Tag: Montpellier

  • Megnan, affaire de premier plan

    Megnan, affaire de premier plan

    Il vient de poser un pied dans le monde pro, il en décolle déjà. Le jeune attaquant de Montpellier Laciné Megnan, 16 ans, avance à la vitesse de la lumière et défriche les sentiers de la précocité. Plus jeune buteur en Ligue 2, plus jeune joueur à débuter à ce niveau : l’avant-centre va vite, ne laisse pas de temps au temps. Et assume devant les micros avec un certain calme et une rare maturité.

    Il éclabousse ce début de saison de Montpellier, candidat à la montée, et propage un espoir au sein d’une équipe rajeunie à l’intersaison. Et offre un bol d’oxygène à un club, confronté à des soucis financiers en cette période de vaches maigres et de droits télés au rabais.

    Deux journées en Ligue 2, deux coups d’éclat. Vendredi 14 août à Nancy, sur les terres ancestrales de Michel Platini, l’entraîneur Zoumana Camara lance Laciné Megnan d’entrée à la pointe de l’attaque. Pour suppléer la recrue malienne Mamadou Camara, blessé à une épaule et indisponible pour plusieurs semaines.

    Dans une rencontre verrouillée, l’avant-centre débloque tout. D’un geste de classe. Un appel judicieux, un service parfait pour son partenaire Yanis Issoufou et une première victoire pour Montpellier.

    Une semaine plus tôt, entré en jeu à cinq minutes de la fin, le solide athlète (1,87m) avait inscrit le but montpelliérain. Avec la rage d’un buteur.

    Ce but, validé quelques jours plus tard par le LFP, et cette passe décisive donnent un peu plus de crédit à cette valeur montante. Et marchande. Depuis deux ou trois semaines, le Paris SG, double champion d’Europe, s’intéresse à cet attaquant. « C’est le meilleur de sa génération, c’est le capitaine de l’équipe de France U16 » assure le président de Montpellier. Qui ne veut pas vendre sa pépite, qui veut pour le moins s’assurer une belle plus-value.

    Paris n’est pas seul sur le coup. Dans la foulée de la signature de son premier contrat professionnel, en février, des clubs anglais, espagnols ou allemands sont aux aguets. Ils observent le phénomène, ils sont prêts à miser sur ce nouveau talent de la formation française. En l’occurrence celle de Montpellier.

    Laciné Megnan est né à Montpellier en 2010. À l’âge de cinq ans, le gamin, originaire des environs de Pézenas, a rejoint le club héraultais. « Il est costaud dans sa tête, il est bien entouré, et il offre le profil d’un attaquant moderne », raconte-t-on du côté de Grammont, le centre d’entraînement.

    Éducateurs, dirigeants et proches : personne n’est surpris par sa trajectoire ascendante.

    Et le parcours en Coupe Gambardella, compétition dédiée aux jeunes de moins de 18 ans et vitrine de la formation, est venu rappeler son savoir-faire. Et celui d’une belle génération.

    Au printemps dernier, l’équipe dirigée par Michel Rodriguez s’est hissée en finale de la Coupe Gambardella. Au bout d’un parcours, où elle a éliminé tour à tour Strasbourg, Nice, Rennes, tenant du titre, avant de chuter en finale au Stade de France devant le Paris SG.

    Par sa générosité, ses qualités d’attaquant, Laciné Megnan a drainé dans son sillage une bande de gamins, dont cinq ont intégré l’équipe de Zoumana Camara. Trois d’entre eux : Noah Vidal-Cartoux, Hichem Abderrebi ou Megnan ont pris part au début de saison. Les défenseurs Mathis Chambon et Tidiane Diallo, pour leur part, ont effectué la préparation et attendent leur heure.

    Megnan peut-il rejoindre Paris SG dès cette saison ? Le club parisien fait le forcing pour s’attacher les services de ce jeune joueur, dès son éclosion, plutôt que d’en payer le prix fort dans six mois ou un an. « Il ne passera pas ses vingt ans chez nous », lâche le président montpelliérain.

    Selon divers médias, spécialisés dans les transferts, le joueur, et son entourage, auraient trouvé un accord avec le Paris SG. L’indemnité du transfert, doublé d’un prêt dans son club formateur, se négocie. Elle permettrait à Montpellier d’équilibrer son budget actuel. Et de préparer la suite dans la sérénité. Laciné Megnan, lui, pourrait voir plus haut.

