Tag: Montpellier

  • Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Depuis 2018, Parcoursup est présenté comme un outil au service de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. La plateforme centralise, organise et affecte les vœux des candidats, qui peuvent en formuler jusqu’à dix.

    Près de 14 000 licences sont proposées sur un total d’environ 25 000 formations. Comme l’explique Nagui Bechichi, économiste de l’éducation rattaché à l’Institut des politiques publiques et cofondateur de l’outil en ligne gratuit SupTracker. « Il y a de la place pour tout le monde, mais pas nécessairement au même endroit. » Les chiffres le confirment : en 2025, 18% des lycéens ont dû recourir à la phase complémentaire, faute de places dans les filières en tension.

    Critères de sélection

    Mais comment la machine classe-t-elle un million de candidats ? Chaque formation dispose de sa propre « recette » pour classer les dossiers, aidée par un algorithme. C’est sur la base de ce classement pédagogique que les propositions d’admission sont ensuite envoyées aux candidats. Sur Parcoursup, les établissements s’appuient généralement sur plusieurs critères : les résultats scolaires de première et de terminale, l’avis du lycée, et la fiche Avenir. Remplie lors du conseil de classe du deuxième trimestre, cette dernière indique si les vœux formulés sont en adéquation avec le profil du candidat. Les rubriques « projet de formation motivé » et « activités et centres d’intérêt » permettent également d’évaluer cette adéquation entre les vœux et le projet de l’élève et sont très importantes.

    Une sélection contestée

    Plusieurs élèves pointent un manque de concertation et d’information à ce sujet. « On ne parle pas du tout de ça en cours », rétorque Samia, lycéenne en ST2S à Montpellier. Avant même l’ouverture de la phase d’admission, les règles du jeu sont posées. Les rectorats imposent aux établissements plusieurs critères qui pèsent directement sur l’accès aux formations. Un taux minimal de boursiers, d’abord. Les élèves bénéficiant d’une bourse de lycée plus sélective que celle du supérieur sont favorisés sur Parcoursup. Un taux maximal de non-résidents, ensuite. La proximité géographique est privilégiée. À dossier équivalent, un candidat hors académie part avec un handicap. Résultat : un candidat moins bien classé peut être appelé avant un autre pourtant mieux noté, simplement pour respecter ces taux.

    Les établissements établissent bien un classement pédagogique. Mais l’ordre d’appel final, lui, propose une autre lecture. Une critique portée également par le Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier). « Pourquoi est-on sélectionné, et sur quelle base ? » Pour le syndicat, cette sélection repose sur des inégalités systémiques, économiques et culturelles, une logique qu’il qualifie de « sociale et raciste ». Selon le Scum, si cette sélection existe, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas assez de places et que les universités ne disposent pas des moyens nécessaires pour en créer davantage. Malgré 25 000 formations, les universités, sous-dotées (environ 10 500 euros par étudiant), réduisent parfois leurs places en L1 de 5 à 10% faute de moyens, un contraste avec le discours « place pour tous ».

  • M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    Une conférence de presse en début de semaine et un premier meeting jeudi 22 au Rockstore, situé avenue de Verdun à Montpellier. S’il a « pris le temps de la réflexion en famille » pour dire qu’il brigue un second mandat, Michaël Delafosse s’est lancé au sprint dans une campagne éclair qu’il espère « digne »« Je n’entrerai pas dans les polémiques » – contrairement à celle de 2020 où il avait dû aller voter sous protection policière. « Je participerai aux débats. », met au clair le maire socialiste sortant. Confiant mais concentré. « Si on écoute les sondages, c’est plié, ce n’est pas sérieux. J’ai gagné une campagne où je n’étais pas favori. Je vais rencontrer les gens. »

    Au-delà des réunions publiques, il dévoilera chaque lundi une thématique de son programme. Si son premier mandat a été celui du « rattrapage », notamment autour de la 5e ligne d’un tramway devenu gratuit comme promis, le second mandat doit être celui de la « transformation » de la 7e ville de France. Sachant que la ville en chantiers a généré des nuisances et demandé des sacrifices aux Montpelliérains, il se veut rassurant. « J’ai assumé de faire deux mandats en un, j’ai absorbé la dette grise des réseaux qui fuyaient. Il n’y aura pas une telle phase de travaux avant 25 ans », promet-il jouant la carte de « l’apaisement ».

