Tag: mobilisation

  • « Le plaider-coupable, c’est condamner sans juger »

    « Le plaider-coupable, c’est condamner sans juger »

    Lundi 13 avril. Alors que le Sénat débutait l’examen de la réforme de la justice criminelle défendue par Gérald Darmanin, une marée de robes noires s’est massée sur les marches de la Cour d’Appel de Montpellier. Une journée « justice morte » précédée, dans la capitale héraultaise, d’une grève des audiences pénales observée depuis le 9 avril. Comme à Béziers, Nîmes, Alès et un peu partout en France, les avocats montpelliérains ont affiché, ce 13 avril, un front uni contre l’instauration d’une procédure de « plaider-coupable » en matière criminelle. Un rassemblement auquel se sont joints le maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse (PS), la députée (PS) Fanny Dombre Coste et le sénateur (PS) Hussein Bourgi.

    « Le plaider coupable est une véritable révolution en France, puisqu’en réalité, c’est l’absence de procès criminel. Or sans le procès criminel, vous n’avez pas la présence des témoins, vous n’avez pas la reconnaissance des victimes. Vous avez la négociation d’une peine entre l’accusé et le seul parquet », dénonce, au microphone, le bâtonnier Pierre Lafont, qui s’interroge : « Avec cette procédure, le procès Pélicot aurait-il existé ? Madame Pélicot a apporté sa réponse en exprimant que la représentation des victimes, le déroulement du procès sont essentiels non seulement à la vie judiciaire mais à notre vive démocratique », insiste l’avocat.

    « Ce projet de loi nous dirige vers la fin programmée des cours d’assises » au seul motif « de répondre à des problèmes budgétaires », tance Pierre Lafont. Quelque 6 000 dossiers criminels seraient en effet en attente de jugement… Mais au lieu de donner davantage de moyens à une justice française parmi les moins bien dotées d’Europe
    – « en France, on a à peu près 11 magistrats et 3 procureurs pour 100 000 habitants quand la moyenne européenne est de 22 magistrats et 12 procureurs » -le gouvernement opte pour une procédure expéditive, censée raccourcir les délais de jugement.

    « La Cour d’assises est un modèle de démocratie »

    Déjà existante en matière délictuelle, cette « procédure de jugement des crimes reconnus », qui nécessitera l’accord des parties, prévoit qu’en échange d’une reconnaissance intégrale des faits par l’accusé – « plaider-coupable » -, une peine lui soit proposée par le parquet lors d’un entretien préalable. S’il l’accepte, le temps entre la fin de l’instruction et le procès pourra être raccourci tout comme l’audience, réduite à une demi-journée, sans témoins ni experts appelés à la barre. Les peines encourues, quant à elles, seraient inférieures d’un tiers.

    « Ce combat n’est pas uniquement celui des avocats », estime l’avocate pénaliste et ancienne vice-bâtonnière de l’Ordre des avocats de Montpellier Iris Christol. « Les avocats sont des lanceurs d’alerte, mais il faut que chacun puisse comprendre ce qui se joue dans la disparition de la Cour d’assises. Ce qui se joue, c’est moins ou plus du tout de débat. Or on sait combien le débat est essentiel à la vérité judiciaire et à toute vérité », insiste l’avocate montpelliéraine. « La Cour d’assises est un modèle de démocratie, qui garantit un débat apaisé où chacun aura sa place, où chacun aura son mot à dire, à l’issue d’un débat qui sera public parce que les faits divers sont aussi des faits de société. Le plaider-coupable, c’est condamner sans juger », dénonce la pénaliste. « Juger est un processus qui prend du temps. C’est la possibilité de mettre des mots qui répareront et changeront l’histoire de ceux qui sont là et qui souffrent. C’est la possibilité pour une victime, notamment une victime de violence sexuelle, qui porte toujours la mésestime de soi et une forme de culpabilité, de reprendre la main, de redevenir un sujet pour voir la culpabilité se transférer sur celui qui passera du stade d’accusé à celui de condamné. C’est un modèle de société qui permet de réfléchir ensemble, de juger ensemble, qui permet le temps et la nuance. C’est ce qu’on nous propose de faire disparaître au motif de faire des économies. Or oui la justice a un coût, mais elle n’a pas de prix. »

  • Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    L’hymne national libanais a résonné à deux pas de l’ombrière du Vieux-Port de Marseille pour lancer une mobilisation de solidarité avec le Liban qui se déroulait ce samedi matin. Plusieurs dizaines de Marseillais et membres de la diaspora se sont réunies pour montrer leur solidarité avec le peuple libanais, qui subit des attaques d’Israël depuis le 8 avril dernier, drapeau au cèdre en main. « Le mercredi 8 avril aurait pu être une date ordinaire, pourtant il s’est gravé à jamais dans les mémoires. En quelques heures, le cours de l’histoire a basculé emportant avec lui des vies, de l’espoir », expose, la voix grave, Liliane Nasser, historienne et auteure, au nom du « Collectif pour le Liban », à l’origine de la mobilisation. Avant de poursuivre : « Nous sommes réunis pour dénoncer une énième agression contre le Liban. Alors qu’il avait scrupuleusement respecté l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, Israël a choisi, une fois de plus, la violence. » Plusieurs pancartes donnent le ton : « Gaza, Liban : L’impunité d’Israël continue » ou encore « L’armée la plus mortelle du monde ».

    Si Israël affirme viser les combattants du Hezbollah, les participants dénoncent surtout « une guerre de destruction aveugle contre des innocents ». « Plus de 400 morts et 800 blessés, pour la plupart des civils, depuis l’escalade du 8 avril… Des villages entiers ont été rasés, des écoles, des hôpitaux… Ce ne sont pas des dommages collatéraux », martèle Liliane Nasser. Le ministère de la santé libanais évoque plus de 1 900 personnes tuées depuis le 2 mars. Une minute de silence, de même que la lecture d’un poème, a été observée. Si une réunion est prévue entre Israël et Liban, ce mardi à Washington, des frappes avaient encore eu lieu, ce vendredi.

  • Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Signez la pétition pour la solidarité avec Cuba ! » Sur le Vieux-Port de Marseille, les militants de 5 associations (Cuba coopération, France Cuba, le Mouvement de la paix, France Amérique Latine et Ligue des droits de l’homme) et du Parti communiste français donnent autant de la voix que les vendeurs de poissons. « Il n’y a pas plus scandaleux que ce blocus qui dure depuis trop longtemps. Le peuple cubain est actuellement étranglé », dénonce Bruno Kahlat, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône.

    Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13 abonde : « Il y a une crise humanitaire à Cuba qui est liée au blocus pratiqué par les États-Unis depuis 1962 et accentué par le second mandat de Trump. » Elle a notamment dans le viseur « l’inscription du pays comme État terroriste » et les mesures de blocage supplémentaires permises par cette inscription. « Avec l’embargo, le quotidien des gens est impacté : ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins essentiels », pointe Brigitte Cazon, pour la LDH. Tous évoquent les coupures de courant de plusieurs dizaines d’heures sur l’île, le manque de pétrole ou de denrées alimentaires… « Il y a très peu de bateaux qui passent, c’est au compte-goutte : un Russe avec du pétrole, un Chinois avec du riz… », explique Bruno Kahlat.

    D’où les initiatives du week-end. La veille, les militants associatifs étaient déjà sur le terrain avec une initiative similaire au même endroit. Le soir, le rendez-vous était à La Ciotat alors que vendredi c’était le marché de Gardanne qui était écumé. Au programme : distribution de tracts, signatures de pétition qui sera adressée aux députés européens et appel à la solidarité financière.