  • À Montpellier, la CGT réclame un CHU mieux desservi

    À Montpellier, la CGT réclame un CHU mieux desservi

    On a reçu des mails de mécontentement d’agents qui disent que les travaux actuellement réalisés sur la ligne 1 du tramway* transforment le trajet vers le CHU de Montpellier en véritable parcours du combattant », relate Philippe Peretti, secrétaire général adjoint de la CGT du CHU de Montpellier.

    En raison de travaux de rénovation des rails entamés au début du mois et prévus jusqu’au 30 août inclus, la ligne 1 est en effet interrompue entre les arrêts Saint-Eloi et Louis Blanc. Une navette-bus de remplacement est mise en service entre Saint-Éloi et Peyrou, et les stations du centre-ville (gare Saint-Roch, Comédie, Corum et Louis Blanc) ne sont desservies que dans un seul sens, selon les besoins du chantier. « Il faut près de 50 minutes pour rejoindre le CHU depuis la gare Saint-Roch ! La navette mise en place ne répond manifestement pas aux besoins », estime la CGT dans un communiqué. « À tel point que certains agents ont préféré rejoindre leur lieu de travail à pied : environ 45 minutes de marche… », poursuit le syndicat. « Qu’à cela ne tienne, certains se sont dit : on va prendre un Vélomagg. Seulement ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient pas le garer à proximité du CHU, car il n’y a de station ni à Saint-Eloi, ni à Gui de Chauliac, ni à Lapeyronie, ni à Antonin-Balmès. Il faudrait aller jusqu’à “Occitanie” pour rendre le vélo à la station la plus proche, avant de remonter dans le tramway pour revenir vers le CHU… c’est un truc de fou ! », s’exclame Philippe Peretti, qui rappelle qu’« il y a 9 000 agents qui travaillent dans cet établissement, sans parler des étudiants en médecine et des usagers. Comment expliquer qu’en 2026 aucun des principaux sites hospitaliers du CHU ne dispose d’une station Vélomagg à proximité immédiate ? On est pourtant dans une ville où le maire attache beaucoup d’importance aux mobilités douces », insiste-t-il à l’attention de Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, également président du conseil de surveillance du CHU de Montpellier.

    Le syndicat CGT du CHU en profite pour soulever un autre point noir, selon lui, en matière de desserte de l’établissement : l’absence d’un arrêt de tramway devant « la Colombière » et « Antonin-Balmès II ». « Comment expliquer que ces sites mitoyens accueillant respectivement des patients en psychiatrie et des personnes âgées restent dépourvus d’un arrêt de tramway dédié alors que la ligne 1 passe littéralement devant ? », interroge la CGT. Outre « l’installation rapide de stations Vélomagg à proximité des principaux établissements du CHU », le syndicat réclame donc « une étude technique, transparente et argumentée » sur la faisabilité d’un arrêt desservant « la Colombière » et « Antonin-Balmès II ». « Car derrière une station de tramway, il y a une question très concrète : l’accessibilité à un établissement public de santé, notamment pour les personnes âgées, les patients en psychiatrie et leurs proches. »

    « Il y a 9000 agents au CHU, sans parler des étudiants en médecine et des usagers. »

  • Une vie de Rom

    Une vie de Rom

    « Renverser les regards et lutter contre les stéréotypes et un antitsiganisme pluriséculaires. » Telles étaient les intentions, en 2023, de la grande exposition événement du Mucem à Marseille, intitulée « Barvalo/Roms, Sinti, Gitans, Manouches, Voyageurs ». Ce fut un temps fort du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, car cette exposition était conçue avec les intéressés et le public fut au rendez-vous.

    Trois ans après, les préjugés et les stigmates collent toujours aux familles roms qui vivent en France et notamment dans la cité phocéenne. Une exposition, si remarquable soit-elle, ne peut venir à bout à elle seule de l’antisiganisme et du racisme anti Roms. Si ces rejets persistent c’est qu’ils jouissent d’une tolérance insupportable au sein de la société et des institutions.

    Projets citoyens

    Pour « renverser les regards », encore faut-il commencer par respecter les personnes regardées. Les familles roms qui vivent à Marseille dans des campements et sont menacées d’expulsion ont des enfants scolarisés dans les écoles. Dans d’autres villes, comme la proche Montpellier, les collectivités (Ville et Métropole) et l’État – lorsqu’il est représenté par un Préfet solidement républicain – ont mené avec des familles un processus de village de transition et, à l’issue, toutes ont été relogées et sont sorties des marginalités dans lesquelles on les assignent en permanence.

