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  • Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Évaluer en toute discrétion son exposition aux violences conjugales de toutes sortes, puis recevoir gratuitement un diagnostic personnalisé et si besoin des conseils pour s’orienter auprès de professionnels. Voilà les services que propose gratuitement la plateforme Opale Care*.

    Créé en 2024 par l’entrepreneuse montpelliéraine Vigdis Morisse-Herrera, cet outil digital unique de prévention, diagnostic et de suivi, propose de combler un manque pour les victimes. « J’ai été moi-même victime de violences conjugales sexuelles et psychologiques. J’ai créé la plateforme dont j’aurais eu besoin à l’époque », résume cette passionnée de French Tech.

    Elle explique que la multiplicité des atteintes (psychologiques, physiques, sexuelles, économiques, administratives, cyberviolences), complique souvent la prise de conscience des victimes, des femmes à 87% parmi les 271 000 plaintes déposées en 2023 (sachant que seules 14% des victimes réclament réparation). « Le sujet est souvent abordé sous l’angle de la femme battue, ce qui invisibilise toutes les autres formes de violences, laisse entendre que le reste n’est pas grave. »

    Pour avoir dû elle-même partir en quête d’informations, elle décide d’en faciliter l’accès. « Le numérique est un énorme levier », assure Vigdis tandis qu’Opale Care compte déjà 7 500 utilisateurs. Discret, le questionnaire anonyme de 200 occurrences (20 minutes) permet de lever les doutes ou sortir du déni. « Il catégorise les choses sans avoir le tabou de la réponse. » Sans interlocuteur physique à qui se confier, « il n’y a pas de gêne ni de honte. C’est parfois plus facile que de faire la démarche d’appeler un numéro d’urgence ou se déplacer dans une association. »

    Via une analyse juridique de ce que la loi interdit, la version pro d’Opale Care pousse l’expertise jusque dans l’entreprise pour l’inciter à « protéger et accompagner ses salariés ». Quel que soit le cadre des violences, les victimes sont renseignées sur les aides publiques (CAF, banque, assurance…) auxquelles elles ont droit et si besoin redirigées vers des associations ou professionnels compétents.

    Plus d’infos sur : opale.care

  • Nos armes juridiques contre la concentration des médias

    Nos armes juridiques contre la concentration des médias

    « Neuf personnes détiennent 90% des médias ». Derrière cette formule, une réalité inquiétante : une concentration médiatique croissante entre les mains de quelques milliardaires. Neuf personnes maîtrisent la quasi-totalité du débat public et des moyens d’information pour 70 millions de citoyens.

    Cette concentration a des conséquences : influences, pressions et menaces sur les journalistes, subordination et instrumentalisation des organes de presse au service d’intérêts privés, unanimisme idéologique sur des sujets essentiels (libre marché, dette publique, conflit israélo-palestinien).

    Pour justifier cette concentration les milliardaires et leurs affidés ont un argument juridique : la propriété privée est un droit « inviolable et sacré ». Notre ordre juridique garantirait ainsi une appropriation des entreprises d’information qui ne saurait être remise en question sans violer l’Etat de droit.

    La réalité est pourtant toute autre. Aucun droit fondamental n’est absolu et tout droit fondamental coexiste avec d’autres droits, eux aussi fondamentaux. Les juridictions suprêmes organisent cette coexistence en se fondant sur des critères de « proportionnalité », « d’intérêt général » ou « d’objectif légitime ».

    Or, en concentrant les moyens d’information, les milliardaires portent une atteinte disproportionnée à nos droits fondamentaux. Sont ainsi menacés : le droit à bénéficier d’une information sincère et d’une libre diffusion des opinions, la liberté de conscience, la liberté de la presse, le droit à des élections libres issues d’un débat public équitable, le droit à vivre en démocratie (c’est-à-dire sous l’empire de la volonté générale).

    Le pluralisme des médias a rang d’objectif constitutionnel

    De cette contradiction entre droits fondamentaux naît une problématique qui n’est pas un impensé juridique. Notre Constitution garantit ainsi la liberté de la presse en exigeant du législateur qu’il garantisse le pluralisme et l’indépendance des médias (Article 34 de la Constitution).

    Sur cette base, les juridictions suprêmes ont pris position : Le Conseil constitutionnel élève le pluralisme des médias au rang d’objectif constitutionnel impliquant la mise à l’écart des intérêts privés et du marché (Conseil constitutionnel, Décision DC n°84-181, 11 octobre 1984).

