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  • Iran : « Sourena a été tué alors qu’il manifestait pacifiquement. Il avait 18 ans »

    Iran : « Sourena a été tué alors qu’il manifestait pacifiquement. Il avait 18 ans »

    Elle sait qu’elle prend un risque en parlant. Mais face à ce que subit son peuple, se taire n’est plus une option. Enseignante-chercheuse à Montpellier, où elle vit depuis 2022 avec son mari et ses jumeaux, Ensiyeh Raoufi a appris, par les rares contacts qu’elle arrive à avoir avec sa famille, le décès de son cousin Sourena, victime, comme des milliers d’Iraniens, de la répression féroce du régime pour étouffer le plus vaste soulèvement populaire depuis la révolution islamique de 1979.

    « Il a été abattu le 9 janvier par les Gardiens de la révolution islamique alors qu’il manifestait pacifiquement pour défendre les droits fondamentaux du peuple iranien, pour réclamer, tout simplement, la liberté. Il avait 18 ans », témoigne, entre peine et colère, Ensiyeh Raoufi. « Il a été touché par un tir à balles réelles dans le dos. Il est mort sur le coup », poursuit-elle. « Comme les lignes téléphoniques étaient coupées cette nuit-là, ses parents l’ont cherché partout dans les rues, avant de se rendre à l’hôpital, où ils l’ont trouvé mort. C’était leur seul enfant. » La famille étant bien connue dans sa ville de Shahasavar, au nord de l’Iran
    – «
     deux de mes oncles sont morts en martyrs pendant la guerre Iran-Irak » – les forces de sécurité n’ont pu empêcher les funérailles, qui ont rassemblé quelque 2 000 personnes, de se tenir. Mais « elles ont ensuite menacé notre famille. Elles ont ordonné de garder le silence sur ce qu’il s’était passé et de déclarer que Sourena avait été tué par des “terroristes” et non par le Corps des gardiens de la révolution. »

    Aujourd’hui encore, Ensiyeh peine à avoir des nouvelles régulières de ses proches en raison des coupures d’internet qui continuent d’isoler le pays, permettant au régime de « masquer l’ampleur de la répression meurtrière contre les civils », estime l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

    « Ce régime doit tomber »

    Il y a bien le téléphone, « mais les appels sont très chers, donc tout le monde ne peut pas se le permettre. Et les lignes téléphoniques sont sur écoute », souligne la jeune femme. « J’ai des amis, ici à Montpellier, qui jusqu’à présent n’ont eu aucune nouvelle de leur famille », livre-t-elle.

    Difficile, dans ces conditions, de connaître le nombre exact de victimes de la répression, tant la moindre image, le moindre témoignage font l’objet d’une surveillance accrue du régime. Mais le bilan est assurément le plus lourd en plus de quatre décennies d’histoire de la République islamique. « Il pourrait y avoir des dizaines de milliers de victimes  », estimait ainsi Mai Sato, rapporteuse des Nations unies (ONU) sur l’Iran, dans un entretien accordé au Monde le 26 janvier. « Ce régime doit tomber  », martèle Ensiyeh, qui participe à toutes les manifestations organisées à Montpellier et était présente à Paris le 18 janvier pour le rassemblement commémoratif en hommage aux victimes de la répression. « Après avoir vu ce peuple manifester à mains nues contre un régime armé et violent, on sait qu’il a besoin d’aide pour rétablir la démocratie. Beaucoup de gens, dont ma famille et mes amis, disent préférer mourir plutôt que de continuer à vivre sous l’ombre d’un régime terroriste. Ils attendent de l’aide des pays du monde libre, notamment des États-Unis qui ont dit qu’ils soutiendraient les manifestants pour mettre fin au régime des mollahs. »

    Un régime qu’Ensiyeh a fui en 2022 avec sa famille pour terminer son doctorat en informatique à Montpellier, où elle est arrivée 15 jours après le début du mouvement Femme-vie-liberté. « Il n’y a pas de liberté en Iran, les vies sont sous surveillance en permanence. Notamment celles des femmes, considérées, dans la charia, comme propriété de leur père ou de leur mari. Elles ont besoin de leur autorisation pour tout : travailler, voyager à l’étranger, étudier… On ne peut pas non plus choisir nos vêtements, on doit porter le hijab. On ne peut pas chanter, ni danser, ni conduire une moto… Même le vélo était interdit aux femmes jusqu’à récemment. Quand je suis arrivée en France, c’était la première fois que je pouvais faire du vélo librement », confie-t-elle. Alors retourner en Iran un jour ? « Oui, pourquoi pas. On est fiers de notre pays, de l’histoire culturelle de l’Iran. Mais on attend un Iran libre. »

  • Face à une arnaque en ligne

    Face à une arnaque en ligne

    L’article L133-18 du Code monétaire et financier prévoit que l’obligation légale de la banque est prioritaire.

