Tag: Municipales

  • À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    Sans faire de bruit, Rognac, 12 335 habitants, cité dortoir et ouvrière par excellence, est passée, il y a un an, aux mains du Rassemblement national. Trente ans après ses succès à Marignane et Vitrolles, à quelques kilomètres de là, l’extrême droite est revenue aux manettes.

    Les municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, ont été un fiasco pour la liste de la maire (UDI) sortante, Sylvie Miceli-Houdais, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur.

    Réunissant 13,84% des votants, elle était arrivée en troisième position, loin derrière Willy Nicollet (DVD), son adjoint à la sécurité (34,65%), et Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête (38,24%) à l’issue d’une quadrangulaire mortifère. Un novice, débarqué au RN un an plus tôt qui a bénéficié de l’étiquette et du soutien affiché des ténors nationaux du parti d’extrême droite.

    Mais ce désaveu des citoyens est surtout le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendus public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024.

    Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacants durant deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

  • Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    « Nous gardons notre sérénité mais regrettons ce cavalier seul… » C’est en ces termes que commence le communiqué de Toulon en Commun, en rappelant que « la division de la gauche n’est jamais une bonne chose ». Et ce d’autant moins dans le Port du Levant où le danger de l’extrême droite est réel.

    La liste d’union des forces progressistes déplore donc ce choix, alors que « la dynamique autour de Magali Brunel est réelle et que les habitants disent leur souhait de changement ». Pour Toulon en Commun, il est clair que les priorités de LFI sont autres. Guidées par une décision nationale qui fait fi de l’urgence d’empêcher le RN de (re)prendre la ville.

    Pour la liste de rassemblement « les raisons avancées par LFI ne sont ni justes ni exactes », en rappelant que « la désignation de Magali Brunel comme tête de liste a été un exemple de démocratie auquel LFI, en quittant Toulon en Commun, n’a pas voulu participer ». Et sur « la supposée ligne rouge » qui serait son appartenance au PS, l’Assemblée citoyenne écologiste, sociale et solidaire montre que l’argument ne tient pas puisque à la Seyne, LFI se présente alors que la tête de liste n’est pas socialiste. Et de poursuivre : « Et c’est pareil dans beaucoup d’autres villes avec des maires sortants communistes ou EELV, ou encore des listes sans tête de liste PS. »

    Pas question pour autant de se laisser déstabiliser par ce type d’annonce. L’équipe qui travaille depuis 2019 en concertation pour bâtir un programme de changement basé sur la réalité toulonnaise va au contraire continuer d’aller de l’avant. « Comme nous avons su rassembler la gauche et ses diverses sensibilités, les écologistes et les régionalistes, nous annoncerons de nouveaux renforts dans les semaines à venir », conclut-elle d’ailleurs.

  • [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous présentez-vous ?

    Judith Dossemont : J’ai voulu proposer ma candidature et offrir aux Roquevairois mon expérience. J’ai d’abord eu un engagement associatif à Roquevaire : j’étais membre fondatrice du grand trail du Garlaban. Mon engagement dans le monde associatif, en 2014, s’est poursuivi avec un engagement aux municipales en devenant colistière. Depuis 2020, je suis le leader de l’opposition à droite. Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit sur la commune. Je suis également conseillère départementale, j’ai été colistière aux régionales, colistière aux élections européennes et attachée parlementaire. Aujourd’hui, je ne peux plus être conseillère départementale et regarder ma ville dépérir sans pouvoir agir.

    Que voulez changer ?

    J.D. : Tout. Je veux tout changer. Le centre du village se paupérise, donc je veux prendre soin de Roquevaire en proposant un vrai projet d’aménagement du cours Négrel-Ferraud. C’est un endroit central qu’il faut vraiment rénover. Je suis en train d’y réfléchir avec des architectes reconnus internationalement, pour voir comment on peut à la fois produire du parking, un aménagement qui puisse permettre aux commerces de fonctionner, avoir des terrasses, avoir une petite place à la Provençale avec peut-être une petite fontaine. Quelque chose que l’on puisse se réapproprier. Parce qu’aujourd’hui, personne n’a envie de venir se promener dans le centre ville.

    Quel est le reste de votre programme ?

