Tag: Montpellier

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.

  • Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    « Je me suis engagée sur la Flottille pour Gaza parce que c’est une noble cause, une action humanitaire non-violente, destinée à briser le blocus sur Gaza. Je suis révoltée, en particulier par le soi-disant cessez-le-feu à Gaza. Les Palestiniens sont tués, affamés, assoiffés, privés de tout par le colonialisme. Non seulement le peuple est détruit, mais aussi son pays, sa culture. »

    Nicole, infirmière montpelliéraine, a été contactée par Médecins du monde pour participer à la Global Sumud Flotilla (le mot « sumud » en arabe signifie « résistance », « ténacité », « persévérance » ou « fermeté » face à l’adversité). Après deux entretiens avec des responsables, sa candidature a été acceptée et Nicole est partie le 7 avril à Barcelone où elle a reçu une formation de 5 jours, tant sur l’histoire de la Palestine que sur les règles maritimes et les objectifs des Flottilles. Le 12, elle a été affectée au voilier Nablus, dont le capitaine était français et l’équipage luxembourgeois, français, anglais et turc.

    Avec 47 autres embarcations, son bateau a participé à une parade dans le port de Barcelone, sous les applaudissements et les chants de milliers de personnes solidaires. L’accueil des populations a été aussi magnifique en Sicile, puis en Grèce.

    Brutalité cruelle

    En pleine nuit du 29 au 30 avril, l’armée israélienne a attaqué violemment la Flottille, dans les eaux internationales, et arrêté 22 voiliers, dont ceux des deux responsables : Thiago Avila, militant brésilien pour le climat et les droits humains et Saif Abu Keshe, militant espagnol. Cette attaque a été si brutale et barbare que les militants ont été violentés y compris des violences sexuelles. 30 personnes ont été hospitalisées, « plus déterminées que jamais face à la barbarie de l’armée israélienne, nous avons continué vers Gaza. Nous avons mouillé en Crète et reçu là aussi un accueil chaleureux et généreux, puis en Turquie où 25 bateaux supplémentaires ont rejoint la Flottille. À aucun moment, il n’ait été envisagé d’entrer dans les eaux territoriales israéliennes, et c’est dans les eaux internationales encore que nous avons été assaillis le 18 mai au matin. Un après l’autre, les voiliers ont été attaqués, les équipages brutalement arrêtés et conduits dans des bateaux-prisons. »

    Nicole poursuit son récit. « Nous avons dû quitter nos vêtements chauds et nous avons été propulsés sur le pont mouillé vers 4 conteneurs. Nous sommes restés un jour et une nuit dans cet endroit lugubre et glacé, sans banc ni matelas. De temps en temps, les soldats nous lançaient, de 5 mètres de haut, des packs d’eau qui risquaient de nous assommer ou d’éclater sur le sol et du pain. Nous étions à la fois très mal et très solidaires, chaque nouveau prisonnier était ovationné par les autres. Certains avaient été frappés sur les bateaux et nous les réconfortions. Nous nous sommes épaulés, en particulier entre femmes ! Il faut dire que les femmes qui portaient un voile ont dû le retirer. Les soldats frappaient, agressaient, violentaient et nous tiraient des coups de fusil avec des balles de plomb quand on chantait. Quand l’armée israélienne a réussi à arrêter les équipages et larguer en mer les voiliers avec les vivres et les médicaments transportés, nous avons été, toujours avec une brutalité cruelle, amenés à terre, bras et jambes liés très serrés, et maintenus à genoux durant des heures. Nous avons été insultés et j’ai vécu la visite minable du ministre Ben Gvir, j’ai subi 4 interrogatoires. Puis on nous a mis des vraies menottes et des chaînes aux pieds et entassé dans un fourgon avec des cellules de 6 ou 10 prisonniers, et le chauffage à fond. Nous sommes arrivés à la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev. Pieds liés, ils nous ont expulsés du fourgon et fait courir avec les chaînes. Quand je suis tombée, ils m’ont relevée en me tirant les cheveux. Il y avait les cris, les hurlements de chiens. Nous avons été jetés dans des cellules sans matelas, sans nos affaires qui ont été volées. Toutes les heures, nous étions réveillés pour des exercices comme marcher à quatre pattes à travers les sous-sols de la prison. Nous devions toujours avoir la tête baissée. Nous tenions le coup, malgré le sadisme des militaires israéliens en pensant à ce que vivent les prisonniers palestiniens et la population gazaouie. Je dois dire que les militants ont été victimes d’une véritable discrimination au faciès. Un médecin universitaire français, noir, a été tellement frappé au visage qu’il était méconnaissable, les militants turcs très nombreux, les Marocains, Algériens et Tunisiens ont été particulièrement maltraités. »