    La banque est tenue de procéder au remboursement immédiat des opérations non autorisées, mais le remboursement peut toutefois être refusé s’il est estimé que vous avez eu un comportement frauduleux ou de négligence grave.

    L’Assemblée nationale dans une réponse publiée le 3 juin 2025 a indiqué qu’en pratique : « Si une transaction contestée par l’utilisateur a fait l’objet d’une authentification forte, alors il revient à l’établissement teneur de compte de déterminer si cette transaction peut être considérée comme autorisée par l’utilisateur. » En effet, l’existence de l’authentification forte n’est pas suffisante en soi pour considérer l’autorisation de la transaction.

    Il incombe ainsi à la banque de démontrer le caractère autorisé de la transaction ou démontrer une négligence grave dont vous avez fait preuve. L’assemblée nationale ajoute que dès lors qu’une transaction contestée n’a pas fait l’objet d’une authentification forte alors l’établissement bancaire est tenu de remboursement et ce sans délai.

    Quelles voies de contestation possibles ?

    Alors dans votre cas, quel cheminement suivre et quelles sont vos voies de contestation possibles ?

    1) contester auprès de votre banque dans un délai maximal de 13 mois pour signaler les opérations non autorisées, chose que vous avez déjà faite.

    2) saisir le médiateur bancaire de votre établissement.

    La plainte pénale n’est pas obligatoire mais est fortement recommandée en ce qu’elle appuie votre action civile.

    Le service THESEE offre également une plateforme dédiée aux plaintes en ligne pour les arnaques sur internet si tel fut votre cas.

    3) si la médiation échoue, vous pourrez vous rapprocher d’un avocat, si le montant est de 10 000 euros ou + afin d’entamer une action devant le tribunal judiciaire.

    La représentation n’est pas obligatoire pour un montant inférieur à 10 000 euros.

    Par Le SAF Montpellier

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    avocats@lamarseillaise.fr

  • 11% d’immigrés dans l’Hérault, exactement comme il y a 50 ans

    11% d’immigrés dans l’Hérault, exactement comme il y a 50 ans

    Quelques chiffres pour tordre le cou aux clichés. Comme celui d’une prétendue invasion migratoire… Selon une récente étude de l’Insee publiée le 11 décembre dernier, les immigrés, c’est-à-dire « les personnes nées étrangères à l’étranger » – dont certaines ont été naturalisées – représentent, en 2022, exactement la même proportion de la population héraultaise qu’en 1975 : 11%. Comme 50 ans plus tôt, un Héraultais sur 10 est donc immigré. Une part un peu plus élevée que dans la région (9 %) et qu’en France de province (8%), faisant de l’Hérault « le 12e département de province où la part d’immigrés est la plus élevée, à égalité avec la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales ».

    Comme la population totale, la population immigrée a doublé dans l’Hérault entre 1968 et 2022, où elle atteint 130 900 personnes. Derrière cette apparente stabilité, les 50 dernières années ont connu des dynamiques différentes.

    Une population concentrée à Montpellier et Béziers

    En 1968, les immigrés représentent déjà 11% de la population héraultaise. La plupart s’installent à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de politiques publiques qui favorisent l’immigration pour pallier le manque de main-d’œuvre. Des travailleurs arrivent ainsi d’Espagne, d’Italie ou d’anciennes colonies françaises, comme l’Algérie et le Maroc. Dans le département, en 1975, plus de la moitié des immigrés étaient nés en Espagne. Entre 1975 et 1990, le nombre d’immigrés d’origine marocaine est multiplié par 2,6. Puis « la crise économique qui suit le choc pétrolier de 1973 met fin à l’immigration de travail alors que l’immigration de regroupement familial progresse. » Ainsi en 2022, cinq immigrés héraultais sur dix sont nés dans un pays d’Afrique, essentiellement au Maroc ou en Algérie. Trois sur dix sont nés en Europe, le plus souvent en Espagne.

