Tag: Montpellier

  • Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Les uns dans le cadre bucolique des bords du Lez à Agropolis, les autres dans le brouhaha du rond-point de « Paulette » sur le tracé du futur Contournement ouest de Montpellier (COM). Lundi 9 février, les équipes de Michaël Delafosse (PS) et de Nathalie Oziol (LFI) ont dévoilé leurs programmes écologiques respectifs aux deux extrémités de la 5e ligne de tramway. Un hasard de la campagne qui illustre deux stratégies aux antipodes sur le plan écologique. Pragmatique d’un côté, plus idéologique de l’autre.

    Dans la lignée des 50 000 arbres plantés depuis 2020, la liste de Michaël Delafosse veut faire de Montpellier une « ville parc  », une ville « marchable avec de grands corridors de fraîcheur qui protègent de la canicule et reconnectent à la nature », résume le maire socialiste. Il promet de doubler les surfaces à désimperméabiliser (40 hectares), de continuer à planter des arbres y compris dans les parcelles privées, de poursuivre les végétalisations en encourageant les bons de végétalisation. Parce qu’il se dit « débordé de demandes de gens qui veulent cultiver un jardin »,
    M. Delafosse propose de créer un millier de nouvelles parcelles de jardins familiaux. Des terrains sont à l’étude à « Grammont, aux Aubes, à l’agriparc des Bouisses ou aux Grisettes », précise l’adjointe écologiste Marie Massart.

    Un Lez Montpellier plage

    D’ici 2032, dix parcs doivent être créés (République), agrandis (Bouisses) ou aménagés (Lunaret, coteau de Malbosc, Montcalm…). Trois projets phares de promenades ombragées visent à magnifier le « chemin de l’eau ». Le premier en végétalisant 5 km le long de l’aqueduc des Arceaux. Le second via 2 km de « coulée verte » le long du Verdanson, du stade Philippidès au CHU Lapeyronie. Le troisième vise à réaliser un cheminement en bois le long du Lez entre Agropolis et l’espace Lavalette. Comme du temps du peintre Frédéric Bazille, le maire rêve de refaire de Lavalette un lieu de baignade convivial. « Ce sera Montpellier plage ! On ne peut pas se résoudre à laisser le Lez pollué, on sera vigilant sur la qualité des eaux. »

    Trois heures plus tard, changement de décor. À l’autre bout de la 5e ligne de tramway, les Insoumis sont postés devant les arbres déracinés du futur Contournement routier ouest (COM). Pour Nathalie Oziol, c’est le symbole d’un « PS bétonneur ». « C’est la même stratégie que sur l’A69 à Toulouse : 12 exploitations et 70 hectares seront détruits. Ce projet d’autoroute de Vinci est écocide », dénonce la tête de liste Insoumise qui cible la majorité sortante. « Une liste qui défend le COM et les Zones à faibles émissions (ZFE) ne peut être écologiste ». La députée LFI oppose une « écologie de rupture avec le modèle libéral ». C’est-à-dire davantage de trams et de bus, une étoile ferroviaire, un boulevard urbain limité à 70 km/h plutôt qu’une autoroute à 10 voies. « L’étalement urbain est une impasse écologique, sociale et démocratique », abonde Alain Bertrand (LFI), favorable aux projets agroécologiques « de la terre à l’assiette » pour « nourrir les Montpelliérains ». Julia Mignacca, qui vient de quitter Jean-Louis Roumégas pour Nathalie Oziol, théorise le concept d’écologie populaire. « Il ne faut pas faire culpabiliser les gens, les laisser de côté ». N. Oziol promet une « planification écologique » avec une « grande convention de l’écologie populaire », ajoute Alenka Doulain.

    Deux autres gros dossiers illustrent ces deux visions divergentes : l’énergie et les déchets. Julia Mignacca souhaite créer une régie publique de l’énergie à Montpellier, avec une tarification sociale. « Rien n’a été fait sur le solaire. L’énergie doit être un bien commun, pas un outil spéculatif. » Du côté de la liste Delafosse, qui veut développer le « réseau de chaleur », le nouvel arrivant Grégoire Delforge promet « d’aider 3 000 particuliers à l’isolation thermique » et de créer une « académie du climat et de la biodiversité ».