    Nicole garde en mémoire une « expérience très forte ». « Nous ne sommes pas des héros, mais des personnes humaines, solidaires et révoltées par le sort des Palestiniens. Nous gardons au cœur les gestes de solidarité collectifs et individuels qui ont émaillé notre parcours, puis notre retour à Istanbul, puis Paris et pour moi Montpellier où des amis, et même des voisins que je ne connaissais pas m’ont témoigné leur solidarité ».

    Témoignage retranscrit par Claire Britten

  • Les Architectures vives fêtent leurs 20 ans

    Les Architectures vives fêtent leurs 20 ans

    Voilà 20 ans que le Festival des architectures vives (FAV), fondé par deux architectes montpelliérains, Élodie Nourrigat et Jacques Brion, propose un dialogue poétique et contrasté entre patrimoine historique et architecture contemporaine. Chaque année, durant quelques jours, les hôtels particuliers du cœur de Montpellier, véritables joyaux de pierre habituellement fermés au public, accueillent, dans leurs cours intérieures, des installations contemporaines créées par de jeunes équipes d’architectes du monde entier. « L’idée n’est pas de donner une leçon d’architecture, mais de faire éprouver l’expérience d’un lieu, d’un espace. Car l’architecture est ce qui constitue notre quotidien, notre environnement », explique Elodie Nourrigat, cofondatrice du FAV. « Pour cela, on a voulu croiser deux éléments : la dimension patrimoniale et la dimension d’architecture contemporaine, pour montrer que le patrimoine s’incarne aussi dans une contemporanéité, que c’est là qu’il peut vivre et survivre. La production contemporaine est une pierre pour constituer le patrimoine de demain. »

    Cette rencontre, cet alliage entre la mémoire et l’avenir, entre les inspirations d’hier et celles d’aujourd’hui fait tout le charme de cette déambulation dans le cœur de Montpellier, à la découverte d’œuvres éphémères, surprenantes et poétiques. Cette année, 13 hôtels particuliers ouvrent leurs portes, dont un nouveau : l’hôtel de Beaulac. Édition anniversaire oblige, le FAV 2026 sera placé sous le thème de la transmission, « ce fil invisible mais essentiel qui traverse les générations d’architectes, d’artisans, de bâtisseurs ».

    640 architectes du monde entier accueillis en 20 ans

    « D’habitude, on fait un appel à candidatures auprès de jeunes architectes du monde entier. On a à peu près une centaine de réponses et on en retient entre 10 et 13. Cette année, on a voulu changer de format pour célébrer cette notion de transmission : on a invité des équipes qui ont participé à des éditions précédentes à jouer le rôle de mentors, de passeuses d’héritage, en nous proposant de jeunes architectes dont elles souhaitent mettre le travail en lumière », détaille Elodie Nourrigat. Depuis sa création, le festival – dont la dernière édition a rassemblé pas moins de 16 000 visiteurs – a accueilli plus de 640 architectes du monde entier. C’est parmi eux que se trouvent les mentors de cette nouvelle édition, venus du Japon, du Canada, du Portugal, d’Espagne, d’Italie et bien sûr de France.

    Pour célébrer la transmission, toujours, le parrainage de ce FAV 2026 a été confié à Julien Tuffery, qui incarne la quatrième génération d’une lignée de maîtres tailleurs-confectionneurs. Fondé en 1892 à Florac, au cœur des Cévennes, l’atelier Tuffery est aujourd’hui le plus ancien fabricant français de jeans encore en activité. « En accueillant Julien Tuffery comme parrain, le FAV met à l’honneur une vision de la création profondément ancrée dans le temps long, celle qui relie les générations, valorise le geste et affirme que l’innovation peut naître de l’héritage. » Au sein de l’hôtel Saint-Côme, l’installation « Téisser » transformera la cour en un vaste métier à tisser mettant en scène la transformation du denim et son cycle de vie. « Évolutive, l’installation invite chaque visiteur à nouer à son tour une lanière de denim et à participer au tissage collectif. »

