Tag: Montpellier

  • [Entretien] Matthijs Gardenier : « La participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité »

    [Entretien] Matthijs Gardenier : « La participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité »

    La Marseillaise : Comment définiriez-vous le vigilantisme ?

    Matthijs Gardenier : C’est un phénomène où des personnes non rémunérées et volontaires se substituent aux forces de l’ordre. Nous vivons une période historique marquée par l’extension des logiques sécuritaires et par la participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité. Le vigilantisme est l’une des modalités de cette extension du champ sécuritaire.

    Où situez-vous la frontière entre participation citoyenne à la sécurité et basculement dans le vigilantisme ?

    M.G. : Le basculement se situe très clairement dans l’intervention. C’est le fait d’agir directement, de menacer, d’utiliser la violence ou d’administrer des sanctions, c’est-à-dire de s’ériger en juge.

    Dans une ville comme Montpellier, quelles formes concrètes de « vigilance » ou de mobilisation sécuritaire observez-vous aujourd’hui ?

    M.G. : Je peux citer deux exemples. Le premier est ponctuel. En 2018, lors de l’occupation de la faculté de droit par des étudiants grévistes, le doyen, après le refus du préfet d’intervenir, a constitué un groupe qui a procédé lui-même à l’expulsion des étudiants par la force. Des images ont circulé et des étudiants ont même été blessés. C’est un exemple de citoyens qui se substituent à l’autorité de l’État pour faire œuvre de police. Le second exemple est d’une autre nature. Il s’agit d’un groupement de sécurité inter-bailleurs, une sorte de police des HLM, délégation de service public confiée à une entreprise privée, habilitée à intervenir dans les différents ensembles HLM de Montpellier. Ce n’est pas du vigilantisme à proprement parler, mais cela illustre la privatisation de missions qui relevaient auparavant du travail policier. À cela s’ajoute, bien sûr, la montée en puissance des technologies de surveillance.

    En quoi l’idéologie de la sécurité transforme-t-elle notre rapport
    à la police, à la justice et à la punition ?

    M.G. : Nous assistons à une bascule profonde. Dans la conception moderne de l’État, héritée notamment de Beccaria, la sécurité et la sanction relevaient de fonctions régaliennes. La police et la justice étaient assurées par l’État, et les peines obéissaient à une logique de proportionnalité et de réintégration de l’auteur dans la société. Ce rapport a changé. Des chercheurs comme Didier Fassin, qui parle de populisme pénal, ou David Garland, qui théorise l’idéologie de la loi et de l’ordre, ont documenté ce glissement. L’État serait désormais perçu comme inefficace, et les sanctions ne seraient jamais assez fortes. On passe d’un modèle de justice réintégrative à un modèle rétributif, où l’auteur ne doit pas se réformer pour revenir parmi nous, mais souffrir et être puni durement.

    Pourquoi avoir choisi d’associer « vigilantisme » et « idéologie de la sécurité » dans le titre de votre ouvrage ? À qui s’adresse-t-il ?

    M.G. : Cet ouvrage s’adresse aux chercheurs, mais aussi à toutes les personnes qui s’interrogent sur notre rapport à la sécurité et à la délinquance, à celles et ceux qui, face aux débats et polémiques, cherchent une approche factuelle. L’ambition est d’alimenter un débat public sur la reconfiguration de ce rapport. Nous sortons d’une vision régalienne où l’État assure seul la sécurité, pour entrer dans un modèle où des acteurs privés et citoyens jouent un rôle croissant. Ce sont des évolutions difficiles à mesurer, difficiles à documenter, qui méritent d’être mises en lumière.

    Comment analysez-vous le rôle
    du sentiment d’insécurité dans la légitimation de ces politiques ?