    Déchets : sortir de l’échec

    M. Delafosse propose une solution pour arrêter l’exportation coûteuse des déchets : transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR (combustibles solides de récupération). Si J.-L. Roumégas (Les Écologistes), Mohed Altrad (divers droite) ou Isabelle Perrein (divers droite) s’y opposent catégoriquement en raison du principe de précaution sanitaire, les Insoumis, divisés sur le sujet, veulent en débattre via une « convention populaire avec votation citoyenne ». D’ici là, ils prônent la réduction des déchets à la source (qui a semblé montrer ses limites) avec des « ressourceries et recycleries ». À l’orée des premiers débats, le maire réclame de la clarté, y compris à Philippe Saurel qui avait fermé le 3e casier de la décharge de Castries sans aucun plan B : « L’incinérateur de Lunel-Viel ne veut plus de nous. Ceux qui veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où ! »…

  • Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    « Un cap politique clair et assumé sur la transition énergétique », qui rende de la visibilité aux entreprises du secteur et permette une continuité dans les appels d’offres et les investissements. C’est ce que réclament les salariés du secteur des énergies renouvelables, appelés à se rassembler le 10 février à Paris devant l’Assemblée nationale et à Montpellier, où la filière est très représentée, devant la préfecture. Une mobilisation inédite.

    Voilà deux ans et demi, maintenant, que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route énergétique de la France jusqu’en 2035, se fait attendre en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables.

    « On nous a notamment menacés, ces derniers mois, d’un moratoire. Cette situation fait peser beaucoup d’incertitudes sur notre secteur, si bien qu’aujourd’hui beaucoup d’entreprises ont enclenché des licenciements économiques », explique Florence Vollaro, membre du CSE de la société Apex Énergies, à Montpellier, et porte-parole de l’inter-CSE.

    30 000 à 40 000 emplois menacés

    France Renouvelables, qui représente 370 acteurs de la filière, estime qu’une trajectoire énergétique marquée par un recul des renouvelables par rapport aux prévisions actuelles pourrait entraîner « la destruction de 30 000 à plus de 40 000 emplois  » selon les scénarios retenus, sur une filière qui représente environ 118 000 emplois directs et indirects en France (dont 80 000 à 120 000 dans l’éolien et le solaire). « C’est pour ça qu’on a décidé de se mobiliser, pour se rendre visibles et maintenir la pression », insiste Florence Vollaro.

    Car si la signature du décret de publication de cette très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans n’est plus, selon le Premier ministre, qu’une affaire de jours, la filière reste vigilante. « On ne s’arrête pas à des promesses, on attend des éléments concrets, des choses qui vont nous permettre de sécuriser un maximum d’emplois et de limiter la casse en cours dans de nombreuses entreprises », précise la porte-parole héraultaise.

    « On réclame une programmation ambitieuse, une véritable stratégie industrielle qui permette de préserver et de créer des emplois durables. Il faut que l’État soit prêt à vraiment investir dans les déploiements d’énergies renouvelables et qu’il soit cohérent. Pour ça, il faut également mettre en place une planification d’électrification, essentielle pour le déploiement des énergies renouvelables. C’est un peu la bataille qui manque aujourd’hui dans notre secteur d’activité. Car actuellement, l’énergie fossile représente encore 60% de notre consommation d’énergie », indique Florence Vollaro.

  • Deux CDD sur le carreau alors qu’on leur avait promis un CDI à Montpellier

    Deux CDD sur le carreau alors qu’on leur avait promis un CDI à Montpellier

    Une dizaine de salariés de la société de services Onet tendaient, lundi 9 février au matin, des tracts à leurs collègues qui entraient et sortaient du bâtiment Tech Tower de la SNCF, à proximité de la gare Saint-Roch. La plupart les ignoraient.

    Derrière cette mobilisation, l’histoire de deux salariées recrutées en novembre 2025 pour le nettoyage du nouveau bâtiment de la SNCF à Montpellier. Les deux salariées ont vu leur contrat renouvelé plusieurs fois. Lors du goûter de fin d’année, le 30 décembre 2025, l’ancien chef d’agence leur avait annoncé leur passage en CDI, assurent les manifestants. Mais le 8 février 2026, leurs contrats n’ont pas été renouvelés. Namia, qui nettoyait un étage trois heures par jour, explique avoir refusé une proposition d’une autre société de nettoyage, convaincue d’être embauchée en CDI chez Onet. Khalida, l’une des trois employées d’Onet encore affectées à la tour, travaille deux heures par jour. « Deux heures, c’est déjà juste. Selon l’état de propreté, il faut parfois se presser », explique-t-elle. « On avait jusque-là un étage par agent. Si on en enlève deux, les trois autres vont devoir se répartir le travail, alors qu’on a déjà un métier pénible », déplore Xavier Leroux, chef d’équipe et représentant CGT.

    Surcharge de travail redoutée

    La direction locale d’Onet évoque des raisons financières pour justifier l’arrêt de ces deux CDD sur une équipe initiale de cinq personnes. « Avec cette nouvelle réorganisation qu’il va falloir faire, ça va être très compliqué. Il y aura une surcharge de travail, donc peut-être des accidents, des troubles musculo-squelettiques », alerte-t-il. Le chef d’équipe n’exclut pas un nouveau mouvement social si la situation n’évolue pas. « Si la direction reste sur sa position, on peut reconduire la grève. Mais encore une fois, c’est l’aspect financier qui pèse. On a déjà des contrats précaires, de trois heures. Si en plus il faut se serrer la ceinture… »

    La CGT Propreté demande la pérennisation de ces emplois et dénonce une logique purement budgétaire, alors que le site, plus grand que l’ancien, nécessitait justement deux agents supplémentaires depuis son ouverture en novembre.

