Tag: Municipales

  • Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    « Réconcilier Marseille et le littoral pour le siècle qui vient. » C’est l’objectif affiché de Benoît Payan, maire sortant (DVG) de Marseille et candidat à sa succession pour les élections municipales, avec son « projet littoral ». Projet dévoilé dans les pages de nos confrères de La Provence, ce samedi, puis développé avec moult visuels et images conceptuelles sur les réseaux sociaux dans la foulée.

    Et il faut dire que le Printemps marseillais ne manque pas d’idées pour le prochain mandat avec une déclinaison de plusieurs projets, du Nord au Sud de la ville. « Au Nord, la plage de Corbières sera totalement réaménagée, avec l’agrandissement considérable de la zone baignable et la refonte des accès piétons, ferroviaires et automobiles à la plage », expose l’union de la gauche et des écologistes.

    Sujet épineux sur lequel a travaillé la majorité sortante : celui de la Digue du large, véritable serpent de mer du littoral marseillais, fermée depuis 2001 et ouverte qu’en de rares occasions. « Après discussions avec le Grand Port maritime de Marseille, (GPMM), la Digue du large sera ouverte aux Marseillais. L’accès envisagé pourra se faire par deux points : le pont Pinède, après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 et la Digue du large, et permettant de laisser passer les bateaux. Au même endroit pourra être installé un espace de natation sécurisé », développe le Printemps marseillais, rappelant que « le port de Marseille est un poumon économique, d’attractivité, de développement et d’emploi de notre ville ». De quoi provoquer une montée au créneau de Romain Simmarano, porte-parole de la liste de Martine Vassal (DVD) aux municipales : « Benoît Payan est obligé de mentir. Non le Port n’a donné aucun accord pour la réouverture de la digue du large. »

    Du verdissement à tout va

    Autre sujet de tension, Benoît Payan promet que la piscine du Mucem, projet abandonné de l’actuelle mandature, « sera faite dans le mandat ». Pour la plage des Catalans, « les travaux entrepris pour mener à bien la réhabilitation et la mise en sécurité de la plage seront achevés ». Le tout, complété « par un plan global de mise en accessibilité et des points de baignade de la Corniche » avec « des accès par escaliers, la création de plateformes et de plongeoirs sécurisés ».

    Concrètement, il envisage trois accès « des Catalans à Malmousque » afin de permettre au plus grand nombre de « profiter de la mer dans les meilleures conditions », et surtout de plonger « en toute sécurité ». Autre axe de développement sur lequel insiste l’édile : le verdissement des espaces longeant la mer. Il plaide pour une « corniche verte », qui « reliera le stade nautique Florence-Arthaud à Montredon ». Laquelle est en lien avec « une grande pinède, au niveau de Borély, avec des arbres et essences méditerranéennes qui constituera un nouveau poumon vert de notre ville, à quelques mètres de l’eau ». Plus globalement, il envisage « trois trames vertes qui partent des collines, depuis les massifs de la Nerthe et l’Étoile et les Aygalades », toujours dans La Provence du 28/02. « Le long du ruisseau des Aygalades et le long de l’Huveaune, nous allons faire pousser de grandes promenades vertes », conclut-il.

  • À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    Le combat s’annonce comme toujours difficile pour la droite dans le bastion historique de la gauche guériniste, terre d’élection du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) en 2020, et où Manuel Bompard (LFI) s’est imposé deux fois dès le 1er tour des législatives. Cette année, huit listes y sont en lice.

    Solange Biaggi y a pourtant été élue maire en 2014. Un succès qu’elle avait partagé avec Lisette Narducci (DVG). Une « alliance compliquée », se rappelle la pharmacienne dont le cuir lissé par les batailles électorales révèle toute la décontraction à l’approche du scrutin. « J’espère qu’on verra mon bulletin », sourit-elle en évoquant un tirage de liste peu avantageux qui l’a placée en 8e position. Née en 1954 à Marseille, Biaggi entre en politique en 2001, « avec la parité » et poussée par Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier venus chercher quelques voix corses en même temps qu’une grande famille (Biaggi – Altieri) du monde économique local.

    Adjointe au commerce, conseillère départementale et métropolitaine en charge de l’attractivité, elle siège depuis 2020 dans l’opposition municipale et préside le bailleur social Provence Métropole Logement.

    « Même dans l’opposition, j’ai continué à travailler dans la proximité », dit-elle, se revendiquant de la transformation de la Joliette et de la rénovation de la rue de la République. « On a beaucoup fait mais il reste encore énormément à faire sur le 3e, où il y a le plus de précarité et d’insalubrité. »

    « Ce secteur c’est mon ADN »

    La candidate affirme surtout son attachement aux 2-3 qu’elle veut « tirer vers le haut et qui sont l’avenir de Marseille ». Elle évoque Euroméditerranée où elle siège, le Port, la CMA CGM, le centre d’affaires, et rappelle ses racines, sa mère « née rue de la République » et sa famille qui « était dans les bateaux » : « Ce secteur, c’est mon ADN. »

    Pour le mandat à venir, elle parle logements et emploi, cite le parc Bougainville, la future gare St-Charles qui « reliera la Belle de Mai et St-Mauront au centre-ville ». Sur le tram de la Belle de Mai, elle réfute toute opacité mais reconnaît « des blocages » qui ont fait perdre « quatre ans ». Dans une campagne marquée par la course de la droite derrière l’extrême droite, elle s’assume « d’une droite sociale », « pragmatique » et éloignée de « la politique politicienne ». Elle cite son colistier « écologiste », Christophe Madrolle, et les 25 autres membres de sa liste, novices et issus de tous les quartiers. Une manière de préparer la suite ? « Il faut du renouveau mais je porte la continuité de ce qu’on a commencé, je ne veux pas que tout s’arrête. »

  • La liste de Nicolas Koukas présentée aux Arlésiens

    La liste de Nicolas Koukas présentée aux Arlésiens

    Deux ans après l’élan du Nouveau front populaire qu’il conduisait contre l’extrême droite aux législatives, Nicolas Koukas veut transformer l’essai. « Le peuple de gauche est revenu » sur la place Voltaire ce samedi matin, a-t-il lancé au moment d’introduire ses colistiers de l’Union pour Arles. Un accord « historique depuis 1995 » clame la tête de liste, lorsque l’union de la gauche d’alors affrontait la droite. Rebelote trente ans plus tard, quand la gauche et les citoyens issus de l’Appel d’Arles challengent la droite incarnée par le maire (Horizons) Patrick de Carolis.

    Une large place a été accordée à l’Appel d’Arles. C’est le cas d’Isabelle Grémillet, professionnelle du livre retraitée et présidente de l’association Paroles Indigo, organisatrice d’un festival littéraire arabe et africain. « Une initiatrice de l’Appel d’Arles dont la présence est importante », souligne Nicolas Koukas. Même idée pour Dominique Sigaud, dont le candidat salue l’engagement au collectif de l’Appel d’Arles. Farid Ouramdane, agent de la Région dans les lycées est présenté comme « un atout » pour Nicolas Koukas au regard de « son parcours sportif en rugby à 13 ».

