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  • Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Ce dimanche soir à la Palmeraie Borély, une demi-heure après la publication des premiers résultats du premier tour des municipales à Marseille, le candidat du RN Franck Allisio se gargarisait déjà : « Dimanche prochain, je serai votre maire. »

    Improbable encore à l’automne, cette possibilité s’est renforcée au fil de la campagne. Tandis que le RN affichait un visage policé, la droite marseillaise se perdait entre gages à l’électorat d’extrême droite et coups de barre au centre. Jusqu’au croisement des courbes sondagières dès le début du mois de novembre, puis le décrochage final.

    Pas en pole position

    À l’issue du premier tour, le candidat RN a ainsi quelque 99 137 voix, soit 35,02% des suffrages exprimés, seulement 4 746 bulletins de moins que le maire (DVG) Benoît Payan (36,67%). « Nous avons aujourd’hui fait un choix historique », se vantait donc dimanche soir Franck Allisio, qui a réalisé le meilleur résultat de l’extrême droite dans un scrutin municipal à Marseille. Il réalise notamment une percée dans les quartiers Sud et Est de Marseille, en particulier dans les quartiers les plus aisés (jusqu’à 43,8 points de plus qu’en 2020 pour le bureau de vote de l’école des plages du Prado). De quoi remplacer la droite dans ses bastions traditionnels. Il n’y a guère que dans les quartiers populaires du 14e arrondissement que l’ex-maire FN du secteur, Sandrine D’Angio, fait moins bien que son oncle Stéphane Ravier en 2020.

    S’il n’arrive pas à se placer en pole position pour le second tour, la marche pour que le RN prenne le dessus dans une ville où il a fait couler le sang apparaît dangereusement fine. D’autant plus face à la menace de deux gauches « irréconciliables » et la perspective d’une quadrangulaire plus que hasardeuse.

    Quelle abstention ?

    Le retrait annoncé mardi matin du candidat LFI Sébastien Delogu, « responsable pour un million » comme il le présentait, desserre un peu l’étau. Avec ce désistement, le parlementaire qui avait rassemblé 11,94% des suffrages libère une réserve de 33 000 voix à gauche, sous la pression imposée par le camp de Benoît Payan. Qui a beaucoup moins poussé la candidate de la droite au désistement républicain. Car le second tour est loin d’être une simple question d’additions, et les états-majors ont bien en tête les notices des sondages. L’enquête d’opinion réalisée par Elabe entre les 9 et 16 février estimait ainsi qu’environ 20% des électeurs de Sébastien Delogu pourraient s’abstenir s’il n’était pas présent au second tour, d’autant plus face au rejet partagé dans la manifestation lundi soir qui réclamait la fusion des deux listes de gauche à Marseille. Mais surtout, en cas de duel au second tour, 42% des électeurs de Martine Vassal se tourneraient vers l’extrême droite, et 25% vers le maire sortant, le reste s’abstenant.

    De quoi comprendre la vive réaction du candidat du RN face à une triangulaire qui apparaissait comme le scénario le plus sûr pour éviter sa victoire. Ce mardi, Franck Allisio s’est empressé de dénoncer « les accords de la honte », avant d’appeler lors d’une conférence de presse mercredi, devant des médias sélectionnés, à une « union sacrée » avec la « droite humaniste qui ne nous a pas encore rejoints ».

    Reste à savoir ce que peuvent valoir les prédictions d’un sondeur un mois plus tard, avec l’inconnue de la participation au second tour, de la solidité du socle électoral restant à droite, de l’élan pris surtout par le RN en une semaine, après avoir réalisé un score historique. Et de la solidité d’un front républicain sans cesse convoqué. « Le danger du RN n’est absolument pas écarté », insiste encore ce vendredi dans nos colonnes le maire (DVG) sortant Benoît Payan. Et le résultat risque de n’être certain qu’une fois les derniers bulletins dépouillés, et les potentiels recours épuisés.

    Ces secteurs où le RN est en tête

    Dans les 9e-10e

    Après avoir remporté lors des législatives de 2024 la circonscription, l’extrême droite est arrivée largement en tête du premier tour, avec l’élue régionale (RN) Éléonore Bez (44,9% des voix) qui possède une avance de plus de 7 200 voix sur le candidat du Printemps marseillais, Pierre Huguet (28,77%). La marche peut paraître haute face à celle qui a déjà été candidate plusieurs fois sur le secteur. À droite, la présidente des LR 13 Laure-Agnès Caradec (16,5% au premier tour) s’est maintenue. À gauche, il n’y a qu’une réserve de 3 600 voix avec les 8,1% réalisés par la candidate LFI Myriam Meghraoui. Reste que le soutien de l’ex-maire (Ren.) de secteur Lionel Royer-Perreaut, fortement implanté, peut jouer. De même que la participation.

