Tag: Municipales

  • La digue a encore tenu bon ! Josée Massi réélue maire de Toulon

    La digue a encore tenu bon ! Josée Massi réélue maire de Toulon

    Même si le pire n’est jamais certain, jamais la balle n’a sifflé aussi fort à nos oreilles. Suffisamment pour faire trembler même les plus optimistes. Mais c’était sans compter sur le sursaut démocratique des Toulonnais qui, comme pour les dernières législatives, lorsqu’ils avaient sauvé l’honneur du département tout entier, se sont à nouveau levés pour refuser le retour de l’extrême droite aux manettes de la ville. Certains se souvenant peut-être du désastre de 1995, à la fois économique et politique dans lequel la ville s’était effondrée après la lamentable défaite électorale.

    Une fois encore la mobilisation les électeurs de gauche, même un peu fâchés par les résultats du premier tour et les appels du pied ignorés, a fait le job avec des valeurs chevillées au corps qui les empêchent toujours de se laver les mains d’un scrutin dans lequel la menace de la haine et de la division plane au-dessus des têtes. Pour le dire autrement, à Toulon, le front républicain a de nouveau très bien fonctionné.

    Mais cette victoire on la doit aussi et surtout à la personnalité, au courage et à la force tranquille qu’a incarné la maire sortante sans étiquette Josée Massi qui a dû enjamber bien des embûches et ignorer l’adversité de ses amis d’hier pour se présenter et conduire une campagne sans faute, avec une liste en grande partie renouvelée. Se refusant à salir les autres et en misant sur le rassemblement de toutes les forces vives du Port du Levant pour relever le défi que beaucoup d’observateurs disaient perdu d’avance. Elle fait ainsi la démonstration qu’aucun combat n’est jamais perdu d’avance sauf à refuser de le mener.

    Le front républicain a encore très bien fonctionné

    Arrivée en seconde position à l’issue du premier tour avec plus de 12 points de moins que la candidate du Rassemblement national Laure Lavalette, Josée Massi est parvenue tout au long de la semaine à patiemment réduire l’écart et à incarner au-delà de ses partisans un véritable espoir. Beaucoup passant du désir de faire barrage à un vote de conviction, voyant dans le personnage son honnêteté et sa fibre sociale, exprimée dans sa politique municipale pendant les trois ans écoulés, avec l’écoute de son opposition de gauche – même si le refus d’une fusion technique a fait sortir cette dernière de scène. Bref, un maire capable de continuer à faire avancer la ville sans oublier les plus fragiles. C’est la raison pour laquelle beaucoup chez les progressistes sont allés voter pour elle sans avoir à se boucher le nez, comme c’est par le passé maintes fois arrivé pour simplement barrer la route du parti à la flamme.

    Toulon n’est pas tombée. Tous ceux qui ont participé à la bagarre peuvent être fiers d’être arrivés encore une fois à empêcher l’extrême droite de s’emparer de la ville.

    Vers les 21h50, la maire réélue de Toulon Josée Massi a pris la parole dans la salle du conseil municipal pour remercier les électeurs de toutes les sensibilités qu’elle est arrivée à convaincre et qui lui ont apporté leurs voix pour ce deuxième tour.

    Et de poursuivre : « Je veux m’adresser à tous les citoyens, y compris ceux qui n’ont pas fait le choix de voter pour moi. À partir de maintenant, je suis la maire de tous les Toulonnaises et les Toulonnais. Je gouvernerai pour tous avec la même disponibilité et la même exigence. Ma seule boussole, vous le savez, c’est l’intérêt général et les préoccupations des habitants. »

    Josée Massi a rappelé ensuite que « notre ville est forte, qu’elle a du caractère ». Tout comme elle, comme les derniers mois viennent de le prouver. Et de conclure : « Comptez sur moi pour qu’elle ait un avenir prospère et pour que chacun continue de s’y sentir bien. Votre confiance nous honore et nous donne une responsabilité claire. »

    Jointe par téléphone, la candidate de la gauche unie Magali Brunel a déclaré : « Nous sommes ce soir soulagés que le RN ait échoué aux portes de ce second tour ! La gauche et notre liste Toulon en commun y ont fortement contribué avec un comportement exemplaire. Nous félicitons Madame Massi. À Toulon s’ouvre une nouvelle ère et nous y jouerons tout notre rôle. » Après cette victoire, le combat continue.