    M.G. : Le sentiment d’insécurité est toujours très difficile à quantifier, mais ce qui est certain, c’est qu’il existe une demande sociale de sécurité qui se perçoit comme insatisfaite, indépendamment du fait que la délinquance augmente ou non objectivement. Et cette demande s’auto-alimente. Le sociologue britannique Steven Spitzer l’a bien formulé. La sécurité est un bien économique dont la demande ne peut jamais être pleinement satisfaite. Prenons un exemple simple : quelqu’un qui installe une alarme chez lui sécurise objectivement son domicile, mais se fragilise subjectivement car l’alarme lui rappelle quotidiennement l’existence de potentiels cambrioleurs. Dans l’espace urbain, c’est identique, les caméras, les blocs de béton antiterroristes renforcent peut-être la sécurité réelle, mais rappellent en permanence la potentialité de l’agression et alimentent ainsi le sentiment d’insécurité.

    Si vous deviez résumer en une formule ce que cette actualité dit du rapport contemporain à la liberté ?

    M.G. : Je reprendrais une phrase de Robert Castel : une demande absolue de sécurité est rarement compatible avec les libertés publiques garanties par un État de droit. La vraie question, au fond, est, est-il souhaitable d’atteindre une sécurité absolue, si c’est au prix du renoncement à l’essentiel ?

  • Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Avec l’assise des 40,73% de J-L. Mélenchon à la dernière Présidentielle, Nathalie Oziol apercevait une porte entrouverte vers la mairie de Montpellier. Fort de sa notoriété et de sa réussite insolente dans les affaires, Mohed Altrad s’imaginait déjà régner sur le Clapas, tel un Georges Frêche de droite. Mais les municipales et les scrutins nationaux répondent à des logiques différentes et on ne gère pas la 7e ville de France comme une multinationale.

    Telle est la leçon que les électeurs ont donnée à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), sèchement battus dimanche 22 mars dans la triangulaire qui les opposait au maire socialiste sortant, Michaël Delafosse (50,13%).

    Peut-être que les réseaux socialistes tissés par Georges Frêche et que Mohed Altrad rêvait de court-circuiter sont toujours solides à Montpellier. Peut-être qu’en dépit de certains couacs, le bilan de M. Delafosse était suffisamment convaincant pour rendre impossible un scénario dégagiste dont avait été victime Philippe Saurel en 2020. Il n’en demeure pas moins que Nathalie Oziol et Mohed Altrad ont, chacun à leur façon, loupé leur campagne.

    La députée Insoumise a mis du temps a asseoir sa légitimité dans son propre camp, au départ coupé en trois, avant de faire front. Ensuite, l’angle très agressif, parfois caricatural choisi par N. Oziol contre le maire n’a pas permis d’élargir son potentiel électoral ni de réveiller les quartiers populaires. D’aucuns ont eu le sentiment qu’elle menait une campagne nationale anti-PS pour préparer le terrain à Mélenchon. Côté Altrad, la crédibilité a clairement fait défaut après 6 ans à déserter les bancs de l’opposition puis à esquiver les débats publics. Sa liste agglomérat des déçus de P. Saurel ou du macronisme avait tout d’un règlement de comptes personnel dans le conflit qui oppose le milliardaire à M. Delafosse pour son refus de vente du stade de rugby. Le signe qu’en politique l’argent ne suffit pas.

    Avec 7 de leurs colistiers, N. Oziol et M. Altrad siégeront donc sur les bancs de l’opposition. Enfin, pour M. Altrad, rien n’est moins sûr. R.C

  • M. Delafosse : « L’envie de poursuivre la transformation de Montpellier »

    M. Delafosse : « L’envie de poursuivre la transformation de Montpellier »

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit après votre réélection ?

    Michaël Delafosse : Je veux d’abord exprimer ma satisfaction et ma reconnaissance en direction des Montpelliérains qui nous ont accordé leur confiance et les remercier. Durant cette campagne, ils nous ont fait part de leur grande fierté d’avoir tenu nos promesses, rendu les transports gratuits, s’attaquer à la rénovation des quartiers populaires. Une campagne qui s’adresse à l’intelligence des gens, où nous avons porté un projet global pour la ville, dans chaque quartier, avec une envie de poursuivre la transformation de Montpellier. Ils nous ont également beaucoup salué dans une campagne qu’ils ont pour beaucoup trouvé très violente, comme si notre vie démocratique était en train de se trumpiser. Si ça ne s’était vu qu’à Montpellier, ce ne serait pas grave. Mais dans plein d’endroits dans notre pays, la violence s’est déchaînée dans le débat démocratique.