    Dans les 11e-12e

    À l’Est, le premier secrétaire du Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône Yannick Ohanessian (26,7% des voix au premier tour) a un retard de 8 000 voix à rattraper sur le nouveau délégué du RN pour la ville de Marseille, Olivier Rioult (43,8%). Un retard considérable à rattraper dans le fief de la très droitière sénatrice LR Valérie Boyer, à cheval sur deux circonscriptions législatives remportées par l’extrême droite en 2024. Arrivée en tête en 2020 avant de remporter la mairie de secteur, la droite menée par Sylvain Souvestre ne finit qu’en troisième position, avec 23,5% des voix, et se maintient pour le second tour quand les insoumis y ont réalisé leur plus faible score. Les nombreux élus ralliés au RN avaient senti le vent tourner.

    Dans les 13e-14e

    Le secteur est le seul de Marseille à avoir été dirigé par le FN, de 2014 à 2020, avec à la clé la fermeture de services publics et affaires en justice. Dans le fief de son oncle Stéphane Ravier (ex-RN), l’ex-maire Sandrine D’Angio reste en tête, avec 39,8% des voix, quelque 5 300 voix derrière la candidate (DVG) du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,42%) qui a labouré le terrain ces dernières années. Des voix que peut apporter le retrait du militant insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) comme le score de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortant (DVD) Marion Bareille, arrivée en 4e position (12,1%) ne l’avait emporté en 2020 que grâce au retrait du candidat PCF Jérémy Bacchi. Elle n’a pas rendu la pareille.

    Royer-Perreaut soutient Huguet dans les 9-10

    L’ancien maire et député (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé, ce jeudi qu’il voterait « à titre personnel » pour le candidat du Printemps marseillais dans le secteur, Pierre Huguet (G.s) pour le second tour des municipales. Alors que la candidate du RN, Éléonore Bez, a obtenu au premier tour 44,9% des voix, loin devant l’union de la gauche (28,8%) et la droite (16,5%), « je ne voterai ni pour les extrêmes, ni pour les battues d’avance », détaille-t-il, face à « un choix important que je sais crucial pour le secteur ». « Point de soutien à un parti, mais à un homme compétent, travailleur, affable, dont j’estime qu’il a les qualités requises pour défendre les dossiers très techniques de mobilité, de développement urbain », précise l’ancien député.

  • À la croisée des chemins

    À la croisée des chemins

    La deuxième de France connaîtra son prochain maire dans moins de 48 heures. C’est sans doute, l’enjeu le plus important au plan national au regard de la configuration du second tour.

    C’est la ville la plus peuplée sur laquelle le RN a mis une cible. Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, tout entière tournée vers la présidentielle, le parti d’extrême droite espère faire de Marseille le plus beau de ses trophées.

    Marine Le Pen, aux prises avec la justice, et Jordan Bardella, sa doublure en cas de condamnation pour la course à l’Élysée, ont décidé d’investir Franck Allisio comme un symbole de leur volonté de « normalisation ».

    Langue de bois, communication lisse, cravate ajustée, expression hésitante, il a été choisi pour trancher avec Stéphane Ravier et incarner une extrême droite « présentable ».

    Grimace

    Le pari était presque réussi lorsqu’au soir du premier tour, le candidat s’est félicité d’avoir mis à son plus bas niveau la droite républicaine, espérant transformer l’essai ce dimanche.

    Son sourire s’est transformé en grimace lorsque le candidat insoumis a pris la responsabilité de se désister et que la candidate de droite dont il espérait vampiriser définitivement l’électorat s’est quant à elle maintenue.

    Il a laissé échapper des mots laissant transparaître son projet politique : division, mépris, rejet.

    Pour autant rien n’est joué. Progressistes, démocrates, républicains sincères, abstentionnistes du premier tour doivent se mobiliser pour faire échec à l’extrême droite, elle représente le pire de notre histoire. Évitons à Marseille de connaître le pire de son avenir.

    La deuxième ville de France est à la croisée des chemins.

  • [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse des rapports de force à la veille du second tour ?

    Benoît Payan : J’ai pris acte de la décision de Sébastien Delogu. Elle est courageuse, elle est responsable. Même si elle est venue sur le tard, elle est venue. Ce qui n’est pas le cas de Madame Vassal, alors que nous nous sommes historiquement toujours retirés quand le RN était en situation de gagner. Le danger du RN n’est absolument pas écarté. On est dans une triangulaire où chaque voix va compter. Je veux battre en brèche l’affirmation seulement laquelle je serais avantagé dans cette configuration. C’est faux. Je veux battre en brèche cette affirmation qui est justement portée par mes adversaires qui veulent démobiliser l’électorat de gauche, écologiste, humaniste, toutes celles et tous ceux qui refuse de voir notre ville tomber dans un système ségrégationniste. On a vingt-sept siècles d’histoire qui nous regarde, on est devant notre destin, confronté à une réalité qui peut nous rattraper dimanche.

    La configuration du second tour ne semble pourtant pas convenir au candidat d’extrême droite.

    B.P. : Lundi, Franck Allisio a fendu le masque de responsabilité qu’il a porté durant toute la campagne pour nous faire croire qu’il était le représentant d’une droite classique et qui avait dupé une partie des Marseillais. Lundi, j’ai vu le visage des enfants de Jean-Marie Le Pen, j’ai vu la haine, il est redevenu lui-même. Ça m’a fait froid dans le dos. Les résultats de dimanche, le retrait de Sébastien Delogu qui l’a apparemment rendu fou, le maintien de Martine Vassal qui l’a, semble-t-il, fait sortir de ses gonds, ont révélé le visage de l’extrême droite : la haine, la violence, la brutalisation du débat public. Il est revenu sur la « submersion migratoire », après avoir délaissé le vocable des héritiers de Vichy durant la campagne. Il s’était retenu trop longtemps. Chassez le naturel, il revient au galop.

