Tag: mobilisation

  • Les Goudes contre la surfréquentation

    Les Goudes contre la surfréquentation

    « Les Goudes en colère. » Banderoles et pancartes levées, près d’une centaine d’habitants déterminés des Goudes ont manifesté samedi matin dans les rues du village de l’est marseillais pour crier leur ras-le-bol face au manque de stationnement et appeler les autorités à réguler la surfréquentation qui rend leur vie invivable.

    Le CIQ des Goudes a réussi sa mobilisation alors que la saison estivale a démarré et avec elle un flux toujours plus important de véhicules qui s’engouffrent dans l’entonnoir et butent sur un parking saturé et sur l’impasse de Callelongue. « On veut une ZTL [Zone à trafic limité] pour apaiser comme il y en a en Italie. C’est-à-dire concrètement une caméra vidéo qui filme la plaque d’immatriculation. Si votre véhicule n’est pas autorisé, vous recevez un PV de 135 euros », explique Julie Rigal, deux pancartes en mains : « Les bus et les bateaux, ça ne suffit pas. Stop voitures » et « La solution, c’est la ZTL ».

    « à leurs experts de trouver des solutions »

    « Notre but, c’est de se faire entendre », explique Romain Garoute, le président du CIQ. « On veut que les collectivités se posent sur le sujet pour mener des actions concrètes. Et il n’y a rien eu depuis un an. On veut que tous les acteurs se réunissent régulièrement pour trouver une vraie solution. On n’est pas urbaniste, c’est à leurs experts de trouver des solutions. Si ça ne bouge pas, on sera encore dans la rue. Aujourd’hui on est en train de tuer le village. On a un littoral magnifique. Des gens du monde entier viennent par ce que c’est beau et instagrammable mais il n’y a pas de piste cyclable et rien n’est aménagé pour les piétons. » De citer des chiffres parlants. Le village de près de 500 habitants ne compte que 250 places de parking pour un flux journalier estimé à 2 500 véhicules. Une création de parking sur l’ancien camping et au Cap Croisette ? Le parc national des Calanques a refusé. L’an dernier, des plots ont été installés qui ont retiré du stationnement mais qui ont amélioré les mobilités douces (rallongement du bus de la ligne 20 et stations pour les deux roues).

    « Qu’ils viennent

    en bus ou en vélo ! »

    « C’est infernal, ça s’aggrave d’année en année. Les résidents qui vivent à l’année ont une priorité sur les touristes. Cette année, j’ai payé 600 euros de PV », explique Sandra. « Moi j’habite ici depuis 40 ans. La solution, c’est de fermer les Goudes. Non, ça ne privatise pas les Goudes. Qu’ils viennent en bus ou en vélo ! Regardez sur la Côte bleue, c’est fermé. Vous descendez pas à Niolon, c’est fermé. Vous vous garez en haut. Au Vallon des Auffes et à Malmousque, ils ont mis des barrières. »

    « Mes parents avaient le cabanon depuis 50 ans et c’était pas comme ça. On n’en peut plus. C’est lamentable. Au lieu de nous mettre des PV à nous, que la police passe la nuit pour les motos qui passent en trombes et les rodéos », proteste Claudine, habitante depuis 22 ans. « Je ne peux même pas dire à ma fille qui vit à Plan-de-Cuques de venir dîner car elle n’aura pas de place pour se garer. L’été, on s’en va parce que c’est infernal, on prend un mobile-home près de Valréas. »

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • [Entretien] Adel Bakawan : « C’est la capitulation de Donald Trump »

    [Entretien] Adel Bakawan : « C’est la capitulation de Donald Trump »

    La signature officielle du protocole d’accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre doit se tenir, dans la journée, dans un hôtel de luxe en Suisse. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fait savoir qu’il ne viendrait pas. La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance avaient été annoncées en début de semaine, mais aucune information n’a filtré depuis. Le président américain tente, lui, de défendre ce texte face au scepticisme dans son pays. Faut-il s’attendre à un nouveau revirement ?

    La Marseillaise : Quels sont les points à retenir dans cet accord ?