    « La doctrine Monroe encore plus agressive »

    Même principe dans le Var et Vaucluse où le Parti communiste français était présent en force : un rassemblement samedi à Avignon et une collecte de médicaments à Toulon, Draguignan et Cogolin. « Le but c’est d’alerter la population et interpeller, pour qu’il y ait une mobilisation ici, qui fasse pression sur notre gouvernement et que lui-même fasse pression sur Trump », martèle Brigitte Cazon. D’autant qu’entre le Venezuela et l’Iran, les interventions américaines récentes ne sont pas de nature à rassurer les militants. « La politique américaine a pris un tournant dangereux, avec un risque de retour de 50 ans en arrière pour l’Amérique latine, c’est une doctrine Monroe encore plus agressive », analyse Jean-Marie Paoli, président de France Amérique Latine Bouches-du-Rhône. Et « des drames humains comme conséquence », conclut Nicole Giraudi.

  • Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Signez la pétition pour la solidarité avec Cuba ! » Sur le Vieux-Port de Marseille, les militants de 5 associations (Cuba coopération, France Cuba, le Mouvement de la paix, France Amérique Latine et Ligue des droits de l’homme) et du Parti communiste français donnent autant de la voix que les vendeurs de poissons. « Il n’y a pas plus scandaleux que ce blocus qui dure depuis trop longtemps. Le peuple cubain est actuellement étranglé », dénonce Bruno Kahlat, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône.

    Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13 abonde : « Il y a une crise humanitaire à Cuba qui est liée au blocus pratiqué par les États-Unis depuis 1962 et accentué par le second mandat de Trump. » Elle a notamment dans le viseur « l’inscription du pays comme État terroriste » et les mesures de blocage supplémentaires permises par cette inscription. « Avec l’embargo, le quotidien des gens est impacté : ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins essentiels », pointe Brigitte Cazon, pour la LDH. Tous évoquent les coupures de courant de plusieurs dizaines d’heures sur l’île, le manque de pétrole ou de denrées alimentaires… « Il y a très peu de bateaux qui passent, c’est au compte-goutte : un Russe avec du pétrole, un Chinois avec du riz… », explique Bruno Kahlat.

    D’où les initiatives du week-end. La veille, les militants associatifs étaient déjà sur le terrain avec une initiative similaire au même endroit. Le soir, le rendez-vous était à La Ciotat alors que vendredi c’était le marché de Gardanne qui était écumé. Au programme : distribution de tracts, signatures de pétition qui sera adressée aux députés européens et appel à la solidarité financière.

    « La doctrine Monroe encore plus agressive »

    Même principe dans le Var et Vaucluse où le Parti communiste français était présent en force : un rassemblement samedi à Avignon et une collecte de médicaments à Toulon, Draguignan et Cogolin. « Le but c’est d’alerter la population et interpeller, pour qu’il y ait une mobilisation ici, qui fasse pression sur notre gouvernement et que lui-même fasse pression sur Trump », martèle Brigitte Cazon. D’autant qu’entre le Venezuela et l’Iran, les interventions américaines récentes ne sont pas de nature à rassurer les militants. « La politique américaine a pris un tournant dangereux, avec un risque de retour de 50 ans en arrière pour l’Amérique latine, c’est une doctrine Monroe encore plus agressive », analyse Jean-Marie Paoli, président de France Amérique Latine Bouches-du-Rhône. Et « des drames humains comme conséquence », conclut Nicole Giraudi.

  • [Entretien] Nadia Mateu : « La solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole »

    [Entretien] Nadia Mateu : « La solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole »

    La Marseillaise : Le blocus imposé par les USA à Cuba a 64 ans et malgré d’immenses difficultés, Cuba a résisté. Qu’est-ce qui a changé avec l’arrivée de Trump ?

    Nadia Mateu : Il a remis Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme et fait voter des lois extraterritoriales illégitimes qui durcissent le blocus en empêchant les pays et les entreprises de tous les pays de commercer avec Cuba et notamment de lui livrer du pétrole. Avec la menace de pénalités importantes.

    De très nombreuses résolutions de l’ONU ont pourtant demandé la levée du blocus.

    N.M. : Depuis 33 ans, l’ONU vote cette levée, à l’exception de deux pays : les USA et Israël. L’Ukraine les a rejoints en 2025 mais on comprend que comme pour les sept pays qui se sont abstenus, c’est en raison de l’emprise des États-Unis.

