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  • Près de 1000 associations font leur rentrée à Montpellier

    Près de 1000 associations font leur rentrée à Montpellier

    C’est un rendez-vous de rentrée incontournable pour de nombreux Montpelliérains. Dimanche 6 septembre, le quartier Antigone se transformera, comme chaque année, en une immense vitrine citoyenne pour accompagner les habitants dans le choix de leurs activités annuelles.

    De la place du Nombre-d’Or à l’Esplanade de l’Europe, chacun pourra déambuler gratuitement dans « ce qui est sans doute la plus grosse foire aux associations de France », estime Sébastien Cote, premier adjoint à la Ville de Montpellier en charge du service vie associative. De 9h30 à 17h30, près de 1 000 associations locales, classées par thématiques (culture, sport, environnement, solidarité…) tiendront des stands et proposeront des démonstrations gratuites à destination du public.

    Un moment qui revêt une importance particulière dans un contexte de baisse globale des subventions « de la part de l’État comme de certaines collectivités », observe Sébastien Cote. La Ville de Montpellier, elle, « a fait le choix de sanctuariser les aides aux associations, c’est-à-dire de les maintenir. Et dans un certain nombre de cas, nous essayons de venir au soutien d’associations en difficulté, soit par le biais de subventions, soit via la mise à disposition de locaux associatifs », détaille l’élu. C’est le cas, par exemple, du Planning familial de l’Hérault, dont l’activité est menacée par les coupes budgétaires émanant de son principal financeur, l’État. « La Ville va faire un effort en faisant une dotation exceptionnelle, qui devrait être votée lors du conseil municipal du mois d’octobre. Cette aide ne permettra pas de résorber le déficit, ça nous n’en sommes pas capables, mais elle participera à aider cette association. »

    Augmentation des demandes de subventions

    En charge du service vie associative de la Ville de Montpellier, Sébastien Cote observe « très nettement une augmentation, cette année, du nombre de demandes de subventions pour des associations que nous ne connaissions pas ». Très fragilisé, ce secteur est pourtant « fondamental dans la fabrication et le développement du lien social. Évidemment il y a l’action publique, mais il faut aussi pouvoir s’appuyer sur la vie associative, qui permet de faire vivre un certain nombre d’actions qui autrement n’existeraient pas. Ce sont des énergies dans des territoires, dans des quartiers. Ce sont des emplois, des bénévoles. C’est une donnée fondamentale de la vie à Montpellier », insiste l’élu.

    Si l’Antigone des associations est bien sûr « un outil de communication mis à la disposition des associations » pour valoriser leur action, faire des démonstrations, rechercher de nouveaux adhérents, « c’est aussi une journée faite pour leur permettre de trouver des bénévoles, de se rencontrer, de créer des synergies », précise Sébastien Cote. À noter, cette année, un nouveau stand créé en partenariat avec l’État permettant aux associations de s’informer sur leurs besoins d’accompagnement, d’ordre juridique ou administratif. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider le tissu associatif local. On peut pallier, parfois, quelques problèmes, mais la Ville ou la Métropole ne peuvent pas compenser les baisses de subventions de tous les autres partenaires », précise l’élu, qui « appelle l’ensemble de ceux qui aident les associations à poursuivre leur effort et bien sûr les Montpelliérains à venir nombreux à l’Antigone des associations pour adhérer ».

    * De 9h30 à 17h30, quartier Antigone (place du Nombre d’Or, place de Thessalie, place de l’Europe) à Montpellier.
    Entrée libre et gratuite.

  • Clap de fin pour le marathon caritatif Zevent

    Clap de fin pour le marathon caritatif Zevent

    « Ce n’est pas une décision qui a été prise à la légère », confie le streameur montpelliérain ZeratoR, alias Adrien Nougaret, co-créateur avec son bras droit Alexandre Dachary de ce concept qui réunit en moyenne entre 500 000 et un million de spectateurs en ligne. Selon eux, 55 millions d’euros ont été récoltés depuis le lancement de cette opération en 2016, initialement sous le nom de Projet Avengers. « On s’arrête parce qu’on a l’impression que l’événement a atteint son apogée sous cette forme », et « on a l’impression d’en avoir un peu fait le tour », confient les organisateurs.

