Tag: Municipales

  • À Bollène, Anthony Zilio pour une confirmation, Marie-Claude Bompard en reconquête

    À Bollène, Anthony Zilio pour une confirmation, Marie-Claude Bompard en reconquête

    La course à l’hôtel de ville de Bollène les 15 et 22 mars a connu un sacré coup d’accélérateur vendredi soir avec l’officialisation des candidatures du maire sortant (SE) Anthony Zilio et de Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud), qui rêve toujours de reprendre la ville après l’avoir dirigée lors de deux mandats (2008-2020). Tout sauf une surprise de voir les deux candidats se lancer tant les intentions étaient déjà déflorées.

    « Chers Bollénois, les 15 et 22 mars prochain, vous aurez à nouveau rendez-vous avec l’avenir de Bollène. C’est avec la même passion et le même attachement que je serai candidat pour continuer d’embellir, de sécuriser et de développer notre ville », a succinctement déclaré Anthony Zilio sur ses réseaux sociaux. Un message minimaliste qui ne fait que valider un secret de Polichinelle. Depuis plusieurs mois, sa page Facebook « Rassembler Bollène avec Anthony Zilio » avait été relancée et actualisée en juillet avec la mention 2026. « Je suis toujours convaincu et mon énergie n’a pas baissé », confiait-il déjà dans nos colonnes en février, promettant une « décision collégiale au sein de mon équipe polymorphe ».

    Issu de la gauche, Anthony Zilio, 40 ans, avait réussi à monter une liste de large rassemblement républicain [hors PCF qui avait conduit sa propre liste (4,89%)] pour faire tomber l’extrême droite, l’emportant avec 51,81% des voix au second tour. Depuis, il s’escrime « à réparer la maison Bollène ». Si sa déclaration de candidature a été laconique, son site de campagne est en revanche plus dissert sur toutes les actions accomplies depuis plus de cinq ans en matière de sécurité, d’économie, de cadre de vie, de jeunesse ou de culture. « On gomme les crispations pour apaiser les choses », défendait en février Anthony Zilio prenant comme meilleur exemple le nombre d’habitants en progression de Bollène après des années de déclin. « Ce n’est pas juste la sortie 19 de l’autoroute, c’est une ville qui se réveille et révèle tout son plein potentiel », se targue le premier magistrat.

    L’extrême droite divisée avec un prétendant RN

    En 2021, le maire avait également repris le canton à l’extrême droite, divisée entre Marie-Claude Bompard et le binôme RN. Un scénario qui va se reproduire en mars. La cheffe de file de l’opposition a donc, elle aussi, annoncé sa candidature vendredi à l’occasion d’une réunion publique. « Nous ne pouvons pas nous dérober », estime l’ex-édile de 71 ans, dont le fils, Yann, est maire d’Orange. Mais contrairement au précédent scrutin municipal où le RN n’avait pas de candidat, le parti lepéniste a investi Franck Marest, 68 ans. « Ils ont perdu parce qu’ils ont été mauvais », piquait Thierry d’Aigremont, patron du RN 84 lors de la présentation de son candidat, à l’endroit du clan Bompard, qui « représente le passé ». Pour l’heure, pas d’autres candidats que ce trio n’est déclaré.

  • Occitanie : Basile Imbert lance sa campagne à Alès

    Occitanie : Basile Imbert lance sa campagne à Alès

    Les socialistes misent sur la jeunesse. Après le départ d’Arnaud Bord, le PS alésien était orphelin d’un leader capable de battre la campagne. Il s’est finalement rangé ces derniers mois derrière Basile Imbert, un natif d’Alès au parcours universitaire irréprochable. Diplômé d’une double licence à l’université de Montpellier en sciences politiques et en économie, il a ensuite été reçu major de son master politique et vient de boucler un doctorat sur « le tournant vert du conservatisme européen ». Directeur de cabinet du maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas depuis 2020, il avait également accompagné Arnaud Bord sur ses précédentes campagnes.

    Mais cette fois, il sera en première ligne après avoir acté la division de la gauche puisqu’il ne s’est pas entendu avec le Printemps alésien et a été lâché par la suite par la France insoumise.