    Adel Bakawan : Tous les éléments qui sont considérés comme urgents et importants. L’urgence, c’est le détroit d’Ormuz, les avoirs iraniens gelés, les sanctions primaires et secondaires sur la République islamique d’Iran et, bien évidemment, la guerre qui doit s’arrêter immédiatement, pas seulement entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi sur tous les fronts, notamment au Liban. Les points importants sont ceux qui concernent l’avenir du programme atomique iranien et des 440 kilos d’uranium enrichi. Des points sur lesquels nous n’avons aucune précision, aucun détail et dont les négociations sont reportées dans 60 jours. Cette période est prolongeable de manière illimitée. Ça pourrait donc aller jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump et il pourrait laisser ce dossier, après son départ, à celui ou celle qui arrive après lui.

    Sur ces seuls éléments, peut-on dire que l’Iran est vainqueur ?

    A.B. : Le 6 mars 2026, Donald Trump dit la chose suivante : « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran autre qu’une capitulation sans conditions ! » Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on a comme accord ? Est-ce que Donald Trump a récupéré le programme atomique iranien ? La réponse est non. Est-ce que les Iraniens lui ont livré les 440 kg d’uranium enrichi ? Non. Les Iraniens ont-ils fourni leur programme balistique à l’administration américaine ? Non. Est-ce qu’ils ont coupé leurs liens, soutiens financier et militaire aux proxys qui sèment la terreur au Moyen-Orient : le Hezbollah, les houthis, les milices irakiennes, le Hamas, le Jihad islamique etc. ? Non, ce n’est absolument pas abordé. En revanche, est-ce que les Iraniens ont obtenu la levée du blocus américain sur le détroit d’Ormuz ? Oui, bien sûr, immédiatement. Autrement dit, les Américains ont donné l’occasion aux gardiens de la Révolution islamique de récupérer, sans péage, sans frais de service, juste par la vente du pétrole et des produits pétrochimiques 100 milliards de dollars par an. Est-ce que les Iraniens vont avoir accès à la totalité de leurs avoirs gelés ? La réponse est oui. Verront-ils la suppression de toutes les sanctions non seulement américaines mais aussi des Nations unies ? Oui. C’est la capitulation de Donald Trump. Et oui, clairement, les Iraniens ont gagné.

    De qui proviendront ces 300 milliards de dollars du plan visant à reconstruire le pays ?

    A.B. : Les États-Unis disent que ça ne proviendra pas d’argent public mais privé. Au moins 100 milliards de dollars devraient provenir d’entreprises américaines, européennes et golfiennes qui seront sollicitées. On mettra des centaines de milliards de dollars à la disposition des gardiens de la Révolution, une organisation qu’on a considérée comme terroriste il y a quelques mois.

    Comment expliquer que tous les États du G7 aient salué ce texte ?

    A.B. : Tous les pays du G7 saluent cet accord parce que tout le monde souhaite la fin de cette guerre. Ce ne sont pas eux qui perdent contre l’Iran. Au contraire, ils ne sont absolument pas mécontents de cet accord, de cette capitulation de Donald Trump. Il a maltraité la totalité des chefs d’État du G7, des pays européens et arabes, puis désormais, le Premier ministre israélien. Tous les médias au monde vont monter en puissance pour aborder la capitulation de Donald Trump. Avec cet accord, on enterre ce Donald Trump historique qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. C’est la fin, plus personne n’a peur de lui. Tout le monde a compris que c’était un homme avec une grande gueule qui a la main qui tremble. Les États du Moyen-Orient qui avaient acheté avec des milliards de dollars le parapluie sécuritaire américain se voient dans l’obligation à la fois de négocier individuellement avec les Iraniens parce que Téhéran a parfaitement réussi à fracturer les pays du Golfe, et à chercher d’autres alternatives.

    En janvier, Trump avait appelé les Iraniens à poursuivre leur mobilisation. Puis, le peuple a subi les bombardements israélo-américains et le régime s’est renforcé. C’est le grand perdant ?

    A.B. : Avant la guerre, il y avait une marge de manœuvre pour manifester. Il y avait à la fois les ayatollahs qui modéraient l’action des Pasdaran et des modérés étaient arrivés au pouvoir comme le président Massoud Pezechkian. Désormais, les gardiens de la Révolution pensent que grâce à eux l’Iran a gagné la guerre et donc doivent avoir le dernier mot sur tout. Le régime s’est militarisé et va probablement se brutaliser davantage. La première victime sera le peuple iranien et tous les autres peuples de la région, les Arabes, les Israéliens, les Kurdes, les Turcs, qu’on a jetés dans les bras des gardiens de la Révolution.

  • Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    « C’est comme ça qu’il faut faire ! Il faut parler à la direction quand on n’est pas d’accord ! » Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, lève le poing, devant une foule d’environ 200 salariés massés devant l’hôpital Sainte-Musse, jeudi midi, après l’appel à la grève lancé par le syndicat. Raisons de la colère, « la démolition de l’hôpital public et le mépris des personnels », et « un dialogue social devenu une illusion », malgré des « lits fermés par manque d’effectifs, des services d’urgences saturés, le sous-effectif quotidien, l’épuisement généralisé des équipes et la perte de sens au travail ».

    Une mobilisation qui a porté ses fruits et provoqué un immense soulagement chez les soignants, dont les nombreuses embrassades à l’intention de leurs représentants syndicaux étaient à la hauteur de leur reconnaissance. « Je leur ai dit que c’était eux qu’il fallait remercier, car sans eux, la direction n’aurait pas répondu comme ça », salue Jessica Michel, qui loue aussi l’implication de Josée Massi, maire (SE) de Toulon et présidente du conseil de surveillance de l’hôpital : « Elle nous a entendus et écoutés. Elle connaissait le dossier, la vie des agents lui tient à cœur. »

    Un cycle de négociations va débuter

    Trois des revendications émises par les travailleurs ont été entendues. Tout d’abord, la prise en compte de la pause méridienne dans le temps de travail. Deuxièmement, le passage de 35 à 37h30 de travail hebdomadaires, alors que de nombreuses heures supplémentaires n’étaient ni récupérées, ni payées. « Le passage aux 35 heures au sein de l’hôpital en 2002 s’est fait sans moyen », évoque Gilles Manchon, secrétaire régional Paca-Corse FO Santé. « Les agents hospitaliers ont absorbé la surcharge de travail depuis maintenant 24 ans. Ils doivent avoir leur repos compensateur par rapport à la surcharge de travail qu’ils ont. »

    Un point sur lequel FO CHITS restera particulièrement vigilant, certains agents cumulant « plus de 300 heures non payées, ni récupérées », ajoute Gilles Manchon. Cela, grâce à la troisième avancée obtenue, à savoir l’implication des salariés dans la construction des cycles de travail (gestion des horaires, des temps de repos).

    Mais le secrétaire régional FO Santé tempère : « On a gagné un match contre la direction, mais le championnat est long et d’autres matches s’annoncent. » Car, désormais, place à un cycle de négociations entre les deux parties, qui concernera les cycles de travail, donc, et les moyens matériels et humains accordés aux services.

    Yann le Bras, directeur du CHITS, se place lui aussi dans une logique d’ouverture : « Il faut une méthode pour porter un dialogue social constructif, qui prenne en compte le vécu des agents, mais aussi les réalités de l’établissement. » Dans cette perspective, la question du temps de travail fera l’objet d’une attention particulière : « Il y a parfois des sujets à modifier, notamment quand le rapport à la loi est en jeu, et c’est un des sujets qui est sur la table », promet-il aux 4 000 agents hospitaliers de l’établissement.

  • Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Des professeurs de sport serrés dans une piscine gonflable au milieu du Vieux-Port. C’est tout l’objet de la mise en scène organisée, ce jeudi, par le Snep-FSU Aix-Marseille pour attirer l’attention sur le manque d’équipements aquatiques et de piscines dans la ville. Lunettes de plongée et bonnet de bain sur la tête, ils veulent alerter sur cette situation qu’ils jugent préoccupante.

    « À Marseille, seulement 14 piscines sont en activité, ce n’est pas assez. Surtout qu’il y a des piscines qui ont fermé, notamment celles de Luminy et de la Bombardière. La situation ne s’améliore pas, elle a plutôt tendance à se dégrader », affirme Jean Cugier, cosecrétaire académique du Snep-FSU et professeur d’EPS au lycée polyvalent Antonin-Artaud (13e). « Dans la deuxième ville de France, on compte 100 m² de piscine pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’à Lyon par exemple. Énormément de professeurs d’EPS sont privés de piscine pour emmener leurs élèves apprendre à nager », déplore Cédric Vassenaix, enseignant à Aix-en-Provence.

    Les professeurs d’EPS alertent surtout sur le nombre important d’enfants qui arrivent au collège sans savoir nager. D’après le syndicat, jusqu’à 85% des élèves entrant en 6e ne maîtrisent pas la nage, dans certains quartiers de Marseille. C’est le cas pour les élèves du collège Henri-Barnier, dans le 16e arrondissement, toujours selon le syndicat. Ce dernier précise qu’une grande partie des élèves ne sachant pas nager sont scolarisés dans les quartiers nord de la ville et ne disposent que de cinq piscines municipales, contre neuf dans le reste de Marseille.