    Il y a aussi Bouzid Sabeg, ancien directeur du patrimoine de la Ville, Lucille Venet, professeure de SVT, de Julie Bonato-Dallet, sage-femme et militante féministe tout comme Sylvette Carlevan, directrice d’une structure d’insertion. C’est aussi le cas de Nadia Chebil, aide-soignante en unité protégée Alzheimer et initiatrice de la maison d’accueil « Les papillons de Marcelle », à Trinquetaille, dédiée aux patients et à leurs aidants.

    Un contrat d’engagement

    Les quartiers et villages sont également représentés, avec Michel Monnier pour Mas Thibert, Sandra Monteils de Monplaisir, Céline Montes de Raphèle, Katy Vrontos et Charly Scandagliari pour Salin-de-Giraud, Marie-Carmen Orta-Cesaridis de Moulès, Yvan Laville de Pont-de-Crau ou encore Estelle Espejo de Barriol.

    Tous les candidats ont signé, sur la scène installée place Voltaire, un contrat d’engagement pour leur liste et pour le futur mandat devant les participants. Nicolas Koukas l’affirme : « Notre équipe va s’engager pour six ans […] engagée pour être solide, loyale, et durer sur les prochaines années pour ne pas vivre les mêmes démissions » que dans la majorité de Carolis, le quorum au conseil municipal n’a été atteint « que grâce à l’opposition pendant ce mandat », tance le chef de file de l’Union pour Arles.

    Parmi les points signifiants de ce contrat mis à disposition de la presse figure l’engagement à « être présent à toutes les séances du conseil municipal, sauf empêchement grave et justifié », ainsi qu’aux commissions, réunions d’équipe et cérémonies officielles. Également, les colistiers promettent de « lutter contre la corruption et toutes formes de violences (sexuelles, sexistes, etc.) dans toutes les instances où ils interviendront ».

    Le compte rendu est de mise. « Nicolas Koukas et les membres de l’équipe municipale s’engagent à suivre, évaluer et rendre compte régulièrement de l’application de ce contrat au sein de réunions d’évaluation des actions entreprises. » Dans le cas d’un « manquement grave aux engagements stipulés dans le contrat », à l’image des conflits qui ont secoué la majorité de Carolis, l’exclusion est possible « après donné un droit de réponse dans le respect du contradictoire ».

    À noter que la 2e place sur la liste revient à la docteure Malika Lagneau, médecin angiologue libérale installée aux anciens ateliers SNCF. « Un choix politique » défend-elle : « Notre priorité est de refaire venir des médecins à Arles. Ça ne se fera pas d’un claquement de doigts, mais on va aller dans les facs et recréer des liens avec l’hôpital pour un parcours santé. » Reprenant, en quelque sorte, le flambeau transmis par le Dr Dominique Bonnet, en dernière position, non éligible.

    « Notre équipe s’engage à rester présente pour 6 ans »

  • Municipales : les listes à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône

    Municipales : les listes à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône

    Marseille, mairie centrale

    Lutte ouvrière – le camp des travailleurs – Rémy Bazzali (LO)

    Une liste ouvrière et jeune pour la défense des intérêts de la population et des services publics – Coralie Raynaud (SE),

    Marseille je t’aime avec Martine Vassal – Martine Vassal (DVD)

    Marseille en ordre – Franck Allisio (RN)

    Marseille pour tous – Erwan Davoux (Divers centre)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu – Sébastian Delogu (FI)

    Pour Marseille, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Benoit Payan (DVG)

    Marseille écologie – Christine Juste (Divers écolos)

    Marseille 1er et 7e arrondissements

    Marseille je t’aime 1/7 avec Romain Simmarano – Romain Simmarano (Ren)

    Marseille en ordre 1er & 7e – Clémence Parodi (RN)

    Marseille pour tous – Erwan Davoux (Divers centre)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 1er et 7e arrondissements – Sebastian Barles (Divers écolo)

    Pour Marseille, 1er et 7e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Sophie Camard (GRS)

    Marseille 2e et 3e arrondissements

    Lutte ouvrière – le camp des travailleurs – Isabelle Lonnet (LO)

    Marseille je t’aime 2e et 3e avec Solange Biaggi – Solange Biaggi (LR)

    Marseille en ordre 2e & 3e – Marie Bermejo (RN)

    NPA révolutionnaires – Marseille, ouvrière et révolutionnaire – Juliette Coleou

    Marseille citoyenne – Hyacinthe Etoundi

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 2e et 3e arrondissements – Alladine Abdallah Salim (LFI)

    Marseille pour tous – Elisabeth Said

    Pour Marseille, 2e et 3e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Anthony Krehmeier (PS)

    Marseille 4e et 5e arrondissements

    Marseille je t’aime 4–5 avec Bruno Gilles – Bruno Gilles (Horizons)

    Reprendre Marseille aux riches – Mathilde Lanté (Révolution Permanente)

    Marseille en ordre 4e & 5e – Thomas Battesti (RN)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 4e et 5e arrondissements – Léa Bijaoui (FI)

    Pour marseille, 4e et 5e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Didier Jau (EELV)

    Marseille 6e et 8e arrondissements

    Marseille je t’aime 6e et 8e avec Catherine Pila – Catherine Pila (LR)

    Marseille en ordre 6e & 8e – Jean-Baptiste Rivoallan (RN)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 6e et 8e arrondissements – Victoire Diethelm (FI)

    Pour Marseille, 6e et 8e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Olivia Fortin (mad mars)

    Marseille pour tous – Maximilien Touat

    Marseille écologie – Christine Juste (divers écolos)

    Marseille 9e et 10e arrondissements

    Marseille pour tous – Stéphanie Brun

    Marseille je t’aime 9-10 avec Laure Agnès Caradec – Laure Agnès Caradec (LR)

    Marseille en ordre 9e & 10e – Eléonore Bez (RN)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 9e et 10e arrondissements – Myriam Meghraoui (FI)

    Pour Marseille, 9e et 10e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Pierre Huguet (G.s)

    Marseille 11e et 12e arrondissements

    Marseille je t’aime 11–12 avec Sylvain Souvestre – Sylvain Souvestre (LR)

    Marseille en ordre 11e & 12e – Olivier Rioult (RN)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 11e et 12e arrondissements – Radhouane Ouachani

    Pour Marseille, 11e et 12e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Yannick Ohanessian (PS)

    Marseille 13e et 14e arrondissements

    Lutte ouvrière – le camp des travailleurs – Frédéric Gourc (LO)

    Marseille je t’aime 13 & 14 avec Marion Bareille – Marion Bareille (dvd)

    Ambition citoyenne – Sami Benfers

    Marseille en ordre 13e & 14e – Sandrine d’Angio (RN)

