Tag: Municipales

  • Gilles Collomb, candidat dans les pas du maire sortant de Belcodène

    Gilles Collomb, candidat dans les pas du maire sortant de Belcodène

    « Je suis du terroir », revendique Gilles Collomb. Ce retraité de fraîche date -il a fait valoir ses droits à la retraite pour carrière longue cet été-, marié, trois enfants d’une famille recomposée, né en 1964, indique avoir « a grandi entre Gréasque et Belcodène ».

    Du côté de son père, les Collomb sont Belcodénois depuis le XVIIe siècle. Une grande partie des consuls de la commune sous l’Ancien Régime, puis des maires après la Révolution française, portaient d’ailleurs ce nom. Quant à son grand-père maternel, il était « communiste, Résistant et mineur », campe celui qui dit avoir « de l’empathie pour le social ». Gilles Collomb est toujours trésorier départemental du syndicat Unsa Bouches-du-Rhône et conseiller prud’homal depuis 2018.

    Maire de cette commune d’environ 2 000 habitants depuis 1995 et auparavant conseiller municipal depuis 1989, Patrick Pin a choisi de ne pas briguer un nouveau mandat. Il explique : « J’ai 69 ans. C’était le bon moment pour que je passe la main et pour qu’il y ait une suite logique à la politique menée jusqu’à présent à Belcodène. » Dans une lettre envoyée en août aux habitants du village, il écrit : « Mon ami et conseiller municipal Gilles Collomb, dont je loue l’intégrité et les compétences, conduira cette liste pour laquelle je vous demande une nouvelle fois votre confiance. »

    Sous le slogan « Poursuivons l’élan pour Belcodène », Gilles Collomb, dans une commune « qui attire beaucoup de jeunes cadres avec enfants », veut poursuivre une politique en faveur de la jeunesse, de l’école et des équipements sportifs. Il continuera notamment à préempter des maisons du village pour y créer des logements sociaux destinés aux jeunes couples ou personnes âgées souhaitant rester à Belcodène.

    Il sait déjà qu’il affrontera, pour ce scrutin, la cheffe de l’opposition, Claudia Cuordifede, qui avait obtenu 40% des voix aux municipales de 2020, contre 59% pour Patrick Pin.

  • Sébastien Delogu fait polémique en souhaitant « un racisé » à la tête de Saint-Denis

    Sébastien Delogu fait polémique en souhaitant « un racisé » à la tête de Saint-Denis

    Candidat aux municipales à Marseille, le député LFI Sébastien Delogu est allé à Saint-Denis et Pierrefitte, ce 17 décembre, pour apporter son soutien à la tête de liste insoumise allié au PCF, Bally Bagayoko.

    « Saint-Denis et Pierrefitte ont été des terres où beaucoup d’immigrés et racisés sont passés, et vous avez aujourd’hui une opportunité en or qu’enfin un racisé dirige ces deux villes et fasse en sorte que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ici », a-t-il lancé.

    De quoi susciter un tollé. « On en arrive à expliquer qu’il faudrait voter en fonction de la couleur de peau », s’est ainsi indignée la ministre des Outre Mer, Naïma Moutchou. « Je propose un autre concept très innovant pour représenter le peuple de France, racisé ou pas… Ca s’appelle la démocratie », ironisait à Marseille l’adjoint (GRS) au logement, Patrick Amico.

    L’occasion était trop belle pour l’extrême droite, qui a fait monter la polémique. Le député RN de Marignane Franck Allisio, candidat à la mairie de Marseille, est allé ce mardi 30 décembre jusqu’à adresser un courrier au procureur de la République pour signaler ces propos pour « provocation directe ou indirecte à la discrimination ou à la haine raciale ». Comme pour faire oublier les propos haineux tenus par son propre camp et les propositions discriminatoires du RN.

    Face à cette polémique, le candidat dyonisien est allé au secours de Sébastien Delogu, reprochant à ceux qui s’indignaient de « réduire sa pensée ». « Racisé rime aussi avec compétence, expérience », argumente l’ancien adjoint au maire de Saint-Denis. « Ce déficit de représentativité est une des raisons de la fracture entre le peuple et sa représentation politique », argumente de son côté le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard, s’alarmant du harcèlement raciste subit par de nombreux candidats. Et accusant la ministre des Outre Mer de « cotiser aux polémiques de la fachosphère ».