    Face à ce constat, les professeurs d’EPS ont choisi un slogan : « Savoir lire, c’est essentiel. Savoir nager, c’est vital. » L’occasion de mettre en avant les risques liés à l’absence d’apprentissage de la natation, d’autant plus élevés dans une ville bordée par la mer, soulignent-ils.

    Réunion avec la Ville

    Paul Mauranes, qui enseigne depuis deux ans au collège Elsa-Triolet (15e), témoigne : « On a bien 40% d’élèves qui entrent et qui ne savent pas nager. Ça fait presque un enfant sur deux, même si on n’est pas les plus mal lotis car la piscine est à 25 minutes à pied. »

    Cette mobilisation s’inscrit dans une revendication portée à l’échelle nationale. « Notre syndicat réclame la construction de 1 000 piscines sur le territoire et la rénovation des bassins », précise Jean Cugier, qui évoque un enjeu de santé publique : « L’an dernier, il y a eu 50 décès par noyade en France chez les enfants de moins de 12 ans. C’est aussi la première cause de décès par accident domestique chez les moins de 25 ans », ajoute-t-il.

    Prévenue de la mobilisation, la Ville de Marseille a proposé « une rencontre », selon le syndicat, afin d’échanger sur le manque de piscines. Celle-ci devrait se tenir le 10 septembre.

  • Matthieu Pigasse, sauveur surprise de Fibre Excellence

    Matthieu Pigasse, sauveur surprise de Fibre Excellence

    C’est un rebondissement inattendu dans le dossier Fibre Excellence et ses péripéties économico-judiciaires. L’entreprise, ses plus de 600 emplois directs et ses deux usines de pâte à papier de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, risquent bien d’être sauvée par le banquier d’affaires français Matthieu Pigasse, alias le « millionnaire de gauche », propriétaire de plusieurs médias comme Radio Nova ou Les Inrockuptibles.

    Une information révélée par La Marseillaise, ce mercredi dans la journée, avant d’être confirmée par nos confrères de l’AFP. Matthieu Pigasse aurait apporté son soutien in extremis à l’unique offre de reprise, portée par la direction actuelle de l’entreprise et soutenue par les Régions Occitanie et Sud. Le millionnaire l’aurait fait via une lettre d’intention à l’adresse du tribunal de commerce de Toulouse, ce mardi. Et donc juste à la veille d’une audience décisive puisque la juridiction devait se pencher sur l’avenir de l’industriel, ce mercredi matin à Toulouse. Mais l’apport du millionnaire a provoqué un report de l’audience au 6 juillet prochain. À la sortie du tribunal, salariés comme entreprise se refusaient à communiquer le nom de cet investisseur « surprise ». Sans officialiser le soutien de Matthieu Pigasse, la direction de Fibre Excellence explique : « Les débats lors de l’audience ont mis en lumière l’intérêt marqué d’un nouvel investisseur français de renom. La mobilisation de cet acteur, prêt à s’engager pour la souveraineté industrielle, permet d’envisager la consolidation de l’actuel projet de reprise porté par la direction de Fibre Excellence, ou le dépôt possible d’une nouvelle offre. »

    « On a gagné du temps

    et de l’espoir »

    Du côté des salariés, c’est le soulagement qui prédomine. « C’est une très bonne nouvelle, depuis des mois c’est l’ascenseur émotionnel mais aujourd’hui on a gagné du temps et de l’espoir », sourit Laurent Quinto, salarié du site tarasconnais et représentant de la Filpac-CGT. S’il n’évoque pas Matthieu Pigasse directement, l’arrivée de ce soutien est visiblement appréciée : « C’est un investisseur important, quelqu’un de solide, qui a déjà consulté le ministère et le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). C’est pris très au sérieux par le tribunal. » Il faut dire que l’opération relèverait d’un sauvetage miraculeux puisque l’entreprise risquait la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, qui avait provoqué son placement en redressement judiciaire en avril dernier, une cessation de paiements et l’arrêt de ses usines de pâtes à papier. De quoi mettre en péril toute la filière papetière française et des milliers d’emplois indirects, exploitants de bois ou sous-traitants des usines. « Maintenant, il faut aller au bout du sauvetage ! On a une offre qui tient la route, avec le soutien des deux Régions et un investisseur français, des projets qui tiennent la route ! », lance Laurent Quinto.