    Le secteur de la propreté fonctionne massivement avec des CDD courts, du temps partiel et des volumes horaires fragmentés. À l’automne 2023, les agents Onet du CHU de Montpellier avaient mené une grève pour dénoncer l’organisation du travail, la pression liée à la traçabilité entre autres et réclamer des augmentations de salaire. Le cas de la Tech Tower s’inscrit donc dans un climat social déjà tendu, où les mouvements de grève se multiplient pour dénoncer des cadences jugées intenables et des contrats précaires.

    * Contacté, Onet n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication

  • À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    Touché mais pas KO. Tel un boxeur qui remonte sur le ring après un uppercut, Philippe Saurel revient dans l’arène politique. Discret depuis sa défaite en 2020, le seul maire sortant d’une grande ville à ne pas avoir bénéficié de la prime au sortant veut sa revanche. « Qu’on gagne ou qu’on perde, on apprend dans les deux cas », confie, sportivement, celui qui dirigea Montpellier de 2014 à 2020 après sa victoire surprise contre Jean-Pierre Moure (PS).

    À l’époque exclu pour sa dissidence, l’ex-socialiste a-t-il fait la paix avec ses amis d’antan ? Pas vraiment. S’il a récemment salué Carole Delga (PS) au sujet du maintien de l’Open de tennis à l’Arena, le frêchiste en veut toujours à sa famille politique pour l’avoir banni, même s’il assure « avoir pris beaucoup de recul » et s’être « remis en question ».

    Dans la courte vidéo qu’il a postée samedi 7 février sur les réseaux sociaux, il confirme avoir tourné la page des partis politiques. Depuis plusieurs mois représentant du mouvement centriste « Utiles », il mènera à nouveau une liste dite « citoyenne, divers gauche et écologiste ». Une potion qui lui avait donné des ailes en 2014, grâce à un programme concis et concret, dans un contexte de rejet du PS de F. Hollande. Mais la recette avait semblé usée en 2020. Le maire président ayant pâti de ses mauvaises relations avec plusieurs édiles de la Métropole dont des collectivités dirigées par le PS.

    Avec qui et pour quoi faire ?

    Si à l’image de Michaël Delafosse, certains lui reprochent de n’avoir « rien fait » ou presque 6 ans durant, Philippe Saurel avait pourtant tenu ses 10 promesses de campagne. Notamment la régie publique de l’eau ou la desserte des quartiers populaires par la 5e ligne de tramway, toutefois retardée.

    Dans un espace politique réduit avec déjà 9 listes, difficile de dire quel sera le cap du chirurgien dentiste. Après mûre réflexion, s’il a décidé d’y retourner, c’est dit-il parce que « de nombreux citoyens et personnalités influentes ont fini par me convaincre ». Et par « amour » pour Montpellier qui est une « belle ville » dont il s’inquiète de « l’endettement » creusé par les chantiers de M. Delafosse.

    De l’équipe qui accompagnera Philippe Saurel, 68 ans, dans ce qui pourrait être son dernier challenge politique – à moins qu’il ne vise les sénatoriales ? – on sait encore peu de choses. Le fidèle Abdi El Kandoussi sera sur sa liste de même que le sage Max Lévita qui s’était pourtant retiré de la scène politique. Lâché par le gros de ses troupes novices de 2014 (P. Mirallès, S. Jannin… sont derrière M. Altrad), on peut compter sur P. Saurel, rejoint par Jacques Domergue (ex-UMP) en 2020, pour nous réserver quelques surprises.

  • 3 spectacles pour raconter les sciences autrement à Montpellier

    3 spectacles pour raconter les sciences autrement à Montpellier

    De l’eau qui file, des moustiques qui piquent la curiosité et des cellules qui dévoilent leurs secrets : quand la science devient une aventure…

    La résidence « La science rend des contes » réunit, depuis septembre 2025, trois conteurs et conteuses au sein de laboratoires de l’Université de Montpellier. En immersion auprès des scientifiques, « les artistes explorent différentes thématiques de recherche et les transforment en récits accessibles à tous, mêlant rigueur scientifique et puissance narrative ».

    Rencontre entre artistes et scientifiques

    Objectif : découvrir les sciences autrement, « sensibiliser les enfants de 6 à 11 ans et leurs familles aux sciences en offrant un espace où la rigueur scientifique dialogue avec la poésie, l’émotion et l’imaginaire ». Un projet construit en partenariat avec le réseau des médiathèques et de la culture scientifique de la métropole, dans le cadre de la labellisation “Science avec et pour la société” de l’UM.

