Tag: Méditerranée

  • Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    « La sirène a retenti, on a dû sortir. » Ce jeudi matin, Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) à la culture à la mairie de Marseille, comme les autres membres du conseil d’administration de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée (Inseamm), dont le directeur général Raphaël Imbert, ont dû quitter l’instance après son interruption fortuite… Et devant une « haie du déshonneur » faite par plusieurs dizaines d’agents, enseignants aux Beaux-Arts, du conservatoire ou encore agents d’accueil. Lesquels ont largement hué la direction avec des slogans sans fausse note : « La direction s’engraisse, la pédagogie régresse » ou encore « direction gavée, école asphyxiée ». La veille, le conservatoire Pierre-Barbizet était fermé du fait d’une grève des agents d’accueil, en lutte depuis plus d’une semaine, pour « plus de reconnaissance » (lire nos articles du 07/01 et 15/01).

    En bref, la colère monte crescendo et les différents corps de l’Inseamm accordent leur violons pour se faire entendre. « Je suis agent ici depuis 1985 et c’est la première fois que je vois un tel mouvement », glisse un travailleur de la culture. Vincent Robinot, élu du Snam-CGT, résume la problématique : « On a le sentiment que la direction générale est sourde aux inquiétudes que l’on exprime depuis bien longtemps. Le projet du campus Art Méditerranée met à mal l’enseignement des arts dans nos établissements. » Avant de prendre un exemple concret : « On voit des embauches au secrétariat général, chez les hauts-cadres, mais aux Beaux-Arts et au conservatoire, pour les agents au contact, il y a des baisses de budgets. » L’écho est sensiblement le même chez les agents d’accueil : « Un sous-effectif, des horaires qui explosent, des missions qui s’alourdissent et des salaires qui stagnent. »

    « Des mesures d’avancées sociales »

    En bon chef d’orchestre puisque président du conseil d’administration, Jean-Marc Coppola veut calmer le tempo : « Il y a des revendications légitimes des agents d’accueil, on a fait des propositions qui ne les satisfont pas, on peut l’entendre. On va se remettre autour de la table. » Sur les critiques de gestion et autour du campus Art Méditerranée, il hausse le ton : « Il y a de l’incompréhension de la part des représentants des personnels. On a un projet qui vise à créer de nouveaux partenariats, à aller chercher des moyens supplémentaires. » Et rappelle tout un panel de « mesures d’avancées sociales » à la fois salariales et indemnitaires mises en place.

    Sur le fond, il renvoie à une situation budgétaire complexe : « Les moyens de l’établissement sont assurés à 80% par la Ville de Marseille, c’est plus de 16 millions d’euros. La contribution a augmenté depuis le début du mandat. Par contre, celle de l’État a diminué et il n’y a aucune contribution de la Région, ni du Département, ni de la Métropole. » Une nouvelle réunion est prévue, ce vendredi entre grévistes, direction et présidence du conseil d’administration.

  • Les petites mains du conservatoire de Marseille relèvent la tête

    Les petites mains du conservatoire de Marseille relèvent la tête

    « On est les boucliers du conservatoire : on gère tout mais on ne pense jamais à nous. » Dans les salles du Palais Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille, les agents d’accueil et de surveillance du conservatoire Pierre Barbizet sont remontés et entendent bien taper du poing sur la table. Les petites mains de cet établissement de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm) sont en mouvement social depuis ce lundi, avec l’appui de la CGT, à coups de deux heures de grève le matin et en fin d’après-midi.

    De quoi impacter l’accueil des usagers mais surtout mettre en lumière leurs conditions de travail qu’ils jugent « plus que dégradées ». Sous couvert d’anonymat, les agents dénoncent une multitude de problématiques, allant d’une nouvelle salle de repos à des recrutements en passant par une revalorisation salariale. Nicolas* dénonce : « On fait face seuls à plein d’aléas, il y a des procédures qui ne sont pas forcément suivies, c’est en mode freestyle ». Marie*, son homologue, prend un exemple concret : « Le soir, on est les derniers présents sur le site. Parfois, on réalise le travail du service scolarité, c’est-à-dire qu’on doit gérer les enfants quand les parents sont en retard mais on n’a même pas accès au logiciel pour avoir leurs numéros de téléphone ! » Autre anecdote qui en dit long : « Quand il y a des inondations, c’est nous qui nettoyons, alors que ce n’est pas dans nos fiches de poste. » In fine, ils demandent une reconnaissance accrue au regard « du premier maillon de la chaîne » qu’ils représentent.

