Tag: Marseille

  • Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    « Je qualifierais ma musique d’électro-afro-orientale. Elle prend en compte tous les éléments de ma vie », résume Isam Elias. Autant d’inspirations et d’influences proclamées par ses synthétiseurs, dopés par une énergie lointaine. Bercé par la musique traditionnelle arabe, puis ayant fait ses gammes avec les compositeurs classiques, il se lance dans l’électro à son arrivée en France en 2022, dans le cadre d’une « résidence à la Cité internationale des arts », rappelle ce natif de Bethléem, qui se produit à Marseille vendredi 20 mars, vers 1h du matin.

    Festif à plein « Tubes »

    Isam Elias est l’auteur d’une musique festive, entraînante. Et aussi engagée ? « Rien que le fait que je sois un artiste palestinien sur scène, et que les gens puissent écouter ma musique, est déjà quelque chose de politique », estime celui qui est à l’origine d’un EP réjouissant intitulé Tubes. L’occasion de le faire découvrir aux Marseillais, auxquels il a déjà pu se frotter par le passé. Selon lui, « le meilleur public. Ici, les gens sont toujours chauds. Ils semblent plus libres et fiers de leurs histoires personnelles qu’ailleurs ».

  • [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    La Marseillaise : Quelle est la signification de « Rio Abajo » ?

    Rebecca Roger Cruz : Ça veut dire en aval de la rivière. C’est une phrase qui revient souvent dans la poésie latino-américaine, où il y a toujours ce contact avec la force de la nature. On peut le voir comme une métamorphose. Comme si on entrait par une porte en étant une personne, et comme si on sortait par une autre en étant changé par ce voyage.

    Tout au long de l’album, votre voix se met au diapason de cette image en se métamorphosant elle aussi…

    R.R.C. : J’aime beaucoup m’amuser avec ma voix, l’utiliser avec plusieurs techniques. Moi qui suis née au Venezuela, je suis influencée par la musique de mon pays, et latino-américaine en général, mais aussi par les musiques classique, baroque ou encore la pop expérimentale. Tout ce mélange se traduit dans ma voix.

    Du premier titre « Abreme la puerta Juana », qui convoque les éléments du vivant, au dernier, « Esteros » qui symbolise votre identité aux carrefours de plusieurs cultures, votre album commence en larve pour finir sa course en papillon…

    R.R.C. : Je n’y avais pas pensé en faisant l’album mais c’est une image qui me parle. Le premier morceau, je l’avais pensé comme une cérémonie. Abreme la puerta Juana, c’est le chant traditionnel qui ouvre en juin la fête de Saint-Jean-Baptiste. Il y a quelque chose en rapport avec la transe, les racines. Et à partir de ça, je dévoile ce voyage de métamorphoses petit à petit.

    Votre opus transcende beaucoup de styles et époques, du flamenco au baroque en passant par le rock et le répertoire traditionnel vénézuélien. Est-ce que vous voulez aussi transcender les âmes ?

    R.R.C. : Oui, vraiment. Cet album est un outil de guérison pour moi. Je trouve qu’en ce moment, on a besoin de se reconnecter avec quelque chose de plus profond et spirituel, et pas forcément de religieux. Ce qui me donne cette force, c’est la nature et la musique. J’ai voulu retranscrire cela dans l’album à travers toutes mes influences : pas forcément en passant d’un style à l’autre, mais en brisant des ponts qu’on peut retrouver entre la musique dite classique, le flamenco, la musique traditionnelle et la pop. au contraire. C’est en fait une rencontre, un espace où on se pose moins la question des étiquettes.

    Vous avez quitté le Venezuela pour la France il y a plus de 10 ans. L’album est aussi traversé par la question de l’exil avec le titre « Alcaravan », du nom d’un oiseau migrateur de votre pays natal…

    R.R.C. : On trouve cet oiseau migrateur dans la plaine vénézuélienne mais aussi colombienne. C’est un oiseau très présent dans la poésie et musique du Venezuela, surtout dans la région de la plaine. Tout le monde le connaît, et pourtant, on le voit peu. On entend que son cri, qui annonce le moment où il faut partir. Cette chanson, je l’ai écrite pour mon pays. En tant que membre de la diaspora, cela me tenait à cœur de parler de cet exil, de ce que je ressens ici. La diaspora vénézuélienne est énorme et compte presque 9 millions de personnes. Cela représente un tiers du pays et l’une des diasporas les plus grandes au monde. Plus je chante cette chanson, plus je me rends compte qu’elle est aussi d’actualité pour beaucoup d’autres peuples et pays. C’est aussi un moyen de renvoyer un message de paix.

