Tag: mobilisation

  • Le bureau de poste ferme, l’engagement se poursuit

    Le bureau de poste ferme, l’engagement se poursuit

    Il est 11h ce vendredi. Le bureau de poste de Biver ferme définitivement ses portes, sous les yeux d’une petite foule venue faire entendre son mécontentement. Il y a deux semaines, après une uestion du groupe d’opposition Collectif Gardanne Biver (CCGB), le maire, Hervé Granier (LR), annonce la fermeture du bureau de poste de Biver. Décision conclue après plusieurs années de négociations, débutées en 2023, selon l’édile. Depuis cette date de fermeture annoncée, les élus d’opposition – issus de la liste de Jean-Marc La Piana (DVG) et de Claude Jorda (CCGB) – les syndicats, l’antenne locale du Parti communiste, et les habitants de la commune ont organisé plusieurs manifestations. Le sénateur Jérémy Bacchi (PCF) et la députée européenne Marina Mesure (LFI) se sont également investis dans la mobilisation, en saisissant la direction nationale de la Poste. Sans réponse, jusqu’ici.

    « On a été mis au courant de ces discussions que cet été. Il n’avait jamais été question de fermeture au mois d’octobre », rappelle Pascal Rosette, élu CGT au CSE pour le service postal. Pour le syndicaliste, le délai entre l’annonce de la fermeture et le début les mobilisations aura été trop court pour que la date du 17 octobre soit au moins repoussée. Dès ce vendredi soir, les usagers devront se rendre au Vival, à 200 m, pour les démarches de service postal. S’il n’y a pas de licenciement, l’unique salariée du bureau sera délocalisée sur un autre poste dans le secteur de Gardanne.

    « Par expérience, lorsque des commerçants reprennent les activités postales, ça ne dure jamais très longtemps », se désole Pascal Rosette. « Nous allons relancer, avec la CGT, la direction de la poste à ce sujet, nous ne les lâcherons pas. Par ailleurs, nous avons une réflexion collective, avec les acteurs intéressés, en cours pour mettre en place un Comité de vigilance des Services publics. La lutte n’est pas finie », annonce Claude Jorda.

    E.B.-G.
  • Entre application et progression sur le papier, La Marseillaise en dynamique

    Entre application et progression sur le papier, La Marseillaise en dynamique

    « L’aboutissement d’un projet de cinq ans. » En conférence de presse dans des locaux flambant neufs, ce lundi, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise a présenté les grandes lignes de la « dynamique » actuelle du journal, en présence de Rislène Achour, présidente du club de la presse Marseille-Provence.

    Et quelle dynamique ! Symbolisée par ces locaux de 1 000 m² carrés entièrement rénovés, le président a mis en avant le nouvel espace du journal « Aux Rotatives », qui sera « à disposition du public pour accueillir des débats, des projections, des expositions ». Un espace ô combien symbolique, puisqu’à l’endroit même où tournaient les rotatives du journal pendant plusieurs dizaines d’années.

    D’autant que La Marseillaise revient de loin. « En 2020, la précédente société éditrice de La Marseillaise était poussée dans le précipice par la crise Covid et le refus des banques d’accorder un prêt garanti par l’État », rappelle Léo Purguette. Des locaux rénovés qui ne viennent donc pas de nulle part : « Les salariés de La Marseillaise et leur syndicat CGT se sont mobilisés pour porter un projet de reprise qui permette de conserver notre titre. »

    Une mobilisation notamment face à une autre offre de reprise « prédatrice », portée par le milliardaire Xavier Niel et La Provence de Bernard Tapie, qui prévoyait la suppression de 80% des emplois et la fin de la parution en papier. « Nous avons eu gain de cause devant le tribunal de commerce et parmi les exigences que l’on portait, il y avait celle de demeurer dans ces lieux », insiste Léo Purguette.

