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  • [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    Le Montpellier Football Club* est unique. Depuis juillet, il est le seul club indépendant 100% féminin à évoluer dans l’élite (l’Arkema Première Ligue) et entend faire grandir de jeunes joueuses au sein de son centre de formation dirigé par un grand nom du foot, Jean-Louis Zaez.

    À la direction sportive, Laura Agard, ancienne joueuse professionnelle, est viscéralement attachée au bien-être et au suivi des athlètes tandis que Ségolène Levelut (au centre sur la photo), responsable de la communication, entend ancrer le MFC dans la cité et au-delà et fédérer les « supporteur.ices ». Il et elles sont cette semaine au micro de Divergence-La Marseillaise.

    Françoise Verna : Comment est organisé le Montpellier Football Club notamment pour l’accueil des plus jeunes ?
    Jean-Louis Zaez : Nous avons une association qui gère les enfants, filles et garçons de 6-7 ans jusqu’à 15 ans, et après les deux sociétés sportives, Montpellier Hérault Sport Club s’occupe des garçons, et maintenant le Montpellier FC s’occupe des filles. Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot et vers le sport en général. Je pense qu’il n’y a pas encore assez de filles qui arrivent dans le sport à l’âge de 6 à 8 ans, 10 ans, pour que l’on puisse les accueillir. Nous sommes prêts à le faire au Montpellier FC. Nous commençons des partenariats avec des clubs autour de la métropole. On sent que le foot féminin est en train de grandir même si depuis 4, 5 ans il y a une stagnation. Mais je sens que par la masse, on arrivera à sortir une élite.

    Olivier Nottale : Pour que le club s’installe, il faut que les petites filles viennent en nombre se former ?
    Jean-Louis Zaez : C’est tout à fait ça. Tous les clubs sportifs doivent être capables d’accueillir les filles comme on accueille les garçons. Forcément, les installations ne sont pas toujours accueillantes pour les filles mais depuis les années 2010, on sent une émulation. Pour tirer une bonne élite il faut que l’on ait plus de jeunes joueuses qui arrivent dans les clubs féminins.

    Françoise Verna : En quoi consiste le rôle de directrice sportive ?
    Laura Agard : Il y a déjà la relation entre le staff et les joueuses. Étant une ancienne joueuse je connais les difficultés rencontrées par les joueuses mais aussi par le staff, le médical. Il s’agit de gérer au quotidien et un peu dans tous les sens. C’est aussi un rôle qu’a tenu Jean-Louis pendant longtemps. Il y a aussi le suivi avec l’académie [le centre de formation] pour faire sortir les meilleures jeunes et les intégrer au groupe pro et leur faire signer leurs premiers contrats pro aussi. Depuis que Crux a repris la section féminine on a un directeur de la stratégie du football et quelqu’un au recrutement. Il y a aussi le côté après carrière. Je trouve important de travailler avec les universités, les formations, qu’elles n’aient pas que le foot. Parce que oui, c’est pro mais une carrière c’est 5 ans, 6 ans et ce n’est pas comme chez les garçons qui vont pouvoir en vivre après. Il est important qu’elles se forment à l’extérieur, qu’elles aient accès à des études. C’est important qu’elles se projettent. Il y a un gros travail sur l’après. C’est la grande différence entre foot féminin et masculin.

    Olivier Nottale : L’identité d’un club cela se travaille. Il y a l’héritage glorieux du MHSC et il faut aussi construire une indépendance. Comme travaillez-vous cela ?
    Ségolène Levelut : La volonté de Crux au moment du rachat c’était d’avoir un club indépendant, 100% féminin. Une indépendance qui soit visible. Il fallait qu’aux yeux du public on ait un nouveau nom, un nouveau logo, une identité visuelle qui évolue pour vraiment marquer aux yeux du monde cette indépendance-là. Donc, cet été on a dévoilé un nouveau logo, avec un magnifique flamant rose en son centre et on a aussi la chance d’avoir un magnifique maillot domicile et extérieur avec notre nouvel équipementier, Adidas. Cette identité, elle a été pensée, au sein du logo, pour aussi refléter l’héritage du club. On est un nouveau club mais on a un héritage qu’il faut souligner et qu’il est important de marquer parce que Montpellier reste pionnier au niveau du foot féminin en France. C’était le premier club à offrir un contrat pro à une joueuse en France. Donc, on a la date de fondation qui est 2001 et deux losanges qui était dans l’ancien logo. Cela souligne la transition. La particularité aussi avec ce nouveau nom, le Montpellier FC, on est le seul club 100% féminin dont le nom n’inclut pas le mot « féminine ». Par exemple si vous jouez contre le PSG, c’est « PSG féminine », contre l’OM, c’est « les Marseillaises ».