    Mercredi 5 novembre, il a donc officialisé son lancement dans la course à la mairie d’Alès. Pour cette soirée organisée au bar de la Rotonde, le socialiste a rassemblé une quarantaine de personnes dont la grande majorité sont membres ou sympathisants du PS. Quelques écologistes étaient également présents ainsi que des militants de Place publique alors que le chef de file du parti de Raphaël Glucksmann à Alès est pourtant allié à Paul Planque (PCF/Printemps alésien). « Je suis persuadé que Place publique finira par soutenir une alliance avec les socialistes parce que c’est la logique », précise le jeune candidat.

    Quatre priorités

    Basile Imbert a profité de cette soirée pour présenter ses premières propositions sur les quatre priorités identifiées, à savoir « le cœur de ville, la sécurité, la santé et l’écologie ». « Nous proposons donc une tarification sociale et écologique de l’eau, la végétalisation de la place des Martyrs de la résistance, une réflexion sur les parkings en cœur de ville, un bus de prévention en partenariat avec la faculté de médecine et un renforcement de la police municipale qui doit s’accompagner de beaucoup d’actions de prévention », a détaillé le candidat. La prochaine salve de propositions devrait concerner l’éducation.

    Reste désormais à impulser une dynamique à cinq mois de l’échéance électorale. Car en 2020, Arnaud Bord, longtemps en campagne en solitaire, avait fini par se ranger derrière le Printemps alésien. « À l’époque, Paul Planque était tout nouveau à Alès et il était présenté comme l’alpha et l’oméga capable d’inverser la vapeur. La différence avec 2020, c’est qu’aujourd’hui il n’y a pas de leader naturel à gauche à Alès », explique Basile Imbert qui devra aussi trouver 43 noms pour compléter sa liste : « On y travaille et je peux déjà dire qu’il y aura des surprises avec des personnes de la société civile que les Alésiens connaissent ». S’il promet de dévoiler cette liste « avant Noël », le socialiste a prévu deux mois de rencontres avec la population au travers de porte-à-porte et de réunions publiques.

  • Avignon : LFI s’inscrit en faux après les accusations de Faryssy

    Avignon : LFI s’inscrit en faux après les accusations de Faryssy

    En dévoilant sur la place publique, ce qui couvait depuis plusieurs mois en privé au sein de la France insoumise à Avignon, Farid Faryssy a jeté un pavé dans la mare des municipales à gauche. En attendant d’en connaître les conséquences en termes d’alliances ou d’affaiblissement du score des Insoumis [en 2020, la liste LFI conduite par Farid Faryssy avait récolté (5,36%)], la France insoumise a tenu à démentir les vifs reproches proférés par l’ancien candidat.

    « Ses récentes déclarations publiques, contenant des propos mensongers et diffamatoires à l’encontre de notre mouvement et de ses membres, notamment la tête de liste, Mathilde Louvain, et le député Raphaël Arnault, sont inacceptables, estime dans un communiqué le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon. Ces attaques personnelles ne traduisent en rien la réalité du fonctionnement de la France insoumise et visent à nuire à la crédibilité du travail collectif mené dans le département, et en particulier à Avignon. »

    Il y a une semaine, Farid Faryssy (notre édition du 13/11) avait annoncé « se mettre en retrait » de LFI, parlant de « dérives » et d’un « climat local gravement dégradé ». En cause ? « Les comportements autoritaires, les pratiques d’intimidation et les violences verbales qui s’y sont installés ont rendu impossible tout travail collectif sincère et apaisé », accusant Raphaël Arnault d’être « devenu le principal vecteur de ces violences et de cette division ». En réponse LFI parle « d’ambitions personnelles à assouvir ».

