Deux jours après, la colère n’est pas retombée à Toulon. 400 personnes, élèves de différents lycées de la ville, professeurs, syndicalistes, mais aussi simples citoyens, étaient encore mobilisées devant le lycée Bonaparte, jeudi, à partir de 9h. Pour clamer, une fois de plus, leurs revendications, mais aussi et surtout en réaction à la réunion qui s’est déroulée, mardi, avec le préfet du Var et le Directeur académique des services de l’Éducation Nationale (Dasen).
« On leur a demandé de nous écouter, de nous ouvrir une porte pour discuter avec les institutions. Il n’y a eu que du mépris », regrette Denis Sincu, leader du mouvement de protestation au lycée Bonaparte. Sa camarade Léonine Fouquet, élève au lycée Dumont-d’Urville, ne décolère pas. « Ils étaient tous sur leur téléphone, ils nous ont ri au nez », affirme-t-elle.
Marc Laugier, enseignant (syndiqué FO) en mathématiques à Bonaparte, partage l’indignation des élèves, qui disent ne pas avoir été écoutés sur des questions telles que celles des sanitaires de l’établissement : « Avoir des toilettes qui fonctionnent, c’est de l’hygiène. Ils n’en tiennent même pas compte. Cela fait 10 ans que j’enseigne ici, rien n’a été fait. » Il demande que chacun assume ses responsabilités : « L’État et la Région se renvoient la balle. Le préfet est représentant de l’État dans le Var. C’est à lui d’assurer la conformité des locaux. »
Pour permettre aux enseignants et à la direction de dialoguer, les cours avaient été banalisés jusqu’à 10h. Tout le monde semble tirer dans le même sens, à en croire Olivier Gérard, secrétaire départemental de la CGT Éduc’Action et enseignant à Bonaparte : « Les collègues se disent qu’ils ont raison de ne pas accepter ce que nous nous lassons de demander. La direction essaye de faire les choses vraiment bien, toujours avec de bonnes intentions. » La proviseure du lycée a en tout cas semblé vouloir joindre la parole aux actes en allant discuter avec les élèves devant l’établissement. « Nous avons fait une assemblée générale lundi, je les entends. On doit essayer de trouver des solutions ensemble, sur les problèmes immédiats, le matériel, les actions santé, la démocratie…, affirme-t-elle. Il y a des choses qui dépendent de moi, mais d’autres pas, donc je reste modestement de leur côté. »
La mobilisation s’est terminée dans le calme aux alentours de midi. Le dialogue devait se poursuivre dans l’après-midi, puisque les directions des lycées Bonaparte et Dumont-d’Urville devaient recevoir des représentants des élèves, à la veille des élections des conseils de vie lycéens (CVL), qui désigneront les représentants des élèves, du corps enseignant, des parents et du personnel administratif au sein des établissements.