    J.D. : Les trois axes qui vont alimenter ma campagne sont la sécurité et la tranquillité publique, l’attractivité et la relance économique du village et enfin le cadre de vie et l’urbanisme enfin maîtrisés. Au niveau de la sécurité, la société a changé et il y a des violences partout. L’insécurité progresse et les Roquevairois le voient, le ressentent. Il y a juste la municipalité qui ne veut pas le voir. Il y a 4,5 policiers pour une ville de 9 000 habitants, et il n’y a quasiment pas de caméras, ou elles ne fonctionnent pas. Je veux renforcer la présence policière, moderniser la police municipale et repenser à un élargissement des horaires des agents. Je souhaite également lancer un grand plan de vidéoprotection crédible, parce qu’il y a beaucoup d’incivilités, de nuisances et de dégradations. Il faut plus de fermeté. Et enfin je veux redonner du caractère au centre ville de Roquevaire, créer du parking, ramener des commerces de bouche, des artisans, des cafés, une vie de hameau.

    Comment comptez-vous financer cela ?

    J.D. : Sans cofinancement, la ville de Roquevaire ne pourra effectivement rien faire. La première chose que je voudrais entreprendre, c’est faire un contrat d’aide aux communes, dès que je suis élue, pour pouvoir m’appuyer sur les collectivités donc le Département, la Métropole et la Région. Car j’ai quand même des liens puisque j’ai été colistière de Renaud Muselier. Je suis en train de chiffrer tous les projets et je m’appuie évidemment sur ces aides pour renforcer l’attractivité de Roquevaire.

  • À Orange, la justice fera-t-elle vaciller le clan Bompard ?

    À Orange, la justice fera-t-elle vaciller le clan Bompard ?

    En 1995, avec Toulon et Marignane, Orange était l’une des trois villes du sud à basculer au Front national. Depuis 30 ans, elle est la seule à demeurer aux mains de l’extrême droite. Élu maire avec 87 voix d’avance face à une droite désunie et au maire sortant DVG Alain Labbé, Jacques Bompard a ensuite été réélu dès le 1er tour en 2001, 2008 et 2014, qu’il soit sous l’étiquette du MPF ou ensuite de son propre parti, Ligue du sud. En 2020 seulement, il n’obtient « que » 47% des voix au 1er tour mais l’emporte largement au second (56%) dans le cadre d’une quadrangulaire, où figurait aussi le RN.

    L’assise électorale étant posée, c’est la justice qui finit par déboulonner Jacques Bompard, quand bien même il reste encore aujourd’hui influent – en dehors de tout cadre légal il disposait d’un bureau à la mairie jusqu’en 2024 – et bénéficie d’une tribune dans le magazine municipal. Pourtant, en novembre 2021, la cour de cassation rejette son pourvoi, le condamnant définitivement pour prise illégale d’intérêts, entraînant 5 ans d’inéligibilité. Dans la foulée, son second fils, Yann, prend la suite en étant élu maire. Jusqu’à quand ? Car dans un mois, Yann Bompard comparaîtra, du 17 au 19 décembre, devant le tribunal correctionnel de Marseille dans un dossier d’emploi fictif au détriment de l’Assemblée nationale.

    Un dossier qui éclabousse toute l’extrême droite puisque l’actuelle députée RN de la circonscription, Marie-France Lorho est jugée pour les mêmes faits. Ils remontent du temps où Yann Bompard était collaborateur parlementaire de la députée. Auparavant affidée du clan Bompard – elle avait succédé à Jacques en cours de mandat à l’Assemblée nationale -, Lorho est désormais brouillée avec la famille depuis qu’elle s’est rapprochée du RN. Elle est de son côté poursuivie comme auteure du détournement de fonds publics, mais aussi pour subornation de témoin. Constituée partie civile, l’Assemblée nationale a évalué son préjudice à 74 776 euros à l’égard de la députée et 42 753 euros pour le maire. En cas de condamnation impliquant une inéligibilité, les deux élus ne pourraient candidater aux municipales de mars.

