Tag: mobilisation

  • Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    « Les dysfonctionnements du réseau paralysent l’ensemble des missions quotidiennes des personnels », alertent, dans un communiqué commun, les représentants des sections locales CGT, SUD et Unsa du lycée Jean-Moulin, à Béziers. « Certains collègues des filières professionnelles ne peuvent littéralement plus assurer leurs cours. »

    Si les syndicats de l’établissement sont aujourd’hui désemparés, c’est notamment car l’un de leurs principaux outils de travail, les ordinateurs sont d’une vétusté si avancée que le travail des enseignants en devient impossible. Des « machines vieillissantes, toujours sous Windows 7 — système abandonné par Microsoft depuis janvier 2020 », utilisées quotidiennement pour des tâches allant de la notation des présences et absences des élèves à la communication aux familles, ou encore à la projection de cours dans les salles de classe. Des machines frappées par un virus informatique qui rend ces simples tâches impossibles à réaliser.

    Une rénovation

    qui se fait désirer

    « Entre la vétusté, la problématique des mises à jour, l’accès aux drivers sur les applications, l’accès aux drivers sur les imprimantes par exemple, les professeurs ne peuvent même plus imprimer, ils ne peuvent plus utiliser les ordinateurs pour projeter en classe », développe Maxime Barbazange, représentant de l’UL CGT de Béziers et salarié de l’Éducation nationale. Il prend la parole pour dénoncer une situation qui rend le travail de ses collègues très compliqué et s’étonne de la réaction de la direction de l’établissement qui, après avoir reçu les plaintes du corps enseignant, aurait proposé aux professeurs en guise de solution d’apporter leurs ordinateurs personnels. « On est des fonctionnaires d’État, on doit avoir du matériel pour bosser », assène-t-il.

    Dans un article publié dans Midi Libre, la direction de l’établissement a appelé à la patience. Une réponse qui peine à convaincre le personnel éducatif dont la moitié du parc informatique est inutilisable depuis la rentrée des vacances de printemps. Que ce soit au niveau des bâtiments ou du matériel informatique, Maxime Barbazange rappelle que « la Région est en retard sur la rénovation », bien que la direction se targue de l’avancement de cette dernière.

    Les sections locales CGT, SUD et Unsa de l’établissement rappellent également que « le lycée Jean-Moulin accueille des élèves dont le niveau de vie figure parmi les plus faibles de France. Ce sont précisément ces jeunes, ceux qui n’ont pas les moyens de pallier par eux-mêmes les défaillances de l’institution, qui pâtissent le plus de l’absence d’outils numériques fonctionnels, de locaux dégradés et d’une infrastructure vétuste. » Les quelque 3 000 élèves de l’établissement, actuellement en période d’examens du baccalauréat, ont passé les épreuves dans des salles de classe à 34 degrés, « dans des conditions déplorables », s’inquiète le dirigeant syndical.

    C’est pourquoi les syndicats accompagnent leur communiqué de plusieurs revendications pour permettre à tous de réussir à travailler et à étudier dans de bonnes conditions, à savoir le remplacement des machines sous Windows 7 par des équipements sous système d’exploitation maintenu et sécurisé, un plan de rénovation complet et chiffré pour l’ensemble des locaux dégradés, avec « calendrier contraignant », ou encore de pouvoir échanger avec les élus régionaux au sujet de la situation de ce lycée qui scolarise une grande partie des élèves du Biterrois.

    Sans réponse concrète, les enseignants mobilisés se réservent le droit d’amplifier leur mobilisation.

  • Recherche publique réclame crédits désespérément

    Recherche publique réclame crédits désespérément

    Une austérité qui pèse lourd sur la recherche publique. Dans le cadre d’un mouvement national en intersyndicale CGT-FSU-CFDT-Unsa-Sud, le SNTRS-CGT Provence Corse manifeste le jeudi 11 juin place Général de Gaulle. Les personnels des établissements publics de recherche, de type CNRS, Inserm, IRD, Inria… dénoncent une réduction comme peau de chagrin des moyens alloués.

    « Depuis 2024, dans la réalisation de la loi de finances, il y a le budget initial et les budgets rectificatifs. Et de manière récurrente, il y a des suppressions, des annulations de crédit qui ont conduit, par exemple, cette année, comme l’année dernière à un certain nombre de problèmes », explique Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS-CGT Provence Corse. Chimiste au CNRS à Marseille, il raconte le manque de visibilité. Selon lui, les laboratoires pourraient être obligés de piocher sur leurs fonds propres, consacrés en priorité aux achats ou réparations d’équipements. « Des appareils pour mon labo à 300 000 euros par exemple. La moindre panne, c’est plusieurs dizaines de milliers d’euros », détaille-t-il.