  • [Rétrospective politique 2025 2/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    [Rétrospective politique 2025 2/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    La campagne des municipales ne se lance que timidement

    C’est un travail souterrain de préparations, de négociations, qui au fil de l’année commence à émerger au grand jour. Après de premières annonces au moment des vœux de janvier à la population, les déclarations de candidatures se multiplient depuis la rentrée politique et le mois de septembre.

    Partout dans la région, l’extrême droite se sent pousser des ailes après la percée des dernières législatives, face à des maires pourtant bien installés. Dans les Bouches-du-Rhône, elle s’efforce de débaucher à droite et de briser le barrage républicain comme elle l’a fait à Marseille, où le député RN de Marignane Franck Allisio s’est déclaré à Marseille, le 16 juin. À Toulon, après la gestion désastreuse du FN, la députée à la prose pro-OAS Laure Lavalette qui croit en sa chance, face à une droite divisée après l’inéligibilité de Hubert Falco entre le sénateur LR Michel Bonnus et la maire (SE) Josée Massi qui n’a pas encore pris sa décision.

    Face à la menace de l’extrême droite, la gauche tente de présenter un front uni. Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche a annoncé un accord historique le 19 décembre, espérant poursuivre son travail comme à Martigues, Port-de-Bouc, ou reprendre d’autres villes comme Arles avec Nicolas Koukas (PCF), Aubagne avec Jean-Pierre Squillari (DVG), quand Marc Pena (PS) se relance à Aix. À Avignon, aucun candidat naturel ne se présente pour succéder à Cécile Helle.

    La plupart du temps, cette gauche unie doit composer sans les insoumis. C’est ainsi le cas à Marseille où le député Sébastien Delogu a rallié des dissidents écologistes. Mais dans un contexte national plus qu’incertain, la campagne prend difficilement, certains réservant leur candidature pour le mois de janvier, à l’image du maire (DVG) de la ville, Benoît Payan.

    1er septembre : début de la période de réserve pré-électorale

    1er septembre. Début de la périodede réserve pré-électoraleLes collectivités n’ont pas manqué de faire leur promotion dans leurs bulletins à la fin de l’été. Depuis le 1er septembre, la période de réserve pré-électorale est en effet ouverte, les dépenses de campagne devant être enregistrées, et les municipalités ont été nombreuses à verrouiller leurs réseaux sociaux par prudence. Sansque pour l’instant le début public ne s’installe encore vraiment.

    Y.S.

    31 mars : inéligibilité pour Marine Le Pen

    Marine Le Pen est condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et quatre ans de prison dont deux ferme avec bracelet électronique, et 100 000 euros d’amende, par le tribunal correctionnel de Paris.

    Les juges ont reconnu la mise en place d’un « système » organisé et centralisé, de 2004 à 2016 au parlement européen, pour dépenser de façon « intégrale » les enveloppes financières des assistants. Les détournements sont estimés entre 3,2 et 4,1 millions d’euros. La cheffe de l’extrême droite française et ses partisans voient rouge et dénoncent des pratiques « réservées aux régimes autoritaires » et un État « de droit totalement violé ». Le procès en appel est prévu du 13 janvier au 12 février 2026.

    Ch.C.

    Et aussi

    4 février. L’affaire Bétharram éclate

    Une affaire tentaculaire, révélée au grand public le 4 février par Mediapart qui va ébranler le passage de François Bayrou à Matignon. Durant six décennies, des violences physiques et sexuelles ont été perpétrées au collège-lycée catholique de Bétharram. Plus de 200 plaintes ont été déposées. Une commission d’enquête parlementaire créée en réaction note un « défaut d’action » de Bayrou quand il était ministre de l’Éducation. Plusieurs de ses enfants avaient été scolarisés à Bétharram et sa femme y enseignait le catéchisme.

    21 octobre. Sarkozy écroué

    Un président qui passe 20 jours en prison, c’est historique. Reconnu coupable d’association de malfaiteurs pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs rencontrer, à Tripoli, un dignitaire du régime de Mouammar Kadhafi dans le but de financer illégalement sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire. Un passage express en cellule dans des conditions particulièrement avantageuses.