    À Carpentras, l’ex-maire condamné qui veut reprendre du service

    En 2018, après avoir épuisé tous les recours judiciaires jusqu’à la cour de cassation, Francis Adolphe avait été poussé à la démission. Alors maire (ex-PS) de Carpentras, il avait été reconnu pour des faits de violence sur son ex-compagne, entraînant huit mois d’emprisonnement avec sursis, 5 000 euros d’amende et 5 ans d’interdiction de ses droits civiques, civils et de famille. Une inéligibilité entre-temps réduite puisqu’en 2021, il avait été candidat aux départementales, manquant de très peu la victoire face au binôme RN (139 voix). Voilà désormais que Francis Adolphe rêve de reprendre la mairie à celui qui lui a succédé en 2018, son ex-premier adjoint Serge Andrieu (DVG), avec qui il est en froid. Donné second d’un sondage derrière Andrieu, Adolphe (SE) espère, avec sa liste « Nous sommes tous Carpentras », rassembler à droite et à gauche hors des extrêmes.

  • Hervé Granier a inauguré sa permanence à Gardanne

    Hervé Granier a inauguré sa permanence à Gardanne

    « Aujourd’hui, je suis à nouveau candidat afin que nous continuions ensemble à agir et à faire avancer notre commune », a déclaré dimanche 16 novembre, Hervé Granier, devant son local de campagne établi dans le centre-ville de Gardanne, dans « un bâtiment où a vécu le peintre Paul Cézanne ». Ce maire LR, qui avait succédé en 2020 au communiste Roger Meï, alors en poste depuis 43 ans, a entre autres tenu à souligner : « Je ne suis pas un parachuté. Je suis chaque jour sur le terrain, les dimanches sur le marché, sur tous les événements de la ville mais aussi dans les commerces où à déambuler simplement en famille dans notre belle commune. Depuis cinq ans, je n’ai jamais manqué de saluer les employés municipaux, de passer chaque rentrée scolaire dans les écoles, de vous recevoir dans mon bureau tous les lundis dès lors que vous en ressentiez le besoin. »

    Face à une gauche unie

    Hervé Granier en a profité pour lancer également son comité de soutien, qui sera présidé par Vincent Randazzo, ex-joueur de l’A.S Gardanne, qui passé sa vie professionnelle comme « travailleur à la centrale thermique, mineur de fond-géomètre et exploitant agricole », comme il l’a rappelé dimanche.

    Pendant cette campagne électorale, Hervé Granier fera notamment face à Jean-Marc La Piana, à la tête d’une union de la gauche (soutenu par le PCF, le PS, Place publique et les Écologistes), ainsi que Bruno Priouret pour le RN.

  • Exemplarité

    Exemplarité

    La mise en scène de l’incarcération puis de
    la sortie de prison de Nicolas Sarkozy repose l’éternelle question de l’exigence de probité vis-à-vis des élus de la République. Mais avec un éclairage cru et pour le moins inquiétant alors que se profilent les municipales en mars prochain, durant lesquelles une tempête d’extrême droite menace de souffler fort.

    Que l’homme soit le premier président de la Ve République incarcéré est déjà un mauvais signal en soi. Que l’exécution provisoire soit dénoncée comme
    un coup politique alors même qu’elle n’est que l’application de la loi et donc écrite par ceux-là même qui la condamnent aujourd’hui, aussi. Que ceux qui ont construit une partie de leur argumentaire politique sur le laxisme de la justice, se retrouvent côte à côte pour dénoncer
    son application afin de permettre, concrètement, à Marine Le Pen de
    se présenter en 2027, également.

    Sans vergogne

    Depuis longtemps, l’impact de l’existence d’une justice à deux vitesses protégeant les cols blancs sur la désaffection des populations pour la chose politique a été démontré. Sans effet. Les affaires s’enchaînent, touchant de nombreux partis politiques. Pire elles ne semblent même plus être vécues comme un obstacle dans un parcours politique. Cela se voit à l’échelle municipale comme le détaille notre dossier sur nos trois départements. Mais également pour la future présidentielle. Avec le cas de Marine Le Pen mais aussi de Nicolas Sarkozy que certains se plaisent désormais à envisager en sauveur de la droite en 2027.

    Arrêter avec ces « dérives sans vergogne » est fondamental avant les municipales. Et rappeler que l’exemplarité en politique doit être une évidence.

