Tag: Musique

  • À Montpellier, un Bal’lumé autour des danses et musiques trad’

    À Montpellier, un Bal’lumé autour des danses et musiques trad’

    Pas besoin d’être un danseur aguerri pour rejoindre la piste. Le programme a été pensé pour tous les âges et tous les niveaux, avec notamment un bal familial et une initiation pour les débutants.

    Dès 16 h, les Petits Crins Sauvage ouvriront les festivités avec un bal gratuit pour les petits comme pour les grands. Une entrée en matière ludique et accessible pour découvrir les danses traditionnelles en famille.

    À 17h45, place à l’initiation. Les débutants pourront apprendre quelques pas.

    À 19 h,Laurent Cavalié, poète occitan, musicien et fondateur de Du Bartàs, également auteur et compositeur pour La Mal Coiffée, ouvrira le bal au son de sa voix, avec peut-être quelques invités… Il sera suivi du duo Krinkrin, composé d’un violon et d’un violoncelle, dont le set est très apprécié des danseurs. Entre les différents temps forts, La Grive, menée par Thomas Georget, assurera les inter-plateaux avec ses chants. Le bal s’achèvera en douceur avec une jam.

    * Maison pour tous Léo-Lagrange,155 rue de Bologne. 12 euros plein tarif, 10 euros tarif réduit et 15 euros en tarif soutien. Le bal est gratuit pour les enfants. Buvette et petite restauration sur place.

  • À Aramon, « Émergences » fait de l’eau une affaire commune

    À Aramon, « Émergences » fait de l’eau une affaire commune

    À Aramon, l’eau ne sera pas un décor. Du 11 au 13 septembre, Émergences revient pour une cinquième édition qui entend faire de cette ressource vitale un sujet de culture, de débat et d’action. Né en 2022 dans le sillage de la mémoire des inondations meurtrières de 2002, le festival revendique depuis sa devise : « Alerter et émerveiller ». Une manière de ne pas opposer la fête à l’urgence écologique.

    Au bord du Rhône, dans une commune de 4 500 habitants, Émergences assume ainsi le contre-pied des grands rassemblements. « Alors que certains événements se pressent dans la course au gigantisme, nous opposons une logique de sobriété, un festival à taille humaine », revendiquent les organisateurs : jauges modestes, lieux déjà existants, hébergement des artistes dans le village, circuits courts, tri des déchets, fontaines à eau et zéro bouteille plastique, limitation des impressions, covoiturage et mobilités douces. Le festival, labellisé « Événement détonnant » niveau 1, met aussi en avant une « green team » chargée de réduire son empreinte. Environ 3 000 visiteurs sont attendus sur trois jours.

    Du climat à la piste

    de danse

    Mais l’écologie ne se limite pas aux coulisses. Elle irrigue toute la programmation. Deux tables rondes doivent aborder la gestion de la ressource, le risque inondation et les solutions locales d’adaptation. Dans la zone humide des Paluns, balades botaniques, spectacle « L’arbre fleuve » et sorties à vélo invitent à regarder autrement des milieux fragiles. Expositions sur les glaciers et les deltas, marché de producteurs, ateliers de réparation, cuisine durable ou fresque de l’eau prolongent cette volonté : donner des clés concrètes plutôt que réduire le climat à une menace abstraite.

    La musique reste toutefois au cœur du rendez-vous. Vendredi 11 septembre, la pianiste Bridget Yee précédera Walid Ben Selim, voix profonde de la poésie soufie. Samedi 12, le Brésilien João Selva mêlera samba, soul et funk, avec un engagement assumé contre la déforestation. Dimanche 13, La Mal Coiffée refermera le week-end avec ses polyphonies occitanes et ses percussions. La plupart des rencontres, animations et balades sont gratuites, tandis que les concerts au château sont annoncés à 18 euros, 12 euros en tarif réduit. À Aramon, Émergences veut ainsi faire de l’eau un bien commun dont on parle ensemble, sans renoncer au plaisir de chanter, marcher ou danser.