    Un travail sur « des propositions concrètes »

    Tous pointent l’état de leur salle de repos, en réalité un local technique dans un état peu reluisant où se mêlent casiers personnels, colonne informatique et fenêtre cassée. Une première discussion avec la direction a eu lieu, ce lundi. Les agents relatent un « échange constructif » et une direction globalement à l’écoute. Ce que confirme le directeur général de l’institut Raphaël Imbert : « On a eu un échange sur l’expression d’un mal-être au travail qu’on a entendu et sur les débuts de réponses que l’on peut apporter. » Dans une situation budgétaire contraignante (lire notre article du 06/01), il assure travailler à « des propositions concrètes » comme sur le passage en filière technique, le réaménagement de la salle de repos, un audit, une revalorisation… « Ils manifestent un besoin d’écoute et de reconnaissance, on a convenu de faire un effort », conclut le directeur général.

    *Les prénoms ont été changés

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »

  • Carnavals en série à Draguignan

    Carnavals en série à Draguignan

    Le carnaval n’est pas proprement une fête qu’on donne au peuple mais que le peuple se donne à lui-même. » Signés par Goethe dans ses Voyages en Italie en 1788, des mots résonnant dans le parcours « Carnavals d’ici et d’ailleurs », qui prend ses quartiers depuis ce week-end à l’Hôtel départemental des expositions du Var. Qu’il soit de Venise ou de Rio, de la Méditerranée comme des tropiques, le carnaval comporte un « caractère universel : ils se déroulent entre le mercredi des Cendres, ils sont organisés par la société civile, et non pas par un pouvoir, de manière libre, pour créer un moment festif avec des costumes, déguisements et moments joyeux permettant d’envisager un défilé dans la ville », campent Mireille Jacotin et François Dallemagne, commissaires d’un parcours jalonné de plus de 150 œuvres, objets et documents : d’un marbre Pan et Daphnis, provenant du Musée archéologique de Naples, à des œuvres style « Beaux-Arts et même plus contemporaines. On a voulu montrer comment certains artistes se sont emparés du sujet du carnaval comme Mircea Cantor, Pierre Alechinsky pour le carnaval de Binche, Ben pour celui de Nice, ou Jean Tinguely dont on fête le centenaire ».

    Du Languedoc à Rio

    L’exposition est séquencée en épisodes évoquant par exemple les carnavals du Languedoc et ses mascarades avec un clin d’œil au Sans toit, ni loi d’Agnès Varda (1985), celui de Bâle nourri ses « cliques et lanternes », ou du plus mythique d’entre tous, celui de Rio de Janeiro. « La nature des objets présentés est très variée. Il y a aussi des costumes, tous portés. On pense notamment à ceux prêtés par Alain Taillard, collectionneur belge qui participe à ce carnaval depuis longtemps », illustrent entre autre Mireille Jacotin et Françoise Dallemagne. Autant d’évocations faisant cheminer le visiteur dans la galaxie carnavalesque, mais qui le conduisent aussi à s’interroger finalement autour de la question suivante : « le carnaval d’aujourd’hui n’est-il plus simplement qu’un événement pour servir les politiques d’attractivité des territoires, en lien avec des traditions locales renouvelées et adaptées pour devenir des spectacles où le public est convié à regarder plus qu’à participer ? »

  • Benjamin Mathieu, champion de France de bouillabaisse

    Benjamin Mathieu, champion de France de bouillabaisse

    Après avoir longé la mer et admiré le paysage, tout au bout d’une route sinueuse se trouve ce que les Marseillais appellent « le bout du monde ». Benjamin Mathieu, « Ben » pour les proches, accueille le sourire aux lèvres sur le pas de la porte de l’Esplaï du Grand Bar des Goudes, son célèbre restaurant méditerranéen. Avec une vue imprenable sur le petit port de pêche, on mange la bouillabaisse, ou plutôt celle du champion de France.

