Tag: mobilisation

  • [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    Le décès de Calvin, jeune de 15 ans, le vendredi 17 avril dernier à Bagnols-sur-Cèze après avoir été percuté par un engin de chantier lors d’un stage, était dans toutes les têtes ce mardi 28 avril lors de la mobilisation pour la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail à Avignon.

    Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées à l’appel de la CGT sur le parvis de la gare centre. « Juste à côté de chez nous, c’est un gamin de 15 ans qui a perdu la vie. Nos vies valent plus que leurs profits. Notre santé ne se négocie pas », lance lors d’une prise de parole Jérémy Caillé, délégué CGT à Eurenco et membre du bureau de l’Union départementale. « Il y a un problème d’encadrement dans de nombreux cas. Il y a des responsables sécurité, mais ils ne sont plus sur le terrain et pensent que les plans de prévention sont systématiquement appliqués à la lettre, ce qui n’est pas le cas. Et on se retrouve parfois avec des minots de 14 ou 15 ans qui se promènent en usine sans savoir quoi faire et surtout sans surveillance », abonde Rémy, syndiqué CGT et employé à la carrière de Mazan par le groupe Siniat.

    Plus globalement, les manifestants observent et font part de procédés douteux chez certains de leurs employeurs, souvent de grands groupes. « Dans l’industrie, il y a beaucoup de tâches accidentogènes ou qui provoquent des troubles musculo-squelettiques. Au lieu de s’améliorer et de régler le tir, beaucoup de patrons sous-traitent, avec des normes qui sont moins respectées pour aller plus vite. Et on perd la visibilité sur d’éventuels cas d’accidents après », pointe à nouveau Rémy.

    Risques psychosociaux

    Dans son discours, Jérémy Caillé a également voulu « briser un autre silence », à savoir celui des risques psychosociaux. « Un fléau qui tue et mutile chaque jour davantage. Ils explosent dans les entrepôts logistiques chronométrés, dans les open spaces en restructuration permanente ou dans les services publics exsangues », expose-t-il, avant d’énumérer les différentes demandes du syndicat au niveau national. Comme par exemple le rétablissement des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et des instances de proximité avec des prérogatives nouvelles, le doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention, ou encore une politique pénale sévère contre les employeurs responsables d’accidents graves.

    Était également présent le Collectif Amiante Pays des Sorgues. Ceux-ci regrettent la mise en place d’un timbre à 50 euros pour saisir la justice. « On refuse que la justice devienne un service payant, c’est une régression sociale », clame Guy de Zordi, nouveau président de la structure.

  • Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    « La santé mentale façonne notre capacité à prendre soin, à travailler, à créer, à vivre ensemble », a rappelé le secrétaire général de la CGT du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS), Cyril Rodillon, en pointant la crise profonde que traverse la psychiatrie avec un décalage croissant entre l’offre et les besoins en soins sur l’ensemble du territoire français.

    Et de poursuivre : « Partout, les professionnels tirent la sonnette d’alarme. Tous décrivent des conditions de travail dégradées, un manque de moyens criant, et une perte de sens. Et à cela s’ajoute une pénurie alarmante de psychiatres. » Ce qui fragilise l’ensemble du système et reporte une pression considérable sur les équipes déjà en tension. « Comment accompagner dignement des patients quand le temps manque, quand les équipes sont épuisées, quand les structures sont saturées ? », interroge le responsable syndical. Tout cela affecte bien entendu les patients et leurs familles avec des conditions de prise en charge qui ne sont plus à la hauteur des enjeux. Les délais pour obtenir un rendez-vous s’allongeant et les hospitalisations se faisant souvent dans l’urgence, « parfois dans des conditions indignes ». Et au final, « trop de personnes se retrouvent sans suivi, sans écoute, sans solution ». Derrière ces constats, « il y a des vies fragilisées, des parcours brisés, et une souffrance silencieuse ».

    Pas question donc pour les personnels et leurs organisations syndicales de rester spectateurs du désastre. L’occasion aussi de mettre en avant la prévention qui doit, insiste l’intersyndicale, devenir une priorité. Comme l’écoute, la bienveillance et l’inclusion.

