Tag: Musique

  • [Festival d’Aix] Gris paradis des amours enfantines à Aix

    [Festival d’Aix] Gris paradis des amours enfantines à Aix

    Accueil mitigé pour La Flûte enchantée au Théâtre de l’Archevêché jeudi soir. L’objet du dissensus ? La mise en scène très cérébrale de Clément Cogitore. Quant au consensus, il se fait sur la direction élégante de Leonardo García-Alarcón et sa Cappella Mediterranea, plateau de voix jeunes et l’excellent Chœur de chambre de Namur. Les vidéos de Clément Cogitore et son scénographe Alban Ho Van nous plongent dans l’Allemagne année zéro de 1945. Tamino est un enfant des ruines vivant d’expédients. Les trois dames sont ces « femmes des décombres » ayant nettoyé Berlin bombardé. Papageno, fusil à l’épaule, trafique la nourriture braconnée. L’initiation des héros est double : de l’enfance à l’âge adulte, ils sont aussi guidés vers les temps modernes de l’américanisation. Si le monde de la Reine de la Nuit est celui de la survie, celui de Sarastro, aveugle, très PDG de multinationale, file vers la société de consommation. Le théâtre de Clément Cogitore est fait d’ombre et de lumières mais dessine un univers désenchanté aux teintes grises, loin de la fantaisie naïve du dernier chef-d’œuvre mozartien.

    Plateau mozartien

    Côté Mozart, on goûte la lecture fluide de Leonardo García-Alarcón. Il mène la Cappella Mediterranea avec délicatesse. Ying Fang est la révélation de ce plateau. Sa Pamina séduit par sa ligne de chant souple et ses aigus filés. De même, le Papageno de Sean Michael Plumb habite la scène avec sa bonhomie naïve et un baryton sans défaut. Si le Tamino de Mauro Peter est scéniquement en retrait -il double l’enfant et l’adolescent qui le jouent sur scène- son ténor mozartien en fait un prince de qualité. Sabine Devieilhe est une grande Reine de la Nuit. Plus plaintive et mater dolorosa que furie vindicative, elle offre à ses vocalises le plaisir d’un jeu dramatique fouillé. Brindley Sherratt est Sarastro à la basse profonde et son autorité vocale est saupoudrée d’humour. Rodolphe Briand (Monostatos) joue les sbires bouffon façon « bad cop » lubrique avec gourmandise. Emma Fekete est une fort jolie Papagena. Les trois enfants sont issus du Knabenchor der Chorakademie Dortmund. Edwin Crossley-Mercer (Der Sprecher), les deux prêtres déguisés en pompiers new-yorkais, Damien Pass et Jonghyun Park ainsi que les trois dames, Alix Le Saux, Ashley Dixon et le beau contralto de Adriana Bignagni Lesca complètent ce plateau mozartien.

  • Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Après avoir fait virevolter jeudi l’Orchestre national de jazz dans le répertoire luxuriant de la cheffe et compositrice américaine Carla Bley, le Marseille jazz des cinq continents met le cap, vendredi 3 juillet, vers l’Égypte. Un pays dans lequel le chanteur et poète Abdullah Miniawy, en concert à la Vieille Charité, a émigré en 2011. Cette année-là, la Révolution égyptienne éclate en réaction notamment à la corruption du pouvoir et à l’incapacité des classes populaires à vivre dignement, se soldant par la démission du président Hosni Moubarak. En 2023, son projet Le Cri du Caire observait les cendres de cette époque.

    Voilà désormais ce « descendant contemporain de la tradition soufi », qualifie le festival, qui entremêle ses scansions à visées universelles aux cuivres rédempteurs de Robinson Khoury, Jules Boittin (trombones) et du trompettiste Erik Truffaz, dans Peacock dreams. Son dernier album en date qu’il fera entendre aux côtés de ces musiciens à Marseille, lors d’un concert dont la première partie sera assurée par Ubaq, trio basse-guitare-batterie à la musique ombrageuse et teintée d’éclats de lumière comme l’ubac d’une vallée, ce versant moins ensoleillé néanmoins sûr.