    Cette population se concentre dans les deux grandes villes du département : un immigré sur deux vit à Montpellier (57 0000 immigrés, 19% de la population) ou à Béziers (13 000 immigrés, 16% de la population). Ils sont également plus nombreux qu’en moyenne dans le département à Lunel (16%), 5ème ville de l’Hérault. Leur part est en revanche moins élevée à Sète et Agde (10% et 8 %), 3ème et 4ème villes du département.

    Un quart d’entre eux résidaient, en 2020, dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), contre 8% des non-immigrés. Les QPV les plus emblématiques sont ceux du nord-ouest de Montpellier : 34% d’immigrés aux Cévennes, 40% à la Mosson et 43% au Petit Bard Pergola. Des quartiers dans lesquels « plus de la moitié des ménages sont en situation de pauvreté monétaire », précise l’Insee.

    Ce qui nous amène à la question de l’emploi. En 2022, les trois quarts des immigrés résidant dans l’Hérault ont entre 15 et 64 ans, mais seule la moitié d’entre eux (51 %) occupent un emploi, contre 63% pour les non-immigrés de la même tranche d’âge. Les immigrés sont toutefois très présents dans les métiers en tension ou à forte pénibilité. Ils représentent 55,2% des ouvriers du bâtiment, 54,9% des maçons ou encore 35,9% des ouvriers du nettoyage.

    Autre constat : même lorsqu’ils sont très diplômés, les immigrés sont davantage exposés au déclassement professionnel, c’est-à-dire qu’ils sont surdiplômés pour l’emploi qu’ils occupent (42% contre 35% des personnes non immigrées). « Différentes raisons peuvent contraindre les immigrés à accepter un emploi pour lequel ils sont surqualifiés, par exemple la non-reconnaissance de diplômes obtenus à l’étranger, l’absence de valorisation d’une expérience professionnelle à l’étranger ou une moins bonne maîtrise de la langue française », analyse l’Insee. À noter que les immigrés arrivés depuis moins de cinq ans sont souvent étudiants ou très diplômés.

    A.G.

    * Voir aussi la chronique d’Annie Menras parue dans notre édition du 9 au 15 janvier.

  • Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux œuvres qui illustrent la nouvelle orientation voulue par Juliette Trey, directrice de l’institution.

    « L’acquisition d’une œuvre d’Élisabeth Vigée-Lebrun traduit notre volonté de mieux représenter les artistes féminines, quasi absentes de nos collections », explique la directrice. « Les musées doivent être pleinement acteurs de la société contemporaine ». L’Allégorie de la Poésie est une œuvre qui s’inscrit dans le genre de la peinture d’histoire, extrêmement ambitieuse pour une artiste qui, par la suite, a surtout travaillé dans le portrait. Élisabeth Vigée-Lebrun est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus grandes portraitistes du XVIIe siècle : admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture, elle a notamment peint à de nombreuses reprises Marie-Antoinette.

    La seconde œuvre, Le Petit Chat de Paul Gauguin, est prêtée pour quelques mois par les descendants de Gustave Fayet,
    son premier propriétaire. Visible jusqu’en septembre en salle 41, ce tableau a une particularité intrigante : les analyses radiographiques révèlent que l’œuvre provient d’un fragment de toile plus vaste. Pour une raison encore inconnue, il semble que Gauguin ait découpé un tableau, peut être une nature morte de grande taille comme le suggère l’échelle des fruits représentés, avant d’y ajouter le chat. Le tableau date de 1888, année de la seconde visite de Paul Gauguin au musée Fabre, aux côtés de Vincent Van Gogh. Cette œuvre raconte un duo majeur de l’histoire de l’art, au cœur d’un moment fondateur que l’institution montpelliéraine choisira de mettre en lumière dans une exposition prévue en 2028.

  • 18 ans de cinéma suisse à Montpellier

    18 ans de cinéma suisse à Montpellier

    Les Journées du cinéma suisse reposent leurs valises à Montpellier pour une 18e édition. Au programme : neuf films qui incarnent « un cinéma engagé, qui ose dénoncer, et qui a aussi beaucoup d’humour », selon Christine Bolliger, fondatrice de l’événement.