    De cette résidence sont nés trois spectacles, qui seront proposés les samedis 14 février, 14 mars et 21 mars à la médiathèque Émile Zola de Montpellier. « Chaque spectacle est pensé comme une expérience partagée dans laquelle les artistes donnent corps aux savoirs, puis les scientifiques associés au projet prolongent la rencontre lors d’un échange avec le public », explique l’Université.

    Le premier rendez-vous, (« Peut-on conter sur le moustique ? », 14 février 16h–17h) propose de s’emparer d’un sujet familier, le moustique. Le second (« Lokili – Les mondes de l’eau », 14 mars 16h–17h), plonge le public dans une aventure centrée sur l’eau, ressource essentielle et pourtant fragile. Enfin le troisième spectacle (« Le Cosmos des Minus  », suivi de « Lokili – Les mondes de l’eau », 21 mars16h–18h) se déploie sous une forme plus longue, avec deux propositions successives. L’après-midi s’ouvre avec « Le Cosmos des Minus  », consacré à l’infiniment petit. À travers le regard d’un enfant régulièrement renvoyé à sa petite taille, le récit bascule vers une autre échelle du vivant : celle des cellules, des structures invisibles, des mondes microscopiques qui organisent le réel. Cette proposition sera suivie d’une seconde représentation de « Lokili – Les mondes de l’eau ».

  • [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    La Marseillaise : Quel bilan dresser en matière de sécurité de ce premier mandat de Michaël Delafosse, placé selon le candidat sous le signe de la coopération  ?

    Sébastien Cote : Lorsque nous arrivons en 2020, le constat que l’on fait, c’est que l’autorité municipale ne parle pas d’autorité judiciaire et ne communique pas avec l’autorité préfectorale ou policière. Donc il y a un vrai enjeu de coordination et de se parler. La première chose a été de renouer le dialogue. Ensuite, il a fallu trouver les outils de la coordination. Les problèmes de sécurité, de sentiment d’insécurité, d’incivilité sont très importants. C’est la première préoccupation des Français. Mais en la matière, on ne peut pas tout faire. Une ville n’a pas tous les pouvoirs. On a donc besoin de se coordonner avec l’État pour que, chacun dans ses responsabilités, on puisse agir. D’où la création de forces nouvelles. Il n’y avait aucun policier dans les transports : nous avons créé la police métropolitaine des transports. Dans le logement social, dans les quartiers populaires, on sait qu’il y avait beaucoup de trafic, beaucoup d’incivilités, beaucoup de casse de voitures, de vols : on a créé la brigade du logement social. Ça décharge la police nationale de certaines choses et elle peut se consacrer davantage aux investigations, à la police judiciaire. Et ça décharge la police municipale qui, elle, peut davantage se consacrer à la régulation de l’espace public.

    Pour quels résultats ?

    S.C. : Globalement, le bilan est très positif. Une récente enquête locataire chez ACM Habitat fait état de 90% de taux de satisfaction des locataires pour l’action du GSRI [pour la Brigade du logement social, Ndlr]. Dans les transports en commun, on a une baisse de 31% des incivilités entre 2019 et 2025. Donc oui, les choses progressent, les choses avancent. Je sais qu’en matière de sécurité ou d’insécurité, les chiffres peuvent varier d’une année à l’autre, surtout quand on généralise la plainte en ligne à partir de l’année 2025. Donc nécessairement, ça peut engendrer des phénomènes d’augmentation de plaintes. Mais globalement, nous sommes bien orientés pour la ville de Montpellier.

    Ce second mandat veut donc s’inscrire dans la continuité, notamment avec le recrutement de 100 agents et le doublement du nombre de caméras vidéo ?

    S.C. : C’est à la fois la continuité et l’amplification, c’est-à-dire 100 effectifs supplémentaires que nous annonçons sur le mandat, à la fois pour le GSRI et la police des transports ou la police municipale. On dit 100, on verra ensuite où est-ce qu’on en a besoin. C’est bien beau d’annoncer des chiffres, mais le but c’est aussi de savoir ce qu’on leur fait faire. La vidéoprotection, on en a besoin. On a aujourd’hui 510 caméras sur la ville de Montpellier. On propose de passer à 1 000 caméras à l’horizon 2032. Pourquoi ? Parce que ça permet de prévenir un certain nombre de délits, ça permet d’accompagner les forces de l’ordre dans leurs opérations et ça permet surtout d’identifier un certain nombre de délinquants lorsqu’ils ont commis un acte répréhensible et donc de rendre justice aux victimes.

    Pour vous, la sécurité n’est donc pas l’apanage de la droite ?