    À Marseille, des familles roms ont créé une association dans les quartiers nord. Autant de projets citoyens exemplaires et autrement plus créatifs que le mur de la répression. Il est si facile de procéder aux expulsions ! C’est un réflexe multiséculaire et rétrograde aux antipodes d’une République et d’une démocratie dignes de ce nom.

  • [C’est l’été] Lyudmyla Tsivka, quatre ans de guerre sans « après »

    [C’est l’été] Lyudmyla Tsivka, quatre ans de guerre sans « après »

    Pour Lyudmyla Tsivka, le temps s’est arrêté le 24 février 2022. Plus de quatre ans après le début de l’invasion russe, la présidente de SOS Montpellier-Ukraine distingue toujours deux périodes : « Il y a un avant et un pendant. Il n’y a toujours pas d’après ». Avant, elle était une mère de famille d’origine ukrainienne installée en France, assistante maternelle et étrangère au monde associatif. Puis son pays a été attaqué et elle n’a pas pu « rester à côté ».

    Les premiers jours demeurent noyés dans un brouillard. « J’étais perdue. Je ne comprenais pas ce qui arrivait à mon pays. La vie s’est arrêtée. » Depuis, l’engagement a rempli presque tout l’espace. La guerre a endurci Lyudmyla, mais elle l’a aussi privée d’une part d’elle-même. « Je ne me permets plus de vivre. J’existe, je subsiste », confie-t-elle. Les anniversaires, les fêtes ou les éclats de rire de ses proches lui rappellent qu’au même instant, en Ukraine, d’autres familles pleurent leurs morts. Elle participe, sourit parfois, puis préfère s’isoler. À la maison, ses enfants la voient rester devant son téléphone et fondre en larmes au fil des nouvelles. « C’est compliqué de leur expliquer que ce n’est pas à cause d’eux, que cela ne les concerne pas complètement, alors qu’ils ont aussi des origines ukrainiennes. » Une angoisse qu’elle refuse pourtant de transmettre aux autres.

    Transformer la douleur

    en action

    Dès les premiers jours de l’invasion, la Ville de Montpellier, l’avocate Sophie Mazas et des habitants se mobilisent. Dans l’urgence naît SOS Montpellier-Ukraine. « C’était vital. Il y avait une solidarité immense. Les gens arrivaient avec des dons, proposaient des logements. Dans toute cette douleur, cela faisait chaud au cœur. Je ne pensais pas que c’était possible. »

    L’association accueille d’abord les Ukrainiens qui fuient la guerre, à une période où aucun dispositif institutionnel n’est encore réellement organisé. Deux mois plus tard, lorsque l’État et les collectivités mettent en place des circuits plus administratifs, les bénévoles se tournent vers l’aide humanitaire, sans abandonner l’accompagnement des réfugiés installés à Montpellier. Grâce aux donateurs et aux bénévoles, 38 camions de matériel ont été envoyés en Ukraine. Aujourd’hui, l’association ne dispose plus de lieu de stockage et ne peut plus organiser des convois de la même ampleur. Elle poursuit néanmoins ses collectes pour financer des générateurs, du matériel de première nécessité ou soutenir les soldats ukrainiens accueillis en France pour leur rééducation.

    Parmi eux, Lyudmyla n’oublie pas un jeune homme de 1,89 mètre, amputé des deux jambes après l’explosion d’une mine. Des doigts sectionnés, un fauteuil roulant et une vie entière à reconstruire. « Il ne regrettait rien. Il ne se considérait même pas comme handicapé. Moi, je suis entière et je suis complètement à la ramasse », souffle-t-elle. Son optimisme, comme celui d’autres blessés âgés d’à peine 23 à 40 ans, lui interdit de baisser les bras. « Quand je les regarde, je me dis que je n’ai pas le droit de dire que je ne peux plus. Leur joie de vivre me dépasse. »

    Cette force n’efface pas l’essoufflement de la solidarité. Depuis un an et demi, les dons diminuent et l’Ukraine disparaît des conversations, malgré des attaques presque quotidiennes. Lyudmyla souffre aussi des discours qui présentent les réfugiés comme des privilégiés. Elle rappelle les familles séparées et les jeunes revenus combattre une fois majeurs : « Il ne faut pas envier cette vie-là ». Elle préfère retenir les gestes d’entraide, comme celui des pompiers ukrainiens venus soutenir leurs collègues français en Gironde. Lyudmyla dit continuer pour les enfants d’ici et de là-bas. Tant qu’il n’y aura pas d’« après », elle poursuivra son engagement.