    Pour ce dernier grand raout, ils ont voulu « pousser tous les curseurs à fond » : près de 9 000 spectateurs étaient attendus dans la soirée du jeudi 3 à l’Arena Sud de France à Montpellier pour le concert d’ouverture, avec les rappeurs Bigflo & Oli, Yamê et Gazo en tête d’affiche. À partir de vendredi 4 à 18h et jusqu’à dimanche 6 au soir, près de 90 streameurs animeront l’événement sur place à Montpellier, soit presque le double de l’an dernier. Ils seront rejoints en ligne par plus de 200 streameurs, mobilisés au profit de 22 associations, dont la Ligue contre le cancer, Action contre la faim et Amnesty International. Les associations participent au financement de l’événement à hauteur de quelques dizaines de milliers d’euros et en retirent ensuite «entre sept et quinze fois» leur mise, selon les années, explique l’organisateur.

    Depuis 2022, tous les dons récoltés sont centralisés par la Fondation de France, qui se charge ensuite de les redistribuer. Les fonds ont par exemple permis de financer le fonctionnement d’un hôpital en Centrafrique et l’achat d’un nouveau bateau pour l’association Sea Shepherd. Pour cet ultime tour de piste, le streameur s’attend déjà à un nouveau record de dons, et rêve d’atteindre les 20 millions d’euros. Avec la fin du Zevent, c’est une page de l’internet français qui se tourne.

  • [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

    Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

    Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

    A.F. : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40% d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

    Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

    A.F. : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

    Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

    A.F. : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20% des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10% d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30%. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

    C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

    A.F. : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

    Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

    A.F. : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

    Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

    A.F. : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

    ET AUSSI

    Partenariat polémique à l’UM

    Du côté de l’Université de Montpellier, le partenariat signé le 11 juin entre l’UM et Total Énergies fait polémique. Dès septembre, le groupe pétrolier doit prendre en charge les coûts pédagogiques et des visites de sites industriels de 80 étudiants du Master Énergie (62h30 de cours par des salariés et retraités de la multinationale).

    Au-delà des pratiques de greenwashing reprochées à Total Énergies, les syndicats enseignants et étudiants dénoncent une « immixtion du secteur privé dans le service public », craignant « un contrôle de fait sur les contenus pédagogiques et l’évaluation des étudiants ». Des actions de blocage avaient été menées suite à l’annonce de l’accord.

    R.C.

  • La pauvreté s’installe chez les étudiants

    La pauvreté s’installe chez les étudiants

    Suzanne Nijdam, présidente de la première organisation étudiante, la Fage, dresse un sombre tableau : « En 2020, en plein Covid, tout le monde criait à l’horreur sur la précarité et qu’il fallait agir étudiant en urgence. Depuis, les aides sociales ont été détricotées ». La rentrée 2026 coûtera en moyenne 3 240 euros pour un étudiant non-boursier en licence, soit une hausse de 655 euros par rapport à 2020, selon l’enquête annuelle de la Fage, rendue publique début septembre.

    Dans le détail, les frais de vie courante atteignent 1 145 euros par mois. Le logement en représente à lui seul plus de la moitié, avec un coût moyen de 637 euros, devant l’alimentation à 181 euros, hors restauration universitaire, estimé à 20 euros. Les dépenses de transport représentent en moyenne 152 euros par mois. À cela s’ajoutent 52 euros consacrés aux loisirs, un poste de dépense souvent considéré comme secondaire mais que l’organisation juge pourtant essentiel. « Cela a un impact énorme sur la santé mentale », estime Suzanne Nijdam.