    Lors des législatives de 2024, Farid Faryssy, qui pensait obtenir l’investiture comme deux ans plus tôt, n’avait que peu goûté voir débouler Raphaël Arnault, sans toutefois s’en ouvrir publiquement. Désigné co-chef de file des municipales en juin avec Mathilde Louvain, il pensait, là encore, pouvoir être promu tête de liste. En vain. Face à l’impossibilité de se mettre d’accord localement, le national avait opté pour Mathilde Louvain. Farid Faryssy vient de lancer son collectif, Humains libres et égaux et compte bien encore jouer un rôle pour le scrutin de mars. À ce stade, un rapprochement avec David Fournier (PS) est plausible. Un parti dans lequel Farid Faryssy a été encarté jusqu’au début des années 2010.

  • [Entretien] Isabelle Godefroy : « Éclairer le débat avant les municipales »

    [Entretien] Isabelle Godefroy : « Éclairer le débat avant les municipales »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que le « Pacte du pouvoir de vivre Paca » ?

    Isabelle Godefroy : Il s’agit de la déclinaison régionale du pacte national. Après la période du Covid, des acteurs de la société civile se sont réunis pour décider de travailler ensemble à des propositions qui concernent tout le monde, le pouvoir d’achat, le logement, la pauvreté, la mobilité, l’alimentation, le sport, la famille, l’écologie, la précarité étudiante… Des associations, des mutualités et le syndicat CFDT ont participé. 90 propositions ont été faites. Elles sont ajustées en fonction de l’actualité nationale et elles sont consultables, avec des webinaires, sur notre site. Le directeur du pacte du pouvoir de vivre national est Christophe Robert, de la Fondation pour le logement, l’ancienne Fondation Abbé Pierre.

    Quelle est l’ambition de cette tournée autour de ce Pacte ?

    I.G. : À la fin de cet été, nous avons souhaité créer une initiative pour pouvoir porter nos propositions, alors que dans quelques mois se tiennent les élections municipales. On s’est interrogés : qu’est-ce qui est important aujourd’hui pour un habitant de la région Paca ? Il y a une crise du logement en France et encore plus dans notre région, l’environnement, l’alimentation, la démocratie au travail… Et parce qu’on ne voulait pas laisser cette thématique au Rassemblement national, la sécurité, comment on en parle, pourquoi les gens se sentent en insécurité ? Lors de cette réunion*, suivie d’un débat, nous réunissons des associations autour d’une table ronde, ATD Quart-Monde pour le logement, la Fondation pour le logement qui fait un travail incroyable également, France Nature Environnement pour environnement et alimentation, la CFDT Paca pour la démocratie au travail. Et un expert, un ancien responsable CRS, devenu ensuite médiateur dans les quartiers dits populaires, va venir nous parler de la sécurité ou du sentiment d’insécurité.

    Comment ferez-vous connaître ces propositions aux candidats aux municipales ?

    I.G. : À partir de ce débat, il y aura une synthèse. Puis une tribune avec l’ambition, on espère en tout cas, de proposer aux futurs candidats aux municipales notre vision, ce qu’on porte. Après, à chacun de s’en saisir et faire en sorte d’essayer d’ouvrir, d’éclairer le débat.

    * À 17h salle du Bras d’Or, en contrebas de l’avenue Antide-Boyer. Entrée libre.

  • Sabrina Bourgeois est candidate au scrutin 2026 à Mimet

    Sabrina Bourgeois est candidate au scrutin 2026 à Mimet

    Sabrina Bourgeois est novice en politique, bien qu’activement « engagée » sur la commune de Mimet, où elle est installée depuis une quinzaine d’années. Cette professeure de tennis à l’École internationale de Provence (IBS School) présente officiellement sa candidature aux élections municipales de 2026, à la tête d’un collectif citoyen, qu’elle anime depuis « plusieurs mois sur la commune ». « Depuis près d’un an avec ce collectif, on a des échanges, on est allés à la rencontre des habitants pour avoir leur ressenti sur diverses thématiques. Au fur et à mesure des rencontres, j’ai eu envie de redonner un nouveau Mimet, lui donner un nouveau mode de fonctionnement. On avait un sentiment de frustration, un sentiment qu’il manquait des choses sur la commune. On a envie de proposer un autre mouvement pour les habitants », déroule Sabrina Bourgeois, qui justifie son envie de se lancer en politique locale. Elle précise ne pas être encartée, bien que les membres du Collectif Citoyen et le mouvement qui l’anime « a une sensibilité de gauche ».