  • La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    Ils ne se font aucune illusion. En rédigeant leur courrier à l’attention du directoire de l’aéroport de Montpellier et de ses partenaires (préfecture, collectivités), pour leur demander de renoncer à l’arrivée de Volotea en octobre, le collectif Atterrissons d’urgence n’espère pas les faire changer d’avis sur leur projet d’expansion.

    « C’est stratégique, on essaye d’en parler pour faire bouger l’opinion publique », résume Marie-Noël de Visscher, porte-parole d’Atterrissons d’urgence. Ce collectif n’en est pas à son coup d’essai. En avril, une plainte avait été déposée pour publicité mensongère relative aux trajets Montpellier-Paris. « On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était. Il y a une indécente responsabilité à pousser les gens à prendre de plus en plus l’avion », moyen de transport le plus polluant.

    Dans son rapport annuel, le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie une nouvelle recommandation qui vise l’expansion aéroportuaire. Le HCC demande que soit adopté « un moratoire sur l’augmentation des capacités des aéroports français afin de maîtriser la hausse du trafic aérien ».

    Efforts ou greenwashing ?

    Après Transavia en 2020, une base arrière de Volotea va s’installer à Montpellier à l’automne. Au-delà des destinations supplémentaires, « un avion basé à Montpellier, c’est un avion qui part plus tôt et qui rentre plus tard », prévient la militante écologiste qui assure que des riverains se plaignent déjà.

    De son côté, l’aéroport ne cache pas qu’il vise à terme les 3 millions de passagers annuels (1,8 million aujourd’hui) pour offrir à la 7e ville de France une infrastructure adaptée. Le président du directoire, Emmanuel Brehmer, fait régulièrement savoir qu’il cherche à réduire les impacts sur l’environnement. C’est la raison d’investissements pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits ou l’électrification des opérations au sol qui permettent d’économiser 1 000 tonnes de CO2 par an.

    Des opérations qui s’apparentent à du greenwashing selon le collectif. « C’est mieux que rien mais vu qu’à côté vous augmentez le nombre de vols, c’est comme si vous rouliez toute l’année en SUV en vous félicitant d’éclairer votre garage en LED », illustre la porte-parole du collectif. À l’avenir, le secteur mise sur l’avion vert. « C’est presque une chimère, l’avion électrique ne pourra concerner que de petits avions », regrette Marie-Noël de Visscher. Pour elle, la seule solution est de réduire le trafic. « C’est la seule industrie au monde qui s’exonère de ses obligations pour le climat ». Et enfin taxer le kérosène sur les vols internationaux au-delà de 10%. « L’avion n’a pas à être aussi peu cher ».

  • [Entretien] Eclipse partielle : « C’est un phénomène relativement rare »

    [Entretien] Eclipse partielle : « C’est un phénomène relativement rare »

    La Marseillaise : Pourquoi cette éclipse est-elle considérée comme un événement exceptionnel ?

    Jean Marie Lopez : Il s’agit d’une éclipse totale dont la bande de totalité traversera une partie de l’Europe, en touchant notamment l’ouest de l’Islande, puis le nord de l’Espagne, avant de se prolonger vers les Baléares. En revanche, la France restera en dehors de cette zone de totalité. Nous observerons une éclipse partielle, avec une occultation du soleil pouvant dépasser 95% dans plusieurs régions. C’est un phénomène relativement rare, puisque la dernière éclipse totale observable depuis la France remonte à 1999.

    Que se passe-t-il dans le ciel au moment d’une éclipse solaire ?

    J.M.L. : Une éclipse solaire correspond au passage de la lune devant le soleil. Selon l’endroit où l’on se trouve, si l’on n’est pas dans la zone de totalité, une partie du disque solaire reste visible. En France, nous assisterons à une éclipse partielle. Le soleil sera progressivement « mangé » par la Lune, mais un arc lumineux restera toujours apparent.

    Même si l’éclipse ne sera que partielle en Occitanie,
    pourra-t-on tout de même profiter du spectacle
     ? Où conseillez-vous de l’observer ?