    Marseille pour tous – Nora Préziosi (DVD)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 13e et 14e arrondissements – Mohammed Bensaada (FI)

    Pour Marseille, 13e et 14e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Tina Biard Sansonetti (DVG)

    Marseille 15e et 16e arrondissements

    Lutte ouvrière – le camp des travailleurs – François Roche (LO)

    Marseille je t’aime 15/16 avec Gérard Blanc – Gérard Blanc (Ren)

    Marseille pour tous – Said Ouichon

    Marseille en ordre 15e & 16e – Thibaut Charpentier (RN)

    Marseille, fière et populaire avec Sébastien Delogu 15e et 16e arrondissements – Rabyata Boinaheri (FI)

    Pour Marseille, 15e et 16e arrondissements, la gauche, les écologistes et les citoyens rassemblés – Samia Ghali (DVG)

    Aix-en-Provence

    Aix en commun – Julie Boronad (FI)

    Agir pour Aix – Jean-Louis Geiger (RN)

    Passionement aixois – Sophie Joissain (LR)

    Aix pour vous – Philippe Klein (Horizon)

    Aix avenir – Marc Pena (Union de la gauche horsFI)

    Aix vivante et populaire – Mounir Ben-Ammar (Liste citoyenne de gauche)

    Arles

    L’union pour Arles – Nicolas Koukas (Union de la gauche hors FI)

    Arles au cœur – Patrick de Carolis (SE Horizons)

    Lutte ouvrière-le camp des travailleurs – Anne Testut (LO)

    Arles populaire, digne et solidaire – Jecilla Regad (FI)

    Plus proche d’Arles – Jean-Michel Jalabert (SE)

    Fiers d’être arlésiens – Rémy Benson (RN)

    Allauch

    Génération Allauch – Lionel De Cala (LR)

    Allauch à gauche – Frédéric Dutoit (Union de gauche avec LFI)

    Rassemblement pour Allauch – Christelle Varnier (RN)

    Allauch Avenir – Valentin Sérézat (SE)

    Aubagne

    Passion Aubagne – Gérard Gazay (LR)

    Aubagne ensemble vers l’avenir – Mohammed Salem (DVD)

    Rassemblons-nous pour Aubagne – Joëlle Melin (RN)

    Aubagne mérite mieux – Giovanni Schipani (DVD)

    Aubagne en commun – Jean-Pierre Squillari (Union de la gauche hors LFI)

    Changer d’ère – Elodie Malek (FI)

    Fos-Sur-Mer

    Fos ensemble, en mieux – Philippe Maurizot (RN)

    Notre Fos – Rémi Esnault (DVG)

    Nous sommes Fos – Jean-Michel Leroy (PS)

    Fos en partage – Jean Fayolle (Divers centre)

    Gardanne

    Avec Herve Granier Gardanne-Biver avance ! – Hervé Granier (LR, liste SE)

    Ensemble changeons de cap pour Gardanne Biver – Jean-Marc La Piana (Union de la gauche)

    Notre ville, notre avenir – Bruno Priouret (RN)

    Istres

    « Istres, de toute son âme ! » – Robin Pretot (LR)

    Istres, l’énergie du changement – Damien Broc (RN)

    Nous sommes Istres – François Bernadini (DVG)

    Istres verte et sociale – Stéphane Pailhous (Liste de gauche)

    La Ciotat

    À jamais ciotadens – Alexandre Doriol (DVD)

    Rassemblons nous pour La Ciotat – Hervé Itrac (extrême droite)

    Cap sur le bon sens – Daniel Salenc (RN)

    La Ciotat nous rassemble – Karim Ghendouf (Union de la gauche hors LFI)

    Bifurquons a gauche ! – Antoine Vichy (FI)

    Le Rove

    Continuons ! – Paul Sabatino (Union de la gauche hors LFI)

    Unis pour notre commune – Laetitia Cangelosi (RN)

    Marignane

    Ensemble pour Marignane – Christian Amiraty (SE soutenu par LR)

    Mieux vivre à Marignane – Ariane Lombardi (Liste de gauche)

    Marignane aux Marignanais – Eric Le Dissès (Droite)

    Martigues

    Martigues – belle, fière et sûre – Emmanuel Fouquart (RN)

    Collectif citoyen martegal – Frédéric Grimaud (LFI)

    Gaby charroux pour Martigues ! – Gaby Charroux (Union de la gauche hors LFI)

    Un nouveau souffle pour Martigues – Anne-Marie Sudry (GRS)

    Un avenir pour Martigues – Jean-Luc Di Maria (LR)

    Miramas

    Pour Miramas – Frédéric Vigouroux (Union de la gauche hors LFI)

    Redonnons espoir a Miramas – Killian Santana (RN)

    Ensemble pour demain –
    Errol Ferrer (SE soutenu
    par LFI)

    Port-de-Bouc

    Avec Laurent, poursuivons de l’avant – Laurent Belsola (Union de la gauche)

    Que ça change ! – Pascal Spanu (RPR)

    Rognac

    Pour vous, pour Rognac – Sébastien Garrel

    Rognac autrement ! – Willy Nicollet

    Rognac d’abord – Christophe Gonzalez (RN)

    Salon-de-Provence

    Demain Salon – Patrick Chini (Union de la gauche hors FI)

    Salon en commun – Anaïs Giner (FI et NPA)

    Reussir salon – Nicolas Isnard (LR)

    Agir pour salon – Cédric Vaccarezza (RN)

    Septèmes-Les-Vallons

    Ensemble pour Septèmes 2026 – André Molino (Union de la gauche hors LFI)

    Le choix de Septèmes – Smahane Mebarki (FI)

    Septèmes autrement – Adrien Duché (UDR)

    Vitrolles

    Ensemble pour Vitrolles – Loïc Gachon (Union de la gauche hors LFI)

    Vitrolles unie – Philippe Farrugia (DVD)

    Vitrolles en ordre – Fabien Bravi (RN)

    Les 23 villes bucco-rhodaniennes avec une seule liste

    Boulbon (Boulbon notre village, continuons ensemble – Jérémie Becciu), Cadolive (Continuons ensemble pour un Cadolive gagnant – Serge Perottino), Chateauneuf-le-Rouge (Chateauneuf-Le-Rouge, l’audace en + – Michel Boulan), Eygalières (Eygalières, notre fierté, notre avenir – Aline Pelissier), Grans (Grans à vivre… Ensemble – Philippe Léandri), Graveson (Graveson notre engagement – Michel Pecout), Jouques (Continuons ensemble pour Jouques – Eric Garcin), Lamanon (Agir pour Lamanon – Christian Nervi), Le Puy-Sainte-Réparade (Liste d’union républicaine et d’intérêt communale – Jean-David Ciot), Les-Baux-de-Provence (Les Baux Naturellement – Anne Poniatowski), Mas Blanc des Alpilles (Ensemble pour l’avenir de notre village – Laurent Geslin), Maillane (Pour Maillane – Eric Lecoffre), Mollèges (Unis pour Mollèges – Corinne Chabaud), Peypin (Mon parti c’est Peypin – Frédéric Gibelot), Peyrolles-en-Provence (Garder le cap, agir pour l’avenir – Thomas Aarcamone), Plan d’Orgon (Unis et engagés pour Plan D’orgon – Jérôme Guichard), Rognonas (Rognonas en pays d’Arles – Yves Picarda), Saint-Antonin-sur-Bayon (Un village protégé, solidaire, engagé pour son avenir – Christian Delavet), Saint-Cannat (Ensemble pour Saint-Cannat – Joël Levi-Valensi), Saint-Chamas (Naturellement Saint-Chamas – Magali Ramos), Saint-Etienne-Du-Gres (Le gré 2026, un souffle nouveau – Jean Mangion), Saint-Mirtre-les-Remparts (Saint-Mitre-en-vie – Vincent Goyet), Verquières (Verquières, entre héritage et avenir – Jean-Marc Teissere).

