Tag: Méditerranée

  • La fête de la science invite autour des intelligences

    La fête de la science invite autour des intelligences

    À l’heure où l’intelligence artificielle s’invite dans notre quotidien, interroge nos certitudes et bouleverse de nombreux domaines, la Fête de la Science 2025 nous invite à explorer ce que signifient réellement les intelligences », introduit lors de la conférence de presse Jean-Luc Parrain délégué régional académique à la recherche et à l’innovation. Le ton est donné, le public est invité à découvrir gratuitement pendant 10 jours toutes les formes auxquelles s’attache dorénavant cette faculté longtemps ramenée à un quotient intellectuel.

    Cette année pas moins de six ambassadeurs régionaux explorent une palette de possibilités pour parler intelligence et science. Dans le Var, c’est Valentin Gies professeur à l’université de Toulon spécialisé dans l’intelligence artificielle embarquée, appliquée à la robotique et à l’acoustique sous-marine qui est le porte-parole. Dans les Hautes-Alpes, on retrouve Romane Le Gal astrophysicienne, spécialisée en astrochimie dont les recherches se concentrent sur la formation de systèmes planétaires. Dans les Bouches-du-Rhône, deux ambassadeurs, Pierre Pascal Lenck-Santini est chargé de recherche à l’Inserm. Il fait partie de l’Institut de neurobiologie de la Méditerranée à Marseille (Inmed). Électrophysiologiste, les oscillations neuronales de notre cerveau sont son domaine de prédilection. Javier Gil-Quijano, lui est responsable d’équipe au CEA et expert en intelligence artificielle appliquée, spécialisé dans le développement de solutions d’IA embarquée et de machine learning pour l’analyse de signaux multi-capteurs. Dans les Alpes-Maritimes, on retrouve Carole Rovère chargée de recherche Inserm au sein de l’Institut de pharmacologie moléculaire et Cellulaire (IPMC – Université Côte d’Azur, CNRS). Ses recherches portent sur les mécanismes cérébraux qui régulent les comportements alimentaires. Enfin, dans le Vaucluse, Cyrielle Garson est maîtresse de conférences en études théâtrales et anglophones à Avignon Université. Passionnée par la rencontre entre sciences et création artistique, elle explore au sein de son laboratoire (Identités culturelles, Textes et théâtralité ( ICTT) les possibilités offertes par le numérique pour réinventer les formes du spectacle vivant.

    Au rayon nouveauté, pour le premier vendredi d’ouverture, le public découvrira un événement intitulé Nuit de la science et organisé dans 3 villes, Avignon, Valbonne et Marseille. « Pour Marseille, une cinquantaine de scientifiques d’Aix-Marseille université sont présents à l’institut méditerranéen de la ville et des territoires(IMVT) pour une soirée gratuite qui s’adresse à tous les publics de 18h à 23 heures » présente Florence Lisle de la cellule culture scientifique et Amu. Et de poursuivre « cet événement intitulé Recherche dans la ville propose un parcours avec 5 espaces. Mobilité, logement, biodiversité, verger collectif, imaginaire autour des noms des rues, ou encore grand jeu et blind test sont des thèmes au menu de cette soirée. »

    Fetedelascience.fr

  • Au procès du Sictiam, tous les prévenus sont relaxés

    Au procès du Sictiam, tous les prévenus sont relaxés

    Relaxe générale, nette et précise au procès du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy (LR), 69 ans, proche d’Éric Ciotti auquel il a succédé en 2017, et de cinq coprévenus dont deux sociétés, jugés dans une affaire de favoritisme et de prise illégale d’intérêts sur des marchés du Sictiam, le syndicat mixte d’ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes et de la Méditerranée chargé de la transition numérique des communes.

    Les prévenus avaient comparu en juillet, à Marseille, sur la base des suspicions d’un rapport de l’inspection générale des services de la Région Sud signalé au parquet de Nice, en 2018, par son président Renaud Muselier, qui suspectait des irrégularités dans l’usage de plus de 5 millions d’euros de subventions versées entre 2014 et 2017, et en particulier lors des travaux d’aménagement du nouveau siège du Sictiam, dans un immeuble loué à Valbonne (06).