  • Sébastien Delogu officialise sa candidature à Marseille

    Sébastien Delogu officialise sa candidature à Marseille

    C’est à l’AFP que le député insoumis des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu a choisi d’annoncer dimanche qu’il avait été officiellement investi par La France insoumise pour être la tête de liste aux élections municipales, repoussant une expression directe auprès des autres médias à une date ultérieure. Non sans avoir publié dans le même temps, un « Je suis candidat à la mairie de Marseille ! » sur son compte instagram.

    Sans surprise, LFI présente donc une candidature autonome à Marseille, comme à Lyon et Paris. Les mots du député des quartiers nord sont durs à l’endroit de la majorité actuelle du Printemps marseillais, coalition de gauche menée par Benoît Payan, ex-PS. Il « devait être la rupture avec le système de droite alors qu’en réalité ils cogèrent la ville ensemble » lâche ainsi le député, en référence à la métropole dirigée par la DVD Martine Vassal, également candidate à Marseille. Et d’ajouter : « Je souhaite ramener le peuple au pouvoir et ne pas laisser Marseille aux magouilleurs qui font du favoritisme et du clientélisme comme la ville a toujours connu ». Pourtant, il précise également : « Nous ne fermerons pas la porte au second tour à une union des gauches ».

    La candidature insoumise a bénéficié en novembre du ralliement de Sébastien Barles, adjoint au maire en charge de la transition énergétique et son mouvement écolo-citoyen Vaï. Depuis dimanche, il compte également le soutien du parti du député apparenté LFI Aymeric Caron, la Révolution écologique pour le vivant (REV) via Julie Browne.

    La liste de Sébastien Delogu comportera « des gens engagés pour Marseille » a-t-il affirmé à l’AFP et son programme, présenté ultérieurement, sera axé autour du logement, de la santé et de l’urgence écologique.

    « Il s’agit d’une dangereuse manœuvre de division populaire, sous des accents de fausse radicalité qu’il nous faut démasquer », a réagi Anthony Gonçalves, chef de file des communistes marseillais pour les élections municipales dans un communiqué où il rappelle que le RN « n’a jamais été aussi fort »  et qu’il « menace de s’emparer du pouvoir », et « qu’une droite unie et revancharde, radicalisée » veut « reprendre la main ».

  • Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Montpellier vivra-t-elle encore « la campagne la plus folle de France » ? En 2020, le casting (le milliardaire Mohed Altrad, le clown Rémi Gaillard), les coups de théâtre (l’investiture retirée à l’Écologiste Clothilde Ollier pourtant donnée favorite) et les alliances improbables (fusion entre les listes de M. Altrad et d’Alenka Doulain) avaient braqué les projecteurs sur le Clapas.

    Cinq ans plus tard, alors même que le casting reste très incertain – Philippe Saurel voudra-t-il sa revanche ? Qui Altrad soutiendra-t-il ? Patricia Mirallès représentera-t-elle la Macronie ? – l’ambiance est déjà sulfureuse à quatre mois du premier tour. Chaque semaine, les postulants déclarés à l’Hôtel de Ville s’en donnent à cœur joie pour fustiger tantôt le bilan, tantôt les positions du maire Michaël Delafosse (PS). Lequel n’a toujours pas indiqué s’il briguera un second mandat.

    Cette semaine, c’était au tour de la tête de liste LFI, Nathalie Oziol, de prendre la foudre. En cause ses propos jugés « scandaleux » au sujet de l’assassin de Samuel Paty. Dans une vidéo exhumée, la députée insoumise indiquait ne pas être d’accord avec la qualification de « fanatique musulman » choisie par Michaël Delafosse pour qualifier le terroriste islamiste. Nathalie Oziol précisait que « ce n’est pas une question de religion, mais de moyens, de hiérarchie », l’enseignant ayant été laissé seul malgré ses alertes.

    À ces mots, M. Delafosse s’est indigné dénonçant par écrit une « absence totale de responsabilité à l’égard des professeurs ». Il fustige des propos qui « constituent une infidélité profonde aux valeurs de la gauche ». Le maire PS appelle à ne jamais « nier, relativiser ou transiger » avec le « fanatisme religieux, fléau de l’humanité ».