    On vous a dépeint comme intransigeant, inflexible à l’égard de la tête de liste insoumise, pour autant il vous faudra ses électeurs pour l’emporter, qu’avez-vous à leur dire ?

    B.P. : D’abord je ne confonds pas les électeurs et les dirigeants. Je ne partage pas leurs méthodes. Je ne me suis jamais soumis à Jean-Luc Mélenchon, je pense que je suis sa bête noire mais ça m’est égal. J’ai un profond respect pour des électeurs qui veulent de la radicalité. Je respecte ceux qui ont cette sensibilité.

    Les rapports de forces de second tour sont très contrastés selon les secteurs. Certains d’entre eux vous inquiètent-ils plus que d’autres ? Allez-vous vous y impliquer ce vendredi ?

    B.P. : D’abord, je veux dire que Mohamed Bensaada [tête de liste LFI dans les 13-14 Ndlr.] qui était qualifié a montré quel militant il était. Les 13-14 portent encore les stigmates des six années du RN et de leur doublure cascade. L’enjeu y est fort. Mais il est fort partout. Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter 4 arrondissements à Marseille. Je me bats de toutes mes forces pour empêcher cela. On sait ce qu’est le RN. La suppression des subventions à la culture, le sport qui se dégrade avec l’abandon des stades et des gymnases, les associations qui aident aux devoirs, à la cohésion sociale, sont systématiquement la cible des foudres de l’extrême droite. On a vu les dégâts dans les 13-14. Comme la ville tout entière, aucun secteur ne mérite d’avoir à sa tête une femme ou un homme qui trie les gens en fonction de leur religion, de leur couleur de peau, de leur orientation politique ou sexuelle. Il faut rappeler ce qu’est le RN : c’est le parti le plus condamné de France pour racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie… C’est le parti de la haine de l’autre. C’est le parti de la haine de ce qu’est la République. C’est le parti de l’anti-Marseille. Tout dans l’ADN de Marseille est l’inverse du Rassemblement national. Je le dis aux habitants de cette ville et notamment ceux des quartiers populaires : « Vous avez une arme la plus pacifique qui puisse exister, c’est le bulletin de vote. Montrez-leur que nous sommes les plus nombreux, n’abandonnez pas vos quartiers à ces gens qui n’iraient pas voter. Dites à vos voisins, vos proches, qu’il faut voter. L’abstention profite au RN. »

    Envisagez-vous une ville où vous seriez maire avec un ou plusieurs secteurs dirigés par le RN ? Comment cela pourrait fonctionner ?

    B.P. : Ça serait forcément beaucoup plus compliqué qu’avec un maire républicain, écologiste, communiste ou de gauche radicale. Ça va être terrible parce que ces gens-là ne travaillent pas pour l’intérêt de la population. Ils ne travaillent que pour l’intérêt du clan Le Pen. Ils veulent faire de nos villes des laboratoires de leur politique de ségrégation et d’outrance. Ce sont des dogmatiques. La préférence nationale, qu’est-ce que ça veut dire en fait ? On n’en a pas assez goûté ? On n’a plus de mémoire ? On a fêté les 80 ans de la Libération et on a tout oublié ? Moi je n’oublie rien.

    Des observateurs considèrent que la poussée du RN a été favorisée par la réforme du mode de scrutin à laquelle vous étiez favorable. Y voyez-vous un lien ?

    B.P. : Non, les observateurs, s’ils observaient ne diraient pas ce genre de bêtises. Il suffit de regarder le score de Mme Vassal au premier tour de 2020 et au premier tour de 2026. 100% des voix qu’elle a perdu sont parties sur l’extrême droite. C’est la conséquence directe de ce que je dis depuis trois ans : à force de singer le Rassemblement national, il vous remplace. Gramsci avait raison. Il faut sans cesse mener la bataille culturelle. Quand on perd son âme, on se perd politiquement. Quand culturellement on devient minoritaire, immédiatement cela se traduit sur le plan politique. Quand j’ai voulu aider les associations qui font du lien social, les enfants de Gaza ou SOS Méditerranée, les mots de la droite étaient ceux de l’extrême droite. Quand Mme Vassal a dit qu’elle était l’original et que le Front national était la copie, les gens ne s’y sont pas trompés. Quand elle a dit qu’elle était d’accord avec les valeurs du RN sur l’immigration et la sécurité mais que sur l’économie il est trop à gauche, elle n’a pas mesuré qu’elle était en train d’acter la disparition de la droite républicaine à Marseille. Personne ne peut s’en réjouir. Je combats la droite républicaine, c’est mon adversaire, je n’en partage pas les valeurs mais dans droite républicaine, il y a République. Dans RN ce n’est pas le cas. Quand on a un Bruno Retailleau qui dit que l’état de droit, c’est finalement accessoire, c’est aussi un pas vers le RN.