    Un développement qui ne s’arrête pas

    80 ans après la fondation du journal la boucle est donc bouclée avec le retour de l’ensemble des travailleurs dans ces « lieux historiques, chargés d’histoire ». Aujourd’hui, avec cette « réhabilitation avec tout le confort moderne », ils passent dans l’ère du XXIe siècle. Un passage également symbolisé par le lancement d’une application mobile, disponible sur smartphone dès ce lundi soir.

    De quoi « accéder à tous nos contenus de manière numérique avec beaucoup plus de facilité que ce que l’on propose aujourd’hui avec notre site », précise Léo Purguette. Un autre « aboutissement » qui n’efface pas la parution en quotidien papier : « Nous croyons toujours au développement du papier, nous ne voulons pas substituer l’un à l’autre. »

    Et pour cause, La Marseillaise affiche des progrès dans ses ventes, abonnements numériques et participation aux événements organisés par le journal. De quoi illustrer le développement sur tous les plans et les efforts des salariés. « Nous avons inversé des courbes déclinantes depuis plusieurs décennies : celle de notre chiffre d’affaires et celle de notre lectorat », explique Léo Purguette. Avant de développer : « Nous avons maintenu notre zone de diffusion, et nous sommes allés au-delà avec notre retour en Vaucluse. Nous étions 49 salariés à la reprise, nous sommes plus de 60 aujourd’hui, 70 avec nos amis de Zébuline. » En bref, un développement qui n’est pas près de s’arrêter.

    CHIFFRES

    50 000

    Entre abonnés numériques, lecteurs du quotidien en format papier ou visiteurs du site web, La Marseillaise se targue d’avoir 50 000 lecteurs quotidiens en moyenne.

    10%

    En 2024, La Marseillaise a progressé de 10% en ventes en kiosques, c’est-à-dire la vente au numéro papier, tout en gagnant des abonnés sur le volet numérique.

    17 000

    Année record pour les événements de La Marseillaise, notamment pour Le Mondial à pétanque qui a compté 15 000 participants au concours général et frise les 17 000 avec les participants des concours annexes. « Un record absolu » dans l’histoire du plus grand tournoi de pétanque du monde.

  • Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Des délais d’attente de plus en plus longs pour accéder aux soins. Des services d’urgence régulièrement saturés. Des structures médico-sociales incapables de répondre aux besoins des personnes âgées, en situation de handicap ou en situation de précarité. Une aggravation des inégalités territoriales et sociales d’accès aux soins… telles sont les conséquences, dans l’Hérault comme ailleurs, des politiques conduites depuis plusieurs années en matière de santé et d’action sociale par les gouvernements successifs.

    Alors que la France s’enfonce dans la crise politique au lendemain de la démission, quelques heures seulement après avoir formé une partie de son gouvernement, du Premier ministre Sébastien Lecornu, les professionnels du sanitaire, du social et du médico-social ont manifesté, jeudi 9 octobre, leur vive inquiétude des moyens qui seront alloués à la santé et la protection sociale dans le budget qui tarde à venir. À Montpellier, les manifestants, partis en cortège de la place de France, à Odysseum, se sont rendus devant les locaux de l’Agence régionale de santé (ARS) de l’Hérault.

    « Théoriquement, cette manifestation s’inscrivait dans le cadre du dépôt du PLF (projet de loi de finances) et du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui tout ça est en suspens, mais le seul projet qui existe à l’heure actuelle est celui de François Bayrou, qui propose une cure d’austérité inédite [des dépenses de santé contenues à 5 milliards d’euros au lieu de 10, Ndlr.] », estime Lénaïc Berger, secrétaire générale USD CGT santé action sociale de l’Hérault.

    « Un épuisement massif des personnels »

    « De toute façon un Ondam (objectif national de dépenses d’assurance maladie) inférieur à 5%, ça ne tient pas. Or là il est très inférieur. Qu’est-ce que cela traduit ? Que la santé continue de s’effondrer », poursuit-il. « On continue à fermer des lits, on est toujours en manque de personnels, surtout sur les petits centres hospitaliers locaux majoritairement ruraux, qui ont énormément de mal à recruter. Avec, à la clé, un épuisement massif des personnels  », assure Lénaïc Berger. « Dans l’établissement où je travaille par exemple, le foyer départemental enfance et famille, rien que pour 2024, sur 370 agents, 20 sont en disponibilité ou en détachement. Or c’est rare de quitter sa structure quand on y est bien : ce sont majoritairement des agents qui partent parce qu’ils n’en peuvent plus. Cela représente plus de 5% de la masse salariale. Ce sont des chiffres en pleine explosion sur l’ensemble des établissements  ».