    Créer des « lieux de vie »

    À ce stade, la liste n’a pas non plus été déposée. « Je souhaite instaurer une politique démocratique et participative avec les habitants. On a certes un noyau de liste en tête, mais on voudrait l’étoffer en s’appuyant sur l’engagement des habitants, on la constituera petit à petit avec leur participation. Il en sera de même pour le programme », poursuit Sabrina Bourgeois, qui estime que la liste sera annoncée d’ici le mois de janvier. Pour le « plus haut village des Bouches-du-Rhône », c’est ainsi que Sabrina Bourgeois baptise sa commune, elle imagine un avenir « dynamique », à contrario du constat qu’elle fait de Mimet à ce jour. « Il y a plus de 4 200 habitants, mais le sentiment qu’ont les habitants, que nous ressentons nous même, c’est que Mimet est devenu un village dortoir. Les gens travaillent à l’extérieur (…) et malheureusement, ne reviennent que pour dormir. Il y a une frustration à ne pas avoir de lieu ou se rassembler », estime Sabrina Bourgeois. « Certains quartiers, en dehors du village, se sentent isolées. L’ambition qu’on se donne est de retrouver et redynamiser le village. On a beaucoup d’idées, on cherche encore le moyen de les mettre en action. » Quant aux stratégies et alliances, la question « ne s’est pas encore posée », non plus. Les projets du collectif s’affineront lors de réunions publiques et rencontres diverses, dont les dates devraient être communiquées « d’ici peu ». Le maire actuel de Mimet, Georges Cristiani (SE), n’a pas récemment fait de déclarations sur les élections municipales. Lors de ses vœux de nouvelle année, il avait néanmoins annoncé qu’il serait candidat.

  • Élections municipales : la probité, un argument de campagne ?

    Élections municipales : la probité, un argument de campagne ?

    Après avoir été montré du doigt dans les années 80 et 90 comme un territoire gangrené par les réseaux mafieux, le Var et ses personnalités politiques continuent aujourd’hui de défrayer la chronique judiciaire, même si c’est en se distinguant dans un tout autre registre. Des actes commis davantage sous l’empire d’un sentiment d’impunité. La quasi-hégémonie de la droite aux manettes pendant très longtemps a probablement contribué à favoriser ce type d’ivresse des sommets. Tout comme les liaisons dangereuses.

    Reste que ce département conserve obstinément ses mauvais penchants avec des élus de cette famille politique qui se relaient dans les tribunaux en payant un lourd tribut en terme de peines prononcées par la justice. Des premiers magistrats pris pour beaucoup la main dans le pot de confiture mais pas même conscients d’abuser de leurs prérogatives. Alors, malédiction ou système ? Est-ce que le clientélisme et les petits arrangements entre amis hérités d’une autre époque participent à faire vaciller leur propre vigilance démocratique ? Pour y répondre, on ne peut faire l’impasse sur tout ce qui se passait ici même il n’y a pas si longtemps.

    Ça ramène à l’époque du règne de celui qui se réclamait patron du Var dont la chute a été provoquée par l’assassinat de la députée du Var Yann Piat le 25 février 1994, à Hyères. L’ancien maire de Toulon puis président du conseil général Maurice Arreckx (UDF). Un homme affable qui enchaînait les bises et les poignées de main amicales le dimanche à Mayol. Le bon vieux Maurice, comme tout le monde l’appelait dans le Port du Levant, terminera son parcours d’homme public aux Baumettes, reconnu coupable de recel d’abus de confiance, et condamné à 2 ans de prison, 1 million de francs d’amende et 5 ans de privation des droits civiques en 1996. Mais ça faisait très longtemps que les Toulonnais connaissaient sa grande proximité avec le parrain de la côte varoise Jean-Louis Fargette (dit savonnette) qui a même occupé un bureau en mairie de Toulon lorsque Maurice était aux manettes. Plus tard il prendra presque légitiment sa dîme sur tous les marchés publics du Département.