    Le parquet de Marseille avait requis 18 mois de prison avec sursis, 35 000 euros d’amende dont 5 000 avec sursis et 3 ans d’inéligibilité sans exécution provisoire contre Charles-Ange Ginésy, estimant que la moitié des 508 000 euros de travaux réalisés sur devis au siège du Sictiam, par un promoteur azuréen, aurait dû faire l’objet d’une mise en concurrence.

    « Contrairement aux suppositions formulées »

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a balayé, lundi, toutes les accusations, retenant que le contrat signé en mai 2017 avec l’entreprise prestataire était « un contrat mixte comprenant à la fois un bail et des travaux d’aménagement intérieur [qui sont] communs à toute société du secteur tertiaire ». Ce contrat mixte « constitue principalement un contrat de bail qui ne relève donc pas des règles de la commande publique de travaux », a tranché le tribunal.

    S’agissant du favoritisme reproché à Francis Kuhn, un ancien directeur général du Sictiam et actuel premier adjoint de Digne-les-Bains (04) sur des marchés publics à des entreprises de conseil, le tribunal le blanchit. « Contrairement à ce qu’ont avancé les inspecteurs de la Région », l’omission d’un montant maximum n’est qu’une « simple erreur matérielle » dans la mesure où, à aucun moment, le Sictiam n’envisageait de dépasser le plafond légal de 207 000 euros fixé par le Code des marchés publics. Le formulaire certifié mentionnait un montant maximum de 90 000 euros qui n’a pas été dépassé. « L’adoption d’un marché à procédure adaptée s’avère donc être bien fondée », ajoute le tribunal, qui conclut que « Francis Kuhn n’avait aucune volonté de violer les règles de la commande publique ».

    De même pour un autre prestataire accusé de favoritisme : « contrairement aux suppositions formulées par les inspecteurs de la Région et des enquêteurs » dit le tribunal, les devis transmis dans le cadre d’une demande de subventions européennes ne correspondent aucunement au marché attribué à cette entreprise, aucun marché n’ayant d’ailleurs été passé, le projet ayant été abandonné. L’office européen anti-fraude n’avait d’ailleurs rien trouvé à redire dans l’emploi des fonds Feder par le Sictiam.

    S’agissant de Sophie Houzet, ancienne directrice du Sictiam qui s’est dit « victime d’une affaire politique au plus haut niveau régional », le tribunal souligne qu’elle n’a « pas pu prendre, recevoir ou conserver directement ou indirectement un intérêt relativement à la convention litigieuse ». Ni elle, ni Francis Kuhn « n’ont eu la volonté de compromettre leur indépendance, leur objectivité et leur impartialité ».

  • Les peintres italiens témoins d’une relation à la mer oubliée

    Les peintres italiens témoins d’une relation à la mer oubliée

    Quelles espèces peuplaient la Méditerranée entre le XVIe et le XVIIIe siècle ? Lesquelles étaient consommées ? Quelle relation les gens entretenaient avec le milieu aquatique ? « Nous avons peu de données pour le savoir », admet Louise Merquiol, post-doctorante à l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) d’Aix-Marseille Université (AMU) qui s’est plongée dans les tableaux de maîtres italiens de cette période à la recherche des espèces représentées. « Les peintures peuvent être des sources de données écologiques et historiques », insiste la première autrice d’un article dans Npj biodiversity. « Les variations spatio-temporelles des représentations d’espèces dans les œuvres ont un sens », résume Thomas Changeux, hydrobiologiste de l’IRD au MIO qui a supervisé ces travaux.