    Françoise Verna : Quels sont les projets du Montpellier Football Club côté liens avec le territoire ?
    Ségolène Levelut : On a pour objectif cette année de développer un tissu de partenariats avec les clubs amateurs qui ont des sections féminines à Montpellier et sur le territoire de la région (…) Il faut arriver à dégenrer le sport et les mentalités doivent évoluer. Sur le match à la Mosson le 19 septembre [le Montpellier FC reçoit Marseille], il va y avoir un tifo qui porte un message fort : « 14 ans, c’est pas un âge pour prendre sa retraite », porté par un nouveau partenaire de l’Arkema Première Ligue, la mutuelle MGEN. Aujourd’hui, une fille sur deux arrête le sport à l’adolescence.

    *La section féminine du MHSC a été rachetée en octobre 2025 par Crux Football. Le Montpellier Football Club.est né de cette acquisition en juillet 2026.

  • À Montpellier, un Bal’lumé autour des danses et musiques trad’

    À Montpellier, un Bal’lumé autour des danses et musiques trad’

    Pas besoin d’être un danseur aguerri pour rejoindre la piste. Le programme a été pensé pour tous les âges et tous les niveaux, avec notamment un bal familial et une initiation pour les débutants.

    Dès 16 h, les Petits Crins Sauvage ouvriront les festivités avec un bal gratuit pour les petits comme pour les grands. Une entrée en matière ludique et accessible pour découvrir les danses traditionnelles en famille.

    À 17h45, place à l’initiation. Les débutants pourront apprendre quelques pas.

    À 19 h,Laurent Cavalié, poète occitan, musicien et fondateur de Du Bartàs, également auteur et compositeur pour La Mal Coiffée, ouvrira le bal au son de sa voix, avec peut-être quelques invités… Il sera suivi du duo Krinkrin, composé d’un violon et d’un violoncelle, dont le set est très apprécié des danseurs. Entre les différents temps forts, La Grive, menée par Thomas Georget, assurera les inter-plateaux avec ses chants. Le bal s’achèvera en douceur avec une jam.

    * Maison pour tous Léo-Lagrange,155 rue de Bologne. 12 euros plein tarif, 10 euros tarif réduit et 15 euros en tarif soutien. Le bal est gratuit pour les enfants. Buvette et petite restauration sur place.

  • Un salon culturel pour créer du lien à Figuerolles

    Un salon culturel pour créer du lien à Figuerolles

    Grâce à la pugnacité de la Carmagnole et au soutien d’associations telles que Ademass ou l’Atelier d’écriture, une nouvelle édition (gratuite) aura lieu dimanche 13 septembre. De 10h à 17h, plusieurs dizaines d’auteurs, la plupart locaux, présenteront leurs ouvrages place Salengro.

    « Faire vivre Salengro »

    À l’origine littéraire, le rendez-vous s’étend désormais à plusieurs pans de la culture afin d’élargir son public. Certains stands seront tenus par des photographes, peintres, conteurs tandis que des musiciens se chargeront de l’animation musicale. « On s’est posé la question et on a voulu poursuivre le festival de Thierry Arcaix en lui donnant une ambiance de festival de quartier, avec des animations de rue et de quoi se restaurer », résume Jean-Philippe Martin.

    Militant de la Carmagnole, située à deux pas, rue de la Palissade, il insiste aussi sur la nécessité de faire vivre un quartier gangrené comme tant d’autres par le trafic de stupéfiants. « La place Salengro est un peu en déshérence, des commerces ont fermé, des points de deal se sont installés. Il nous semble important de recréer du lien, donner envie aux gens de sortir, d’échanger, se cultiver ». Avant la brocante de mai ou le rendez-vous jazz du printemps, la Maison pour tous organisera un autre événement musical et culturel samedi 19 septembre.

  • L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    Six à 8 mois de prison avec sursis, interdiction de porter ou détenir une arme pendant 5 ans ainsi qu’un stage de citoyenneté à exécuter dans les prochains mois à leurs frais.

    Voilà pour les condamnations* pour « violences commises en réunion » prononcées ce jeudi 10 septembre par le tribunal judiciaire de Montpellier, à l’encontre de 6 jeunes dont seuls 4 ont jugé utile de venir à l’audience. Des peines qui correspondent aux réquisitions du Parquet ainsi qu’aux requêtes des deux parties civiles qui ont obtenu des dédommagements de frais de justice (1 000 euros), des dommages et intérêts (1 500 euros) et/ou une provision (2 000 euros) pour l’une des deux victimes (Sébastien P.), lui-même condamné à 500 euros d’amende dont 150 avec sursis pour avoir porté un coup de pied à un individu mystère, qui n’avait visiblement pas intérêt à se faire connaître de la Justice.