    Les vannes ouvertes pour le crédit impôt recherche

    Une alerte d’autant plus grave qu’une partie des fonds de roulement ont déjà été amputés. Dans la ligne de mire de Bercy, « des réserves budgétaires pour le paiement des salaires, notamment aussi pour les CET, les comptes d’épargne temps » où l’employeur « a l’obligation d’épargner les crédits correspondants à l’indemnisation que représentent ces jours », ajoute le responsable syndical. Il s’inquiète également de la volonté affichée du gouvernement d’économiser un milliard d’euros sur les services publics, « comme si on était des dépenses à perte », s’indigne Didier Gori.

    Sur le budget 2026, 35,5 millions d’euros de crédits d’économie sont imposés « au programme 150, pour le financement des universités » et 62,2 millions « sur le programme 172 qui concerne les EPST [Établissement public à caractère scientifique et technologique, Ndlr.] donc justement nous, les principaux organismes qu’on a sur la région Provence », poursuit-il. Dans le même temps, il déplore le manque de contrôle des sommes allouées aux entreprises dans le cadre du crédit impôt recherche. « Nous, nos crédits nous sont attribués sur la base d’une évaluation, tous les 5 ans et c’est normal mais sur cet argent public là il n’y a aucun contrôle, c’est un effet d’aubaine. »

    La CGT réclame notamment le respect de l’accord de Lisbonne, qui prévoit au niveau européen que les États, investissent 3% de leur PIB. « En France, on n’y est pas du tout », assure Didier Gori. Si les « chiffres ne sont pas très clairs en ce moment », nuance-t-il, « on serait en dessous de 0,7%, voire 0,6%. » Au point qu’au rang des performances internationales, le pays commencerait à régresser. Inacceptable pour les syndicats.

  • Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    L’avenir des sites industriels de Fibre Excellence, dont celui de Tarascon et des « 10 700 emplois directs et indirects », « est suspendu à plusieurs décisions relevant directement ou indirectement de l’État », écrivent les trois secrétaires généraux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi que les présidents des régions Occitanie et Sud et de la Métropole de Rouen, dans une lettre commune adressée au premier ministre Sébastien Lecornu.

    L’entreprise, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier par le tribunal de commerce de Toulouse fait face à plusieurs difficultés majeures qui hypothèquent sa reprise, par la seule et unique offre déposée à ce jour par les dirigeants de l’entreprise. Ils se sont d’ores et déjà engagés « à reprendre l’intégralité des actifs et des salariés » a annoncé la direction du groupe qui emploi 670 salarié sur les sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne.

    Reste que « la revalorisation de 20% du contrat énergie biomasse », « la sécurisation de l’approvisionnement en bois », « l’accompagnement financier des projets industriels de reprise » ou encore « la sécurisation des modalités de reprises des actifs » sont autant d’engagements attendus et exigés de l’État, écrivent les signataires.

    10 700 emplois

    dans la balance

    Et de préciser que « des industriels contactés et intéressés pour participer à un pool de financeurs attentent de votre part la levée de ces clauses pour s’engager pleinement. (…) C’est pourquoi nous vous demandons de formaliser urgemment une lettre d’engagement indispensable pour que les administrateurs judiciaires puissent sécuriser la solution de reprise et éviter la liquidation », résument les représentants syndicaux et élus dans cette même missive.

    Si le premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas lui même répondu à cette interpellation, la question a été abordée ce mercredi, à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement est-il prêt à prendre ces engagements écrits ? », a lancé Edouard Bénard, le député communiste de Seine-Maritime après avoir rappelé les principales demandes rappelées par les signataires du courrier.

    « Tout ne peut pas reposer sur l’État »

    C’est « un sujet qui m’occupe plus que quotidiennement », a lancé Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, considérant que « l’État a tout mis en œuvre » pour sauver l’entreprise, et de lister : « Un arbitrage pour l’augmentation de 20% du rachat de l’électricité, 150 millions d’euros pour la modernisation de l’entreprise et 75 millions d’euros pour les dettes. » Pour autant, « j’ai eu droit à un investisseur qui a fermé la porte », rappelle le ministre. En effet, au lendemain de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise, le propriétaire et actionnaire principal de Fibre Excellence avait refusé tout net de mettre la main à la poche. Aussi, « moi, maintenant, je veux un investisseur industriel, tout ne peut pas reposer sur l’État », tance le ministre. Et il reste une semaine, tout juste, pour résoudre cette quadrature du cercle.