    Ne pas sacrifier

    la prévention

    Une situation qui concerne tout le monde. Tout comme cette mobilisation d’ailleurs. Et les tracts distribués à l’entrée sont là pour rappeler cette réalité. « Notre territoire est durement touché », reprend Cyril Rodillon, en expliquant que « l’offre de soins qui s’est réduite laisse des patients sans suivi et des équipes encore plus fragilisées ».

    Face à une situation médicale devenue critique, l’intersyndicale ne cesse de tirer la sonnette d’alarme de tous côtés depuis la mi-mars. Sans grand résultat. Aux courriers adressés au préfet et aux élus seule l’opposition de gauche de la mairie de La Seyne a répondu et apporté son soutien à la mobilisation (lire ci-dessous).

    « Depuis plus de 30 ans, les équipes des secteurs de l’ouest varois, couvrant 12 communes et près de 180 000 habitants, ont construit une psychiatrie fidèle aux politiques de secteur : une psychiatrie humaine, de proximité, articulant les prises en charge intra et extrahospitalières, au plus près des patients », intervient Bérangère Mas (Sud), en rappelant que « la psychiatrie est un pilier de notre humanité ». Et que la défendre, par conséquent, « c’est défendre notre capacité à prendre soin les uns des autres ».

    Pas question donc de voir le véritable maillage de soins et d’accompagnement patiemment tissé, favorisant le rétablissement et la stabilisation des patients, détricoté faute de psychiatres suffisants. L’intersyndicale lance donc un appel aux médecins qui hésitent à franchir le pas : « Vous trouverez un exercice professionnel riche, varié et porteur de sens dans une région qui offre un cadre de vie exceptionnel. » Et surtout, « une équipe soudée, volontaire, courageuse, où l’entraide et le lien humain sont au cœur du travail ».

    En tout cas la bagarre va continuer, les réponses apportées pour l’heure étant pour le moins inquiétantes. « Si on est dans l’impossibilité de recruter, on accompagnera les agents à faire autre chose à l’hôpital, nous dit le directeur, en maintenant uniquement ce qui est régalien, c’est-à-dire le soin sans consentement », s’indigne Valérie, Lardet (CGT).

    Autre chose donc que d’œuvrer pour la santé mentale de la population, donc. Inacceptable.

  • Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    « On se bat pour notre survie. » Le ton employé par Thomas Forner, responsable régional du syndicat Ufap-Unsa est sans équivoque à l’heure de la mobilisation nationale des agents pénitentiaires.

    Depuis 5h lundi matin, le syndicat, qui est majoritaire à la Maison centrale d’Arles, bloque les entrées et sorties car la situation « n’est plus tenable » selon le syndicaliste. « Nous avons d’un côté la surpopulation et de l’autre la sous-dotation. Il nous manque 13 agents à la maison centrale, c’est une équipe complète », détaille-t-il. « Certains agents font jusqu’à 90h supplémentaires par mois, quand arrivera l’accident à la sortie du travail ? Ne pas avoir les moyens de faire nos missions entraîne frustration puis énervement, puis agression », analyse Thomas Forner. « Il ne se passe pas une journée en France sans qu’un collègue finisse à terre. On joue sa vie à la prise du service et à l’extérieur de l’établissement. Mais en pas d’agression qui viendra nous sauver ? », se demande le responsable.

    « Un ultimatum »

    La mobilisation lancée par l’Unsa a été rejointe par la CGT au centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille. Fin des postes vacants, fin des 6 500 matelas au sol, stop à l’épuisement : la CGT pénitentiaire place ces enjeux non plus comme des revendications, mais comme « un ultimatum » au regard d’un système carcéral qui « implosera faute de moyens ».

    Le syndicat Force ouvrière, dans un communiqué lapidaire, parle de « comédie syndicale » à propos de la mobilisation et n’y participe pas, y voyant « une stratégie électorale » à l’approche des élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre.

  • Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Ce sont tous les militants du mouvement social qui font front commun avec le secrétaire général du Grand port maritime de Marseille (GPMM), Pascal Galéoté. Ce dernier est convoqué, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre de l’affaire de la gestion du Comité social et économique (CSE) du port. L’ancien trésorier du CSE, Bernard Cristalli, est également mis en cause.

    De quoi provoquer une réaction unanime du côté de leurs camarades, avec une multitude d’organisations CGT qui appellent à la mobilisation au moment de l’audience, à partir de 8 heures du matin. « On est complètement dans le cadre d’une criminalisation de l’action syndicale, d’une justice de classe et d’un acharnement », tonne Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13). Avant de développer : « Cela s’inscrit dans des attaques plus globales contre les ports : la Cour des comptes les a visés, une mission parlementaire a été confiée à des députés du Rassemblement national… Ce sont des bastions cégétistes que certains veulent affaiblir. »

    Même écho du côté de François Canu, secrétaire de l’UD et secrétaire général de l’Union locale d’Aix, qui évoque une « procédure orchestrée ». « Ce n’est pas une attaque comme les autres. Cela va au-delà des deux camarades. On n’est pas dupes », martèle-t-il. Pour rappel, le 18 février 2025, à la suite d’une garde à vue éclair du syndicaliste, le parquet faisait le point sur l’affaire en évoquant une enquête préliminaire pour « abus de confiance » et « recel ».

    Plusieurs centaines

    de militants attendus

    « Elle a été ouverte à la suite d’un signalement adressé au parquet de Marseille, en décembre 2021, par le procureur général près la Cour des comptes, au regard de faits identifiés à l’occasion du contrôle des comptes et de la gestion du comité d’entreprise du GPMM », précisait l’institution dans un communiqué de presse. Tout en rappelant que Pascal Galéoté est présumé innocent, le parquet développait : « Les faits dénoncés sont relatifs à plusieurs anomalies constatées dans l’utilisation des moyens du comité d’entreprise du GPMM permettant de suspecter des dépenses à des fins personnelles (achat de matériel informatique et numérique, frais de déplacement, dépenses de bouche, etc.) ainsi que la prise en charge de dépenses syndicales, donc étrangères à l’objet du comité d’entreprise. Les sommes évoquées s’élèvent à plus de 250 000 euros sur une période allant de 2014 à 2018. »

    Pas de quoi faire trembler les militants. « Ceux qui pourraient être lésés dans cette affaire, le CSE et le port ou sa direction, n’ont pas porté plainte et ne sont même pas parties civiles, ça en dit long », commente Marc Pietrosino. Il rappelle que Pascal Galéoté avait répondu point par point à ces accusations à la suite de sa garde à vue (lire notre article du 24/01/25).

    De la CGT France Travail Paca, de la réparation navale, celle des cheminots de Marseille ou encore des agents des télécoms, en passant par la CGT Centrale de Gardanne… la liste des syndicats qui ont apporté un soutien « inconditionnel » aux deux portuaires est longue comme le bras. Et dépasse le cadre local, puisque Fédération des Ports et Docks comme la CGT au niveau confédéral ont appuyé publiquement Pascal Galéoté. Le syndicat CGT des Ouvriers Dockers et Portuaires du golfe de Fos appelle d’ailleurs à la mobilisation le même jour. La Fédération CGT des Ports et Docks également, avec la présence attendue d’agents portuaires de l’autre bout de la France. Tandis que la CGT GPMM Fluxel appelle à un arrêt de travail de 7h30 à 13h. Le soutien dépasse même la CGT, puisque la FSU 13 apporte aussi son soutien au secrétaire général. « On va envoyer le message que si quelqu’un touche un membre de la CGT, c’est toute la CGT qui répond », conclut François Canu.

  • Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    « Dimanche dernier, j’ai roulé 110 kilomètres pour cinq heures de travail. Or notre indemnité kilométrique ne rembourse que de 38 centimes par kilomètre. On paye pour aller travailler. » La colère était de mise, ce 21 avril, devant les grilles du Département de l’Hérault, à Montpellier, ainsi qu’à Béziers où une cinquantaine d’aides à domicile s’étaient mises en grève afin de défendre leurs conditions de travail dégradées.