  • M. Chat prend ses quartiers d’été à Montpellier

    M. Chat prend ses quartiers d’été à Montpellier

    Cet été, il a décidé de faire escale à Montpellier. Après l’Américain JoneOne, figure majeure du street art et de l’abstraction lyrique contemporaine, la galerie éphémère Laurent Rigail, installée au 1 rue Voltaire, en plein cœur de l‘écusson, à quelques pas de l’église Saint-Roch, accueille depuis le 2 juin Thoma Vuille, alias M. Chat.

    C’est à Orléans que l’artiste franco-suisse, né en 1977, s’est formé aux arts plastiques et a fait faire, à la fin des années 1990, ses premiers pas à M. Chat, devenu sa signature. Depuis, le félin jaune rondelet et tout sourire a vu du pays : de Paris à New York en passant par Lisbonne, Tokyo ou Hong Kong, les rues le reconnaissent, les galeries et les institutions l’exposent.

    Si M. Chat est avant tout une présence bienveillante incarnée par son sourire, une réflexion plus profonde se dessine derrière ce dessin d’apparence un peu naïf. « Ce sourire peut aussi être vu comme un sourire crispé par rapport à ce qu’on vit actuellement, à l’état de la société », explique Laurent Rigail, responsable de la galerie parisienne du même nom, organisatrice de l’expo-vente présentée à Montpellier jusqu’au 1er août. « Il y a également une symbolique sur la façon dont le chat se positionne : il y a “le chat accolade”, avec les bras grands ouverts, le chat avec des ailes, qui prend de la hauteur et essaie de voir plus loin, le chat recroquevillé sur lui-même, le dos rond… C’est un personnage plus complexe qu’il n’y paraît », assure le galeriste.

    Pour ceux qui souhaiteraient observer de plus près les nuances de M. Chat – et pourquoi pas acquérir un tableau –, une trentaine d’œuvres, essentiellement sur toile mais aussi sur papier ainsi que quelques sérigraphies, sont à découvrir tout l‘été. Et pour ceux qui voudraient échanger avec l’artiste ou repartir avec une dédicace, Thoma Vuille sera présent à la galerie samedi 6 juin, de 14h30 à 19h. Des ateliers pour les enfants – sur inscription ou non – sont par ailleurs proposés tous les mercredis et samedis (5 sessions par jour entre 11h30 et 17h), en partenariat avec le musée d’art urbain et contemporain Parcelle473.

  • Dans l’Hérault, un contrôle unique des exploitations agricoles mis en place

    Dans l’Hérault, un contrôle unique des exploitations agricoles mis en place

    C’était une demande de longue date des agriculteurs. En 2024, alors que la crise agricole s’abat sur l’Hexagone, les manifestants mettent en avant plusieurs revendications, dont la mise en place du contrôle unique de leur exploitation. Deux ans plus tard, la préfecture accède à cette demande en signant une charte avec la Chambre d’agriculture héraultaise, le 29 mai. « On s’est aperçu qu’il pouvait avoir plusieurs contrôles sur la même exploitation au cours de la même année. Cela peut être des contrôles liés à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, des contrôles liés à la Politique agricole commune, des contrôles sur l’eau, etc. Jusqu’alors, il n’avait pas d’éléments de coordination et nous avons recensé une quinzaine de cas d’agriculteurs qui avaient plusieurs contrôles durant l’année », soutient Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault.

    Signée par la FDSEA, les JA, la Coordination rurale et plusieurs corps de l’État, « cette charte donne un cadre partagé pour les bonnes pratiques entre les agriculteurs et les différents corps de l’État. L’exploitant contrôlé est présumé de bonne foi. Ce contrôle doit être programmable et réalisé physiquement sur l’exploitation. La charte ne comprend que les contrôles administratifs et exclut tout ce qui est obligation européenne, les contrôles sanitaires, tout ce qui est judiciaire. Elle n’affaiblit pas les missions essentielles de protection de la santé et de l’environnement », précise Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault.

