Tag: mobilisation

  • Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    C’est une crise sans précédent. La première semaine du mois d’avril, environ 50% de la flottille méditerranéenne n’est pas sortie en mer à cause de la montée des prix du gazole professionnel, selon le comité des pêches d’Occitanie. Son président, Bernard Perez, est consterné : « Nous n’avons jamais connu ça auparavant. L’augmentation du prix du gazole fait perdre environ 375 euros par semaine à chaque marin. »

    En février, le prix au litre du gazole de pêche était de 60 centimes. Avec les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, il est monté à 87 centimes le litre en mars, avant de dépasser 1,10 euro le litre au mois d’avril. Face à cette flambée des prix, les pêcheurs de Méditerranée s’étaient réunis une première fois à Sète le mercredi 1er avril et avaient décidé collectivement de lancer une grève illimitée à partir du 7 avril. Une décision finalement annulée dès le week-end suivant : « Nous avons finalement décidé de repousser l’idée d’une grève dans l’intérêt général, explique Bernard Perez. D’abord, parce que certains bateaux peuvent encore continuer d’aller à la mer pour l’instant et il ne faut pas les empêcher de travailler. Deuxièmement, parce que c’est une question de souveraineté alimentaire : la population doit pouvoir se fournir en poisson frais au quotidien. Or, le prix du gazole risque de continuer d’augmenter et nous sommes face à un risque de pénurie, donc il faut continuer d’aller en mer tant qu’on le peut. » Si la grève est annulée, le combat ne s’arrête pas pour autant : le président du comité des pêches d’Occitanie affirme qu’un courrier a été envoyé pour demander une rencontre avec la ministre de la pêche, Catherine Chabaud.

    Vendredi 27 mars, la ministre avait annoncé débloquer une enveloppe totale de 5 millions d’euros en soutien aux pêcheurs français, qui doivent bénéficier d’une aide de 20 centimes par litre de gazole marin, via un remboursement sur présentation des factures. Un geste considéré comme insuffisant pour beaucoup d’entre eux, qui prévoient déjà une nouvelle réunion en cette fin de semaine.

    Travail à perte

    Jean-Marie Nouguier est patron d’un chalutier de 25 mètres à Agde, sur lequel il emploie quatre marins. « Lors de la semaine sainte, je ne suis pratiquement pas allé en mer, se désole-t-il. En temps normal, un bateau comme le mien doit travailler une journée ou une journée et demie pour payer le carburant sur cinq jours. Avec les prix qui ont augmenté, je me retrouve à devoir travailler plus de trois jours pour payer le carburant. Mon entreprise perd de l’argent et ma trésorerie fond. »

    Comme beaucoup de ses confrères, le pêcheur fait le constat qu’avec des prix du carburant aussi élevés, ce n’est pas la peine de sortir en mer. Pour la deuxième semaine d’avril, il a ainsi été contraint de naviguer sans refaire le plein, en finissant la cuve qu’il avait renflouée quand le gazole marin était (déjà) à 95 centimes le litre. « Je dois payer mon équipage et ça ne va plus être possible si les prix ne baissent pas de nouveau très rapidement, poursuit-il. Je dois avancer les salaires de mes marins grâce aux aides que je reçois. J’ai honte, je ne sais même pas quoi leur dire. » L’un des membres de l’équipage doit bientôt prendre sa retraite et alors que le secteur peine déjà à recruter, Jean-Marie Nouguier s’inquiète aussi de ne pas réussir à le remplacer dans ces conditions.

  • La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    « Dans les Bouches-du-Rhône, plus de la moitié des salariés travaillent hors de leur commune. Le carburant n’est pas un choix, c’est une nécessité pour vivre et travailler. Chaque hausse est donc une attaque directe contre leur pouvoir d’achat. » C’est l’alerte lancée par l’UD CGT 13 dans le cadre d’un appel à la mobilisation, ce jeudi à 18 heures, autour de la hausse des prix des carburants depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    « 24 milliards de profits »

    L’organisation syndicale dénonce notamment une « spéculation » pour essence, diesel et autres produits pétroliers pétrole, en lien avec ces « tensions géostratégiques ». « Dans notre département, la plateforme pétrochimique de Lavéra génère près de 5 millions d’euros supplémentaires de profits par jour depuis le début du conflit ! », prend pour exemple l’UD CGT. Avant de pointer plus globalement « 24 milliards d’euros de profits supplémentaires pour les raffineurs et distributeurs, avec, pour les grands groupes pétroliers et pétrochimiques, une explosion de leurs profits ».

    D’où le rassemblement afin de revendiquer « l’augmentation générale des salaires, l’encadrement des prix de l’énergie et la taxation des superprofits liés aux crises ». Et surtout montrer « le refus que les salariés paient pendant que d’autres s’enrichissent ». « Ce que les salariés, retraités, et précaires perdent à la pompe, les multinationales le gagnent en profits. La guerre et les crises servent de prétexte à l’enrichissement d’une minorité », martèle l’Union Départementale.

  • À Gardanne, ils se mobilisent contre la loi Yadan

    À Gardanne, ils se mobilisent contre la loi Yadan

    Visant à « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », la loi Yadan, qui doit être présentée à l’Assemblée nationale le 16 avril, suscite des oppositions. Ce mardi 7 avril, à l’appel du PCF de Gardanne, le Collectif Aixois en soutien au peuple palestinien et libanais (SAP) a organisé une veillée pour la Palestine, et manifestait, à cette occasion, son opposition au texte. Un moment « solennel », assure Morgan Hamdan, coresponsable du SAP, alors que les prises de paroles sur la loi Yadan et le « génocide à Gaza et sur les massacres au Liban par les forces d’occupation israéliennes », se sont succédées. Selon les militants PCF sur place, une soixantaine de personnes ont participé au rassemblement. À cette occasion Morgan Hamdan rappelle qu’une lettre ouverte, cosignée, entre autres, par le SAP, les Jeunes communistes des Bouches-du-Rhône, les Jeunes insoumis d’Aix, l’Union étudiante Aix-Marseille et l’association France Palestine Solidarité, appellent Marc Pena (PS), député des Bouches-du-Rhône, à voter contre cette loi qui « cherche à faire taire la critique d’un état génocidaire et apartheidaire au moment précis ou ce débat est le plus nécessaire », indique cette lettre.

  • Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Pour soutenir Jérôme*, salarié de l’Institut Saint-Ange convoqué pour un entretien en vue d’un licenciement, un peu moins d’une quarantaine de personnes étaient rassemblées devant l’établissement ce mardi 7 avril, à Avignon.

    Convoqué à 12h30 par sa direction sur place, il ne travaillait plus depuis 15 jours, tout en étant payé sans savoir la raison de cette décision. « Les faits reprochés sont en fin de compte une insuffisance professionnelle », explique Jérémy Borne, délégué syndical CGT de la structure, également présent lors du rendez-vous.

    Pas d’alertes

    « Son travail n’a fait l’objet d’aucune remarque particulière jusqu’à ce jour », avance dans un tract le syndicat. « Il n’y avait pas vraiment de difficultés majeures dans les missions courantes. Le salarié assure aussi qu’il n’a jamais reçu sa fiche de poste, donc il ne connaissait pas vraiment le périmètre de son travail », poursuit le responsable syndical. Si licenciement il y a, celui-ci sera contesté, « mais on va essayer de ne pas aller aux prud’hommes », explique Jérémy Borne. Le délégué CGT estime « qu’il y aurait dû y avoir une gradation », car le concerné n’avait « pas eu d’alertes ni fait de fautes graves ».

    Tout en concédant qu’il n’y a rien d’illégal dans la procédure, des membres de la CGT pointent une « méthode peu humaine ». Toujours dans le même tract, le syndicat note également que cette situation intervient après le renvoi de salariés sur d’autres sites gérés par l’association Fouque. « Cela interpelle sur les méthodes et le climat de travail dans tous les établissements de notre association », glisse la CGT. Contactée par La Marseillaise, l’association Fouque n’a pas répondu à nos sollicitations.

    *Prénom modifié

  • Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    «  Nous voulons montrer à quoi ressemble une journée si on n’est pas là. » Ce mercredi, les ambulanciers privés se mobilisent sur l’ensemble du territoire national pour demander de meilleures conditions de travail. Principale revendication : une revalorisation de leurs tarifs par le gouvernement, pour suivre l’inflation « qui touche notre matériel embarqué, l’oxygène, l’essence bien sûr, mais aussi les salaires », justifie Johan Cabrita, directeur général de Var Assistance, principal transporteur sanitaire du département, pour qui « il est inadmissible que nos salariés, qui ont des responsabilités lourdes, la vie des gens entre leurs mains, soient payés au Smic. Mais nous n’avons pas les moyens de les augmenter ».

    Ces tarifs restent bloqués à 150 euros le déplacement dans un rayon de 20 km, quand « ceux des pompiers, qui étaient à 124 euros en 2020, sont à 217 euros aujourd’hui », pointe Johan Cabrita. « On voudrait être revalorisés à 250 euros, ou au minimum au niveau des pompiers. Pourquoi n’aurait-on pas la même évolution qu’eux ? », s’interroge-t-il.

    « 33% de défaillances

    en plus depuis 2024 »

    Mais il ne s’agit pas des seules doléances des ambulanciers. Dans le viseur également, « des temps d’inactivité toujours plus importants dans les prises en charge hospitalières », à cause des actes administratifs délégués par les hôpitaux, qui n’ont plus le temps, faute de moyens, de les réaliser. « On perd 15 à 30 minutes alors que cela ne fait pas partie de nos prérogatives, et que la prise en charge totale du patient, du transport à la dépose, ne devrait prendre que 15 minutes en théorie », déplore l’ambulancier.

    Autre manque à gagner pour son entreprise, les factures non réglées par les hôpitaux : « Le GHT 83 (Groupement hospitalier de territoire du Var) nous doit plus d’1 million, cela fait un an que l’hôpital de Brignoles ne nous paye plus. On est obligé de prendre des crédits en trésorerie. » Et si Var Assistance et ses plus de 50 ans d’existence ont la « chance » d’être suivis par les banques, ce n’est pas forcément le cas de plus petites structures. « Il y a eu 33% de défaillances en plus depuis 2024, et les difficultés commencent à peine », met en garde Johan Cabrita.

    Ce mercredi, il ne s’agira pas pour les ambulanciers de « pénaliser les patients », qui seront pris en charge, surtout dans les cas d’urgence, vers les hôpitaux. Mais les sorties d’hôpitaux ne seront pas assurées avant 20h. « Une grosse majorité des entreprises varoises participent, sauf celles qui sont déjà en défaillance, pour qui c’est compliqué de se mobiliser », affirme le directeur général de Var Assistance, qui espère être reçu par l’ARS et le préfet, mais aussi par la Caisse nationale d’assurance maladie pour discuter d’une hausse des tarifs et d’un éventuel fonds d’indemnisation face aux aléas subis par les transporteurs sanitaires.

  • Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    « Plus d’une centaine de classes sont menacées dans le département, principalement à Marseille mais aussi à Aix, à La Bouilladisse ou Salon. Et si nous n’avons pas de chiffres sur les dotations globales horaires, de nombreux établissements, principalement des lycées sont impactés. » Pour Letizia Vignone, administratrice du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) qui se prépare à une audience avec le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale), ce mercredi 8 avril à Aix-en-Provence, la situation au sein de l’Éducation nationale s’est nettement dégradée, au détriment déjà des élèves.

    « Au lycée, cela veut dire concrètement des options en moins, des classes qui peuvent atteindre 30 à 35 élèves lorsqu’ils font des travaux pratiques, en SVT ou physique-chimie. Au collège, les classes dédoublées pour l’apprentissage du français sauteraient avec la coupe budgétaire » illustre-t-elle, espérant « grappiller » un maximum d’heures. Le MPE 13 compte également mettre la pression sur le préfet qui doit valider la carte scolaire et les dotations globales horaires cette semaine.

    À Aubagne, Jadran Svrdlin, professeur des écoles et syndiqué à la CGT Educ’action mesure déjà le manque de postes d’enseignant dans son école. « Depuis janvier, nous approchons les 130 journées non remplacées soit 2,7 à 2,8 absences par jour pour nos 9 classes », explique-t-il.

    « En mode dégradé permanent »

    Les élèves sur le carreau étant répartis sur les classes qui restent, « nous sommes en mode dégradé permanent. Le nombre de remplaçants affectés n’a pas changé depuis des années ». Raison principale pour laquelle il sera présent ce mercredi au rassemblement organisé devant le collège Lou Garlaban à 11h avec la CGT, le syndicat SUD mais aussi les associations de parents d’élèves. Une autre mobilisation étant prévue le vendredi à 16h30 devant l’école de la Tourtelle.

    De la primaire au secondaire, cet enseignement « dégradé » a de terribles conséquences pointe Jadran Svrdlin. Réformes injustes finalement avortées, annonces ministérielles intempestives, « on met en place des échéances couperet comme le brevet dont M. Attal faisait un préalable obligatoire au lycée », analyse-t-il, se souvenant aussi de l’expérience des groupes de niveaux que nombre d’enseignants ont refusé d’appliquer. Un « tri social » où « on élimine » estime-t-il, déplorant que les premières victimes soient les « enfants des classes populaires qui n’ont que l’école publique comme patrimoine ». La CGT Educ’action s’inquiète aussi dans un communiqué de la « mise à mal de l’école inclusive » avec un nombre d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) insuffisant, tout comme celui des personnels de Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté).

    À Marseille, le syndicat SUD Éducation 13 appelle aussi à un rassemblement devant la Chambre de commerce, sur la Canebière, ce mercredi à 17h30 « contre les coupes budgétaires imposées par l’Éducation nationale et la violente répression des lycéens ». Déjà devant l’école Leverrier (4e) ce mardi, après avoir appris la fermeture d’une classe la semaine dernière, les parents d’élèves ont déployé banderoles et mégaphones.

  • Au lycée Langevin à Martigues, une grève contre une école à deux vitesses

    Au lycée Langevin à Martigues, une grève contre une école à deux vitesses

    La mobilisation ne faiblit pas. Alors que « le budget alloué aux établissements scolaires ne cesse de baisser malgré des effectifs constants voire en hausse », au lycée Paul-Langevin, l’équipe pédagogique proteste en se relayant dans une grève tournante, les mardis et les jeudis. « On a perdu 4 heures d’enseignement par semaine en dix ans, contextualise Amélie Barbet, professeure de lettres modernes. C’est incessant, le temps d’exposition aux savoirs ne cesse de baisser et c’est dramatique ». Depuis 2013, le nombre d’heures accordé par élève a chuté de 18%.

    Sentiment d’injustice

    Concrètement, la baisse de la dotation globale horaire a entraîné « la fermeture des spécialités numérique et sciences informatiques, littérature étrangère en langue anglaise, langues et cultures de l’antiquité, alors qu’on était le dernier établissement de tout le bassin à la proposer », note Marina Reboul, pour le collectif Langevin en Lutte, dans une pétition qui a déjà reçu près de 1 000 signatures.

    « Ce sont de belles spécialités, qui ne sont certes pas très rentables aux yeux de nos chers dirigeants dans leur logique comptable, mais qui sont indispensables, s’émeut Amélie Barbet. On a aussi perdu la spécialité théâtre qui était un moment suspendu le mercredi après-midi et était très fréquentée. Il y avait aussi une classe prépa Sciences-po qui permettait d’ouvrir des perspectives, surtout dans un territoire éloigné comme celui de Martigues. On a l’impression d’être abandonnés, que tout est pour les élites urbaines ».

    L’enseignante déplore « une école à deux vitesses qui installe une espèce de dichotomie de plus en plus profonde entre enseignement privé et public » : « Il y a un grand sentiment d’injustice ».

  • La CGT milite pour rouvrir le site d’Orange à Saint-Mauront

    La CGT milite pour rouvrir le site d’Orange à Saint-Mauront

    Les idées de l’extrême droite ne sont jamais du côté des travailleurs », indique une banderole de la Fédération des activités postales et de télécommunications (Fapt) CGT, placardée sur un portillon du site de l’entreprise Orange, dans le quartier de Saint-Mauront, à Marseille. « Nos derniers échanges avec la direction datent de vendredi. Ils restent sur leur position avec la fermeture définitive du site et envisagent trois nouveaux lieux, à la Joliette et à la Tour La Marseillaise », indique Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms des Bouches-du-Rhône, à l’initiative d’un rassemblement, samedi 4 avril, pour la réouverture du site.

    Sur les 1 200 salariés qui y officiaient avant l’annonce de sa fermeture, début 2026, seule une trentaine de techniciens continuent de travailler sur place. Depuis cette date, « ils font venir les salariés du tertiaire, qui sont en télétravail, sur des sites de repli une fois par semaine, pour soi-disant maintenir la cohésion de groupe. Mais en réalité, tout le monde se plaint car ces sites ne sont pas adaptés », déplore le syndicaliste.

    La fermeture a été actée par l’entreprise de télécommunications, poussée par la médiatisation et l’instrumentalisation de faits de violence survenus à proximité du site fin 2025 : notamment de tirs à l’arme de poing sur la façade, fruit d’une lutte entre dealers. Un épisode qui ne visait pas du tout Orange ni ses salariés, comme la justice l’a tranché il y a une quinzaine de jours. Sans compter le fait qu’un sondage a révélé que « 60% des salariés veulent rester sur le site de Saint-Mauront », fait remarquer Guillaume Lamourette, secrétaire départemental CGT de la Fapt.

    Quartier encore délaissé

    « Si à chaque fois qu’il y a de l’insécurité, une entreprise ferme, il n’y en aura plus beaucoup d’ouvertes », estime Olivier Neri, qui ne peut que constater que cet événement « est tombé en plein pendant la campagne des élections municipales, où beaucoup de politiques sont venus se filmer ici ». Selon lui, la droite et surtout l’extrême droite se sont engouffrées dans ce jeu malsain pour « stigmatiser les quartiers populaires ». Aussi bien au mépris des salariés que des habitants, sans cesse relégués en marge de l’emploi et du lien social. Or, « Orange a une grande responsabilité dans le quartier ». Pas de quoi émouvoir la direction de l’entreprise, qui se refuse à tout commentaire sur ce point et répète que sa « priorité est la sécurité des salariés ». Pas de quoi, non plus, lever le doute selon lequel Orange aurait surfé sur la médiatisation des faits survenus sur le site de Saint-Mauront pour y réduire l’activité humaine à peau de chagrin. Afin d’y implanter des data-centers ? « On ne peut pas vous le confirmer », explique la direction à propos de ce site qu’elle juge « pérenne ».

  • À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    Huit heures ce jeudi, à Gardanne, quartier Biver. Le bruit des casseroles et les chants de mécontentement venant de petites foules de parents d’élèves réunis devant les portails de deux écoles de la commune se font entendre. La menace d’une fermeture de classes à Lucie-Aubrac et Paul-Cezanne (Biver), dans le cadre d’une reconfiguration de la carte scolaire, a suscité la colère des parents d’élèves. Mais aussi des jeunes concernés.

    « On est sur une proposition de fermeture de classe avec un comptage des effectifs sur les deux écoles élémentaires [Mistral et Cezanne, Ndlr]. Actuellement, il y a douze classes entre les deux sites, six d’un côté, six de l’autre. Ils veulent revenir à onze classes, avec un effectif d’une moyenne de 25 élèves par classe. Ce qui est acceptable, mais avec une moyenne de 23-24 d’un côté et une moyenne de 27-28 élèves de l’autre », a expliqué Ariane Bonnet, présidente de l’Association FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) Biver.

    Présent sur place, Antonio Mujica, adjoint au maire, a estimé : « On ne peut pas faire des préconisations en disant que 24 élèves est une moyenne et balayer ça ensuite. Nous ne sommes pas d’accord avec ça. »

    Un écrit « pour confirmer »

    Il rappelle que la nouvelle configuration de la carte scolaire inclut « une ouverture de classe », prévue à l’école Beaurecueil, dans le centre de Gardanne. Finalement, et contre toute attente, les parents ont obtenu gain de cause. La commission carte scolaire n’aurait pas voté la fermeture d’une classe à l’école Paul-Cezanne, selon la FCPE de Biver. « L’action commune, entre la mairie et les parents d’élèves, a fonctionné. Cela met en avant l’efficacité de l’action collective », a commenté, en fin de journée, la FCPE. De son côté, la mairie indique attendre un écrit « officiel, d’ici le début de la semaine prochaine, pour confirmer ces informations ». La Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), en revanche, n’a pas pu nous confirmer l’information.

    Devant le portail de l’école Lucie-Aubrac, le ton est monté aussi, jeudi matin. « On a stressé pour nos enfants, puisque les classes pourraient aller jusqu’à 29-30 enfants, ce qui nous paraît énorme avec 15 enfants notifiés MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) sur l’école », indique Audrey. « On pense aussi à nos enseignants : 30 élèves, ce n’est pas possible. Nos enfants ne sont pas dans un apprentissage correct, on perd l’école publique. Cette fermeture accompagne tout le monde, le personnel accompagnant aussi », ajoute Camille. L’évolution de la situation concernant la fermeture de classe à Lucie-Aubrac n’était pas connue au moment où nous écrivons ces lignes.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, ils refusent une fermeture de classe en maternelle

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, ils refusent une fermeture de classe en maternelle

    « On manifeste tout de suite parce qu’une fois que la décision sera prise de fermer la classe, ils ne pourront pas revenir dessus, ce sera trop tard. C’est maintenant qu’il faut nous faire entendre », explique Céline Philip, présidente de l’APE (l’association des parents d’élèves des Mées). Les instituteurs et les parents d’élèves ont appris en fin de semaine dernière la menace de fermeture d’une classe à l’école maternelle Paul-Langevin des Mées, lors d’un groupe de travail sur la carte scolaire. La décision finale doit être prise le 10 avril.

    « On a décidé de se mobiliser parce que c’est important pour nous qu’il y ait le maintien d’une toute petite section. On est quand même une commune où on a des enfants en difficulté, des familles en difficulté aussi. Et ce dispositif permet d’intégrer l’école en douceur », souligne Elodie Buslig, membre du bureau de l’APE.

    Cette toute petite section permet d’accueillir les enfants à partir de deux ans. Le dispositif est notamment destiné aux « familles qui n’ont pas les moyens financiers de payer une crèche ou une assistante maternelle », et aux « familles qui sont à l’écart socialement, pour sociabiliser l’enfant », précise Céline Philip.

    « On nous dit d’utiliser le dispositif des moins de trois ans comme une variable d’ajustement de la carte scolaire », alors qu’il permet « d’accueillir des familles très éloignées des codes de l’école, qui ont des difficultés à avoir un mode de garde payant », déplore Agnès Wolff, déléguée syndicale FSU SNUipp 04, qui soutient la mobilisation.

    « On fusille le dispositif »

    Cet accueil « très souple » permet aux parents d’être accueillis avec leurs jeunes enfants de moins de trois ans à l’école, une heure par jour, pour une période de transition. Le temps de présence dans la classe est augmenté au fur et à mesure. « Dans des milieux défavorisés comme Les Mées, ce dispositif est vraiment important », insiste Agnès Wolff. Pourtant, « en groupe de travail, on nous dit de casser le dispositif en intégrant des enfants de petite section dedans et en accueillant moins d’enfants de toute petite section », regrette la déléguée syndicale. « Ils essayent de calmer la colère, mais dans les faits, même si c’est pas affiché, on fusille le dispositif des moins de trois ans », alerte-t-elle.

    « Nous avons immédiatement saisi la Directrice académique pour demander la reconsidération de cette décision », a annoncé la mairie des Mées dans un communiqué. « Les éléments dont nous disposons aujourd’hui ne permettent pas de conclure à une baisse durable des effectifs », estiment la mairie, les parents d’élèves et les institutrices.

    Une pétition des parents d’élèves rassemble pour l’instant plus de 350 signatures. Le rendez-vous pour le rassemblement de jeudi est fixé devant l’école Pasteur. Des agriculteurs devraient venir avec leurs tracteurs pour soutenir les manifestants et ralentir la circulation sur la route départementale afin d’alerter les passants.

    Manifestation ce jeudi à partir
    de 16h30 devant l’école Pasteur.