    Depuis 2008, ces journées accueillent des films qui interrogent et donnent à voir le réel, les parcours humains et les mutations de la société dans la tradition du cinéma suisse, souvent plus intimiste et réflexif que spectaculaire. Cette année, les neuf films sélectionnés, documentaires et fictions, aborderont des sujets forts tels que l’avenir des montagnes, avec le documentaire Bergfhart (La danse des cimes) de Dominique Margot (5 février), la succession avec le film Nos chastè (Notre château et son histoire fabuleuse), de Suzanna Fanzun ou encore la résilience avec la fiction de Léa Pool : Hôtel Silence (7 février). Chaque projection sera suivie d’un échange avec le public et les invités présents. Une fois de plus, les cinéphiles pourront voyager à travers les différentes régions culturelles et linguistiques de la Suisse et pas seulement.

    Ouverture internationale

    L’événement montpelliérain franchit une étape cette année en accueillant pour la première fois des coproductions internationales. Dans Quir (4 février), Nicola Bellucci capte un lieu de résistance queer au cœur d’une Sicile patriarcale, à travers la boutique de Gino et Massimo. Un élargissement naturel, selon Christine Bolliger : « La plupart des documentaires suisses sont aujourd’hui produits avec nos voisins italiens ou français. On travaille souvent avec la maison de Heidelberg. Je suis persuadée qu’on a plus de visibilité et de facilité si on travaille tous ensemble. »

    Parmi les temps forts de cette édition, une journée consacrée à la famille abordera des thèmes sensibles et universels : la paternité, la maternité, le corps médical, la filiation. Un choix qui résonne aujourd’hui de manière très politique, même si ce n’était pas l’intention première. Si ces questions sont aujourd’hui politisées, c’est presque dramatique, estime-t-elle : elles devraient pouvoir être abordées de manière totalement naturelle. Ici, le cinéma devient alors un espace de dialogue, où l’on regarde le réel en face, sans posture, et où la discussion reprend ses droits après la projection.

  • Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Fragilisé par un incendie criminel ayant endommagé une grosse partie de la flotte DA40/DA42 en mai dernier, Airways aviation vient tout juste d’être placé en liquidation judiciaire. La direction indique faire son possible pour limiter les dégâts, mais pour l’heure, une centaine d’élèves sont sur le carreau, dont une partie littéralement endettée…

    Pour Icham, apprenti pilote de ligne, le choc est brutal. « Je suis originaire de Nouvelle-Calédonie, j’ai payé le 9 janvier, je suis arrivé en France le 11 janvier… Et ma rentrée devait avoir lieu le 15 janvier mais la veille, on m’a annoncé que l’école était en redressement judiciaire », raconte-t-il. « Je n’avais pas connaissance des difficultés financières de l’école ». La fermeture de l’école pèse également lourdement sur le temps et les finances des élèves. Engagé dans un prêt étudiant, Icham sait que l’échéance approche. « Dans deux ou trois ans, je devrais commencer à rembourser. Cette interruption me retarde, car il faut maintenant trouver une autre école », explique l’étudiant. Mais contrairement à nombre de ses camarades, l’étudiant devrait récupérer ses deniers, son inscription ayant eu lieu pile au moment du redressement, et son virement ayant été effectué sur des comptes bloqués.

    À l’inverse, certains élèves ont déjà investi entre 50 000 et 60 000 euros, sans garantie de remboursement. Pire, le jeune Mathis, 25 ans, a quant à lui déboursé 96 000 euros… « À l’heure actuelle, l’école me doit plus de 18 000 euros et nous n’avons quasiment aucune chance de les récupérer », détaille-t-il. Désormais sans école, il doit se contenter d’une licence de pilote commercial, un diplôme insuffisant pour intégrer une compagnie. « Les autres écoles proposent une continuité de formation autour de 25 000 euros, que je ne peux pas financer », ajoute l’étudiant, qui doit encore rembourser un prêt étudiant sur dix ans…

    Vers un transfert d’élèves ?