    Un cataclysme qui va profiter à l’extrême droite qui prétend alors laver plus blanc que blanc. Un argument qui a fait long feu vu les affaires qui sont dévoilées. A Fréjus notamment, avec son maire et vice-président du RN David Rachline a comparu le 20 septembre devant le tribunal correctionnel de Draguignan pour prise illégale d’intérêt. Le parquet a requis une amende de 30 000 euros et une peine d’inéligibilité d’un an. La décision du tribunal sera rendue le 27 janvier à 8h45, soit deux mois avant les municipales. Il a également été mis en cause dans l’enquête réalisée par notre consœur de l’Obs Camille Vigogne Le Coat. Dans son livre elle met en avant des liquidités abondantes circulant autour du premier magistrat, un train de vie luxueux, et une grande proximité avec le milieu des affaires.

    Les mauvais penchants ont largement gagné l’extrême droite

    Le maire d’extrême droite de Cogolin Marc-Etienne Lansade a été, lui, condamné, entre autres, en appel au mois de juillet à une peine d’inéligibilité de 3 ans pour abus de faiblesse. Et a perdu aussitôt son mandat. Nous pourrions aussi parler du député de la 2e circonscription Frédéric Boccaletti condamné en 2000 à un an de prison dont six mois ferme pour « violence en réunion avec arme ».

    Mais la droite n’a pas pour autant abandonné au parti à la flamme cofondé par un SS sa place dans les prétoires. Avec des élus qui continuent de tomber comme des mouches même si les affaires ont beaucoup moins de panache que celles de leurs aînés. Des bêtises qui montrent en tout cas que le pouvoir obstrue quelque peu leur clairvoyance. On peut citer la condamnation à 15 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêt de Jean-Louis Masson, le président LR du conseil départemental du Var, le 7 novembre dernier pour laquelle il a jusqu’à ce lundi pour faire appel. Ou l’affaire du frigo d’Hubert Falco (DVD), du permis de construire de Nathalie Bicais (LR) tout deux respectivement maire de Toulon et La Seyne et démis de leur fonction en plein mandat. La seconde a fait appel de sa condamnation alors que le premier a épuisé tous ses recours. Mais aussi de Ferdinand Bernard (DVD), l’ancien maire de Sanary-sur-Mer, qui a vu sa peine d’inéligibilité de cinq ans confirmée en décembre 2024 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, reconnu coupable de détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et favoritisme pour emploi fictif.

    On pourrait continuer avec Élie Brun, l’ancien maire de Fréjus (alors UMP) condamné en 2014 à cinq ans de privation des droits civiques pour prise illégale d’intérêts, après avoir attribué une concession de plage à un proche. Puis en 2016 à 18 mois de prison avec sursis pour délivrance frauduleuse d’un permis de construire.

    De quoi pour les électeurs plaçant l’ordre en tête de leurs priorités de perdre leurs petits ? D’autant que le panorama dressé ici est très loin d’être exhaustif et de nouveaux dossiers pourraient venir ternir encore le tableau avant le mois de mars. Ici une nouvelle enquête pour prise illégale d’intérêt, là pour fraude électorale en bande organisée… Des investigations seraient en cours de source autorisée.

    Rappelons que la chute de Maurice Arreckx avait propulsé le FN aux manettes de la mairie de Toulon en 1995. Ce recours n’ayant produit nulle part les remèdes escomptés, les mêmes effets ne devraient logiquement pas produire les mêmes conséquences. Et pourtant l’incertitude reste de mise.

    De son côté, interrogé, le conseiller municipal de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF) propose une méthode pour se prémunir de la tentation : « Pour que le pouvoir ne corrompe pas, la solution ne peut être que dans la démocratie participative, le contrôle citoyen et la transparence ».

    En attendant, la question, encore une, est de savoir, qui va pouvoir utiliser sans sourciller la probité comme atout dans cette campagne électorale ? Pour certains ce serait plus qu’osé.