    L’augmentation du coût de l’essence a été vécue comme la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà on ne peut plus rempli. Une hausse impactant de plein fouet cette profession à 90% féminine qui nécessite un usage quotidien du véhicule pour se rendre chez les bénéficiaires. « En 2022, notre indemnité kilométrique est passée de 35 à 38 centimes -dont 14 centimes pour le carburant [le reste étant pour l’amortissement, Ndlr]– mais l’essence a augmenté de 20%. Sur un trajet de 8 km, j’utilise 4 litres de gasoil. 1,12 euro sera donc pris en charge, ce qui ne représente pas la réalité de nos dépenses », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue.

    Une délégation reçue

    À la fin du mois, la facture est salée pour la plupart d’entre elles. « Beaucoup d’entre nous sont en temps partiel, donc payées en dessous du Smic. Certaines sont divorcées avec des enfants et touchent 700 à 900 euros par mois. Et si tu as besoin de 200 euros d’essence, tu vas manger au Secours populaire », soupire Nathalie Trepagny, aide à domicile à Présence Verte Services et déléguée syndicale CGT. « Il vaut mieux en ce moment poser un arrêt maladie que d’aller au travail, au moins on ne perd pas d’argent », estime-t-elle. D’autant que la hausse du prix du carburant n’est pas le seul caillou dans la chaussure des aides à domicile. « L’avenant 36 de notre convention collective ne tient pas compte de la réalité du terrain. Il n’y a que le temps passé dans le véhicule selon le GPS qui est pris en compte. Mais chercher une place, être dans les bouchons, tout ça, c’est du bénévolat, du travail dissimulé », s’indigne Christelle Fanjaud.

    Conséquences ? Une pénurie de recrutement liée au manque d’attractivité du métier, qui se traduit par des démissions et un turn-over important. « Les salariées sont en surcharge et peuvent se retrouver en arrêt maladie. Mais cela a aussi un impact sur les bénéficiaires. Si l’un a Alzheimer, il a besoin de repères, il n’y a pas de possibilité de turnover », observe Céline Rouig, aide à domicile à Présence Verte Services. Et pour celles qui restent, la fin de carrière se révèle bien compliquée. « On est de plus en plus fracassées. Comment voulez-vous, à 65 ans, lever quelqu’un qui est grabataire ? », fait valoir Nathalie Trepagny. Pourtant les aides à domicile sont un maillon essentiel dans la chaîne du soin. « Si nous ne sommes plus là, il manque un échelon : les infirmières, les aides-soignantes ne pourront pas travailler », note Christelle Fanjaud. « Parfois, les infirmières sont débordées, si bien que nous faisons la toilette des bénéficiaires, mais ce n’est pas notre travail », complète Nathalie Trepagny.

    Une délégation a donc été reçue par le conseil départemental -principal financeur des associations d’aides à domicile- afin de faire entendre les principales revendications : revalorisation des salaires, augmentation des indemnités kilométriques, amélioration des conditions de travail, reconnaissance réelle du métier et respect des droits et du temps de travail.

    « Nous dépendons de l’État, les financements ne sont
    pas faits au niveau des Départements. Si les besoins augmentent, pour nous Départements, c’est compliqué
     », explique Patricia Weber, vice-présidente déléguée aux solidarités. L’élue entend recevoir les responsables des structures d’aides à domicile pour prendre le pouls et un courrier du président PS Kléber Mesquida demande au ministre de prendre en considération la situation des aides à domicile. « Nous n’avons pas eu de réponses précises. On se revoit au mois de juin, donc je pense qu’il y aura une suite », espère Christelle Fanjaud.

  • Des magistrats pédalent pour préserver l’État de droit

    Des magistrats pédalent pour préserver l’État de droit

    Ils ont fait étape à Avignon mardi. Ils arriveront à Aix-en-Provence ce vendredi 24 avril, sur les marches de la cour d’appel. Voilà près de vingt jours qu’une dizaine de magistrats ont enfourché leur vélo pour traverser la France. Partis de Strasbourg à l’initiative du Syndicat de la magistrature et de la revue Délibérée, avec le soutien du Medel (Magistrats européens pour la démocratie et les libertés), ils achèveront leur périple à Vintimille, le 1er mai.