    Louise Merquiol prolonge ici un travail publié en 2021 sur une zone plus large par Anne-Sophie Tribot, écologue au laboratoire TELEMMe (Aix-en-Provence), dans le cadre du projet BiodivAquArt d’« écologie historique ». Cette discipline utilise des ressources historiques –archives, histoires orales… – pour retracer des changements environnementaux. « Les œuvres d’art étaient encore peu considérées », assure Thomas Changeux, à l’origine du projet avec Daniel Faget du laboratoire TELEMMe. « Notre but est de retracer l’histoire des relations entre humains et environnement aquatique », précise-t-il.

    Au-delà de l’Italie

    Raison pour laquelle il se concentre sur cette période entre le XVIe et le XVIIIe siècle. « L’âge d’or de la peinture figurative en Europe », souligne-t-il. Les peintres sont alors nombreux et ont le souci de représenter le réel sans négliger l’esthétique et l’expression artistique.

    Les espèces présentes dans les peintures italiennes témoignent de changements dans les habitudes alimentaires, les techniques et la biodiversité. « Les natures mortes représentent principalement les espèces consommées », souligne Louise Merquiol. Or on constate que les espèces d’eau douce, très représentées au début, disparaissent au fil des ans au profit d’espèces marines. « Cela s’explique par une évolution des techniques de pêche, un climat de moins en moins favorable aux espèces d’eau douce et une perte de leur habitat due aux activités humaines », précise la chercheuse. La représentation d’espèces marines dans des œuvres peintes au cœur de l’Italie témoigne d’échanges entre la côte et l’intérieur du pays. « Probablement le fait d’une amélioration des techniques de conservation », ajoute Louise Merquiol, qui travaille maintenant à étendre le jeu de données à la Méditerranée occidentale.

    Plus il étudie les relations entre humains et environnement, plus Thomas Changeux y voit une capacité d’adaptation. « Dans un contexte de changement climatique qui annonce des temps difficiles, l’art nous touche et peut être vecteur de forces positives », conclut-il.

  • Pour une culture du risque face aux intempéries

    Pour une culture du risque face aux intempéries

    L’eau tue plus que le feu », a rappelé à de multiples reprises Georges-François Leclerc, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, à l’occasion de la 10e campagne d’information de l’État sur les phénomènes méditerranéens de pluies intenses. Au total, ce sont 9 millions de Français qui sont concernés par ces épisodes de grandes crues, sur 15 départements. Parmi eux : les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. « La récurrence d’événements hydrométéorologiques soudains et violents sur le pourtour méditerranéen cause des décès et des dégâts matériels considérables, d’où la nécessité de construire une réelle mémoire du risque », poursuit le représentant de l’État, évoquant, notamment, les 8 morts à déplorer dans les départements du Gard et de l’Ardèche en mars 2024 et les 3 décès de mai 2025 dans le Var. Pour tenter de se prémunir de ce type de catastrophe, le ministère de la Transition écologique et le ministère de l’Intérieur promeuvent dix réflexes à adopter.

    Éviter les comportements à risque

    « 98% des décès des 30 dernières années qui ont eu lieu sur le pourtour méditerranéen lors d’inondations sont liés à trois comportements : le déplacement en voiture, la marche au bord d’un cours d’eau et la descente dans un sous-sol, cave ou parking », insiste Cédric Bourillet, directeur général de la prévention des risques au ministère de la Transition écologique. Et de poursuivre : « D’où l’intérêt de construire avec application une mémoire du risque, qui permette à chacun d’opter pour le bon comportement. » Les réflexes à adopter en cas de risque d’inondation sont donc : reporter tous ses déplacements, à pied ou en voiture, laisser ses enfants en sécurité à l’école, se réfugier à l’étage, ne pas descendre dans les sous-sols, couper – si possible et sans se mettre en danger – le gaz, l’électricité et le chauffage, s’éloigner des cours d’eau, des berges et des ponts, rester informé et à l’écoute des consignes de secours, contacter les personnes vulnérables de préférence par SMS et enfin préparer un kit d’urgence contenant notamment eau, nourriture, médicaments et papiers d’identité.