    J.M.L. : À Montpellier, environ 96% du soleil seront occultés, ce qui reste un spectacle remarquable. Il faudra toutefois être prêt assez tôt, car le phénomène se déroulera en fin de journée, au moment du coucher du soleil. Les observateurs devront se positionner dès 20h environ, avec une phase particulièrement intéressante entre 20h15 et 20h30. Les quelques pourcents de soleil encore visibles imposeront le port de lunettes homologuées ou de filtres solaires adaptés.

    Le soleil étant très bas sur l’horizon au moment du phénomène, il faudra privilégier un point d’observation avec un horizon parfaitement dégagé vers le nord-ouest. Le moindre obstacle : une colline, des arbres ou des bâtiments, pourra masquer l’éclipse. Des secteurs en hauteur, comme les environs de Murviel-lès-Montpellier ou encore le sommet du mont Aigoual dans les Cévennes, offriront d’excellentes conditions d’observation, à condition que la météo soit favorable.

    Une éclipse solaire attire toujours beaucoup de curieux, mais elle comporte aussi des risques. Quelles sont les précautions à prendre pour observer le soleil sans danger ?

    J.M.L. : Pour observer une éclipse solaire en toute sécurité, il faut impérativement utiliser des lunettes homologuées norme ISO 12312-2 ou des filtres spécialement conçus pour l’observation du soleil. Les lunettes de soleil, les verres fumés, les radiographies ou tout autre système de fortune sont à proscrire. Ils ne filtrent pas les infrarouges, qui peuvent brûler la rétine sans provoquer de douleur. Il ne faut jamais observer le soleil avec des jumelles, une longue-vue ou un télescope dépourvus de filtres adaptés. Les brûlures de la rétine sont irréversibles. En France, où l’éclipse sera seulement partielle, il est interdit de retirer sa protection à quelque moment que ce soit. Seule la zone de totalité permet d’observer le phénomène à l’œil nu, et uniquement pendant la phase où le soleil est entièrement occulté.

    Pourquoi, selon vous, faut-il vivre une éclipse totale au moins une fois dans sa vie ?

    J.M.L. : C’est toute la magie des éclipses de soleil. On observe un soleil noir avec des protubérances et surtout la couronne solaire qui s’étend sur des milliers de kilomètres comme une chevelure autour de notre étoile. Lorsqu’on n’a jamais assisté à un tel spectacle, on a du mal à imaginer à quel point il est grandiose.

    Propos recueillis par Amélia Siapo

    * Début de l’éclipse partielle à Montpellier : 19h31. Maximum de l’éclipse : 20h25. Coucher du Soleil : 20h53.

  • Dans l’Hérault, SOS Racisme épingle une boîte de nuit et une plage privée

    Dans l’Hérault, SOS Racisme épingle une boîte de nuit et une plage privée

    Depuis 2024, l’association SOS Racisme applique une technique venue des États-Unis pour mettre en évidence la persistance de pratiques discriminatoires, pourtant prohibées par le droit pénal, dans l’accès aux loisirs.

    Différents groupes d’âges similaires, vêtus de la même manière, se présentent à l’entrée de plages privées ou d’établissements de nuit. Seule différence : leur identification comme personnes noires, blanches ou d’origine maghrébine. Cette année, deux des sept établissements testés à Montpellier, Palavas-les-Flots et La Grande-Motte ont appliqué des différences de traitement discriminatoires au cours de ces opérations : une discothèque à Montpellier et une plage privée à la Grande Motte. « Par exemple dans une boîte de nuit à Montpellier, le groupe perçu comme noir s’est vu refuser l’entrée au motif que l’établissement était complet. Les groupes perçus comme arabe et blanc, arrivés ensuite, ont pourtant été acceptés », précise SOS Racisme dans le compte-rendu de cette opération.

    « Il y a derrière ces testings un objectif de médiatisation de la problématique des discriminations : rappeler aux gens que ça existe encore aujourd’hui », précise Dina El Sayed, militante et chargée de développement au sein de l’association, qui était sur place au moment de ces tests. Malgré la réitération de ces missions et leur médiatisation depuis plusieurs années, la militante confesse que la tendance observée reste malheureusement la même. « À Montpellier, les chiffres qu’on a eus cette année correspondent à peu près à ceux des années précédentes : une plage sur trois et une boîte de nuit sur quatre qui discriminent », affirme-t-elle.