  • Avec Jean-Pierre Squillari, Aubagne fait son retour à gauche

    Avec Jean-Pierre Squillari, Aubagne fait son retour à gauche

    Applaudis par ses soutiens, colistiers et militants, et félicité à coups de « siamo tutti antifascisti », Jean-Pierre Squillari a prononcé son premier discours de victoire dans son local de campagne, au cercle de l’harmonie. Retour à gauche pour la ville traditionnellement communiste, passée à droite en 2014, avec l’élection de Gérard Gazay, réélu en 2020. Ce dimanche, le vote a désigné la liste Aubagne en commun pour la mairie : Jean-Pierre Squillari (Union de la gauche hors LFI), est arrivé premier de ce second tour, avec 36,28% des suffrages exprimés. Un bond pour le candidat, arrivé troisième au premier tour, avec 23,35% des voix, derrière la candidate RN Joëlle Mélin, arrivée à 24,9% et le maire sortant (LR) Gérard Gazay, à 24,8%. Jean Pierre Squillari avait fusionné sa liste avec celle de Giovanni Schipani (DVC), qui avait obtenu 16% des voix au premier tour.

    La liste fusionnée a pris la tête du second tour, avec près de trois points de plus que la candidate RN, arrivée à 33,71% des suffrages exprimés, et loin devant Gérard Gazay, dont la liste a récolté 30,01% des voix. Un pari « anti-RN et anti-Gazay » réussi pour le candidat de gauche, qui connaît une augmentation de 13 points entre les deux tours. Le résultat d’une fusion avec le centre, d’un possible report de voix des votants LFI, dont la candidate avait obtenu 4% des suffrages la semaine passée, mais aussi d’une désolidarisation de quatre colistiers du candidat Mohammed Salem (DVD), dont la fusion avec la liste de Gérard Gazay avait mené certains de ses soutiens à appeler au vote pour Jean-Pierre Squillari. Pour ce second tour, la participation a aussi pu faire pencher la balance : la forte abstention du premier tour, à 45,05%, a été réduite de quatre points, passant à 41,32% ce dimanche.

    Un barrage au RN réussi

    « Souvenez-vous de cette soirée, l’une des pages les plus sombres d’Aubagne va se fermer », a introduit Jean-Pierre Squillari, s’adressant à la salle comble venu le célébrer. Pour ce dernier, la première victoire, c’est « la réussite d’avoir mis dehors Gérard Gazay et Joëlle Mélin, grâce à la fusion et grâce au travail de tous les militants, depuis trois ans ». Sentiment partagé par Nicolas, un Aubagnais venu soutenir le candidat : « C’est un possible renouveau pour Aubagne qui s’ouvre à nous, et puis il y a un vrai soulagement par rapport à la menace RN, qui faisait peur ». Jean-Pierre Squillari ajoute qu’avec « ce basculement de la gauche à la droite, nous repoussons la menace du raz-de-marée du Rassemblement National ».

    Le futur maire promet un changement rapide pour la ville, avec comme première mesure « un moratoire instantané sur le béton ». Dans son discours, comme dans son programme, il annonce engager, dès son investiture, « la protection des terres agricoles, une nouvelle piscine, une revitalisation du centre-ville ». Pour les agents du service public, dont plusieurs étaient émus par la victoire de la gauche, Jean-Pierre Squillari adresse un message spécial : « Nous vous avons dit de tenir bon, nous sommes là maintenant, nous sommes là pour vous ». Il entend redonner des moyens à un service public « délaissé depuis 12 ans ». En bref, son ambition est claire, « nous allons pouvoir travailler, ensemble, à redonner de la vie à Aubagne », promet-il en annonçant d’ores et déjà un événement : « Désormais, nous allons festoyer, avec une grande braderie en mai pour commencer. Le meilleur reste à venir ! ».