    Forces « diluviennes »

    Le lendemain, c’est la chanteuse franco-brésilienne Gildaa qui lancera le bal en ces mêmes lieux à 20h. Alternant violon, percussions et kora, cette artiste à la voix indomptable et aux Pensées diluviennes, suggère l’un de ses titres, livrera un spectacle aux accents de théâtre. Gabriel Gosse prendra le relais de la soirée à 21h. L’occasion pour ce chanteur et guitariste de défendre sur scène Mojo, son deuxième album diablement funky.

    Les 3 et 4 juillet à la Vieille Charité, à partir de 20h.
    15 euros pour les moins de 18 ans et 35
     euros en tarif plein. www.marseillejazz.com

  • Julien Clerc et Blandine lancent l’Été marseillais

    Julien Clerc et Blandine lancent l’Été marseillais

    Rendez-vous incontournables de l’Été marseillais, les concerts de la scène sur l’eau rythmeront à nouveau cette édition 2026 à partir de ce vendredi soir. C’est un artiste qui a la préférence de toutes les générations depuis 50 ans qui ouvre le bal, Julien Clerc. L’icône de la chanson française a repris les routes de France, et a choisi la scène sur l’eau de l’Été marseillais pour aller à la rencontre de son public. Les Marseillaises et Marseillais de tout âge pourront ainsi venir partager un moment d’émotion et de musique entre amis ou en famille, chanter à tue-tête des musiques qui sonnent comme les bandes originales de la vie de tant de Françaises et Français. Il se produira sur la scène sur l’eau à partir de 21h30.

    Une kyrielle d’invités

    Julien Clerc sera accompagné d’un jeune talent provençal, Blandine, qui a composé ses premières mélodies sur les touches du piano du conservatoire d’Aix-en-Provence, et qui propose des musiques envoûtantes. Blandine partage sa magie et son magnétisme avec des arrangements délicats et des mélodies envoûtantes. Habitants et touristes sont invités à découvrir ce jeune talent dès 20h30.

    Et la Ville promet un été haut en couleur avec une kyrielle d’artistes invités sur cette même scène sur l’eau, avec notamment Yelle et le Show de la Pride dès ce samedi 4 juillet, puis l’iconoclaste Sébastien Tellier, le 10 juillet, les dignes représentants de la French Touch Cassius seront sur scène le lendemain, le 11 juillet, Folamour le 17 juillet ou encore DJ Kore le 18 de ce mois.

    Concert d’ouverture de l’Été marseillais de Julien Clerc et Blandine, à la scène sur l’eau, sur le Vieux-Port à partir de 20h30

  • Le Jazz festival va faire groover le théâtre de la Mer de La Ciotat

    Le Jazz festival va faire groover le théâtre de la Mer de La Ciotat

    C’est l’un des rendez-vous incontournables de la saison estivale à La Ciotat. Le Jazz festival est de retour et avec lui quatre soirées qui regroupent chacune deux concerts avec des artistes de renom. « Nous voulons cette année montrer que le jazz est présent dans beaucoup de musiques. Son influence a donné naissance à d’autres styles musicaux comme la soul, le rythm’n blues ou des musiques plus pop ou électro et c’est par la programmation que nous avons que tous ces styles-là sont représentés avec toujours en toile de fond le jazz », explique Jean-Pierre Artero, président et directeur artistique de l’association La Ciotat Culture, organisatrice de l’événement. Si les soirées de concerts commencent officiellement le mardi 7 juillet avec un concert blues cajun inspiré de la musique de Louisiane qui revisite les racines du blues et du jazz avant de laisser la place à un concert tribute James Brown, au théâtre de la Mer, les soirées de dimanche et lundi seront un prélude à l’événement dans les rues de La Ciotat.