  • [Entretien] Francis Fournier : « Nous sommes inquiets pour le service postal »

    [Entretien] Francis Fournier : « Nous sommes inquiets pour le service postal »

    La Marseillaise : Pour quelle raison vous réunissez-vous à nouveau ?

    Francis Fournier : Nous l’avons décidé car notre maire Gaby Charroux a été averti il y a un peu plus d’un mois par la direction de La Poste que le bureau de Ferrières serait totalement fermé les trois premières semaines d’août. Mais aussi, que le bureau de Jonquières serait fermé pendant toutes les vacances scolaires entre midi et 14h. En clair : La Poste ne remplacera pas les congés estivaux des travailleurs. Nous avons évidemment été reçus par le maire et nous lui avons suggéré de demander une audience auprès de la nouvelle direction des établissements de La Poste de Martigues. Et nous avons bien l’impression que pour l’instant, cette demande est restée lettre morte.

    Quels sont vos plans de mobilisation en réaction ?

    F.F. : Il est clair qu’on ne va pas mener une bagarre du même niveau que lors de l’annonce de la fermeture totale annoncée du bureau de Ferrières. Mais quand même ! On a pu observer quelques fermetures intempestives du bureau de La Couronne, et on sait qu’à Croix-Sainte le bureau sera fermé tous les mercredis à partir de septembre. On le sait bien malgré le fait que nous savons que la direction de La Poste ne donne plus aucune info aux organisations syndicales et à leurs délégués.

    Le contexte est-il si tendu que cela à Martigues ?

    F.F. : Les inquiétudes sont nombreuses pour le service public postal ! Je rappelle que la distribution des colis à Notre-Dame-des-Marins est interrompue depuis des années, et que les habitants doivent aller les retirer au Carré pro du bureau de Ferrières. Comment vont-ils faire en août ? La distribution du courrier avait aussi été interrompue pendant plusieurs mois à l’été 2025. Nous avons aussi des inquiétudes pour la Plateforme industrielle courrier de Vitrolles [PIC, Ndlr] qui pourraît être supprimée et le tri déplacé à Montpellier. Sur la Côte bleue, ça va être la roulette russe des fermetures cet été également. Tout ça contribue à habituer les gens à ne plus aller à La Poste et à justifier des fermetures au prétexte de la baisse de fréquentation. Alors si cette fermeture estivale à Ferrières a bien lieu, elle ne passera pas comme une lettre à la poste. Nous avons besoin d’être nombreux et de bien structurer notre lutte qui a déjà été victorieuse une fois. On sait faire et nous saurons être à nouveau un îlot de résistance.

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    « La direction de Decathlon ne veut rien nous donner alors que tous les chiffres sont au vert. » Abdallah Draoui, délégué syndical CFDT de l’entrepôt des Aiguilles à Ensuès-la-Redonne, résume l’amertume des salariés en ce jour de grève de lundi. Après un premier round côté commercial samedi (notre édition du 8/06), les logisticiens de l’enseigne sportive prennent le relais de l’appel intersyndical à la mobilisation, notamment à la grève et au débrayage.

    Le piquet de ce lundi matin rassemble une trentaine de grévistes, avant que les syndicalistes n’aient fait le tour de l’entrepôt. Les poids lourds sont arrêtés au portail, pendant une quinzaine de minutes. Une action symbolique pour une cause bien réelle : celle des salaires. « La direction a refusé de répercuter l’augmentation du Smic », selon Abdallah Draoui, ce qui était pourtant auparavant de mise proportionnellement sur la grille des salaires. « Déjà qu’on n’a rien eu aux négociations annuelles obligatoires [NAO, Ndlr], en plus on nous prive de la hausse du Smic et on n’a même pas un euro de ticket restau », abonde Laurent Curti, délégué syndical CGT du site.

    Une exception est à noter : « On a eu un jour de congé payé et un dispositif mobilité verte, mais on n’a pas de voiture électrique et on ne covoiture pas », pointe le syndicaliste, railleur. Son confrère de la CFDT rapporte qu’en face « la direction est en avance de 80 millions d’euros sur sa trajectoire et que bientôt les actionnaires vont se virer encore 900 millions d’euros ». Laurent Curti rappelle les autres chiffres : 1,4 milliard d’euros, 412 millions ou encore 605 millions sur les dernières années.