  • Digne-les-Bains, un collectif intersyndical pour fédérer contre l’extrême droite

    Digne-les-Bains, un collectif intersyndical pour fédérer contre l’extrême droite

    Les trois syndicats ont décidé d’unir leurs forces face à la montée de l’extrême droite, et lancent samedi un collectif antifasciste à l’occasion d’une journée festive et militante à la salle Perchot, à Digne. « Entre Carcassonne, la chasse au voile, l’extrême droite en Allemagne… L’actualité nous montre tous les jours à quel point il est nécessaire et utile de se fédérer et de combattre tout ce qui est fascisme, extrême droite, racisme… », avance Gweltaz Broudic, cosecrétaire départemental de la FSU. « On a quand même deux députés RN dans le 04 », ajoute Eric Robineau, du collectif d’animation Solidaires 04. Pour lancer ce collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes), une journée festive, culturelle et militante est prévue samedi prochain à la salle Perchot, avec une table ronde, une pièce de théâtre, un repas, un concert et un DJ set. « L’idée est de manifester cette envie de combattre les extrêmes droites en prenant le contre-pied de ce qu’ils sont, c’est-à-dire en faisant un événement ouvert, culturel, festif, populaire, ouvert à tous. On a envie de faire de cette journée un lieu de rassemblement pour tous ceux qui veulent s’engager dans ce combat », explique Gweltaz Broudic.

    Les trois syndicats organisent chacun régulièrement des actions contre l’extrême droite, mais « le fait d’être chacun dans son coin, vu le contexte, ça ne suffit plus. Il faut essayer de faire quelque chose de plus important et de plus fédérateur », avance Eric Robineau.

    L’idée de ce collectif et de cette journée de lancement samedi prochain est « de montrer que, malgré deux députés RN sur le département, la population n’est pas d’extrême droite, et qu’il y a un élan dans la population pour la combattre », explique Gweltaz Broudic.

    « En opposition à ce que fait l’extrême droite »

    La journée de samedi commencera par une table ronde sur l’extrême droite au pouvoir, dans les collectivités et les moyens d’y résister. « L’idée, c’est de partir de ce qui se passe dans des communes où l’extrême droite a gagné les élections, et en établir les conséquences concrètes pour les gens, les services publics, la culture, les syndicats », détaille le cosecrétaire de la FSU 04. « On le voit notamment depuis mars, avec plusieurs victoires de l’extrême droite dans des communes, il y a eu directement des attaques sur les libertés syndicales, la culture, avec des budgets qui ont été sabrés et des événements qui n’ont pas pu se produire. À cette rentrée scolaire, c’était flagrant de voir le nombre de mairies RN qui ont supprimé les fournitures scolaires, voire des transports scolaires, la semaine précédant la rentrée », cite-t-il en exemple.

    « Le principal but, c’est d’expliquer que le vote à l’extrême droite, il n’est pas sans conséquences sur les questions sociales. De partout, l’extrême droite a pris des mairies, et les conséquences sont immédiates pour les travailleurs », regrette le secrétaire général de l’union départementale de la CGT, Sylvain Moretti.

    Samedi, après la table ronde, une pièce de théâtre intitulée On n’a pas pris le temps de se dire au revoir sera proposée à 17h. Elle raconte l’histoire d’une famille de Kabylie « qui arrive en France dans une cité qui est démolie par des bulldozers », explique Sylvain Moretti. « L’idée, c’était d’avoir une pièce qui soit en adéquation avec l’initiative, notamment sur tout ce qui est quartiers populaires et vie en commun : tout ce que l’extrême droite souhaite casser au quotidien, puisque leur objectif, c’est d’individualiser un maximum, et de casser toutes les solidarités qu’on a pu connaître, notamment dans ces cités ouvrières », avance le syndicaliste.

    « Cela nous tenait à cœur d’avoir une initiative culturelle, parce que l’accès à la culture est difficile pour une très grande partie de la population du département. Le fait de proposer du théâtre gratuit, ça permet à beaucoup de personnes de découvrir le théâtre, en opposition à ce que souhaite faire à l’extrême droite, qui s’attaque en premier lieu à la culture », se réjouit Sylvain Moretti.

    Le samedi 19 septembre,
    salle Perchot, de 15h à minuit.