    Et selon la CEDH tout accaparement des médias par une « fraction économique » constitue une atteinte démocratique (CEDH, Arrêt Centro Europa c. Italie, 2012, 001-111396).

    La lutte contre la concentration médiatique est donc juridiquement fondée. Face à l’accélération du phénomène et à la multiplication des dérives il revient aux professionnels et aux citoyens de se saisir de ces arguments. L’éviction des grandes féodalités financières hors de la presse est devenue un impératif démocratique.

    Par Olivier Bonijol, avocat au barreau de Montpellier

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  • Des mobilisations dans l’Hérault et le Gard

    Des mobilisations dans l’Hérault et le Gard

    Elles sont partout : dans la sphère familiale, professionnelle, sur les lieux d’études, de soin, dans l’espace et les transports publics, dans les milieux culturel, sportif, politique… Malgré le mouvement #MeToo, qui a libéré la parole et permis une certaine prise de conscience, « les violences sexistes et sexuelles ne régressent pas », observe Marine Trégan, de Solidaires 34, membre de l’interorga féministe de Montpellier. « 141 féminicides ont été recensés en 2024. 213 000 femmes subissent des violences conjugales et 94 000 des viols ou tentatives, dont 8 000 sur leur lieu de travail, chaque année », liste-t-elle.

    « Macron et son gouvernement se vantent de faire de l’égalité hommes-femmes une priorité, de la lutte contre les violences faites aux femmes une grande cause nationale, mais à côté de cet affichage politique, ce qu’on constate ce sont des politiques de casse sociale qui ne cessent de fragiliser les plus précaires, dont les femmes font clairement partie. Or, on sait que la précarité économique, la difficulté de subvenir seule à ses besoins expose d’autant plus aux violences », dénonce Marine Trégan.

    Ces politiques austéritaires fragilisent également les associations, qui manquent de moyens (voir page 7). « On a un gouvernement qui n’est pas du tout dans le soutien des associations féministes, qui ont pourtant acquis une expertise depuis des décennies sur ces questions-là, qui sont les mieux formées et qui sont indispensables aux victimes. Le fait que le Planning familial de l’Hérault, par exemple, ait un budget incertain chaque année, qu’il doive faire un appel aux dons, qu’on ne sache pas s’il va pouvoir continuer à exister, c’est dramatique », illustre la militante.

    « Montée des idées réactionnaires »

    Cette austérité va également porter atteinte au service public « et donc empêcher des politiques ambitieuses de prévention des violences, d’éducation. Car ce n’est pas simplement en sanctionnant les violences une fois qu’elles ont eu lieu qu’on les éradique », insiste Marine Trégan. Dans l’Éducation nationale, un programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) vient bien d’être adopté, malgré de nombreuses attaques. Une avancée, pourrait-on penser, « sauf qu’il n’y a pas les moyens nécessaires pour la mettre en œuvre : pas d’heures dédiées et les personnels de l’Éducation nationale ne sont pas encore suffisamment formés. Sans oublier que les associations, qui interviennent depuis longtemps dans les établissements sur ces questions, voient leurs subventions des collectivités locales rognées d’année en année. On constate même parfois une défiance des pouvoirs publics à leur encontre. Dans l’Académie de Montpellier par exemple, on a appris qu’elles n’auraient plus de droit d’intervenir sur des séances d’Evars dans les écoles », dénonce la représentante de l’interorga féministe de Montpellier.

    Marine Trégan pointe par ailleurs « une montée des idées réactionnaires. Ces dernières années, des études montrent qu’il y a un fossé qui se creuse parmi les jeunes générations entre des jeunes femmes de plus en plus conscientes des inégalités avec une volonté de faire changer la société à ce niveau et des jeunes hommes de plus en plus exposés à des discours masculinistes, qui valorisent une virilité dominatrice. On le constate clairement sur les réseaux sociaux. Il y a des idées qui proviennent de l’extrême droite, qui valorisent l’exercice de la force et de la domination des hommes sur les femmes. Ce sont des choses très inquiétantes en termes d’évolution des mentalités », estime la représentante de Solidaires 34.