    À Marseille, la bataille Ravier

    Le 30 mars 2014, à une centaine de mètres du boulevard des Aygalades où le jeune Ibrahim Ali a été assassiné en 1995 par des colleurs d’affiche du Front national, Stéphane Ravier leur chef de file prend le pouvoir dans la mairie du 7e secteur. Le maire (PS) sortant, Garo Hovsepian, est arrivé en 3e position au 1er tour relégué par les affaires Guerini et Andrieux qui éclaboussent son camp, et les divisions d’une gauche représentée par cinq listes dont celles du Front de gauche et de Pape Diouf. Malgré le danger, « Garo » se maintient en triangulaire face à l’extrême droite et la droite représentée par Richard Miron arrivé 2e. Pari perdu. S’en suivront six années d’incurie et un mandat qui a laissé des traces. Ch. C.

  • Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Dans l’arrière-salle du Prolé, la soirée touchait à sa fin lorsque Vincent Bouget a pris la parole. Sans notes, le candidat de la gauche nîmoise a replacé le questionnaire citoyen dans une perspective plus large : « On ne transformera pas cette ville à quelques-uns. Si on veut la changer, il faut que les Nîmois se réapproprient leur vie, leur histoire, la politique, leur quartier ». Pour lui, l’objectif dépasse la collecte de réponses : il s’agit d’un processus de réappropriation démocratique. « Beaucoup de gens n’y croient plus, a-t-il reconnu. Ils ne pensent pas qu’on puisse faire autrement, ni qu’on puisse le faire ensemble. C’est ce doute qu’il faut combattre. » D’ici la restitution du 11 décembre, Bouget veut mobiliser « jusqu’au dernier jour » pour que chaque Nîmois puisse s’exprimer.

    « En face, les forces réactionnaires se mettent en marche »

    L’intervention a aussi pris des accents politiques plus combatifs. Le candidat de la gauche unie a dressé un constat clair : « L’extrême droite se met en ordre de marche, pendant que la droite court derrière elle » Face à cela, Bouget appelle à ne pas se démoraliser : « Oui, les forces adverses sont puissantes, mais notre réponse, c’est le travail de terrain. 160 points de contact en deux mois, des milliers de rencontres : c’est ça qui compte ». Il conclut sur une note d’humilité : même en cas de victoire, « rien ne sera facile ». Mais, dit-il, « notre force, ce sera cette réunion des habitants de tous les quartiers. Cette ville a des ressorts pour résister et reconstruire ensemble ».

  • [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    La Marseillaise : Qui rassemble la liste « Union pour Gap », conduite par Elie Cordier ?

    Sophie Delfino : C’est une liste qui regroupe des partis de gauche avec une large place pour une participation citoyenne, de telle sorte qu’au départ c’était une liste de partis mais qui est devenue une liste de Gapençais soutenue par le PS, le PCF, les Écologistes, Génération.s, Place publique, ainsi que des groupes d’opposition au conseil municipal dont fait partie Elie Cordier.

    Comment le programme de la liste « Union pour Gap » reflète-t-il cette participation citoyenne ?

    S.D. : Le programme est ancré à gauche, il laisse une large place aux questions sociales. Par exemple, la gratuité de toutes les activités pour les maternelles et les primaires. Mais les propositions ne descendent pas d’en haut, elles sont le résultat d’un travail collectif. Il y a une grosse dynamique de travail qui intègre des gens rencontrés lors des porte-à-porte et qui sont d’accord pour participer à l’élaboration du programme : 140 personnes ont participé à 12 commissions, à ce jour.

    De quelle manière se concrétise cette démarche ?

    S.D. : La commission qui a attiré le plus de participation et qui témoigne d’une grande préoccupation locale, c’est l’écologie. Il y avait 28 personnes à chaque réunion et énormément de propositions qui vont de la végétalisation des cours d’écoles jusqu’à la rénovation des logements publics en passant par le tri des déchets verts. Nous avons par ailleurs créé une commission « Sécurité et tranquillité » car nous avons constaté cette préoccupation importante lors des rencontres avec les habitants. De là, émergent des propositions telles que l’augmentation des effectifs de police municipale, un projet de lieu rassemblant police nationale et police municipale pour une meilleure coordination, des médiateurs pour éviter les incivilités. Beaucoup de mesures sont envisagées.