    Outre Aubagne, la victoire de Jean-Pierre Squillari se lit aussi à plus grande échelle. En dépassant Gérard Gazay, c’est aussi face au maire sortant et vice-président de la métropole Aix-Marseille qu’il emporte le second tour. Le désormais ex-maire de la ville a par ailleurs communiqué son regret, face à ce qu’il nomme « le retour de la gauche extrême à la tête de la ville ». Une gauche qui aura réussi à empêcher la véritablement extrême droite de l’emporter. Joëlle Mélin, arrivée en tête du premier tour puis devancée de trois points, avait pourtant été élue députée de la neuvième circonscription des Bouches-du-Rhône, en 2024. En bref, une victoire qui n’a pas manqué de réjouir la foule, dimanche soir, et partagé la « victoire commune » de Jean-Pierre Squillari.

  • Le progressiste Lionel Lenel remporte Saint-Savournin

    Le progressiste Lionel Lenel remporte Saint-Savournin

    Il succède à Rémi Marcengo et siègera aux côtes de la gauche à la Métropole. âgé de 48 ans, le nouveau maire est le fils d’André Lenel, maire de Saint-Savournin pendant 19 ans, entre 1995 et 2014. Trois des cinq listes présentes au premier tour s’étaient maintenues pour ce second round : celle d’Éric Calderon, qui totalise 33,81%
    des voix, et celle de Jeannette Riou, qui obtient 21,85%.

  • Le succès de Frédéric Szabo tourne la page Nicolas Bazzucchi à La Penne-sur-Huveaune

    Le succès de Frédéric Szabo tourne la page Nicolas Bazzucchi à La Penne-sur-Huveaune

    à La Penne-sur-Huveaune, Frédéric Szabo (DVD), avec sa liste « La Penne ensemble » s’est imposé avec 56,96% des suffrages exprimés. Le maire sortant, Nicolas Bazzucchi (DVC) et sa liste « La Penne, mon pays » sont défaits après avoir obtenu 43,04% des voix au second tour. Frédéric Szabo a gagné plus de 16 points par rapport à son score du 1er tour. Une augmentation qui peut s’expliquer en partie par le désistement de Stéphane Casterot (SE) qui était arrivé troisième au premier tour avec 17,27% des voix. Malgré le fait que ce retrait s’est effectué sans fusion, ni consigne claire, le candidat avait appelé à « tourner la page tumultueuse qui traverse la commune ». Stéphane Casterot, ancien adjoint aux finances, avait démissionné de la majorité municipale après la mise en examen de Nicolas Bazzucchi dans une affaire de viols et de violences.

    Une mobilisation des abstentionnistes

    Frédéric Szabo confiait au sujet du désistement de Stéphane Casterot, vendredi dernier : « C’est notre réservoir, beaucoup de ses électeurs sont des abstentionnistes en puissance. » Les électeurs pennois se sont donc visiblement bien mobilisés pour « tourner la page », puisque le taux d’abstention au second tour s’élève à 29,62%, en baisse de plus de 5 points par rapport au 1er tour.

  • À Gardanne, le maire sortant Hervé Granier reconduit

    À Gardanne, le maire sortant Hervé Granier reconduit

    À Gardanne, l’abstention, déjà élevée avec 43,76 % lors du premier tour, a encore progressé d’une soixantaine de voix pour atteindre 43,84% lors de ce deuxième round. Une grande déception pour l’équipe de la liste conduite par Jean-Marc La Piana (DVG), qui n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour convaincre cette réserve d’électeurs d’opérer un rebasculement de la commune à gauche, après avoir réussi une union qui avait fait défaut en 2020.