    Les frais spécifiques de rentrée s’élèvent quant à eux à 2 095 euros. Ils comprennent notamment les frais d’agence immobilière (326 euros), le dépôt de garantie (637 euros) pour la localisation d’un logement et l’achat de matériel pédagogique, comme des manuels par exemple (502 euros). Ce dernier poste est particulièrement prononcé par la Fage, qui le qualifie de « frais illégaux ». Et la Fage de préciser : « Derrière cette augmentation, ce sont des étudiants qui travaillent davantage pour financer leurs études, renoncent à des dépenses essentielles, limitent toujours plus leur alimentation ou repoussent des soins. Cette précarité n’est pas une fatalité, elle est le résultat de choix politiques. »

    Car face à cette hausse continue du coût de la vie, « les réponses apportées restent largement insuffisantes. Nous refusons que les étudiants soient contraints de s’adapter indéfiniment à l’augmentation des prix pendant que les droits étudiants sont fragilisés d’année en année » déclare la Fage. L’organisation réclame ainsi une prise en charge par l’État des frais complémentaires.

    Elle s’alarme également de la situation des étudiants extra-communautaires, jugés « en première ligne face à cette précarité » avec la suppression des APL et la généralisation des frais d’inscription différenciés. Leur coût de rentrée atteint désormais 7 023 euros. Depuis cette rentrée, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne doivent désormais s’acquitter de 2 895 euros de droits d’inscription en licence et de 3 941 euros en master. Deux « coups de masse », selon la Fage, qui réclament la suppression de ces mesures, ainsi que l’indexation et la revalorisation des bourses étudiantes prévues dans une proposition de loi adoptée en première lecture en juin et la pérennisation de l’encadrement des loyers. Même constat à l’Unef, second syndicat étudiant. Cette hausse continue s’inscrit dans une trajectoire de long terme qui ne laisse plus aucun doute : « la précarité n’est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé ». Cette rentrée résume à elle seule 10 années de macronisme.

  • À Montpellier, Luttopia poursuit la collecte de fonds pour son futur projet

    À Montpellier, Luttopia poursuit la collecte de fonds pour son futur projet

    En proie à de grosses difficultés financières qui l’ont poussée à interrompre ses actions d’accueil de jour (fin avril) et de maraude (fin juin), Luttopia a décidé de jeter les forces qui lui restent dans la construction d’un nouveau projet qui s’ancrerait, celui-là, dans la durée.

    En effet, la maison de l’avenue de Toulouse mise à disposition par la Ville depuis 2022 dans le cadre d’une convention d’occupation d’habitat intercalaire fait l’objet d’un projet d’urbanisme qui nécessite que l’association quitte rapidement les lieux. « La mairie a prolongé de 3 mois, jusqu’au 31 décembre, notre convention d’occupation pour avoir le temps de travailler, ensemble, à la recherche d’un nouveau lieu. Cette fois on part plutôt sur du temps long, dans la perspective de déménager dans un lieu pérenne, avec une situation d’occupation qui se rapprocherait fortement de l’accès à la propriété », explique la directrice de Luttopia, Gwen Lasne. Cela permettrait à l’association d’être officiellement labellisée « accueil de jour » et de décrocher les subventions qui l’accompagnent, ce dont la privait son statut actuel dans l’habitat intercalaire. « Avec un nouveau lieu pérenne qu’on mettrait aux normes ERP (établissement recevant du public) et PMR (personnes à mobilité réduite), on pourrait prétendre à ces agréments qui permettraient d’asseoir nos principes d’action et de multiplier nos sources de financement. »

    « Un gros élan

    de solidarité »

    Pour assurer son avenir, l’association a lancé, dès la mi-avril, une collecte en ligne* qui a récolté plus de 20 000 euros versés par 262 contributeurs. Des soirées de soutien, baptisées « Nuit de l’utopie », sont également organisées, depuis cet été, dans les locaux de l’association, 88 bis, avenue de Toulouse. La première, le 1er août, fut un succès. La seconde a lieu ce 4 septembre, de 18h à minuit (prix libre conseillé : 5 euros). Au programme : musique (jam, open mic), expositions, friperie, tombola, buvette… « Il y a un gros élan de solidarité », se félicite Gwen Lasne.