    Aussi, l’interorga féministe de Montpellier, qui rassemble syndicats, associations, collectifs féministes et organisations politiques, appelle à se mobiliser massivement samedi 22 novembre pour une manifestation qui partira à 14h de la place Albert 1er. À Béziers, deux rendez-vous sont prévus à l’initiative des organisations syndicales CGT, Solidaires et FSU et des collectifs féministes LesRosies et Les Simone veillent : le samedi 22 novembre à 10h30 sur le parvis du théâtre et le mardi 25 novembre à 16h30 devant la Maison des femmes (4 rue Jean Prévost). À Sète, un rassemblement est organisé le 22 novembre à 12h devant les Halles. À Lodève, le rendez-vous est fixé mardi 25 à 12h sur le parking de la sous-préfecture. À Nîmes, enfin, un rassemblement aura lieu le 22 novembre devant Carré d’art à 15h30, avant une déambulation jusqu’au tribunal.

    Ciné-débat le 28 novembre à Nîmes

    Le Zonta Club Nîmes Romaines, qui regroupe des femmes engagées pour promouvoir et soutenir l’autonomie des femmes et des filles, organise une soirée ciné-débat dans le cadre de la campagne mondiale Zonta says no to violence against women, le 28 novembre à 20h15 au Cinéma Sémaphore, à Nîmes. Cette soirée s’articulera autour de deux temps forts. D’abord la projection du film L’Amour et les forêts de Valérie Donzelli, adaptation du roman éponyme d’Éric Reinhardt décryptant les mécanismes et la dérive de l’emprise narcissique d’un mari sur sa femme suivant une rencontre amoureuse. La projection sera suivie d’un débat en présence notamment de la présidente du CIDFF du Gard (centre d’information sur les droits des femmes et des familles) et d’autres acteurs engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

  • [EQDD Midi Libre] À Montpellier, quand les façades fleurissent, le quartier respire

    [EQDD Midi Libre] À Montpellier, quand les façades fleurissent, le quartier respire

    Rue de la Méditerranée, on respire. Deux ou trois étages au maximum, des façades un peu vieillies, et désormais, des cascades de couleurs pour égayer ces rues situées à deux pas de l’agitation de la gare Saint-Roch. Jasmin étoilé, clématite, solanum, rosier de Banks : les fleurs grimpent le long des murs, enjambent parfois la rue, cadrent les fenêtres, et s’emmêlent au street art posé sur les murs. Elles attirent oiseaux, papillons, abeilles. « On revoit des moineaux, des fauvettes, des bergeronnettes qu’on ne voyait plus ! » s’enthousiasme Christine Konopnicki, membre de l’association Mare Nostrum.

    Cet ancien faubourg ouvrier, né en 1864 pour loger les travailleurs de l’usine à gaz, n’attirait guère. « Le quartier était un peu triste à l’époque, minéral, un peu repoussoir, selon Frank Plana, le président de Mare Nostrum. On a voulu amener du vert. Les fleurs se sont épanouies très vite. Dès que leurs racines ont trouvé la nappe phréatique, elles se sont mises à pousser ! Ça a transformé très rapidement le visage du quartier ».

    « On a voulu amener
    du vert »

    Le collectif a en effet lancé dès 2013 l’idée de faire participer les habitants à la végétalisation des rues. Le concept, soutenu et financé par la mairie depuis dix ans, repose sur les « bons de végétalisation » distribués à ceux qui souhaitent planter sur trottoir ou au pied des arbres. La ville fournit les plantes via son Centre Horticole municipal, les services municipaux percent le sol, et les habitants installent eux-mêmes leurs grimpantes. Résultat : 2 000 bons distribués en cinq ans, et une transformation visible.

    Pour Stéphane Jouault, adjoint au maire délégué à la Nature en ville et à la Biodiversité, venu déambuler dans le quartier en cette matinée ensoleillée d’automne, le projet coche toutes les cases : « Il crée de l’embellissement, du rafraîchissement. Il s’inscrit dans notre volonté de développer des rues-jardins qui restent agréables pour marcher ».

    Jusqu’à cinq degrés
    de moins

    Les effets se mesurent aussi au thermomètre. « La végétalisation des rues crée des zones d’ombre immenses permettant de réduire la température non seulement sur les façades mais aussi sur les trottoirs. On constate jusqu’à cinq degrés de différence grâce à la transpiration des plantes », explique Frank Plana. Un atout précieux dans une ville méditerranéenne de plus en plus frappée par les épisodes de canicule, où de nombreux habitants souffrent des îlots de chaleur urbains.

    En offrant nectar, fruits et abris, ces plantes augmentent la biodiversité dans un milieu urbain souvent hostile. La mairie distribue désormais aussi des arbustes locaux, des haies et même des arbres fruitiers, à planter dans son jardin. Les Montpelliérains peuvent adopter des micro-fleurissements abandonnés par leurs propriétaires, souvent partis vivre ailleurs.