    S.C. : Je pense que c’est une grave erreur pour la gauche – et c’est ce que nous démontrons avec Michaël Delafosse depuis 2020 – de ne pas se saisir de ces questions-là. Quand je regarde les statistiques, ça fait 6 ans que je travaille sur ces sujets, qui sont les principales victimes ? Les femmes : violences intrafamiliales, outrages sexistes, viols. Ce sont les jeunes, les jeunes dans les quartiers, victimes du narcotrafic. Ce sont les étudiants, ce sont évidemment les enfants, via violences intrafamiliales, ce sont les gens qui habitent les quartiers populaires lorsqu’il y a des émeutes, lorsqu’il y a du deal, lorsqu’il y a des véhicules brûlés. Donc si on ne s’intéresse pas aux questions de sécurité, on leur dit quoi à ces gens-là, à ces femmes, à ces jeunes, à ces gens des quartiers populaires ? Qu’on les abandonne, c’est impossible. Donc oui, je pense que la sécurité, c’est une vraie question de gauche.

  • [Entretien] « Le classique ne doit pas être réservé à des happy few »

    [Entretien] « Le classique ne doit pas être réservé à des happy few »

    La Marseillaise : Pourriez-vous nous citer quelques morceaux choisis de la programmation 2026 ?

    Valérie Chevalier : Pour ce qui est de l’opéra à proprement parler, je dirais La Traviata (au mois d’avril) et Don Giovanni, de Mozart (en mai), qui affichent déjà quasiment complet. Ce sont des grands titres que le public attend. Certains concerts grand format sont également des temps forts. Par exemple les Tableaux d’une exposition (6 janvier) ou encore Un requiem allemand de Brahms (5 juin), chef-d’œuvre de la musique romantique pour le chœur. On a aussi, c’est un rendez-vous que les Montpelliérains apprécient, la
    « Spring party » avec la DJ Barbara Butch (21 mars). Ça fait 6 fois qu’elle vient, les gens se ruent sur les places !

    On s’est également lancé dans de nouvelles aventures, avec une boum pour les jeunes à l’opéra (22 mars), déjà complète. Parmi les grands moments, on peut aussi citer les ciné-concerts, en l’occurrence Laurel et Hardy, de Charlie Chaplin (26 au 27 février). On accueille par ailleurs en résidence un super ensemble baroque qui monte : Le Consort. On affiche complet à chaque fois qu’il passe ! (Corelli#2 le 11 avril, Concertos de Bach le 19 mai). Enfin, en danse, on a la chance, cette année, que Benjamin Millepied crée chez nous sa nouvelle pièce sur Barbara, qui va ensuite tourner dans le monde entier (22 et 23 avril).

    Vous tentez de casser les codes de l’opéra, qui souffre souvent d’une image élitiste ?

    V.C. : On essaie, oui. L’idée est de croiser non seulement les publics, mais aussi les disciplines, les artistes. D’ouvrir le lieu. La musique classique ne doit pas être réservée à des happy few. Le but est que ce soit vraiment transgénérationnel.

    Cette volonté d’ouverture au plus grand nombre se traduit par de nombreuses propositions en matière d’accessibilité et de médiation culturelle ?

    V.C. : Effectivement, ça fait plusieurs années déjà qu’on s’investit dans tout ce qui est publics et artistes en situation de handicap. On propose des spectacles bilangues français – langue des signes, avec des gilets vibrants, des audiodescriptions pour les aveugles. Depuis cette année, le dispositif relax ouvre des représentations à des gens porteurs d’un handicap intellectuel, cognitif, psychique, ou plus largement un handicap qui entraîne des comportements atypiques. On travaille aussi beaucoup avec des jeunes qui sont en milieu hospitalier, comme à l’institut Saint-Pierre de Palavas, où on anime des ateliers de chant. On se rend également dans les Ephad, où on propose en moyenne 40 concerts par an, ainsi que dans les prisons. Sans oublier, bien sûr, le travail qu’on mène avec des écoles des quartiers prioritaires de la ville, comme la Mosson. Pour la suite, on va lancer un atelier en ruralité un peu défavorisée. On est en discussion avec la mairie de Ganges et je pense qu’on ira aussi à Lodève.

    L’idée est d’amener la musique classique vers un certain public, qui autrement ne se déplacerait pas naturellement. L’idée étant aussi que, par la suite, ils osent venir d‘eux-mêmes à un spectacle à l’opéra Comédie.

    Comment se porte financièrement l’Opéra Orchestre national de Montpellier ?

    V.C. : Comme les autres maisons. C’est difficile… Mais nous avons la chance d’être bien soutenus par nos tutelles, notamment la Métropole de Montpellier (un peu plus de 13 millions d‘euros, ce qui est un énorme effort), la Région Occitanie (3,8 millions) et l’État (3,2 millions). Le Département, quant à lui, devrait revenir un petit peu, mais pour l‘instant on a dû réduire toutes nos activités en direction des collèges et des pouponneries.