  • [Divergence] Les enjeux de la campagne vus par les politologues

    [Divergence] Les enjeux de la campagne vus par les politologues

    Françoise Verna : Est-ce que la crise politique nationale va peser dans l’issue de ces municipales ?

    Emmanuel Négrier : Oui et non. Oui dans le sens où c’est une élection extrêmement suivie au sein de laquelle les problématiques de gestion municipale, les programmes, passent souvent au second plan au profit des options en faveur ou contre tel ou tel. Derrière cela, il y a des mécontentements qui dépassent largement la sphère de la gestion municipale. Cela est d’autant plus vrai que les communes sont grandes. La nationalisation de la vie politique, même si elle est limitée, a plus de prises dans les grandes villes. On le voit à Montpellier où l’élection est riche en argumentations qui font par exemple de Michaël Delafosse le suppôt du macronisme pour ses adversaires. Il peut y avoir une sorte d’élection intermédiaire qui sanctionne ceux qu’on estime être au pouvoir. Nuance de taille, c’est aussi à l’échelle des grandes villes que le RN est le plus handicapé. Cette expression-là ne trouve pas forcément sa place.

    F.V. : Un mot à ajouter, Julien Audemard ?

    Julien Audemard : Il faut faire une distinction nette entre la vie politique dans les grandes villes et celle des plus petites communes, relativement dépolitisées. Le poids de la compétition nationale peut jouer dans les grandes villes. Mais qui doit-on sanctionner ? Quels édiles appartiennent au camp de la majorité présidentielle ? Très peu.

    Rémy Cougnenc : Plus personne ne se revendique du macronisme. On a d’autant plus de mal à imaginer une vague de dégagisme qu’il existe la fameuse prime au sortant…

    E.N. : Son enracinement local étant faible, le macronisme a tendance à partir avec la droite plutôt que seul. La prime au sortant est liée à ce capital d’enracinement. La gestion municipale produit certes des mécontents, le maire est à portée de baffes mais produit aussi beaucoup d’intérêt. Une élection municipale peut être vue comme la transformation, la transsubstantiation provisoire d’un capital culturel, social et économique en capital politique. Les affaires municipales remuent cet ensemble d’intérêt. Il n’est pas illogique que le sortant, au centre, bénéficie d’une prime d’autant plus importante que le scrutin est de liste.

    F.V. : Le RN crédité de gros scores à Nîmes peut-il avoir des accointances au 2nd tour avec la droite divisée ? Le niveau du RN est-il le reflet de son ancrage, a-t-il franchi un palier ?

    E.N. : Nîmes c’est très intéressant car n’étant pas une grande métropole, sa capacité de résistance au RN y est sans doute plus faible. Mais c’est une ville avec des quartiers populaires sensibles où le RN pénètre difficilement. Une ville moyenne dans une situation d’usure de la droite et de division des héritiers, circonstance qui, on l’a vu à Beaucaire, Béziers ou Perpignan, produit mécaniquement un appel d’air en faveur du RN. Ceci dit on a à Nîmes une gauche dans une forte dynamique d’union [derrière Vincent Bouget, Ndlr] où LFI pèse relativement peu. Cela donne une conjoncture ouverte. Je ne parierais pas sur une capacité d’union des droites. On ne voit pas très bien l’intérêt de Julien Plantier de servir de marchepied à Franck Proust, encore moins en faveur du RN. À Nîmes, le second tour sera sans doute un peu flamenco plutôt favorable aux forces de gauche même si elles sont minoritaires dans le Gard.

    Olivier Nottale : Cette union des droites qui irait jusqu’au RN n’est-elle qu’un fantasme ?

    J.A. : À l’heure actuelle, il n’y a pas d’accord au niveau national à part Éric Ciotti mais on est moins sur une union des droites qui irait du centre droit au RN. Localement c’est aussi le cas. Les édiles de droite savent ce qu’ils ont à perdre avec ce type d’alliances. Le RN lui-même y a-t-il intérêt ? Dans le Gard, les députés du RN s’engagent assez peu dans la bataille.

    F.V. : Michaël Delafosse est haut dans les sondages. Est-ce plié à Montpellier ?

    J.A. : Il ne faut jamais dire jamais en politique avec des principes d’alliances à géométrie variable. Ceci dit, à Montpellier, les équilibres politiques et sociologiques sont assez favorables à Michaël Delafosse. J’ai du mal à imaginer un scénario où au 2e tour LFI arriverait à agréger les déçus de M. Delafosse, qui ne sont pas tous de gauche comme l’électorat d’Altrad ou Gaillard. Sur quelle base iraient-ils sur une liste de la France Insoumise ? Les alliances étranges qu’on a vues il y a 6 ans à Montpellier [Alenka Doulain et Rémi Gaillard derrière Mohed Altrad, Ndlr] n’ont pas eu beaucoup de réussite. Cette expérience malheureuse a pu laisser des traces.

    F.V. : Pourquoi la liste écologiste de Jean-Louis Roumégas est-elle en perdition ?

    E.N. : La division chez les écologistes est un sport national. À Montpellier, elle est même paroxystique. Dès que quelqu’un a une stratégie autonome, il y en a toujours un pour développer la stratégie opposée. Résultat : on a des écologistes un peu partout. Quant aux électeurs, certains se retrouvent assez bien dans l’écologie politique défendue par M. Delafosse : transports en commun gratuits, pistes cyclables, 50 000 arbres plantés… Un bilan qui peut revendiquer, non sans critique, une certaine accroche avec l’écologie politique. D’autres vont considérer au contraire que son bilan est celui d’une artificialisation accrue des sols, d’un traitement des déchets problématique, d’un contournement routier…

    F.V. : La gauche est souvent divisée mais on voit des alliances comme à Grabels ou Alès, y compris entre PCF et LFI…

    E.N. : L’élection municipale provoque un rapport au bien commun de proximité, aux intérêts des gens. Les maires Insoumis sont peu nombreux et tournent le dos à une partie du programme national de LFI, comme René Revol à Grabels. Cela reflète des besoins qui s’expriment, par exemple, sur la vidéosurveillance. Il y a des formes d’atténuation par le fait d’être embarqué dans le même bateau sur les mêmes enjeux de service public. Localement, les différences tendances à gauche peuvent trouver un avantage à rester ensemble plutôt qu’à laisser la place à la droite.