    Toutefois, souligne-t-elle, la société civile, seule, ne permettra pas de lever les fonds suffisants au futur projet de Luttopia dans un contexte de désengagement de plus en plus grand de l’État vis-à-vis des associations menant, notamment, des missions sociales. « Il faut réfléchir à d’autres modèles. Pour porter ce genre de projet, on va donc devoir également trouver des mécènes, des gros financeurs privés, entreprises ou fondations, qui, eux, pourraient s’engager à des niveaux un peu différents puisqu’on serait sur un budget prévisionnel à plus de 200 000 euros si on veut faire les choses correctement. » Ce nouveau projet aurait toutes les fonctionnalités d’un accueil de jour : hygiène corporelle, hygiène du linge, repas, café, permanences sociales, occupationnel, vestiboutique… « Mais ce serait également l’équivalent d’un tiers lieu, c’est-à-dire un endroit où tout le monde pourrait venir se poser autour d’un café. On pourrait aussi avoir des espaces interassociatifs pour permettre des réunions, des ateliers, et même imaginer la création d’une véritable activité économique pour Luttopia, avec des ateliers d’artistes par exemple, ou du réemploi », liste la directrice de l’association.

    Lorsqu’il a dû fermer fin avril, l’accueil de jour de Luttopia n’avait jamais été aussi fréquenté. « À raison de 2 jours par semaine, on est passé du simple au double : en 2022-2023 on recevait autour de 15-20 personnes par jour, en 2024 on est monté à une trentaine et de fin 2025 à la fermeture fin avril 2026, on est passé à une moyenne de 48-50 personnes par jour. Les chiffres explosent, ça devient dramatique et ça va aller en s’aggravant, puisqu’il va y avoir des restrictions budgétaires encore plus marquées d’ici l’année prochaine, sans parler des élections présidentielles et des résultats qui nous pendent au nez… On a vraiment besoin de lieux comme Luttopia », estime Gwen Lasne, bien décidée à faire vivre ce projet.

  • [Entretien] Pr Gaëtan Poulen, CHU de Montpellier : « Détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie »

    [Entretien] Pr Gaëtan Poulen, CHU de Montpellier : « Détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie »

    La Marseillaise : À quel type de patients s’adresse cette nouvelle chirurgie ?

    Gaëtan Poulen : L’épilepsie est une maladie assez fréquente. Il existe un grand nombre de crises d’épilepsie différentes, mais on considère qu’environ 30% des patients sont réfractaires aux traitements médicamenteux, qui constituent le traitement de base de l’épilepsie. Certains ont essayé 2, 3, 4 molécules et malgré cela, ils continuent à faire des crises. Cette chirurgie au laser s’adresse à ceux, parmi ces patients résistants, dont on arrive à déterminer avec précision la zone du cerveau responsable de l’épilepsie. Ce qu’on désigne sous le nom d’épilepsie focale.

    En quoi consiste l’intervention ?

    G.P. : C’est une procédure très précise, réalisée sous contrôle stéréotaxique : c’est au demi-millimètre près. Après avoir identifié la zone à traiter, on introduit une fibre laser par un trou de 4 mm dans le crâne. Une fois cette opération accomplie, on quitte le bloc opératoire pour se rendre à l’IRM. C’est là que l’on réalise la lésion, grâce à la fibre laser qu’on a implantée. À l’IRM, des séquences particulières permettent de voir la température de chaque zone du cerveau en temps réel. On va alors faire chauffer la zone que l’on veut détruire en vérifiant que les zones autour ne soient pas lésées. L’idée est de détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie.

    En quoi est-ce novateur par rapport à ce qui se faisait
    jusque-là ?

    G.P. : Soit la zone épileptogène est très difficilement accessible, si bien que ces patients n’auraient pas pu être opérés car trop risqué. Ou bien ce sont des patients qu’on aurait opérés, mais en chirurgie ouverte [incision cutanée et profonde importante permettant d’accéder directement à un organe ou une zone anatomique, Ndlr], avec des suites beaucoup plus lourdes. Là, le patient se lève dès le lendemain et rentre à son domicile deux à trois jours après la chirurgie.

    Cette technique est mise en œuvre pour la première fois au CHU de Montpellier : comment avez-vous préparé cette intervention ?