    Plus de la moitié des inscrits ne sont pas allés voter au second tour, comment les mobiliser ?

    M. D. : La crise démocratique ou l’abstention se passe partout en France, d’élections en élections. Je ne vais pas m’en réjouir, c’est un phénomène qui est préoccupant. À Montpellier, sans doute beaucoup de gens ont dit « l’élection est jouée » et s’en sont peut-être un peu détournés. Mais je ne veux pas tirer d’analyse hâtive sur la cause de cette abstention. Cela montre que la défiance à l’endroit de la politique est forte, comme la capacité de la politique à changer les choses. Nous nous efforçons d’y répondre. Quand on promet la gratuité des transports, on donne la date, le jour et l’heure de sa mise en œuvre. Oui, la politique peut changer les choses. Et donc, ça ce sont des éléments. Beaucoup de nos concitoyens sentent qu’aujourd’hui il y a des leaders politiques qui déclament, mais qu’à la fin les réalités sont inexistantes. Et de ce point de vue, l’action du Président Macron est assez révélatrice. Moi j’ai souvent cette phrase, la France des procédures obère la France des projets.

    Et donc la question de la perception du choix apparaît très souvent difficile et je pense que ça joue aussi dans cette abstention. Après, ça dit aussi qu’il y a des gens qui ont des problèmes et tout ça leur apparaît parfois très loin, notamment dans les quartiers populaires. Alors je le dis, je suis élu par une majorité mais je serai évidemment respectueux de tous et de toutes.

    LFI a été votre principal adversaire à Montpellier mais on a vu à l’œuvre des alliances entre insoumis et socialistes. Comment va se passer la cohabitation ?

    M. D. : C’est à eux de le dire. Ce que je constate, c’est que LFI, depuis le premier jour en conseil municipal [en 2020], combat l’action d’une des villes qui a mené l’une des politiques les plus à gauche et les plus écologistes de France. J’ai toujours dit qui était mon adversaire et mon ennemi : l’extrême droite. Et d’ailleurs je n’ai pas fait des tracts contre les autres, j’ai fait des tracts pour Montpellier et pour les gens. Moi j’ai été caricaturé, attaqué par une composante qui se réclame de la gauche. Le respect de la parole, ça compte. Quand on prend une position nationale de clarté, il faut s’y tenir. On peut prendre une position autre, mais dans ce cas-là, on s’y tient. Je constate, dans des villes où l’alliance a eu lieu, alors qu’elles apparaissaient imperdables pour la gauche, une partie des électeurs se sont détournés. À Brest, à Clermont-Ferrand, etc.

    Nous sommes très différents du style : l’outrance contre la pondération, la constance des convictions face à parfois des cheminements douteux quand on vote contre la gratuité des transports. D’ailleurs, les élus LFI au conseil municipal auront un premier test puisque c’est dans le budget que figurera la gratuité des transports. Et donc s’ils ne le votent pas, ils seront cohérents avec leur position passée, mais qu’ils ne viennent pas ensuite nous faire la leçon.

    Quels sont les premiers projets que vous allez lancer ?

    M. D. : N’espérez pas de pause dans l’action. Il y a plusieurs choses. Mais évidemment, l’installation de l’antenne du CHU à la Mosson est un sujet prioritaire pour moi. Nous allons commencer à travailler sur le plan infrastructures sportives 2035 et nous présenterons le premier gymnase qui va être rénové pour répondre à la pratique amateure. Nous allons travailler sur le musée Fabre en lançant les travaux pour son bicentenaire d’extension, ça va être le symbole de l’engagement de la ville en faveur de la culture. Nous allons travailler sur les enjeux des projets qu’on va mettre en concertation : la mise en œuvre du plan trottoir, sur le sujet des bus tram. Et d’ailleurs il y aura beaucoup de temps de participation.

  • Michaël Delafosse réélu à la mairie de Montpellier

    Michaël Delafosse réélu à la mairie de Montpellier

    Michaël Delafosse a lui-même annoncé sur les réseaux sociaux la victoire de sa liste « Demain Montpellier ».