    Cette tournée, avant tout militante, répond à deux objectifs. Le premier est d’exiger la libération de leur confrère turc, le juge Murat Arslan, lauréat du prix des droits de l’homme Václav-Havel du Conseil de l’Europe, emprisonné depuis dix ans. Une détention que les magistrats entendent « dénoncer » à travers cette mobilisation. Sur les marches du palais Verdun, ils liront notamment une longue déclaration appelant à la libération de leur confrère.

    Second objectif de ce trajet à vélo – inspiré d’une initiative similaire menée par des magistrats allemands : « Sensibiliser aux atteintes à l’État de droit », indique le Syndicat de la magistrature. « Les magistrats, dont la mission est de protéger les droits et les libertés, demeurent un rempart contre l’exercice arbitraire du pouvoir. »

    Tout au long du parcours, les magistrats ont été rejoints par plusieurs associations solidaires du mouvement, dont la Ligue des droits de l’homme, la CGT et le Syndicat des avocats de France (SAF), mais aussi par des proches et des citoyens. Lors de plusieurs haltes, des conférences ouvertes au public sont organisées, comme celle prévue à Nice, à la Maison des associations Garibaldi. Le périple s’achèvera à Vintimille le 1er mai.

  • Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    « L’ensemble de nos organisations CGT appelle à soutenir nos camarades le mardi 28 avril à partir de 8 heures, devant le tribunal correctionnel de Marseille. » Dans un communiqué commun, la Fédération CGT des Ports et docks, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et la CGT au niveau confédéral donnent le ton de la riposte syndicale prévue la semaine prochaine.

    Une riposte face à la convocation de Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM), ainsi que de Bernard Cristalli, trésorier, au tribunal, dans le cadre d’une procédure autour de la gestion du comité social et économique (CSE) du port.

    Des dizaines de motions de soutien

    Les organisations mettent les points sur les i : « Ces attaques sont orchestrées par les autorités politiques avec la complaisance d’un patronat souhaitant mettre fin à toute forme de contestation. » De quoi faire écho à l’envoi de dizaines de motion de soutien par une myriade de syndicats CGT de toute la région et au-delà (lire notre brève du 21/04). Plusieurs unions locales de Marseille, dont celle des Quartiers nord ou celle de La Rose, ont réalisé des communiqués apportant une solidarité « inconditionnelle » aux deux syndicalistes et donnent également rendez-vous à leurs militants devant le tribunal. Même principe pour l’Union locale d’Istres ou encore la CGT d’ArcelorMittal. Et que dire du communiqué commun entre plusieurs organisations de la CGT du secteur de l’énergie qui tonne : « Portuaires et énergéticiens, même combat. » Et évoque une « répression généralisée contre la CGT ».

  • La prison de Luynes bloquée pour manque d’effectifs

    La prison de Luynes bloquée pour manque d’effectifs

    Après la mobilisation des agents pénitentiaires d’Avignon, il y a cinq jours, ce sont désormais ceux de la prison de Luynes qui se mobilisent. Depuis lundi 20 avril, les surveillants sont postés devant l’entrée de l’établissement. Le mouvement se poursuivait encore ce mardi.

    À l’origine de cette action : la demande de « moyens humains, tout de suite », selon un communiqué de presse du Syndicat national pénitentiaire des surveillants CEA, organisation minoritaire qui soutient la mobilisation. Des renforts d’effectifs sont réclamés sur le terrain, face à une surpopulation carcérale chronique et à l’arrivée prochaine d’un quartier de haute sécurité (QLCO). Ufap-Unsa Justice et FO n’ont pas rejoint le mouvement. « Nous avons eu l’engagement du directeur interrégional adjoint que nous serons établissement prioritaire pour combler les postes vacants, indique Ufap Unsa. Nous laissons une chance à l’administration avant d’agir. »