    G.P. : Ça fait deux ans que je travaille sur le projet. L’équipe pionnière en France et qui a réalisé le plus grand nombre d’interventions de ce type est l’équipe de neurochirurgie d’Amiens. J’en avais discuté avec le neurochirurgien qui la dirige lors d’un congrès. Je me suis dit que ce serait intéressant d’importer cette technique à Montpellier. Toute mon équipe (un neurologue-épileptologue, un radiologue, un anesthésiste…) s’est déplacée à Amiens pour assister à une intervention, afin de voir exactement comment ça se passait. On a ensuite fait des tests à blanc, sans patient. Et une fois qu’on a été prêts, on s’est lancés.

    Cela nécessite-t-il des moyens matériels supplémentaires ?

    G.P. : Oui, la machine qui est branchée à l’IRM et permet de faire la lésion avec le laser est une machine spécifique, que pour l’instant nous louons.

    Cette méthode
    va-t-elle rentrer dans l’offre thérapeutique du CHU ?

    G.P. : Tout à fait. On va prévoir plusieurs autres interventions de ce type d’ici la fin de l’année. Le but est que ça s’installe vraiment comme un outil supplémentaire pour traiter les patients éligibles à ce type d’intervention.

  • À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    Tous les ans, c’est le même casse-tête pour des jeunes de plus en plus précarisés : trouver un toit à se mettre sur la tête dans une ville, Montpellier, où quelque 80 000 étudiants prennent leurs quartiers. Malgré des semaines de recherches, ils sont nombreux toujours sans solution à l’approche de l’échéance. Les agences immobilières croulent sous les demandes et les budgets dont disposent les jeunes sont souvent bien maigres au regard des loyers pratiqués dans le parc locatif privé, par ailleurs saturé. Le public quant à lui, via les résidences universitaires du Crous, n’est en mesure d’accueillir que 10% des étudiants montpelliérains.

    Selon l’enquête annuelle du syndicat étudiant Unef publiée le 17 août, « le coût de la vie étudiante en 2026 a augmenté
    de 1,66% sur un an et de plus
    de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017
     ». Une augmentation due notamment, selon le syndicat, « à la hausse du prix des loyers : 627,11 euros en moyenne par mois dans le privé, soit +2,87% sur un an et +1,04% à 426,36 euros pour une résidence du Crous ». Le loyer représente ainsi une part énorme dans le budget de ces jeunes, dont beaucoup peinent, avec ce qui leur reste, à se nourrir. « Un sur deux ne mange pas à sa faim et un tiers déclarent avoir déjà sauté des repas faute de moyens », assure le Scum (Syndicat de
    combat universitaire de Montpellier), qui distribue environ 15 000 colis alimentaires aux étudiants précaires chaque année.

    « Ça remet en question leur projet d’études »

    Dans ce contexte particulièrement tendu, certains se tournent vers des associations susceptibles de les aider dans leurs recherches, comme Habitat jeunes Montpellier qui propose des solutions d’hébergement, de restauration et d’accompagnement pour les jeunes de 16 à 29 ans. « Nous avons 9 résidences à Montpellier et Pérols, qui représentent 350 logements au total », indique le directeur de la structure, Frédéric Adell. « Nous y logeons des jeunes qui ont trouvé leur premier emploi, des alternants, des apprentis, des jeunes en parcours d’insertion professionnelle ainsi que des étudiants. » Outre ces résidences Habitat Jeunes proposant de l’hébergement direct, la Boutique logement jeunes (BLJ)* dispense une aide à la recherche de logement. « On est en première ligne pour accueillir les jeunes de moins de 30 ans à la recherche de logement. Et effectivement, depuis le mois de juin, on voit beaucoup plus d’étudiants affluer, comme chaque année. Mais chaque année, on les voit de plus en plus désemparés, parfois jusqu’à pleurer », rapporte Alexandra Schild, responsable de la BLJ. « Dans un premier temps ils essaient de répondre à des offres sur internet, ils se rendent dans des agences immobilières, mais le parc privé est saturé. Donc ils essuient des refus : soit ils ne sont pas recontactés, soit ils cumulent les visites et ne sont jamais retenus. Surtout les jeunes qui n’ont pas des garants avec des conditions de ressources importantes. Ils se retrouvent alors dans des situations de désespoir, car ça remet en question leur projet d’études. Ils viennent de loin pour quelques jours dans l’espoir de trouver un appartement, et ils se rendent compte que c’est plus compliqué que prévu. »