    « Ici, c’est la traditionnelle, avec des galinettes, vives, rascasses, Saint-Pierre et congres sans oublier les favouilles. Après avoir mariné au safran avec un petit peu de bouillon et d’huile d’olive, les cinq poissons finiront leur cuisson dans le bouillon. Rouille, croûtons et rappé avec un petit verre de blanc des Alpilles, et le tour est joué », détaille le chef en toute simplicité. Mais comment fait-on pour décrocher le titre ?

    « C’est pas nous qui avons candidaté, on a été sélectionnés pour représenter Marseille. Nous étions six au total. Nos concurrents venaient d’Ajaccio, Saint-Tropez, Anthy-sur-Leman, Carro (Martigues) et Paris », précise Benjamin. Le rendez-vous était fixé le 7 décembre au restaurant La Calanque bleue, chez Yvan Vahanian, à Sausset. Et de poursuivre : « Par brigade de trois, nous avions 3 heures pour réaliser le plat, avec des cuisines en mode Top chef, un garde-manger, des poissons magnifiques et un jury d’exception. La dégustation s’est faite à l’aveugle, j’avais le cœur qui battait, je vous dis pas. On a dû patienter durant une heure pour avoir le résultat. » Tenir un timing de 3 heures est sans doute la contrainte qu’il a le plus travaillée. « Habituellement, je fais un peu comme je veux, mais là pas question, avec en plus un jury très haut de gamme en face de nous. Le travail a payé, d’abord les pommes de terre cuites au safran, vite lancer la soupe, et l’heure tournant, j’étais prêt. Il n’y avait plus qu’à plonger les poissons. »

    Les poissons ? Locaux, extra-frais comme l’exige cette recette emblématique des petits métiers qui cuisinaient les invendus ou invendables du matin dans une grande soupe qui, lorsqu’elle bouillait, se voyait réduite pour y plonger les poissons. En provençal, bouiabaisso, ou bolhabaissa, impératif signifiant « abaisser l’ébullition ».

    Une fierté pour Benjamin, mais aussi une récompense familiale. « Nous étions une équipe de trois. Mon père, Philippe, chef de cuisine, et son ami de toujours Claude Bodin, ancien chef du Pescadou qui avait réalisé la bouillabaisse pour Jacques Chirac. On s’est entraîné pendant un mois. On s’est mis un peu la pression », lâche le grand gaillard l’œil malicieux.

    Patrimoine immatériel
    de l’Unesco

    L’organisateur de ce championnat n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Yvan Vahanian, chef de La Calanque bleue, qui promeut la bouillabaisse dans le monde entier avec pour objectif d’arriver à la faire classer au patrimoine immatériel de l’Unesco. Quand Benjamin se refait le film de cette incroyable journée, il lâche : « C’était pas n’importe quoi, ça représente vraiment la Ville, ça fait partie de sa culture. Je suis un vrai Marseillais, j’ai acheté un restaurant aux Goudes. C’est génial ! vraiment. » Viens alors tout naturellement, la question des championnats du monde. « Ben, on va gagner ! Je vais pas laisser gagner un Mexicain », lance-t-il dans un éclat de rire, avec la conviction d’un supporter de l’OM avant le match. Avant de se reprendre : « l faut se méfier, y aller avec humilité. Je change pas l’équipe qui gagne. Mes premiers souvenirs de cuisine, c’est avec mon père et Claude. »