    Priorité aux déplacements…

    Pour autant, maintenant qu’elle est réveillée, Montpellier doit être « transformée ». « Je veux une ville plus solidaire, écologiste et innovante. J’ai un cap pour Montpellier », assure M. Delafosse s’inscrivant ainsi dans les pas de son mentor, le bâtisseur Georges Frêche. Tandis que la croissance démographique reste exponentielle, il prévient : « Montpellier ne peut pas accueillir tous les habitants. Il faut mieux répartir cette croissance. » Grâce au travail partenarial engagé auprès des intercommunalités voisines, le maire président souhaite « faire sortir le tramway des frontières de la métropole ». Au Sud notamment. Ce qui laisse supposer non « pas une 6e ligne de tramway » (trop coûteuse) mais une extension vers l’aéroport ou bien un terminus de la ligne 3 à la mer. Le tout complété par les 4 lignes de bustram à finaliser. Après le vélo, il souhaite réaménager les trottoirs pour les piétons, les places, rénover les écoles, désimperméabiliser. Comme l’avenue de Toulouse, qui va s’ouvrir sur le parc Montcalm, une « percée  » sera réalisée autour du Polygone pour « relier le centre historique à la ville contemporaine » (Zac R. Bofill à Antigone).

    … et à l’emploi

    Côté économie, M. Delafosse compte créer 30 000 emplois. Là encore, si la Medvallée ou le quartier Cambacérès près de la gare TGV seront un « moteur », l’activité devra être répartie. « Je ne me résigne pas face au chômage des jeunes. » Pour les seniors, il prévoie un « plan anti-solitude ». Le logement sera un autre fil rouge. En parallèle de la rénovation urbaine menée avec l’État (Mosson, Cévennes, Saint-Martin…), et dans la lignée des premiers dispositifs destinés à lutter contre les marchands de sommeil (encadrement des loyers, permis de louer…), le maire veut « aider à devenir propriétaire ». Il mise sur le « Bail réel solidaire (BRS) », qui permet d’acheter les murs à moindre coût et de payer une redevance pour la location du terrain.

    Pour limiter les embouteillages, il compte, outre la 5e ligne et les aménagements, sur le Contournement routier ouest (COM). Il assume son choix de transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR pour brûler les déchets dans le quartier Tournezy. « Si certains veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où. » Sur le plan de la sécurité, il reste ferme également suite à son arrêté sur les épiceries de nuit dont certaines sont, dit-il, « le visage du narcotrafic ». Il prend un peu plus ses distances avec Nathalie Oziol (LFI) qui veut « désarmer la police et éteindre les caméras » ou avec Mohed Altrad. « C’est emblématique de ces milliardaires comme Musk ou Bolloré qui viennent s’ingérer dans la démocratie sans en respecter les règles ni les valeurs ». Soutenu par 8 partis politiques de gauche et des membres de la société civile (lire ci-après), M. Delafosse promet de rester droit dans ses bottes. Sans alliance de la carpe et du lapin. « Ma liste du premier tour sera celle du second tour ». Elle sera dévoilée prochainement.

  • Dry January, pour « interroger ses habitudes »

    Dry January, pour « interroger ses habitudes »

    La Marseillaise : Un mois sans alcool peut-il réellement changer une habitude bien installée ?

    Hélène Donnadieu : Aujourd’hui qu’on entend enfin parler des prises de risque et de la consommation excessive, ça a une vertu pédagogique globale. À un moment donné, ça fera sens pour tout un chacun. On teste cette opération dans un pays où il y a une forte consommation et un manque d’éducation autour du « bien boire ».

    C’est essentiellement pédagogique et expérimental pour les personnes qui souhaitent le faire. Cela leur permet de s’interroger sur leurs habitudes, d’adopter une attitude très autocentrée. Il faut que chacun se positionne par rapport à lui-même, par rapport à sa propre consommation d’alcool.

    Le Dry January permet-il une prise de conscience durable, ou limite-t-il la réflexion sur l’alcool à un seul mois de l’année ?

    H. D. : Le Dry January permet d’être en capacité de dire non, dans un contexte où l’alcool reste fortement stigmatisant. On est confronté à de nombreuses formes de stigmatisation : une femme à qui l’on demande si elle est enceinte ou sous traitement parce qu’elle ne boit pas, un homme dont on questionne la normalité parce qu’il refuse un verre… Dans ce cadre, le Dry January peut devenir une forme de caution morale : il autorise à dire « je prends soin de moi », quelle qu’en soit la raison. Il existe différentes typologies de pression sociale autour de l’alcool. Le Dry January est alors un outil d’accession, un temps d’expérimentation de nos compétences psychosociales. Ce n’est qu’un exercice personnel sur un mois, mais c’est un travail indispensable pour apprendre à prendre soin de soi.

    Si une personne qui boit régulièrement se lance dans le Dry January, que lui conseillez-vous pour que cela ait un impact au-delà d’un mois ?