    Selon la responsable de la BLJ, sur Montpellier, « le loyer d’un appartement de type studio se situe entre 500 et 550 euros. Et malgré le fait que nous soyons soumis à l’encadrement des loyers, certains propriétaires ne jouent pas le jeu », déplore-t-elle. « Il y a également des résidences privées avec services qui proposent des loyers de 600 à 750 euros, complètement inaccessibles pour certains jeunes », ajoute le directeur.

    Les étudiants qui se rendent à la BLJ se voient proposer d’assister à une réunion d’information** où leur sont présentés les dispositifs existants. « Car au-delà du privé, il y a des résidences temporaires, il y a le logement social, il y a des résidences étudiantes en dehors du Crous… L’idée, c’est de leur donner le maximum d’informations ainsi que des astuces pour éviter les arnaques, qui pullulent à cette époque. Une fois qu’ils ont assisté à cette réunion collective, ils peuvent participer à des ateliers numériques***, où on va les aider à monter des dossiers », explique Alexandra Schild. Une aide précieuse pour un public qui, souvent, cherche un logement pour la première fois. « Ils n’ont pas nécessairement les codes de la recherche et font face à une urgence. »

    * 3 bis rue de la Vieille, près des Halles Castellane, en centre-ville.

    **Les vendredis à 17h et un samedi sur deux à 10h.

    *** Les après-midi de 14h à 18h. Le tout sans rendez-vous.

  • Un nouveau chapitre s’ouvre pour la librairie le Grain des mots à Montpellier

    Un nouveau chapitre s’ouvre pour la librairie le Grain des mots à Montpellier

    Certes, un vent mauvais souffle sur le monde de la librairie ces derniers temps : depuis avril, Gibert puis Furet du Nord et Decitre ont été placés en redressement judiciaire ; plus près de nous, à Montpellier et Alès, la librairie Sauramps a été liquidée début juillet ; sans compter de nombreux libraires indépendants qui tentent de diversifier leurs activités pour tenir. Néanmoins, certains veulent y croire, s’accrochent à leur histoire et créent un peu d’optimisme dans ce marasme.

    C’est le cas des frères Demante, Tristan et Romain, cogérants du Grain des Mots, à Montpellier. Créée en 2003 par leur mère, Aline Huille, la librairie, historiquement implantée sur le Jeu de Paume, est devenue, au fil du temps, une référence incontournable des amoureux des livres. Mardi 1er septembre, une nouvelle page de son histoire s’ouvrira en bas du boulevard Gambetta*, près de la place Saint-Denis, dans ce qui fut le cinéma Rex puis le Diagonal, avant d’être laissés à l’abandon.

    Confrontés en août 2022 à un sérieux dégât des eaux qui les a contraints à quitter leurs locaux historiques du Jeu de Paume, les frères Demante s’étaient installés, de façon provisoire, à quelques pas de là, dans un local appartenant à la Ville. Une transition qui s’est éternisée (4 ans) dans des conditions tout sauf idéales.

    Un lieu repensé
    par un architecte

    C’est donc avec soulagement que le Grain des mots emménage, enfin, dans un nouvel écrin refait à neuf*, dont la librairie s’est rendue propriétaire. « Il restera quelques finitions, mais on se tient à la date du 1er septembre pour la réouverture. C’était une friche industrielle quand on a récupéré les clés il y a 3 mois, il y avait énormément de travaux. C’est déjà un exploit d’avoir fait tout ça dans ces délais », estime Tristan Demante. De 200m², la surface de la librairie passe à 260m². Surtout, les frères Demante ont fait appel à un architecte, qui a pensé les lieux pour qu’ils soient le plus fonctionnels et agréables possible. « Sur le Jeu de Paume, on avait une petite rampe en fer qu’on sortait pour les personnes à mobilité réduite, là on a construit une rampe en dur. Les tables sont à bonne hauteur, il y a entre 90 cm et 1,2 m entre chacune pour que ce soit confortable de circuler. Il y a également un réseau de LED incorporé dans les bibliothèques, dont l’éclairage permettra une mise en avant du fonds. Car on se prévaut d’être une librairie de fonds depuis toujours », insiste Tristan Demante. « On pourra présenter davantage de livres sur des tables ou des tablettes, ce ne sera pas que du rayonnage. Cela permettra de mettre en valeur, outre les nouveautés, des coups de cœur et des choses un peu moins récentes qu’on a envie de continuer à porter. »