    Depuis la polémique enfle. Dans la presse, N. Oziol se défend, estimant que le sens de ses propos est détourné en vue de discréditer LFI. Elle insiste : « Amalgamer musulman et islamiste c’est inacceptable et insultant pour des millions de musulmans ».

    Tandis que la sœur de Samuel Paty a demandé à son avocate d’examiner la qualification des propos de N. Oziol au regard du délit d’apologie du terrorisme, d’autres candidats remettent de l’huile sur le feu, en ciblant… le maire et enseignant M.Delafosse. Isabelle Perrein juge « ses déclarations réductrices » et rappelle que « la laïcité est un principe républicain universel ». Serge Martin, l’ancien socialiste élu sur la liste Altrad, est plus virulent. « L’amalgame est une erreur peu commune aux historiens, « Mikka » est vraiment atypique ! Il se dit de gauche et s’exprime comme Zemmour ! ». Ça démarre fort.

  • Nîmes en commun fait parler la ville

    Nîmes en commun fait parler la ville

    Dans la chaleur boisée de l’arrière-salle du Prolé, les chaises serrées jusqu’au fond, Hugo Carlos, du collectif Nîmes en commun, plante le décor : « On est nombreux ce soir », sourit-il, micro en main. Il remercie la cinquantaine de personnes présentes – membres du collectif comme simples curieux – pour la réunion hebdomadaire de ce lundi 10 novembre, malgré le pont. Le rituel des présentations ne s’éternise pas, car l’urgence est ailleurs : faire le point sur ce questionnaire qui doit « faire émerger des priorités collectives des Nîmois » et, surtout, accélérer sa diffusion à quinze jours de l’échéance (24 novembre) avant la restitution promise le 11 décembre à la Halles des Sports.

    Le compteur a franchi la barre symbolique – « largement plus de 2 000 questionnaires », dont une centaine en ligne en vingt-quatre heures. La méthode, elle, s’affine. D’abord retenus pour économiser (0,20 euro l’exemplaire), les feuillets vont désormais circuler « au large » : cafés, bistrots, halls d’immeubles. Et lundi prochain ? Une idée fait consensus : remplacer la réunion hebdomadaire par une opération sur un point très passant de la ville pour maximiser les remplissages.

    Sur le fond, les récits fusent, précis, sans fard. Katia raconte l’accueil « très favorable » au stade des Antonins, quartier populaire où l’on prend le temps d’écouter. Christian détaille sa tournée « chez les connaissances » : deux heures par foyer parfois, tant les questions appellent la discussion. Au Cercle, on a changé de consigne : remplir sur place si possible, sinon emporter, « parce qu’on sent un vrai besoin de s’exprimer ». Ce besoin se lit d’ailleurs dans les champs libres : 450 témoignages déjà, recopiés mot à mot par Adèle et Marie, puis analysés « avec un peu d’intelligence artificielle ». À Jean Bouin, une scène reste en tête : une mère en difficulté avec le français répond grâce à sa fille de 14 ans, très au clair sur l’écologie ; ailleurs, des personnes âgées préfèrent qu’on leur lise les questions.

    « On ne peut pas parler pour les quartiers »

    Quand vient l’heure des thèmes qui remontent, trois mots s’imposent : transports gratuits (notamment pour les jeunes), sécurité, confiance envers les élites. Et l’exigence d’ancrage ressurgit, brutale et salutaire. Un participant des quartiers populaires – Madani – interpelle : l’initiative ne vaut que si « les militants des quartiers » sont au cœur des décisions. « On ne peut pas parler pour les quartiers sans leurs habitants. » La salle se tend, puis respire. Le message est pris au sérieux : identifier les zones moins couvertes (Garrigues Ouest, route d’Alès, Védelin, sud entre Leclerc et la rocade) et y concentrer l’effort, peut-être dès l’opération de lundi.

    En conclusion, le collectif s’est projeté sur la restitution du 11 décembre : grande salle à remplir, visuels en fabrication, et surtout une méthode « à l’ancienne » : rappeler personnellement chaque répondant. Rendez-vous est donné le 24 novembre au Cercle de l’Avenir pour se répartir des listes : « chacun 3 à 10 contacts », un argumentaire, et l’ambition de faire parler la ville « du 11 ».