    H. D. : Il s’agit avant tout de faire, au quotidien, le constat des bénéfices liés au fait de consommer ou de ne pas consommer d’alcool. De repérer le plaisir que l’on peut éprouver à expérimenter des boissons non alcoolisées, et d’observer les effets positifs que cela apporte, afin de pouvoir prolonger ces changements dans le temps. La majorité des personnes savent ce qui leur fait du bien.

    Prendre conscience des effets bénéfiques du fait de ne pas être dans l’excès, dans les rituels ou dans les habitudes est essentiel. On peut faire confiance aux individus pour reconnaître et comprendre ce qui leur est bénéfique.

  • Montpellier accueille le grand rendez-vous du vin bio

    Montpellier accueille le grand rendez-vous du vin bio

    Le salon Millésime Bio accueille des exposants venus notamment d’Italie, d’Espagne ou du Portugal. Exclusivement réservé aux professionnels, ce rendez-vous met en relation producteurs et acheteurs, cavistes, importateurs, restaurateurs, grande distribution ou négociants.

    Dans un contexte difficile pour le vin bio, cette place de marché internationale reste un moment clé pour la filière, où les producteurs viennent chercher à la fois des débouchés et un soutien symbolique. Pour Julien Franclet, président de SudVinBio, sur le fond, la filière bio traverse aujourd’hui une phase de ralentissement, qu’il préfère qualifier de consolidation. Après une croissance très rapide au début des années 2020, la dynamique marque le pas. Les surfaces certifiées bio continuent de progresser, mais les nouvelles conversions reculent nettement. Un phénomène qu’il replace dans une logique cyclique : « Après des années de forte expansion, le marché a besoin de se stabiliser, d’absorber cette croissance et de retrouver un équilibre entre production et consommation », explique-t-il.

    Mais sur le terrain, la réalité est plus dure. En Occitanie comme ailleurs, le vin bio connaît une baisse de la consommation, des coûts de production élevés et une demande accrue de sobriété. Sur le terrain, ce constat est partagé par Jean-Noël Bergasse, vigneron au Domaine de Pouybet. Il observe un net retournement de dynamique. « Le bio se casse la gueule », tranche-t-il, convaincu que les nouvelles conversions ne se font plus pour des raisons commerciales.

    La crise du vin bio est quantifiable : recul inédit des surfaces viticoles certifiées (-4% en 2024, soit -6 724 hectares), chute brutale des conversions (-43%, à 22 702 hectares) et déconversions massives, qui représentent près de 59% des sorties du bio. « Il y a quelques années, le bio pouvait apparaître comme un levier économique. Aujourd’hui, le marché du vin se referme, et certains producteurs reviennent même vers le conventionnel, moins contraignant. À cela s’ajoutent des réalités territoriales. Dans le Sud-Ouest, la pression des maladies comme le mildiou ou l’oïdium rend la viticulture biologique exigeante. Et les contraintes réglementaires compliquent encore les choses », souligne-t-il, évoquant la limitation récente des produits à base de cuivre, pourtant essentiels en bio. « On nous interdit certaines molécules au nom de la protection de l’environnement, alors qu’elles sont indispensables », regrette-t-il.

    Sur le plan commercial, Julien Franclet et Jean-Noël Bergasse partagent le même constat : aujourd’hui, un vin se vend d’abord s’il est bon. Être bio est un plus, mais pas une garantie. Les chiffres de l’Agence Bio révèlent un basculement : le vin bio progresse fortement en cavistes (+58%) et en vente directe (+48%), mais recule en grande distribution (+14%, soit -7 points par rapport à 2023). Un recentrage vers les circuits courts qui demande plus d’efforts commerciaux aux producteurs. La difficulté reste que produire en bio demande plus de travail mécanique et physique, plus de passages dans les vignes, et entraîne souvent des baisses de rendement. « Même si on vend un peu plus cher, ça demande beaucoup plus de travail », résume le vigneron. À qualité équivalente, il devient de plus en plus difficile de trouver un prix juste qui prenne en compte à la fois le produit… et la personne derrière la bouteille.

  • Montpellier et la marche avant

    Montpellier et la marche avant

    L’espoir reprend vie. Montpellier n’est pas encore redevenu l’équipe de la précédente décennie, où son absence dans le Top 6 était une anomalie, mais il avance depuis l’été 2024 et l’intronisation de Joan Caudullo au poste de manager. À mi-saison, il s’autorise l’espoir d’être en phase finale quatre ans après son unique titre. Et, il légitime une question : peut-il préserver la 6e place qui est la sienne avant un double test samedi 24 janvier (16h30) au stade Mayol de Toulon et le 31 devant le Stade français ?