    L’abstention est préoccupante à Marseille surtout dans une municipale où l’on sait que les citoyens ont un rapport étroit avec leur maire. Est-ce que ça vous a surpris ? Pensez-vous la contrecarrer au second tour ?

    B.P. : Ce n’est jamais bon l’abstention, c’est toujours un mauvais signal pour la démocratie. Je veux me battre contre ça. D’ailleurs quand on regarde où il y a l’abstention, c’est là où les gens ont été pendant des années et des années, à l’abandon. Je ne sais pas construire un commissariat, une école, un service public, une maison de quartier avec un tweet. Je fais les choses avec la réalité, avec le temps administratif. J’ai passé une campagne où tous mes adversaires rasaient gratis or je sais toutes les difficultés, la patience nécessaire. Quand on regarde l’abstention, il y a des chiffres en trompe-l’œil et j’espère que La Marseillaise aura l’occasion de faire une grande enquête sur le sujet, on voit qu’en effet les chiffres de la participation sont en baisse mais pas tant que ça pour des raisons compliquées mais qui méritent d’être regardées.

    Quel message adressez-vous aux abstentionnistes ?

    B.P. : On joue notre histoire. Nous les Marseillais, on est un peuple, on a l’occasion de dire que cette ville, on peut la rendre encore plus solidaire, encore plus belle, encore plus fraternelle. Cette ville leur appartient. Le travail que je mène avec mon équipe, avec tous ces militants extraordinaires, c’est pour eux. Je suis fier des Marseillais, je leur dis allez voter, cette ville c’est celle où vos enfants vont grandir, où vous allez vieillir. Ce n’est pas pareil quand la ville est dirigée par le RN ou par une grande coalition de gauche. On s’occupe des personnes âgées isolées en leur portant des repas chauds plutôt que de ne leur proposer que des lotos. On s’est occupé des plus précaires pour les sortir de la rue, des femmes battues… Il n’y a pas d’autres villes en France et c’est ma fierté, d’avoir, avec Audrey Garino, signé un plan pauvreté. Vous vous rendez compte ce que c’est pour une ville d’avoir à faire un plan pauvreté alors qu’ailleurs, ce sont des départements qui le font. Cela montre à quel point, nous les Marseillais, avons été laissés-pour-compte par notre Métropole, notre Département, notre Région. On s’est battu pour que le logement social soit digne, pour la création d’une Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, aucune autre ville que nous n’a construit autant d’écoles en six ans… N’en déplaisent à mes détracteurs, je comprends que ça les ennuie, mais personne depuis 1945 n’aura, en un mandat, construit 27 écoles et au moment où je vous parle, 50 autres sont en train d’être lancées. Aucune ville en France n’aura fait manger gratuitement 10 000 gamins à la cantine, ne propose le kit scolaire à 80 000 enfants d’une valeur de 80 euros et qui va passer à 150 euros, ne travaille sur le petit déjeuner gratuit pour 15 000 gamins ! On n’a pas tout réussi parce que nous ne sommes que des femmes et des hommes mais à côté de ceux pour qui seule la carte de visite compte ou qui veulent une cocarde plus grosse que le pare-brise, nous sommes fiers de ce que nous avons fait avec humilité, force et aussi douceur.

    Martine Vassal vous accuse d’avoir fait monter le RN pour orchestrer un duel.
    Que lui répondez-vous
     ?

    B.P. : Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes.

    Dans le nouveau mandat que vous briguez, qu’est-ce qui pourrait faire reculer l’extrême droite ?

    B.P. : La volonté farouche d’expliquer aux gens de ne pas avoir peur. Le Front national fait son lit sur la peur. Tout dans le monde est en train de favoriser cela. La droite et la gauche qui perdent leur boussole, des débats nationaux qui nous font honte, une actualité internationale terrible, une Europe incapable de nous protéger, des États-Unis qui deviennent, d’un pays allié, un pays rapace, la Russie qui fait la guerre aux portes de l’Europe, les conflits au Moyen-Orient qui ont exacerbé nos différences, monté les communautés les unes contre les autres… Les drames que l’on a pu vivre, les attaques terroristes du 7 octobre, les massacres perpétrés à Gaza, la guerre en Iran, en Amérique du Sud… Les dirigeants de notre monde ne se hissent pas à la hauteur de l’histoire, ne comprennent pas qu’après la Seconde Guerre Mondiale, nous avons fait le serment, nous les démocrates, d’avoir une ligne de conduite dictée par le droit et des institutions internationales qui étaient des cadres desquels il ne faudrait jamais sortir. Aujourd’hui quelqu’un qui dit que la Terre est plate a la même parole que celui qui dit que la Terre est ronde… Il faut qu’une génération se lève pour dire stop.

    Qu’est-ce qu’il manque aux gens tentés par l’extrême droite ? Un État-providence. Un État qui amène du service public. Quand on parle de sécurité, bien sûr qu’il faut des policiers. Je n’ai pas honte de dire que j’ai doublé ma police municipale et que je vais recommencer, ni que j’ai triplé ma police la nuit, que je mets des caméras devant les écoles, que j’ai créé une brigade équestre… Mais il faut que la République soit là. Il faut La Poste, France Travail, la Sécurité sociale… Il faut aussi augmenter le pouvoir d’achat.