    Du profil et des motivations qui ont poussé, sur une terrasse des Beaux-Arts, la bande à rouer de coups de poings et de pieds au visage ou au dos, Pierre P. puis Sébastien P. venu lui porter secours d’un café voisin, au point de causer 3 jours d’ITT au premier et 15 au second, on n’en saura pas beaucoup plus. Si ce n’est que les 4 jeunes (Raphaël P., Zakarya O., Enzo A. et Yann B.) âgés de 21-22 ans vivent chez leurs parents, en activité, au RSA ou en quête d’un emploi.

    Personne à l’audience n’a jugé pertinent de creuser leur profil politique, leur mouvance idéologique qui semble proche de l’extrême droite. Étonnant quand l’affaire a fait grand bruit et que des vidéos amateurs, en plus des images de vidéosurveillance de la Ville, attestent au préalable leur participation autour de la place de la Comédie, à une virée chaotique au sein d’un groupuscule identitaire d’ultra droite provocateur, sécurisé puis exfiltré par la police, en marge d’une manifestation intersyndicale.

    « On veut pas de facho, ici ! »

    Or, s’avère à l’audience que c’est la remarque inopportune de Pierre P., attablé au bar Le Manchester – « On ne veut pas de facho ici ! » – qui déclenche la bagarre. En deux temps, les coups pleuvent, les chaises volent. Pierre P. finit le visage ensanglanté, chemise déchirée. Tabassé à terre, Sébastien P. perd connaissance. 12 jours plus tard, il sera opéré d’un œil. Il souffre depuis de séquelles.

    A l’audience, le procureur Audrey Galaud réprimande mais balaie le contexte idéologique. « Tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut mais les insultes (« facho ») sont interdites. Après, on ne va pas partir sur un débat politique »…

    La présidente est tout de même intriguée par les tenues claires des 4 à la barre. « Pourtant vous nous aviez dit que vous étiez toujours habillés en noir (ndlr : tenue avec cache-cou utilisée par l’ultra droite)…»

    Me Leblond, l’avocate des deux parties civiles, refuse de parler d’une « rixe entre deux bandes à armes égales » et fait elle aussi le choix de plaider sur les violences physiques reconnues. « Je crois qu’on n’avait pas intérêt à faire de ce procès une caisse de résonance politique. On aurait pu aussi évoquer les injures racistes contre John A. (hors procédure), mais le tribunal n’était pas saisi de cela. On n’exclut pas de déposer une autre plainte… »

    Contre toute attente, c’est la défense qui met les pieds dans le plat. « Je n’ai pas l’impression de défendre un facho », lance Me Chabert dont le client (Hugo M.) est en Australie. Puis il « s’étonne » des signalements de députés (PS, LFI) et du « compte rendu surréaliste des faits » du maire PS suite à la rixe. « M. Delafosse est à moitié aveugle, sous le prisme de l’ultra gauche ». Vu la consonance du nom de son client (Zakarya O.), Me Pons estime « qu’il n’a pas la bonne casquette pour être traité de facho ». Enfin, Me Paul, conseil de Enzo A. (le seul avec un casier judiciaire), s’interroge. « Ces notions de méchants/gentils, fachos/ultra gauche. Est-ce que ça valait 4 heures d’audience ? »

    La substitut du procureur dépeint des violences dont les conséquences auraient pu être dramatiques. « Aucun de ces hommes n’a su se maîtriser. Tout le monde a essayé d’échapper à sa responsabilité, puis avec les images de minimiser ». A tour de rôle, les prévenus feront des excuses. Eux seuls en connaissent le degré de sincérité.

    * Dix jours pour faire appel.

    « Pas intérêt à une caisse de résonance politique »

  • Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    La situation dans la santé, à l’hôpital ou en Ehpad, ne fait plus la une de l’actualité. Pourtant, la situation reste critique dans ces structures. Encore plus après l’été que les agents ont enduré, devant faire face à un afflux de patients à cause des canicules à répétition. « Il y a une journée où on a dépassé les 230 passages aux urgences, ce qui n’était jamais arrivé », confirme Romain Sabran, le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes.

    Mardi 15 septembre, il accompagnera une délégation d’Alès et des alentours à Montpellier pour manifester devant la préfecture. « On a toujours un absentéisme élevé, notamment dans les maisons de retraite. On est à 15-16% d’absentéisme, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale. Quelques structures ont fonctionné tout l’été en sous-effectifs. Des lits ont été fermés durant l’été, notamment des lits d’ambulatoire et d’hospitalisation de jour. Des lits en pédopsychiatrie ont aussi été fermés temporairement », décrit Romain Sabran.