    « C’est encore trop tôt pour se prononcer car il y a tellement d’équipes qui veulent y être », prévient Didier Bès, adjoint de Caudullo en charge de la mêlée. À l’aube des douze ultimes journées, le Top 14, qui s’autoproclame meilleur championnat au monde, offre une incertitude presque absolue. Du Stade français (3e) au Racing 92 (11e), neuf équipes avancent au coude à coude. Et ne comptent que six points d’écart (une victoire sans bonus vaut quatre points) pour quatre places qualificatives.

    Montpellier cernera un peu mieux son champ des possibles fin mars. Il se lance dans la seconde moitié de son marathon avec un calendrier compliqué. Dans un championnat très serré, il devra se déplacer à sept reprises lors des douze ultimes matchs.

    Le MHR, qui a seulement gagné chez les Catalans de l’Usap, devra vraisemblablement s’imposer à Toulon, La Rochelle, Clermont, Castres ou Lyon. Les voyages à Toulouse ou Bordeaux, hors doublon, ressemblent à une voie sans issue.

    Certes, Montpellier sera contraint à un exploit face à un adversaire direct pour décrocher treize voire quatorze victoires. Toutefois, il avance aujourd’hui dans une autre dynamique que la saison passée. Et possède peut-être plus d’arguments pour reconquérir une place tout en haut du championnat.

    « Pour y être, il est probable que tout se jouera sur la profondeur de l’effectif, l’unité et la fraîcheur physique », éclaire Didier Bès. « L’an passé, on était cuit au moment d’aborder les dernières échéances, qui seront à nouveau décisives, et nous qualifier pour la Coupe des champions », rappelle-t-il, faisant référence à la défaite concédée à domicile devant Clermont, fatale à une qualification.

    « Notre jeu est

    plus complet »

    D’une saison à l’autre, Montpellier a élargi ses angles d’attaque. Jusque-là, l’équipe de Caudullo s’appuyait sur une défense très compacte, la plus efficace du championnat, et un paquet d’avants très solides sur ses bases. Un système de jeu minimaliste et surtout très énergivore pour son pack.

    « Il y a quelque chose qui est un peu différent dans notre jeu. Devant Bayonne (62-22), par exemple, l’équipe a joué à l’unisson, c’est-à-dire devant comme derrière. Il n’y a pas eu de déséquilibre. Notre jeu est plus complet », décrypte le technicien montpelliérain. « Quand il y a trop de différences entre les lignes, tu ne peux pas te qualifier pour la phase finale du championnat. »

    Montpellier défend mieux que l’an passé, mais surtout attaque beaucoup mieux (29 points en moyenne au lieu de 24). Le rendement du 3e ligne Lenni Nouchi, le recrutement ciblé à l’intersaison sur les trois-quarts avec les arrivées conjuguées de l’ailier Maël Moustin, des centres : Justo Piccardo ou Lennox Anyanwu, de l’arrière Tom Banks, et la stabilité nouvelle de la charnière redessinent la force de frappe d’une équipe concentrée sur la puissance de ses avants.

    Depuis plusieurs rencontres, Joan Caudullo a confié les clés de l’équipe à la paire formée du demi de mêlée écossais Ali Price, de plus en plus influent, et à l’Argentin Domingo Miotti, sorti de l’ombre après une première saison contrariée par les blessures.

    « Dès que l’on a commencé à régler nos directeurs de jeu, que sont nos demis de mêlée et d’ouverture, dès lors notre jeu est devenu plus fluide. On n’utilise pas à outrance nos avants qui savent où se déplacer. Cela nous permet d’être plus efficaces sur les ballons portés et de marquer des essais. Si on demande trop à nos avants, ils seront moins performants sur les phases de conquête directe. Tu peux le tourner comme tu veux », remarque Didier Bès.

    Montpellier est-il en train de trouver un ouvreur fiable à un poste maudit depuis quasiment une décennie et le départ de François Trinh-Duc, formé au Pic Saint-Loup au côté de Fulgence Ouedraogo ? « Toutes les grosses écuries possèdent une belle charnière. On a stabilisé un peu ces postes-là. C’est essentiel car ce sont eux qui gèrent la stratégie de l’équipe », relève Didier Bès, au moment où le MHR reprend espoir en ses lendemains.