    Sur les 2 000 contrôles réalisés en 2025 dans le département, 25% étaient uniques. Une proportion qui sera amenée à augmenter, pour le bénéfice des agriculteurs. « Ces contrôles sont un sujet anxiogène. Les agriculteurs ont la boule au ventre, c’est très réglementaire. De façon pédagogue, la Chambre va accompagner les agriculteurs à préparer les contrôles et les pièces demandées », reprend Jérôme Despey, également secrétaire général de la FNSEA. La charte reconnaît aussi un droit à l’erreur pour les agriculteurs et prend en compte la saisonnalité des filières, là encore, pour « ne pas rajouter du stress ». L.D.

  • L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    « Les projections climatiques de Météo-France montrent des vagues de chaleur, plus intenses, plus fréquentes, plus longues et étalées sur une période plus étendue du printemps à l’automne », explique Florence Vaysse, prévisionniste pour Météo-France. « C’est la conséquence la plus visible du changement climatique que nous sommes en train de vivre », affirme cette dernière.

    Selon les projections de Météo-France fondées sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), la température moyenne annuelle augmenterait en Occitanie de +2,2 °C à l’horizon 2050, et de +3,5 °C à l’horizon 2100. Un réchauffement légèrement supérieur à la moyenne nationale, accompagné d’hivers plus humides.

    À l’horizon 2050 en Occitanie, les températures estivales moyennes (juin, juillet, août) augmenteraient de l’ordre de +2,3 à +2,7 °C, les températures hivernales moyennes (décembre, janvier, février) augmenteraient quant à elles de +1,9 °C à +2,2 °C par rapport à la période 1976-2005. La chaleur est donc une composante avec laquelle il faudra apprendre à vivre.

    De plus en plus d’épisodes caniculaires

    Les plans de vigilances orange canicules ont été mis en place en 2004, suite à la canicule de 2003. Depuis 2006, les épisodes caniculaires ne cessent d’augmenter dans la région. « De 2004 à 2014 nous avons eu un été avec deux épisodes vigilances orange canicule, de 2015 à 2025 nous avons enregistré six étés impactés avec huit épisodes, dont 2023 et 2025 avec deux longs épisodes », détaille Florence Vaysse.

    « Les neuf températures les plus chaudes enregistrées à Montpellier-Fréjorgues datent toutes d’après 2017 », précise la prévisionniste. Des températures qui ont déjà dépassé les 40 °C à deux reprises : 40,3 °C le 16 août 2025 et 43,5 °C le 16 juin 2019.

    Selon Florence Vaysse, ces hausses de températures sont bel et bien une conséquence du dérèglement climatique. Des études comparent les évolutions de jours très chauds enregistrés depuis 1946 et les résultats ne laissent aucun doute quant à la direction. « Avant 1980 on enregistrait un à trois jours de temps en temps. Sur la période de 2016-2025, dernière décade, on relève 50 jours très chauds soit cinq par été en moyenne dont 16 jours en 2025 », alerte Florence Vaysse. Des résultats de mauvais augure pour la suite.

  • À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    Le conseiller métropolitain Manu Reynaud a été élu à la présidence de la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier, établissement chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement sur les 31 communes formant cette dernière, le 19 mai. Il succède ainsi à René Revol, ex-maire de Grabels battu lors des dernières municipales. À ses côtés, l’élu montpelliérain sera épaulé par deux vice-présidents, Céline Pintard, adjointe au maire du Crès, et Thierry Ruf, directeur émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Une gouvernance partagée entre élus mais aussi avec des représentants d’associations et universitaires.

    La nouvelle organisation va s’atteler à plusieurs défis, telle que la question de la qualité de la ressource. « C’est un sujet majeur de ces prochaines années. Notamment sur la question des pesticides mais aussi des micropolluants. Nous devons être en capacité d’être une force de transparence, d’information, de prévention », insiste Manu Reynaud. À l’heure où les Pfas s’invitent dans nos robinets, ce devoir de transparence est érigé comme la priorité du mandat de la Régie.