    « On n’y arrive pas »

    Le pouvoir d’achat face à l’inflation n’est pas la seule bataille. « Le Smic a été la goutte d’eau, mais les conditions de travail sont également déplorables », tance Angélique Geraci, de la CFTC du site des Aiguilles. La syndicaliste parle « de plus en plus de charge de travail pour des objectifs qui sont inatteignables. On ouvre déjà 24 heures sur 24 pour livrer 70 magasins et on n’y arrive pas quand on nous demande de traiter une commande de l’un d’eux en 24 heures » au lieu de 48. Les primes, liées au chiffre d’affaires, en pâtissent : « On n’y arrive juste pas, et les primes trimestrielles ont le même calcul. »

    Mais cette marche forcée est censée être justifiée par l’assistance de la technologie. « Ils ont investi 20 millions d’euros dans la mécanisation », remarque Abdallah Draoui. « Mais ce n’est pas encore au point pour marcher comme ils l’espéraient », complète Laurent Curti. Un matériel qui nécessite une astreinte de techniciens de maintenance du prestataire.

    Mais la logique du « travailler plus pour gagner plus » rapportée par Abdallah Draoui trouve ses limites. « Seule la suractivité paye à 150% du salaire. Mais la direction planifie à l’avance et on n’a plus que quelques heures ici et là », pointe Laurent Curti, quand Frédéric Pellier de FO rappelle qu’« il n’y a pas de majoration le dimanche ».

    Contactée, la direction de Decathlon assure du « maintien d’un dialogue social régulier, constructif et continu. L’entreprise reste à l’écoute de l’ensemble de ses collaborateurs au quotidien. »

    En face, 80 revendications restent non satisfaites.

  • La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    J’ai une très mauvaise nouvelle pour Patrick Martin et Sébastien Lecornu : nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés ! ». Tout juste réélue comme secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a chauffé à blanc les plus de 1 000 militants qui étaient réunis ce vendredi à Tours pour la conclusion du 54e congrès de l’organisation.

    Sous un tonnerre d’applaudissements et devant un parterre de drapeaux rouges, la syndicaliste a renvoyé l’image d’une CGT renforcée à l’issue de 5 jours de débats. « Ensemble nous avons participé à un congrès qui fera date. La CGT est debout, rassemblée, déterminée », martèle-t-elle lors d’un discours de clôture enflammé. Élue en 2023 au terme d’un 53e congrès pour le moins houleux et marqué par de fortes dissensions, Sophie Binet avait un « mandat de rassemblement » et entend bien faire savoir que l’objectif est atteint : « Ce n’était pas un mandat comme les autres mais le travail que nous avons conduit nous a permis de rassembler l’organisation ». Elle cite le vote sur le bilan d’activités, jauge d’appréciation du travail de la direction sortante, qui a été « voté à 82% ». « C’est la première fois qu’on atteint ce niveau de vote depuis 2013 », développe-t-elle en conférence de presse dans la foulée de son discours.

    Forte d’une stratégie pour les années à venir également largement validée par les congressistes (75% de votes favorables), Sophie Binet a envoyé une série de messages à l’égard des ennemis du monde du travail. Elle tacle « tous les rats qui veulent nous museler » et prévient : « Nous avons décidé d’un plan de bataille clair, nous avons adopté des orientations fortes. […] Ce congrès restera historique par ses décisions ».

    Des « enjeux structurels » entérinés

    En effet, les congressistes se sont accordés sur plusieurs « enjeux structurels » pour l’organisation. « On s’est doté d’un outil opérationnel pour lutter contre les déserts syndicaux avec les syndicats professionnels de territoire. Et d’une stratégie vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) pour progresser dans les entreprises du CAC 40 où l’on a un défi d’implantation », rappelle Sophie Binet, citant également « la construction de notre maison commune avec la FSU ». Si elle regrette tout de même des « petits rebondissements » lors du congrès, avec un envahissement de la tribune et des discussions parfois vives, l’essentiel n’est pas là pour la secrétaire générale. Elle loue « un congrès historique car il était profondément politique ». La syndicaliste revient évidemment sur « l’internationale ouvrière contre l’extrême droite » impulsée par la CGT via un meeting rassemblant « 109 syndicalistes venus de 71 pays différents ». Et dans la même veine, les prises de position contre l’extrême droite en France à moins d’un an des élections présidentielles (lire nos articles du 02/06 et 03/06). « On ne gagne pas contre l’extrême droite sans perspectives sociales. La recette du Front Populaire dont on fête les 90 ans c’est unité, mobilisation, alternative sociale. Voilà ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour », tempête Sophie Binet. Laquelle entend bien que son organisation « se mêle des présidentielles » : « Nous avons fait de la défense de la sécurité sociale et des services publics une bataille stratégique pour les années qui viennent, notamment dans le cadre du débat présidentiel ». Une bataille peut-être victorieuse grâce à l’envie de « mieux coordonner nos luttes ».