  • À Marseille, c’est toujours le printemps

    À Marseille, c’est toujours le printemps

    Nous, jeunes de Marseille,
    membres de collectifs citoyen·nes, élu·es, étudiant.e.s, travailleurs·ses, militant·es politiques, syndicaux et associatifs, actons par ce texte notre volonté de continuer à construire, à renforcer le rassemblement de la gauche, des écologistes et des citoyen.nes dans notre ville.

    C’est l’union, portée par Benoît Payan et l’équipe municipale qui transforme la ville et change la vie des habitant.e.s. C’est ce rassemblement de la gauche, des écologistes, des forces associatives et citoyennes, qui a permis, depuis 2020 de tenir tête aux libéraux et aux réactionnaires, de faire face à celles et ceux qui ne cherchent qu’à répandre la haine et attiser les peurs. Nous avons vu nos écoles, jusque-là la « honte de la République », être reconstruites, rénovées, permettant enfin à chacune et à chacun, d’avoir accès à une école qui réellement apprend, grandit et émancipe. Marqué.e.s pour toujours par le drame de la rue d’Aubagne, nous avons vu les logements en péril enfin être rénovés, une rénovation urbaine dans le Nord de la ville sans précédent et la fin du règne des marchands de sommeil et des Airbnb. Nous avons, à nouveau, accès à la culture et au sport, et ce peu importe nos revenus ou notre arrondissement. Les étudiants peuvent manger à leur faim, grâce aux repas gratuits, le littoral peut être préservé et la Ville, en s’engageant pleinement dans la préservation de l’environnement, se prépare aux conséquences du dérèglement climatique. Nous voyons la ville se recoudre, les services publics reprendre place dans tous les quartiers, l’urgence écologique être enfin prise en compte, et un collectif marseillais, riche de sa diversité, à nouveau exister. Des concerts de l’Été marseillais aux fêtes des noyaux villageois, en passant par la Voie est libre sur la corniche et la fête des écoles, le vivre ensemble réapparaît au grand jour, témoin de la vitalité de notre ville.

    Pourtant, les forces politiques responsables du déclin de Marseille sont toujours là, à la tête de la Métropole comme de la Région. Elles ralentissent les projets structurants, bloquent les transports, tournent le dos à la culture, ignorent les besoins des jeunes, opposent le Nord et le Sud de la Ville en refusant de désenclaver les quartiers les plus pauvres accentuant les discriminations géographiques et sociales. Leurs logiques politiciennes d’humiliation et de représailles ne datent pas d’hier. Elles continuent d’abîmer cette ville. Élection après élection, l’extrême droite progresse à Marseille, notre ville, terre d’accueil et de fraternité, ne pourrait voir arriver à sa tête, ceux qui n’ont comme seuls projets la haine et la division. Ceux-ci qui sont prêts à laisser se noyer des milliers de personnes en Méditerranée, quand Benoît Payan, lui, vient en aide à SOS Méditerranée. La Ville de Marseille, fidèle à son histoire, œuvre pour la paix, pour la dignité de chacune et chacun. Elle constitue, face à l’extrême droite, un rempart, une terre de résistance et doit ainsi le rester. Face à une extrême droite chaque jour plus dangereuse, plus menaçante pour nos droits et nos libertés, face à une droite au pouvoir qui divise et aggrave les injustices, l’unité de toutes les forces de gauche, écologistes et citoyennes reste notre seule boussole et notre seule chance de faire réussir Marseille. Nous, jeunes citoyens, avons vu dans cette union un espoir et un exemple, puis une réalité. À Marseille, dans notre ville, nous voyons chaque jour le quotidien s’améliorer.

    L’union de la gauche des écologistes et des citoyen.ne.s doit être préservée, renforcée, pour que nos lendemains marseillais puissent continuer à être ensoleillés. Pour que la ville continue de se transformer et que la vie continue de changer. Nous, la jeunesse marseillaise, nous adressons à l’ensemble des responsables politiques, notre voix doit et mérite d’être entendue. Nous souhaitons l’union et ne pourrons pardonner à celles et ceux qui attisent les divisions et nous font prendre le risque de laisser basculer la ville dans le déclin.

    Pour signer et retrouver la liste complète des 100 premier.e.s signataires
    rendez vous sur https://bit.ly/tribuneprintempsjeunes