pour beaucoup d’Ukrainiens, repartir de zéro, avec un moral fragilisé et des enfants à charge, est particulièrement éprouvant. Elle, estime avoir surtout perdu des biens matériels. « J’ai gagné en force, en sécurité. La santé, la sécurité, le moral pour les enfants, c’est tout ce qui compte. » A.S.

  • Créer une culture nîmoise vivante…

    Créer une culture nîmoise vivante…

    Fondateur du Triptyk Théâtre, metteur en scène et figure reconnue du paysage culturel nîmois, Denis Lanoy ne conçoit pas la culture comme un supplément d’âme ni comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le socle même de l’action politique. Engagé de longue date aux côtés de Vincent Bouget, Leader de la liste municipale Nîmes en commun rassemblant la gauche sociale et écologiste, communiste convaincuil défend au sein de Nîmes en commun une ambition culturelle claire et assumée : « Il n’y a pas de réflexion politique sans réflexion culturelle ».

    Dans un contexte de désengagement massif de l’État et de fragilisation du monde artistique, la situation nîmoise apparaît, à ses yeux, préoccupante. « La culture est souvent le premier domaine, avec le sport, où les aides publiques sont retirées », constate-t-il. À Nîmes, le diagnostic est sans appel : l’absence de politique culturelle clairement définie par la municipalité actuelle. « Il n’y a pas aujourd’hui de politique publique de la culture à Nîmes. C’est cela qu’il faut remettre en question. » Cette carence a des conséquences concrètes : précarisation des associations, fragilité des artistes, manque de lisibilité pour les pratiques amateurs comme professionnelles, et une politique éducative artistique jugée trop timide. Pour Denis Lanoy, une politique culturelle digne de ce nom doit embrasser l’ensemble de ces dimensions : soutien à la création, éducation artistique, accès aux savoirs, reconnaissance du patrimoine dans toutes ses strates.

    Doubler la capacité d’accueil du conservatoire

    Car c’est aussi là que se joue une autre critique majeure : la réduction de Nîmes à une « ville-musée », tournée presque exclusivement vers sa romanité et son attractivité touristique. « On ne peut pas réduire Nîmes à une carte postale », insiste-t-il, rappelant la richesse de l’histoire médiévale, moderne et contemporaine de la ville, trop souvent reléguée au second plan. Du menhir de Courbessac aux fresques du XIXe siècle de l’église Saint-Paul, en passant par le patrimoine du XXe siècle, c’est toute une mémoire urbaine que Nîmes en commun souhaite réinvestir avec et pour les habitants.

    Le metteur en scène va plus loin : « Nîmes est un carrefour méditerranéen. Elle reçoit des influences venues du sud, de l’est, de l’ouest, et les transforme. Ce n’est pas une identité figée, c’est une richesse faite de circulations, de croisements et de métissages ». Une vision en rupture avec les discours identitaires, qu’il associe aux logiques de repli et aux offensives de l’extrême droite contre le savoir, la recherche et la liberté d’expression. Défendre une culture ouverte, plurielle, traversée par les contradictions, devient alors un véritable rempart démocratique. « La culture, ce n’est pas pour me sentir seulement Nîmois, c’est pour me sentir un être humain », résume-t-il.

    Cette ambition culturelle repose sur une méthode claire : la concertation. Avec la création d’un office culturel municipal, Nîmes en commun entend bâtir une politique coconstruite avec les acteurs et les habitants, afin de « mettre les expériences, les envies et les projets en commun ». Fondée sur la confiance accordée aux artistes, cette vision se cristallise dans un dossier emblématique, celui du conservatoire : face à un projet municipal qui organise le rétrécissement, le collectif défend un nouvel équipement capable de doubler sa capacité d’accueil et de viser un conservatoire à rayonnement régional. Une « cité de la musique » pensée pour le long terme, qui tranche avec la logique de vitrine et d’austérité, et affirme un choix politique clair : faire de la culture un service public essentiel, au cœur du projet démocratique nîmois.