    Musiques du monde

    « Il y aura des déambulations à partir de 20h à l’occasion du marché nocturne pour annoncer le début du Jazz festival, un peu à la façon des crieurs publics de l’époque », souligne-t-il. « Le New Bop Trio, un orchestre jouera de la musique comme on le faisait à la Nouvelle-Orléans. » Mercredi ce sera le funk soul hip-hop de Talis Maas et l’électro jazz de Rosaway, un duo mêlant électro, jazz et influences disco qui seront au x commandes. Parmi les temps forts, notez la soirée de jeudi avec le concert de Yuri Buenaventura, une figure incontournable de la salsa qui enflamme les scènes du monde entier avec son énergie communicative et son attachement aux musiques latines. « Je connais très bien Yuri Buenaventura qui s’est imposé dans le monde de la salsa mais ce que peu de gens savent c’est qu’il est également un très bon chanteur et musicien de jazz et c’est ce que nous allons vous faire découvrir », poursuit Jean-Paul Artero. « Vendredi, soirée de clôture, nous ferons la part belle à la chanson française mais aussi à l’univers de Line Cruz avec Four worlds qui montrera à travers sa musique que les disparités du monde quelles que soient les couleurs et les origines peuvent se mélanger harmonieusement. »

  • Le phénomène Bad Bunny débarque au Vélodrome

    Le phénomène Bad Bunny débarque au Vélodrome

    Dans le cadre de son « Debí Tirar Más Fotos World Tour », l’artiste âgé de 32 ans, devenu l’un des phénomènes culturels majeurs de sa génération, promet un show incandescent porté par les rythmes du reggaeton, de la salsa et du merengue. Avec des dizaines de milliers
    de fans attendus, cette unique escale marseillaise s’annonce comme l’un des temps forts musicaux de l’été, dans une enceinte du boulevard Michelet prête à se transformer en immense piste de danse.

  • Ils parcourent le monde pour Bad Bunny

    Ils parcourent le monde pour Bad Bunny

    « Je suis Portoricaine et j’habite à New York. J’ai choisi de voir Bad Bunny dans un pays où l’on ne parle pas espagnol, car je pense que c’est une occasion unique de constater son impact mondial », s’émerveille Bri, artiste venue des États-Unis avec sa famille.

    Portoricains, Costariciens et états-uniens arrivent à Marseille, depuis le week-end dernier, pour le concert du chanteur latino-américain Bad Bunny au Vélodrome, ce mercredi soir, où près de 70 000 spectateurs sont attendus.

    En dessous de la place Jean-Jaurès, Bri attend son taxi avec sa mère, son frère et sa sœur. « C’était incroyable de suivre son ascension, depuis ses débuts en tant que petit artiste de reggaeton, jusqu’à sa prestation en tête d’affiche du Super Bowl. Je suis fière de lui, c’est comme si j’avais grandi à ses côtés ! », s’enthousiasme l’artiste new-yorkaise.

    Dans les rues du Panier, les fans étrangers sont nombreux. Yirehi Rôman, Portoricaine de 27 ans, a fait le déplacement seule et spécialement pour le concert. « J’adore Bad Bunny. Il est le porte-parole de nombreux Portoricains, il parle de ma culture et attire l’attention sur plusieurs réalités de notre île avec sa musique », déclare la coach sportive. Yirehi ne le savait pas et l’a appris « à la dernière minute », trois amies états-uniennes à elles se rendent aussi au Vélodrome. « Je suis la seule portoricaine, mais elles peuvent aussi l’être un peu pour le concert », ironise-t-elle.