    Philippe, le père, jeune retraité, a naturellement repris le chemin des cuisines chez son fils. Ce championnat est un peu une consécration. Avec aplomb, il l’assure : « On allait gagner, c’était sûr ». Mais quand il évoque cette journée, ses yeux s’embuent de larmes qui en disent long sur le chemin parcouru par son fils. Du haut de ses 36 ans, Benjamin revoit le film de sa vie : « J’ai travaillé dans des 3 étoiles, des 2 étoiles, dans des palaces à Paris, à Monaco, à l’étranger aussi, mais selon moi, pour faire la meilleure bouillabaisse, il ne fallait absolument pas la revisiter en mode étoilé. » Il se remémore la mode des années 90-2000, où le plat emblématique était revisité en milk-shake, en compressé, en gelée… « Oui, oui, j’ai vu des vidéos », assure-t-il. Mais, aujourd’hui, la tendance semble dépassée. Retour aux fondamentaux.

    L’Esplaï. 28 Rue Désiré-Pelaprat,13008

  • L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    « Notre mer, berceau de civilisations, étouffe sous le plastique. La Méditerranée, semi-fermée et cernée par des zones fortement urbanisées, est aujourd’hui l’une des mers les plus polluées du monde », amorce la lettre ouverte envoyée aux ministres de la COP 24, réunis au Caire du 2 au 5 décembre derniers.

    Adressé par la Coalition interparlementaire pour mettre fin à la pollution plastique, signée par des organisations, scientifiques, associations et citoyens engagés, ce courrier étaye : « Chaque année, 230 000 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans la Méditerranée, soit environ 730 tonnes par jour. Plus de 7 millions de tonnes de plastiques (macro, micro et nano) sont déjà accumulées dans le bassin méditerranéen, soit l’équivalent en poids de 350 milliards de bouteilles en plastique. »

    Et d’alerter  : « Ce volume pourrait doubler d’ici 2040 sans action majeure. Cette situation est d’autant plus dramatique que dans la Méditerranée, tout plastique rejeté y est piégé, contaminant la faune, la flore et, par l’infiltration de microfibres, d’additifs chimiques et de perturbateurs endocriniens, la santé humaine elle-même. »

    12 ramassages par an

    Servane Tarot, directrice de l’Atelier Bleu à La Ciotat, association qui œuvre à la protection de l’environnement « de Marseille à Toulon, sur la côte provençale » rappelle-t-elle, fait partie des signataires du courrier. « Face à l’urgence et à la lenteur des négociations internationales, cette lettre appelle à un plan d’actions », insiste-t-elle. Notamment « fixer des objectifs ambitieux de réduction, créer un fonds méditerranéen dédié et intégrer cette lutte dans toutes les politiques publiques » .

    La lutte contre la pollution plastique est une des missions de l’Atelier Bleu depuis 1984, informe Servane Tarot. « Nous mettons en place des actions curatives, avec par exemple 12 opérations de ramassage de plastique par an, avec les écoles, les entreprises, les citoyens… », détaille-t-elle. En parallèle, depuis 2018 auprès des commerçants ciotadens et 2024 auprès des forains des marchés de La Ciotat, « nous agissons pour sensibiliser à la réduction des sacs plastique à la source. 80% d’entre eux ont accepté notre accompagnement personnalisé pour faire évoluer leurs pratiques. Un des obstacles est économique : les emballages réutilisables coûtent plus cher que le plastique… », développe-t-elle.

    Il y a encore du chemin à faire pour que l’usage d’un contenant réutilisable par le consommateur gagne du terrain.

  • [Entretien] Éric Borghini : « Le football n’est jamais qu’un microcosme de la société »

    [Entretien] Éric Borghini : « Le football n’est jamais qu’un microcosme de la société »

    La Marseillaise : Cette assemblée générale était l’occasion pour vous de rassembler les cinq Districts qui composent votre Ligue. Sentez-vous un groupe uni derrière vous ?

    Éric Borghini : C’est la première saison de ma dernière mandature, qui dure quatre ans, jusqu’en 2028, où nous avions, pendant la campagne électorale, fait un certain nombre de propositions qui ont été acceptées avec ma réélection. Et c’est ce qu’on a commencé à mettre en œuvre avec beaucoup de bonheur, puisque l’un des points principaux était de resserrer les liens au niveau de la gouvernance entre la Ligue et les Districts. C’est ce qui a été fait. Les présidents de Districts font partie intégrante du bureau exécutif de la Ligue, c’est-à-dire qu’ils participent à sa marche quotidienne. Je crois que c’était très important dans l’aboutissement de la démocratie pour le fonctionnement de la Ligue avec les instances de proximité que sont les Districts.