    Lors du premier tour, Hervé Granier avait été crédité de 43,56% devant Jean-Marc La Piana, à 36,48%. On note une forte érosion des votes en faveur du candidat du RN par rapport au premier tour, où il avait réalisé un score de 19,96%. « C’est cet écart de points qui a très probablement bénéficié à la liste du maire sortant », estimait un électeur dans la salle du foyer du peuple, où se déroulait le dépouillement.

    Le maire fraîchement réélu a misé sur une campagne retraçant son bilan, pourtant émaillé de dossiers toujours en instance devant les tribunaux. « Nous avons voulu, durant cette campagne, présenter le bilan précis et détaillé de ce mandat lors duquel 80% des engagements ont été mis en œuvre. Les électeurs ont reconnu ce bilan », s’est-il à nouveau félicité en regagnant l’hôtel de ville, où il offrait une collation à ses soutiens après avoir annoncé les résultats du scrutin. Les Gardannais ont en effet décidé de lui faire confiance pour un second mandat, « pour faire de Gardanne et Biver une ville plus belle. Le temps est venu de tenir ces nouveaux engagements », a-t-il ajouté, « en étant plus près de vous ».

    27 sièges pour la majorité

    Un bilan dont ses adversaires avaient pourtant souligné les faiblesses. « Nous avons dénoncé des erreurs de gestion avec des chiffres à l’appui et nous continuerons de le faire chaque fois que les choses ne vont pas dans le bon sens, a rappelé Jean-Marc La Piana. Nous avons fait non pas une campagne politique, mais une campagne citoyenne, en proposant une nouvelle stratégie de travail pour construire un programme qui corresponde aux attentes de la population. Nous avons des gens qui ont de belles compétences qui siégeront pour éviter que la ville dérive. »

    En récoltant plus de 50% des suffrages, Hervé Granier obtient ainsi une majorité à 27 sièges, soit trois de plus que lors de son premier mandat. Cumulées, les deux listes de gauche, lors des municipales de 2020, avaient gagné 10 sièges au conseil municipal. La gauche en conserve cette fois 6. Quant au RN Bruno Priouret, il avait obtenu 1 siège en 2020 et gagne un deuxième élu en mairie.

  • À Aix, Sophie Joissains réélue maire sans suspense

    À Aix, Sophie Joissains réélue maire sans suspense

    À peine la moitié des bulletins dépouillés, la réélection de Sophie Joissains (UDI) se dessinait déjà dans cette quadrangulaire du second tour. « Une quadrangulaire à 47% [nombre de voix récoltées par Sophie Joissains au premier tour, Ndlr], sur Aix-en-Provence, ça ne s’est jamais vu ! » estimait l’un de ses colistiers. À 20h10, alors que 36 des 101 bureaux étaient dépouillés, la maire sortante restait en tête avec 46,38% des suffrages exprimés, soit 20 930 voix. Un résultat, qui s’est maintenu jusqu’à ce que sa victoire soit officielle : Sophie Joissains, a été réélue ce dimanche soir au second tour avec 47,35% des voix. Scène de liesse, dans la salle des États de Provence, à l’issue des résultats, avant que la maire ne se dirige, entourée de ses colistiers, vers sa permanence de campagne du cours Mirabeau. « À charge pour nous d’être à la hauteur, et nous le serons ! » a lancé, face à la foule agglutinée dans la salle des États de Provence, la maire sortante, tout en ayant une « pensée » pour Maryse, sa mère et prédécesseur. Autour de la maire, pour célébrer cette victoire, de nombreux maires divers droite et du centre du Pays d’Aix, mais aussi Renaud Muselier, président (Renaissance) de la Région, venu partager ce moment.