    « Il nous défend contre

    le racisme »

    Un peu plus loin, la famille Gomez, originaire du Costa Rica, arpente les petites ruelles du Panier. Pour ces quatre Latino-Américains, Bad Bunny est une histoire de famille. Les parents et les enfants écoutent l’artiste portoricain. De passage sur la Costa Brava et dans le sud de la France pendant plusieurs semaines, ils ont acheté des billets pour le concert il y a un mois. « Je suis chirurgien orthopédiste, quand j’opère mes patients, j’écoute Bad Bunny », raconte leur père, Antonio. « C’est le meilleur du monde. Au Costa Rica, tous les latinos aiment Bad Bunny parce qu’il nous représente. Il nous défend contre le racisme et les discriminations », explique Philippe, 16 ans. « Oui », acquiesce sa petite sœur, Martina, 13 ans, des étoiles dans les yeux.

    Parmi les fans, des Français sont aussi venus jusqu’à Marseille pour voir le phénomène portoricain. À l’image d’Amélie, Toulousaine, et de Tiphaine et Inès, Paloises, toutes les trois âgées de 24 ans. Pour ce groupe de copines, se rendre dans la cité phocéenne, plutôt qu’à Paris, pour voir Bad Bunny, était évident. « À Marseille, il y a la plage et le soleil », explique l’une d’entre elles. « Ça nous fait une pierre deux coups : le concert et des petites vacances entre copines », complète son amie.

    C’est aussi le cas de ces quatre Toulousains, amis depuis plusieurs années, croisés près de la Vieille Charité. « Bad Bunny, c’est des souvenirs de soirées passées tous ensemble. C’est aussi les messages qu’il transmet dans ses chansons. Je pense qu’il nous touche tous », s’exprime Alizée. « Il est très engagé. Il a des valeurs qui nous représentent et auxquelles on tient », ajoute son ami Adrien.

    L’artiste portoricain se produira aussi les 4 et 5 juillet à Paris. La capitale attend des milliers de spectateurs français et étrangers.

  • « Sketches of Spain » lance et chauffe le Marseille jazz des cinq continents

    « Sketches of Spain » lance et chauffe le Marseille jazz des cinq continents

    Un voyage dans les musiques traditionnelles espagnoles dont s’enivrent le trompettiste new-yorkais Michael Leonhart et le danseur-chorégraphe Israel Galvan, « l’un des plus éminents représentants du flamenco contemporain », situe Hughes Kieffer, directeur artistique du Marseille jazz des cinq continents, à propos de ce spectacle qui lance le festival, mercredi 1er juillet à 20h, à la Vieille Charité. Les deux artistes revisitent cet opus dont les premières notes éclairent sur ce que la musique et ses mélanges ont fait de plus beau. Ses ingrédients ? une sauce à base de Concerto d’Aranjuez, composé par Joaquin Rodrigo 20 ans plus tôt, liée par le génie de Miles Davis, sur des arrangements de Gil Evans. Une œuvre mélancolique et ensoleillée qui nous tabasse l’âme dont Miles Davis disait : « Cette mélodie est si forte que, plus elle est jouée douce, plus elle est forte et, plus elle est jouée forte, plus elle devient faible. »

    www.marseillejazz.com

  • « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    La Marseillaise : Vous êtes la première femme à diriger l’Orchestre national de jazz depuis sa création, il y a 40 ans. Y attachez-vous une importance particulière ou pas ?

    Sylvaine Hélary : Un peu des deux. J’ai postulé à l’Orchestre national de jazz en tant que musicienne, compositrice, flutiste, mais pas en tant que femme spécialement. En revanche, je mesure l’importance que cela peut par exemple avoir pour de plus jeunes musiciennes quant à leur manière de s’identifier à des figures féminines. À partir du moment où les femmes sont un peu plus visibles, qu’elles soient sur scène ou à des postes de direction, cela peut contribuer à changer la place des femmes dans la société en général : affirmer peut-être quelque chose ou rassurer, donner envie, se dire que c’est possible. Je mesure le pouvoir que cela peut avoir au niveau de la transmission.