    Quel bilan dressez-vous
    de la saison 2024/2025 qui s’est achevée il y a quelques mois ?

    E.B. : Ce fut une saison magnifique, surtout au niveau du nombre de licenciés. Depuis l’année dernière, on dépasse la barre historique des 135 000 licenciés. C’est une très grande source de satisfaction. Et puis, sur le plan financier, on termine l’exercice avec un excédent de 70 000 euros. C’est positif parce que, la marche de la Ligue est comme toutes les organisations. On est une petite PME [petite et moyenne entreprise, Ndlr] de 47 employés. On compte sous et centimes d’euros. Mais on a réussi à mener toutes nos actions et je crois surtout, à diversifier les sources de revenus parce qu’on ne peut plus, comme par le passé, vivre uniquement des subventions. Même si la Région, l’État et surtout la Fédération ont fait des efforts. Le président Diallo fait ruisseler un peu cette manne extraordinaire, que représentent les contrats avec Nike, jusque dans les Ligues et dans les Districts.

    On constate une évolution de la féminisation très inférieure par rapport aux saisons précédentes. Comment l’expliquez-vous ?

    E.B. : Sur la féminisation, nous avons, ici, en Méditerranée, je pense, un problème spécifique, qui est celui des équipements. Le prix du terrain au mètre carré en Méditerranée n’est absolument pas comparable avec le prix du mètre carré dans la Creuse, dans d’autres départements ruraux. Les mairies ne peuvent pas construire des terrains de football, autant qu’on en aurait besoin. Il y a des clubs qui voudraient ouvrir des sections féminines, mais qui ne le peuvent pas, qui sont obligés de refuser les petites, parce qu’ils n’ont pas de créneaux pour s’entraîner. Il ne faut pas oublier non plus la baisse de la natalité. C’est une catastrophe qu’on a découverte il n’y a pas longtemps. Les chiffres de la natalité en France se sont effondrés, et naturellement, on a subi les conséquences. Ça explique, en partie, la baisse du nombre de licenciés.

    Le plus grand combat du football moderne reste la lutte contre la violence. Un fléau de plus en plus présent dans les stades, surtout dans le monde amateur…

    E.B. : La recrudescence de ce phénomène de violence s’explique, à mon avis, par l’état de la société française actuelle. Nous vivons dans une France qui est fracturée, désenchantée et complètement la tête à l’envers. Comme d’ailleurs en témoigne la politique aujourd’hui, où on voit de la violence partout, à commencer à l’Assemblée nationale. Il n’y a plus de débat, c’est des injures, des invectives, des violences physiques entre députés. Donc, derrière, il faut bien comprendre que le football n’est jamais qu’un microcosme de la société française. Donc, que faire ? Alors, bien sûr, on renforce l’appareil répressif. Moi-même, dès la première assemblée générale qui a suivi mon élection, j’ai fait voter le principe de la radiation à vie de n’importe quel acteur du football qui provoquerait des blessures volontaires entraînant une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours. Fort heureusement, on n’a pas eu besoin d’en arriver là. Après, il y a le volet pédagogique. Si la répression permettait de régler tous les problèmes, ça fait longtemps qu’on aurait trouvé la solution. Des formations en gestion des conflits pour les dirigeants vis-à-vis des parents, des réunions où on réunit tous les capitaines, sans oublier les dispositifs de la Fédération, comme le carton blanc ou le dispositif de la pause apaisement, sont aujourd’hui les outils qu’on invite à utiliser pour lutter contre ce fléau qui nuit à notre sport.