    « Nous sommes très largement en tête, avec près de 51% des suffrages selon les premières tendances. N. Oziol (LFI) 25% et M. Altrad 24%, la victoire est acquise, elle est celle de la cohérence, de la clarté et du sérieux », a déclaré le maire sortant, réélu ce dimanche soir. Le résultat définitif le crédite en fait de 53,61% soit 20 points de plus qu’au premier tour. « Merci à toutes et tous de votre confiance, nous allons continuer à affirmer Montpellier comme une ville plus solidaire, plus écologique, plus innovante et plus fraternelle. Une ville qui porte avec résolution et sans concession les valeurs de la République. Ce soir, cette victoire de la gauche et de l’écologie est une belle nouvelle pour une gauche en grande difficulté dans le pays. Le laboratoire montpelliérain doit inspirer l’indispensable remise en mouvement des forces progressistes face à la vague conservatrice et réactionnaire », a développé Michaël Delafosse.

    Ses deux concurrents en lice pour cette triangulaire ont amélioré leur score du premier tour. Nathalie Oziol pour la France insoumise a obtenu 23,6%. La députée de l’Hérault avait réalisé 15,35% au premier tour et le milliardaire Mohed Altrad avait recueilli 11,31% et a obtenu 22,79% au second tour.

    Agde bascule au RN

    Dans l’Hérault, le taux de participation s’établissait à 17h à 54, 93%. Si la ville de Montpellier reste ancrée bien à gauche, l’extrême droite déloge la droite en perdition à Agde, sa première commune dans l’Hérault avec l’élection de Aurélien Lopez Liguori (54,87%) face au divers droite Thierry Nadal (45,13%).

  • En Occitanie, la gauche unie peut l’emporter à Nîmes et Toulouse

    En Occitanie, la gauche unie peut l’emporter à Nîmes et Toulouse

    C’est un second tour de dimension nationale qui se déroule dimanche à Nîmes, la capitale du Gard. La dernière grande ville (plus de 150 000 habitants) dirigée par la droite LR depuis 25 ans. Le premier tour a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) du communiste Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins. Les deux listes de droite ont fusionné et c’est une triangulaire qui se tient dans la cité romaine. Pour Vincent Bouget « la possibilité que la gauche l’emporte, et le risque, en face, que l’extrême droite gagne, peuvent et doivent provoquer un sursaut supplémentaire ».

    À Montpellier, le maire Michaël Delafosse (PS) et sa liste d’union de la gauche est arrivé largement en tête avec 33,41%. Il a pour concurrents dimanche la liste LFI de Nathalie Oziol (15,36%) et celle du milliardaire Mohed Altrad (11,31%). La gauche a aussi la possibilité de ravir Toulouse à la droite. Si le maire sortant Jean-Luc Moudenc (DVD) a obtenu 37,23%au premier tour, la fusion des listes de gauche de François Piquemal (LFI, 27,56%) et de François Briançon (24,99%) peuvent le faire perdre. Ce serait un séisme en Occitanie.

  • Montpellier, en ballottage favorable

    Montpellier, en ballottage favorable

    De Clermont à Clermont. Le 1er novembre 2025, jour de la fête les morts, Montpellier plie à nouveau chez lui. Et enterre ses illusions. Tout au moins après neuf journées, deux défaites à domicile et un nul à Montauban, il fait fausse route. S’installe alors un climat délétère, où germent une crise de pouvoir venue de l’intérieur et un renversement possible du manager Joan Caudullo.

    Plus de quatre mois plus tard, à l’orée du dernier tiers du championnat, une aube nouvelle pointe à l’horizon. Celle de la renaissance de Montpellier, en lambeaux depuis le titre conquis en 2022.

    La métamorphose est spectaculaire. Sept victoires en neuf journées, quatre bonus offensifs, deux bonus défensifs à Pau et Toulon projettent le MHR à la troisième place du Top 14 avant son déplacement samedi 21 mars au stade Marcel-Michelin de Clermont du médiatique Héraultais Christophe Urios. Pour un choc au sommet entre deux clubs en plein renouveau. Et une même question pour l’un et l’autre : peuvent-ils arracher leur billet pour la phase finale dans un championnat très dense ?