  • Dîner de gala et vente aux enchères au cœur de l’Opéra Comédie

    Dîner de gala et vente aux enchères au cœur de l’Opéra Comédie

    Un repas gastronomique en plein cœur de l’Opéra Comédie, sur une partition écrite, en trois temps, par les célèbres frères Pourcel et mise en musique par le fameux traiteur Cabiron, dont les équipes assureront le service. Le tout ponctué par des interludes musicaux et une vente aux enchères d’œuvres d’art. C’est le programme de la quatrième édition du dîner de gala des mécènes organisé le 6 février prochain par l’Opéra Orchestre National de Montpellier (OONM). Une soirée mêlant donc art et gastronomie dont les bénéfices permettront de soutenir des projets menés par l’OONM qui, en proie comme toutes les institutions culturelles à des restrictions budgétaires, s’emploie depuis plusieurs années à diversifier et augmenter ses ressources propres, notamment via le mécénat. « Les actions de mécénat sont fléchées, pour certaines en direction
    de la création contemporaine et pour beaucoup d’autres, en direction de tout ce qui est accessibilité des personnes
    en situation de handicap, initiation
    à la petite enfance (concerts dès le berceau), concerts à destination des personnes âgées, qu’on fait venir à l’Opéra ou pour lesquelles on va jouer dans les Ehpad…
     », énumère Valérie Chevalier, directrice générale de l’OONM. « Le mécénat permet de sortir de la simple représentation, d’élargir notre art à d‘autres publics,
    de travailler dans le sens de l‘accessibilité
      », poursuit-elle.

    Animée par l’Hôtel des ventes de Montpellier, la vente aux enchères est organisée, pour la première fois, en partenariat avec le musée Parcelle 473, créé il y a 3 ans dans la capitale héraultaise, premier musée de street art doté d’une collection permanente. C’est Laurent Rigail, son président fondateur, qui s’est chargé de sélectionner les œuvres d’artistes de renommée internationale (JoneOne, JR, Invader, M. Chat, Miss Tic, Obey, Jérôme Mesnager, David Klo…) qui seront mises à la vente le 6 février. Les œuvres sont d’ores et déjà consultables dans le cadre d’une exposition accessible gratuitement du 14 janvier au 5 février dans les nouveaux locaux de l‘Hôtel des ventes de Montpellier, 6 rue du Palais des Guilhem (du mardi au vendredi de 14h à 18h).

    A.G.

    * Réservation individuelle : 250 euros, dont 160 éligibles à la réduction d‘impôt. Billetterie en ligne sur le site de l‘Opéra ou au 04.67.60.19.99.

  • [Quoi de neuf] Thierry Teulade : « Soyons des citoyens engagés »

    [Quoi de neuf] Thierry Teulade : « Soyons des citoyens engagés »

    Françoise Verna : L’association Sakado* qui porte assistance aux personnes sans abri, né à Montpellier, vient de fêter son vingtième anniversaire en 2025. Vous en êtes le président. Rappelez-nous le principe de l’association et son développement ?

    Thierry Teulade : Le principe de Sakado c’est de remplir un grand sac de randonnée de 50 litres. Vous y mettez quatre kits : le kit chaleur, qui est le plus logique pour lutter contre le froid avec gants, bonnet, écharpe, etc. Ensuite, il y a le kit hygiène parce que c’est important que celles et ceux qui sont dans la rue puissent conserver un minimum d’hygiène. Et on sait particulièrement pour les femmes et les jeunes filles, c’est compliqué. Il y a aussi le kit festif parce que les sacs sont distribués autour des fêtes de fin d’année. Il n’y a pas de quoi véritablement se nourrir mais en France il y a de magnifiques associations qui permettent à ceux qui en besoin de se nourrir. Et nous avons le 4e kit, culture/communication. C’est celui qui me tient le plus à cœur car c’est le dernier lien social que celui qui est à la rue peut conserver au travers de livres, un jeu de cartes, des jeunes de société, des enveloppes timbrées, des stylos etc.

    Olivier Notalle: Les températures ont considérablement chuté ces dernières semaines notamment à Montpellier. Comment Sakado réagit ?

    T.T. : Oui, nous sommes dans une situation hivernaleaujourd’hui difficile. Sakado, avec une autre association, allons faire une autre maraude grand froid ce samedi 17 janvier à 18h avec des élèves du lycée Saint-Clément-de-Rivière. Vous savez que nous sommes très attachés à impliquer la jeunesse. Nous sommes agréés par l’Éducation nationale. En 2025, sur le plan national, nous avons fait 10 000 face-à-face pédagogiques. C’est-à-dire que nous avons mis des bénévoles de Sakado en face de classes, 10 000 fois en France, pour sensibiliser les jeunes à la précarité, aux risques de vivre dans la rue. La genèse de Sakado c’est d’aider celles et ceux qui sont à la rue et sensibiliser nos jeunes à la précarité.

    Françoise Verna : Vous avez aussi une mission importante : faire reculer les préjugés subis par les personnes sans domicile fixe ?