    O.N. : Julien, qu’en pensez-vous ?

    J.A. : À Grabels, René Revol est un maire sortant, son intérêt est de préserver des équilibres, de rassembler, pour conserver une majorité large avec une politique du compromis. À Alès, LFI est alliée avec le PCF mais pas avec le PS [derrière Basile Imbert, Ndlr]. On retombe sur des formes de programme plus disruptives. La proposition de LFI (dans la liste du communiste Paul Planque) de réduire la vidéosurveillance, a fait polémique alors qu’Alès est confrontée au narcotrafic. Cela s’explique parce que cette liste est dans une logique d’opposition à une majorité de droite sortante.

    R.C. : Les Républicains pourraient perdre Nîmes, leur plus grande ville française. Dans l’Hérault, c’est compliqué à Sète ou Agde avec des maires pris dans des affaires qui sont partis. La droite n’est-elle pas celle qui a le plus à perdre ?

    E.N. : C’est tout à fait juste. Dans l’océan de stabilité dans lequel nous nageons, il y a des situations dans lesquelles il y a un danger plus grand pour les sortants, surtout quand ils ne sont plus vraiment là. À Agde ou Sète, les successions n’ont pas été préparées, c’est une situation de fragilisation de la droite, de même que l’usure du pouvoir. C’était aussi la trajectoire biterroise en 2014 [Robert Ménard après l’UMP Raymond Couderc, Ndlr] qui s’est confirmée en 2020. Toutefois, on a l’impression dans l’Hérault que la gauche reste hégémonique. Or, c’est loin d’être le cas. Si on regarde les 166 communes de plus d’un millier d’habitants, on a en moyenne 2,3 listes présentées en 2020, score faible en période Covid. Sur ces communes le rapport de force n’est pas si favorable que ça à la gauche, à peine plus de 50%. La droite a de beaux restes, elle dirige environ 36% de la population dans l’Hérault. L’impression qui domine est celle d’un département qui se droitise, à l’image du Crès ou de Clermont-l’Hérault en 2020. Dans l’autre sens, il y a eu Pézenas passée à gauche ou Saint-Jean-de-Védas ou Juvignac dans d’autres circonstances. On a en tête que le conflit majeur est en la droite et la gauche. Mais ces confrontations en 2020 ne concernaient que 18% des situations.

    R.C. : On voit fleurir des listes sans étiquette, apolitiques, avec des noms de listes – « Mon parti c’est Lunel » – qui ne disent rien des idées. Cela traduit-il la crise des partis politiques ?

    E.N. : Cela traduit un déficit total d’enracinement des partis politiques et la montée en puissance d’une réflexion sur le bien commun qui ne s’embarrasse plus d’une logique de programme de partis. Vous pouvez avoir des appareillements locaux de gauche et de droite sur une philosophie. Ça a commencé aux élections départementales 2021 avec des binômes gauche/droite. Ça continue à Lunel ou Mauguio.

    F.V. : Si l’Hérault se droitise, est-ce dû à la prégnance des idées d’extrême droite ?

    J.A. : Je répondrais plutôt par la négative. On observe la droitisation de certaines petites villes par des maires plutôt divers droite ou de centre droit. On n’a pas de raz-de-marée extrême droitier en la matière.

    F.V. : Le RN porte un discours d’étape vers 2027, comme s’il enjambait ces municipales ?

    E.N. : Le RN a besoin de villes fortes, notamment en vue des sénatoriales de septembre 2026. Va-t-il y arriver ? Je suis circonspect là-dessus. Dans la région, les situations où le RN est en capacité de l’emporter sont toujours ultra-spécifiques, Agde étant l’un des cas typiques avec une explosion des candidatures à droite, une atmosphère générale de trahison du camp des sortants. Il faut rester prudent. Le RN, on ne l’aime jamais tant que quand l’élection est très lointaine. Il gagne aux européennes, il gagne des galons à la Présidentielle, aux législatives, ils ont désormais des députés mais aux élections locales…. Pouvez-vous faire une campagne politisée sur les idées du RN dans une commune de 500 habitants ?

    J.A. : Les thèmes développés par le RN ne sont pas forcément ceux relevant des compétences des maires. Certes l’ancrage du RN a progressé dans les circonscriptions mais faut-il qu’il soit capitalisé politiquement dans les communes. Ce n’est pas si simple, on le voit dans le Gard. Un plafond de verre ? Peut-être mais en réalité, la difficulté qu’a le RN à gagner des grandes villes LFI l’a aussi et dans une moindre mesure les Verts l’ont aussi, même s’ils ont réussi à en conquérir quelques-unes.

    R.C. : À Montpellier, J.-L. Mélenchon a obtenu 40% à la Présidentielle 2022. La candidate LFI Nathalie Oziol, certes en 2e position, n’est créditée que de 16%…

    J.A. : La logique de vote n’est pas la même. J.-L. Mélenchon a bénéficié d’une logique de vote utile, la candidate du PS [Anne Hidalgo, Ndlr] étant créditée d’un score très faible. Cette mécanique du vote utile ne fonctionne plus dans une ville avec une municipalité de gauche en place avec un bilan à défendre, qui a des relais sur le terrain qui peuvent faire concurrence à LFI. Les 16% de N. Oziol sont le cœur de cible de LFI.

    R.C. : M. Delafosse avait mis la ville en travaux – pari osé qui avait créé du mécontentement en ville – et les a quasiment achevés. Son pari est-il gagné ? Sa réélection tiendra-t-elle à cela ?

    E.N. : Si on estime que dans la ville de gauche que reste Montpellier, la compétition principale est entre la gauche socialiste centriste et la gauche mélenchoniste, alors il faut regarder la participation pour comprendre le mystère. Mélenchon fait 40% à Montpellier à la Présidentielle avec le bureau qui participe le moins (Heidelberg) vote à 70%. Aux municipales 2020 qui étaient particulières, ce bureau a voté à 18%. Ce n’est même pas une question de bilan, de réussite. Cela passe au-dessus d’une grande partie des électeurs. La prime au sortant joue aussi dans le quartier de la Paillade. Le sortant a toujours été en tête, y compris J.-P. Moure en 2014 et P. Saurel en 2020.

    R.C. : Depuis la mort de Georges Frêche en 2010 sans désigner d’héritier politique, Montpellier a connu 3 maires différents. Si M. Delafosse est réélu, Montpellier aura-t-elle trouvé son chemin. Est-ce la fin de cette instabilité politique à gauche ?