    « On est très contents de s’installer aux six premières places. On est intraitables à domicile, où l’on réussit de belles performances en termes de contenu, et cela est très positif. Cela peut faire de belles choses en fin de saison. Vu d’où l’on vient, si on me donne la 6e place, je signe de suite. L’an passé, on n’a pas réussi à être parmi les huit premiers, être parmi les six ce serait donc très positif. Les joueurs, dont certains ont connu 2022 [année du titre, Ndlr] et 2024 [année du barrage pour le maintien], ont envie de vivre de belles choses. On a pour objectif d’être dans les six premiers, on a que cela en tête », éclairait le jeune entraîneur Joan Caudullo, intronisé à l’été 2024 et néophyte à ce poste.

    Reconquête d’une image brouillée après tant de dérives mercantiles, restauration d’une identité de jeu, remise en valeur d’un attachement au club : Caudullo, et ses adjoints estampillés MHR, fédèrent autour d’une ligne de conduite claire et y donnent du crédit à travers des résultats époustouflants après avoir essuyé les plâtres d’un apprentissage accéléré.

    « Avec mon jeune âge, l’an passé, j’ai voulu faire enchaîner les matchs à Billy Vunipola. Je me suis trompé. Il faut le mettre au repos de temps en temps. En mai et juin dernier, Billy était sur les rotules. Aujourd’hui, il a 20 ans », confesse le jeune manager, coupable d’avoir trop tiré sur la corde du 3e ligne centre anglais (33 ans). « On avait fini la saison à bout de souffle faute d’un effectif plus complet », abondait Didier Bès, en charge de la mêlée.

    « Il est costaud et les gens aiment jouer avec lui »

    L’ancien numéro 8 des Saracens et de l’Angleterre (75 sélections) aspire dans son sillage un paquet d’avant surpuissant, conquérant et dominateur dans tous les secteurs : mêlée, touche, rucks et défense. « Il est costaud et les gens aiment jouer avec lui », précise Caudullo. Grâce au travail méticuleux, et très vite reconnu de Geoffrey Doumayrou, Montpellier possède la défense la plus hermétique du Top 14 avec le Stade toulousain, champion et leader.

    Dans le chamboule-tout de l’hiver, Montpellier s’est peu à peu doté d’armes nouvelles. À savoir un jeu d’attaque, encore perfectible mais bénéfique avec sept bonus offensif, une alternance dans le jeu et une paire de demis autour du demi de mêlée écossais Ali Price et de l’ouvreur argentin Domingo Miotti, sur le point d’être prolongé. « cette charnière met en place ce que l’on a envie de mettre en place », savoure Caudullo.

    Après une première saison presque blanche, le Puma (10 sélections) s’est imposé tout à la fois comme un bon animateur et surtout comme un buteur fiable. Miotti (29 ans) semble mettre fin à la malédiction des numéros 10 depuis le départ de François Trinh-Duc, gamin du Pic Saint-Loup magnifié par le passage fondateur de Fabien Galthié (2010-14). Avec Harry Plummer, l’ouvreur néo-zélandais de Clermont, l’international argentin, arrivé d’Oyonnax en 2024, est le meilleur buteur du championnat. Le rendez-vous face à une équipe auvergnate, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, promet d’être révélateur de l’état de forme et de l’ambition de Montpellier. Portés par un élan hivernal rédempteur, les partenaires du 3e ligne international Lenni Nouchi ne manquent pas d’obstacle sur la voie d’une qualification pour la phase finale. Ils ne comptent que huit points d’avance sur Toulon (7e) et Le Racing (8e). Et s’avancent vers un calendrier compliqué par cinq déplacements (Toulouse, Bordeaux, Castres, Lyon) pour seulement trois réceptions (Perpignan, Montauban et Pau).

    À défaut d’avoir fait le nécessaire à Montauban, en début de saison (22-22), le MHR est quasiment contraint d’obtenir un troisième succès à l’extérieur.