    Miser sur la qualité mais également sur la quantité. En six ans, les fuites de canalisation ont été réduites de 23 à 13%. « Nous avons eu un beau gain sur la performance du réseau. Nous allons continuer, c’est une nécessité pour la ressource. C’était un argument pour passer en régie publique du point de vue de la gestion des investissements. Il ne s’agit pas de réparer les fuites mais de financer la rénovation des réseaux. Ce n’est pas la même logique, nous investissons pour la suite », reprend l’élu. Des investissements plus coûteux et nécessitant de gros travaux mais qui bénéficieront aux administrés sur le long terme. La Régie des eaux gère également l’assainissement. En ce sens, Manu Reynaud entend développer la réutilisation des eaux usées. « Le cadre réglementaire est très contraint, heureusement. Mais la législation évolue et nous expérimentons l’irrigation de l’agriculture, le nettoyage des rues, l’arrosage des parcs, etc. L’objectif est de généraliser son utilisation », indique Manu Reynaud, promettant des annonces à ce sujet en septembre. L.D.

  • Verbalisation des trottinettes etvélos à Montpellier : Vélocité monte au créneau

    Verbalisation des trottinettes etvélos à Montpellier : Vélocité monte au créneau

    À partir du 26 mai, les cyclistes et usagers de trottinettes circulant sur les voies du tramway dans le secteur Clemenceau – Saint-Denis à Montpellier s’exposent à une verbalisation de 90 euros. Dans un communiqué, la Ville rappelle que les plateformes de tramway sont interdites à la circulation des vélos, trottinettes, scooters et voitures, invoquant des risques de collision avec les rames et de chute liée aux rails.

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité insiste sur une situation particulièrement dangereuse dans ce secteur du chantier de la ligne 5, malgré « plusieurs phases d’information », la mise en place d’une signalétique et l’aménagement d’itinéraires alternatifs. La Ville affirme que les circulations persistantes sur les voies « empêchent une exploitation correcte du tramway ». Des pavés disposés en quinconce ont même été installés pour empêcher physiquement le passage des vélos.

    Face à cette décision, l’association Vélocité conteste une réponse jugée trop répressive. Pour sa vice-présidente, Hélène Fourot-Quillaud, les comportements des cyclistes s’expliquent avant tout par le manque d’aménagements adaptés. « Le critère principal de déplacement dans la ville, pour beaucoup, c’est l’efficacité », explique-t-elle, évoquant également un retard français dans la prise en compte du vélo dans les politiques urbaines.

    « Encourager plutôt

    que verbaliser »

    Pour Vélocité, la situation actuelle révèle surtout les limites des aménagements cyclables autour du chantier de la ligne 5. L’association estime que la Ville a fait le choix d’écarter les vélos d’une portion de l’avenue Clemenceau, interdite à l’ensemble des véhicules, en imposant un détour jugé peu attractif.

    Selon Hélène Fourot-Quillaud, de nombreuses études montrent qu’au-delà d’un certain allongement du trajet, une partie des usagers refuse de modifier son parcours. D’autres, notamment les familles ou les personnes les moins à l’aise à vélo, acceptent les itinéraires alternatifs uniquement s’ils offrent un haut niveau de sécurité et de confort.

    D’après l’association, ces conditions ne sont aujourd’hui pas réunies. Vélocité dénonce un manque de lisibilité des déviations proposées, avec une signalétique encore insuffisante ou mal positionnée. « Il faut changer des habitudes anciennes, donc il faut une visibilité extrême de l’itinéraire alternatif », explique Hélène Fourot-Quillaud.

    L’association pointe également des défauts de conception sur certains carrefours, notamment un virage emprunté par les bus où plusieurs usagers ont signalé des risques de collision. « Au croisement entre les rues Rondelet et du Grand Saint-Jean, les bus empiètent sur la piste cyclable et les cyclistes les voient au dernier moment, des parents nous ont signalé des frayeurs avec leurs enfants », précise la vice-présidente de Vélocité. Elle demande aussi la mise en double sens cyclable de certaines rues adjacentes afin de rendre les itinéraires plus directs et compréhensibles.

    Si la Ville affirme privilégier une phase de pédagogie avant les verbalisations, Vélocité juge l’approche actuelle insuffisante. L’association redoute que les échanges avec les policiers municipaux chargés de rappeler l’interdiction ne soient pas très pédagogiques avec une obligation à quitter la zone plus qu’une explication de l’itinéraire alternatif à emprunter. Elle réclame donc la suspension des contraventions, plaidant pour « un accompagnement au changement plutôt qu’une logique répressive ».