  • Des fermetures de classes toujours sur la sellette à Aix

    Des fermetures de classes toujours sur la sellette à Aix

    La semaine dernière, un collectif de parents d’élèves de l’école maternelle Campra, se mobilisaient, inquiets d’une potentielle fermeture de cet établissement. Le collectif, s’est constitué après avoir appris qu’une des classes fermerait dès la rentrée 2026, inquiets d’une fermeture en 2027. Une information non officielle à ce stade. Sur place, plusieurs élus issus du groupe de gauche Aix Avenir ont participé à la mobilisation, avant d’être rejoints par une délégation de la Ville, dont l’élue en charge de l’éducation. Le 15 avril, faisant suite à cette mobilisation, l’ensemble des élus du groupe d’opposition ont envoyé « un courrier commun au Dasen, avec en copie Madame le Maire, pour exprimer notre incompréhension sur la fermeture de l’école et plus globalement sur la carte scolaire aixoise », indique Clément Frel-Cazenave (ELLV). Le courrier, que nous avons pu consulter, fait part d’une « incompréhension face aux décisions prises pour les écoles d’Aix lors du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) du 3 avril » et estime que cette décision n’a « fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les élus de la ville ». Toujours selon ces lignes, 12 classes devraient être supprimées sur Aix, « certaines sont le prélude à des fermetures d’école ». Le courrier demande au Dasen « une révision des mesures de fermeture. » « J’ai eu Madame le Maire, il y a eu un travail avec les services (…) les élus de la majorité ont été associés, par l’intermédiaire de la rencontre que j’ai eu avec le maire. On est sur une école ou il y a deux classes aujourd’hui ou il y a 23 élèves à la rentrée prochaine et un IPS des plus élevés du Département (128 et demi). Il n’y a que des moyenne et grande sections à la rentrée prochaine, j’enlève un emploi sur les deux », recontextualise Jean-Yves Bessol, Dasen des Bouches-du-Rhône qui s’est engagé à répondre au courrier.

  • À Lunel-Viel, deux classes sur la sellette

    À Lunel-Viel, deux classes sur la sellette

    Nos enfants ne sont pas des moutons, arrêtez de les compter ! » La pancarte trône devant l’école élémentaire Gustave-Courbet à Lunel-Viel, le 14 avril. Dans cette commune de 4 500 habitants, les premières esquisses de la future carte scolaire mettent en colère profs, parents et enfants, venus manifester en cette matinée ensoleillée. « Deux classes devraient fermer. Une à l’école maternelle Les Thermes, conduisant à des classes de 18 élèves, ce qui est difficilement contestable. En revanche, une autre classe de l’école élémentaire Gustave-Courbet fermerait, mais la démographie n’a pas suffisamment baissé pour que ça n’ait pas d’impact numérique sur les classes », avance Julien Domergue, délégué parents d’élèves.

    De 13 classes pour 310 élèves, l’élémentaire ne compterait, à la rentrée prochaine, que 12 classes pour 295 élèves, induisant mécaniquement une augmentation du nombre d’élèves par classe, passant de 24,5 à 26 élèves. « Dans la commune, il y a 20% de familles monoparentales, 16% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Des difficultés depuis plusieurs années sont remontées par les enseignants sur le rapport à l’autorité des élèves, de plus en plus de protocoles pHARe [dispositif de lutte contre le harcèlement, Ndlr.] sont déclenchés et des actes d’incivilité des élèves sont plus fréquents », énumère Julien Domergue. Des problèmes de comportement que l’on retrouve dans les niveaux CM1 et CM2, formant le gros du bataillon des écoliers, « avec 28 ou 29 élèves par classe l’an prochain. » Face à cette problématique liée à la précarité, cette fermeture viendrait ajouter une épine dans le pied d’une communauté éducative on ne peut plus fatiguée. « Le système éducatif doit être une priorité et la baisse du nombre d’élèves doit permettre de meilleures conditions d’apprentissage », insiste Julien Domergue. Une pétition* a été lancée – recueillant 349 signatures à l’heure où La Marseillaise mettait sous presse – et un courrier a été envoyé par les enseignants au Dasen, lui demandant de revoir sa copie « au moins sur les deux ans à venir », le temps que le nombre d’élèves baisse vraiment.