    Élue pour la première fois

    « J’avais quand même une confiance au fond de moi, rapporte Sophie Joissains. Ça n’a pas été une campagne de promenade, mais ça a été une belle campagne, avec une équipe solide. » Second dans la course, Marc Pena, à la tête d’une union de la gauche, clôt cette campagne avec 31,01% au second tour. Soit 17 points d’écart avec Sophie Joissains. Le candidat, qui a appris les résultats depuis sa permanence de campagne, rue Granet s’est attelé lors de l’entre-deux-tours à faire campagne pour récupérer les voix des abstentionnistes, qui, au premier tour, étaient évalués à 51%. « Il y a un sentiment de devoir accompli, estime Marc Pena. On prend acte, nous avons proposé notre projet aux Aixois, nous allons désormais l’approfondir (…) on le sait, faire 31% des voix dans le contexte actuel, personne ne nous dira que nous avons fait un mauvais résultat. » Le candidat à gauche estime que le taux d’abstention pour ce second tour est aussi responsable du score et des résultats… Le candidat évoque aussi une certaine « résignation » des électeurs. À l’instar du second tour de 2020, qui opposait Anne-Laurence Petel (Renaissance) à Maryse Joissains, la gauche s’est maintenue en seconde position et comme challenger principal de la maire sortante tout au long de l’entre-deux-tours. Pour rappel, dans ce scrutin 2026, Sophie Joissains se présentait pour la première fois en son nom, ayant succédé à Maryse Joissains en 2021. « Je crois que le [mythe de la dynastie Joissains, repris par ses adversaires au cours de la campagne, Ndlr] est un peu facile : il y a des élections et nous ne sommes pas les mêmes personnes non plus, même s’il y a des liens affectifs qui nous lient évidemment. C’est toujours une fierté d’être élue sous son propre nom », remarquait Sophie Joissains, à l’issue de la victoire. Chez les deux autres candidats qui se sont maintenus sur cette quadrangulaire, Jean-Louis Geiger, candidat RN, est arrivé au second tour avec 13,66% des suffrages exprimés, contre 7,96% des voix pour Philippe Klein, candidat investi par Horizons, dernier dans la course.

    Sophie Joissains aura 41 sièges au conseil municipal, 13 sièges au conseil communautaire. Marc Pena aura de son côté neuf sièges au conseil municipal, trois sièges au conseil communautaire, Jean-Louis Geiger en occupera trois au conseil municipal, un seul au conseil communautaire. Philippe Klein n’aura lui que deux sièges au conseil municipal, et n’occupera aucun siège au conseil communautaire.

  • À Berre-l’Étang, Mario Martinet l’emporte d’un cheveu face à Marc Campana

    À Berre-l’Étang, Mario Martinet l’emporte d’un cheveu face à Marc Campana

    Avec une participation en baisse d’un point (62%), les voix de Malick Kerrouche (DVG), candidat non-qualifié, ont permis à Marc Campana de grimper de près de 11 points, mais cela n’a pas suffi.

  • Loïc Gachon sauve sa mairie, malgré un haut score du RN

    Loïc Gachon sauve sa mairie, malgré un haut score du RN

    « C’est serré. » Ces deux mots ont résonné pendant les trois longues heures qu’a duré le dépouillement dans la maison des associations, où des Vitrollais se sont retrouvés pour découvrir les résultats. À 20h45, les résultats tombent enfin : la liste d’union de la gauche, menée par Loïc Gachon, maire sortant, arrive en tête avec 46,67%. C’est un soulagement pour une grande partie de la salle qui ne peut s’empêcher d’applaudir à tout rompre.