    T.T. : Cela fait partie du contrat moral. Il y a ce travail de déconstruction de l’image de la personne à la rue. Ce que je dis aux jeunes c’est lorsqu’ils voient une personne à la rue, ils peuvent déjà lui dire bonjour. C’est montrer à la personne qui est là qu’il est un vrai être humain, pas un invisible.

    Olivier Nottale : Vous êtes venus dans notre studio avec une grosse enveloppe qui a été postée des États-Unis et qui contient des cartes postales. Expliquez-nous de quoi il s’agit ?

    T.T. : On s’est rendu compte que c’était compliqué pour les petits gamins des écoles primaires de faire un sac à dos. C’est un bénévole de Grenoble qui a eu l’idée de leur faire réaliser des cartes postales, des cartes de vœux que l’on glisse dans les sacs à dos. C’est parti dans tout le réseau et nous avons des centaines d’écoles qui participent. Un jour, j’ai reçu un mail d’une école des États-Unis, dans le Michigan, dont les élèves apprennent le français et je viens de recevoir 170 cartes de vœux pour le projet Sakado.

    Françoise Verna : Vous faites aussi partie du collectif « Préservons la cité bergère »** et de l’association « Vive Montpellier nord ». La cité Bergère est la dernière terre agricole de Montpellier où un projet immobilier de 60 logements est prévu. Pourquoi cet engagement ?

    T.T. : Parce que justement c’est la dernière terre agricole exploitée à Montpellier, une terre nourricière, c’est du maraîchage. La réalité c’est que le discours tenu, à la fois par la Ville et la famille de maraîchers [qui a vendu le terrain, Ndlr], c’est qu’il va rester du maraîchage. C’est impossible, quand on voit les projets et les permis de construire.

    Olivier Nottale : Aujourd’hui, est-ce que le dialogue est possible ?

    T.T. : Il y a eu des tentatives de dialogue de la part des citoyens et nous, les associations, nous nous sommes mis volontairement en retrait de cette phase de dialogue . Il était important que la famille concernée, la commune voient que c’était une action citoyenne. Je sais qu’il a une grosse déception car les citoyens pensaient que les compromis étaient possibles.

    Françoise Verna : Nous sommes à deux mois du premier tour des élections municipales. C’est l’occasion de vous adresser aux candidats sur la cité Bergère ?

    T.T. : La solution est politique. Il faut que nous mettions en place cette démarche-là au sein du collectif et que nous fassions signer à chaque candidat un engagement écrit « Si je suis élu, je sauve la cité Bergère ». Il faut que cela soit un engagement fort, libre à eux de dire non.

    * Pour en savoir plus sur Sakado : site sakado.org

    **Réunion publique du collectif « Sauvons la cité Bergère » samedi 17 janvier de 14h à 16h, au Quartier généreux, 2, quai des Tanneurs, Montpellier.

  • Montpellier : mobilisation pour l’ouverture de lieux d’hébergement d’urgence

    Montpellier : mobilisation pour l’ouverture de lieux d’hébergement d’urgence

    Emmitouflés dans leurs manteaux, les manifestants protestent contre le manque de solutions d’hébergement. « Des personnes dorment jour et nuit dehors, dans le froid et l’indifférence totale », dénonce Samuel Forest, fondateur de Solidarité partagée. Un constat partagé par les associations de terrain présentes, qui alertent sur la saturation des dispositifs existants.

    La France connaît une vague de froid intense depuis le mois de décembre, ayant déjà causé à Montpellier la mort d’un jeune homme de 29 ans le 30 décembre dernier. Dans ce contexte, le plan départemental « grand froid », qui permettrait notamment l’ouverture de places supplémentaires d’hébergement, le renforcement des maraudes et la mobilisation de lieux d’accueil exceptionnels, n’a pas été déclenché. À travers cette mobilisation, le collectif entend interpeller la Mairie pour qu’elle agisse, anticipe et se prépare à de futurs épisodes de grand froid, afin d’éviter de nouvelles tragédies liées au manque de ressources.

    Une pétition a été lancée et a déjà recueilli près de 600 signatures. Elle devait être remise au maire, Michaël Delafosse, mais aucun représentant du collectif n’a pu être reçu. Les manifestants sont restés à l’extérieur, devant les grilles fermées de la mairie.

    Si cet appel à l’aide s’expriment devant l’hôtel de ville, la mise à l’abri est une compétence qui relève d’abord de l’État, via la préfecture. Le collectif citoyen compte néanmoins sur la Mairie comme acteur de proximité, en capacité d’agir « à la marge », notamment à travers le Plan communal de sauvegarde (PCS) qui permet à la commune de mobiliser ponctuellement des locaux, de coordonner les acteurs et de répondre à des situations d’urgence. La pression citoyenne est ainsi perçue comme un levier lorsque l’État ne déclenche pas le plan grand froid, comme c’est le cas actuellement.