    La direction a évoqué de possibles transferts vers d’autres écoles du groupe. Une promesse dont les élèves attendent encore la concrétisation. Et quand bien même, de nombreux obstacles demeurent : coûts de déménagement, démarches administratives, reconnaissance des modules déjà validés… sans compter les questions de visa pour les élèves étrangers.

    La fermeture d’Airways Aviation Academy révèle les failles du système de protection des étudiants dans les établissements privés de formations aéronautiques. À la différence d’autres secteurs de formation professionnelle, les écoles privées de pilotage ne disposent pas de fonds de garantie pour assurer les élèves en cas de défaillance de l’établissement, comme l’ont montré les faillites successives d’Airways College ou Paris Flight Training. Les étudiants lésés n’ont d’autre recours que ceux prévus par la procédure de liquidation judiciaire.

    Pour les élèves d’Airways Aviation, l’attente s’annonce longue, et l’issue incertaine.

  • Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, la Société générale, Ubisoft. En moins d’une semaine, ces grandes sociétés ont fait part de leur volonté de se séparer de milliers de salariés. Le premier coup est venu de Capgemini, le 20 janvier. Le géant français des services informatiques a annoncé vouloir supprimer 2 400 postes sur les 35 000 que compte l’Hexagone. L’Hérault, où l’entreprise compte deux sites, est concerné. Une décision justifiée, selon la direction, par une mauvaise conjoncture économique et un besoin de restructuration des métiers liés à l’IA. « Mais cette conjoncture n’empêche pas Capgemini de continuer à verser des dividendes, de réaliser près de deux milliards de dollars de bénéfices pour [1,6 milliard d’euros] un chiffre d’affaires à peu près constant autour de 20 milliards de dollars [16,7 MD d’euros] », précise Benjamin Girard, délégué syndical CGT chez Capgemini. Et même si l’activité marque le pas en France – le groupe a perdu 5% de son chiffre d’affaires au cours des neuf premiers mois de 2025 – « cette baisse a déjà compensé car l’an dernier, les effectifs ont été diminués de 5 % », reprend le syndicaliste. Ce plan social déguisé prendrait la forme d’une rupture conventionnelle collective. Sur la trentaine de sites en France, Montpellier ne devrait pas y échapper. « Sauf qu’aujourd’hui, on n’a aucune visibilité sur les postes concernés. Si jamais ils n’arrivent pas à trouver le nombre de volontaires suffisants, on ne sait pas ce qu’il va se passer. Ils nous parlent aussi de mobilité interne, ce qui induit des changements de situation personnelle importants. D’autant que si le salarié refuse, cela peut conduire à un licenciement », dénonce Benjamin Girard. Chez Capgemini, on attend l’ouverture des négociations le 5 février avant de se mobiliser. « Nos revendications sont claires : zéro suppression de postes », prévient Benjamin Girard. Le groupe semble préférer faire ses emplettes avec la milice ICE de Trump.

    10 février, grève chez Ubisoft

    Incertitude aussi pour les salariés d’Ubisoft, qui vient d’annoncer 200 licenciements ainsi qu’un plan d’économie de 200 millions d’euros d’ici les trois prochaines années. Si les 200 emplois concernent le siège social, domicilié au Val-de-Marne, « certaines personnes rattachées au siège travaillent dans d’autres studios, comme ici, à Montpellier. C’est pour eux une énorme inquiétude », se désole Clément Montigny, délégué syndical STJV chez Ubisoft Montpellier. Quant au plan d’économies – qui intervient après un premier plan de 300 millions d’euros depuis 2023- laisse également les salariés dans la panade. Six jeux vidéo ont d’ores et déjà été annulés et la direction veut revenir sur le télétravail, point de crispation qui avait déjà mené à une grève en 2024. « Avec le retour en présentiel, les gens vont payer pour venir travailler. Mais nos salaires n’augmentent pas, on risque de perdre encore plus de gens », craint Clément Montigny. Les syndicats appellent donc à un large mouvement de grève, du 10 au 12 février -un rassemblement est prévu le 10 à Montpellier. « Une grève internationale, des pays étrangers devraient se joindre au mouvement », indique Clément Montigny.

    La rue devrait donc devenir le théâtre de mouvements sociaux auxquels pourraient bien participer les salariés de la Société générale. Leur direction vient d’annoncer 1 800 licenciements d’ici 2027.