  • La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    Comme le rappelle d’emblée Nathalie Solia, « la fabrique de la Fiesta des Suds s’est faite dans un contexte pas forcément favorable, avec des échéances électorales, des problématiques climatiques, l’inquiétude du secteur, le repli sur soi, les conflits mondiaux… ». Selon la directrice de cet événement qui sonne les trois coups de l’automne culturel marseillais, « une ambiance devenue hélas structurelle au milieu de laquelle nous voulons maintenir la lumière de notre étoile, celle du meilleur festival au monde ». Des étoiles, il y en aura toute une constellation, du 8 au 11 octobre sur l’esplanade du J4, à l’instar de Véronique Sanson, tête d’affiche de la soirée inaugurale de la Fiesta des Suds. « Une icône de la chanson », qualifie Frédéric André, programmateur de l’événement, un demi-siècle de carrière dans le rétroviseur et des tubes en pagaille, de Besoin de personne en 1972 à Chanson sur ma drôle de vie en passant par Vancouver ou Bahia.

    « J’ai lu une étude de l’université de Londres selon laquelle, quand on regarde un concert, on ne fait pas que regarder un concert. Les rythmes cardiaques des spectateurs se synchronisent tous ensemble. N’est-ce pas cela la Fiesta ? », s’adresse Frédéric André qui, fidèle à l’ADN du festival, veut aller à rebours de « la culture capitaliste. On essaye toujours de mettre de l’humain, des émotions, tout ce qui n’est pas monétisable ». Parmi les astres musicaux programmés cet automne, Imany. Une évidence au sujet de cette chanteuse « née à Martigues, qui a grandi à Istres, d’origine comorienne. Son nouvel album [Women deserve rage, ndlr] parle d’une relation toxique, qui lui a valu de la colère mais aussi de la guérison qui infuse dedans », développe celui qui a aussi programmé pour cette édition le « dandy rock » Bertrand Belin et Stephan Eicher. L’occasion de découvrir l’éventail musical étonnant de ce guitariste-baroudeur, surtout connu du grand public pour des titres tels que Déjeuner en paix ou Combien de temps dans les années 1990, mais qui vient de sortir son 18e album Poussière d’or. Au menu également, le groupe le plus moustachu et funky d’Aix, Deluxe, ou encore Selah Sue. La soulwoman belge sera accompagnée par The Gallands, duo du batteur virtuose Stéphane Galland et son fils Elvin. « La Fiesta, c’est s’ouvrir à d’autres cultures, aux autres. Ici, le public n’est pas considéré comme des consommateurs mais des citoyens », estime Nathalie Solia.

    Soirées et jours heureux

    Conseiller artistique du festival, Olivier Rey fait quant à lui part de sa volonté de « perpétuer l’héritage de nos pères fondateurs. Dans une société plus fragmentée que jamais, la Fiesta, cet espace de dialogue et parenthèse enchantée automnale, semble plus que jamais essentielle ». Autant d’horizons et de brèches également esquissés sur la « Scène Major » de la Fiesta, où se produiront de 19h à 2h du matin des groupes ouverts aux rythmes mondiaux. Au programme notamment, HabibiSly, franco-syrien qui « mélange disco, électro et musique orientale », le rock d’inspiration sahraoui du trio Sidiaz, ou encore la transe afro-colombienne luxuriante du groupe Ghetto Kumbé. « Le J4, c’est l’entrée du port et de notre ville, là où tout arrive et tout part. Ici, nous accueillons tout le monde dans une Fiesta engagée », résume Nathalie Solia. Illustration supplémentaire avec la désormais traditionnelle Fiesta du dimanche, entièrement gratuite, le 11 octobre. Davantage tournée vers les « familles », une journée de « découvertes, rencontres et musiques », jalonnée par de nombreuses animations telles que des ateliers culinaires, des parties de pétanque et des battles de danse hip-hop. Et des temps forts artistiques comme La Fiesta des jours heureux, comédie musicale de Christina Rosmini autour des « airs populaires des années 1930 », indique la coordinatrice de la journée, Marion Bergé-Lefranc, dans le but de célébrer « les 90 ans du Front populaire ».