    « L’ouverture ponctuelle de locaux municipaux pourrait être reproductible », confirme Michel Calvo, adjoint aux solidarités, avant de rappeler les limites de l’action municipale : « On est au bout de notre solidarité. On a ouvert 200 pensions de famille, 150 places de logements intercalaires, racheté un hôtel pour les jeunes avec des titres de séjour. On ne peut pas suppléer aux compétences de l’État. »

    Les manifestants redoutent les conditions météorologiques annoncées par Météo France, avec de fortes pluies attendues dans les prochains jours, une situation particulièrement critique pour les personnes à la rue en période de froid.

    Le gymnase Gambardella, aménagé le 4 janvier après la vague de grand froid, a depuis fermé ses portes. En parallèle, les places en foyers restent limitées, et certaines personnes sans domicile ne s’y sentent pas à l’aise ou ne parviennent pas à y accéder. Pour beaucoup, ces réponses ponctuelles apparaissent inadaptées face à l’ampleur de la situation. « Ils n’ont ouvert que quatre jours, ce n’est pas assez. Il existe d’autres solutions, comme Coallia, mais il n’y a pas beaucoup de logements. Tu passes la journée à l’abri, puis tu te retrouves dehors la nuit », témoigne Bruno.

    Si l’hiver appelle une action urgente et immédiate, Fatima, à la rue depuis une vingtaine d’années, tout comme ce collectif de citoyens, rappellent que la question de la mise à l’abri ne devrait pas se poser uniquement en période d’intempéries, mais tout au long de l’année.

    Souhaitant prolonger la mobilisation au-delà de ce rassemblement, les organisateurs annoncent une réunion publique sur le sans-abrisme ce mercredi 14 janvier à18 h30, à la Maison des Chômeurs, 4 rue Adolphe Mion (proche place Carnot).

  • [Entretien] « J’invite les victimes de violences à révéler les faits »

    [Entretien] « J’invite les victimes de violences à révéler les faits »

    La Marseillaise : Quelle est votre philosophie dans votre fonction ?

    Thierry Lescouarc’h : La mission d’un procureur de la République, par définition, c’est défendre l’application uniforme de la loi, représenter la société lors des procès pénaux mais aussi l’intérêt général lors de procédures civiles ou commerciales. C’est porter la parole de la loi dans toutes ses dimensions. On a une sensibilité particulière, lorsque des faits graves sont commis, pour découvrir les auteurs des faits : délits ou des crimes. Nous avons aussi la volonté de protéger et d’accompagner les victimes tout au long du processus pénal.

    Quelle est l’évolution des crimes et délits ?

    T.L. : Les chiffres consolidés seront donnés à l’audience solennelle le 26 janvier. Mais globalement je ne vois pas de baisse ni d’explosion. Le niveau de délinquance reste important.

    Votre priorité est-elle la lutte contre le narcotrafic ? Que va changer la création du Parquet national anti-criminalité ?

    T.L. : Le narcotrafic gangrène nos villes et nos campagnes dans toutes ses dimensions : dans le trafic, le blanchiment, la violence avec la détention illicite d’armes. Ces faits sont graves et justifient des procédures prioritaires. Au quotidien, notre Parquet travaille sur les enquêtes soit préliminaires soit de flagrance en matière de criminalité organisée pour démanteler des réseaux de trafiquants de stupéfiants. Pas une semaine ne passe sans que l’on ne saisisse sur l’autoroute des cargaisons en provenance de l’Espagne ou des pays nordiques. Cela donne des comparutions immédiates avec une sévérité certaine. Avec des compétences spécifiques définies par la loi, le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) doit permettre de traiter le haut du spectre, le transnational et les têtes de réseaux. À Montpellier, nous aurons une coordination avec le Pnaco auprès des Juridictions interrégionales spécialisées (Jirs). On en attend des effets majeurs. C’est un effort à mener sur la durée, les réseaux étant implantés même en dehors des villes. Rappelons qu’il existe aussi des consommateurs qui alimentent le trafic. La législation pénale prévoit des peines d’emprisonnement et d’amende contre eux. La consommation de stupéfiants constitue aussi des circonstances aggravantes pour des infractions de violence ou le fait de prendre le volant. C’est strictement interdit.

    Les violences aux personnes sont souvent celles qui augmentent. Comment agir ?