    Avez-vous des témoignages précis des conséquences de cette politique sur la population ?

    N.M. : Des Français qui ont participé à des brigades à Cuba – c’est une aide à des travaux agricoles, ou divers, mais surtout une possibilité de rencontre avec des Cubains – viennent d’en revenir. Ils disent que c’est très dur. Des coupures d’une heure ou deux d’électricité existaient, maintenant c’est passé à 18 heures, voire des journées entières. Et donc des ruptures de la chaîne du froid, plus aucun moyen de locomotion, pénurie de médicaments, plus rien dans les magasins… Dans les campagnes ils en reviennent à la charrue et aux bœufs, beaucoup d’enfants ne peuvent plus aller à l’école. Il y a des milliers de personnes qui attendent de se faire opérer, des femmes enceintes qui se demandent ce qu’il se passera s’il y a complication…

    Cuba reçoit malgré tout des aides, même insuffisantes ?

    N.M. : Oui la Chine envoie des panneaux photovoltaïques, le Mexique est en train de faire des collectes. Et les flottilles internationales qui apportent de la nourriture et des médicaments partent beaucoup du Mexique.

    France Cuba aide également ?

    N.M. : Nous avons essayé d’envoyer de l’argent mais on est bloqués par les banques [puisque les USA empêchent Cuba de participer au système financier international, Ndlr], donc on remplit des containers. L’un est parti en décembre, un autre doit partir avant l’été. Ils contiennent du petit matériel médical (seringues, pansements, attelles… et même des lunettes) et du matériel plus important (lits médicalisés, fauteuils roulants, béquilles), mais aussi des vélos, de l’argent pour acheter de la nourriture. Et surtout on essaie d’informer, de briser le silence.

    Malgré tout Cuba envoie toujours des médecins à l’étranger ?

    N.M. : Oui dans les pays qui en ont besoin. 22 000 médecins mais aussi des brigades médicales dans plus de 160 pays. En Calabre par exemple il y a eu des pressions énormes sur le gouvernement italien pour qu’ils expulsent les médecins cubains. La Région de Calabre a refusé.

    Que peut-on faire pour aider ?

    N.M. : On peut participer aux collectes** de France Cuba, de Solidarité cuba et Cuba coopération qui sont sur Montpellier mais il faut aussi interpeller nos élus pour qu’ils interpellent à leur tour l’État français. Qui a voté la fin du blocus. Point. Or la solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole. Elle doit être concrète et efficace. Les 10, 11 et 12 avril, il y a un appel national à faire de ce week-end un moment de solidarité. Le 12 nous tenons notre assemblée générale à Béziers. Le 11 il y aura un rassemblement de soutien à Béziers*. Il y a besoin de beaucoup de monde parce que malgré toutes ces contraintes, les Cubains gardent la tête haute. La stratégie de Trump, c’est d’asphyxier ce pays et que les Cubains se révoltent. Les copains revenus de Cuba disent que la population n’en peut plus mais qu’elle ne remet pas en question le système, par contre elle veut manger et vivre.

    Entretien réalisé par Annie Menras

    * 11h sur le parvis du théâtre à Béziers.

    ** Dons financiers 06.38.83.53.20 France Cuba Hérault .

  • Aix-en-Provence : mobilisation pour sauver une maternelle

    Aix-en-Provence : mobilisation pour sauver une maternelle

    Comme depuis plusieurs jours. Inquiets d’une potentielle fermeture de l’école du centre-ville d’Aix, les parents se sont réunis en collectif et lancent une pétition, qui a déjà récolté plus de 700 signatures. « Les inscriptions en petite section seront enlevées dès la rentrée 2026, explique Amandine Molla, représentante des parents. Il ne restera donc plus qu’une classe sur deux. » Laissant penser à une fermeture définitive, dans les années proches. Les parents, ont été soutenus par trois élus du groupe d’opposition de gauche Aix Avenir, et une délégation de la Ville.

  • Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    C’est une crise sans précédent. La première semaine du mois d’avril, environ 50% de la flottille méditerranéenne n’est pas sortie en mer à cause de la montée des prix du gazole professionnel, selon le comité des pêches d’Occitanie. Son président, Bernard Perez, est consterné : « Nous n’avons jamais connu ça auparavant. L’augmentation du prix du gazole fait perdre environ 375 euros par semaine à chaque marin. »

    En février, le prix au litre du gazole de pêche était de 60 centimes. Avec les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, il est monté à 87 centimes le litre en mars, avant de dépasser 1,10 euro le litre au mois d’avril. Face à cette flambée des prix, les pêcheurs de Méditerranée s’étaient réunis une première fois à Sète le mercredi 1er avril et avaient décidé collectivement de lancer une grève illimitée à partir du 7 avril. Une décision finalement annulée dès le week-end suivant : « Nous avons finalement décidé de repousser l’idée d’une grève dans l’intérêt général, explique Bernard Perez. D’abord, parce que certains bateaux peuvent encore continuer d’aller à la mer pour l’instant et il ne faut pas les empêcher de travailler. Deuxièmement, parce que c’est une question de souveraineté alimentaire : la population doit pouvoir se fournir en poisson frais au quotidien. Or, le prix du gazole risque de continuer d’augmenter et nous sommes face à un risque de pénurie, donc il faut continuer d’aller en mer tant qu’on le peut. » Si la grève est annulée, le combat ne s’arrête pas pour autant : le président du comité des pêches d’Occitanie affirme qu’un courrier a été envoyé pour demander une rencontre avec la ministre de la pêche, Catherine Chabaud.

    Vendredi 27 mars, la ministre avait annoncé débloquer une enveloppe totale de 5 millions d’euros en soutien aux pêcheurs français, qui doivent bénéficier d’une aide de 20 centimes par litre de gazole marin, via un remboursement sur présentation des factures. Un geste considéré comme insuffisant pour beaucoup d’entre eux, qui prévoient déjà une nouvelle réunion en cette fin de semaine.

    Travail à perte

    Jean-Marie Nouguier est patron d’un chalutier de 25 mètres à Agde, sur lequel il emploie quatre marins. « Lors de la semaine sainte, je ne suis pratiquement pas allé en mer, se désole-t-il. En temps normal, un bateau comme le mien doit travailler une journée ou une journée et demie pour payer le carburant sur cinq jours. Avec les prix qui ont augmenté, je me retrouve à devoir travailler plus de trois jours pour payer le carburant. Mon entreprise perd de l’argent et ma trésorerie fond. »

    Comme beaucoup de ses confrères, le pêcheur fait le constat qu’avec des prix du carburant aussi élevés, ce n’est pas la peine de sortir en mer. Pour la deuxième semaine d’avril, il a ainsi été contraint de naviguer sans refaire le plein, en finissant la cuve qu’il avait renflouée quand le gazole marin était (déjà) à 95 centimes le litre. « Je dois payer mon équipage et ça ne va plus être possible si les prix ne baissent pas de nouveau très rapidement, poursuit-il. Je dois avancer les salaires de mes marins grâce aux aides que je reçois. J’ai honte, je ne sais même pas quoi leur dire. » L’un des membres de l’équipage doit bientôt prendre sa retraite et alors que le secteur peine déjà à recruter, Jean-Marie Nouguier s’inquiète aussi de ne pas réussir à le remplacer dans ces conditions.

  • La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    « Dans les Bouches-du-Rhône, plus de la moitié des salariés travaillent hors de leur commune. Le carburant n’est pas un choix, c’est une nécessité pour vivre et travailler. Chaque hausse est donc une attaque directe contre leur pouvoir d’achat. » C’est l’alerte lancée par l’UD CGT 13 dans le cadre d’un appel à la mobilisation, ce jeudi à 18 heures, autour de la hausse des prix des carburants depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    « 24 milliards de profits »

    L’organisation syndicale dénonce notamment une « spéculation » pour essence, diesel et autres produits pétroliers pétrole, en lien avec ces « tensions géostratégiques ». « Dans notre département, la plateforme pétrochimique de Lavéra génère près de 5 millions d’euros supplémentaires de profits par jour depuis le début du conflit ! », prend pour exemple l’UD CGT. Avant de pointer plus globalement « 24 milliards d’euros de profits supplémentaires pour les raffineurs et distributeurs, avec, pour les grands groupes pétroliers et pétrochimiques, une explosion de leurs profits ».