    Autres obstacles : la réintégration de Lenni Nouchi au terme d’un Tournoi frustrant et l’effet de contacts de Joan Caudullo avec Toulon. Garant d’un projet à moyen terme, le manager de Montpellier a été approché par le club varois pour succéder à Pierre Mignoni, promis à prendre du recul après son burn-out. L’avenir de Caudullo, a priori engagé à moyen terme, peut-il froisser la belle dynamique de Montpellier ?

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • Un plan dans l’Hérault pour lutter contre les violences faites aux femmes

    Un plan dans l’Hérault pour lutter contre les violences faites aux femmes

    C’est un fléau qui ne semble pas reculer. Malgré une sensibilisation et une médiatisation plus importantes, les violences faites aux femmes persistent dans notre société. Année après année, les chiffres continuent d’augmenter. L’année 2024 ne déroge pas à la règle : les violences sexuelles enregistrées en France ont progressé de 7%, les viols et tentatives de viol, de 9%. « Dans l’Hérault, nous nous inscrivons dans la tendance nationale d’une stabilisation des plaintes pour violences conjugales et d’une augmentation des violences sexuelles », soupire Chantal Mauchet, préfète héraultaise.

    Pour pallier la situation, la préfecture, le Conseil départemental et les procureurs de Montpellier et de Béziers ont signé, le 6 mars, le premier plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes pour la période 2026-2029. « Ce plan fixe un cap et formalise un partenariat riche. Nous avons pour responsabilité de mieux diagnostiquer et objectiver les violences faites aux femmes afin que nos politiques publiques soient pleinement adaptées aux besoins », poursuit Chantal Mauchet. Concrètement, ce plan prévoit une meilleure coopération entre les partenaires institutionnels en s’articulant autour de six axes : l’hébergement d’urgence, la formation et la prévention, le suivi des enfants victimes de violences, la lutte contre l’exploitation sexuelle, une meilleure communication et enfin l’objectivation des violences grâce à l’Observatoire des violences faites aux femmes de l’Hérault. En somme, pas de nouveau dispositif mais une amplification de l’existant grâce à une meilleure synergie.

    Judiciarisation des faits

    Notamment sur l’hébergement d’urgence. « Le nombre de places a plus que doublé depuis 2019, il y en a 137, voire 170 avec les places dans les hôtels. Nous voulons aller plus loin en intégrant les dimensions d’insertion professionnelle car les enjeux d’autonomie financière et de reprise de confiance en soi demeurent centraux », souligne la préfète. À cela s’ajoutent les deux Maisons des femmes -à Montpellier et Béziers- et un troisième établissement de ce type serait à l’étude en milieu rural, probablement dans les Hauts cantons héraultais.

    Surtout, les signataires insistent sur la judiciarisation des faits. « Cela constitue une étape essentielle sur le chemin de la reconnaissance et de la réparation pour les victimes », fait valoir Chantal Mauchet. En 2024, dans l’Hérault, 1 533 personnes ont été condamnées dans ce cadre.

    « Le traitement des violences conjugales est une priorité de notre politique pénale. En 2025, sur les 800 affaires poursuivables, il y a eu 300 poursuites et 220 déferrements. Les autres procédures ont fait l’objet de mesures alternatives. C’est une justice du quotidien qui est appliquée pour traiter au mieux ces faits d’une grande gravité », soutient Thierry Lescouarc’h, procureur de la République du tribunal judiciaire de Montpellier. Et de lister deux priorités : le renforcement de la protection des victimes, passant par des délais d’audience resserrés ainsi que l’utilisation d’outils comme les téléphones grave danger et les bracelets anti-rapprochement. « Notre seconde priorité concerne les enfants. Ce ne sont pas seulement des témoins mais des victimes à part entière. Cela implique de systématiser la prise en charge de l’intérêt de l’enfant, notamment concernant l’exercice de l’autorité parentale », indique Thierry Lescouarc’h.

    Un premier plan triennal qui en amènera d’autres. Mais tous le reconnaissaient, le chemin à parcourir est encore long. « La lutte contre les violences faites aux femmes est l’affaire de tous. »

  • Saez revient aux commandes

    Saez revient aux commandes

    Il a à peu près tout connu à sa tête, mais il ne s’attendait pas à une telle année. Jean-Louis Saez, homme fort des filles de Montpellier, a entamé le 11 mars face à Lens une nouvelle expérience. Celle de pompier de service.