    Une victoire qui ne reste cependant pas large, avec seulement quelques points d’écart avec le candidat du Rassemblement national, Fabien Bravi, qui récolte 42,67%. À son annonce, les quelques applaudissements du fond de la salle sont rapidement couverts par les huées et les sifflements du reste de la salle. Une très courte victoire pour le maire réélu, Loïc Gachon. « Vitrolles a une nouvelle fois résisté, mais le Rassemblement national se consolide et s’installe, à Vitrolles et dans toute la France. C’est pour ça qu’il faut aller à la conquête de ces gens-là [qui votent RN]. Dès la semaine prochaine on va travailler en direction de ces quartiers qui se sentent marginalisés ou oubliés. »

    « C’est inquiétant »

    Si ces résultats sont un soulagement pour une grande partie de l’assemblée, les habitants ne sont pourtant pas sereins. Pour Kenzi et Younes qui, à 18 ans, votaient pour la première fois, les scores de ce second tour sont « inquiétants, dans une ville comme Vitrolles qui est cosmopolite. Donc on a essayé de mobiliser autour de nous, pour la continuité de [Loïc] Gachon, que l’on a toujours connu, et surtout pour faire barrage ». Une dizaine de leurs amis étaient d’ailleurs également présents pour applaudir la victoire de la gauche sur l’extrême droite.

    Pour Cécile, vitrollaise qui a connu sa ville dirigée par le Front national de 1997 à 2002, ces résultats présagent de la présidentielle de 2027 : « Je vois ces idées monter dans la société, affirme la quadragénaire. Je suis dans une association qui m’amène à discuter avec beaucoup de gens. Même certains qui partageaient mes valeurs ont changé de camps », se désole-t-elle.

    Des scores serrés et élevés pour les deux listes d’union de la gauche et de l’extrême droite, alors que le troisième candidat, Philip Farrugia qui obtient 10,55%, contre 11,53% au premier tour. Une baisse qui pourrait s’expliquer par un désengagement de ses électeurs ou des votes utiles, que ce soit pour l’extrême droite, en opposition au maire sortant, ou pour l’union de gauche pour faire barrage. Un second tour qui a d’ailleurs mobilisé un peu plus que le premier, passant de 52,75% de votants à 53,2%. Mais l’abstention reste, ici aussi, le premier parti.

  • Fos-sur-Mer fait la grande bascule à l’extrême droite

    Fos-sur-Mer fait la grande bascule à l’extrême droite

    Philippe Maurizot, le candidat soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio La Provence qu’on aime, devient maire de Fos-sur-Mer avec 48,24% des suffrages exprimés. Rémi Esnault (DVG), le poulain du maire sortant, l’ancien socialiste René Raimondi, arrive en deuxième position avec 29,32% des voix.

    La liste de l’ancien conseiller municipal Jean-Michel Leroy (DVG) obtient 22,44% des suffrages exprimés et aura trois sièges au conseil municipal. Il avait refusé une alliance avec la liste de Rémi Esnault, préférant fusionner avec celle du centriste Jean Fayolle qui était arrivé quatrième au premier tour avec 8,10% des voix.

    Division des listes de gauche

    Le taux de participation s’est élevé à 64,51% contre 59,82% au premier tour et le taux d’abstention est de 35,49% contre 40,18% le 15 mars. La division des listes de gauche laisse la place à l’extrême droite, dans une ville historiquement ancrée à gauche. En 2020, Jean Hetsch (PS) avait été élu dès le premier tour avec 58,49 % des voix.

    Philippe Maurizot s’était déjà présenté à l’hôtel de ville en 2014 et en 2020 et avait obtenu 24,28 % des voix sous l’étiquette Les Républicains. Il a doublé son score. Fort signe d’alerte, le RN avait remporté 62% des suffrages aux législatives de 2024 dans la commune.

    Rémi Esnault, le successeur choisi par le maire sortant était soutenu par le PS, le PCF et Place publique. Il avait reçu le soutien du sénateur communiste Jérémy Bacchi et la CGT des Dockers de Fos avait appelé à voter pour lui.

    Et à Rémi Esnault de déclarer à l’issue de ce second tour : « Une nouvelle page d’histoire s’ouvre » pour Fos, « nous serons là. Présents. Vigilants. Engagés. Fidèles à ce que nous sommes », lance-t-il.