    Autre grande victoire : « L’annexion à nos statuts de notre cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles ». Une décision bien plus que symbolique puisqu’elle concrétise « le féminisme de lutte des classes de la CGT » pour Sophie Binet. « Le deuxième message politique de notre congrès est sur l’égalité femmes-hommes », insiste-t-elle. De quoi lui faire hausser le ton : « Ce sont de mauvaises nouvelles pour ceux qui rêvent d’une CGT affaiblie. Nous avons mangé du lion ». Le patronat n’a qu’à bien se tenir.

    « Ce congrès restera historique par ses décisions »

  • Aurore Bergé au chevet des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé au chevet des femmes victimes de violences

    Avenue Monclar à Avignon, à gauche de la petite cour où se trouvent la maison commune Ouest et un commissariat de police, un nouveau venu a reçu la visite de la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes Aurore Bergé (Ren), à savoir l’Association pour l’hébergement, l’accueil et la réinsertion en Provence (Aharp).

    Une visite pour inaugurer ces nouveaux locaux, mis à disposition par la mairie d’Avignon, qui vont permettre à la structure un meilleur accueil des femmes victimes de violences conjugales, sexuelles ou psychologiques. « On se trouvait avant au dernier étage d’un immeuble sans ascenseur. C’était impossible de venir pour une femme à mobilité réduite, par exemple. Là, on a un ascenseur », se réjouit le directeur de l’Aharp, Benoît Filist. La proximité avec les services de la mairie et du commissariat est également un autre avantage.

    Cela fait désormais un mois que la structure peut accueillir les femmes dans ce bâtiment. Un accueil qui est la première étape d’un parcours. Sur place, des assistantes sociales ou encore des psychologues conseillent les personnes qui se rendent dans l’enceinte. « Chaque femme peut trouver une réponse adaptée à sa situation. Les réponses aux violences faites aux femmes gagnent en efficacité lorsqu’elles reposent sur la coopération, la complémentarité et la mobilisation collective », témoigne Sylvie Martin, coprésidente de l’Aharp. Les femmes peuvent ensuite être orientées vers l’un des 26 appartements, dont les adresses sont confidentielles.

    Nouveaux dispositifs

    En fin de visite, la présidente de la structure associative a tenu à rappeler « que derrière chaque statistique se trouvent des visages, des histoires, des enfants parfois, malheureusement, et des femmes qui trouvent le courage de demander de l’aide après des mois et souvent des années de souffrance ».

    L’occasion pour la ministre macroniste de rappeler différentes évolutions que son gouvernement souhaite mener face aux violences et aux féminicides qui ne diminuent pas. En 2026, 43 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en France. La moitié de ces actes surviennent au moment de la séparation.

    Est évoquée comme nouveauté de ces dernières années la possibilité de porter plainte directement dans les hôpitaux. La ministre mentionne aussi sa volonté de mettre en place en Vaucluse « d’ici l’automne » le « pack nouveau départ », déjà expérimenté dans les Bouches-du-Rhône. Ce système met en collaboration la CAF et les services de l’État pour un accompagnement financier des femmes quittant un foyer en raison de violences. Pour autant, Aurore Bergé estime qu’il « est difficile d’identifier » ce qui ne marche pas, les chiffres ne baissant pas malgré les efforts. « Une femme victime de violences, c’est notre affaire aussi à nous. Et donc que les tiers réagissent, que les témoins, que les voisins, que les collègues, que les amis, que les membres de la famille ne se disent pas “ça va s’arranger” ou “ça ne me regarde pas”, ça nous regarde. Et si on arrive à changer cette culture-là, une culture très profondément ancrée, alors là, on arrivera à gagner sur la question des violences », conclut-elle.