    Face à cette situation loin d’être isolée, la CGT appelle à se rassembler devant la préfecture entre 12h et 14h. Une délégation doit d’ailleurs être reçue par la préfète. Les agents souhaitent ainsi continuer d’alerter sur leur situation mais aussi peser dans le débat à venir sur le financement du budget de la sécurité sociale. « On a besoin d’un renfort de personnel. On demande aussi des hausses de salaires car avec le tassement des grilles, des agents se retrouvent aujourd’hui en dessous du Smic et reçoivent donc une indemnité compensatrice. Il y a aussi la question de la formation du personnel car on emploie de plus en plus de gens non qualifiés, notamment dans les Ehpad. On demande aussi l’abrogation de la fameuse taxe sur les salaires, qui est en grande partie responsable des difficultés financières des hôpitaux », liste Romain Sabran.

    Les énergéticiens

    en colère

    Les acteurs de la santé ne seront pas les seuls en grève mardi 15 septembre. Quatre organisations syndicales de l’énergie, dont la CGT, appellent également à la mobilisation. C’est un rapport de la Cour des comptes préconisant de revenir sur le tarif agent qui a mis le feu aux poudres. « Le tarif agent permet de payer 10% de l’électricité », explique la secrétaire générale de la CGT Énergie du Gard, Élodie Constantin. « Mais en contrepartie, on a des salaires qui sont inférieurs au salaire du commun des mortels. C’est un droit hérité de la création du statut de 1946. »

    Les agents sont donc appelés à se rassembler devant les préfectures. 300 d’entre eux sont ainsi attendus devant la préfecture du Gard à Nîmes. « Il y a de la colère parce qu’il n’y a pas que le tarif agent. Ils remettent aussi en question les heures supplémentaires et les astreintes alors qu’on ne peut pas s’en passer car on n’a pas assez d’agents. Si on veut supprimer les heures supplémentaires, il faut doubler les effectifs. Il y a aussi un problème de formation. On demande aussi le retour à un prix garanti car l’énergie est un bien commun », détaille Élodie Constantin.

    Une situation d’autant plus compliquée que les agents de l’énergie ont également été particulièrement sollicités face aux canicules et aux incendies. « Déjà en décembre, il y avait eu une tempête puis en janvier des inondations. Avec les canicules, nos ouvrages souffrent et il faut des agents sur le terrain. En ville, des agents vont travailler en soute et quand il fait 40 degrés dehors, il fait 60 dans la soute », conclut Élodie Constantin.

  • Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Utilisé pour des usages légaux, notamment dans l’industrie et la médecine, le protoxyde d’azote est massivement détourné pour un usage dit « récréatif » mais qui n’a plus rien d’hilarant. Il suffit d’une petite cartouche de protoxyde, ou désormais d’une bonbonne jetable, d’un banal ballon gonflable pour se droguer à moindres frais. Sauf que depuis une dizaine d’années, le « proto » est devenu une des substances les plus populaires chez les jeunes, entraînant accidents et handicaps à vie.

    Peu nombreux sont les usagers de cette drogue à mesurer qu’ils sont les victimes d’un trafic très lucratif à échelle européenne et mondiale. Exemple : en 2023 à Nîmes un vaste réseau de vente illicite de bonbonnes de protoxyde d’azote a été démantelé. Les chiffres sont énormes : entre « 200 000 et 500 000 bonbonnes » auraient été achetées puis revendues par le principal suspect « via plusieurs sociétés. Un trafic estimé entre 2,7 et 6,7 millions d’euros » relatait à l’époque France 3 Occitanie. Deux ans plus tard, en avril 2025, le tribunal correctionnel de Nîmes avait lourdement condamné les trois prévenus : « 3 750 euros d’amende pour la vente des crackers (dispositif d’extraction) ; 1 an avec sursis et 60 000 euros ; 4 ans de prison, 250 000 euros et confiscation de 3 immeubles pour l’organisateur » avait résumé sur les réseaux sociaux la procureure de Nîmes, Cécile Gensac.

    La Ville de Montpellier fait usage de fermeté, sans trembler, depuis septembre 2024 en interdisant la vente au détail et en procédant à des fermetures administratives d’épiceries de nuit. Selon la police municipale deux cents de ces établissements vendaient des bonbonnes. L’arrêté municipal signé par le maire socialiste Michaël Delafosse (PS), justifie ces mesures par la dangerosité du produit. « La consommation de cette substance entraîne des risques graves pour la santé : troubles moteurs, altération de la perception, convulsions, troubles neurologiques », précise l’arrêté municipal. Elles « ont été sources d’accidents parfois mortels et de refus d’obtempérer ».