    « C’est un pari audacieux, on en est bien conscients », confie le libraire. « On le sait, le monde du livre va mal, que ce soit les librairies, l’édition, la distribution… mais on est confiants. On a une super équipe, une clientèle fidèle – ce qui économiquement comme moralement est inestimable – et un super lieu. On a eu un coup de cœur incroyable pour ce local, pour l’emplacement aussi, qui offre une autre dynamique que celle du Jeu de Paume : le Jeu de Paume c’est passant, le quartier Saint-Denis – Gambetta, c’est vivant. »

    Le Grain des Mots sera donc dans les starting-blocks pour la rentrée littéraire de septembre, moment crucial pour toute librairie. L’inauguration officielle, quant à elle, aura lieu un peu plus tard, mi-octobre, pour fêter ce beau pari sur l’avenir.

  • [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    La Marseillaise : En quoi la facturation électronique irait-elle à l’encontre du droit ?

    David Guyon : Il y a deux idées. D’abord on va avoir un contrôle de type fiscal, automatique en temps réel avec une collecte importante de données à destination de l’administration fiscale. Cela peut porter atteinte à la liberté d’entreprendre et au secret professionnel. Car sur la facturation, vous devez définir la nature de la prestation réalisée, l’identité du client… Le conseil national des Barreaux avait questionné le gouvernement et le compromis mi-figue mi-raisin mis en place n’est pas satisfaisant. Second argument, la protection des données personnelles. On voit bien que les services de l’État sont de véritables passoires, avec des failles systémiques, sans aucun respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est contraire au droit européen.

    On part sur quelle procédure
    et sur quelle durée ?

    D.G. : Ce sera une procédure longue car si on voulait faire suspendre en urgence la facturation électronique on devrait démontrer que dans le cas particulier de nos clients, il y a un risque d’atteinte à leurs intérêts. Or ce risque n’est pas 100% sûr, le Conseil d’État ne suspendra pas pour des risques potentiels. La transposition du droit européen nous oblige à la réforme d’ici 2030 mais la France va plus vite (1er septembre 2026 : obligation de réception TPE/PME ainsi que d’émission des factures électroniques pour les grandes entreprises pour les TPE/PME d’ici un an). On ne sait pas comment ça va se passer pour un particulier qui aura besoin d’une facture après avoir fait appel à un restaurateur ou un artisan. Certains auto-entrepreneurs clôturent leur micro-entreprise car cette paperasserie administrative ne leur convient pas.

    Quels types d’entreprises vous contactent ?

    D.G. : On a déjà une dizaine de clients : auto-entrepreneurs, profession libérale médicale et des grosses entreprises de 300 salariés.

    N’est-ce pas un bon moyen de lutte contre les fraudes à la TVA ?

    D.G. : C’est clair que pour l’État la facturation électronique est un super moyen de s’assurer que la TVA due sera collectée. Vous organisez de manière préventive un contrôle fiscal à l’égard de toutes les sociétés qui jusque-là partaient sur du déclaratif. Là, on change de modèle. Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués par l’État. On aimerait un choc de productivité plutôt qu’un choc de contrôle de la productivité.

    N’est-ce pas une évolution technologique inévitable ?

    D.G. : Je combats un choix de société. En tant qu’avocat, je suis pour la liberté et la responsabilité qui va avec. Vous êtes libre d’optimiser votre fiscalité mais si vous ne respectez pas les règles du jeu, vous êtes sanctionnés sévèrement. Je ne suis pas sûr que cette réforme soit un bon signal envoyé à la population qui doit créer de la richesse.