    Si tout cela évolue aujourd’hui, c’est aussi grâce à des pionnières comme la compositrice et cheffe Carla Bley, à une époque où les femmes se comptaient sur les doigts d’une main à ces postes…

    S.H. : Complètement. J’ai rencontré sa musique il y a 30 ans quand je faisais des sessions avec le saxophoniste Rémi Sciuto, à qui j’ai confié les arrangements de la plupart du programme de Carla Bley. Avant, j’avais quelques références de musiciennes françaises comme Joëlle Léandre ou Hélène Labarrière. Mais elles étaient peu nombreuses. Puis la compositrice Carla Bley m’a ouvert tout un nouveau monde. Elle m’a impressionné par sa liberté, sa manière de naviguer entre des musiques différentes : elle a aussi bien travaillé avec des pointures jazz que Robert Wyatt ou le batteur de Pink Floyd, Nick Mason. Cette touche-à-tout a développé en même temps son propre langage. Elle a aussi joué toute sa vie avec certains de ses compagnons comme Steve Swallow, le dernier en date. Elle coche tous les souhaits que l’on peut avoir quand on est une jeune femme et qu’on veut devenir musicienne.

    Le directeur du festival des cinq continents dit qu’elle « fait un jazz qui tire jusqu’à la musique contemporaine, mais comporte aussi beaucoup de mélodies »…

    S.H. : Tout à fait. Avec notre projet, on voulait donner à entendre toute sa panoplie et pas seulement un son, celui de son orchestre avec beaucoup de cuivres. On a donc aussi ajouté un quatuor à cordes pour changer un peu la couleur, avoir notre propre son et ne pas faire une pâle copie du sien. Sous des airs très mélodiques, qui rappellent des musiques de films, le son de Carla Bley est très exigeant. Et dans le même temps, elle prodigue quelque chose de très accessible. La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde. On a joué notre projet dans plein d’endroits comme l’opéra de Dijon. Les spectateurs ne la connaissaient pas bien, et pourtant, 1 600 spectateurs ont fini debout.

    Les 12 titres de votre album alternent le doux et le vigoureux. À l’image de sa personnalité ?

    S.H. : On n’avait pas envie que ça soit portrait en cire de Carla Bley, mais on se l’est approprié. On a voulu représenter plusieurs facettes de son écriture. possiblement reliable à celles de sa personnalité. Il y a à la fois des tubes comme « Utviklingssang » et « Musique mécanique », mais aussi « End of Vienna », plus chambriste que jazz. Elle a un parcours incroyable, est partie très tôt de chez elle, a même vendu des cigarettes au Birdland [club mythique de jazz new yorkais, Ndlr.]. Le monde du jazz et des musiques improvisées, à l’époque bouillonnant, a été pour elle fondateur.

  • La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    Ce samedi à la salle 750 à la Bâtie-neuve, la Fête de La Marseillaise était presque aussi attendue que le retour du journal lui-même. Une table ronde en compagnie de journalistes du Dauphiné Libéré, de Ram05 et de BFMDICI a animé la matinée, avant l’ouverture de la restauration à midi.

    En parallèle, plusieurs associations tenaient des stands sur place, de Terres de lien, association qui acquiert des terres agricoles pour installer les jeunes paysans, à France Solidarités Palestine et Solidarité Madagascar en passant par la coopérative Scop-Ti, célèbre pour son mouvement social de 1336 jours et ses thés. « Cela montre la symbiose entre un certain nombre d’associations et de mouvements et ces moments de retrouvaille, de convivialité, sont importants pour créer de la solidarité entre nous », a souligné Frédérique Lainé, présidente du comité alpin des Amis de La Marseillaise, qui a beaucoup œuvré pour que notre journal parte à la conquête des Alpes.

    « L’envie de rencontrer les acteurs de la presse, c’est quelque chose qui revient beaucoup dans les discussions ici, pour qu’ils puissent parler de leurs contraintes, des pressions, des réalités des médias qui ne sont pas aux mains des milliardaires », rapporte-t-elle.