  • Des investissements sans précédent pour le port

    Des investissements sans précédent pour le port

    En amont du conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille (GPMM) qui s’est déroulé ce jeudi, son président, Christophe Castaner et Hervé Martel, président du directoire du GPMM, ont dévoilé à la presse le projet stratégique Marseille-Fos 2025-2029. Une feuille de route qui trace les orientations de la structure pour les prochaines années. « Notre objectif c’est faire en sorte que le port de Marseille soit un acteur incontournable du commerce méditerranéen », campe Christophe Castaner.

    Plus d’un milliard d’investissements à venir

    Et dans cette optique, les deux présidents annoncent des investissements plus que massifs. « On est sur un niveau d’investissement sans précédent qu’on situe entre 1 milliard et 1,3 milliard dans les 4-5 ans qui viennent », explique Christophe Castaner, précisant que « sur les 5 années précédentes, la réalité d’investissement était de 340 millions d’euros ». Hervé Martel abonde : « On est passé de moins de 250 millions à 340 millions puis à 1 milliard. Vous voyez la croissance exponentielle. » Des montants inédits pour le GPMM avec « des acteurs privés qui prennent part à ce projet de territoire ».

    Renforcement des trafics

    Et qui dit investissements massifs, dit projets massifs à venir. « On va étendre le terminal à conteneurs du premier armateur mondial », annonce Hervé Martel, qui évoque une « dynamique de développement commune avec MSC ». C’est le fameux projet Fos 3XL qui implique 450 mètres de quai supplémentaires, extension de terre-plein etc. Une « opération à 220 millions d’euros très structurante », insiste-t-il. « Ça permettra d’accoster deux très gros navires et d’avoir un quai public pour les barges », Le tout, « pour faire face aux besoins et ça nous donne une capacité à très long terme pour faire plus de conteneurs ». Dans cette lignée, le GPMM avance aussi sur les zones logistiques Feuillanne Nord et ZSP2 (Zone de services portuaires), à l’arrière des terminaux. On parle de plusieurs centaines d’hectares « d’entrepôts qui vont pouvoir sortir de terre dans les années qui viennent ».

    Connexion ferroviaire et fluviale

    Autre sujet d’importance : « L’interface port-fleuve et port-rail sera considérablement améliorée », promet Hervé Martel. Et Christophe Castaner espère faire du GPMM « la porte d’entrée d’un hinterland élargi » ciblant notamment l’axe MeRS (Méditerranée, Rhône et Saône). En lien avec cette question de la desserte du port via le rail, Hervé Martel insiste sur « le dynamisme du trafic de remorque ». « Il y a du travail pour structurer le roro [trafic roulier, c’est-à-dire le transport de marchandises roulantes voitures, poids lourds, remorques Ndlr] ». Dans ce cadre, « on travaille à des connexions ferroviaires pour les bassins Est », poursuit Hervé Martel. Plus globalement, le GPMM table sur 25% de part modale du ferroviaire pour les conteneurs d’ici 2040, et 11% de part modale de fluvial. Côté route, le port est aussi partie prenante dans le contournement routier de Martigues-Port-de-Bouc.

    Des questions de dialogue

    Enfin, les deux présidents insistent sur « le rapport ville-port ». Un exemple de la bonne volonté affichée : « La saison prochaine, on branchera les navires de croisière. » Le GPMM entend aussi avancer sur l’interface avec « l’aboutissement d’un projet d’une nouvelle gare maritime Corse commune aux deux armateurs ». Le tout, en lien avec le projet Phare, la rénovation du siège du GPMM à la Joliette. Pour le J4, « on a décidé d’en assurer nous-mêmes la maîtrise d’ouvrage », précise Hervé Martel. Et le J1 « est sur les rails ». Castaner loue « une révolution spatiale » quand Hervé Martel souligne « une vraie rupture sur la relation de territoire à Marseille ». Autre aspect de ces questions de rapports sociaux : le dialogue social. Et notamment avec la CGT suite à la présentation de sa feuille de route, la semaine dernière. « La CGT a fait une communication sur ses attentes pour ce projet stratégique, on s’y retrouve globalement même s’il y a des critiques et remarques qu’on ne partage pas », conclut Christophe Castaner.