  • Patrick de Carolis rempile pour un deuxième mandat à Arles

    Patrick de Carolis rempile pour un deuxième mandat à Arles

    « On va gagner », annonçaient déjà des membres de l’équipe de Patrick de Carolis à 19h, le dépouillement des cent premiers bulletins pas encore achevé dans les 35 bureaux de vote d’Arles. Ils ont vu juste. Le maire sortant (Horizons) rempile pour un second mandat, avec 42,39% des voix.

    Il semble avoir bénéficié d’un report de voix de l’électorat de l’extrême droite et de la droite, dont les scores s’effondrent. Alors que ses concurrents Rémy Benson (RN) et Jean-Michel Jalabert (DVD) avaient respectivement obtenu 16,37% et 13,69% des suffrages au premier tour, ils plafonnent cette fois à 13,07% et 6,73%.

    Patrick de Carolis y voit un « esprit de responsabilité » de la part des votants, estimant que « sans cette division la municipalité sortante aurait été reconduite dès le premier tour », et adresse ses remerciements aux Arlésiennes et aux Arlésiens, voyant dans cette élection un gage de « confiance » et une « volonté de poursuivre l’élan que nous avons engagé ». « Ils ont ainsi confirmé leur vote de 2020 pour ne pas revenir au système communiste », affirme-t-il, taclant : « La gauche arlésienne réduit encore son influence dans notre ville au fil des élections municipales successives : 46% en 2014, 42,8% en 2020, 38% cette année », oubliant de mentionner que lui-même perd 15 points en l’espace d’un mandat.

    Un report qui a « dépassé les additions » à gauche

    Dans un « esprit républicain », et « bien qu’il ait défendu une trajectoire différente pour Arles » la tête de liste de l’Union pour Arles (DVG) Nicolas Koukas (PCF), qui a obtenu 37,8% des voix, félicite quant à lui son adversaire pour sa victoire.

    « C’était pas gagné, on a réussi à avoir une union qui s’est faite, qui a montré que c’était seulement réunis que nous étions en capacité de faire de gros scores », assure-t-il, alors qu’il était soutenu par neuf partis puis avait été rejoint par les Écologistes pendant l’entre-deux-tours.

    Les reports de voix de la candidate insoumise Jecilla Regad, qui avait fait 9,81% au premier tour, et d’Anne Testut (Lutte ouvrière) n’auront donc pas suffi, bien qu’ils aient « dépassé les additions », calcule Nicolas Koukas, qui avait obtenu 25,38% au premier tour. « Ça prouve qu’il y avait malgré tout une volonté de pouvoir mettre notre liste le plus haut possible, nous ne sommes qu’à 3% du maire sortant, donc je le dis : c’est un bon score que nous avons fait ce soir ! »

    La liste d’union de la gauche s’illustre particulièrement dans les quartiers populaires, comme à Barriol (52,45%), à Griffeuille/Genouillade (42,05%) ou à Trébon/Coty (48,27%) ; mais aussi dans les villages de Mas-Thibert (50,26%) ou de Salin-de-Giraud (48,25%), alors que le sentiment d’abandon des habitants de ces territoires avait été souligné par Nicolas Koukas et ses colistiers ainsi que par Jean-Michel Jalabert.

    La tête de liste de l’Union pour Arles forme le vœu « que cette nouvelle responsabilité amène le maire sortant à faire évoluer la trajectoire suivie jusqu’à présent et que les débats de cette campagne aient permis une prise de conscience, une alerte des enjeux majeurs pour notre territoire ».

    « Cette défaite ne doit rien enlever à la force de l’engagement qui est le nôtre, à la justesse du projet que nous avons défendu pendant ces longues semaines, assène-t-il avec force dans sa permanence électorale, où l’émotion était très forte ce dimanche soir. Nous avons mené une campagne sincère, proche des gens, je suis fier d’avoir essayé de faire vivre une autre manière de faire de la politique qui soit exigeant et humaine. Le combat va continuer, différemment, avec la même détermination ». Il annonce : « Pour moi rien ne s’arrête ce soir, tout va commencer autrement », et promet plus de détails dans les jours à venir.