    8 mai. 80 ans de la victoire

    La France a célébré le 8 mai les 80 ans de la victoire des forces alliées sur l’Allemagne nazie qui a capitulé sans conditions, entraînant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des célébrations se sont tenues dans tout le pays, parfois en présence des derniers survivants et témoins directs de cette terrible guerre. Un devoir de mémoire plus que jamais nécessaire à l’heure où les héritiers du fascisme sont au pouvoir, en Italie et en Hongrie, pour ne citer qu’eux.

    13 novembre. Les 10 ans des attentats

    La France a commémoré les attentats terroristes du 13 novembre 2015, où 130 personnes ont été tuées. Ces attaques visant le Stade de France à Saint-Denis, les terrasses de cafés et de restaurants parisiens et la salle de concert du Bataclan, ont été perpétrées par trois commandos islamistes et revendiquées par l’organisation terroriste Daesh (État islamique). Et ce, quelques mois après la série d’attentats de janvier 2015, dont celui contre Charlie Hebdo, qui ont fait 17 morts.

    9 octobre. Badinter panthéonisé

    Le grand avocat et ancien garde des Sceaux Robert Badinter, mort en février 2024, entre au Panthéon le 9 octobre. Cette date correspond à l’anniversaire de l’abolition de la peine de mort dont il est considéré comme le « père », entrée en vigueur en 1981. Le combat de toute une vie. Il a également œuvré à ce que l’homosexualité soit dépénalisée en 1982.

    L.Pi.

  • Face au RN, Jean-Firmin Bardisa affiche ses colistiers au Pontet

    Face au RN, Jean-Firmin Bardisa affiche ses colistiers au Pontet

    Et si Le Pontet était perdu par l’extrême droite ? La commune centenaire voisine d’Avignon pourrait être gagnée par Jean-Firmin Bardisa. L’actuel élu d’opposition, classé initialement DVD, mène depuis plusieurs mois la construction d’une large liste républicaine, allant du PCF à l’UDI. Une condition sine qua none pour espérer faire chuter Joris Hébrard, maire RN briguant un 3e mandat. D’autant que l’édile aura face à lui son 1er adjoint, Patrick Suisse, qui conduira une liste également.

    Il y a deux semaines, devant l’Hôtel de ville, Jean-Firmin Bardisa a présenté sa première affiche de campagne de la liste, « Le Pontet c’est vous », mais aussi plusieurs colistiers : Christophe Roux, candidat UDI en 2020, Michel et Graziella Lovera (PCF), Simone Guys, Aïssetta Samba, Vincent Montagard ou André Beraha. « Cette présentation marque une étape forte du lancement de la liste, symbole d’un travail collectif et d’une ambition claire : permettre aux Pontétiens de se réapproprier leur ville en lui redonnant un nouveau souffle citoyen », souligne Jean-Firmin Bardisa. Le groupe entame désormais une série de rencontres afin de présenter son projet. Un apéritif citoyen aura lieu le vendredi 23 janvier, à partir de 18h, à la salle Saint-Louis, rue des Épées.

  • La liste Saint-Cyr à gauche donne le tempo pour une ville plus solidaire

    La liste Saint-Cyr à gauche donne le tempo pour une ville plus solidaire

    « La liste “Saint-Cyr a gauche, vers une ville juste et solidaire” s’était fixée d’avoir une liste et un programme avant Noël , c’est fait », se félicite Sylvie Vinceneux (PCF), à qui revient la responsabilité de conduire en première ligne la bataille des municipales dans cette petite ville de l’ouest Var, marquée par des décennies de gestion de droite.

    « Aujourd’hui, on a nos 33 membres, dont un petit quart seulement appartient à des partis politiques. Les autres, ce sont des citoyens vraiment à l’aise avec les valeurs de la gauche, qui sont pour des politiques publiques plus importantes, une démocratie renouvelée et des mesures en faveur de l’écologie », souligne la chef de file en dévoilant uniquement le numéro 2, Dominique Olivier (PS), actuellement conseiller municipal d’opposition.

    Concernant les mesures phares du programme, Sylvie Vinceneux cite en priorité celui du logement, dans une ville qui a la particularité de concentrer sur son parc immobilier 47% de résidences secondaires, et un déficit en production de logements sociaux, avec un taux de 9%, contre les 25% prévus par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain).