    Notre budget est de 22 millions d’euros, financé à environ 80% par des subventions publiques. Pour le reste, nous travaillons à développer nos ressources propres : billetterie, prestations, coproductions, appels à projets mais aussi mécénat. Notre président Bernard Serrou, récemment décédé, était très actif dans ce domaine. On essaie d’aller chercher davantage de moyens pour ne pas avoir à réduire notre ambition, mais c’est délicat. D’autant que nous faisons en sorte de maintenir des tarifs raisonnables, même s’ils augmentent un peu. On propose notamment des abonnements pour les enfants. Des abonnements jeunesse en pass’ illimité permettent par ailleurs aux étudiants de tout voir pour 70 euros l’année. On a aussi des tarifs de dernière minute quand il nous reste des places… En matière de fréquentation, on n’a pas à se plaindre : on est entre 80 et 100%. Le public suit énormément.

    Que peut-on vous souhaiter pour 2026 ?

    V.C. : Avec les élections municipales, on marche tous un peu sur des œufs… Depuis quelques années, nos subventions sont relativement stables. On a un maire qui soutient beaucoup la culture. C’est toujours un peu le stress avant les élections, car si un prochain maire décide qu’il coupe… C’est l’angoisse, non seulement pour moi mais aussi pour nos 215 salariés, qui interviennent sur tout le territoire : dans les crèches, les écoles, les Ehpad, les hôpitaux, les prisons… Avec moins de moyens, toutes ces actions seront difficiles à mener.

  • Six Nations : Nouchi au tournant du Tournoi

    Six Nations : Nouchi au tournant du Tournoi

    Fabien Galthié bouscule les habitudes. Et les cadres de l’équipe de France. Le centre Gaël Fickou, le plus capé (98 sélections), Damian Penaud, recordman d’essais, ou Greg Alldritt, vice-capitaine, sont la preuve des perpétuelles questions et remises en cause du sélectionneur de l’équipe de France. À moins de deux ans de la Coupe du monde en Australie (1e octobre – 13 novembre 2027), il n’a pas hésité à écarter ces trois joueurs pour préparer le prochain Tournoi des six nations et le premier rendez-vous devant l’Irlande.

    Peu à peu, Fabien Galthié injecte du sang neuf, puise notamment parmi les champions du monde U20 sacrés en Afrique du Sud lors de l’été 2023. Le capitaine des Bleuets n’était autre que le Montpelliérain Lenni Nouchi, troisième ligne aussi polyvalent que moderne.

    « Attissogbe, Gourgues, Brau-Boirie, Depoortere, Moefana ou Barassi sont des joueurs qu’on connaît très bien. C’est la même chose pour Lenni Nouchi. Il doit avoir une opportunité, voire plusieurs. Il faut que ces potentiels jouent, qu’ils aient la possibilité de se tromper, qu’ils n’aient pas que l’obligation de réussir » expliquait à l’aube du Tournoi le patron des Bleus.

    Appelé parmi les 42 joueurs dans une relative indifférence, Lenni Nouchi (22 ans) a fait bouger les lignes, notamment au cœur d’une troisième ligne pourtant très dense. Et bénéficie d’une chance qu’il aspire à saisir. « Je suis content de pouvoir aller (en équipe de France) et ne pas avoir de pépins physiques. C’est une sorte de récompense parce que j’ai essayé de mettre les choses en place pour y aller. Ce n’est pas une finalité en soi, j’y vais pour essayer de jouer et m’appuyer sur mon début de saison »promettait-il peu après l’annonce de la sélection.

    Depuis le début de saison, le jeune capitaine de Montpellier éclabousse de sa classe le Top 14. Et draine dans le sillage de son ambition une équipe présente parmi les six premiers à dix journées de la fin et un club en plein renouveau.

    Retardé dans sa montée en puissance, il affiche sa plénitude depuis le début de saison où il rayonne dans tous les secteurs de jeu. En treize rencontres de championnat, il a inscrit six essais, dont un doublé face à Bordeaux-Bègles, et révèle un peu plus ses talents offensifs.

    « Lenni, c’est la cerise

    sur le gâteau »

    Nouchi ne vient pas de nulle part. Coup sur coup, il avait été contraint de décliner sa sélection pour la tournée d’automne et de renoncer à celle en Nouvelle-Zélande, l’été dernier. Avant ce double forfait, le troisième polyvalent avait affiché des promesses à ses débuts internationaux lors de la funeste tournée en Argentine à l’été 2024, marquée par diverses affaires.

    Contrat prolongé, par-delà l’offre de Toulon, quatrième saison en Top 14, registre élargi en troisième ligne : Nouchi a pris une nouvelle dimension cette saison pour s’affranchir de pépins physiques et tracer sa voie vers les sommets. Placé dans les meilleures conditions par le manager du MHR Joan Caudullo, il bénéficie aussi de la confiance de partenaires à l’œil aussi expérimenté qu’aiguisé que le 3e ligne anglais : Billy Vunipola (33 ans, 74 sélections).