    Lors de l’enlèvement de Maduro par les États-Unis début 2026, beaucoup de membres de la diaspora ne voulaient pas choisir entre la main de fer du régime actuel et l’impérialisme américain. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

    R.R.C. : C’était un moment bouleversant. Pour nous qui vivons les choses de loin, c’est très angoissant car nous pensons aux gens sur place. Je ne vais pas vous mentir : le Venezuela est un régime dictatorial. Mais c’est quelque chose que beaucoup de gens au pays ne peuvent pas exprimer car on assiste à un contrôle des médias, des téléphones… Et en effet, il y a un sentiment de dualité : d’un côté, il y a la joie et le soulagement qu’on peut ressentir quand on se dit qu’on arrive peut-être au bout de ce régime dictatorial, et que cette personne mérite réellement d’être en prison. Et de l’autre côté, personne n’aime que son pays soit bombardé, qu’il soit envahi et contrôlé par les États-Unis, surtout au regard du rapport colonial que ce pays entretient avec l’Amérique latine. C’est un rapport perpétué par beaucoup d’actions infantilisantes, comme si on avait besoin de leur aide alors que ce n’est pas le cas.

    La France a été un refuge pour vous il y a plus de dix ans. Une terre d’accueil de plus en plus menacée par l’arrivée de l’extrême droite à différents endroits du pouvoir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    R.R.C. : Il y a la peur que les contrôles migratoires se durcissent, mais aussi l’invisibilisation d’autres cultures qui peut arriver. Avec l’extrême droite au pouvoir, on pourrait arriver à une sélection de certaines choses sur les scènes musicales et culturelles en général. C’est quelque chose d’angoissant pour toutes les personnes étrangères dans le pays, mais aussi pour les Français. Pourtant, la France est un pays multiculturel qui tient sa force et sa beauté de son mélange.

  • Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Appel à la grève coordonnée sur les différents établissements de l’Institut méditerranéen de formation (IMF), ce jeudi.

    Un collectif de salariés des trois sites de l’IMF appelait à une grève et un rassemblement, notamment suivi sur Marseille, sur fond de « refus de la dégradation des conditions de travail » pour cet institut qui forme au travail social : futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs… Le collectif dénonce notamment « une surcharge de travail devenue insoutenable […] et une dégradation de la pédagogie ». Le tout, sur fond de baisse de moyens.

    Pour rappel, il y avait déjà eu un premier mouvement social, de la part des étudiants cette fois, début février (lire notre article du 11/02), dénonçant « des restrictions budgétaires qui dégradent la qualité de l’enseignement ». D’où « l’inquiétude réelle de la pérennité de notre outil de travail » de la part du collectif qui a établi un cahier revendicatif de plus d’une page. À Marseille, la mobilisation a duré une partie de la matinée.

  • Les lycéens marseillais poursuivent leurs actions de blocage

    Les lycéens marseillais poursuivent leurs actions de blocage

    À Marseille, les lycées Périer (8e), Montgrand (6e) et Nelson Mandela (12e) faisaient partie des établissements bloqués. Au lycée Saint-Charles (1er). Dans celui-ci, « ce sont 77h qui vont être supprimées, on veut les récupérer ! On voit le budget de l’armée multiplié, alors que celui de l’éducation est totalement délaissé ! », lance Adèle, élève de premier qui participe aux actions depuis deux semaines.

    Les élèves dénoncent notamment la suppression de l’aide aux devoirs, des demi-groupes et de certaines options.

    Aux abords du lycée Victor Hugo (3e), l’inquiétude est double avec non seulement la baisse des moyens et l’interpellation lundi de trois élèves après un blocus. « On est là pour s’assurer que les élèves vont bien », explique les professeurs présents sur place tandis que la CGT des Bouches-du-Rhône « condamne les violences policières » et demande la levée des gardes à vue.

    « De mauvaises décisions »

    Côté lycéens, la colère est palpable : « On va nous enlever des sorties, des options, les seules choses qui nous motivent à venir, on les enlève », déplore Mowgli, élève au lycée Victor Hugo. « On veut qu’ils arrêtent de prendre des mauvaises décisions. On part déjà avec un désavantage, et là on va nous en rajouter », ajoute Mounir-Mohamed, élève de première.

  • La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    Des pogos et de la bière dans un sous-sol à deux pas de la préfecture de région. Au 8, rue d’Italie, la Salle Gueule est une salle emblématique de la scène punk rock marseillaise depuis près de 14 ans, portée sous forme associative par un collectif largement informel. Mais la municipalité a mis le holà sur les décibels, au moins temporairement, en ordonnant ce vendredi 13 mars sa fermeture, jusqu’à ce que des travaux soient réalisés.

    Accompagnement promis

    En cause, un avis défavorable de la commission communale de sécurité émis ce même vendredi. « L’établissement ne répond pas aux normes de sécurité en vigueur, et présente de ce fait un danger pour la sécurité des personnes », pointe l’arrêté de fermeture. En cause, la présence d’une seule issue de secours et d’un seul escalier pour évacuer l’étroite salle en sous-sol. « La carence en dégagements compromet gravement, en cas de sinistre, l’évacuation du public reçu dans l’établissement », est-il expliqué. S’y ajoutent l’absence complète d’alarme incendie, d’éléments sur le comportement au feu des matériaux utilisés, et l’absence même d’autorisation administrative. Une gestion punk qui n’a pas plus aux services de la Ville, trois mois après le drame de Crans Montana. Ceux-ci déplorent ainsi « la négligence manifeste de l’exploitant qui n’a pris aucune mesure pour réduire les risques identifiés ». Et conditionnent la réouverture des locaux à un dépôt d’un dossier d’autorisations de travaux ainsi qu’une visite de réception des aménagements et la délivrance d’une autorisation municipale. En cas de refus de fermeture, l’exploitant s’expose à une amende de 10 000 euros.