    La liste Saint-Cyr à gauche propose donc la mise en place d’une taxe sur les résidences secondaires, déjà adoptée par la plupart des communes littorales. Et de travailler sur l’acquisition et l’amélioration de l’habitat ancien en centre-ville, pour le réhabiliter et le remettre aux normes du logement social. Des petits programmes de construction sont également envisagés.

    Donner du pouvoir d’achat

    Un effort important serait par ailleurs consacré à la rénovation énergétiques des bâtiments administratifs, ainsi qu’aux aides dédiées aux particuliers, afin d’améliorer les performances de logements dont beaucoup pourraient être qualifiés de passoires thermiques.

    L’autre point essentiel que l’équipe souhaite mettre en avant concerne la santé, dans une commune où la population est l’une des plus âgées et où le nombre de médecins généralistes par habitant est inférieur à la moyenne départementale. Parmi les praticiens encore en activité, 40% devraient partir à la retraite dans les deux ans.

    D’où la nécessité, insiste Sylvie Vinceneux, d’implanter un centre de santé ouvert 7 jours sur 7, avec des permanences en soirée. Elle ajoute : « C’est quelque chose que l’on veut construire aussi avec les professionnels de santé. »

    Concernant la future gare de Saint-Cyr, qui deviendra le terminus du futur RER toulonnais, la gauche – qui avait milité pour un autre site proche de la sortie de l’autoroute afin de permette de faire un pôle multimodal – insiste aujourd’hui, vu l’avancée du dossier, sur la nécessité de concevoir sur l’emplacement retenu des accès et un stationnement adaptés, ainsi qu’une liaison avec des lignes de bus et des navettes intra-muros. « Aujourd’hui, il n’y a aucun transport en commun pour se déplacer en ville », dénoncent les progressistes.

    La vie économique de la cité est également pris en compte dans ce programme alternatif, avec notamment le renforcement des animations commerciales afin de soutenir l’activité tout au long de l’année et non pas uniquement pendant la saison estivale.

    Une zone d’agriculture protégée (ZAP) est également à l’étude pour développer ce secteur plus largement que la viticulture, déjà très implantée.

    « On souhaite vraiment montrer que la commune est l’échelon le plus près des citoyens, qu’une ville peut être protectrice, peut donner du pouvoir d’achat aux familles », conclut Sylvie Vinceneux. C’est le message qui sera porté lors des rencontres sur le marché tout au long de la campagne.

  • [Entretien] Éric Remen : « On veut créer une régie municipale de la forêt »

    [Entretien] Éric Remen : « On veut créer une régie municipale de la forêt »

    Cet homme de gauche âgé de de 62 ans, installé à Cuges-les-Pins, près de 6 000 habitants, sera en lice notamment face au maire Bernard Destrost (DVD), qui brigue un 3e mandat.

    La Marseillaise : Pourquoi êtes-vous candidat ?

    Éric Remen : On a monté une liste qui regroupe essentiellement des gens qui s’investissent déjà dans le village. Nos deux priorités étaient d’avoir des gens qui faisaient un peu abstraction de la notion de parti politique et qui avaient vraiment envie de changer les choses. On a désigné la tête de liste de façon démocratique. Moi, je suis plutôt, on va dire, un humaniste internationaliste.

    Quel bilan dressez-vous de l’action du maire de Cuges ?

    E.R. : Je ne veux pas trop entrer dans ce débat-là.

    Quels sont les grands axes
    de votre campagne?

    E.R. : Notre grande priorité, ce sera de développer ce que la nature nous a offert. Cuges-les-Pins est en grande partie couverte par de la forêt et des terrains non constructibles, grâce d’ailleurs à la préfecture, puisqu’on a une zone agricole protégée à laquelle on ne peut pas toucher. On veut développer l’agriculture et la sylviculture. On va proposer aux agriculteurs et aux propriétaires de forêts et de bois un véritable partenariat. Et c’est pour ça que, dans notre document, on parle de régie municipale ou de coopérative municipale. Sur un autre sujet, on veut également avoir un centre-ville qui ressemble à un centre-ville.

    C’est-à-dire ?