    Dès 2021 la loi sanctionne la détention et le transport par un particulier de protoxyde d’azote au-delà d’une certaine quantité. La législation s’est encore musclée en 2026 : la loi fourre-tout, Ripost, promulguée le 18 août prévoit qu’à partir du « 1er février 2027, la vente de protoxyde d’azote aux particuliers sera purement et simplement interdite. En outre, un délit d’inhalation détournée de protoxyde d’azote hors cadre médical est créé ». L’amende sera de 500 euros. La répression donc.

    Mais pour Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’université Paul Valéry de Montpellier, spécialiste des politiques publiques sur la drogue, la réponse apportée par la loi Ripost « ne sera pas efficace ».

    Mais face à l’ampleur du trafic, c’est la loi du bâton qui domine. Début septembre, le préfet de police de Paris a révélé que 26 tonnes de bonbonnes de protoxyde d’azote ont été saisies dans l’agglomération parisienne au cours des 8 premiers mois de l’année, soit déjà dix fois plus que sur l’ensemble de l’année 2025. le protoxyde d’azote « est un problème sanitaire et un problème d’ordre public », résume Patrice Faure. Mais il mise sur la loi Ripost pour « apporter des réponses beaucoup plus fermes et visibles ».

    Les professionnels de santé souhaiteraient de véritables campagnes préventives à l’échelle nationale comme l’explique à La Marseillaise la professeure Hélène Donnadieu-Rigole, responsable du service addictologie du CHU de Montpellier. Pour l’heure, les villes sont en première ligne et mènent leur propre campagne de prévention tout en devant gérer la terrible pollution générée par ces bonbonnes.

    EN CHIFFRES

    12%

    des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote comme gaz hilarant contre 6% il y a quatre ans, selon le baromètre Ipsos commandé par la Macif en juin 2026. L’Occitanie est l’une des régions les plus touchées.

    27%

    des consommateurs de protoxyde d’azote déclarent avoir des pensées suicidaires selon la même étude Ipsos.

    25%

    des consommateurs réguliers déclarent avoir eu un accident de la route après avoir inhalé du protoxyde d’azote. En tête des consommations chez les jeunes : l’alcool, suivi du tabac puis du cannabis.

  • Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Montpellier compte près de 80 000 étudiants. Derrière les chiffres du dynamisme universitaire se cache une réalité beaucoup plus sombre : on estime qu’un étudiant sur cinq vit dans la précarité, « soit environ 16 000 jeunes contraints de subsister avec un reste à vivre inférieur à 100 euros par mois », illustre Philippe Vernay, délégué bénévole de l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant à Montpellier.

    Une détresse financière qui entraîne, bien souvent, « un isolement social, car ces jeunes privés de ressources ne peuvent pas participer à toutes les activités que font d’autres étudiants », explique-t-il. Pour tenter de joindre les deux bouts, « ils travaillent, souvent dans le cadre de missions d’intérim et la plupart du temps le week-end, au détriment de leur scolarité ».

    Pour leur venir en aide, l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant, née à Lyon en 2021 et structurée en délégation officielle à Montpellier depuis avril 2025, propose une réponse concrète : le parrainage. « La particularité de notre action, c’est que nous traitons les deux volets : l’achat d’un cabas de nourriture de temps en temps et la création d’un lien social », poursuit le délégué montpelliérain. Concrètement, parrains et marraines accompagnent les jeunes pour faire les courses, les conseillent pour varier leur alimentation et partagent avec eux les bons plans locaux. 1 Cabas pour 1 Étudiant a par exemple noué un partenariat avec le Rayon 34, l’épicerie solidaire de l’Université Paul-Valéry, « qui permet aux étudiants d’acheter des denrées à seulement 15% du prix du marché ». Mais le cœur du dispositif reste l’humain. Ancienne directrice d’école à la retraite, Françoise marraine, depuis février, une étudiante d’origine béninoise de 22 ans : « La première fois qu’on s’est rencontrées, je lui avais donné rendez-vous sur la place de la Comédie. Elle était à Montpellier depuis un mois et elle ne la connaissait pas ! Elle était complètement repliée sur elle-même, elle avait peur de tout. L’arrivée en France a été un petit choc culturel. Elle a eu besoin d’être accompagnée pour comprendre comment ça fonctionne. On échange sur toutes sortes de sujets », confie Françoise.

    « Un engagement valorisant et concret »

    « Quand elle vient manger à la maison, je fais la cuisine avec elle, je lui apprends à faire certains plats simples et pas chers. On l’emmène également à des concerts gratuits, pour lui montrer qu’on peut sortir, qu’au-delà des études et de la survie, on peut vivre. » Michel, un autre parrain bénévole, partage lui aussi des activités avec son filleul : randonnée, balade à vélo, après-midi à la plage, visite culturelle au Pont du Gard… L’objectif étant également d’élargir le cercle relationnel de ces jeunes en leur faisant rencontrer l’entourage des parrains et marraines.

    L’étude d’impact 2026 réalisée par l’association* confirme les vertus de ce parrainage solidaire : « Plus de 90% des jeunes déclarent se sentir moins seuls, manger plus souvent à leur faim, avoir un meilleur moral au quotidien ainsi que le sentiment de mieux tenir le coup face à la pression universitaire », rapporte Philippe Vernay. La force du dispositif repose sur cette relation personnalisée, où chaque binôme avance à son rythme, sans programme imposé. L’engagement demandé est avant tout moral, avec une durée minimale d’une année scolaire pour éviter toute rupture brutale pour le jeune. La structure propose un accompagnement solide depuis son siège lyonnais : une visioconférence présentant l’association est proposée en amont de chaque inscription et « si on a des questions, on peut téléphoner ou envoyer un mail. Il y a également régulièrement des forums de discussion entre parrains-marraines », témoigne Françoise.

    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : les retraités sont nombreux, mais des actifs s’engagent également. Depuis son déploiement à Montpellier, l’association a déjà permis de concrétiser 90 parrainages. Si 25 binômes sont restés actifs tout au long de la période estivale, l’urgence est aujourd’hui au recrutement. « On sait qu’à la rentrée, 30 à 40 étudiants vont s’inscrire », estime Philippe Vernay. « L’idée est de convaincre qu’on est sur un engagement valorisant, concret, qu’on fait à son rythme, en fonction de ses moyens et de ses disponibilités. C’est aussi une façon de rendre un peu ce qu’on a pu avoir, ou ce dont on a fait bénéficier nos enfants… Un petit retour d’ascenseur face à une précarité qui augmente. »

    * Auprès de 271 étudiants parrainés et 161 parrains et marraines

  • Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Deux mille six cents cinquante euros. C’est en 10 ans la perte de pouvoir d’achat annuelle d’un étudiant, alerte le Scum. Vendredi 28 août, devant le parvis de la faculté de médecine, le Syndicat de combat universitaire a dressé, étude de l’Union étudiante à l’appui, un constat alarmant sur la détérioration des conditions de vie des étudiants.

    En l’espace d’une décennie, le coût de la vie a bondi de 16,5 à 24,3% en fonction des villes pendant que les bourses n’étaient revalorisées que de 1% en 2021 puis 4% en 2022. Au mieux, elles s’élèvent à 633,5 euros plus 233 euros d’aide au logement tandis que le coût de la vie étudiante* à Montpellier était estimé à 1 165 euros mensuels en 2023. La hausse des loyers (+19,2% en 7 ans) impose aux étudiants un surcoût de 102 euros annuel. Et bien que les boursiers en sont exonérés, le montant élevé (105 euros soit +25 euros depuis 2018) de la taxe CVEC n’arrange rien.

    Le Crous n’étant en capacité de loger que 10% des jeunes et le parc privé étant trop onéreux, le Scum réclame « la construction massive de logements étudiants à des prix abordables ». Le porte-parole Vincent Pagano interpelle aussi le maire Michaël Delafosse (PS), « qui ne semble pas particulièrement préoccupé par la situation » sur la nécessité de « mettre en place des logements d’urgence ». L’an passé, au moins 150 étudiants s’étaient retrouvés sans toit. L’étudiant en 5e année de médecine déplore aussi la monétisation des parkings autour des facultés (150 euros l’abonnement annuel).

    La généralisation des repas à 1 euro effective à cette rentrée devrait apporter un peu d’air aux 80 000 étudiants montpelliérains, 15 000 Nîmois, 2 500 Biterrois et 2 200 Alésiens. Mais la mesure est insuffisante pour Théo Haffner-Martin. « On craint une saturation des structures du Crous qui se réserve le droit de diminuer le nombre de repas à 1 euro servis », tempère le porte-parole du Scum.

    La raison pour laquelle le syndicat s’apprête à reprendre ses distributions régulières de colis alimentaires. Elles auront lieu un vendredi sur deux à la cité U la Colombière ou au restaurant universitaire Triolet pour les distributions de pain. Côté Paul Valéry, les distributions se tiendront tous les mercredis de 13h30 à 14h30 dans l’espace La Ruche. L’an passé, 15 000 colis ont été distribués. « 41% des étudiants sautent des repas faute de moyens », rappelle Vincent Pagano.