    Les rencontres, l’écoute et le dialogue nous permettent d’avancer des propositions. Ainsi pour l’implantation d’entreprise dans le bassin gapençais, un gros travail est en train de se faire avec des entrepreneurs de PME qui sont déjà en dialogue avec nous. Il faut favoriser l’implantation de start-up. De même, on est à l’écoute des gens qui travaillent dans la ville, sur le territoire. On a fait des réunions avec les syndicats d’employés municipaux, avec les représentants territoriaux, le CCAS aussi. Cela nous permet de comprendre la grande souffrance des employés municipaux aujourd’hui et d’envisager des aménagements positifs pour la ville et les employés.

    Pouvez-vous citer quelques points importants du programme ?

    S.D. : Nous envisageons de garder et d’améliorer ce qui fonctionne et d’autre part de répondre à des besoins par des créations. Tout d’abord, on a dit qu’on faisait un état des lieux de ce qui marche à Gap. Dans un premier temps, notons que Gap n’est pas une ville endettée. Nos propositions sont toutes budgétisées. On a des gens qui travaillent pour le chiffrage, un expert-comptable et autres professionnels, on sait combien ces réalisations vont coûter.

    Par exemple, nous allons créer une ferme municipale avec des produits bio pour la restauration scolaire et les établissements publics. Le chiffrage est fait, selon qu’il y aura des employés municipaux ou des producteurs locaux. Ce sont des chiffres différents. Autre exemple à Gap : il y a des transports gratuits depuis plus de 20 ans. C’était un combat gagné par des élus communistes d’opposition. C’est resté et ça fonctionne. Mais tout l’aménagement urbain n’a pas évolué. Par exemple, en centre-ville, rue Carnot, je ne sais pas où je suis : sur une piste cyclable, piétonne ? C’est dangereux, il y a des accidents. Nous avons donc un gros projet de réaménagement pour faire vivre ensemble, vélos, piétons et voitures. Avec des règles claires et connues. Nous voulons faciliter la mobilité. Améliorer l’existant, c’est par exemple favoriser le développement d’une pépinière d’entreprise qui actuellement vivote. Il n’y a pas assez de facilitation de la mairie sur les locaux pour l’implantation et le développement d’entreprises. C’est le volet d’emploi du bassin gapençais qui est en jeu. Le maire actuel est fâché avec tout le monde au niveau de la région, c’est un gros problème. Or il faut travailler avec toutes les instances régionales de manière plus active pour désenclaver, pour le tourisme, et l’implantation d’entreprises. À cet égard, un des enjeux des JO est le réaménagement routier et ferroviaire. La mairie, la communauté de communes et le département doivent travailler ensemble sinon on est perdant. Il faut penser au niveau intercommunal, les gens des communes environnantes viennent à Gap. Il faut travailler avec les autres communes, créer du dialogue, leur permettre d’avoir l’initiative au lieu de tout faire descendre de la ville de Gap.

    Y a-t-il des lignes directrices communes aux différents aspects du programme ?

    S.D. : Favoriser les rencontres et les échanges entre différents quartiers, entre différentes générations, c’est notre fil conducteur. Aujourd’hui à Gap, chacun reste dans son quartier. Donc on veut créer des moyens, des lieux, des événements, pour que les gens se rencontrent et créent du lien. Par exemple, dans la ferme municipale dont j’ai parlé, ce sera un lieu de rencontre. Ou encore, à la piscine : en faire à la fois, un lieu de compétition sportive officielle, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, mais aussi un lieu de loisir avec un restaurant, des espaces ombragés, pour les enfants, les jeunes et les familles où l’on puisse passer la journée. L’axe d’attaque du programme c’est que les gens puissent se rencontrer. Par exemple, il y a beaucoup de faits culturels mais on ne le sait pas. Il y a énormément d’associations culturelles mais on ne s’en rend pas compte. Chacun reste dans son coin. Ainsi les troupes de théâtre à Gap ne se connaissent pas entre elles. On pourrait créer un conservatoire de théâtre. Nous voulons créer une maison de la culture et des associations car il manque aussi beaucoup de petites salles.