    D’où le rassemblement afin de revendiquer « l’augmentation générale des salaires, l’encadrement des prix de l’énergie et la taxation des superprofits liés aux crises ». Et surtout montrer « le refus que les salariés paient pendant que d’autres s’enrichissent ». « Ce que les salariés, retraités, et précaires perdent à la pompe, les multinationales le gagnent en profits. La guerre et les crises servent de prétexte à l’enrichissement d’une minorité », martèle l’Union Départementale.

  • À Gardanne, ils se mobilisent contre la loi Yadan

    À Gardanne, ils se mobilisent contre la loi Yadan

    Visant à « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », la loi Yadan, qui doit être présentée à l’Assemblée nationale le 16 avril, suscite des oppositions. Ce mardi 7 avril, à l’appel du PCF de Gardanne, le Collectif Aixois en soutien au peuple palestinien et libanais (SAP) a organisé une veillée pour la Palestine, et manifestait, à cette occasion, son opposition au texte. Un moment « solennel », assure Morgan Hamdan, coresponsable du SAP, alors que les prises de paroles sur la loi Yadan et le « génocide à Gaza et sur les massacres au Liban par les forces d’occupation israéliennes », se sont succédées. Selon les militants PCF sur place, une soixantaine de personnes ont participé au rassemblement. À cette occasion Morgan Hamdan rappelle qu’une lettre ouverte, cosignée, entre autres, par le SAP, les Jeunes communistes des Bouches-du-Rhône, les Jeunes insoumis d’Aix, l’Union étudiante Aix-Marseille et l’association France Palestine Solidarité, appellent Marc Pena (PS), député des Bouches-du-Rhône, à voter contre cette loi qui « cherche à faire taire la critique d’un état génocidaire et apartheidaire au moment précis ou ce débat est le plus nécessaire », indique cette lettre.

  • Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Pour soutenir Jérôme*, salarié de l’Institut Saint-Ange convoqué pour un entretien en vue d’un licenciement, un peu moins d’une quarantaine de personnes étaient rassemblées devant l’établissement ce mardi 7 avril, à Avignon.

    Convoqué à 12h30 par sa direction sur place, il ne travaillait plus depuis 15 jours, tout en étant payé sans savoir la raison de cette décision. « Les faits reprochés sont en fin de compte une insuffisance professionnelle », explique Jérémy Borne, délégué syndical CGT de la structure, également présent lors du rendez-vous.

    Pas d’alertes

    « Son travail n’a fait l’objet d’aucune remarque particulière jusqu’à ce jour », avance dans un tract le syndicat. « Il n’y avait pas vraiment de difficultés majeures dans les missions courantes. Le salarié assure aussi qu’il n’a jamais reçu sa fiche de poste, donc il ne connaissait pas vraiment le périmètre de son travail », poursuit le responsable syndical. Si licenciement il y a, celui-ci sera contesté, « mais on va essayer de ne pas aller aux prud’hommes », explique Jérémy Borne. Le délégué CGT estime « qu’il y aurait dû y avoir une gradation », car le concerné n’avait « pas eu d’alertes ni fait de fautes graves ».

    Tout en concédant qu’il n’y a rien d’illégal dans la procédure, des membres de la CGT pointent une « méthode peu humaine ». Toujours dans le même tract, le syndicat note également que cette situation intervient après le renvoi de salariés sur d’autres sites gérés par l’association Fouque. « Cela interpelle sur les méthodes et le climat de travail dans tous les établissements de notre association », glisse la CGT. Contactée par La Marseillaise, l’association Fouque n’a pas répondu à nos sollicitations.

    *Prénom modifié