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Jhona initie les minots au graffiti à la Paternelle

    [La Marseillaise Breaking Cup] Jhona initie les minots au graffiti à la Paternelle

    Des trois activités proposées ce mercredi au cœur du quartier La Paternelle, le graffiti est sûrement celui qui a attiré, et de loin, le plus de monde. Avec une file d’attente composée de parfois 10 enfants, même la barbe à papa offerte n’a pas eu plus de succès que l’animation proposée par Jhona, un passionné de graff et de la culture hip-hop depuis sa jeunesse. Avec lui, une douzaine d’aérosols, un carton de masque et de gants proposés aux enfants qui ont eu la lourde tâche de remplir la fresque qui met à l’honneur leur quartier.

    Une expérience originale

    Un atelier éducatif qui pour Jhona, va plus loin que ça : « Personnellement j’ai appris le graff dans la rue donc je trouve ça important d’à mon tour faire partager cet art aux petits. C’est une discipline qui s’est développée je trouve, elle reste à la mode car elle représente un paradoxe : elle est à la fois éphémère et elle traverse le temps ». À la fin de chaque passage, le même son de cloche retentit : « C’était sympa mais un peu dur », lance un gamin à l’issue de sa session. Une œuvre qui, malgré la présence d’un fort vent et d’une petite pluie, s’est remplie en l’espace d’une trentaine de minutes avec un rendu unique qui a amené un sourire et une belle expérience sur tous les visages.

  • Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Depuis un quart de siècle, le festival Actoral fait entrer en collision théâtre, danse, musique, arts plastiques, littérature et cinéma à Marseille. Autant de disciplines qui continuent d’irriguer sa 26e édition, présentée mercredi à la presse dans les nouveaux locaux de l’association et centre culturel qui en est aux manettes, Montévidéo, au 45, rue d’Aubagne. Dotés d’une jauge d’une centaine de places assises, des lieux qui accueilleront certaines propositions de son festival phare comme Pédilove, performance de l’artiste marseillaise John Deneveuve ou encore Khalil Khalil, hommage chorégraphique et autobiographique de Khalil Albatran à « son frère mort en martyr pendant la première intifada palestinienne en 1989 ». Pour Hubert Colas, « la mémoire familiale et des origines », mais aussi « la réaction des artistes face au capitalisme » constituent les traits saillants de cette mouture du festival qu’il dirige.

    Actoral, 26e du nom, s’élancera officiellement le 23 septembre au Théâtre des Calanques avec Synthetic/Artefact. Créée par le chorégraphe Tiran Willemse, un monde futuriste animé par des poupées, qu’elles soient « vaudoues » ou bien « plus occidentales, type Barbie », campe Hubert Colas. Une friction de miniatures pour « réparer ce que l’Europe a fait à l’Afrique. Aujourd’hui, la nouvelle génération d’artistes découvre qu’il y a une censure intérieure, malgré elle, qui s’est établie au fil des années à cause du politique. Ils se disent que l’image de la société qui leur est renvoyée n’est pas conforme à ce qu’ils sont en réalité », souligne-t-il. Adèle Haenel sera ainsi l’une des invités de renom de cette édition, elle qui viendra présenter à la Friche Belle de Mai Voir clair avec Monique Wittig, faisant résonner de manière dramaturgique la pensée de cette pionnière du Mouvement de libération des femmes ayant aussi fait partie des « Gouines rouges ».

    Une île et un bunker

    Parmi ses autres marques de fabrique, Actoral est aussi « un temps fort autour d’artistes qui viennent des arts visuels et vont vers la performance », rappelle Hubert Colas. Parmi ceux-ci, Geneviève Matthieu qui « invoque une île étrange où les repères vacillent par la poésie, l’entraînement physique, musique et chant » dans Danse prophétique à l’île bizarre, au Théâtre des Bernardines. Au Fonds régional d’art contemporain (Frac Paca), Gaëtan Rusquet inondera quant à lui l’espace de ballons de baudruche dans un geste sculptural. Des diversités esthétiques qui ne sauraient faire oublier la prédominance de la question sociale sur nos identités, comme pourra le suggérer Bunker de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre. Visible à la Friche Belle de Mai, « l’histoire d’un PDG d’un groupe pétrochimique qui vit enfermé avec sa fille dans un bunker », illustrant « la volonté séparatiste de cette caste désolidarisée du sort commun », estime Hubert Colas.