    Une plainte déposée

    Au lendemain de cette vague de tests, une plainte a été déposée par des groupes militants victimes de ces discriminations. « Ils se sont rendus au poste de police et ont reçu un accueil pour le moins questionnable », déplore Dina El Sayed. « Ils ont été accueillis avec une forme d’inversion de la culpabilité, et une tentative des forces de l’ordre de les décourager de porter plainte en affirmant qu’en l’absence d’insultes racistes explicites, les faits ne constituaient pas une infraction pénale. » Bien au fait de leurs droits, les militants ont tout de même réussi à déposer plainte contre les établissements en question et sont en attente des suites de l’enquête.

    Ces opérations menées par SOS Racisme sont pourtant reconnues comme preuve recevable par les cours de justice. Plusieurs paramètres sont en effet appliqués pour ne laisser aucun doute quant à l’exercice d’une pratique discriminatoire : les groupes se présentent tous à la suite, dans un laps de temps très court, sans qu’il n’y ait d’autres entrées ou sorties dans l’établissement testé afin d’éviter qu’il ne soit plaidé une sortie soudaine de visiteurs qui aurait libéré de l’espace. Ces techniques ne laissent que la couleur de peau comme critère de différenciation possible. « C’est pour ça aussi qu’il y a des vidéos qui sont prises en caméra cachée, pour qu’il puisse y avoir ensuite une analyse réalisée par les autorités compétentes », rappelle la militante Dina El Sayed.

    SOS Racisme a, cette année, testé 23 plages entre Nice, Marseille et Montpellier, mettant en évidence des pratiques récurrentes de discriminations. L’association continue d’appeler les pouvoirs publics à réagir.

  • Nicollin, toujours maître du jeu

    Nicollin, toujours maître du jeu

    La famille Nicollin n’a pas écrit la fin. Pas encore. Fin juin, à l’aube d’une seconde saison en Ligue 2, elle surprend tout le monde. Elle suspend sa promesse de vente au groupement anglais d’investisseurs GSS et préserve son bien. Le club du Montpellier Hérault Sport Club, vitrine d’une famille et d’une entreprise de nettoiement.

    Quinze mois après l’ouverture du capital, premier pas vers la fin d’une histoire, le revirement de la famille Nicollin questionne. Laisse les pourquoi en suspens. Offre insuffisante, perte d’un outil précieux, report de la vente ? Dans un football français aux droits TV squelettiques, proie d’investisseurs étrangers, Laurent et Olivier Nicollin, à la gestion plutôt rationnelle, opèrent un revirement inédit.

    Laurent Nicollin (53 ans) est toujours président de Montpellier, son frère Olivier (56 ans) plus que jamais aux commandes d’une entreprise. Maître des finances et donc du jeu. La fin de règne d’une famille à la tête du club depuis plus cinquante ans, et maillon fort de la ville, attendra. « Il y aura peut-être plusieurs épisodes dans l’été ou l’automne. Le projet n’est pas structuré, l’idée pas peaufinée. Mais l’envie est d’avoir des forces vives de la région. Il y a plein de belles sociétés dans le secteur, il faut trouver le moyen avec eux de faire grandir encore le club » se projetait le 7 juillet Olivier Nicollin. Le patron de l’entreprise, présent pour la première fois sur la scène publique, ouvre une troisième voie.

    Cette rétractation a laissé sur le bord du chemin le directeur sportif, en charge du recrutement, Bruno Carotti. Ami de Laurent Nicollin, cet homme de l’ombre (53 ans) a démissionné après trente ans passés, dont la moitié comme dirigeant, au club. Une rupture tout en silence.

    Un an après sa rétrogradation en Ligue 2, et la fin d’un bail de seize ans au plus haut niveau, Montpellier repart donc sur les routes sinueuses de Ligue 2. Avec un budget de 20ME. Certes en baisse (29ME l’an passé), mais encore bien supérieur à la moyenne.

    Si Montpellier a presque fini de solder ses excès de Ligue 1, marqués par une politique salariale démesurée, il n’a pas fait de folie sur le marché des transferts. Il continue de renouveler son effectif à bas prix. Il se sépare de vieux routiers, et même d’une légende de La Mosson : Téji Savanier, et ne verse qu’une indemnité pour l’attaquant de Laval : Mamadou Camara et pour le défenseur de Pau : Daylam Meddah.

    Il mise par ailleurs sur un joueur libre : Florian Tardieu, (34 ans), cadre débusqué à Saint-Etienne, trois jeunes éléments prêtés par de grands clubs : le défenseur Naoufel El Hannach (Paris SG), déjà là l’an passé, le Lyonnais Daryll Benlahlou et l’attaquant rennais Nordan Mukiele. Et l’émergence d’une nouvelle génération, celle des finalistes de la Coupe Gambardella. Cinq d’entre eux intègrent l’effectif professionnel : Noah Vidal-Cartoux, Laciné Megnan, Tidiane Diallo, Hichem Abderrebi et Mathis Chambon, avec des espoirs de jeu divers.