    L’initiative a généré des effets collatéraux inattendus : moins de poussière, plus de convivialité. Une « brigade verte » s’est formée pour entretenir collectivement les fleurs. « L’entretien des plantes permet le partage de savoir-faire entre générations, ça crée du lien social, des ramifications, comme les plantes. Les gens sont plus souriants, plus fiers de leur quartier », raconte Christine. Mais elle tempère : avec l’embellissement, les loyers ont flambé.

    « Tout le contraire
    de la climatisation »

    Stéphane Jouault résume : « Ce projet, à coût relativement réduit, a amené de nombreux bénéfices. Cela correspond à une vision de la ville où la nature reprend ses droits et apporte du bien-être aux habitants. Le micro-fleurissement, c’est une adaptation vertueuse face aux changements climatiques. C’est tout le contraire de la climatisation, de la technique ».

    Le quartier s’est même lancé cette année dans un nouveau projet, baptisé « Quartier sauvage », une expérimentation scientifique menée avec le Muséum d’histoire naturelle de Paris et Tela Botanica. Ici, plus de désherbage systématique : on observe et on préserve la flore urbaine spontanée, y compris les herbes dites mauvaises.

    Finalement, la rue de la Méditerranée n’a pas seulement changé de décor : elle a changé de rythme. Ici, chaque façade fleurie raconte une histoire de voisinage retrouvé, de ville qui se rafraîchit en douceur.

    Par Laure de Charette
    Midi Libre

    Par Laure de Charette de Midi Libre

  • [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui explique votre engagement ?

    Marie Nikichine : Je suis bibliothécaire à Paul Valéry et mère de 4 enfants. J’ai mis du temps à comprendre le rôle que pouvaient avoir les parents d’élèves. C’est d’ailleurs sur un malentendu que je me suis retrouvée élue dans un conseil d’école. Quand mon premier enfant est entré au collège Fontcarrade à Montpellier, j’ai découvert la FCPE et un cadre plus réglementaire pour agir. J’ai compris que la FCPE offrait des clés de compréhension sur un fonctionnement pas facile à lire pour les parents. En 2023, où j’étais administratrice à la FCPE, je m’étais engagée dans un collectif de soutien à une famille arménienne en difficulté à l’école Paul-Langevin. Je préside la FCPE depuis juin 2025.

    VALEURS VS EXTRÊME DROITE

    La FCPE a décidé de se protéger des tentatives d’infiltration de l’extrême droite…

    M.N. : C’est déjà arrivé notamment à Aniane. Il y a une confusion entre la FCPE, association d’utilité publique, et le fait d’être représentant de parents d’élèves. Tout le monde peut adhérer chez nous mais la FCPE a des valeurs. On ne signe pas avec son sang mais quand on veut s’investir il faut s’accorder sur l’école émancipatrice, respectueuse des enfants, où les parents ont leur place dans un principe de coéducation, avec une bienveillance vis-à-vis des intérêts supérieurs des élèves. Quand vous lisez le programme du RN, on est complètement à l’opposé. Il est normal qu’il y ait un trouble si un représentant s’affiche comme RN. Du coup, on travaille sur un cadre déontologique. C’est un jeu d’équilibriste. Est-ce qu’être intolérant à l’intolérance c’est être intolérant ? Disons qu’on n’est pas censé utiliser l’image de la FCPE dans un cadre politique. On est vigilant quel que soit le parti pour des candidatures aux municipales.

    Le programme Evars (Éducation à la vie affective et sexuelle)
    est-il satisfaisant ?

    M.N. : On s’est réjoui du fait que l’enseignement est devenu un vrai programme (d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) pour être sûr que les heures soient faites. Il y a eu beaucoup de confusion avec des entreprises de désinformation portées par le Syndicat de la famille (proche de l’extrême droite). Ils s’attaquent quasiment au programme de SVT, il ne faudrait pas parler de la reproduction. À Castelnau ou Saint-Jean-de-Védas, des affiches ont été placardées pour dénigrer le dispositif que l’on soutient à la FCPE.

    HARCÈLEMENT SCOLAIRE ET FORMATION

    La Marseillaise : L’Éducation nationale met-elle les moyens pour lutter contre le harcèlement/cyberharcèlement scolaire ?