  • [Lecture] Jean-Sébastien Bach remis au goût du jour

    [Lecture] Jean-Sébastien Bach remis au goût du jour

    S’il estime qu’il est pour lui un « vieux compagnon » qu’il écoute depuis plus de quarante ans, ce n’est pas le parcours de la vie de Jean-Sébastien Bach que Stéphane Salord veut dérouler dans le livre qu’il vient de publier. Habituellement vu dans la sphère politique locale, étant délégué Génération écologie du Pays d’Aix et actif au cours des élections municipales, Stéphane Salord présente son livre Bach, la marche vers l’éternité, comme « un livre sans prétention intellectuelle, qui n’est pas là pour parler de mes états d’âme », mais pour proposer un « angle issu d’une recherche personnelle : regarder l’inversion complète de la trajectoire de cet homme par rapport à d’autres musiciens », contextualise l’auteur, au cours d’une séquence de dédicaces tenue ce mercredi 9 septembre. 116 pages de recherches autour du compositeur du XVIIe siècle, autoéditées, pour dire « qu’il est temps de s’intéresser à Bach, le musicien de l’attention, de la profondeur (…) pas la peine d’être un spécialiste pour écouter Bach. Sa musique est là pour nous permettre de mieux réfléchir et rendre les choses compliquées acceptables », insiste Stéphane Salord. En attendant d’autres séquences de dédicaces, le livre est à retrouver sur les plateformes en ligne, notamment.

  • Un blues profond résonne à Meyreuil

    Un blues profond résonne à Meyreuil

    C’est sous les auspices complices de la Sainte-Victoire, montagne chère à Cézanne, que le blues fait exploser les couleurs de sa palette jusqu’au samedi 12 septembre, au Domaine communal de Valbrillant. Le feu frondeur de cette musique née et répandue dans les champs de coton au XIXe siècle en réaction à l’Amérique esclavagiste, puis ségrégationniste, se propage cette fois au pied du massif : sur ces mêmes terres où les gueules noires ont charbonné dans le Bassin minier de Provence, en activité jusqu’en 2003. Des braises musicales amorcées jeudi soir par des artificiers de choix, en la personne de la guitariste française Elise Frank, puis de Shemekia Copeland, « voix incontournable de la scène américaine » qui « mêle blues, soul et gospel avec une intensité rare », décrit André Carboulet, directeur artistique du festival.

    Figures et relève

    « Pour cette édition », explique-t-il, « la programmation met en lumière la diversité du blues : des figures majeures qui en portent l’héritage aux artistes d’une nouvelle génération qui en prolongent l’élan ». Illustration supplémentaire, vendredi, avec le guitariste et chanteur made in Chicago Jamiah Rogers, qui conjugue l’ADN de sa ville natale avec « une flamboyance blues rock inspirée par Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan ». Avant que l’artiste louisianais et « symbole du renouveau blues » D.K. Harrel ne prenne son relais à 22h. Charge, le lendemain, à l’harmoniciste britannique Errol Linton, puis au taulier du blues du sud des États-Unis, Larry McCray, de clore le festival.

  • Benjamin Biolay en clôture des soirées ICI Live à La Ciotat

    Benjamin Biolay en clôture des soirées ICI Live à La Ciotat

    Après les performances scéniques de Soprano et Jenifer, au tour d’abord de la lauréate 2025 de la Star Ac’, Marine, de dévoiler quelques-unes de ses pépites et notamment son dernier titre « Tricheur », sorti cette semaine et joué pour la première fois en live. Puis Benjamin Biolay a pris la suite, pour un set électrique, tour à tour intimiste, entraînant et plein d’énergie. L’artiste sétois a enchaîné les tubes, en débutant en ouverture par « Los Angeles », issu de son premier album concept Rose Kennedy, jusqu’au bien nommé « Écran total » sorti en mai dernier. Une masterclass. Rendez-vous l’année prochaine !

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.