    J.A. : Je ferais une analyse différente. Le vrai vote disruptif est celui de 2014 [victoire du dissident Philippe Saurel contre le PS, Ndlr]. L’élection en 2020 de M. Delafosse peut aussi être vue comme un retour à la normale, au vieux réseau socialiste qui avait détenu la ville depuis 40 ans. Ces réseaux ont semble-t-il survécu au décès de Georges Frêche. Une réélection de M. Delafosse serait une nouvelle forme de pérennisation mais dans la continuité après l’alternance de 2014 dans un contexte de rejet de François Hollande et avec un candidat PS [Jean-Pierre Moure, Ndlr] qui n’était pas le maire sortant, avec moins de notoriété.

    F.V. : Le taux de participation en 2020 était très faible avec le Covid. Un regain de participation est-il attendu ou l’abstention est-elle structurelle ?

    E.N. : La participation aux élections dépend de la taille de la commune. Celles de moins de 1 000 habitants votent à 80%, celles de plus de 3 500 habitants à environ aux deux tiers. La participation dans les grandes villes dépend des formes de mobilisation relativement nouvelles de listes municipalistes, citoyennes, de quartiers… Notamment avec LFI qui a fait de la remobilisation des quartiers populaires un enjeu fort. En ce sens, on peut s’attendre à une participation plus élevée comme on l’a aussi observé avec surprise aux européennes. Je ne jurerais pas que les gens se détournent des municipales en raison de la crise, ou parce qu’ils se détourneraient de la politique, je ne crois pas.

    R.C. : Les citoyens aiment aller voter pour leur maire…

    J.A. : 60% des Français déclarent encore avoir confiance en leur maire. Beaucoup d’élus aimeraient avoir ce taux de confiance là. Sur la participation, structurellement c’est plutôt l’abstention qui prévaut, y compris pour les municipales ou la Présidentielle. Ceci dit, la séquence de 2024 avec les législatives anticipées et un scénario dramatisé, a plutôt témoigné d’un regain de participation. Ce sont deux dynamiques a priori contradictoires qu’il sera intéressant d’observer.

    F.V. : Marseille comme Lyon et Paris, change de mode de scrutin. Le RN est au coude-à-coude avec la gauche. Y a-t-il un risque ?

    E.N. : Le changement de mode de scrutin globalise la compétition à l’échelle de la ville et la rapproche d’une logique nationale. Marseille devient un spot de compétition pour les partis. On ne vote pas seulement pour Marseille mais pour des écuries. Plus la ville est importante plus c’est le cas. La sociologie de gentrification de Marseille n’est pas du tout comparable à celle de Paris. Marseille est une ville où la pauvreté est extrêmement élevée avec la force que cela donne à LFI ou à la gauche en général. Mais dans les bureaux proches des quartiers populaires, cela génère aussi un vote de peur lié à la sensibilité aux arguments de grand remplacement, à une forme de racisme et donc de vote RN assez élevé par rapport à la droite. Laquelle a connu une longue phase d’hégémonie [avec Jean-Claude Gaudin, Ndlr] avant de sombrer dans le déclin. C’est très difficile pour Martine Vassal de représenter une droite qui laverait plus blanc.

    R.C. : Pourquoi le RN qui présente un candidat contre. Ménard à Béziers ne semble pas en mesure de l’inquiéter ?

    E.N. : Les gens ne votent pas en vertu des mêmes motivations d’un scrutin à l’autre. Il peut y avoir un attachement particulier à celui qui par le passé a été soutenu par le RN et a appelé à voter pour Marine Pen aux deux Présidentielles. Ménard est crédité d’une forme de représentation de la culture biterroise.

    « On a à Nîmes une gauche dans une forte dynamique d’union »

    « La participation aux élections dépend de la taille de la commune »

  • À Barjac la Gardoise, le sens du service public

    À Barjac la Gardoise, le sens du service public

    Quand je dis aux gens qui connaissent Barjac que nous n’avons que 1 600 habitants, ils sont ahuris », lance un Édouard Chaulet fier du travail engagé depuis six mandats. L’édile communiste n’en a pas fini avec Barjac et a décidé de se représenter, mais il devra affronter une liste concurrente pour la première fois depuis plus de vingt ans. Si la campagne bat son plein, Édouard Chaulet continue de gérer les affaires de la commune, sûr que son bilan parle pour lui.

    En ce lundi matin, il a réuni autour de lui tous les acteurs actifs dans l’organisation de la traditionnelle foire aux antiquités et à la brocante. Ce rendez-vous, organisé du 2 au 6 avril, marque le début de la saison pour les commerçants et fait la renommée du petit village gardois où des milliers de badauds se succèdent sur les stands des 400 exposants. « Nous devons être vigilants car cette foire est essentielle pour nous et pour le territoire. Son intérêt économique va jusqu’à Alès », affirme le maire. En face, l’un des membres du comité d’expansion touristique qui gère la foire détaille les difficultés auxquelles il est confronté, notamment la lourdeur administrative, lui qui sort de plusieurs contrôles fiscaux.

    L’agriculture, un débat municipal

    Outre la foire, Barjac accueille aussi une quarantaine d’associations, un festival de musique française et des spectacles dans les salles du château. Un château transformé en lieu de vie qui abrite la mairie, un cinéma et une bibliothèque (les scolaires s’y rendent d’ailleurs chaque semaine). Malgré cette attractivité pour un si petit bourg, l’opposant Pierre Mathon, Barjacois depuis 2020, veut aller plus loin. Ce patron à la tête d’une société de fonds d’investissement dans l’immobilier commercial estime que « la densité du tissu associatif barjacois constitue une richesse inexploitée. »

    Mais contrairement aux autres villages où les débats s’articulent autour de la sécurité ou de la tranquillité publique, c’est l’agriculture qui vient animer la campagne électorale à Barjac. Depuis 2005, la mairie a en effet décidé de passer sa cantine en bio. Ce lundi et malgré les vacances scolaires, ils étaient encore une quarantaine d’enfants inscrits au centre aéré à profiter des repas bio concoctés par Simon, le chef de cuisine : « Le bio demande plus de travail parce qu’il y a une partie recherche, il faut trouver des fournisseurs. Il y a aussi une partie étude des prix, même si la volonté de la mairie est de rémunérer le producteur. Ils n’ont pas peur de mettre la main au porte-monnaie pour les rémunérer à leur juste valeur ». Pour aider à se fournir, la mairie a désormais recruté Johan, un maraîcher, et lui a fourni un terrain de 9 000 m2 pour produire des légumes bio et des fruits pour la cuisine centrale.

    Si ce projet semble convaincre une grande partie des citoyens (l’idée a été reprise par nombre de candidats aux élections municipales), L’oppositionnel Pierre Mathon regrette de son côté le manque de soutien aux agriculteurs locaux.