    E.R. : Aujourd’hui, on n’a pas de réel centre-ville, ni de centre de vie d’ailleurs. Mais on a la chance d’avoir une ancienne école qui est plus ou moins désaffectée. Notre idée est d’y organiser le marché le samedi matin et d’en faire un moment festif. Il y aura un bar éphémère en collaboration avec les deux bars du village. On veut mettre à disposition un local pour les producteurs cugeois et que la mairie prenne en charge le loyer. L’idée serait aussi d’installer dans cette ex-école les associations. On voudrait créer un lieu pour les jeunes. Et un logement d’accueil temporaire pour les cas les plus compliqués. Aujourd’hui, il y a quand même des gens qui dorment dans leur voiture dans la plaine de Cuges. C’est inacceptable. Le logement est très cher dans le village. Et on a un manque réel de logement social.

    En construirez-vous ?

    E.R. : On n’a pas le choix, parce qu’aujourd’hui, la commune paye une amende de plus de 200 000 euros pour carence. Mais il faut commencer par les bases. La municipalité a créé du logement, pas seulement social, mais pas les infrastructures qui vont avec. Il y a aujourd’hui une carence en transports et en infrastructures sportives notamment.

  • Municipales à Port-de-Bouc : Laurent Belsola construit son programme avec les habitants

    Municipales à Port-de-Bouc : Laurent Belsola construit son programme avec les habitants

    À Port-de-Bouc, la concertation est une tradition. Depuis près de 25 ans, mandature après mandature, les élus rencontrent les Port-de-Boucains et les Port-de-Boucaines dans leur quartier, au plus près de la réalité du quotidien. Diagnostic en marchant, échanges citoyens… Pour relever les problématiques des habitants, les formats ne manquent pas. Alors, pour construire son programme 2026-2032, c’est tout naturellement que Laurent Belsola a décidé de se tourner vers la population. Deux ateliers sont organisés les 8 et 22 janvier dans la salle Youri-Gagarine. Le premier aura pour thématique « Santé et protection de l’environnement ». Le second portera sur les services publics.

    « On a envie, sur ces thèmes qui touchent notre quotidien, d’écouter les citoyens, d’entendre leur parole, leurs pistes de solutions, explique le maire sortant. On a des idées, mais on a besoin d’approfondir avec eux. »

    « La ville va changer

    de visage »

    Certaines orientations sont à dessiner dans le détail avec la population, mais d’autres grands projets rythmeront le prochain mandat, quel que soit le résultat des élections municipales. « On a des chantiers d’envergure qui arrivent, comme le programme de renouvellement urbain qui va vraiment s’amplifier dans les prochaines années », rappelle Laurent Belsola. Les premières démolitions, à La Lèque, auront lieu au premier semestre 2026. « La place va être refaite », affirme-t-il. Les Aigues-Douces et Tassy suivront. Le nouveau collège Paul-Eluard sera construit dans le nord de la ville.

    Sans compter le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc, qui devrait être réalisé d’ici 2030. Une fois la RN568 requalifiée en boulevard urbain, « il faudra qu’on redessine les circulations et les avenues pour recoudre la commune », s’enthousiasme le maire, un projet qui « prendra beaucoup de temps ».

    Une liste issue de

    la majorité actuelle

    « La ville va complètement changer de visage tout en gardant son identité : on souhaite amplifier la culture, notamment avec les arts de rue, rénover nos installations sportives… », détaille Laurent Belsola, qui souhaite incarner une continuité avec la précédente mandature. « Il faut concrétiser et poursuivre », résume-t-il.

    Pour ce faire, il compte s’appuyer sur une liste largement issue de son actuelle majorité, qu’il révèlera le 12 février lors d’un meeting. « Un quart de l’équipe sera renouvelée », schématise-t-il. Les grands projets imaginés pour les six prochaines années seront dévoilés à la population le même jour.

    Alors que la menace du RN grandit, incarnée localement par le conseiller municipal d’opposition Pascal Spanu, candidat soutenu par le RPR, Laurent Belsola veut « garder nos valeurs de vivre-ensemble, d’humanisme, notre tradition de multiculturalisme. On essaye d’aider le maximum de personnes. Ce qui nous unit, c’est notre projet politique. On doit tous se retrouver dedans, quelle que soit notre opinion, notre confession ou notre classe sociale ».