    2 204 défaillances d’entreprises dans l’Hérault et le Gard

    Selon la Banque de France, l’Hérault et le Gard connaissent de fortes défaillances d’entreprises [ne plus être en capacité de rembourser ses dettes, Ndlr]. Au 9 janvier, on dénombrait 1 515 défaillances de novembre 2024 à novembre 2025. Le Gard n’est guère mieux loti puisqu’entre octobre 2024 et octobre 2025, on dénombre 689 défaillances d’entreprises.

  • Espaces « no kids » dans les trains : « Mauvaise idée ! »

    Espaces « no kids » dans les trains : « Mauvaise idée ! »

    La plupart du temps, les plus petits voyagent avec leur mère. Donc c’est encore sur les mères que cela retombe », déplore Anne-Marie Skora, présidente de l’association des usagers de la SNCF dans le Gard et dans les départements limitrophes.

    Depuis le 8 janvier, la SNCF a lancé deux nouvelles classes (Optimum et Optimum Plus) interdites à la réservation pour les enfants de moins de 12 ans. Circulant au départ de Paris, elles se destinent à une clientèle professionnelle à qui la SNCF promet une tranquillité… optimale. Mais depuis quelques jours, cette offre est sous le feu des critiques. Comme de nombreuses associations, celle qui regroupe les usagers du Gard a accueilli la nouvelle avec scepticisme. « Cela crée de la discrimination. Pourquoi vouloir faire des espaces réservés à certaines personnes et en exclure d’autres ? Je pense que c’est l’inverse de ce qu’il faut faire. Dans les trains, les gens se mélangent, et ceux qui sont gênés s’éloignent  », poursuit Anne-Marie Skora, qui juge cette proposition « extravagante  ». « Ces classes ouvrent la porte à tout et à n’importe quoi. Quelle sera la prochaine étape ?  », questionne encore la présidente.

    Si l’UFC-Que-Choisir n’a pas encore officiellement pris la parole, le responsable de l’antenne de Montpellier partage la critique générale. « Si la SNCF offre un service personnalisé à certains types de passagers qui veulent de la tranquillité, qu’elle offre aussi un service personnalisé aux jeunes enfants ! », propose Claude Gaubert. « Des solutions de ce type existent dans d’autres pays… Je pense que la SNCF, trop obnubilée par son chiffre d’affaires, aurait dû réfléchir autrement.  »

    Cette offre s’inscrit dans la tendance plus large du « No kids », qui voit de plus en plus d’espaces et de restaurants interdits aux enfants. Un mouvement qui suggère que le confort des adultes passe forcément par l’absence d’enfant, et que la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïri a jugé « choquant » lors d’une intervention sur BFM…

    Via son compte X, la directrice des offres TGV de la SNCF a tenté de relativiser en précisant que ces offres ne représentent « que 8% des trains qui voyagent du lundi au vendredi  ». Mais pas sûr que ça suffise à convaincre l’opinion publique. Question de philosophie sans doute…

  • Montpellier et l’après-Gasquet

    Montpellier et l’après-Gasquet

    Il a escorté pendant quinze ans le tournoi à la Sud de France Arena. Il était tout à la fois la caution mondiale, l’attraction locale et le maître du jeu à l’Open d’Occitanie. Richard Gasquet a étiré sa carrière jusqu’à 39 ans avant d’y mettre un terme avec un panache sobre en mai dans l’écrin de Roland-Garros.

    Le Biterrois n’est plus là mais le tournoi de Montpellier poursuit sa route, résiste aux vents contraires et aux aléas financiers, palpables lors de la précédente édition. La semaine prochaine, du dimanche 1er février au 8, il entame sa 16e édition avec un plateau plus éclectique et marqué par la présence Stan Wawrinka.

    Le Suisse poursuit sa tournée d’adieu entamée à l’Open d’Australie et marquée par un succès aux dépens du Français Arthur Gea au bout d’un match à rallonge. Wawrinka (40 ans), au fort caractère, a réussi la prouesse d’exister dans un début de siècle cannibalisé par les légendaires : l’Espagnol Rafael Nadal, le Serbe Novak Djokovic et Roger Federer, son compatriote.

    Tout comme l’Écossais Andy Murray, le Suisse s’est taillé une belle réputation grâce à ses succès lors de trois tournois du Grand chelem à Melbourne, Paris et New York. Seul, le tournoi estival de Wimbledon lui a échappé.