    « Tout ce qui se produit en bio autour, on l’utilise à la cuisine. Mais il y a zéro maraîchage en bio ici. Je vais chercher des fruits à 50 km en Ardèche, pour les légumes on est obligé de passer par le grossiste », lui rétorque Aline Guyonnaud, première adjointe. Et Édouard Chaulet de préciser : « Le maraîcher ne remplace aucun producteur local. Dès lors qu’un paysan a fourni du bio à Barjac, nous lui en avons acheté, qu’il s’agisse de farine, de lentilles. Les enfants ici savent ce que sont des lentilles. Il y avait un éleveur de volailles, nous lui avons acheté des poulets à l’avance pour lui faire de la trésorerie mais il n’a pas tenu. Ici nous avons des grandes cultures qui ne se mangent pas, comme des lavandes, ou du vin qui ne se boit pas à la cantine… ». À trois semaines du premier tour, la campagne municipale n’a jamais été aussi animée dans la petite cité.

    « Tout ce qui se produit en bio autour, on l’utilise à la cuisine »

  • Des nouvelles têtes dans les listes en lice à Montpellier

    Des nouvelles têtes dans les listes en lice à Montpellier

    À Montpellier, le « mercato » politique est resté ouvert jusqu’au dernier moment : jeudi 26 février 18h, date de clôture du dépôt des listes. Si le casting des têtes de liste ressemble à celui de 2020, de nouveaux visages vont faire leur baptême du feu chez les colistiers.

    C’est le cas sur la liste du maire sortant renouvelée à un tiers. Parmi les personnalités présentes, outre l’écologiste Jacqueline Markovic et l’ancienne députée Insoumise Muriel Ressiguier, on peut citer le doyen de la faculté de droit, Guylain Clamour, Stéphane Hernandez (communauté gitane), Annie Benezech (directrice de la SPA) ou l’enseignante en occitan, Marie-Jeanne Verny. À noter deux transferts puisque Serge Guiseppin, président de la commission des finances qui était sur la liste Altrad en 2020, et Tal Anahory (médecin, liste Vignal 2020) se rangent derrière Michaël Delafosse.

    La valse des colistiers

    Qui dit renouvellement dit départs. Plusieurs élus de la majorité ont choisi de se retirer (Maryse Faye, Bruno Paternot, Véronique Brunet…) quand d’autres ont claqué la porte pour rejoindre une liste concurrente. C’est le cas du professeur Charles Sultan qui s’était brouillé à mi-mandat et atterrit sur la liste de Mohed Altrad ou bien de Hind Emad. L’ancienne madame économie de M. Delafosse sera numéro 2 derrière Philippe Saurel. Outre ses fidèles Abdi El Kandoussi ou le « sage » Max Lévita, l’ancien maire s’entoure aussi de l’ex-18e adjoint Roger Yannick Chartier. P. Saurel a aussi convaincu Odette Daudé, la voix des commerçants de l’Écusson, Bérengère Dubus, présidente du syndicat national des courtiers, l’ancien directeur du Polygone Roger Naro ou Xavier Borg, directeur de l’Office de tourisme Cèze Cévennes.

    Avec une liste renouvelée à 90%, P. Saurel a aussi ses défections. Patricia Mirallès et Stéphanie Jannin ont rejoint Mohed Altrad, Luc Albernhe ou Bernard Travier soutiennent la notaire Isabelle Perrein soutenue par la droite.

    Du côté de l’écologiste Jean-Louis Roumégas, on retrouve François Vasquez, l’ancien vice-président de la Métropole aux déchets, fâché à cause de la chaudière CSR. Mais aussi la militante écolo Marie-Noëlle Sibieude. En revanche, Nordine Maktoubi s’est mis en retrait et Julia Mignacca a filé chez les Insoumis de la députée Nathalie Oziol.

    Celle-ci a réussi à convaincre à la fois l’élue d’opposition Alenka Doulain et les militants de Cause Commune.

  • Des listes fragmentées font face à Delafosse

    Des listes fragmentées font face à Delafosse

    Le 15 mars, pas moins de 10 listes affronteront Michaël Delafosse. C’est certes 3 opposants de moins que ce qu’avait connu Philippe Saurel défait en 2020 mais c’est beaucoup. Au point qu’on se demande si, par leur incapacité à s’entendre, les adversaires du maire sortant ne seraient pas ses meilleurs alliés.

    D’autant que la division n’épargne aucune tendance politique. À la gauche de la majorité sortante, deux listes se tirent la bourre. Celle de la députée Insoumise Nathalie Oziol apparaît de loin la mieux placée. Moins par sa modeste notoriété que grâce au travail de sape de troupes LFI organisées dans les quartiers populaires. Crédités de 15 à 17%, les Insoumis qui dézinguent le « maire macroniste » et promettent une « politique de rupture » (bien que floue sur le traitement des déchets), semblent avoir du mal à capitaliser sur le score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (40%). La seconde liste assumée à gauche est celle du député écologiste Jean-Louis Roumégas. Si le Printemps montpelliérain avance des propositions séduisantes, sa dynamique paraît en panne. La faute à l’éternelle division des écologistes qui a conduit au départ de Julia Mignacca ou de Nordine Maktoubi.

    La droite n’est pas davantage unie. Si Les Républicains sont absents, vaccinés par la claque reçue en 2020, ils soutiennent Isabelle Perrein, de même que l’UDI et le MoDem. Partie la première arpenter le terrain pour se faire connaître, la notaire surfe sur la colère des automobilistes et les nids-de-poule dus aux travaux. On a cru qu’elle aurait le soutien de Mohed Altrad, en vain. Exaspéré de ne pouvoir acheter le stade de rugby à la Métropole, le milliardaire retente sa chance dans l’espoir de régler ses comptes. Entrepreneur à succès, sa stratégie politique interroge. Lui qui n’a jamais siégé au conseil municipal et refuse de participer aux débats de la campagne.

    Philippe Saurel de retour

    Deux autres listes sont difficiles à classer. Soutenu par le mouvement Utiles, Philippe Saurel qualifie la sienne de « divers gauche, citoyenne et écologiste » mais plusieurs colistiers, sans être encartés, sont centristes ou de droite. À 68 ans, l’ancien socialiste fâché avec ses ex-amis remet les gants pour un troisième round contre le PS. Apprécié de nombreux Montpelliérains, le baron de Caravète connaît très bien la ville et ses traditions. Peut-il recréer la surprise en s’étant déclaré aussi tard ? Rémi Gaillard retente lui aussi sa chance. Adepte du « tous pourris », aux frontières des invectives diffamantes et des théories du complot, « l’humoriste » aux propositions farfelues à base d’IA a fait de M. Delafosse sa tête de Turc. Franchira-t-il la barre fatidique des 10% pour continuer son cirque au 2e tour (9,58% en 2020) ?

    Alliances improbables ?

    Rares sont les villes où l’extrême droite n’est pas une menace. Montpellier est l’une d’elles, ce qui, là encore, n’empêche pas la division. Déjà candidate en 2014, la députée européenne France Jamet a obtenu l’investiture du RN au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos, passé dissident. Enfin, à l’autre bout de l’échiquier politique, figurent deux listes d’extrême gauche. L’une est menée par Morgane Lachiver pour Lutte ouvrière. L’autre par Max Müller pour Révolution Permanente. Créditées de 1 à 2%, elles ne devraient pas peser lourd.