    « Lenni, c’est la cerise sur le gâteau ! On a des avants qui peuvent faire le sale travail. Mais Lenni est particulier. C’est super de pouvoir jouer avec lui parce que vous savez qu’il peut sortir un truc spécial à tout moment. On l’a vu cette saison faire des trucs incroyables. Je suis très heureux pour lui qu’il puisse jouer avec la France. Il n’a que 22 ans, mais il a le talent et le tempérament d’un joueur international. Et je pense que s’il a la confiance des entraîneurs, et apparemment il l’a, il peut faire de grandes choses » loue Billy Vunipola

    Sa sélection en équipe de France, précédée de celle du pilier Baptiste Erdocio, éclaire la marche avant de Montpellier, replacé à la 5e place du Top 14 à dix journées de la fin et désireux de tourner le dos à plusieurs saisons difficiles. « J’ai la sensation qu’on a mis toutes les choses en place pour que Lenni soit international. Cela prouve qu’on est en capacité à être international à Montpellier, de le devenir même si certains viennent ici et le sont encore une nouvelle fois. On arrive à faire émerger des joueurs internationaux comme Maël Moustin, Baptiste Erdocio, Tyler Duguid…On arrive encore à plaire et à voir des joueurs qui sont en capacité d’être internationaux. C’est un élément positif à l’image de Lenni qui a bien évolué depuis quelque temps » souligne Joan Caudullo, qui plaide pour la reconnaissance des progrès de ses joueurs. Et se fait l’avocat d’un club montpelliérain dont il restaure la vitrine. Et l’image.

  • [Entretien] Kléber Mesquida : « Continuer à travailler au service des citoyens avec sincérité et réalisme » dans l’Hérault

    [Entretien] Kléber Mesquida : « Continuer à travailler au service des citoyens avec sincérité et réalisme » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Le budget 2025 avait été voté au prix de gros efforts sur les personnels, la culture… Le Département est-il enfin sorti de la zone rouge ?

    Kléber Mesquida : Je ne sais pas si la zone rouge est complètement derrière nous, mais en tous cas le Département de l’Hérault a pu s’en extirper pour cette année. Nous avons fait de gros efforts sur le budget 2025 et avons engagé des changements structurels qui nous permettront d’aborder les années suivantes avec des infrastructures plus souples et mieux armées face à l’adversité. De plus, les recettes de droits de mutation (DMTO) ont été plus hautes qu’escompté cette année et cela nous permet d’aborder l’avenir avec plus de sérénité que l’année précédente. Malgré tout cela, les recettes, notamment celles attribuées par l’État, restent incertaines, et les dépenses sont incompressibles dans de nombreux domaines, notamment en ce qui concerne les allocations sociales.

    Quelles ont été vos réalisations majeures en 2025 malgré ce contexte financier étriqué ?

    K.M. : Pour des raisons majoritairement contractuelles, nous avons maintenu les engagements financiers liés à des marchés en cours, ce qui nous a permis de finir en temps et en heure deux nouveaux collèges, à Juvignac et à Maraussan. D’autres projets, qui ne demandent pas d’investissements financiers majeurs mais qui bénéficient du soutien du Département et du travail expert de nos agents, comme le Géoparc, ont aussi marqué l’année.

    En 2026, le Département va-t-il se contenter de ses dépenses obligatoires (aides sociales, collèges, routes… ?) ou continuer à investir dans des projets nouveaux et d’avenir ?

    K.M. : On ne peut pas réaliser de nouveaux grands projets d’envergure tant que la situation financière ne s’est pas complètement rétablie, mais le LIEN [Liaison routière d’évitement nord de Montpellier, Ndlr.] est désormais arrivé au bout de son chemin devant les juges, qui nous ont tous donné raison. Ses travaux continueront à avancer tout au long de l’année, et les habitants du secteur, comme ceux qui ne font que traverser la zone, arriveront bientôt au bout de leur attente. Nous avons aussi mis en place un plan sauvegarde qui nous permet de continuer à soutenir les projets des communes qui ont besoin de notre engagement pour obtenir des cofinancements, notamment de l’État.

    Vous dites souhaiter un « nouvel acte de décentralisation ». Qu’espérez-vous de l’État ?

    K.M. : Nous avons été contactés par le Premier ministre à ce sujet. Il a présidé un Département par le passé, il n’ignore donc pas les réalités de notre quotidien, mais si de nouveaux transferts de compétences devaient avoir lieu, il est important qu’ils se fassent dans l’intérêt du citoyen, pour que les services publics soient au plus proche de ses besoins. En outre, quelle que soit la compétence transférée, il est crucial que les moyens soient transférés avec, et ce dans leur totalité. Une grande partie de nos soucis financiers est liée à la non-compensation totale de compétences transférées par l’État dans le domaine du social. Il ne peut pas y avoir délégation de compétence sans délégation des moyens correspondants.