    L’édile, candidat à sa succession, analyse : « En tant de crise, il y a du repli sur soi, et le repli sur soi profite toujours à l’extrême droite. » À lui désormais de « garder le cap », en tant, il l’espère, que capitaine du navire.

  • Municipales à Avignon : Place publique se rapproche de David Fournier

    Municipales à Avignon : Place publique se rapproche de David Fournier

    « Je vais voter pour vous ». En ce lundi matin, un homme pousse la porte du local de campagne de Benoît Belvalette, tête de liste Place publique pour les municipales. Le candidat le remercie sans oser lui dire qu’il ne sera pas le futur maire d’Avignon.

    Car si Benoît Belvalette a convié la presse entre deux réveillons, c’est pour annoncer « entrer en négociations avec le PS » en vue du scrutin des 15 et 22l mars. En l’occurrence, la future liste conduite par David Fournier, qui a déjà reçu l’appui des Écologistes, de l’Après, du parti animaliste ou de l’ex-insoumis Farid Faryssy. Contacté, David Fournier confirme être « en discussions avancées » avec Benoît Belvalette, ayant bon espoir de donner rendez-vous « la semaine prochaine » pour officialiser cette union. Les deux hommes, qui discutent régulièrement déjà depuis plusieurs mois, devaient se voir ce lundi après-midi et mardi.

    Voir Place publique se rapprocher du PS, « dans une dynamique d’union et pas un ralliement de façade », n’a rien de surprenant. Dès son entrée en campagne en septembre, Benoît Belvalette appelait à « une alliance du bloc de gauche ». À deux mois et demi du premier tour, la possible entente avec David Fournier a été précipitée par la parution dans La Provence, il y a dix jours, d’un sondage créditant Benoît Belvalette de 2% quand David Fournier est à 18%, très loin devant tous les autres concurrents à gauche. Concédant un « coup dur » à la découverte du sondage, car « depuis plus d’un an, on a acquis une légitimité en travaillant sur un programme détaillé dans une approche globale qu’on ne retrouve pas à gauche », Benoît Belvalette a réuni la semaine dernière son équipe, qui a acté ce choix. « Ce n’est pas de la tambouille d’arrière-cuisine, mais une main tendue formidable, justifie Thierry Brochot, délégué général de Place publique. Il y a aussi un principe de responsabilité à soutenir des mairies sortantes et maintenir un maximum de villes à gauche. »

    LFI en ligne rouge

    « Continuer à avancer seul mettrait en péril la possibilité de garder Avignon à gauche alors que le risque RN est très fort », embraye Benoît Belvalette, qui espère que cet accord, s’il aboutit, donne l’exemple à Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) ou le collectif Avenir citoyen de Zinèbe Haddaoui (dis. PS), Génération.s et du PCF. « On permet d’élargir le socle électoral à gauche et servir de trait d’union », projette Benoît Belvalette. Celui-ci a quelques garde-fous à poser dans les échanges avec David Fournier, comme des mesures « pour la jeunesse qui doit être au cœur du projet », une liste renouvelée aux deux tiers, 4 à 5 postes éligibles ou « pas d’accord avec LFI ». « La présence de Farid Faryssy nous a fortement questionné, mais en tant que parti responsable, on ne peut pas rester bloqué sur son cas », justifie Benoît Belvalette.

  • Le centre-ville pour enjeu de la campagne des municipales à Martigues

    Le centre-ville pour enjeu de la campagne des municipales à Martigues

    Il y a comme a un air d’entre-deux-tours en ce dimanche d’entre-deux-fêtes. À la traditionnelle table du PCF sur le marché de Jonquières, La Marseillaise du week-end est disposée pour la vente solidaire habituelle. Les embrassades s’échangent tout comme les chocolats, offerts par une militante. Mais les retrouvailles fraternelles laissent rapidement place à la politique.

    Car les communistes de Martigues sont à pied d’œuvre pour défendre la politique de leur maire-candidat Gaby Charroux au regard du commerce et plus largement du centre-ville. Leur tract du jour fait état d’une « multi-crise » du commerce de proximité : « baisse du pouvoir d’achat des ménages, concurrence des zones commerciales, explosion du commerce en ligne ».