    Ce technicien respecté ne fait pas de miracles. Son équipe a perdu le match de la peur face à Lens (2-1) et a plongé à la dernière place. « On a un pied en D2, mais on n’a pas dit notre dernier mot », consent-il.

    Jean-Louis Saez, ancien directeur sportif, a été intronisé dans l’urgence à la tête de l’équipe féminine de Montpellier, engagée dans la course au maintien en Première Ligue.

    Saez (58 ans) a succédé jeudi 5 mars à l’ancien entraîneur Yannick Chandioux, démis de ses fonctions le 11 février et remplacé provisoirement par son adjoint Baptiste Merle. L’ex-coach, âgé de 50 ans, dirigeait l’équipe montpelliéraine depuis l’été 2021, où il était arrivé en provenance de Dijon. Il a payé les mauvais résultats de son équipe, plongée à la dernière place de la Première Ligue après avoir concédé 11 défaites en 15 journées.

    Saez possède une expérience certaine de l’équipe féminine qu’il a dirigée durant six saisons (2013-19) et lui a permis de disputer le quart de finale de la Ligue des champions face à Chelsea. Le fils de Louis Saez, décédé en décembre, a par ailleurs l’avantage d’avoir créé le centre de formation et donc de connaître les jeunes joueuses, envoyées au feu pour sauver le club en pleine transition.

    Cet entraîneur fédérateur, proche de Laurent Nicollin, avait vécu aux premières loges la vente du club au cours de l’automne. Début octobre, la famille Nicollin, pionnière du football féminin en France, a vendu la section féminine à Crux Football, dirigé par l’ancienne internationale néo-zélandaise Bex Smith. Montpellier, pionnier de la professionnalisation du football féminine, n’avait jamais connu jusque-là un parcours aussi compliqué.

  • Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Chaque soir à 20h, du 11 au 14 mars, le théâtre Jean-Claude Carrière, situé au Domaine d’O, propose une représentation de la pièce de théâtre Léviathan, mise en scène par Lorraine de Sagazan. Fruit de nombreuses rencontres avec avocats, magistrats, victimes et détenus, ce spectacle s’intéresse aux lacunes de la justice institutionnelle, et en particulier aux comparutions immédiates. « Cette procédure simplifiée et expéditive, qui est une exception française, juge l’auteur présumé d’une infraction à sa sortie de garde à vue. Publique et durant en moyenne moins de trente minutes, elle est de plus en plus répandue et favorise largement l’incarcération puisque 70% des peines prononcées correspondent à des peines de prison ferme », indique Lorraine de Sagazan dans la note d’intention de son spectacle.

    Un spectacle auquel s’associe, dans le cadre d’un partenariat national, la Ligue des droits de l’Homme (LDH). En amont de la dernière représentation, samedi 14 mars, la section locale de Montpellier organise donc, de 16h à 18h au théâtre Jean-Claude Carrière, une table ronde sur le sujet.

    « Prime à l’accusation »

    Se succéderont un avocat, un magistrat ainsi que des représentants du Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) et d’une association, Wake Up Café, qui vient en aide à cette structure officielle. L’avocat montpelliérain membre de la LDH Jean-Jacques Gandini animera cet échange, en amont duquel il a assisté à quatre audiences de comparutions immédiates au tribunal correctionnel de Montpellier.

    Le caractère expéditif de cette procédure, désormais massivement appliquée dans le cadre des mobilisations sociales (Gilets jaunes, réforme des retraites, émeutes dans les quartiers populaires), réduit les droits de la défense. « C’est est un moyen pour évacuer les flux. C’est une justice d’abattage, un peu caricaturale, où la prime est donnée à l’accusation et où la défense a une part congrue », résume Jean-Jacques Gandini. Qui pointe également le côté discriminant de cette procédure : « Les gens qui passent en comparution immédiate sont pratiquement tous issus des classes sociales défavorisées, avec des revenus très faibles quand ce ne sont pas des SDF. Il y a aussi pas mal d’étrangers, car précaires eux aussi. »