    Quant à la Sécurité sociale, qui fête cette année ses 80 ans, « il y a de moins en moins de médicaments remboursés, on fait de plus en plus la chasse aux arrêts maladie prétendument frauduleux, il y a de moins en moins de maintien de salaire… et le trou de la Sécu continue de se creuser. C’est bien la preuve que ce que le gouvernement propose ne règle rien », insiste le cégétiste héraultais dont le syndicat défend l’instauration d’« un service public de la santé et de l’action sociale, avec une sécurité sociale universelle.  »

  • La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    « On travaille constamment à flux tendu. » Devant l’Agence régionale de santé (ARS), où se sont retrouvés, ce jeudi, plus d’une centaine de syndicalistes à l’appel de la CGT, Carole, infirmière à l’Hôpital de Martigues, dénonce la dégradation de ses conditions de travail et de la prise en charge des patients. Un appel à la grève et à la mobilisation nationale lancé par la fédération de la CGT des organismes sociaux, pour le retour « à une Sécu où chacun peut se soigner selon ses besoins, quels que soient ses moyens », affirme Sébastien Kassapian, secrétaire de la CGT CPAM 13.

    Les travailleurs dénoncent notamment des manques de moyens et d’effectifs au niveau des centres de santé, ainsi que des structures sociales qui impactent l’accès au droit et à la santé des Français. « C’est le serpent qui se mord la queue : on n’est pas assez, donc on a une surcharge de travail, donc il y a une augmentation des arrêts maladies, donc encore plus de sous-effectif et plus de travail », se désole Sylvie Berger, secrétaire départementale de l’union syndicale Santé sociale 13. Ce que Carole, infirmière, confirme. « on nous demande d’aller tellement vite qu’on ne peut pas bien s’occuper des patients. On est à la limite de la maltraitance », alerte-t-elle.

    « Ce n’est pas la crise économique, mais des choix politiques qui ont mené à cette situation », affirme Sylvie Berger sous les applaudissements des syndicalistes. La CGT réclame le retour de la Sécurité sociale comme elle a été imaginée il y a 80 ans.

  • Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    « Que ce soit les élus, les usagers ou les syndicats, on ne lâche pas tant que cette fermeture n’est pas annulée », lance Marie-Élodie Pongy, secrétaire générale de la CGT de l’hôpital d’Apt, en fin de manifestation à l’appel du syndicat contre la fermeture du service de chirurgie, qui a rassemblé plus de 400 personnes, ce jeudi 9 octobre.

    Et parmi les manifestants, malgré l’obstination de l’ARS et de l’État à déménager ce service au centre hospitalier de Cavaillon, c’est bien l’optimisme qui accompagnait un sentiment de colère dans les rues de la capitale du Luberon. « Je suis très optimiste sur le maintien de la chirurgie à Apt », confirme ainsi Dominique Thévenieau, président du comité des usagers de l’hôpital d’Apt. Et ce, notamment, car trois référés suspensifs ont ou vont être déposés par la mairie, la CGT et donc le comité des usagers. « C’est très fort, car on pense que les ARS ne veulent rien entendre et, malgré que l’on fasse du bruit, ils ne bougent pas », poursuit celui qui s’occupait auparavant du service de maternité de l’établissement de santé. Une décision des tribunaux est attendue pour la mi-novembre.

    Tous ensemble

    « Cela a aussi permis de ranimer la vie militante à Apt, ce dont on avait grandement besoin. Mais surtout, on voit une vraie unité sur le sujet entre politiques, syndicats, associations et les communes aux alentours. Donc on y croit », confie Thomas Viens, Aptésien présent dans la manifestation. « Le combat sera forcément rude, mais on y croit. Il faut absolument défendre le service public ici, et la mobilisation donne chaud au cœur », lui embraye Jean-Claude Houseaux, également habitant aptésien. « On est passés de la stupéfaction à l’action », analyse de son côté Céline Celce, conseillère municipale d’opposition (Génération·s) à Apt. « On sent que personne ne lâchera. C’est aussi dû à l’histoire de cet hôpital pour lequel on s’est battus à plusieurs reprises. Car tout le monde a conscience qu’après la chirurgie, c’est le reste de l’hôpital qui va être démantelé au fur et à mesure », pousse-t-elle.

    Une conférence-débat sur le sujet est prévue le 24 octobre à la MJC d’Apt à 18h30. Tandis que la prochaine manifestation est prévue le 6 novembre à 15h30 devant l’ARS de Vaucluse à Avignon.

  • À Marseille, les chauffeurs de La Poste en grève reconductible

    À Marseille, les chauffeurs de La Poste en grève reconductible

    Les petites mains du service postal haussent le ton. « Sur 25 chauffeurs, 18 étaient en grève ce lundi. Et c’est comme ça depuis une semaine ! », s’exclame Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée de la plateforme industrielle de courrier Marseille Provence (Pic Vitrolles). En grève depuis mardi dernier, avec l’appui de la CGT, ces chauffeurs basés aux Aygalades et qui desservent les différents bureaux de poste marseillais tapent du poing sur la table face à une réorganisation faite « sans concertation » avec ces derniers.

    « Les chauffeurs récupèrent le courrier de la Pic à Vitrolles pour les dispatcher dans les services et qu’ils soient récupérés par les facteurs avant d’être livrés chez les usagers », explique Sabrina Manca. Un mode de fonctionnement pas anodin, puisque directement remis en cause par ce projet de réorganisation, selon l’organisation syndicale. « Aujourd’hui, les chauffeurs prennent leur service sur leur site des Aygalades et y récupèrent le courrier. Demain, avec la réorganisation, on leur demandera de récupérer le courrier à la Pic de Vitrolles puis d’aller livrer les bureaux de poste. Cela va avoir forcément un impact sur les trajets et la durée de ceux-ci », complète Karim Bouzana, délégué syndical CGT.

    D’où l’opposition des chauffeurs sur le fond et l’organisation d’un rassemblement, ce mercredi matin, sur leur site des Aygalades. Sabrina Manca pointe aussi une copie à revoir sur la forme pour la direction de La Poste : « Le projet de réorganisation a été rejeté massivement en CSE [comité social et économique, Ndlr], le 24 septembre. Malgré ce refus, la direction s’entête. »

    Des négociations

    au programme

    Autre point d’achoppement : « Au lieu de commencer à 4h30, ils débuteront plus tard », précise Karim Bouzana. Un dernier point qui pourrait paraître positif pour les chauffeurs. Que nenni : « Cela obligera à aller plus vite pour les livraisons, on leur demande de faire plus avec moins de temps. » En clair : « Une hausse de la charge de travail. » Face à cette situation, le syndicat demande notamment un « accompagnement social sur plusieurs volets : promotion, embauche ou indemnités pour les salariés. » « La Poste ne veut rien céder en matière de compensation, d’avancement de grades, de reconnaissance de la pénibilité… », dénonce Sabrina Manca.

    Contactée, La Poste explique que le projet de réorganisation a « pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier en les déchargeant progressivement des tâches de manutention ». L’entreprise assure que cela « a fait l’objet d’un dialogue social », lequel est toujours en cours, puisqu’une réunion est au programme, ce mercredi dans l’après-midi, entre grévistes, syndicat et direction de site.

  • [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »

  • « Un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    « Un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »

  • La Chrysalide lance son appel pour financer des projets

    La Chrysalide lance son appel pour financer des projets

    « Une brioche contre un don » pourrait être la variante d’« un bonbon ou un sort », pour la Chrysalide, qui gère 14 établissements d’accueil et de services à domicile pour l’accompagnement, l’éducation, la formation, le travail et l’hébergement de personnes en situation de handicap mental. Comme chaque année depuis plus de vingt ans, l’association lance, en ce début octobre, son opération brioches, qui s’achèvera le 12.

    Le principe est simple : en échange d’une viennoiserie, les habitants doivent donner un minimum de 6 euros. L’an passé, cette mobilisation avait permis de collecter près de 80 000 euros. « Ces sous nous servent à investir dans des projets, des voyages ou des activités uniquement, ils ne vont pas dans le fonctionnement », précise le président, Bernard Cathalot.

    Cette année, l’enjeu est de taille. Les fonds récoltés permettront de concrétiser un ambitieux projet immobilier à plusieurs millions d’euros : la construction d’un nouvel établissement pour remplacer le foyer de vie de l’Adret, qui accueille actuellement 44 résidents. « Les locaux étaient vieillissants. Ils ont été construits il y a plus de trente ans, précise le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF). Ça permettra à la Chrysalide d’être propriétaire, puisqu’actuellement, le site appartient à la Semivim [le bailleur social de la Ville, Ndlr]. »

    Trop peu d’établissements

    Situé près du stade Julien-Olive, le terrain a déjà été acheté par l’association, qui aimerait que les travaux s’achèvent d’ici trois ans. « Normalement, on devrait doubler le nombre de places qu’il y avait à l’Adret et on pourra accueillir 80 personnes en situation de handicap, détaille Bernard Cathalot. Il y aura diverses choses : des appartements pour les vieillissants, d’autres couchages pour celles et ceux qui travaillent à l’Esat [établissements et services d’accompagnement par le travail, Ndlr], le Service d’accompagnement à la vie sociale de Saint-Mitre-les-Remparts sera aussi rapatrié… »

    La Chrysalide porte aussi un projet d’extension de la Maison d’accueil spécialisée (MAS) de Fos-sur-Mer, destinée aux personnes lourdement polyhandicapées. Une urgence face à la liste d’attente qui ne cesse de s’allonger. Le président souligne : « Sur les 14 établissements, nous prenons actuellement en charge 650 individus. Le même nombre de gens patiente sur notre registre. »

    Bernard Cathalot pointe le « manque d’établissements », les pathologies qui sont « de mieux en mieux identifiées », l’accroissement des risques psychosociaux et le manque d’anticipation des pouvoirs publics sur le vieillissement des personnes en situation de handicap.

    Mauricette, bénévole au sein de la Chrysalide, témoigne : « Les enfants, à une époque, ne vivaient pas longtemps. Quand ma fille a été diagnostiquée de sa maladie, on m’a dit qu’elle vivrait six mois, puis dix ans, puis vingt. Aujourd’hui, elle a 58 ans… » Bref, le handicap reste encore trop impensé.

  • Le sourire des salariés de la Centrale

    Le sourire des salariés de la Centrale

    «Le combat a démarré en 2018 », rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT Centrale de Gardanne. Ce vendredi, au pied de la centrale thermique de Gardanne, lieu devenu symbolique de la lutte pour l’emploi, les salariés du site célèbrent la victoire après un accord historique entre la Centrale, GazelEnergie, propriétaire du site, et l’état, arraché après de nombreuses années de mobilisation. Sur place, des représentants de l’UD CGT, du Parti communiste (PCF), élus d’oppositions du Collectif Citoyen Gardanne-Biver, les Unions locales du département, mais aussi la CGT des dockers, des portuaires, des cheminots, des territoriaux, corporations avec lesquelles les actions de la mobilisation ont plus d’une fois convergé.

    Pour mémoire, le combat s’est construit autour de deux axes : permettre à 27 des salariés licenciés après la fermeture de la tranche charbon d’être réembaucher en conservant leur statut industrie électrique et gazière (IEG), et le projet de production de biométhane sur le site, travaillé et porté par les licenciés, justement. Une première grève de quatorze mois, un an après l’annonce de l’arrêt de la production d’électricité à base de charbon, a été le début d’une lutte syndicale parfois épuisante.

    Le combat « a été très long, a demandé des sacrifices pour tous les travailleurs », rappelle Jean-Michel Roccasalva. On a cravaché pour que ce projet corresponde à tous nos besoins et qu’il n’y ait pas de possibilité de le dédouaner. Avec le rapport de force, le projet industriel, la convergence entre les fédérations, on a pu signer, le 31 juillet, ce protocole d’accord. Quand on s’organise et qu’on est convaincu, il n’y a aucune raison de ne pas gagner un combat. Cette victoire est belle, mais ce n’est pas la dernière. On a encore du travail. On a des gouvernements qui se succèdent, qui font semblant et n’ont que l’envie de décider comme des monarques et dictateurs. On n’est pas à l’abri d’une remise en cause, mais pour autant, on va rester optimistes. » « La lutte paie, c’est un exemple, il y en a eu plein comme ça. La dernière ligne droite n’est pas toujours sans danger, mais nous n’avons aucun doute que vous saurez tenir le cap », soutient Claude Martin, secrétaire fédéral de la CGT FNME (Fédération nationale des mines et énergie).

    « Solutions alternatives »

    Parmi les salariés, la bonne humeur est de mise sur cette matinée de célébration, bien que tous restent vigilants pour la suite, contexte national oblige. « C’est un soulagement énorme, même s’il nous reste encore quelques étapes dans la construction du projet, témoigne Franck Traversari, l’un des 27 salariés. On a vécu pendant des années avec la peur du lendemain. Mener un conflit, c’est être pointé du doigt au quotidien. Mais aujourd’hui, on a des garanties pour que le projet se réalise. Les premières embauches se font en décembre, c’est un acte fort pour l’avenir. Aujourd’hui, on dit que oui, il y a des solutions alternatives, qu’il ne suffit plus de fermer des postes et licencier. »

    à ceux qui sont dans la rue depuis le 10 septembre, Franck Traversari appelle à tenir le bon bout, même si le choix d’être gréviste pèse sur le quotidien. « Il faut prendre en main son destin et cela passe par la convergence des revendications pour peser sur l’état et l’ensemble des entreprises », estime-t-il.

    Constat partagé par Guillaume, qui reconnaît, lui aussi, le poids de la lutte sur la vie de ceux qui la mènent. « Il y a une satisfaction à ne pas avoir lâché, à avoir cru en notre projet et la solidarité entre les uns et les autres. Ce n’est pas encore fini, on ne sait jamais, il faut encore que l’usine sorte de terre », rapporte ce salarié qui, lui aussi, sera réembauché prochainement. « à ceux qui luttent pour leurs droits, je leur dis d’être un acteur du syndicat, ne pas laisser la direction dicter une vision unique de l’entreprise », ajoute Guillaume, qui conseille aux salariés en lutte, sur le territoire national, de s’organiser. « Il y a eu des hauts, des bas, mais la fin paie. ça n’a pas été des moments faciles, on a eu de la chance que nos familles nous suivent : on ne pouvait pas se laisser faire sans réagir. Pour nous, la lutte ne se terminera jamais, rien n’est acquis, on ne peut compter que sur nous-même tant qu’on ne verra pas le début de la construction de la nouvelle unité de production, intervient de son côté Christophe, qui fera partie des deux salariés réembauchés, mais sur la tranche biomasse. Il n’y a que la lutte qui paie, mais surtout la lutte solidaire, ensemble. »

    La notion de solidarité, elle, a marqué les prises de paroles des différentes fédérations sur place, chacune ayant joué son rôle dans cette première victoire. Et doit se poursuivre. « Dans une période marquée par les conflits, par un génocide à Gaza, profitons de ce moment de fraternité qui, parfois, fait défaut au détriment d’un individualisme qui nous ronge, rappelle Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des ports et docks. N’oublions pas l’importance de ces moments, pour que, tous ensemble, nous continuions de croire que nous y arriverons. »

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