    M.N : Le protocole « Phare », qui offre un canal d’échanges, a fait la différence. Les établissements s’en emparent, il y a des réussites, on a progressé au moins pour entamer les choses. C’est pris au sérieux, on a des interlocuteurs au rectorat. On est aussi sollicités sur des cas plus complexes. Le cyberharcèlement est devenu un fait de société avec les groupes de discussions. Il y a un travail conjoint sur le danger des écrans. Personne ne fait l’autruche. En revanche, on est plus désarmés sur des relations problématiques entre enseignants et élèves avec un rapport de force défavorable à l’élève dont la parole n’est pas toujours évidente à faire entendre. Des parents ont peur de représailles, d’aggraver la situation.

    La formation accélérée des enseignants pour contrer la crise des vocations est-elle satisfaisante (Bac+3) ?

    M.N : On en est à un point où l’on est contents d’avoir des contractuels même si c’est parfois inégal en termes de qualité pédagogique. Mais ce n’est pas l’idéal. Je ne sais pas pourquoi on ne revient pas à un système de titulaires remplaçants. Je pense qu’il y a plusieurs causes à la crise des vocations, notamment le manque de moyens et d’attractivité du métier (rémunérations). Heureusement, il reste des enseignants hyper investis qui ont ça dans le sang. Je suis en admiration devant leur capacité à supporter les enfants et à porter des classes. Les jours où on voit le verre à moitié plein, on peut rester optimiste.

    ÉDUCATION NATIONALE

    Le gouvernement annonce la suppression de 4 400 postes d’enseignants…

    M.N. : On a un problème avec les annonces du gouvernement depuis quelques années. Il a aussi été dit qu’on aurait une moyenne d’un prof pour 21 élèves, ce qui – théoriquement – améliorerait le ratio avec la baisse démographique. C’est toujours la bataille des chiffres. On nous mélange souvent les chiffres de l’éducation prioritaire, ce qui fait baisser les moyennes alors qu’on a des maternelles à 27 gamins, des lycées plus de 30. On n’y croit surtout pas dans l’Hérault où la baisse démographique est moindre qu’au niveau national. On attend de voir la situation réelle des établissements. C’est pareil pour tout, on se rend vite compte que l’assistante sociale n’est là qu’un jour par semaine et ne peut répondre aux besoins.

    Il y a aussi le manque d’AESH et d’Atsem…

    M.N : On vient de porter des mobilisations dans plusieurs établissements sur le manque d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH). Cette année, le problème a explosé, ça ne tient plus. Parfois les enseignants se mettent en grève, ce n’est pas pour le plaisir. Le rectorat fait ce qu’il faut pour les AESH individualisés. En revanche, les AESH mutualisés c’est beaucoup plus flou. Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicaps, les autres et les enseignants.

    Au sujet des Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), pour lesquels on avait des manques l’an passé à Montpellier, la mairie semble avoir amélioré les choses même si cela pourrait être mieux. On reste vigilant.

    FAMILLES EXPULSÉES ET À LA RUE

    M.N : Ça montre qu’il faut continuer à être très vigilant et épauler les parents. On est alertés par des familles qui ne savent pas quoi faire. Un collectif « Un toit, un avenir » s’est monté auquel participe la FCPE. Face au positionnement assez tranché de la préfecture, il va falloir faire face dans le respect des familles. On est sur des droits fondamentaux. Il faut relayer ces actions, épauler les parents. On est dans le rapport de force. En Conseil départemental de l’Éducation nationale, on a déjà mentionné ce genre de situations.

  • Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Attendue au Salon international des filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole (Sitevi) du 25 au 27 novembre à Montpellier, Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, pourrait avoir les oreilles qui sifflent.

    Au sortir de vendanges qui laissent augurer d’une récolte historiquement faible (avec l’arrachage), les viticulteurs, en proie à une crise systémique de surproduction en raison de l’effondrement de la consommation de vin et du jeu pervers des puissants intermédiaires (négoce, grande distribution), ont le moral en berne.

    Samedi 15 novembre, après plusieurs mois de faux calme, entre 4 000 et 7 000 vignerons ont à nouveau dit leur inquiétude pour l’avenir d’une profession qui subit aussi les droits de douane de Trump ou les taxes chinoises (Cognac, Armagnac). La colère s’est exprimée aussi. En marge du calme cortège, un magasin Lidl et un radar ont été dégradés.

    Malgré la belle affluence, une viticultrice du Minervois se montre pessimiste. « On a l’impression qu’on ne nous écoute pas, qu’on se fout de nous », lâche-t-elle tandis qu’une réunion doit se tenir au ministère le 24 novembre, veille du Sitevi au parc des expos.