    Une municipalité le peut-elle ?

    B.P. : Le maire n’augmente pas les salaires mais je peux faire des choses. Je vous l’ai dit pour la rentrée scolaire, les cantines, les petits-déjeuners dans les écoles. Je vais faire une mutuelle municipale pour que les gens puissent se soigner. Aujourd’hui pour beaucoup c’est soit je remplis le frigo, soit je me soigne. Voilà dans quel monde on vit ! Plus personne à gauche ne pose les conditions d’un grand débat national sur la répartition des richesses. Je ne suis pas quelqu’un qui dit « il y a les méchants et les gentils », mais quand on fait République ensemble, ceux qui gagnent de l’argent, créent des emplois doivent être respectés, la contrepartie c’est qu’on paye des impôts. Ces impôts servent à faire vivre une société, créer des postes de fonctionnaires pour le service public qui est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas.

    En glissant dans l’urne dimanche, on choisit aussi ses conseillers métropolitains. C’est un enjeu important pour quelqu’un qui a désigné la Métropole comme une entrave à sa politique ?

    B.P. : Ça a été plus que ça. La Métropole a été un outil pour taxer les Marseillais et financer avec leur argent des réalisations magnifiques pour les autres communes. Tant mieux pour elles mais je n’accepte pas cette injustice. Je n’accepte pas que les Marseillais soient ceux qui payent le plus d’impôts pour le service public le plus minable. On nous a reproché de nous renvoyer la balle mais mon rôle était de défendre les Marseillais contre une Métropole qui n’a pas mis l’argent pour qu’on puisse avoir des transports dignes, une ville propre, des routes refaites, un espace public apaisé. Promenez-vous à Cassis, Gemenos, à La Ciotat, à Venelles et vous verrez de quoi est capable la Métropole avec l’argent des Marseillais. Si nous l’emportons dimanche. Ça c’est terminé. Plus rien ne se fera sans Marseille parce que la loi PLM change tout. Je dis aux Marseillais que le bulletin qu’ils ont dans la main permettra de vivre dans une ville plus belle, plus propre, où le développement se fait en accord avec la nature. Tout ça c’est la Métropole. Est-ce qu’ils veulent sur la question de l’eau, avoir des m3 gratuits ? Veulent-ils le tunnel à 1 euro le passage ? Ce tunnel à 12,50 euros, c’est honteux d’avoir laissé des entreprises privées se gaver comme ça sur le dos des Marseillais. Ça aussi c’est du pouvoir d’achat. J’ai été cherché des centaines de millions d’euros à Paris avec des gens qui ne pensaient pas comme moi, je suis capable d’aller négocier ça. Quand on est maire de Marseille, on doit se battre pour protéger, rassembler et préparer l’avenir. Ce n’est pas un slogan, c’est notre viatique. Comment peut-on dire comme M. Allisio qu’on veut être le maire du 9e au 13e arrondissement ? C’est un crachat à la figure des Marseillais. Moi je suis maire de tous les Marseillais, qu’ils votent pour moi ou contre moi. Il a eu l’honneur d’entrer au conseil municipal de Marseille en 2020, la première chose qu’il fait c’est qu’il se carapate à Marignane pour se faire élire député et qu’il démissionne. Il revient pour dire « élisez-moi maire » ! Parlant de notre débat il a dit que dans un OM-PSG on ne rajoute pas Le Havre, méprisant Mme Vassal, mais contre lui, c’est pas l’OM, même pas le PSG, c’est le FC Marignane.

    Martine Vassal dit que ses amis maires continuent de lui faire confiance. Peut-elle rester présidente ?

    B.P. : Il y a les mots qu’on dit pendant les élections et puis il y a la réalité. Je pense que Mme Vassal va devoir faire avec la réalité.

    Est-il possible de faire changer le centre de gravité de la Métropole ?

    B.P. : Il a déjà changé naturellement.

    Avez-vous un candidat ?

    B.P. : Ce sera celui ou celle qui respecte les Marseillaises et les Marseillais.

  • Lionel Royer-Perreaut apporte son soutien à Pierre Huguet dans les 9-10 à Marseille

    Lionel Royer-Perreaut apporte son soutien à Pierre Huguet dans les 9-10 à Marseille

    Si au mois de janvier il dénonçait le «vide abyssal» de la campagne des municipale dans les 9e et 10e arrondissements, l’ancien maire et député (Ren.) du secteur, Lionel Royer-Perreaut, a annoncé, ce jeudi après-midi, à travers une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, qu’il voterait «à titre personnel» pour le candidat du Printemps marseillais pour le scrutin d’arrondissements, Pierre Huguet (G.s).