    Des repas à 1 euro insuffisants

    Dès la rentrée, le Scum entend aussi poursuivre son soutien** aux « sans fac », victimes d’une sélection jugée « sociale et raciste ». Sans parler des frais d’inscription exponentiels pour les étudiants étrangers. « On compte 207 400 candidats pour 151 887 places sur MonMaster soit 23 615 places de moins qu’en 2025 ! », alerte Lison Galzin. « Les universités doivent s’adapter pour accueillir plus d’étudiants. La sélection doit être supprimée. Stop au tri social ! », harangue l’étudiante en 5e année de médecine.

    * Manif contre la suppression des APL mardi 15 (18h) devant la préfecture à Montpellier. **Réunions d’info : jeudi 10 (18h) salle J. Moulin (Paul-Valéry), vendredi 11 (18h) bâtiment 2 fac de droit.

  • Enseignement supérieur et recherche : un front uni contre le sous-financement

    Enseignement supérieur et recherche : un front uni contre le sous-financement

    C’est une rentrée qui s’annonce offensive. À l’appel d’une très large intersyndicale, une journée de mobilisation nationale est organisée le 15 septembre pour dénoncer le sous-financement chronique qui tue, lentement mais sûrement, le service public de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR).

    C’est le rapport issu des « Assises du financement des universités », publié en juin dernier, qui a mis le feu aux poudres. « Il acte le désengagement de l’État du service public de l’ESR », estime Romain Larive, enseignant-chercheur en biologie à l’Université de Montpellier et membre de la direction du Snesup FSU de l’établissement. « Face au sous-financement chronique de l’État, la seule proposition qui est faite est la diversification, par les établissements, de leurs ressources propres et notamment la multiplication par cinq des frais d’inscription pour tous les étudiants. Ce qui restreindrait l’accès à l’enseignement supérieur aux étudiants issus des classes populaires, sur le modèle anglo-saxon », dénonce le syndicaliste.

    « Depuis la mise en place de l’autonomie des universités par Valérie Pécresse en 2012, on a perdu l’automatisme de la subvention pour charge de service public, qui devrait être proportionnelle au nombre d’étudiants. Lequel ne cesse d’augmenter… », explique l’enseignant-chercheur. Les universités se retrouvent donc à gérer des budgets déficitaires. « Cette année, je crois que plus des trois quarts des universités étaient en déficit, malgré des mesures d’austérité déjà appliquées depuis de nombreuses années », déplore Romain Larive.

    12 000 titulaires et

    100 000 places en licence

    « À l’Université de Montpellier, par exemple, les postes qui doivent être ouverts au concours pour recruter des collègues suite à des départs à la retraite sont gelés pendant un an », illustre-t-il. « Et il y a quelques années, à la faculté des sciences, il y a eu une diminution de 10 % du volume horaire de tous les enseignements. » Des choix contraints qui dégradent les conditions de travail comme d’apprentissage. « C’est un peu comme si on était un corps humain et qu’il fallait choisir de couper un orteil, puis un pied… Sachant qu’il y a toujours plus d’étudiants et toujours moins de moyens, du coup ça s’accentue de plus en plus. » Les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, eux, « sont jusqu’à trois fois plus financés que ceux qui viennent à la fac », relève le représentant du Snesup FSU. « Il faudrait que toutes les universités soient aussi bien dotées que ces classes préparatoires ». Selon le syndicat, « il manque 8 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur et 8 milliards pour la recherche publique, soit une augmentation d’environ 50% du budget de l’ESR, qui est actuellement d’un peu moins de 30 milliards. Cet argent existe : on peut aller le chercher du côté du crédit impôt recherche versé aux entreprises… »

    Le manque de postes est également un gros sujet de préoccupation : « On fonctionne de plus en plus avec une part d’heures d’enseignement assurées par des collègues qui ne sont pas titulaires. On a une armée de précaires qui assurent entre un tiers et la moitié des enseignements, selon les universités », rapporte Romain Larive. Selon lui, « un plan massif de recrutement de 12 000 titulaires » serait nécessaire. Il faudrait également créer « 100 000 places en première année de licence » pour absorber l’augmentation du nombre d’étudiants dans l’ESR. « On a chiffré à plus de 150 000 le nombre de bacheliers inscrits sur Parcour’sup qui n’ont pas eu d’affectation début juillet », illustre l’enseignant-chercheur. « D’un côté on assèche les universités (sous-financement, sous-recrutement) et de l’autre on met en place une plateforme qui instaure une sélection n’ayant d’autre but que de masquer le manque de places. » Tout en foulant aux pieds le droit de poursuivre des études dans l’enseignement supérieur après le baccalauréat.