    T.L. : C’est aussi une priorité. Une organisation spéciale et un suivi des victimes pour un accompagnement sont mis en place. Ces process s’améliorent. À Montpellier, il existe une permanence spéciale dédiée aux violences intrafamiliales avec une assistance et des magistrats spécialisés et donc des réponses pénales graduées en fonction de la nature des faits, des antécédents du mis en cause. La grande majorité concerne les violences faites aux femmes. On sait que la procédure judiciaire peut faire peur. Alors il y a un accompagnement par une association d’aide aux victimes. Elle assure une meilleure connaissance, information, orientation, sur la manière dont on dépose plainte, la procédure. Désormais la prise de plainte est systématique en la matière. Nous disposons aussi du « téléphone grave danger » (télésurveillance) attribué à la victime pour la protéger, avec un suivi individuel au sein du Parquet. Il y a aussi le système du bracelet anti-rapprochement qui peut être imposé à l’auteur de violences ou menaces. Ce sont des interdictions de paraître dans tel ou tel lieu, de rester à distance. Beaucoup de cas de harcèlement sont jugés en comparution immédiate. J’invite les victimes à révéler les faits. Ne pas parler n’arrangera pas les choses et va générer un sentiment d’impunité chez certains auteurs. On a des services associatifs et sociaux qui peuvent héberger les victimes. On peut mettre en œuvre l’éviction du conjoint violent s’il est sous contrôle judiciaire ou porte un bracelet électronique. Il existe l’ordonnance de protection qui permet d’ordonner des obligations ou interdictions.

    La Justice n’a-t-elle pas urgemment besoin de davantage de moyens ?

    T.L. : La Justice a besoin de moyens comme nombre de services et d’institutions qui traitent des affaires sensibles qui touchent les personnes dans leur chair parfois. Beaucoup d’efforts ont été faits ces dernières années. L’équipe autour des magistrats ici qui compte une dizaine de personnes a été renforcée. Nous avons 19 magistrats du Parquet. Les perspectives doivent se poursuivre. Je pense aussi en moyens de fonctionnaires de greffe. Sans eux, on ne peut pas faire de procédure. Nous sommes un service public, notre souhait est de traiter les affaires au mieux et au plus vite. Je ne méconnais pas les délais importants parfois des procédures. Mais une permanence du Parquet traite la plupart des affaires dans les délais. Je ne peux pas entendre que la Justice ne fonctionne pas. S’il y a surpopulation carcérale, c’est que la Justice travaille. Il est nécessaire de pourvoir les postes, d’éviter les vacances, les trous à l’emploi lors des mutations.

  • Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Pour la troisième année consécutive, Doc Cévennes, réseau de diffusion de cinéma documentaire sur 4 départements (Gard, Hérault, Aveyron et Lozère) participe à la journée de l’amitié franco-allemande, en référence à la signature, le 22 janvier 1963 par le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, du traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande après des décennies de conflits. Le projet vise à « créer un dialogue culturel entre la France et l’Allemagne » à travers une circulation de films documentaires.

    2 films, 2 invitées, 6 projections

    Durant 5 jours, du 19 au 24 janvier, Doc Cévennes va donc diffuser, dans 4 départements occitans (le Gard, l’Hérault, l’Aveyron et la Haute-Garonne) deux films documentaires contemporains et indépendants sélectionnés en partenariat avec le Festival DOK Leipzig, « un des plus anciens et des plus prestigieux festivals allemands de documentaires », souligne Marion Blanchaud, co-présidente de l’association Champ Contrechamp et responsable du réseau DOC-Cévennes.

    Dans le premier film, Lichter der strasse (littéralement Les lumières de la rue), la réalisatrice Anna Friedrich suit quatre femmes nomades et s’interroge sur la façon dont la société perçoit leur mode de vie. Dans le second, Sedimente, la Laura Coppens nous plonge, à travers les conversations qu’elle entretient avec son grand-père, dans différentes époques de l’Histoire allemande. Un film sur la mémoire et la responsabilité individuelle en temps de dictature.

    Chaque documentaire fera l’objet de trois projections*, à l’issue desquelles interviendront, pour l’un, la réalisatrice Anna Friedrich et pour l’autre, la programmatrice du festival DOK Leipzig Jana Kraft.

    * Lichter der Strasse sera diffusé lundi 19 à 18h15 au Sémaphore de Nîmes (30) ; mardi 20 à 19h au Goethe Institut de Toulouse (31) ; et mercredi 21 janvier à 19h à Trèves (30), petit village sur le Causse.

    Sedimente quant à lui sera projeté jeudi 22 janvier à 19h à la salle Pelloutier à Montpellier (34), précédé d’un cocktail ; vendredi 23 janvier à 19h à Valleraugue (30) ; et samedi 24 janvier à 18h à Nant (12).