  • Le Planning familial craint pour ses projets

    Le Planning familial craint pour ses projets

    Dans l’Hérault, le Planning familial a du mal à se projeter vers l’avenir. Pour la seconde fois en 4 ans, les finances de l’association féministe et d’éducation populaire sont dans le rouge. Au point de pousser la structure qui lutte pour une société d’égalité entre les femmes et les hommes à lancer une cagnotte. Accessible sur HelloAsso, sur le site du Planning héraultais et Instagram, elle doit permettre de lever 20 000 euros d’ici le 15 juin, sous peine de mettre la clé sous la porte. « En 2022, on avait recueilli plus de 50 000 euros. En réalité c’est cette somme qu’il nous faut pour tout juste revenir à l’équilibre », confie Mia Ferret.

    L’administratrice de l’association loi 1901 a fait les calculs. En dépit des 20 000 euros annuels de dons traditionnels, le manque à gagner se creuse chaque année en raison de la baisse des financements publics. L’État ne donne que 75 000 euros plus 46 000 par l’intermédiaire de la Délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité (DDFE) ainsi que 61 000 euros via l’Agence régionale de santé (ARS). Outre la somme conséquente octroyée pour le centre de santé sexuelle de Montpellier, la subvention du Département de l’Hérault est en baisse de 5 000 euros, celle de la Région de 3 000 euros. Les aides allouées par la Ville et la Métropole de Montpellier stagnent. Or, « nos frais de fonctionnement augmentent d’année en année avec le coût de l’électricité, des locaux et les revalorisations salariales », résume Mia Ferret. Trop juste pour rémunérer les 14 salariés. « On pioche dans la trésorerie. »

    22 700 personnes croisées

    L’utilité publique du Planning n’est pourtant plus à démontrer. L’an dernier, grâce à ses bénévoles, 22 700 personnes ont été accueillies (dont 3 000 au centre de santé sexuelle de Montpellier), prises en charge ou sensibilisées sur l’éducation à la sexualité, l’accès à la contraception, au droit à l’avortement et à la libre disposition de son corps ou à l’éternel combat contre les violences sexistes ou sexuelles. Trois types de missions sont menés. Un « accompagnement des personnes » pas considérées comme des « patients ». Au-delà des 250 IVG annuelles, des suivis de grossesse et des tests contre les infections sexuellement transmissibles en hausse en raison d’une baisse des protections chez les jeunes, « on écoute, on oriente, c’est une approche globale », résume Mia Ferret.

    Le Planning forme aussi au métier de conseiller conjugal et familial ou aux compétences psychosociales. Enfin, l’association effectue régulièrement des animations scolaires et périscolaires. Problème : le rectorat de l’académie de Montpellier vient de décider que le seul personnel de l’Éducation nationale se chargera désormais dans le premier degré des interventions d’éducation à la vie affective et relationnelle (programme Evar). « La plupart des enseignants ne sont pas formés à cela », regrette Mia Ferret qui soupçonne le poids du « lobby d’une minorité de parents d’élèves » au bras long. « On a le sentiment d’un deux, poids deux mesures sur la laïcité. Quand il s’agit d’aller intervenir auprès des jeunes filles musulmanes, ça se passe très vite pour leur dire comment s’habiller. Quand il s’agit de modérer les associations catholiques intégristes, il n’y a plus personne. »

    Pour le Planning, la réduction de ces missions est synonyme de manque à gagner. Dans un contexte national où l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir serait un recul majeur, Mia Ferret appelle les collectivités locales à former un « rempart » en aidant davantage le Planning familial. « Nos financements sont dépendants de nos projets. On a besoin de stabilité, d’engagements supérieurs de nos financeurs sur plusieurs années. »

    « On écoute, on oriente, c’est une approche globale »

  • Montpellier, coups de chaud pour les handballeurs

    Montpellier, coups de chaud pour les handballeurs

    Saint-Raphaël, terre de désillusions majuscules. Le 24 mai 2018. Montpellier, leader avec six points d’avance sur le Paris SG à la trêve, se fige à l’approche de la ligne d’arrivée. Lors de l’avant-dernière journée, il chute d’un but
    (26-25) à Saint-Raphaël. Et perd le titre qui lui échappe depuis 2012. Cinq jours plus tard, dans un sursaut historique, l’équipe du manager Patrice Canayer remporte la seconde Ligue des champions après avoir écarté le Vardar Skopje, tenant du titre, et Nantes.