    Infos et contact sur Aharp.fr ou au 07.50.15.00.53 ou au 30 rue Monclar, Avignon

    La ministre à Toulon vendredi

    La ministre poursuit ses visites dans la région à Toulon cet après-midi, elle se rendra à l’hôpital de Sainte-Musse où sera signée une convention permettant aux femmes victimes de violences de déposer plainte directement à l’hôpital ou de recueillir des preuves médico-légales sans dépôt de plainte immédiat. Un entretien avec Josée Massi, la maire (SE) de Toulon est également prévu.

  • 54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    Débats riches et de fond pour le vote du rapport d’activité, qui fait office de jauge du bilan de la direction sortante.

    Pour l’introduction aux débats, Nathalie Bazire, secrétaire confédérale, a vanté « trois années marquées par une forte amélioration de l’image de la CGT », de même que la réussite « de ne pas clôturer à la baisse de nos adhésions : le cap des 600 000 syndiqués a été franchi ». « L’analyse de la mobilisation contre la réforme des retraites nous a permis d’identifier les points d’appuis à préserver : l’unité et la proximité, mais aussi ce qui nous a manqué pour étendre la grève », a-t-elle développé. Avant de résumer : « Le cap était clair pour ce mandat, faire de la vie syndicale une priorité. »

    Un bilan largement salué par les interventions des délégués. Gaétan Lecocq, d’ArcelorMittal Dunkerque, comme Nicolas Bruel, de Fibre Excellence Saint-Gaudens, ont appuyé les orientations prises par la confédération dans le soutien aux industries. « La coordination entre la confédération, la fédération, les UD et les UL est déterminante. Nous croyons à l’avenir de nos sites », a résumé Nicolas Bruel. Même principe pour Jean-Michel Roccasalva, de la Centrale de Gardanne, louant le « retour de la confédération » dans la lutte à leurs côtés durant le mandat et rappelant que le développement d’un projet industriel par les salariés est « une victoire fruit de la convergence de lutte » et donc du processus enclenché à tous les niveaux de la CGT.

    Analyse tout autre pour Frédéric Alpozzo, pour la CGT des Marins de Marseille, qui a dénoncé « un problème de coordination des luttes entre fédérations pendant la réforme des retraites ! ». Avant d’appeler à « changer le fonctionnement de nos instances pour être au plus près des travailleurs en lutte ». Comme lui, seulement 18,64% des délégués ont voté contre ce bilan d’activité. Bien loin des 81,36% de voix favorables, qui représentent 414 347 voix sur les 543 855 délégués ayant participé au vote. Car les congressistes votaient « par mandat » pour ce scrutin, c’est-à-dire qu’un délégué vote pour plusieurs structures. Une majorité écrasante valide donc le bilan de Sophie Binet et de la direction sortante, à l’inverse du précédent et houleux congrès de Clermont-Ferrand, où le rapport d’activité avait été rejeté par les congressistes et avait donc fait office de désaveu pour la direction alors, sous la houlette de Philippe Martinez. « C’est la reconnaissance du travail effectué, cela fait très longtemps qu’on n’avait pas atteint des scores similaires. On revient à une culture du débat classique, on avait un mandat de rassemblement », se félicite Thomas Vacheron, secrétaire confédéral.

  • La CGT appelle à venir soutenir Galéoté et Cristalli

    La CGT appelle à venir soutenir Galéoté et Cristalli

    Accusés d’« abus de confiance » dans le cadre de la gestion des comptes du Comité social et économique (CSE) du Grand port maritime de Marseille, Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du GPMM, et Bernard Cristalli, ancien trésorier du Comité d’entreprise, seront fixé sur le sort que la justice leur réserve, lundi 1er juin.

    « Criminalisation

    de l’action syndicale »

    « Cette date doit être un moment fort de la solidarité et de la mobilisation pour toutes celles et ceux attachés aux libertés syndicales », lance l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, qui appelle à un rassemblement devant le Tribunal judiciaire à 8h, en soutien à leurs deux camarades contre lesquels ont notamment été requis, le 28 avril dernier, 18 mois de prison avec sursis et une peine d’inéligibilité de 5 ans.

    Aux yeux de la CGT, pas de doute. Cette pression judiciaire participe à la « criminalisation de l’action syndicale. En plus d’essayer d’affaiblir le syndicat CGT du GPMM et de Fluxel, cette attaque illustre la volonté du gouvernement et du patronat d’accélérer le démantèlement des activités industrielles, portuaires, et plus largement, le remodelage de notre département », alerte l’UD CGT 13. Comme le soulignait la semaine dernière Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, « on a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée […]. En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale ».