Tag: mobilisation

  • La ville de Marseille honore le bataillon des marins-pompiers

    La ville de Marseille honore le bataillon des marins-pompiers

    Cérémonie en grande pompe ce mardi 2 décembre au Palais du Pharo (7e) pour le bataillon des marins-pompiers de Marseille, avec au programme une remise de médaille collective de la Ville pour saluer l’investissement des hommes dans la lutte contre les feux de forêt, mais aussi d’autres, individuelles, pour saluer l’engagement de certains sur des opérations marquantes.

    Tel le capitaine de frégate Guillaume, commandant des opérations de secours sur l’intervention rue Pollak (1er), le 26 octobre 2024, décoré de la médaille de la Défense nationale, échelon or. Il avait supervisé quelque 80 hommes et permis de sauver 11 personnes en s’engageant lui-même au feu.

    Jeunes héros

    Après « 86 ans d’intimité et de confiance », « le bataillon rassure les Marseillaises et les Marseillais » a posé Benoît Payan, maire DVG de Marseille revenant sur un engagement sans faille au cours de l’été contre les flammes, notamment à l’Estaque au cours d’un « des plus grands feux depuis 20 ans » estime le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon. Trois jeunes habitants de la Castellane se sont aussi vu remettre une médaille pour leur « intervention qui a contribué à sauver des vies », rappelle le maire se souvenant au passage de « ceux » qui avaient « plongé » dans les fake news, accusant les jeunes de vol. Entendre Martine Vassal présidente DVD du Département et de la Métropole, qui avait relayé la rumeur… Au fil des courriers, il estime aussi se heurter à un mur en matière d’indemnisation des sinistrés. La saison estivale 2025 a représenté 81 jours de mobilisation, 365 interventions pour « feu de végétation » et 262 hectares brûlés.

  • Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Si le marché de fin d’année sur la place Jean-Jaurès d’Avignon peut laisser penser à une réunion festive, les personnes vêtues de gilets rouges, roses et blancs étaient bien venues manifester ce mardi 2 décembre dans les rues d’Avignon. Ce, entre autres, face à un budget de l’État qui démontre « le cap désastreux pour les salariés et notre modèle social » avec les 30 milliards en moins prévus au budget, comme l’a évoqué Laurence de Villèlen, secrétaire départementale CGT, au nom de l’intersyndicale avec Solidaires et la FSU.

    « On nous propose une pseudo-alliance avec les socialistes. Mais cela ne défend absolument pas le droit des travailleurs », poursuit la responsable syndicale. Dans les rangs de la mobilisation, Philippe Riehel et Sabine Aulagner, syndiqués Solidaires, enseignants en maternelle et en élémentaire, affirment se « sentir attaqués car on ne peut pas travailler comme on le voudrait ». « L’école tient grâce à nous, c’est-à-dire tous les salariés dans l’éducation. Mais les choix politiques favorisent le privé aux dépens d’un service public acceptable », poursuivent-ils. Tandis que quelques mètres plus loin, Dimitri Szabo, employé à l’Inrae, regrette « un chantage à la dette ».

    Cohésion de la gauche

    Présent également avant de se rendre à l’Assemblée nationale l’après-midi, le député de la 1ère circonscription de Vaucluse, Raphaël Arnault (LFI-NFP), dénonce des socialistes qui « rentrent dans le rang » avec les macronistes, alors que certains membres du PS, comme le sénateur Rachid Temal ou François Hollande, défendent le recours au 49.3 pour le budget. Tout en espérant une cohésion de la gauche sur la question.

  • La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La banderole intersyndicale qui ouvre le cortège de la manifestation marseillaise, ce mardi, adresse un message clair au gouvernement et aux parlementaires qui redébattent du budget de la Sécurité sociale au même moment : « Contre les budgets d’austérité, pour une juste répartition des richesses, pour une retraite à 60 ans ! ». Partis des Réformés en direction de la préfecture en passant par le cours Lieutaud, les quelque 15 000 manifestants, « s’inscrivent dans la droite lignée des deux précédentes mobilisations en septembre et octobre », comme le résume Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13.

    Si ce n’est pas la foule des grands jours sur la Canebière, reste que la détermination des militants présents ne vacille pas. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de défendre la Sécurité sociale, alias « la Sécu » ou encore « le bien commun », comme l’appelle un bon nombre de manifestants. « C’est ce qui permet de surmonter les crises. On l’a vu pendant le Covid et pendant celle de 2008. Malgré l’attachement des Français, les gouvernements attaquent la Sécu depuis des décennies, petit bout par petit bout. Nous, au contraire, on prône le 100% soins prescrits, 100% soins remboursés », développe Franck Balliot.

    Avec le PLFSS 2026 qui revient sur la table des députés, les militants ont de quoi monter au créneau contre un paquet de mesures jugées plus régressives les unes que les autres. Jean-Marie Angelli, secrétaire général de la CGT CPAM 13 (Caisse primaire d’assurance maladie) en a un exemple : « Revenir sur la prise en charge de certaines maladies, des maladies lourdes. » Et de dénoncer « une ligne rouge franchie ». D’autres manifestants pointent le doublement des franchises médicales ou encore la diminution de la prise en charge de certains médicaments. « Ils font payer aux assurés et aux plus précaires ce qu’ils ne veulent pas chercher chez le grand patronat. Petit à petit, ils font tout pour qu’on se dirige vers la mort de la Sécu », développe-t-il.

    Entre quelques jets de pétards des agents portuaires du GPMM et dockers de Fos, il reste tout de même positif : « En ces 80 ans de la Sécu, heureusement qu’il y a encore des forces vives qui se battent pour elle. » Et de préconiser « un retour à la base » pour le modèle social français. Comprenez par-là « un financement par la cotisation, pour tout le monde, en mettant fin aux exonérations et aux cadeaux fiscaux au grand patronat ».

    Car l’objectif du jour est bien de poursuivre une forme de pression du monde du travail sur les parlementaires et le gouvernement. « On ne veut pas que les économies qui sont prévues se fassent sur le dos des travailleurs, sur le dos des malades, des retraités ou de nos enfants », rappelle Maxime Picard, secrétaire départemental de Solidaires Finances publiques. Il analyse le projet gouvernemental : « Les gouvernements libéraux s’attaquent aux constructions collectives des travailleurs, ce qu’est la Sécurité sociale. Et l’on est sur la même logique : faire payer à certains et pas à d’autres. » En bref, une mobilisation pour défendre un modèle qui protège les plus précaires. Si la trêve des confiseurs approche, un autre rendez-vous est déjà fixé au samedi 6 décembre, pour défendre la prime de Noël à l’appel de la CGT Chômeurs 13.

    « Il y a encore des forces vives qui se battent pour la sécu’ »

  • FSU et CGT rejoignent la mobilisation du 2 décembre

    FSU et CGT rejoignent la mobilisation du 2 décembre

    Pas de mobilisation prévue dans la capitale de Provence, mais l’union locale CGT et la FSU se joindront au cortège marseillais (au départ des Réformés, à partir de 10h30) ce mardi 2 décembre, pour battre le pavé contre l’austérité budgétaire. Lors des mobilisations de septembre et octobre derniers, les syndicats avaient défilé dans les rues aixoises ; cette fois, la stratégie de l’unité a été privilégiée pour cette nouvelle action.

    à Aix, « l’appel de la CGT est unitaire avec celui de la FSU », précise François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. Le syndicat SUD Solidaire, qui rejoint l’appel à la grève, se rallie à l’appel de son Union départementale. « Gel des salaires dans la fonction publique, blocage des pensions des retraites, hausse des franchises médicales, coupes dans les services publics… Le budget Lecornu maintient le cap de l’austérité », pointe, dans un tract, l’union locale CGT. Des remarques que la FSU partage.

    « On continue de bosser en intersyndicale, même si, pour cette mobilisation, elle est restreinte », précise Céline Peccini, co-secrétaire départementale de la SNUIPP-FSU pour les Bouches-du-Rhône. Les étudiants, largement présents lors des dernières manifestations aixoises, n’ont pas non plus contacté la CGT, ni la FSU.

    Hospitaliers, enseignants, travailleurs du social et autres travailleurs de la fonction publique, comme du privé, seront donc mobilisés pour de meilleurs salaires et conditions de vies. « Les revendications restent les mêmes tant que le gouvernement ne lâchera pas son projet de budget actuel. S’y ajoutent la dénonciation de l’épuisement professionnel ou les injonctions hiérarchiques. Et on se battra aussi pour la réforme des retraites, poursuit Céline Peccini. On sait que ce combat n’est pas terminé. On attend toujours l’abrogation de la loi retraite. »

  • Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Depuis le rachat de l’entreprise par Séché Environnement en 2022, les salariés ont vu leurs revenus et leurs conditions de travail décliner. « On n’avait jamais fait grève jusqu’ici, mais nos rétributions ont été considérablement dégradées », confirme Patrice Mandelli, délégué CGT. « Nous avons des heures de travail en moins, des primes avaient été retirées… La direction s’était justifiée par une perte d’activité, mais en juin dernier, les trois actionnaires du groupe – le père et ses deux fils – se sont partagés 9 millions d’euros. Nous, on ne veut pas de surplus ; on veut seulement récupérer ce qui a été supprimé ».

    Après une semaine de grève et un dialogue parfois difficile, la mobilisation et la médiation de l’inspection du travail ont fini par payer le mardi 25 novembre dernier. « On a eu gain de cause sur une partie de nos revendications. Nous avons par exemple obtenu le passage de la convention 3D (désinfection, désinsectisation, dératisation) à la convention Assainissement, qui est notre activité principale, et puis la mise en place d’une prime d’intéressement. Nous avons aussi obtenu quelques arrangements, comme le jour de repos qui avait été perdu pour les astreintes et les déplacements », détaille le syndicaliste.

    Pas d’augmentation pour le moment

    La direction a également consenti à payer aux salariés la moitié des jours de grèves, mais pour l’heure, elle n’a pas cédé d’un iota sur l’une des revendications les plus importantes : l’augmentation des salaires ! En effet, depuis 2022, les salariés ont perdu 30 minutes de temps de travail par jour, soit une dizaine d’heures par mois. « Cela représente entre 120 et 150 euros sur la fiche de paie », explique Patrice Mandelli. A ce sujet, la direction renvoie les salariés vers les prochaines négociations annuelles dédiées aux augmentations, qui devraient démarrer en février prochain. « Si on a repris, c’est qu’on a trouvé un terrain d’entente. Pour le reste, nous verrons au prochain combat », poursuit Patrice Mandelli, qui salue une belle mobilisation. Selon lui, près de 95% des 40 salariés étaient bel et bien en grève entre le 18 et le 25 novembre, puisque seuls les personnels administratifs étaient restés à leur poste.

    Cotée au Cac 40 depuis 1997, le groupe Séché Environnement regroupe une cinquantaine d’entreprises en France et 120 à l’international, dont neuf agences dédiées à l’assainissement. Au total, elle dénombre aussi plus de 7300 collaborateurs. Au 31 décembre 2024, le groupe a affiché un chiffre d’affaires contributif de 1 110,4 millions d’euros. Un résultat en progression de + 9,6 % par rapport à 2023…

  • Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    « Certains sont dans le même service, font le même travail et ne touchent pas la même prime. Ce n’est pas normal », confie Jean-Philippe Quiot, agent autonome au Grand Avignon et représentant du syndicat PFA. Quelques heures plus tôt, lui et une vingtaine d’autres agents de l’intercommunalité avaient interpellé les élus sur cette « rupture du principe d’égalité », rappelant que sur 650 agents, 350 ne bénéficient pas de la prime annuelle de 900 euros.

    Dans un tract distribué le matin même, ils renvoient le président de la communauté de communes, Joël Guin, à sa déclaration lors de son élection en 2021 où il promettait de « gommer les inégalités de prime entre agents ». « Or, aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas. Dans le contexte actuel, c’est dommage », regrette le représentant syndical.

    Pas cette année

    Déjà mobilisés en juillet dernier, leur demande de mise à égalité n’avait pas été acceptée par le Grand Avignon. Contactée par La Marseillaise à l’époque, l’intercommunalité assurait que, « soucieuse des conditions de travail et de vie de ses agents », elle privilégiait « des dispositifs améliorant le pouvoir d’achat de tout son personnel en augmentant, par exemple, la valeur faciale des tickets-restaurants et la prise en charge de la part employeur ».

    « C’est un choix politique et on sait qu’on ne l’aura pas cette année, mais il faut rester mobilisés », constate Jean-Philippe Quiot, qui demande à ce que soient mises en place des mesures compensatoires. « On nous dit que ce n’est pas possible, mais cela a déjà été fait pour 132 agents. Et c’est possible financièrement », ajoute-t-il, en chiffrant la mesure à environ 330 000 euros.

  • L’énergie de la victoire

    L’énergie de la victoire

    Au commencement, il y avait l’arbitraire. Une décision tombée d’en haut et justifiée par l’impératif climatique sans qu’aucune perspective d’avenir ne soit tracée : la fermeture de la Centrale à charbon de Gardanne.

    Qu’importe l’emploi, qu’importent les besoins en électricité de notre région, qu’importent la perte des savoir-faire et les potentialités d’une transition écologique vertueuse du site.

    C’est grâce à l’abnégation des salariés de la Centrale, de leur syndicat CGT et de leur association de travailleurs que ces choix mortifères ont été battus en brèche.

    Aujourd’hui devenue centrale à biomasse, le site de la Centrale va accueillir le projet de biogaz défendu bec et ongles par les travailleurs permettant l’embauche d’anciens salariés.

    Solutions ouvrières

    C’est une nouvelle fois la démonstration, dans notre région, que les solutions viennent des travailleurs organisés. Les caricatures qui sont faites d’eux sont indignes. Non, ils ne sont pas « contre tout », ce sont même souvent les seuls à apporter des propositions d’avenir.

    Qui porte la responsabilité du déclin industriel ? Qui instrumentalise l’écologie pour justifier des choix incohérents ? Qui mise sur le dumping social pour maximiser ses profits ? Certainement pas les Gardannais qui se battent pour l’avenir de leurs familles, de leurs métiers et de leur territoire.

    Dans une France où le monde du travail est trop souvent malmené, la détermination des salariés de la Centrale a valeur d’exemple.

    C’est l’énergie de la victoire.

  • Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    « La nuit, il ne faut pas se réveiller car on va se dire “merde, comment je vais faire pour la journée ?” On a parfois l’impression d’être dans la secte Marie Blachère », confie avec hargne une représentante syndicale, ce lundi 24 novembre, quelques minutes avant l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires (NAO) avec la direction de la plus grande chaîne de boulangeries en France, aux Angles (Gard).

    Une réunion qui n’a débouché que sur « une petite avancée sur la prime d’ancienneté », regrette Véronique Marchois, représentante CFDT. Mais rien sur les principales revendications des syndicats, à savoir de « vraies augmentations de salaires pour tous », ainsi que l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité ou encore le droit à la déconnexion.

    « Cela ne suffit pas », appuie Christine Tonarello, secrétaire CGT du géant de la boulangerie, en précisant que les propositions devraient être mises à nouveau sur la table, ces prochains jours. Si elles ne conviennent toujours pas, un nouveau mouvement est envisagé, cette fois pendant la période des fêtes de Noël.

    Intersyndicale historique

    Après un premier rassemblement organisé par la CGT de Marie Blachère, qui compte 850 boutiques et presque 13 000 employés, c’est aussi la première fois qu’une intersyndicale se forme avec la CFDT, qui s’est jointe au mouvement. « C’est un message fort. Car on n’a pas de vie de famille. On a l’impression que notre vie de famille, c’est Marie Blachère. On dit stop, on en a marre ! Le ras-le-bol est général et on sait que beaucoup de salariés sont d’accord avec nous, mais ne peuvent pas se permettre de perdre une partie du faible salaire qu’ils ont », poursuit Véronique Marchois, à bout. « On s’appuie sur les mêmes revendications toute l’année. Le but, c’est de se faire entendre à travers toute la France », ajoute Nathalie Pascal, déléguée syndicale CGT.

    Un rassemblement était également organisé en amont de la réunion, avec une quarantaine de militants présents aux Angles, à proximité d’une boutique de la firme. Tandis qu’à quelques mètres de là, plusieurs membres de l’équipe de direction se sustentaient avec des produits de la maison, observant d’un air mi-amusé, mi-inquiet la mobilisation qui prenait forme, certains allant jusqu’à photographier les manifestants posant devant la banderole. Aucun d’entre eux n’a souhaité s’exprimer sur la situation.

  • Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Les mines sont graves dans une salle de la mairie de Marseille plus habituée à accueillir des mariages que des échanges sur l’arme nucléaire. En cette journée solennelle, la délégation des Bouches-du-Rhône du Mouvement de la paix et les deux élus recevaient des invités exceptionnels : des représentants du Nihon Hidankyo (confédération japonaise des organisations des survivants des bombes A et H, Prix Nobel de la paix 2024) et du Gensuikyo (organisation pour l’interdiction de l’arme nucléaire). Ces derniers sont présents dans le sud de la France depuis le 19 novembre.

    Les militants de ces structures dénoncent la remilitarisation et l’usage des armes nucléaires. Dans ce cadre, ils mettent notamment en avant un outil : le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian). à l’heure actuelle, 74 États l’ont ratifié. Les représentants du Nihon Hidankyo et du Gensuikyo se sont scindés en deux groupes pour échanger avec des acteurs locaux : l’un pour l’Occitanie et l’autre pour Paca.

    « Lutter pour la mémoire »

    Michèle Rubirola et Jean-Marc Coppola partagent le sentiment des organisations venues les rencontrer. Le contexte de remilitarisation globale est inquiétant, l’élu communiste s’en alarme : « Personne n’aurait imaginé que le XXIe siècle voit autant de conflits. » Et de s’adresser aux délégations japonaises : « Je veux réaffirmer notre solidarité avec vos initiatives pour porter un message de paix et de non-violence. »

    De son côté, l’édile écologiste observe que « les villes sont devenues des acteurs de paix. Elles sont des espaces où la santé publique, les questions climatiques, la qualité de vie et les solidarités sont à l’œuvre : les armes nucléaires sont l’opposé de tout ça. »

    Emiko Honma, 75 ans, est « Hibakusha », à savoir survivante de deuxième génération de la bombe d’Hiroshima. Sa mère a été exposée aux radiations pendant l’explosion du 6 août 1945. Née en 1950, Emiko n’entendra jamais celle-ci parler ni de la catastrophe, ni de son irradiation.

    Les « Hibakushas » et leurs familles ont longtemps subi le rejet de la population japonaise. Aujourd’hui, la septuagénaire milite pour que son histoire ne tombe pas dans l’oubli : « La bombe ne cause pas seulement des tragédies au moment de l’explosion, elle cause la souffrance des survivants qui ont souffert de leurs maladies et de ne pas avoir pu aider ceux qui les entouraient. » Militante depuis 12 ans au sein de Nihon Hidankyo, elle s’enthousiasme : « Le Prix Nobel de 2024 nous encourage à partager notre histoire et notre expérience avec toutes les générations. » Avant de conclure, laconique : « Si un pays utilise les armes nucléaires, un autre en fera aussi usage et la terre sera détruite. »

  • [Témoignages] Ils ont marché pour Mehdi samedi

    [Témoignages] Ils ont marché pour Mehdi samedi

    Zohra, salariée dans le social

    « On se sent tous concernés. J’habite à Miramas mais ces problèmes-là sont présents aussi chez nous, c’est partout et depuis très longtemps. Je viens dans l’espoir que ce combat prenne une nouvelle dynamique. Je vis dans un petit quartier mais j’ai peur pour mon fils de 27 ans et mes filles de 20 et 18 ans. Quand j’entends que les enfants se font attraper par les réseaux sur leur chemin vers l’école, je me dis que ça peut arriver aux miens. »

    Saïd, membre de l’association Adepec

    « Si on arrive maintenant à assassiner des gens pour intimider, on a dépassé le point de bascule. On est à l’extrémité de la violence et de l’inimaginable. C’est l’honneur de tout le monde de venir à ce rassemblement pour montrer qu’on est là et dire stop, plus jamais ça. Ce qui s’est passé a réveillé et éveillé les gens, même s’ils ne sont pas là physiquement, ils sont là avec le cœur. Partout dans nos quartiers, on lèvera toujours la main pour dire stop : plus jamais ça. »

    Latifa, retraitée

    « J’espère qu’on trouvera les assassins. Il faudrait que ça s’arrête et que le maire fasse quelque chose, même monsieur Darmanin qui était-là il y a quelques jours. Pour moi, tous ces discours c’est du pipeau. Il y a de la récupération politique, j’en suis persuadée, je n’ai jamais vu autant de monde. Les jeunes ont peur, ils n’osent plus sortir, c’est le cas de mes neveux qui ne traînent plus le soir. Je pense qu’il n’y a pas assez de policiers à Marseille. »

    Adam, étudiant

    « La mort du grand frère d’Amine, nous avait fait froid dans le dos. Là c’est encore pire, on ne se sent plus en sécurité. Il faut continuer à faire du bruit, à se battre. On avait déjà fait plein de rassemblements avec Amine mais rien n’a changé ; aujourd’hui en est la preuve, l’État n’a rien fait. Certains ne sont là que pour faire de la récupération politique à l’approche des municipales. Cet après-midi on est plein mais demain il ne restera que les proches d’Amine et encore… »