    En tout cas, l’intersyndicale des deux sites organise ce jeudi des mobilisations, avec la présence de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT et de Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie à Saint-Gaudens.

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • La Poste confirme les fermetures estivales

    La Poste confirme les fermetures estivales

    Sollicitée par La Marseillaise suite aux annonces de fermetures estivales de bureaux de poste à Martigues (notre édition du 10/06), La Poste a détaillé ses mesures estivales.

    L’entreprise confirme que « le bureau de Poste de Martigues Jonquières ajustera ses horaires du 6 juillet au 29 août 2026 », en instaurant une coupure entre 12h et 14h. « Le bureau reprendra ses horaires habituels à compter du 31 août 2026 », précise La Poste, qui redirige les clients vers le bureau de Ferrières, confirmant une « fermeture estivale du 3 au 22 août inclus ». Outre Ferrières, les bureaux vers lesquels redirige La Poste sont ceux de Croix-Sainte et La Couronne, à Martigues, ainsi qu’à Saint-Mitre-les-Remparts.

    « Que La Poste sache

    que ça ne passera pas »

    La Poste n’a pas répondu à notre demande de précisions sur une demande de rencontre formulée par la Ville de Martigues. En attendant, le Comité de vigilance postale de Martigues s’est mis en campagne contre ces fermetures estivales, en annonçant deux actions de sensibilisation à l’issue de son assemblée générale de jeudi dernier (notre édition du 12/06).

    « On veut que La Poste sache que ça ne passera pas », affirme le président du comité de vigilance, Francis Fournier. « On va aller avec un tambour à la sortie des écoles pour annoncer à la population ce qui va se passer », poursuit l’ancien postier, donnant rendez-vous « à tout le monde » sur les deux initiatives et sous une forme ludique.

    En l’occurrence, le comité se rendra à la rencontre des habitants sur la place centrale de Notre-dame-des-Marins, mardi 23 juin à 16h30, ainsi que devant l’école Robert-Desnos, vendredi 26 juin à la même heure.

  • Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    On veut envoyer un message : la gratuité n’y touchez pas ! ». Devant la gare d’Aubagne, Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), résume l’état d’esprit des plusieurs centaines d’habitants du Pays d’Aubagne qui manifestent pour le maintien de la gratuité des transports en commun, ce samedi matin.

    Il faut dire que les inquiétudes grandissent autour de ce conquis social en place depuis 2009 sur le territoire aubagnais. Après l’absence de vote du budget de la Métropole Aix-Marseille Provence face à un trou financier de 144 millions, la Chambre régionale des comptes recommande de « réinterroger » ce modèle. « Sa remise en cause serait catastrophique d’un point de vue écologique et social ! », dénonce Maurice Marsiglia, pointant un « triplement de la fréquentation » des transports en commun depuis la mise en place de la gratuité. « Ce n’est pas un symbole, c’est un combat », martèle Jean Pugens, membre du bureau de l’USR CGT 13 (lire ci-contre) et secrétaire de l’Asdel.

    Preuve de l’importance accordée à la gratuité, de nombreux élus de communes environnantes ont fait le déplacement mais aussi Jean-Pierre Squillari (DVG), le maire d’Aubagne.

    « Ce n’est pas une utopie »

    « Les transports en commun gratuits, c’est l’ADN du Pays aubagnais. Bien sûr que les recommandations de la CRC nous inquiètent, mais c’est le préfet qui va prendre la décision finale », explique l’édile. Avant de développer : « S’il se rend compte que nous luttons, que nous nous mobilisons pour conserver ces transports gratuits, on pourra orienter sa décision ». Marina Mesure, députée européenne insoumise va dans le même sens : « Depuis 2009, la gratuité des transports en commun est notre fierté en Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Ce n’est pas une utopie, c’est un quotidien. » Pour elle, plus qu’une question financière, c’est surtout un choix de société : « C’est une conquête sociale et écologique indispensable. Au moment où la planète brûle, c’est le sens de l’histoire. »

    Les retraités CGT devant la préfecture

    L’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13) organise, ce mardi 16 juin, une mobilisation pour défendre la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Laquelle « a été obtenue en septembre 2025 après de nombreuses années de luttes », rappelle l’organisation, qui juge « qu’elle a fait la preuve de son utilité ». Le rendez-vous est fixé à 10h, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille.

    A.B.

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »