Tag: Méditerranée

  • [Lecture] Face aux empires, le rêve d’une voie méditerranéenne

    [Lecture] Face aux empires, le rêve d’une voie méditerranéenne

    Thierry Fabre publie Face aux empires, la voie méditerranéenne aux éditions Riveneuve. « Toute sa vie, il s’est fait une certaine idée de la Méditerranée. » Elle n’est pas seulement selon lui la source de notre civilisation et il n’a pas la nostalgie des « Andalousies perdues », encore moins de la colonisation du sud par le nord. Mais il pense qu’elle peut encore nous inspirer une alternative au chaos du monde actuel.

    Face aux empires qui ressurgissent et qui s’affrontent afin d’imposer leur domination sur une planète de plus en plus inégalitaire, en proie à une crise climatique et à la rapacité des oligarchies financières et techno-fascistes, il tente d’ouvrir un nouvel horizon, « un avenir désirable ». Pour n’en traiter qu’un, l’empire américano-israélien exerce désormais en Méditerranée une guerre d’une grande violence dont le cœur est le génocide perpétré contre le peuple palestinien, une guerre sans limite contre le Liban, la Syrie, l’Iran, le Yémen… Il veut redessiner une Méditerranée dont les ressources naturelles soient asservies aux intérêts de l’empire et de fabriquer « le Grand Israël » dont rêve l’extrême droite israélienne, quitte à le faire sur des milliers de cadavres à Gaza et ailleurs. Israël, seule puissance nucléaire en Méditerranée, en est devenu la figure de proue de l’Occident et son bras armé.

    Thierry Fabre constate, avec beaucoup d’observateurs, que désormais « le roi est nu ». En effet le monde assiste avec effroi aux massacres mais aussi aux obstacles croissants que la coalition américano-israélienne très isolée, rencontre dans son entreprise. Voilà pourquoi il propose de réinventer pour l’Europe et la Méditerranée une autre voie que le mythe occidentaliste. « Le temps est venu de sortir de cette fiction et de nous inscrire dans la pluralité de nos héritages grecs et romains mais aussi juifs et arabes. » Cela suppose d’en finir avec ce qu’il appelle « la tristesse européenne », cette Europe citadelle où ressurgit l’esprit colonial et raciste.

    Il propose d’inventer une « Europe sans rivages », ouverte aux deux rives de la Méditerranée et d’ouvrir un horizon de partage et de coopération. Cela suppose d’écarter toutes les logiques impériales et néocoloniales, de favoriser l’éclosion d’un monde arabo-musulman démocratique et laïc, de combattre les forces nationalistes, intégristes et xénophobes.

    Ce rêve méditerranéen, dont il convient qu’il est encore difficile à discerner, a pour ambition de bâtir « tout un monde en commun » face aux défis de notre temps. En somme, ce livre contribue à notre recherche d’un autre monde.

    Face aux empires,
    la voie méditerranéenne

    Thierry Fabre

    Éditions Riveneuve,

    150 p., 10,50€

  • [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine débarque à Marseille. Le navire vient de l’Est de la Méditerranée. Dans sa cargaison, une bactérie : celle de la peste qui frappera toute la Provence. « C’est la dernière grande épidémie de peste en France », rappelle Isabelle Séguy, chercheuse associée au laboratoire Cultures – Environnements, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM) à Nice. Elle fera plus de 120 000 victimes. « Mais il est difficile d’évaluer l’impact de l’épidémie sur la population et la démographie seulement à partir du décompte des morts », poursuit la chercheuse. C’est la raison pour laquelle, avec son collègue Pierre Darlu du Muséum national d’histoire naturelle (Paris), elle s’est plongée dans les noms de famille de la population de Martigues. « La ville tenait des registres exceptionnels », précise-t-elle. Et l’analyse parue dans Plos One révèle une histoire jusqu’alors inconnue : « Près de 50% de la population a été remplacée après la peste de 1720, résume Isabelle Séguy, coautrice de l’étude. C’est la première fois que nous mettons en évidence l’impact profond de cette épidémie avec les mouvements de population engendrés. »

    Anglesy, Diegue, Langlois… Avant 1720, ces noms de famille – ou leurs dérivés – sont communs à Martigues dans les listes des enfants baptisés. Après 1721, ils disparaissent. Certains sont morts de la peste : ils figurent dans les registres des victimes. D’autres ont fui. On les retrouve ailleurs dans les Bouches-du-Rhône ou plus loin en France au registre des noms de famille établi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Exemple avec les Gratian, un nom typique de Martigues – dont beaucoup d’enfants sont nés avant 1720 et sont absents des registres des victimes – qui disparaît du département et apparaît dans le Sud-Ouest de la France plus tard. « Il serait intéressant de savoir qui étaient ces personnes pour voir si des facteurs
    – profession, milieu social – ont pu influencer la mobilité
     », indique Isabelle Séguy.

    Natalité en baisse

    À l’inverse, des noms comme Pignatel, Mauras ou Cambon apparaissent à Martigues à partir de 1721 alors qu’ils étaient absents avant. L’étude note que ces nouveaux arrivants viennent plutôt de la région et non pas de l’autre bout de la France.

    D’autres noms comme Tourrel ou Fouque traversent la crise. Mais la natalité baisse parmi les survivants. Est-ce dû à la peste ou à un changement générationnel ? Les données font pencher la balance vers la première hypothèse car la baisse touche principalement les noms de famille touchés par la peste. Mais l’autre piste n’est pas exclue. « Cela serait plus tôt que ce qu’estiment les historiens », relève Isabelle Séguy. Ces derniers considèrent que le passage d’une forte natalité – compensant une forte mortalité – à une natalité plus faible, a débuté en France à la fin du XVIIIe siècle.

    Y. pestis

    Yersinia pestis est la bactérie responsable de la peste. Elle a été découverte en 1894. Ce n’est qu’en 1998 que l’épidémie qui a frappé la Provence en 1720 sera imputée à Y. pestis, suite aux avancées des analyses ADN qui permettent d’identifier la bactérie sur des squelettes dans un charnier.

    120 800

    C’est le nombre de morts de la peste entre 1720 et 1722 en Provence et dans le Bas-Languedoc sur une population totale de 400 000 habitants. À Martigues, l’épidémie tuera 2 150 personnes en quelques mois sur une population d’environ 6 000 habitants.

    4 022

    C’est le nombre de noms de famille d’habitants de Martigues retenus pour cette étude sur la période 1689-1789. Les données viennent principalement des registres paroissiaux conservés aux archives de Martigues et de l’association de généalogie des Bouches-du-Rhône (via le site Geneanet).

  • Préjudice écologique : le tribunal maritime de Marseille a considéré comme tel la destruction d’herbiers de posidonie

    Préjudice écologique : le tribunal maritime de Marseille a considéré comme tel la destruction d’herbiers de posidonie

    Par Elohane Durand, avocate fondatrice du cabinet Natur’avocat et membre de la Commission environnement du SAF

    La notion de préjudice écologique : Le préjudice écologique, inscrit dans le Code civil en 2016, est défini comme « une atteinte non négligeable aux éléments ou fonctions des écosystèmes ou aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement ». La réparation en nature doit être ordonnée en priorité : le responsable d’un préjudice écologique doit être condamné à remettre les choses dans l’état où elles se trouvaient avant sa faute. Si cette réparation en nature s’avère impossible, le responsable peut être condamné à verser des dommages et intérêts que le demandeur doit affecter à la réparation de l’environnement. Peuvent notamment intenter une action en réparation du préjudice écologique les associations de protection de l’environnement créées depuis au moins cinq ans et celles agréées.

    Sur la Côte d’Azur, les herbiers de posidonie sont, d’après l’OFB, des écosystèmes pivots qui permettent notamment l’oxygénation de l’eau, le stockage du carbone, et constituent des zones de refuge pour de nombreux organismes. Or, ils se retrouvent menacés par les mouillages des bateaux de plaisance qui, en remontant leur ancre, peuvent les dégrader, voire les arracher. Fin 2024, le tribunal maritime de Marseille a donc reconnu que ces mouillages causent un préjudice écologique.

    Deux méthodes de calcul

    Dans cette instance, pour évaluer le montant des dommages et intérêts, FNE Paca, requérante, propose deux méthodes de calcul envisagées. D’une part, la réparation peut être fondée sur la valeur écosystémique de l’herbier, c’est-à-dire la valeur économique des services rendus par l’herbier, multipliée par la durée pour que la réparation en nature soit aboutie (en l’espèce l’herbier retrouverait son état initial ante-destruction après 25 ans). D’autre part, la réparation peut être fondée sur le coût de restauration de l’herbier. Le bouturage et la transplantation ont un coût d’environ 170 euros le mètre carré. Il faut ensuite y ajouter le suivi de la transplantation et les coûts de surveillance. Dans les deux cas, le préjudice écologique est évalué aux alentours de 200 000 euros. Le tribunal a condamné les capitaines de yachts jugés responsables de ces destructions à verser des dommages et intérêts d’une somme de 108 000 euros au total. Ce montant ne permettra donc de réparer qu’en partie seulement le préjudice écologique.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Le navigateur revient cette semaine de Lorient et a amarré depuis vendredi et jusqu’à lundi, son monocoque sur le quai d’honneur, à Marseille. Son dernier périple dépasse le simple exploit sportif. Près des côtes espagnoles et en Méditerranée, Fabrice Amadeo a testé un « capteur d’ADN environnemental », pour cartographier l’ensemble des espèces présentes, des virus aux baleines.

    En 2019, celui-ci a fondé, avec l’entreprise marseillaise Onet, son projet Ocean Calling, pour transformer son voilier en un laboratoire flottant. Température, salinité, taux de CO2, microplastiques, biodiversité marine : toutes ces données sont captées puis transmises à des instituts de recherche partenaires pour mieux comprendre l’état des écosystèmes marins. Le tout à bord d’un bateau fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable, sans une goutte de carburant fossile. Le skipper prévoit de déployer à plus grande échelle lors du Vendée Globe 2028. En attendant, il prépare la Route du Rhum, dont le départ est prévu en novembre prochain depuis Saint-Malo. Ancien journaliste et ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur du Figaro Nautisme, Fabrice Amadeo a depuis enchaîné les courses comme le Vendée Globe, en 2017 et en 2025.

  • L’office de tourisme de Martigues mise sur la qualité plutôt que la quantité

    L’office de tourisme de Martigues mise sur la qualité plutôt que la quantité

    Lancement de saison pluvieux, lancement de saison heureux. C’est en tout cas ce qu’espère le directeur de l’office de tourisme de Martigues, Jean-Jacques Micoud, ce jeudi 4 juin au soir, alors que la pluie s’abat sur le camping de l’Arquet. Pas d’inquiétude : la structure municipale peut compter sur des « produits stars », comme les visites du décor de la série à succès Camping Paradis, situé à deux pas du village vacances. Le 18 avril, la sortie a battu son record d’affluence avec 500 participants sur la journée.

    Les chiffres de la saison passée sont plus qu’encourageants : « Près d’un million de nuitées, plus de 350 000 touristes accueillis et une progression de la fréquentation dans les hébergements marchands de 11% », se réjouit Gaby Charroux (PCF), le maire de la commune, qui « confirme sa place parmi les destinations incontournables de Provence ».

    Pour l’élu, si les résultats sont aussi bons, c’est que Martigues affiche de nombreux atouts. Sa situation géographique, d’abord. « Nous sommes entre la Méditerranée, avec notre belle Côte Bleue, ses plages et ses calanques, son parc marin et sa zone protégée ; et l’étang de Berre. (…) Nous avons trois quartiers, avec chacun leur centre-ville avec un patrimoine historique remarquable, en témoigne le label ville d’art et d’histoire. »

    Gaby Charroux souligne également les choix politiques menés depuis des décennies : « Nous n’avons pas bétonné une grande partie du territoire pour préserver l’environnement. Selon les scientifiques, nous avons une biodiversité exceptionnelle. Nous voulons que chacun puisse en profiter. » Sans parler de la « vie culturelle foisonnante », du patrimoine industriel, maritime, et des studios de cinéma Provence Studios.

    Le « mieux tourisme »

    De nombreux atouts, donc, qui sont surtout bien mis en valeur par l’office de tourisme, qui insuffle une dynamique pour passer au « mieux tourisme ». Jean-Jacques Micoud revendique « un autre rapport au temps, pour que chacun ait le temps de prendre son temps, de s’ennuyer, car l’ennui est une source de créativité ».

    Pour cet été, les ingrédients de la recette de l’office de tourisme seront « culture, histoire, douceur de vivre, bonne humeur et envie d’être ensemble », avec des visites tournées autour des trésors de la nature et de la gourmandise, des éco-balades autour de l’étang de Berre et des éco-randos citoyennes, une exposition « Regards croisés sur la faune et la flore locales » ou encore des découvertes de la ville au fil de l’eau en canoë sur les canaux, du snorkeling dans le Parc marin de la Côte Bleue, des couchers de soleil en bateau… L’offre est foisonnante, et toujours accessible financièrement.

    Programme complet sur le site de l’office de tourisme

  • Vaste opération de la police de l’environnement en Méditerranée

    Vaste opération de la police de l’environnement en Méditerranée

    La police de l’environnement s’est mobilisée durant le long week-end de l’Ascension sur la mer Méditerranée, pour sensibiliser les différents usagers des espaces maritimes. Au total, plus de 90 bateaux ont été contrôlés. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre de l’opération Airpro, qui consiste à mener des actions de prévention et de contrôler les éventuelles atteintes aux espaces protégés. Pour cause : une dégradation des milieux liée à l’augmentation de la fréquentation touristique et de la pêche de loisir.

    Les eaux de Méditerranée occidentale constituent un « hotspot de biodiversité », explique l’Office français de la biodiversité. Elles abritent des habitats comme des herbiers de posidonie ou des récifs et de nombreuses espèces protégées (tortues marines, cétacés…). «Le réseau d’aires marines protégées tels que les parcs naturels marins, qui couvre plus de 80% du linéaire côtier méditerranéen français vise à préserver cette richesse écologique et les équilibres du littoral », ajoute l’office.

    C’est la première fois qu’une action de police de l’environnement se déroule sur les aires marines protégées de la Méditerranée. Une opération qui rappelle certaines pratiques à adopter sur les milieux littoraux et en mer, comme tenir son chien en laisse en cas d’oiseaux nichant sur les plages… Elle vise également à sensibiliser les usagers aux règles encadrant la fréquentation de ces espaces et aux impacts des activités humaines sur la biodiversité.

  • Cassis : éboulement rocheux à Cap Canaille

    Cassis : éboulement rocheux à Cap Canaille

    Un bruit de détonation accompagné d’un nuage de poussière qui a inquiété les clients en terrasse sur le port de Cassis. Alertés, dès 21h40, des effectifs de la gendarmerie de Cassis ainsi que sept sapeurs-pompiers du Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) se sont rendus sur le site pour effectuer une reconnaissance « terre et mer ». Aucune victime n’était heureusement à déplorer.

  • [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    « On dit souvent qu’il est possible de tirer du positif de toutes les catastrophes. Je crois que l’École du feu en est un exemple concret » : Nicolas de Monsabert est un habitant de la Pelouque dans le 16e arrondissement de Marseille. Son quartier de l’Estaque a été parmi les plus touchés par l’incendie qui a ravagé une partie des quartiers Nord de la ville à l’été 2025. Le 8 juillet, le feu se déclare aux Pennes-Mirabeau, à proximité de l’autoroute A55. Il parcourt finalement 750 hectares et détruit ou dégrade quelque 90 habitations. Dont celle de Nicolas.

    De cette catastrophe naît une volonté : lutter contre l’oubli, qui souvent fait suite aux événements traumatiques, en tentant d’apprendre à mieux appréhender le feu, inhérent à l’écosystème méditerranéen. Une ambition qui devient réalité lorsque le collectif de l’incendie du 8 juillet, créé au lendemain de la catastrophe, décide, en août, de fonder un sous-groupe de travail : l’École du feu, portée par les habitants, le Bureau des guides et plusieurs experts du feu. L’initiative reçoit, en décembre un financement de la part de la Fondation de France. De quoi monter, sur deux ans, un plan de « recherche-action ».

    Apprendre, transmettre, agir

    « Évidemment, la première étape est celle de la montée en compétences », souligne Julie De Muer. Pour accompagner cet apprentissage, notamment : Jordan Szcrupak, paysagiste concepteur et, depuis 12 ans, spécialiste de l’apport du paysage sur les risques incendies. Son rôle : « Sensibiliser à la fois les habitants et les pouvoirs publics aux manières dont on peut adapter nos constructions dans les zones à fort risque incendie ».

    D’autres experts, comme Élise Boutié, anthropologue, proposent une approche moins technique et reviennent sur le rapport qu’entretiennent les sociétés avec le feu. Pour retenir toutes ces informations, des artistes, telle que Garance Maurer, qui produit depuis trois ans des travaux autour du feu, réfléchissent, toujours en collaboration avec les habitants, à des méthodes pour   accompagner la digestion collective des apprentissages ».

    Mais l’École du feu ne se veut pas que théorique, au contraire. Plusieurs « travaux pratiques » ont déjà été mis en place, comme la création d’une pépinière dans l’un des secteurs touchés par le feu. Parmi ses futures ambitions : mettre en place un « troupeau du feu », qui pourrait assurer un rôle de débroussaillage, essentiel pour limiter l’expansion d’un incendie. « C’est un vrai projet politique de vivre ensemble », apprécie Nicolas de Monsabert, très impliqué dans le groupe de travail.

    Une exposition retraçant la première année de travaux de l’École du feu se tiendra début juillet à l’Estaque.

    Margot Milhaud La Marseillaise

  • Lehaim, un festival pour découvrir les cultures juives

    Lehaim, un festival pour découvrir les cultures juives

    Lancé l’année dernière, le festival Lehaim, ou « à la vie en hébreu », entend s’inscrire dans la durée et confirme ainsi une deuxième édition. Moment de célébration des cultures juives, le festival affirme désormais sa place dans le paysage culturel local. Pour ce nouveau rendez-vous, les organisateurs orientent leur programmation autour des cultures juives méditerranéennes.

    « On a eu envie de proposer un festival de culture pour parler du judaïsme autrement que dans des conditions souvent négatives, avec des retentissements que l’on connaît trop bien depuis quelques années. On avait envie de repartager quelque chose de joyeux autour de la culture juive. D’où le nom du festival : se concentrer là-dessus, donner à découvrir cette culture dans un élan optimiste, joyeux et surtout de vivre ensemble », rappelle Jessy Bloch, l’une de cofondatrices de Lehaim.

    Sur le même modèle que l’an passé, le festival se décline en deux volets. Le premier se tient dès le jeudi 4 juin, avec une « soirée d’ouverture » prévue au Pavillon de Vendôme. Au programme : un grand dîner attablé, de la musique live « reprenant le style des cabarets orientaux des années 1950-1960 », mais aussi une scène de stand-up sur laquelle monteront les humoristes Rosa Bursztein et Salima Passion.

    Si l’entrée à cette première journée est payante (55 euros) et accessible sur billetterie, une seconde journée, prévue le dimanche 7 juin, sera gratuite et en libre accès. Ce jour-là, plusieurs ateliers d’arts manuels, de percussions, des cours de pâtisserie orientale, de poterie, entre autres, seront proposés au public. Un important volet culturel, comprenant notamment une « tente de la mémoire », sera aussi accessible. Pour rappel, l’année dernière, le festival a réuni 300 personnes lors de sa première journée et 1 500 pour la seconde.

  • Un exercice de sauvetage de force majeure sur un ferry

    Un exercice de sauvetage de force majeure sur un ferry

    « Mayday ! Mayday ! Nous signalons un départ d’incendie dans la salle de barre avec des blessés. Et nous avons perdu notre capacité de manœuvre ! » Aux alentours de 9h, dans la salle de pilotage du ferry, le commandant Nicolas Chatot contacte le centre de contrôle de la préfecture maritime. Le préfet déclenche alors le dispositif de sauvetage Orsec de niveau 3, c’est-à-dire le niveau maximal. Dans quelques minutes, des renforts humains et matériels vont arriver de la mer et des airs. Tout ceci pour un exercice grandeur nature.

    Conditions réelles

    Mais les conditions, elles, sont quasi réelles. Dans le garage qui fait office de théâtre d’un feu, des mannequins entassés et des marins-pompiers, acteurs d’un jour, recouverts de faux sang, certains plâtrés, d’autres sous perfusion. Dans ce scénario, vingt victimes sont à déplorer, certaines gravement blessées. Trois nécessitent une évacuation d’urgence. L’atmosphère de grande concentration des équipes de pompiers contraste avec le chaos des corps au sol. Mais il faut du renfort pour maîtriser le feu (fictif) qui se déploie tout en secourant les victimes. Les pompiers vêtus de lourds uniformes (20kg au total) éteignent le feu et évacuent les blessés, qui sont pris en charge par des soignants au Point de rassemblement des victimes (PRV) improvisé sur place, dans une zone du parking. Le temps presse, l’exercice demande une grande coordination entre les différentes équipes, afin de sauver tous les passagers.

    En parallèle de l’action dans le garage souterrain, des équipes de renfort arrivent de toutes parts. Et là encore, la coordination prime. Une embarcation du bataillon des marins-pompiers de Marseille s’approche du ferry. Au même moment, un hélicoptère de la Marine nationale, avec à son bord l’Équipe d’évaluation et d’intervention (EEI), arrive depuis Hyères. Il tourne plusieurs longues minutes autour du Paglia Orba. L’hélicoptère se rapproche à grand bruit du point d’hélitreuillage et fait descendre un à un les membres d’équipage, créant des rafales de vent. Il repart au bout d’une dizaine de minutes. Quelques instants plus tard, un deuxième hélicoptère du Samu fait descendre des soignants. Tous se rendent en courant sur le lieu de l’incident. En une trentaine de minutes, le feu est éteint et les blessés sont pris en charge. Une victime se fait hélitreuiller en civière par le Samu, pour être emmenée à l’hôpital d’urgence.

    Au même moment, une deuxième action a lieu. En effet, le ferry a besoin d’assistance pour être remorqué jusqu’au port maritime de Marseille, son point de départ. C’est la mission de l’Abeille Méditerranée. Ce bateau est un remorqueur d’intervention d’assistance et de sauvetage (Rias). Son petit volume contraste avec l’immensité du ferry, de plus de 200 mètres de long. Mais il ne faut pas s’y fier : sa puissance de tractage lui permet de remorquer les plus gros navires. Pour l’exercice, le tractage ne s’effectuera pas sur tout le trajet du retour.

    Un exercice nécessaire

    La situation est maîtrisée, les derniers blessés légers sont pris en charge. C’est au tour de l’Équipe d’évaluation et d’intervention de jouer, afin de contrôler l’état du navire. La pression peut enfin se relâcher. « Sur ce genre d’exercice, les conditions sont réalistes. C’est nécessaire de s’entraîner sur des missions de cette ampleur pour travailler la coordination entre les équipes », explique Tony, matelot des marins-pompiers de Toulon. « Comme en conditions réelles, on doit faire face à des imprévus et réagir en conséquence. » Ce type d’exercice est exceptionnel par le nombre d’équipes déployées. Il est réalisé une fois par an. « Mais évidemment, nous nous entraînons toute l’année sur des missions de sauvetage en mer de plus petite ampleur. »

    En passerelle, le commandant du ferry, Nicolas Chatot, se réjouit du déroulement de l’exercice : « On a observé une réactivité sans faille. C’est important avant la saison qui arrive. » Emmanuel, capitaine de corvette et représentant de la Marine nationale, ajoute : « Nous nous entraînons aussi sur des missions de crash aérien, c’était le cas l’an passé, mais aussi à du contre-terrorisme. » Les professionnels se préparent au pire pour le jour J, tout en ayant conscience que chaque situation reste imprévisible.