    Alors que la candidate du RN, Eléonore Bez, avait obtenu 44,9% des voix, loin devant l’union de la gauche (28,8%) et la droite (16,5%), «je ne voterai ni pour les extrêmes, ni pour les battues d’avance», détaille-t-il, face à «un choix important que je sais crucial pour le secteur». «Point de soutien à un parti, mais à un homme compétent, travailleur, affable, dont j’estime qu’il a les qualités requises pour défendre les dossiers très techniques de mobilité, de développement urbain», précise encore l’ancien député qui, s’il reconnaît que «ce choix surprendra», s’était déjà retiré aux second tour des législatives en 2024 pour faire barrage à l’extrême droite.

    «Chaque voix comptera»

    «Quand l’essentiel est menacé, quand nos valeurs républicaines sont mises à l’épreuve, il faut savoir dépasser les étiquettes pour défendre ce qui nous unit et protéger l’avenir de nos enfants», le remercie le candidat du Printemps marseillais, qui avait déjà rallié sur sa liste une ancienne adjointe de Lionel Royer-Perreaut, Sophia Mabrouk.

    Après avoir dénoncé, ce mercredi, le maintien au second tour de la présidente des LR 13, Laure-Agnès Caradec, malgré la menace du RN, Pierre Huguet appelle désormais «au rassemblement de celles et ceux qui refusent la division et qui veulent défendre ce vivre ensemble auquel nous sommes si attachés». Et de rappeler que «dimanche, chaque voix comptera».

  • « Sport et partage » rassemble les enfants pour sa journée solidaire

    « Sport et partage » rassemble les enfants pour sa journée solidaire

    Le sport, c’est avant tout du partage. 150 enfants, issus des quartiers prioritaires de la ville, ont participé mercredi au complexe sportif de Fontainieu, dans le 14e arrondissement de Marseille, à la deuxième édition de la journée sportive solidaire, portée par l’association Sport et partage. « Le but de cette journée, c’est vraiment de faire découvrir des sports à des enfants. La plupart découvrent plein de sports qu’ils n’ont jamais pu pratiquer, comme le tennis, le beach-volley, le skateboard. Il faut leur donner envie de bouger, d’être dehors et de s’amuser. C’est surtout aussi de promouvoir le sport plaisir et le sport comme du jeu, pour pouvoir donner envie à un maximum de jeunes de faire une activité sportive », souligne Marie Wattel, présidente de l’organisation. Originaire de Lille, la quadruple champion d’Europe de natation a porté durant cinq saisons les couleurs du CNM, avant de s’exporter l’année passée aux États-Unis.

    Cela ne l’empêche pas de rester présente pour la jeunesse phocéenne, au travers de la structure qu’elle a créée en 2024, durant l’année olympique aux Jeux de Paris. « J’avais à cœur de partager ma passion, de faire aussi quelque chose d’autre que juste nager », raconte-t-elle en se tournant vers Sylvaine Jannez, directrice de la section Bouches-du-Rhône de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (USEP 13), partenaire de l’événement. Cette fédération travaille régulièrement avec les écoles, les comités sportifs et les centres sociaux du quartier. « Le sport permet aux enfants de pouvoir partager un moment de convivialité », estime la déléguée départementale, qui s’est activée durant la pause déjeuner avec ses équipes pour confectionner les kits sportifs. Chaque enfant s’est vu remettre un sac à dos, une gourde, un t-shirt et du matériel sportif, allant de ballons de football à des raquettes de tennis-de-table. « On doit beaucoup à Marie [Wattel], qui a récupéré tous les kits auprès de ses sponsors. Elle a vraiment fait un gros travail », ajoute Sylvaine, pour qui ce genre d’initiatives doit être davantage encouragé.

    « C’est quoi le skeleton ? »

    Les activités ont débuté à 9h30 sous un soleil aussi rayonnant que les sourires des animateurs. « Je tiens beaucoup à ces journées-là et j’espère qu’il y en aura de plus en plus parce que ça permet à ces enfants-là de découvrir du sport, d’apprendre sur le sport et puis surtout de se sortir de leur quotidien qui est, pour certains, pas toujours joyeux », appuie Hugo, engagé dans un service civique auprès du Comité départemental olympique et sportif des Bouches-du-Rhône (CDOS 13). « Ça montre que le sport, ce n’est pas comme certains peuvent le penser, ce n’est pas que de l’argent et du business. C’est avant tout la joie des enfants qui profitent, qui se rassemblent et qui brisent les barrières », poursuit l’animateur en charge d’un « memory », un jeu de mémoire, pour découvrir et connaître les différents sports représentés lors des récents Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

    Si la quasi-intégralité d’entre eux n’ont jamais pratiqué l’une de ces disciplines, les enfants ont facilement reconnu le ski et le hockey sur glace. Mais pour les autres, en revanche, ils ont fait chou blanc. « C’est quoi le skeleton ? », demande Adam du haut de ses neuf ans. « On dirait du toboggan dans la neige », lance Najat, assise juste à côté de lui, sans se douter qu’elle n’était pas si loin de la bonne réponse. « Il faut que les activités soient ludiques, sinon ils décrochent assez vite », constate Hugo, conscient que les plus petits sont obnubilés par les ballons. L’apparition du vent en début d’après-midi a contrecarré certains plans, mais le but principal a été atteint : tous les enfants sont repartis avec le sourire.

  • Les Spartiates de Marseille s’offrent un sursis face aux Boxers de Bordeaux

    Les Spartiates de Marseille s’offrent un sursis face aux Boxers de Bordeaux

    Ils n’avaient pas d’autres choix que de l’emporter pour que leur aventure puisse continuer. Les Spartiates de Marseille sont allés chercher la victoire tant attendue (2-1), mercredi soir sur la glace du Palais Omnisports, lors du quatrième match de la série des quarts de finale de play-offs de la Ligue Magnus face aux Boxers de Bordeaux. Maintenant qu’ils ont décroché leur premier succès, les protégés de Luc Tardif vont devoir impérativement s’imposer à Bordeaux, samedi, avant de pouvoir revenir à domicile lundi prochain. Les Marseillais, qui n’ont pas profité de leurs cinq power-play sur l’ensemble du match, ont toutefois pu compter sur un Libor Kasik impérial dans ses cages (36 arrêts). Avec Petersson et Ruusu à la manœuvre, les Spartiates peuvent encore nourrir l’espoir d’une qualification.

    MARSEILLE 2

    BORDEAUX 1

    4e match de la série des quarts de finale de play-offs – Ligue Magnus

    Tiers-temps : 0-0, 1-1, 1-0

    Au Pomge (4 585 spectateurs)

    Arbitres : MM. Cregut et Herrault

    Buts pour Marseille : Petersson (38’14, ass. Lindgren et Da Costa), Ruusu (45’06, ass. Joubert et Bourgeois)

    But pour Bordeaux : Pageau (29’25, ass. Bruche et Puffer)

    MARSEILLE : Kasik, Gourdin – Coulaud, Ruusu, Corvez, Cantagallo, Bourgeois (ass), Lindgren – Wong, Gonnard, Joubert, Asten, Colotti (cap), Dair, Dufek (ass), Welsh, Da Costa, Valtonen.

    Entraîneur : Luc Tardif

    BORDEAUX : Papillon, Dubeau – Boscq, Tournier, Pageau, Kindl, Lamarche, Ouellet Beaudry – Guidoux, Guillaume (ass), Tomasino, Pompei (ass), Poudrier (cap), Ragot, Puffer, Bruche, Giroux, Rambelo, Morin, Farnier.

    Entraîneur : Olivier Dimet

  • Le Cercle des nageurs de Marseille prend une option

    Le Cercle des nageurs de Marseille prend une option

    Après leurs deux face-à-face en Ligue des Champions, Marseillais et Catalans se retrouvaient pour la troisième fois de la saison.

    Les deux premières confrontations avaient été à l’avantage de Sabadell. Mais, pour ce quart de finale aller d’Eurocoupe, le Cercle des Nageurs de Marseille avait à cœur de prendre sa revanche. Et, surtout, marquer les esprits avant le retour.

    Les hommes de Milos Scepanovic avaient montré leur caractère au tour précédant, en éliminant Savonne au terme d’un duel à couteaux tirés. Le match aller, dans un bassin Pierre Garseau chaud bouillant, aura été au diapason. Avec des Marseillais qui ont su hausser leur niveau pour désorganiser leur adversaire.

    Le déclic Kalogeropoulos

    Ces derniers n’ont eu la main que dans le premier quart-temps. Grâce à une barre salvatrice sur un tir d’Ugo Crousillat. Mais, lorsque la machine CNM s’est mise à tourner à plein régime, Sabadell a été contraint à nager après un ballon confisqué par le Cercle. Tout est parti d’un contre lancé par Efsthatios Kalogeropoulos qui offrait le but d’un premier break à Romain Marion-Vernoux.

    De ce moment-là, l’avance marseillaise n’a cessé e se creuser. Même lors du sursaut catalan dans le troisième quart-temps, à aucun moment, les coéquipiers de Petar Tesanovic, auteur de plusieurs arrêts de classe, n’ont douté de leur capacité à conserver la maîtrise des débats.

    Le quatrième quart-temps tournait à la démonstration de force d’un Cercle qui allait jusqu’au bout de ses intentions. Sabadell dont la seule constance sera les trois buts inscrits dans chaque séquence.

    Après un dernier but signé Vladan Spaic, suivi d’un ultime arrêt de Petar Tesanovic, le Cercle s’adjuge ce quart de finale aller 17 – 12 et effectuera le voyage retour, le 28 mars prochain, avec un avantage de cinq buts. De quoi nourrir quelques espoirs de qualification.

    CNM 17 (8)

    Sabadell 12 (6)

    Quart de finale aller d’Eurocoupe

    2-3, 6-3, 3-3, 5-3.

    Bassin Pierre Garseau

    Arbitres : A. Burac (CRO) et N. Boudramis (GRE).

    CNM : Tesanovic – Crousillat (1), Spaic (1), Nagy, Vernoux (4), Bouet (3), Vanpeperstræte – puis De Nardi, Drasovic (3), Marion-Vernoux (1), Bodegas (1), Kalogeropoulos (3), Gbadamassi.

    Entraîneur : M. Scepanovic.

    SABADELL : Lorrio – Asensio (1), Bonet, Panerai, Barroso (1), Cabañas (3), Averka – puis Famera (1), Valera, Vergara (1), Larsen (2), Perez (3), Carrio.