    Nous sommes à 4 mois des municipales, pensez-vous que la liste « Union pour Gap » peut gagner ?

    S.D. : Oui, nous pensons que gagner est de l’ordre du possible. Tout d’abord, nous formons une alliance entre partis de gauches et écologistes avec des gens qui se connaissent et s’entendent bien. Même s’il peut y avoir des désaccords, on a une vision commune pour la ville et on travaille dans une ambiance cordiale. Ensuite, cette liste accorde une large place à une participation des habitants, à la citoyenneté. Il y a une dynamique, et nous sommes devenus une liste de Gapençais pour les Gapençais. Et ce n’est pas un slogan. Il y a en effet une forte sollicitation de la population pour l’élaboration du programme et si on est élu, on doit établir un fonctionnement où les gens auront un droit de regard et qu’on puisse s’appuyer sur un mouvement citoyen. Enfin, nous avons une tête de liste, Elie Cordier, qui arrive à fédérer tout le monde. Dans l’équipe de campagne, il y a tous les âges, différents milieux socioprofessionnels. C’est un atout considérable. Elie Cordier est à l’écoute, il est en phase avec les visées du programme et avec son esprit.

  • À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    Sans faire de bruit, Rognac, 12 335 habitants, cité dortoir et ouvrière par excellence, est passée, il y a un an, aux mains du Rassemblement national. Trente ans après ses succès à Marignane et Vitrolles, à quelques kilomètres de là, l’extrême droite est revenue aux manettes.

    Les municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, ont été un fiasco pour la liste de la maire (UDI) sortante, Sylvie Miceli-Houdais, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur.

    Réunissant 13,84% des votants, elle était arrivée en troisième position, loin derrière Willy Nicollet (DVD), son adjoint à la sécurité (34,65%), et Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête (38,24%) à l’issue d’une quadrangulaire mortifère. Un novice, débarqué au RN un an plus tôt qui a bénéficié de l’étiquette et du soutien affiché des ténors nationaux du parti d’extrême droite.

    Mais ce désaveu des citoyens est surtout le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendus public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024.

    Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacants durant deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

  • Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    « Nous gardons notre sérénité mais regrettons ce cavalier seul… » C’est en ces termes que commence le communiqué de Toulon en Commun, en rappelant que « la division de la gauche n’est jamais une bonne chose ». Et ce d’autant moins dans le Port du Levant où le danger de l’extrême droite est réel.

    La liste d’union des forces progressistes déplore donc ce choix, alors que « la dynamique autour de Magali Brunel est réelle et que les habitants disent leur souhait de changement ». Pour Toulon en Commun, il est clair que les priorités de LFI sont autres. Guidées par une décision nationale qui fait fi de l’urgence d’empêcher le RN de (re)prendre la ville.

    Pour la liste de rassemblement « les raisons avancées par LFI ne sont ni justes ni exactes », en rappelant que « la désignation de Magali Brunel comme tête de liste a été un exemple de démocratie auquel LFI, en quittant Toulon en Commun, n’a pas voulu participer ». Et sur « la supposée ligne rouge » qui serait son appartenance au PS, l’Assemblée citoyenne écologiste, sociale et solidaire montre que l’argument ne tient pas puisque à la Seyne, LFI se présente alors que la tête de liste n’est pas socialiste. Et de poursuivre : « Et c’est pareil dans beaucoup d’autres villes avec des maires sortants communistes ou EELV, ou encore des listes sans tête de liste PS. »

    Pas question pour autant de se laisser déstabiliser par ce type d’annonce. L’équipe qui travaille depuis 2019 en concertation pour bâtir un programme de changement basé sur la réalité toulonnaise va au contraire continuer d’aller de l’avant. « Comme nous avons su rassembler la gauche et ses diverses sensibilités, les écologistes et les régionalistes, nous annoncerons de nouveaux renforts dans les semaines à venir », conclut-elle d’ailleurs.