  • Montpellier, rester sur les hauteurs

    Montpellier, rester sur les hauteurs

    L’allure massive, le ton mesuré, le sourire apaisant : le manager de Montpellier Joan Caudullo trimballe la même prestance. Neuf semaines après la finale perdue devant le Stade toulousain (28-20), à la douleur encore palpable pour lui, le nouvel homme fort du MHR semble le même. Il s’avance vers sa troisième saison à la tête de l’équipe héraultaise avec un objectif simple. Ou plutôt une obsession. Préserver une constance au plus haut niveau, un même style de jeu. « On a envie de faire les phases finales, on a envie d’y être. On est en capacité par rapport à la saison dernière de pouvoir le dire et l’annoncer haut et fort », se projette-t-il. Mais, il redoute une décompression à la veille de la reprise samedi 5 septembre (19h) au complexe Du Manoir devant Pau, présent également en phase finale.

    « Attention à la décompression après une bonne saison. Je pense que l’on vient de vivre l’une des meilleures saisons du club mis à part la saison 2022 [conquête du titre, Ndlr]. J’ai peur, pour ma part, de cette décompression, mais j’en ai parlé aux joueurs et au staff », insiste le technicien, au contrat prolongé jusqu’en 2029.

    Joan Caudullo connaît l’histoire du MHR. Né et formé à Montpellier, il a vécu l’euphorie d’une belle saison, puis le cauchemar de la suivante comme au lendemain du titre conquis en 2022. Avec ce sauvetage lors du barrage en juin 2024 à Grenoble.

    Montpellier n’est ni Toulon, ni Clermont, ni La Rochelle, ni même Béziers, où la notoriété du club crée d’elle-même une attente. Et la culture du rugby enveloppe toute la ville sous une pression latente.

    Au fond, le MHR est face à lui-même. Face à son excellente saison, l’une des plus réussies sous la présidence du mécène Mohed Altrad, aux commandes du club héraultais depuis avril 2011. Seconds de la phase régulière, les partenaires du jeune capitaine Lenni Nouchi ont atteint la quatrième finale de l’histoire, après avoir conquis le Challenge européen devant l’Ulster. Dur de faire mieux. Désir de garantir un minimum.

    « Il y a des efforts physiques à faire »

    « J’aimerais que l’on continue à parler de nous comme une équipe dure à jouer. Si on atteint cet objectif-là, je pense qu’on fera des phases finales. L’objectif du club est d’arriver à enchaîner des saisons de bonne facture avec des phases finales, avec un partage avec notre public, avec une bonne image du club » avance-t-il.

    Seulement, Caudullo connaît la densité du Top 14 : « Déterminer une place au classement avec la densité de ce championnat, je trouve ça hyper difficile et irrespectueux des autres équipes. Parce qu’aujourd’hui, à part Toulouse, savoir qui va finir 14e, 13e, ou dans les six premiers, je suis incapable de te le dire », estime-t-il.

    Ce manager méticuleux ne veut pas dévier de sa ligne de conduite. Celle d’un jeu charpenté autour de ses avants, d’une mêlée performante, d’une touche dominatrice et d’un savoir-faire sur les ballons portés. De l’ADN de Montpellier. « La chose la plus dure est de mettre ce jeu en place. Il y a des efforts physiques à faire, il faut être en forme et avoir une force mentale. L’an passé, on n’a rien lâché, j’aimerais qu’on conserve ce jeu. Si on y arrive, on aura des résultats », persuade-t-il. « Depuis quarante ans, le jeu de Montpellier a toujours été comme ça. Avec des avants forts et costauds qui doivent dominer l’adversaire pour pouvoir gagner », dessine-t-il, sans céder à la tentation du spectacle.

    Tout change à l’aube de cette saison. Au-delà du statut de finaliste, Montpellier sera confronté à de nouvelles exigences et règles aussi. L’équipe de Caudullo revient en Coupe des champions, où le niveau est sans commune mesure avec le Challenge européen. Et rançon du succès, plusieurs joueurs comme Nouchi, Verhaeghe, Wardi ou peut-être Cadot, présents lors de la dernière tournée des Bleus dans l’Hémisphère Sud, sont suivis par le sélectionneur français Fabien Galthié.

    Tout change et Caudullo veut laisser Montpellier à sa nouvelle place. Sur les hauteurs du rugby français.