    Les phénomènes de grandes crues méditerranéennes sont liés à des remontées d’air chaud, humide et instable en provenance de la Méditerranée. Ces remontées d’air peuvent générer des orages violents et parfois stationnaires qui se produisent le plus fréquemment en automne, lorsque la mer est chaude, ce qui induit une forte évaporation. Le changement climatique, particulièrement marqué en mer Méditerranée – elle se réchauffe 20% plus vite que le reste du monde –, favorise l’intensification de ces épisodes.

  • [Entretien] Jean-Marc Groul : « Les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses »

    [Entretien] Jean-Marc Groul : « Les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses »

    La Marseillaise : Dans quels cas parle-t-on de canicule marine ?

    Jean-Marc Groul : Il faut bien faire la différence entre le réchauffement climatique dû au réchauffement global de la planète, qui est quelque chose de lent et continu (0,4 degré en 10 ans environ) et les canicules marines, qui sont des phénomènes exceptionnels et ponctuels. On parle de canicule marine lorsque la température moyenne de la mer est dépassée d’environ 5 ou 6 degrés pendant une période d’au moins 5 à 6 jours. La canicule marine est le plus souvent liée à une canicule terrestre, les fameux dômes de chaleur comme on a eu cette année. La canicule qui a eu lieu fin juin-début juillet était de ce point de vue caractéristique : les nuages ne faisaient pas trop écran, il n’y avait pas de vent donc il y avait une énorme masse de chaleur au-dessus de la mer, qui a transmis, sur les 50 premiers mètres d’eau, une température très forte (l’eau était à 29,5°C).

    Fin juillet, c’est le phénomène inverse qui s’est produit : le thermomètre n’affichait plus que 17,5°C à la surface de la Méditerranée. Comment l’expliquer ?

    J.-M.G. : Ce qui arrête la canicule, c’est un mécanisme appelé « upwelling », dû au vent. Dans le golfe du Lion, la tramontane et le mistral ont une fonction très importante qui est de brasser les eaux. Sous l’effet de ces vents, les eaux de surface s’éloignent au large, celles de profondeur, plus fraîche, remontent. Ce mélange est essentiel à la vie de la Méditerranée. Lorsque la tramontane s’est levée, ce phénomène bien connu ici s’est produit et l’eau a plongé en température, ce qui a stoppé l’épisode de canicule. S’il n’y avait pas eu ce gros coup de tramontane, ça aurait été une catastrophe. Mais c’est propre au golfe du Lion. Au large de la Corse ou aux Baléares, la canicule marine peut s’installer et être beaucoup plus sévère.

    Globalement, les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses. On sait, grâce à des études très poussées, que le réchauffement climatique de la planète est responsable de plus de 80% des canicules marines. Il y a 40 ans, il y avait une canicule par an sur une zone précise. Depuis quelques années, il y en a sur tout le bassin méditerranéen et c’est 2, 3 ou 4 fois par an. C’est très préoccupant.

    Quelles sont les conséquences de ces canicules sur la biodiversité marine ?

    J.-M.G. : C’est dans les cinquante premiers mètres d’eau depuis la surface que l’impact de la canicule se fait sentir. Lorsque le décalage de température entre la surface et les profondeurs devient trop important, une séparation complète se produit : les deux zones ne se mélangent plus, un peu comme de l’eau et de l’huile. L’eau chaude reste au-dessus, l’eau froide en dessous. Or le mélange de l’eau est vital, car les eaux de surface apportent l’oxygène en bas grâce au brassage et les eaux du bas apportent les éléments minéraux pour enrichir les eaux de surface pour le plancton.