    Cette habitante du quartier de l’Île l’a remarqué. « Le centre-ville et l’Île sont très bien, mais le commerce périclite. Beaucoup ont tiré le rideau rue Lamartine, ça fait peur », estime Claude Brémond. Mais l’enseignante retraitée nuance car « il n’y a pas qu’à Martigues, à Noël on était à Castelnaudary c’était pareil ». Sur l’argumentaire de la majorité, la Martégale depuis 1989 lit entre autres que « la municipalité a acheté 12 locaux commerciaux en centre-ville pour installer des artisans d’art », dans des locaux rénovés car récupérés « souvent en état désastreux ».

    Une Ville « locomotive »

    du commerce

    Claude Brémond approuve la démarche, avec réserve : « Est-ce que les artisans arrivent à vivre ? » après action de la Ville. Questionnée, l’élue de l’Île Marceline Zéphir (PCF), présente, indique que « c’est une des raisons pour lesquelles nous avions à cœur de déplacer l’office de tourisme au centre », sur l’Île. Saoussen Boussahel (PS) abonde : « Office de tourisme… et des loisirs ! Ça ne sert pas que pour les touristes et de nombreuses activités gratuites sont organisées. »

    Pierre Delareux, arrivé de Marseille depuis trois semaines, parle de « bonnes idées ». Mais l’ingénieur prévient : « Attention à la gentrification et à la désertification », prenant le quartier du Panier en exemple, dans lequel « on se balade mais on ne vit pas ». « À l’Île, on a des restaurants et un marchand de glace. Il faut les garder », estime-t-il. Le néo martégal souligne pour ce faire « les nombreuses activités et fêtes qui rendent le centre-ville vivant ». Les jeux en bois et gonflables pour enfants disposés dans le centre ces jours-ci en sont un exemple. Pour Marceline Zéphir, la Ville doit d’être « la locomotive » des commerces, qui attirent des clients pour eux et pour les autres. Le tract qu’elle distribue indique 4 000 places de parking gratuites, que le nombre de locaux vacants est « stable » depuis 2015 pendant que « 150 commerces ont ouvert depuis le début du mandat ».

    La mise en place d’un guichet unique pour l’installation des commerçants est l’une des propositions de la majorité pour le prochain.

  • Le mouvement Marseille Populaire s’active

    Le mouvement Marseille Populaire s’active

    « Nous sommes là où le politique passe sans s’arrêter. » Devant plusieurs dizaines de personnes réunies à la salle Magallon dans le 15e arrondissement de Marseille, ce dimanche, Farid Soilihi, président de Marseille Populaire, vient délivrer un message à quelques mois des élections municipales : « Personne ne parlera pour nous ! ». Un tour de chauffe, alors que ce mouvement qui « s’est construit quartier par quartier » prépare un meeting le 11 janvier prochain au Parc Chanot. « Le Rassemblement national progresse, l’abstention est une norme. Si nous restons passifs, si les mêmes logiques perdurent, nous serons responsables de ce basculement », martèle l’ancien candidat aux législatives de 2012 et condamné pour fausses accusations à l’encontre de l’ex-député socialiste Patrick Mennucci.

    « Au-delà des partis »

    Sophia Bouchoucha, membre du mouvement, insiste sur l’aspect « au-delà des partis politiques » de Marseille Populaire, lesquels sont jugés « hermétiques ». Elle prend l’exemple de la France Insoumise : « Certains ont pu avoir l’impression que c’était le parti du peuple mais ceux qui sont avec Sébastien Delogu pour ces élections ne viennent quasiment tous que de LFI. » À l’inverse, son mouvement joue la carte « des citoyens lambda d’horizons différents qui s’unissent pour Marseille » sur fond de « défense des quartiers ». Les membres mettent d’ailleurs en avant les communautés dont ils sont issus (comoriennes, ivoiriennes, asiatiques etc.) afin qu’elles soient « mieux représentées ».

    Concrètement, le mouvement ne se positionne pas encore clairement sur sa présence via une liste aux élections municipales ou par secteur. Notons enfin la présence de Sami Benfers (GRS), actuel conseiller municipal délégué aux taxis à la mairie de Marseille.