    Huit ans plus tard, le traumatisme ressurgit. Mardi 26 mai, le MHB tombe dans le piège varois et fragilise la troisième place, qualificative pour la Ligue des champions. Objectif majuscule de la saison. Samedi et dimanche, l’équipe d’Erick Mathé peut-elle renverser à nouveau la table à l’occasion du Final Four de la Ligue européenne ?

    Montpellier Handball n’est pas à un paradoxe près. Samedi 30 et dimanche 31 mai, le MHB dispute le 4e Final Four de la Ligue européenne (équivalent de la Coupe UEFA) à Hambourg. Face à ce qu’il se fait de mieux en Europe, à savoir trois clubs allemands : Kiel, mastodonte brinquebalant, Melsungen, et Flensburg, tenant du titre. Dans le Nord de l’Allemagne, on retrouve les quatre mêmes adversaires que la saison passée. Et les deux mêmes demi-finales.

    Samedi, pour commencer, Montpellier croisera Kiel. Un duel entre deux canards boiteux au sort imprévisible. Les deux plus grands clubs français et allemands ne traversent pas le meilleur moment de leur histoire.

    L’un comme l’autre sont en difficulté dans leur championnat respectif. Et ils ne sont pas sûrs de participer la prochaine Ligue des champions, véritable juge de paix à l’échelle continentale dimensionné pour la Sud de France Arena.

    Montpellier boucle une saison tout en contraste. L’équipe d’Erick Mathé, qui a succédé à l’été 2024 à Patrice Canayer, a visiblement changé de costume. Elle ressemble à l’équipe d’un jour et beaucoup moins à une machine réputée pour sa constance.

    En quête de trophées depuis 2018, elle vient de chaparder la Coupe de France à Nantes
    (27-24), samedi 23 mai à Bercy, un an après l’avoir dérobé au Paris SG. Et dans l’intervalle, elle s’est adjugé le trophée des champions, épreuve qui lance la saison.

    Dans le même temps, ce MHB paraît à l’arrêt en championnat. Et nettement en retrait de Paris et Nantes, détachés de la meute. Avec huit défaites parfois aussi imprévisibles que face à Aix, à Bougnol, à Nîmes ou Tremblay…, les partenaires de Valentin Porte n’ont plus leur destin en main pour décrocher une place en Ligue des champions. Une place, la troisième, menacée par Limoges. « Si on gagne la Coupe et que l’on ne finit pas troisième en championnat, je ne sais pas quel serait l’avis des autres autour du club mais pour moi ce ne serait pas une saison réussie » expliquait l’ancien international dans Midi Libre, en prélude à la finale de la Coupe de France.

    Absent lors des deux ultimes éditions, Montpellier a besoin plus que jamais de vivre à nouveau la Ligue des champions. Pour être au sommet du handball européen et pour légitimer la construction d’une nouvelle salle qu’il appelle de ses vœux depuis quasiment une décennie.

    Réticent à investir dans de nouveaux équipements sportifs, le maire de Montpellier Michaël Delafosse, réélu dans un fauteuil en mars, a visiblement révisé sa stratégie. « J’ai comme réputation de tenir mes engagements. Alors on va engager très rapidement le projet de la nouvelle salle pour que le MHB continue d’avoir tous les moyens possibles de son développement. Je préciserai très prochainement le lieu et après on travaillera le contenu » a-t-il soufflé dimanche à l’Opéra, en marge des festivités autour de la 15e Coupe de France.

    À défaut d’aménagement du Palais des Sports Bougnol, confronté à une fronde des riverains du paisible quartier Aiguelongue, plusieurs pistes existent du côté d’Odysseum. Lors de la campagne, le maire de Montpellier a évoqué cette hypothèse. Une salle d’une capacité de 5 à 6 000 places pour un budget évalué à 50 ME, construite aux abords du Musée Louis-Nicollin. Qu’en pense la famille Nicollin, engagée dans la cession du club de foot faute de nouveau stade ?