    À l’heure où la profession doit s’adapter (eau, cépages…) aux effets du dérèglement climatique (sécheresse, gel, grêle…), le président des Jeunes agriculteurs (JA) du Gard, Romain Angelras s’agace. « On nous étouffe sous les normes. On nous noie sous les taxes. On nous ment sur les prix. Et pendant qu’on se bat pour survivre, d’autres exportent le vin au prix de l’eau. D’autres vendent des bouteilles au prix d’un simple café ».

    Les propositions du PCF

    Attentifs, les élus du groupe communiste, républicain et citoyen d’Occitanie se disent solidaires. Ils réclament « l’instauration de prix planchers pour les vins de table, IGP, AOP et biologiques, fixés par une conférence exceptionnelle réunissant l’ensemble de la filière et garantissant une rémunération juste du travail des vignerons ». Le groupe se prononce aussi en faveur de « l’activation de mesures de sauvegarde et le blocage des importations lorsque le maintien de filières de production spécifiques est en jeu ». À plus long terme, les élus PCF prônent la « diversification des exploitations viticoles afin de sécuriser une partie du revenu agricole en cas d’aléa climatique ou sanitaire sur la vigne ». Enfin, ils réclament la mise en place d’un « véritable régime public d’assurance contre les risques climatiques, sanitaires et environnementaux ».

    Vendanges : les résultats dévoilés par Sun’Agri au salon Sitevi

    Mardi 25 novembre à 9h30, au premier jour du Sitevi au parc des expositions de Montpellier, Sun’Agri dévoilera les résultats agronomiques des vendanges 2025. Un millésime qui pourrait être de bonne qualité mais d’une quantité historiquement faible, selon les craintes des syndicats. Tout au long de ce salon, Sun’Agri, agritech filiale d’Eiffage Concessions, pionnière et leader de l’agrivoltaïsme dynamique, propose plusieurs animations sur son stand. Mardi 25 novembre (11h), une dégustation du premier vin agrivoltaïque de Damien Besombes. Les 26 et 27 novembre, d’autres dégustations de vins agrivoltaïques comparés. Forte de 15 années de recherches conduites avec l’Inrae, auteure du premier démonstrateur agrivoltaïque dynamique, Sun’Agri équipe 41 parcelles agrivoltaïques.

  • 13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    Dix ans se sont écoulés, mais l’émotion demeure intacte. Ce jeudi 13 novembre, à midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Nîmes pour honorer la mémoire des victimes des attentats de Paris et Saint-Denis. Autour du maire Jean-Paul Fournier, des élus et du préfet, une minute de silence a d’abord été observée, « un silence où se mêlent la peine et l’espérance », a-t-il déclaré, rappelant la gravité de ces attentats qui ont « fait vaciller tout un pays », marqué une génération entière et transformé durablement l’approche nationale face au terrorisme. S’en est suivi l’hymne national, en mémoire des 132 morts et des centaines de blessés.

    Le maire a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire collective : « Dix ans ont passé, mais la France n’oublie pas. Elle se recueille et elle tient debout. Et ici comme ailleurs, nous faisons vivre ce qui a été attaqué : la liberté, la fraternité, la laïcité. » Le préfet Jérôme Bonet, présent à ses côtés, a salué l’engagement des forces de secours mobilisées en 2015 et la responsabilité de chacun dans la défense des valeurs républicaines.

    Se souvenir ensemble

    À Montpellier, un hommage s’est tenu à 14h30 au Monument aux morts, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Élus, habitants et représentants des institutions y ont participé, dans la continuité des commémorations organisées dans tout le pays. Là aussi, la sobriété et le recueillement ont dominé. Le maire Michaël Delafosse a rappelé que « le 13 novembre 2015, le fanatisme islamiste arrache les vies humaines au Bataclan, sur les terrasses ». Pour lui, l’hommage est aussi un engagement : « Notre pays affronte l’épreuve, en se tenant debout pour protéger nos valeurs de liberté et de fraternité. Les victimes sont indéfectiblement dans nos mémoires. Elles nous obligent, Montpellier se souvient. »

    À Nîmes et à Montpellier comme partout dans l’Hexagone, l’émotion était la même : une douleur encore sensible, mais aussi la nécessité de rester vigilant face à la menace et la volonté de rester unis. Dix ans après le 13 novembre, la région a réaffirmé une certitude : la mémoire continue de rassembler.

  • COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    « La survie de l’humanité est en jeu ». Dans un monde pourri par l’argent, où les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, Simon Popy n’y va pas par quatre chemins. « On a besoin d’un changement radical. Sinon c’est la fin du monde tel qu’on le connaît », alerte le président de France nature environnement (FNE) Occitanie Méditerranée.

    La COP30 marquera-t-elle le début d’un tournant mondial salvateur ? Rien n’est moins sûr. Mais le militant espère a minima une « piqûre de rappel » sur l’inquiétante réalité d’un climat qui se réchauffe plus vite que prévu et l’urgence à réagir à l’échelle internationale. « Face au fake news, le minimum c’est qu’on nous rappelle au monde réel. On doit mettre de côté la logocratie, la voix de celui qui parle le plus fort ».

    En disant cela, Simon Popy pense notamment au retrait des USA sous la pression de Trump. Une absence de taille qu’il envisage comme une « opportunité » pour les Brics, les pays du Sud étant les premiers touchés par le réchauffement climatique. « Le Brésil est confronté à beaucoup d’enjeux environnementaux autour de l’Amazonie. Après Bolsonaro, ils ont une carte à jouer ». Quant à la Chine, qui a déjà pris le virage des énergies renouvelables au contraire des USA arc-boutés sur leurs énergies fossiles, « elle peut avoir le champ libre pour être moteur elle aussi », positive-t-il sans s’attendre à des miracles. Il s’interroge aussi sur les positions de l’Union européenne. Sera-t-elle plus « exemplaire » ? Là encore difficile d’être optimiste tandis « qu’elle détricote les droits sociaux, environnementaux et qu’elle contribue à accroître l’accaparement des richesses par une minorité prédatrice ».

    Pour le président de FNE Occitanie Méditerranée, il existe deux sujets majeurs dans cette COP30. D’abord la question du financement de la transition écologique. « 65% des financements passés étaient des prêts aux pays émergents ! On est quasiment sur du néocolonialisme. Il faut un financement réel. Sans quoi la suite logique sera l’aggravation de la dette ». Second axe majeur, celui de la justice environnementale. Entre « le nord et le sud » mais aussi entre « les populations les plus pauvres et l’oligarchie dominante ». Or, il estime qu’en France, on est loin du compte. « On voit bien avec la politique de la droite sur les carburants, les ZFE, que c’est toujours la faute des pauvres ». Selon Simon Popy, il faut « avoir le courage d’interroger la responsabilité des grandes entreprises qui poursuivent leur fuite en avant comme Total ou Bouygues ».

    Taxer le kérosène

    et les billets d’avion

    Du côté dAternatiba Montpellier, Cathy Valat « n’attend pas grand-chose et à la fois beaucoup » de cette 30e conférence sur les enjeux climatiques. Sans Bolsonaro, « Le Brésil n’est pas une dictature », observe-t-elle. De plus, le pays fait face à une « grosse mobilisation des peuples autochtones sur la déforestation ». Elle rappelle que le 28 septembre, une journée solidaire à leur appel avait mobilisé plus d’un millier de personnes à Montpellier. « Un sommet des peuples est prévu », positive la militante.

    Jugeant « dramatique » le retrait des USA, elle craint toutefois une montée des discours climato-sceptiques. « Les intérêts financiers prennent toujours le pas. Avec le greenwashing, le capitalisme a plus d’une arme dans sa besace ». Sans la mettre au même niveau que celle de Trump, elle juge la politique d’Emmanuel Macron « erratique » en matière écologique. « Il n’y a aucune stratégie du gouvernement français. Macron se fait mousser mais Total continue de forer en Afrique. »

    Fidèle au slogan d’Alternatiba – Changeons le système, pas le climat ! – Cathy Valat refuse pourtant de baisser les bras. Membre du collectif Atterrissons d’urgence, elle persiste à dire qu’il existe des solutions raisonnables contre le réchauffement. « Taxons le kérosène des avions et augmentons les taxes sur les billets d’avion. ». Tandis que l’aviation reste « le seul secteur à qui on ne demande jamais d’efforts », elle déplore le fleurissement de publicités en faveur de vols européens à des prix attractifs juste pour un week-end. « Cela provoque des demandes qui n’existaient pas. »

  • La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau est l’un des angles morts des COP car elle n’est que très peu abordée au sein des COP climat ou des COP biodiversité alors que c’est probablement l’un des tous premiers marqueurs du changement climatique », regrette Eric Servat. Depuis 2021, le chercheur et hydrologue dirige le Centre international français Unesco sur l’eau (Icireward) basé à Montpellier qui multiplie les partenariats de recherche avec les laboratoires africains.