    « Événement iconique »

    La présence de Wawrinka va auréoler l’Open d’Occitanie, tournoi ATP 250 doté de 612 000 euros et soutenu par la Région. « Il ne reste plus que trois tournois ATP en France et Montpellier en fait partie avec Lyon et le Roller Paris Master, s’était félicité Kamel Chibli, vice-président de l’Occitanie en charge des sports lors de la conférence de presse. On peut parler désormais d’événement iconique. On a démontré qu’on avait largement notre place. On peut encore grandir. »

    Pendant plus d’une semaine, les organisateurs et son directeur Sébastien Grosjean espèrent attirer 60 000 spectateurs, record atteint la saison précédente, et générer un esprit festif autour du village des partenaires de 4 000 m². Ce rendez-vous permet à la Ligue régionale du vice-président Eric Largeron de satisfaire les 100 000 licenciés.

    Au lendemain de l’Open d’Australie, qui entre dans sa phase finale, Sébastien Grosjean s’active pour compléter son plateau. Le Montpelliérain Arthur Cazaux, qui soigne une blessure à un coude, ne sera pas une nouvelle fois au rendez-vous à la Sud de France Arena.

    À l’inverse, le dernier lauréat : Félix Auger-Aliassime (25 ans) tentera de préserver son titre. Le Canadien, qui a terminé la saison précédente au 5e rang mondial, aura pour principaux adversaires les Français Arthur Fils, de retour à la compétition après six mois d’absence, et Hugo Humbert, l’ex-numéro 1 français. L’italien Flavio Cobolli (n°22 mondial), vainqueur du tournoi d’Hambourg, bénéficie d’une invitation pour contrarier les favoris.

    Enfin, Valentin Royer, qui s’entraîne à la Grande Motte sous l’autorité de l’Héraultais Julien Gillet, aura son mot à dire. Avec la retraite de Richard Gasquet et l’absence d’Arthur Cazaux, il peut se faire une place au soleil.

  • « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    Elle ne mâche pas ses mots.  
    « On meurt dans vos Universités. On meurt dans mon Université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence. » Ainsi débute la lettre ouverte à Emmanuel Macron adressée par la présidente de l’université de lettres et sciences humaines Paul-Valéry de Montpellier, publiée le 26 janvier par le journal Le Monde.

    Ce n’est pas la première fois qu’Anne Fraïsse tire la sonnette d’alarme sur la situation de son université, parmi les moins bien dotées de France. Mais cette fois, alors qu’ont commencé le 8 janvier les Assises du financement des universités, c’est le Président de la République lui-même qu’elle interpelle, dans un geste de colère et de désespoir.

    À l’automne dernier, au moment des débats budgétaires, le ministre de l’Éducation nationale avait voulu relativiser la crise budgétaire des universités lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat (alors que deux tiers des facs françaises ont fini en déficit en 2025, au détriment des étudiants et personnels) : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le président  », rétorque Anne Fraïsse dans ce courrier. « En 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. Cette année, dans notre communauté, 3 fonctionnaires en activité sont morts. Certes, ces décès ont des causes multiples mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables », dénonce la présidente de l’université montpelliéraine.

    « Nous venons de voter notre sixième budget en déficit ; notre université est une des moins dotées et, plus grave, des moins encadrées de France (11 départements à moins de 50%, voire 40% d’encadrement en enseignants titulaires) », assène-t-elle encore. « Depuis plus de 10 ans nous sommes en surchauffe, en travail forcé, en déséquilibre permanent, jamais sûrs d’arriver à remplir nos missions faute de bras. Nous l’avons dit, répété, crié : il est urgent de créer des postes, de revenir à des dotations pour charges de service public à la hauteur du nombre d’étudiants accueillis, de rétablir un modèle d’allocation des moyens qui répare les injustices, qui soit clair et transparent », insiste-t-elle, dénonçant l’opacité du système : « Pour un étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait, aucune justification aux plafonds d’emplois, à la dotation de l’État, aux demandes de fermeture de formations ».

    « Savoir et se taire c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », conclut Anne Fraïsse avant de saluer Emmanuel Macron « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” ».

    « Depuis plus de 10 ans, nous sommes en surchauffe. »