    Entraîneur : Q. Colet.

  • Le lycée Périer a été visé par un « tir de mortier »

    Le lycée Périer a été visé par un « tir de mortier »

    Un individu cagoulé a été filmé en train de tirer sur le lycée Périer à Marseille, mardi, en plein mouvement de contestation contre la baisse des heures d’enseignement. La vidéo, relayée notamment par le site « Faisons parler Marseille », est devenue virale sur les réseaux et a d’abord laissé croire à l’usage d’une arme à feu. Ce que démend la préfecture de police : « Pas de tir d’arme à feu. Une fausse information a circulé (…). Ces images correspondent à un tir de mortier (…) dans le contexte de là mobilisation (…) ». Elle ajoute qu’il n’y a eu « ni dégradation, ni blessé ».

    Ludovic Perney, vice-président de la Région Sud en charge de l’Éducation, s’est rendu sur place. Muselier, président (Ren.) de la Région, souligne : « Cet acte franchit un seuil insupportable et appelle une réponse d’une fermeté absolue. Cette tentative d’intimidation (…) ne doit, et ne sera pas banalisée (…). La sécurité de nos lycéens et de nos personnels reste notre priorité absolue (…) ».

  • Ces six jeunes lauréats qui font vivre la lecture

    Ces six jeunes lauréats qui font vivre la lecture

    D’une petite histoire de moustique à celle d’Harry Potter. Chacun leur tour, les petits Marseillais ont lu quelques pages du livre de leur choix, sous le regard fier de leurs parents. Accueillis à la bibliothèque d’Alcazar, ce mercredi, ces 13 élèves de CM1 ou CM2 participent à la 2e session de la finale marseillaise du jeu « les Petits champions de la lecture », organisée par l’association éponyme.

    Déjà champions de lecture de leur école, l’un des animateurs de la Ville les rassure : « Vous avez déjà franchi la première manche ! » Livre en main, les élèves ont fait vivre leur récit et leurs personnages jusqu’à transformer leur voix pour séduire le jury composé d’une professeure, une bibliothécaire et une fonctionnaire.

    « And the winner is… »

    Dans l’attente de délibération, le petit Kelyan lance impatient : « C’est vraiment de la torture ! » Et si la compétition s’arrête ici pour ce garçon, il est nommé « coup de cœur de Marseille !, lance le présentateur. And the winner is… » : Juliette, de l’école Chateau-Sec (9e) et Helaj de Saint-Louis le Rove (15e) pour cette session. Les six jeunes gagnants des trois sessions de la finale marseillaise sont attendus pour la prochaine étape départementale.

  • Babel Music XP réunit les acteurs des musiques du monde à Marseille

    Babel Music XP réunit les acteurs des musiques du monde à Marseille

    Plus de 2 000 professionnels travaillant dans la filière musicale, 72 pays et quatre continents représentés… la 4e édition de Babel Music XP se renforce au fil des années, devenant un « hub méditerranéen » au format hybride. Comme peut le poser son directeur, Olivier Rey, « il n’y a aucun autre équivalent dans le paysage euroméditerranéen ». Producteurs, mangers, programmateurs, diffuseurs, artistes et autres directeurs de festivals se donnent ainsi rendez-vous à Marseille du jeudi 19 au samedi 21 mars au cours de ce salon et marché « à taille humaine. Un chaînon manquant qui consolide » les liens au sein de cet écosystème. « En ces temps incertains, un lieu de coopération et de partage pour la circulation des artistes et la promotion de la diversité musicale dans un contexte de globalisation aux effets positifs, mais aussi pervers comme l’uniformisation de certaines programmations artistiques guidées par le seul profit », contextualise-t-il.

    Capitale du son

    Se positionnant comme « une manifestation d’intérêt général au service des acteurs de la filière », dixit Olivier Rey, Babel Music XP proposera des rencontres professionnelles, « speed meetings », rendez-vous en tête à tête, ateliers, tables rondes et autres « masterclass » dans son vaisseau amiral de la Friche Belle de Mai, mais aussi à la Cité de la musique. Ont notamment répondu à l’invitation de cet événement qui prend de l’ampleur, le Bangkok music city, « le plus grand marché d’Asie », mais aussi « les deux plus gros festivals de jazz d’Indonésie », le plus grand festival gratuit de New York en la personne du Summer stage… « On assiste aussi à un déploiement de plus en plus conséquent venant des deux rives de la Méditerranée : Espagne, Maroc, Égypte, Tunisie… », énumère-t-il encore. Des opérateurs d’Europe du Nord viendront aussi en nombre, sans compter « l’Afrique subsaharienne, avec cette année le Sénégal, le Burkina Faso, le Tchad et la Centrafrique. Nous sommes fiers de remettre Marseille au centre de ce jeu ». Un véritable carrefour des cultures du monde matérialisé aussi par un versant « showcases ». Ouverts au grand public, des petits concerts qui se déploieront à l’Espace Julien, à la Plateforme (ancien Dock des Suds) ainsi qu’à la Belle de Mai, avec une trentaine de groupes au menu.