    Dans cette équation à 10 inconnues, l’enjeu est de savoir qui obtiendra le meilleur score face au maire ? Et qui fera plus de 10% pour pouvoir se maintenir au 2nd tour ? Outre celle de Nathalie Oziol, les listes de Mohed Altrad, Philippe Saurel ou Rémi Gaillard semblent les mieux placées pour y parvenir. Attention toutefois aux sondages dont les marges d’erreur sont grandes (jusqu’à + ou -4%) et moins fiables sur des élections locales. Quoi qu’il en soit se posera au 2e tour la question des alliances. En 2020, certaines avaient surpris voire choqué, écœuré. Perrein peut-elle rallier Altrad ? Saurel fusionner avec Gaillard ? Roumégas rejoindre enfin Oziol ? Impossible à dire, tout dépendra des écarts et des motivations de chacun. Michaël Delafosse a, lui, déjà annoncé que sa liste resterait identique.

  • À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    Je suis le même qu’en 2020, le même qu’en 2022… De droite et une droite qui n’a ni vocation à être la béquille de la macronie, ni le suppositoire du RN », a tenu à répondre le maire DVD de Manosque, Camille Galtier, à la députée Sophie Vaginay. Cette dernière, ex-maire de Barcelonnette, est venue dans ses terres, jeudi, pour signifier son soutien au nouveau candidat RN-UDR déclaré en dernière minute, Fabrice Durnerin. La députée en avait profité pour accuser le maire sortant, candidat à sa réélection, de mener une liste « macroniste », « d’extrême-centre ».

    « Non je n’ai pas changé. Toi oui, assurément, en indiquant que c’est une fierté de faire alliance avec le parti de Jean-Marie Le Pen », a encore lancé Camille Galtier sur le réseau X, jeudi soir, alors que l’ancienne maire de Barcelonnette avait été investie par le RN pour les élections législatives anticipées, en 2024. Le maire sortant a qualifié Fabrice Durnerin de « candidat fantôme » et a affirmé : « En 10 ans, j’ai toujours battu le Front national et ses candidats, je compte le faire de nouveau les 15 et 22 mars prochains. »

    Un « candidat fantôme »

    Plus tôt dans la journée, dans un autre post sur X, Camille Galtier s’était adressé directement au candidat RN-UDR : « J’espère que votre mois d’installation sur la ville de Manosque va vous permettre d’appréhender tous nos sujets locaux. » « Après les emplois fictifs de l’Union européenne, le RN nous invente le candidat fantôme dans cette élection municipale venant lui-même du Parlement européen », avait-il encore écrit.

    La liste menée par Fabrice Durnerin, nommée « Manosque d’abord », compte non seulement des membres de l’UDR et du RN, mais aussi des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Les deux députés du département, Sophie Vaginay et Christian Girard, ainsi que la secrétaire départementale du RN, étaient venus soutenir le candidat lors de l’annonce de sa candidature, ce jeudi.

    Camille Galtier, Sophie Vaginay et David Gehant, maire de Forcalquier, avaient quitté au même moment le parti Les Républicains suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti, en décembre 2022.

    Le maire sortant et Fabrice Durnerin affronteront Patrick Rousset, syndicaliste à la tête d’une liste de rassemblement de gauche « le Regain manosquin », et Sébastien Aubert, menant une autre liste de gauche pour les municipales à Manosque.

  • À Avignon, regain de tension entre Galzi et la majorité sortante

    À Avignon, regain de tension entre Galzi et la majorité sortante

    C’est le propre de chaque campagne : dérouler son programme tout en critiquant le cas échéant celui des autres, voire le bilan des sortants. À deux semaines du premier tour, la situation se crispe de plus en plus entre les équipes d’Olivier Galzi (DVD) et de David Fournier (PS), issu comme nombre de ses colistiers de la majorité sortante. D’autant que le scrutin s’annonce indécis, les deux étant donnés au coude-à-coude au premier tour dans un sondage paru la semaine dernière.

    Depuis son entrée en campagne, Olivier Galzi se pose en releveur d’une Avignon sur le déclin face à une majorité qui aurait échoué sur la sécurité, les transports, la propreté ou le commerce. Fin orateur, l’ex-journaliste TV appuie régulièrement son propos d’informations indiscrètes qui émaneraient de sources municipales, laissant infuser l’idée que la Ville dysfonctionne. Dans le camp d’en face, on répond amateurisme, populisme voire mensonges. En novembre déjà, Olivier Galzi se faisait reprendre par l’adjoint aux commerces Claude Tummino sur une proposition de campagne. La semaine dernière, c’est Jean-Marc Bluy, adjoint au logement, qui répondait vertement sur l’attribution de logements sociaux.

    Un cap supplémentaire a été franchi ce jeudi. La municipalité s’est fendue d’un communiqué de presse au sujet de la vidéosurveillance. Un outil pour lequel Olivier Galzi promet des caméras intelligentes et d’en déployer 100 nouvelles. Ce qui a piqué la Ville, c’est surtout une vidéo du candidat qui dénonce « 60 caméras » inopérantes. « Il est temps de rétablir la vérité ! », énonce la municipalité. Sans jamais citer le candidat DVD, la Ville assure que « contrairement à ce qui a été affirmé à l’occasion d’une polémique stérile, la caméra située à l’angle des rues Thiers et d’Amphoux fonctionne et a toujours été opérationnelle ». Selon elle, seules six caméras sont hors service sur un total sur les 200 sites équipes.

    « Avignon n’est pas un lieu de one man show »

    La Ville reconnaît que « les caméras peuvent faire l’objet de pannes ou de détérioration mais elles sont systématiquement réparées ». « Nous sommes donc loin des caricatures avancées par certaines personnes », conclut la municipalité. Ce vendredi, Olivier Galzi n’en démord pas : « Selon nos informations, recoupées et vérifiées, le taux de caméras en panne était encore jusqu’à récemment de 15%, soit près de 30 caméras dysfonctionnelles en permanence », maintient le candidat dans un communiqué, estimant que « le système de vidéoprotection n’a pas été une priorité ».

    Au-delà de cette querelle de chiffres, mercredi Olivier Galzi avait également accusé David Fournier de censure électorale (notre édition de vendredi), l’actuel adjoint étant élu à l’administration municipale. « Buzz électoraliste », avait répondu David Fournier, qui, à plusieurs reprises, soulignait qu’Olivier Galzi était tout récemment inscrit sur les listes électorales. « Il ne s’intéresse aux Avignonnais que pour une fonction et trouver une issue pour son inactivité », piquait David Fournier en meeting avec Olivier Faure. « Avignon n’est pas un lieu de one man show », fustigeait de son côté le 1er secrétaire du PS qui ne perdait pas de vue que « l’extrême droite » restait le principal danger.