    Vous avez quitté le PS. Que vous inspire la situation politique de la France avant les Municipales et la Présidentielle ?

    K.M. : Les élections, c’est un peu comme un match de foot : tout peut se jouer à la dernière minute et il est difficile de faire des prédictions tant que les joueurs sont encore sur le terrain. Je ne suis candidat dans aucune mairie, mais je continue à participer au match, dans le rôle qui est le mien. Je comprends ceux qui ont peur de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, c’est très inquiétant pour tout le monde et surtout pour les plus fragiles. Le mieux que l’on puisse faire pour l’endiguer, c’est continuer à travailler au service des citoyens avec sincérité et réalisme, en étant transparents sur ce qui est possible à réaliser. C’est en inspirant respect et crédibilité qu’on combattra les effets d’annonce et les promesses qui se fondent sur la peur et les fausses informations.

  • Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Nourrir les connaissances scientifiques pour peser sur les décisions politiques. Voici la feuille de route que se sont fixée les Shifters du Languedoc Roussillon. Pour cela, ils ont choisi d’analyser les émissions de gaz à effet de serre de cinq projets routiers dans la région dont la Liaison intercommunale d’évitement nord de Montpellier (Lien), le Contournement ouest de Montpellier (COM) et le Contournement ouest de Nîmes (Conim). L’association souligne d’abord que de manière générale « de nouvelles infrastructures routières entraînent toujours une augmentation du nombre d’usagers » et regrette que ces projets sont « pensés et anticipés par les pouvoirs publics comme si la mobilité dans les décennies à venir allait rester la même qu’aujourd’hui ».

    Pour étudier ces projets routiers, les bénévoles des groupes locaux, aidés par des bénévoles de Marseille, ont examiné les dossiers de création des projets routiers pour établir leur impact carbone. « Pour les dossiers les plus anciens, ils n’ont pas du tout évalué l’impact carbone. Seuls les dossiers les plus récents comme les contournements ouest de Nîmes et de Montpellier ont mesuré cet impact mais nous ne sommes pas d’accord avec les conclusions », explique Philippe Devers, l’un des porte-parole des Shifters dans le Gard. Il précise : « Ces études négligent notamment le trafic induit alors que des études américaines et françaises montrent qu’à chaque fois qu’on crée une nouvelle route, on induit un nouveau trafic que l’on n’avait pas avant qui peut représenter un pourcentage important. Le béton des ouvrages n’a pas été non plus évalué en impact carbone alors que ça représente une base importante. »

    Empreintes carbone

    Les Shifters évaluent l’empreinte carbone des constructions du Lien à 40 000 tonnes d’équivalent CO2 et à 120 000 tonnes pour le Conim. L’empreinte carbone de la construction du COM n’a pu être calculée (elle est évaluée à 126 000 tonnes par l’étude d’impact). Concernant, l’empreinte carbone du trafic induit par ces infrastructures, l’association l’estime à 25 000 tonnes par an pour le Lien, 500 000 sur la durée de vie du Conim et entre « 270 et 460 000, sur 20 ans, en fonction du scénario choisi », pour le COM. Des chiffres particulièrement importants qui devraient apporter de l’eau au moulin des opposants à ces projets qui s’appuient bien souvent uniquement sur la défense de la biodiversité pour justifier l’abandon de ces infrastructures. « Nous proposons, comme l’a d’ailleurs fait le Haut conseil pour le climat le 16 octobre, de surseoir à tout projet routier. Nous ne voulons pas dire qu’il faut supprimer tout projet routier mais qu’il faut prendre la dimension carbone dans la décision ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Dans ces projets, on parle beaucoup de biodiversité ou d’artificialisation des sols mais jamais d’empreinte carbone », confirme Philippe Devers.

    Avec cette étude, les Shifters entendent apporter un nouvel éclairage à deux mois des élections municipales. L’association qui se revendique apolitique et apartisane espère que les différents candidats s’emparent de ces éléments. « C’est un objectif national pour les Shifters de mener des actions pour influencer les programmes et mettre la transition écologique sur la table. Le but c’est de tirer vers le haut le programme des politiques pour ces élections municipales », précise Philippe Devers. Comme lors de la campagne de 2020, les Shifters et d’autres associations vont également relancer le « Pacte pour la transition » qui proposait trois grands principes et 32 mesures concrètes pour engager les élus à œuvrer pour des communes « plus écologiques, solidaires et démocratiques ».

    À Nîmes, les Shifters veulent même aller plus loin en organisant une audition des différents candidats. Ils ont, pour la plupart, confirmé leur participation. Lors d’une soirée, l’association entend réunir tous les candidats en leur proposant de présenter leur programme pour favoriser la réduction des émissions de gaz à effet de serre puis de répondre aux questions des bénévoles de l’association.

    *The Shift Project est un groupe de réflexion qui « vise à éclairer et influencer le débat sur les défis climat-énergie ».