    Les espèces impactées sont celles qui se trouvent dans les 50 premiers mètres et ne peuvent pas aller plus profond. La plupart des animaux marins sont des animaux à sang froid, ce qui signifie que leur température se calque sur celle du milieu, quand celle du corps humain, par exemple, se régule. Si bien que si la température idéale pour un animal est de 20°C et qu’il fait 30°C, à moins qu’il ne puisse plonger, il meurt. Les animaux les plus menacés sont donc tous les animaux fixés : éponges de mer, gorgones, bivalves (moules, etc.), herbiers, notamment de Posidonie. Mais aussi le plancton, qui évolue essentiellement dans ces fameux 50 premiers mètres. Il y a des études menées par des scientifiques qui suivent des zones bien délimitées. Deux mois après une canicule marine, ils vont constater les dégâts : certaines zones sont entièrement détruites, comme s’il y avait eu un incendie sous-marin.

    La Méditerranée recouvre 1 à 1,5% de la surface des océans et elle contient près de 10% de la biodiversité mondiale. C’est une mer extrêmement riche. Cette biodiversité va être mise à mal, on le sait. Car les espèces qui y vivent sont adaptées à des eaux tempérées, pas tropicales. Pour autant la vie ne va pas disparaître, ça va laisser la place à des espèces qui aiment les eaux plus chaudes. Ces espèces qu’on appelle invasives ou exogènes. Elles peuvent trouver des conditions de vie assez exceptionnelles car certaines n’ont pas de prédateurs, comme par exemple le poisson-lion. Elles peuvent alors envahir le milieu.

    Ce dérèglement imposé à la mer par le réchauffement climatique entraîne-t-il d’autres perturbations ?

    J.-M.G. : Outre la perte de biodiversité, il faut aussi s’attendre à une perte de production pour certaines régions au niveau de la pêche (le Giec dit qu’il va y avoir près de 30 % de diminution selon les endroits, d’ici 2050) ainsi qu’à la multiplication des tempêtes, typhons, épisodes cévenols… Car toute cette chaleur accumulée, à un moment, ressort. Tout ça parce qu’on ne respecte rien… Les accords de Paris n’ont pas été respectés du tout, le 1,5 degré de plus est déjà dépassé. Les jeunes qui se lancent aujourd’hui dans la biologie marine vont passer leur carrière à constater cet énorme changement. Ça dure depuis des millénaires et là, en quelques dizaines d’années, peut-être une centaine, il va y avoir un bouleversement comme on n’en a jamais connu, qui a déjà commencé.

    Comment faire pour le contenir ?

    J.-M.G. : La seule façon de limiter ça, car on ne peut plus l’empêcher, c’est d’enfin prendre au sérieux le réchauffement climatique et d’appliquer les solutions qui avaient été préconisées. On sait quoi faire, mais on ne l’applique pas. La seule chose qu’on peut recommander à notre échelle, nous biologistes, c’est la mise en place d’aires marines protégées. Là non plus les accords ne sont pas respectés. On s’était engagé à ce qu’il y ait 30% de ces aires à l’horizon 2030. On en sera très loin. Et la plupart de celles qu’on déclare protégées ne le sont pas (moins d’1% le sont vraiment). Or il est plus facile de subir un réchauffement et surtout une canicule marine au milieu d’herbiers, de gorgones, de tout un milieu que sur un rocher nu. Les aires marines protégées sont des endroits très riches et là-dedans, le même poisson, même s’il souffre de la température, sera beaucoup plus apte à lutter et être résilient que dans un endroit surexploité, surpêché, pollué.

  • S’engager à son niveau pour protéger la Méditerranée

    S’engager à son niveau pour protéger la Méditerranée

    Comment agir concrètement pour la protection de la Méditerranée ? C’est autour de cette question qu’un public marseillais est venu assister au débat. Les présentations faites, le documentaire d’Hugo Hebbe sur le rorqual commun est projeté. Cette espèce menacée est sous la protection de l’ONG WWF, qui tente de créer un sanctuaire marin. « Oh, la vache ! » Dans la salle, les réactions d’admiration fusent devant le mammifère. Au fil du film, les soupirs prennent le relais, face aux scènes de maltraitance et aux menaces pesant sur l’espèce.