  • L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    Gecyna a 11 ans et vit à Montpellier. En cette rentrée scolaire 2026, alors que ses deux grandes sœurs prendront le chemin du lycée, elle ne pourra pas faire son entrée au collège. « Ma fille est porteuse d’un autisme sévère et non verbal, raconte sa mère Christelle Sendedemo, qui élève seule ses trois enfants. Depuis six ans, nous sommes sur liste d’attente pour obtenir une place en IME [instituts médicaux-éducatifs, Ndlr], mais toujours rien. J’ai dû arrêter de travailler pour pouvoir m’occuper d’elle à plein temps depuis maintenant deux ans. »

    La situation de Gecyna est loin d’être un cas isolé. En cette fin d’été, l’Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) a lancé sa campagne annuelle intitulée « J’ai pas école, mais tout peut changer », afin d’alerter sur les difficultés rencontrées par des milliers de familles pour permettre à leur enfant porteur de handicap mental d’accéder à une réponse éducative adaptée. L’étude, menée auprès de 38 associations qui suivent près de 5 000 enfants au sein de leurs établissements médico-sociaux ou en lien avec l’Éducation nationale, révèle que 76% des enfants accompagnés sont scolarisés moins de douze heures par semaine. Par ailleurs, seuls 24% d’entre eux bénéficient d’un temps de scolarisation supérieur à douze heures hebdomadaires et le délai d’attente moyen atteint désormais près de trois ans avant d’accéder à une solution d’accompagnement adaptée.

    Selon la section héraultaise de l’association, l’Occitanie est une région particulièrement touchée, avec pas moins de 2 500 enfants en attente d’une place dans une structure adaptée. Dans l’Hérault, ils sont 700 enfants à attendre une place en IME.

    « Ma première fille est elle aussi porteuse d’autisme, mais celui-ci prend une autre forme que celui de Gecyna, raconte Christelle. Elle est donc scolarisée en lycée professionnel. Ma seconde fille, elle, n’a que 16 ans et m’aide énormément avec Gecyna. Elle me seconde dans toute la gestion du quotidien alors que ce n’est qu’une adolescente. » Plus jeune, Gecyna a pu bénéficier d’une scolarisation en classe ULIS, qui s’est ensuite réduite progressivement. Aujourd’hui, sa mère explique que son handicap ne lui permet pas d’être scolarisée sans dispositif adapté : « Même l’école qui l’accueillait avant m’a dit que ce n’était pas qu’ils ne voulaient pas l’accueillir, mais qu’ils n’ont juste pas les moyens de répondre à ses besoins. »

    Une scolarité empêchée

    Christelle Sendedemo se dit à la fois « sidérée » et « révoltée » par cette situation. « Les enfants porteurs d’autisme peuvent apprendre si leur scolarité est correctement encadrée, déplore-t-elle. Mais ma fille en est privée. » La charge mentale induite par cette situation intenable provoque chez cette mère isolée des problèmes de santé, notamment de l’hypertension et des problèmes de sommeil. « Repousser un enfant autiste, c’est repousser aussi toute sa famille. »

    Pour que la situation de Gecyna et des autres enfants puisse changer, l’Unapei appelle les pouvoirs publics à agir au plus vite pour « construire des coopérations organisées pour des parcours sans rupture, de la petite enfance jusqu’à 25 ans ». De son côté, l’Unapei 34 porte depuis plusieurs années le combat de ces familles sans solution et a créé un service social pour les orienter et les conseiller. Ses membres participent aussi à des permanences de la plateforme Communauté 360*.

    En attente d’une réponse favorable d’un IME et après avoir contacté tous les établissements de son secteur, Christelle Sendedemo est toujours dans l’impasse. « L’enfant qui ne fréquente plus l’école est un enfant isolé. Nous souffrons en silence, on fait semblant de nous voir, mais on ne nous entend pas. »

    *Dispositif national d’appui accessible via le numéro vert unique 0.800.360.360.

    « Repousser un enfant autiste, c’est repousser toute toute sa famille »