    L’entraîneur Zoumana Camara, entouré du même staff, entame sa seconde saison à la tête d’une équipe recomposée à son goût. La seconde à la tête d’une équipe professionnelle après trois ans sur le banc des U19 parisiens.

    Après une saison à dissiper les effets d’une relégation, à recréer un groupe et à instaurer une nouvelle ligne de conduite, le technicien (47 ans) s’attaque à la saison d’après. Avec une indulgence moindre, avec le vent de face. Homme de dialogue, proche du président Laurent Nicollin, le Parisien aborde un moment important.

    Le défi consiste à faire mieux que sa première saison. À savoir participer pour le moins au play-off, promis aux cinq premiers d’un championnat très concurrentiel (Saint-Etienne, Nantes, Reims). Pour grimper dans la hiérarchie, et figurer dans le Top 5 selon l’objectif de Laurent Nicollin, Montpellier doit soigner son efficacité offensive. Meilleure défense de Ligue 2, il a besoin d’être d’attaque. D’aller de l’avant, de reconstruire un lendemain.

    Montpellier, nouvelle version

    Président : Laurent Nicollin

    Budget (20ME)

    Stade de la Mosson

    Arrivées

    Florian Tardieu (Saint-Etienne, libre), Daylam Meddah (Pau), Mamadou Camara (Laval), Grégory Ayem (Racing Club France), Daryll Benlahlou (Olympique Lyonnais, prêt), Naoufel El Hannach (Paris-Saint-Germain, prêt), Nordan Mukiele (Stade Rennais, prêt).

    Départs

    Téji Savanier (fin de contrat), Christopher Jullien (fc), Naoufel El Hannach (Paris-Saint-Germain, retour de prêt), Ayanda Sishuba (Rennes, rp), Nathanaël Mbuku (FC Augsburg, rp), Enzo Molebe (Olympique Lyonnais, rp), Alexandre Mendy (Al-Faisaly, SAU), Lucas Mincarelli (Estrela Da Amadora, POR).

    L’effectif :

    Gardiens : 1. Mathieu Michel, 31. Simon Ngapandouetnbu, 50. Victor Dzodic, 60. Kevin Kamden ;

    Défenseurs : 3. Naoufel El Hannach, 6. Yael Mouanga, 15. Julien Laporte, 17. Théo Sainte-Luce, 25. Wilfried Ndollo, 27. Daylam Meddah, 29. Enzo Tchato, Tidiane Diallo, Mathis Chambon ;

    Milieux : 5. Florian Tardieu, 8. Nabil Homssa, 10. Khalil Fayad, 26. Yvan Djemba-Mbappé, 44. Théo Chennahi, 77. Junior Everson , 90. Grégory Ayem, Noah Vidal-Cartoux, Hichem Abderrebi.

    Attaquants : 7. Yanis Issoufou, 9. Laciné Megnan, 11. Mamadou Camara, 18. Nicolas Pays, 19. Nordan Mukiele, 20. Junior Ndiaye, 22. Axel Gueguin, 23. Daryll Benlalhou,.

    Sept premiers matchs :

    8 août : Montpellier – Dijon, 14/8 : Nancy – MHSC, 21/8 : Dunkerque – MHSC, 28/8 : MHSC – Boulogne, 5 septembre : Saint-Etienne – MHSC, 11/9 : MHSC – Pau, 18/9 : Reims – MHSC.

  • Le cinéma à ciel ouvert à Montpellier

    Le cinéma à ciel ouvert à Montpellier

    Sur une image tremblotante en noir et blanc, une femme fait apparaître des enfants dans des choux. Vous l’avez peut-être reconnu : La Fée aux choux, d’Alice Guy, est le premier court-métrage réalisé par une femme en 1896. Il sera diffusé avant chaque projection de cette 26e édition du festival Cinéma sous les étoiles, organisée par le Domaine d’O, à Montpellier, du 7 au 20 août.