    « 33 % de la pression exercée sur la Méditerranée est liée au tourisme, bien devant le trafic », est-il annoncé. « C’est vrai que l’on accueille, dans les Bouches-du-Rhône, 9 millions de touristes, chaque année, qui génèrent une économie », concède Isabelle Brémond, directrice générale de Provence Tourisme. Elle poursuit : « On peut tous agir à notre niveau. Il n’y a pas de petite action. C’est aussi un travail de sensibilisation auprès des professionnels. » Pour elle, pas de doute, « développer, c’est préserver. Le tourisme n’est pas un gros mot, c’est l’inverse, c’est du développement local au plus près du territoire, c’est la connaissance de l’autre. »

    La parole se libère avec le parc de Calanques, territoire qui couvre 1 500 hectares terrestres et 45 000 hectares marins. Une vaste zone à préserver. Le public déplore « la présence du plastique énorme par rapport à des pays comme la Finlande », ou encore « que les Marseillais sont trop souvent visés, il n’y a qu’à venir au vallon des Auffes pour voir le comportement des touristes ».

    Prochaine soirée : l’alimentation méditerranéenne et durable

  • Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Le photographe, plongeur et biologiste naturaliste Laurent Ballesta. L’astrophysicien Jean-Pierre Luminet. L’astronaute Jean-François Clervoy. Ivan Griboval, navigateur autour du monde (…). Lumexplore, initié et organisé par la Ciotadenne Vera Frossard, porté par la prestigieuse Société des Explorateurs Français, en partenariat avec l’association Les Lumières de l’Eden et la Ville de La Ciotat, s’apprête, à nouveau, à accoster à La Ciotat. Au premier sens du terme. Tout illuminée, mardi soir, la goélette « Expédition 7e continent » fera en effet son entrée dans le Port-Vieux.

    Non, tout n’est pas foutu

    Basé « sur l’échange du réalisateur ou d’un invité avec le public », renseigne Lili Le Gall, directrice adjointe de Lumexplore, le festival* « présente 12 films en compétition et 18 hors compétition ». Si l’essentiel des longs-métrages est diffusé au cinéma l’Eden théâtre, « plus vieux cinéma du monde », un petit hors les murs est programmé à la médiathèque Simone-Veil. Autre nouveauté : en plus de la goélette, le public pourra visiter le catamaran Love the Ocean et le voilier Jonathan III, quai Berouard.

    Divers univers sont à découvrir. Monde sous-marin avec Cap Corse, le mystère des anneaux, archéologie avec Liban, les secrets de Byblos, préhistoire avec Chauvet, voyages aux origines, film sur l’une des plus belles grottes ornées au monde découverte il y a trente ans dans le sud de l’Ardèche, films sur des animaux, sur l’agriculture… à noter que le 10 septembre, le festival programme une « journée de la mer », avec entrée gratuite à toutes les séances.

    « Les films sélectionnés à Lumexplore posent une question, tentent d’y répondre, avec une réponse porteuse d’espoir », commente Lili Le Gall.Par exemple, le film Plastic Odyssey 2, diffusé le 12, relate le périple du navire qui a voyagé pendant trois ans autour du monde, le long des côtes les plus frappées par la pollution plastique. à son bord, de jeunes marins, des ingénieurs, des scientifiques qui imaginent des solutions concrètes et simples à mettre en œuvre pour transformer les déchets plastiques en une ressource pour les populations. De même, Sols couverts d’espoir, diffusé le 13, donne à voir les solutions de paysans européens pour régénérer les sols, restaurer la biodiversité et préserver l’eau.

    « Lumexplore a une vocation, celle d’éclairer la jeune génération sur le monde qui l’entoure », complète Lili Le Gall. Lumexplore junior a sélectionné 7 films réalisés par des collégiens et lycéens du monde entier. Une dizaine de jeunes ont été invités. La relève est assurée.

    * Tarif une séance : 3 euros, 12 euros la journée, 40 euros les six jours. Au cinéma l’Eden théâtre.