    L’occasion était aussi de se serrer les coudes dans une période politique inquiétante qui vire au brun, et de s’appuyer sur les conseils des anciens. « La Marseillaise porte une ligne éditoriale précieuse, surtout dans cette période où l’on nous met en condition de concevoir et d’accepter la guerre comme une nécessité, où l’on fournit des milliards d’euros pour des armes, pour tuer, alors qu’on refuse d’allouer des crédits à la santé, à l’éducation, pour tout le service public », a affirmé Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port à Marseille en 1943 et infatigable militant communiste.

    De la musique qui secoue pour une fête engagée

    L’après-midi a été rythmée par les Fralibos, groupe formé par des ouvriers de l’usine à thé Fralib durant leurs 1336 jours de grève, une musique aux accents de solidarité et de progrès social qui résonne avec les valeurs de La Marseillaise. Pour la soirée, la scène du 750 a vu défiler la musique punk du groupe Red Shift de Chorges, puis le rock haut-alpin de De Mist et le néo-métal montagnard de Spit on that thing, avant de conclure avec Airain, groupe de métal Embrunais.

    Fatigués mais heureux, les artisans de la Fête, pensaient déjà à l’année prochaine.

  • Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny au stade Vélodrome. Pas le surnom d’une chèvre qui vient encore de signer à l’OM, mais bien le bouillant lapin des musiques latines, qui se produit mercredi 1er juillet dans l’antre des Olympiens. Cet artiste parmi les plus écoutés à travers le globe fait escale à Marseille dans le cadre de son « Debí Tirar Más Fotos World Tour », d’après le nom de son sixième album sorti l’an passé. Une discographie qui monte qui monte depuis les années 2010, et un opus hissé au firmament par le tremblement de terre en mondovision provoqué en février 2026 par son show à la mi-temps du Superbowl, cette parenthèse artistique de la finale de football américain, illustration suprême de la victoire culturelle d’el « imperialismo yankui ». Et pourtant. Truffée de références à ses racines portoricaines, notamment le perreo, danse reggaeton à se déglinguer le bassin et reprise notamment dans les mouvements contestataires de cette île colonisée il y a près de 130 ans par les États-Unis, la prestation de Bad Bunny a bien fait enrager Trump. « Ils veulent me prendre ma rivière et aussi ma plage. Ils veulent mon quartier et que ma grand-mère soit partie. Non, ne lâche pas ton drapeau. Je veux pas qu’ils fassent de toi ce qu’il est arrivé à Hawaii », chante, sur le titre « Lo Que Le Pasó a Hawaii », la superstar de 32 ans devenue égérie anti-Trump en multipliant notamment les prises de position contre l’ICE et pour l’accueil des migrants ou les droits LGBT.

    Coups de chaud

    Désormais icône politique tout autant que de la mode et de l’entertainment en général, une figure portée aux nues ou détestée, comme seuls les États-Unis savent enfanter et raffolent. Dans tout cela, on en oublierait presque la qualité de Debí Tirar Más Fotos, album sacrément bien produit au cours duquel reggaeton, salsa et merengue immergent les auditeurs dans ses influences portoricaines et caribéennes. Par-dessus, les scansions suffocantes de Bad Bunny achèvent de tirer les oreilles des lapins du monde entier pour les traîner fissa sur la piste de danse. De son « Nuevayol » introductif qui dope et sample le thème d’« Un Verano en Nueva York » d’El Gran Combo de Puerto Rico (1975), à la salsa survitaminée « La Mudanza », 17 titres chargés qui décupleraient la canicule marseillaise actuelle en un tour de chant ou de reins. Sûrement aussi de quoi mettre un coup de chaud supplémentaire à la RTM qui annonce encore son cortège de modifications des lignes passant vers le Vélodrome mercredi 1er juillet dès 16h. Il faut dire que le concert de Benito Antonio Martinez Ocasio, de son vrai nom, se jouera à guichets fermés et que les reventes de places se monnayent encore très cher.