    « Quasiment tous les projets que nous finançons sont des programmes qui se déroulent avec des partenariats du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, de Côte d’Ivoire etc. Nous tentons d’avoir une réflexion partagée sur les questions liées à l’eau parce qu’on voit par exemple que dans certaines parties du Maroc, les précipitations sont extrêmement faibles et nous avons, nous aussi en France, un cycle de l’eau perturbé », précise l’auteur du « Grand défi de l’eau » sorti début septembre.

    Aujourd’hui, la plupart des projets sont menés en Afrique permettant ainsi d’acquérir un grand nombre de données qui permettent aux pays du nord de la Méditerranée de s’adapter plus rapidement au dérèglement climatique. « Nous cofinançons par exemple un projet au Maroc sur les mécanismes de recharge des aquifères qui nous permet d’étudier la vulnérabilité et le renouvellement des eaux souterraines dans les milieux karstiques. Or ces milieux, ce sont ceux que nous connaissons dans l’Hérault », détaille Eric Servat.

    Le centre, qui finance aussi des projets sur le bassin de Thau et plus largement sur le Languedoc, participe aussi au programme « Défi water Occitanie » financé par la Région dont l’ambition est de travailler sur la réutilisation de l’eau. « Plusieurs laboratoires travaillent sur ce projet avec des « living labs » qui sont des expérimentations à grande échelle sur un temps long », explique Eric Servat.

  • Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Montpellier vivra-t-elle encore « la campagne la plus folle de France » ? En 2020, le casting (le milliardaire Mohed Altrad, le clown Rémi Gaillard), les coups de théâtre (l’investiture retirée à l’Écologiste Clothilde Ollier pourtant donnée favorite) et les alliances improbables (fusion entre les listes de M. Altrad et d’Alenka Doulain) avaient braqué les projecteurs sur le Clapas.

    Cinq ans plus tard, alors même que le casting reste très incertain – Philippe Saurel voudra-t-il sa revanche ? Qui Altrad soutiendra-t-il ? Patricia Mirallès représentera-t-elle la Macronie ? – l’ambiance est déjà sulfureuse à quatre mois du premier tour. Chaque semaine, les postulants déclarés à l’Hôtel de Ville s’en donnent à cœur joie pour fustiger tantôt le bilan, tantôt les positions du maire Michaël Delafosse (PS). Lequel n’a toujours pas indiqué s’il briguera un second mandat.

    Cette semaine, c’était au tour de la tête de liste LFI, Nathalie Oziol, de prendre la foudre. En cause ses propos jugés « scandaleux » au sujet de l’assassin de Samuel Paty. Dans une vidéo exhumée, la députée insoumise indiquait ne pas être d’accord avec la qualification de « fanatique musulman » choisie par Michaël Delafosse pour qualifier le terroriste islamiste. Nathalie Oziol précisait que « ce n’est pas une question de religion, mais de moyens, de hiérarchie », l’enseignant ayant été laissé seul malgré ses alertes.

    À ces mots, M. Delafosse s’est indigné dénonçant par écrit une « absence totale de responsabilité à l’égard des professeurs ». Il fustige des propos qui « constituent une infidélité profonde aux valeurs de la gauche ». Le maire PS appelle à ne jamais « nier, relativiser ou transiger » avec le « fanatisme religieux, fléau de l’humanité ».

    Depuis la polémique enfle. Dans la presse, N. Oziol se défend, estimant que le sens de ses propos est détourné en vue de discréditer LFI. Elle insiste : « Amalgamer musulman et islamiste c’est inacceptable et insultant pour des millions de musulmans ».

    Tandis que la sœur de Samuel Paty a demandé à son avocate d’examiner la qualification des propos de N. Oziol au regard du délit d’apologie du terrorisme, d’autres candidats remettent de l’huile sur le feu, en ciblant… le maire et enseignant M.Delafosse. Isabelle Perrein juge « ses déclarations réductrices » et rappelle que « la laïcité est un principe républicain universel ». Serge Martin, l’ancien socialiste élu sur la liste Altrad, est plus virulent. « L’amalgame est une erreur peu commune aux historiens, « Mikka » est vraiment atypique ! Il se dit de gauche et s’exprime comme Zemmour ! ». Ça démarre fort.