  • Plongée au cœur des profondeurs à Montpellier

    Plongée au cœur des profondeurs à Montpellier

    Une plongée au cœur des profondeurs aux côtés de ce natif de Montpellier passionné par le patrimoine marin, qui a bâti son œuvre en dialogue constant avec la Méditerranée, qu’il explore depuis plus de trente ans.

    Auteur de quatorze ouvrages photographiques et lauréat à quatre reprises du prestigieux prix Wildlife photographer of the year, décerné par le Museum d’histoire naturelle de Londres, Laurent Ballesta « incarne un regard à la fois scientifique et poétique sur le monde marin ».

    Présentée sur le stand de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, cette exposition constituée d’une trentaine de photographies propose une immersion dans des mondes marins proches comme l’étang de Thau ou la côte méditerranéenne, mais aussi lointains comme l’Antarctique ou la Polynésie. « Le titre, “Loin du ciel, et parfois près d’ici”, souligne l’idée que l’émerveillement ne réside pas nécessairement dans l’exotisme, mais peut se trouver à notre porte. Cette démarche rejoint la thématique d’Art Montpellier 2025, qui met le cap sur le voyage, en invitant les visiteurs à explorer de nouveaux horizons à travers l’art contemporain », expliquent les organisateurs de la manifestation. Être accueilli dans le milieu de l’art constitue, pour Laurent Ballesta, une reconnaissance particulière. « Si l’art peut sublimer la réalité, il existe aussi une réalité sublime, celle de la nature. Mes photos sont très figuratives parce que le monde sous-marin est déjà complexe à lire. Mon effort, c’est de rendre ces créatures visibles et compréhensibles, sans ajouter une couche d’interprétation qui risquerait de brouiller la lecture », précise-t-il. Cette exposition s’inscrit dans une série d’événements dédiés à l’art et à la nature, avec une exposition Mers et Mystères qui a été présentée jusqu’à fin septembre au Musée de la photographie Charles Nègre à Nice et une autre prévue au Festival international de la photo animalière et de nature de Montier-en-Der (20-23 novembre).

    * Parc des expositions de Montpellier.

  • Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Le Primed accorde une attention toute particulière aux jeunes. Deux projection-débats leur permettront d’échanger, en présence d’une journaliste de France Télévisions, sur la place de l’apprentissage de la langue arabe dans l’Éducation nationale avec le Film Mauvaise Langue de Jouar Nadi, et sur les violences sexuelles faites aux femmes avec La Promesse d’Imane de Nadia Zouaoui.

    Ce n’est pas tout. Parmi les douze prix qui seront décernés aux documentaires les plus remarqués, deux reposent entre les mains des lycéens. Le documentaire, qui arrive loin derrière le film dans la consommation des longs-métrages des jeunes, va donc être mis à l’honneur dans les classes de lycées. Au Mucem, le 4 décembre à 10h, le Prix des Jeunes de la Méditerranée récompensera une création parmi trois œuvres soumises à leurs réflexions et sensibilités. Ils seront de ces 3 000 jeunes de la région Sud, mais également du pourtour de la Méditerranée et du Canada, qui auront été émus ou déboussolés, et auront débattu et voté.

    Mais le festival de la Méditerranée en images ne se limite pas à les faire voyager dans des fictions réalistes d’ici et d’ailleurs. Il va plus loin et les fait se glisser dans la peau du réalisateur. Les 4 et 5 décembre, au Mucem et à l’Alcazar, ils rencontreront les réalisateurs en personne lors de deux masterclasses pour découvrir directement le métier et le processus de création qui en découle. Le Prix « Moi, citoyen méditerranéen » décernera ainsi sa seconde récompense le 5 décembre à 16h30 à l’Artplexe Canebière. Ces jeunes auront à convoquer leur imagination et créer un film personnel d’une minute, pour raconter si « Partir, voyager, se perdre ici ou ailleurs, ça vous tente ? ». De quoi conclure cette immersion dans la création documentaire en s’essayant soi-même à l’ouvrage.