    Cette année, le festival met à l’honneur les femmes réalisatrices à travers son thème biennal « Regards féminins ». Une quinzaine de films seront projetés en plein air dans 12 communes de la métropole de Montpellier. Chaque soirée s’ouvrira avec des représentations de spectacles vivants, portées tour à tour par Clara Aumann, le Collectif Le Baril et la Compagnie Aller-Retour. Les projections débuteront à 21h30, à l’exception de la soirée jeune public à Fabrègues, le 19 août, où le film d’animation Les aventures du prince Ahmed, de Lotte Reiniger, sera projeté à 21h. Nouveauté de cette édition : une soirée « Femgore » se tiendra le 9 août, avec la projection de The Substance (2024) de Coralie Fargeat.

    www.domainedo.fr

  • [C’est l’été] Fabien Bon, figure du combat contre la précarité étudiante

    [C’est l’été] Fabien Bon, figure du combat contre la précarité étudiante

    On peut dire sans trop s’avancer que pas mal d’étudiants montpelliérains lui doivent quelque chose. Des années durant en première ligne du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) et désormais plus en retrait, Fabien Bon fait partie de ceux qui ont contribué à améliorer le quotidien de nombreux jeunes universitaires en galère. « Sans l’action du Scum, certains ne mangeraient pas, d’autres ne seraient même pas inscrits à la fac », résume-t-il avec le sens du collectif.

    Au moment de regarder dans le rétroviseur de huit années qui lui ont permis de décrocher un master (management des universités et technologies de l’information à l’IAE) et bientôt une licence d’italien à Paul Valéry, Fabien Bon est « fier » des avancées glanées par son syndicat. Lequel n’était au départ «  qu’une poignée d’étudiants précaires en quête d’en aider d’autres  » avant de devenir un syndicat étudiant actif dans les deux universités de Montpellier.

    Pêle-mêle, il se souvient de la création de la commission d’exonération de Paul Va, qui permet le remboursement des frais d’inscription sur critères sociaux. De l’obtention en septembre 2025 de 10 jours de congé menstruels sans justificatif dans les deux universités. Ou encore des 15 000 colis alimentaires distribués en 2025.

    « La précarité, c’est l’histoire de ma vie »

    Bien sûr beaucoup d’autres combats doivent être poursuivis, à l’image de celui des « sans-fac », problématique exacerbée par l’arrivée de Parcoursup en 2018. « Chaque année on fait inscrire des étudiants grâce à notre mobilisation : en 2026, 29 plus une cinquantaine via des recours gracieux », calcule Fabien Bon avec un brin de fatalisme. « Parcoursup a instauré la sélection à l’université, l’élitisation de l’enseignement supérieur que défendent la plupart des présidents d’université même quand ils ont des moyens financiers. »

    À titre personnel, Fabien a payé le prix fort pour avoir osé défier le pouvoir et ce système libéral qui a vu l’État couper les universités de leur autonomie budgétaire dès 2011 avec la loi LRU. « J’ai subi la répression, j’ai été harcelé, frappé par des policiers », se souvient celui qui n’est pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche. « J’ai toujours travaillé à côté pour payer mes études, dès le lycée où j’aidais ma mère. » Par la suite à la fac, Fabien a souvent fait appel à la solidarité étudiante pour trouver un toit. « J’étais hébergé chez des camarades. C’est vrai que je sors du stéréotype du jeune syndicaliste gauchiste fils à papa. La précarité, c’est l’histoire de ma vie. Je ne regrette pas mes choix, mon engagement. Mais arrive un moment où il faut dire stop, j’ai envie de manger à ma faim. »

    Pendant qu’il termine sa licence d’italien qu’il avait au départ entreprise dans l’espoir de se faire engager dans un hôtel de Rome, Fabien diversifie déjà ses activités professionnelles. Barman, il est aussi influenceur sur Instagram pour les boîtes de nuit et les festivals de musique techno. Animateur dans une résidence vacances des Menuires (Alpes) à ses heures perdues, le jeune homme ne s’interdit rien. Excepté peut-être le train-train d’un boulot administratif rébarbatif. « J’ai fait une alternance en management de projets. J’ai démissionné, ça ne me plaisait pas du tout. Je ne me vois pas dans un bureau. »

    Si Fabien laissera bientôt ses amis du Scum poursuivre le combat universitaire, il y a fort à parier qu’il restera animé par les luttes sociales. « On est plus politisés que les autres syndicats étudiants, on donne aussi à réfléchir sur l’ensemble de la société. » En 2023, le Scum défilait aux côtés de l’intersyndicale contre la réforme des retraites. « Il ne faut pas lâcher et continuer à se battre. »