    « Puisqu’il nous est donné la possibilité de nous mettre en conformité avec les normes attendues pour l’accueil du public, nous avons pris la décision d’aller dans cette direction, afin que la Salle Gueule puisse continuer d’exister comme toujours », réagit le collectif dans un communiqué ce lundi, regrettant que « ce qui était ignoré ou toléré jusqu’à présent, semble désormais ne plus l’être ». L’association demande à être reléguée de catégorie d’établissement recevant du public « pour les travaux et la collecte de soutiens à l’intérieur de notre local ». Un appel aux dons est ainsi lancé pour ce chantier, et notamment un appel aux compétences en électricité, plomberie, conformités de sécurité… En remerciant les lieux qui ont accepté d’accueillir les concerts prévus au milieu de la programmation. Avec une promesse : « Nous pensons que la Salle Gueule remplit plus que jamais un besoin, et que celui-ci vaille la peine de s’imposer un nouvel assortiment de contraintes.»

    La municipalité indique de son côté que le président sera contacté dans les prochains jours, « afin d’accompagner au mieux l’association dans son souhait annoncé de régularisation, et de préserver ce lieu historique de la scène musicale alternative à Marseille ». En saluant au passage son « attitude responsable ».

  • Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    « Nous voulons que la mobilisation devienne nationale pour les jeunes », revendique Patrick Moreno, professeur d’anglais depuis 2003 et responsable FO au lycée Jean-Perrin (10e). Des professeurs réunis avec les sections syndicales, Snes-FSU, CGT Educ’Action et SNFOLC du lycée qui étaient en grève, jeudi 19 mars.

    Ils ont été prévenus en février de la suppression de 121 heures de la dotation globale horaire (DGH) allouée par le Rectorat de l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée prochaine. Ce jeudi matin, devant les grilles de l’établissement, une quarantaine d’entre eux tractaient et ont pris la parole à destination des élèves. « Cette journée a été mobilisatrice », se satisfait Patrick Moreno. « Les étudiants commencent à s’intéresser à la mobilisation et à avoir les informations », s’enthousiasme une professeure d’anglais.

    « Le ministère n’est pas à l’écoute »

    Teresa et Christell, représentantes des parents d’élèves du Mouvement départemental des parents d’élèves de l’enseignement public des Bouches-du-Rhône (MPE13) s’inquiètent de l’impact de cette baisse de moyens sur leurs enfants, leurs apprentissages et leur futur : « Ce qui en découle, ce sont des classes surchargées ou même des suppressions de classes et de professeurs », soulignent-elles. Alors que chaque année, le lycée accueille une centaine d’élèves en plus. Elles se désolent de voir que « le ministère n’est pas à l’écoute, l’Éducation nationale s’affaiblit » et les « élèves ne sont pas mis au centre de la table ».

    Des enseignants du lycée et les syndicats exigent auprès du Rectorat, le maintien de toutes les heures supprimées, le maintien de toutes les classes, tous les dédoublements et le maintien ou l’augmentation des moyens horaires à hauteur des besoins des élèves.

    Rassemblés en assemblée générale, les syndicats, représentants des parents d’élèves, représentants des lycéens et enseignants grévistes ont voté unanimement pour être reçus par l’administration de l’établissement sur ces suppressions d’heures. Un conseil d’administration du lycée devrait d’ailleurs avoir lieu le 30 mars sur la répartition des moyens pour la rentrée 2026.

    Une demande d’audience auprès des services du Rectorat avait été déposée pour ce jeudi 19 mars, et a été « relayée à trois reprises » selon Patrick Moreno. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils n’ont pas obtenu de retour. Contacté, le Rectorat n’a pas souhaité se prononcer en raison de la période de réserve électorale.

    La suppression de 3 256 postes annoncée, dans le projet de loi de finances 2026, du personnel enseignant de l’Éducation nationale à la rentrée prochaine impacte directement les établissements et les élèves. Jean-Michel, professeur en génie mécanique à la Section d’enseignement professionnel (SEP) et syndicaliste à la CGT Educ’Action, affirme que le retard de vote du budget pour 2026 a « un effet boule de neige » sur les décisions et les moyens alloués.

    « Situation de pourrissement »

    « Solidaire » avec ses collègues, c’est ce que souhaite montrer Bastien, professeur de lettres et histoire en SEP. Même si cette section n’est pas concernée par les baisses, il déplore tout de même « le manque de moyens mis en œuvre » pour répondre aux besoins particuliers des élèves en situation de handicap. « Avec une classe de 30 élèves, nous sommes censés être en demi-groupe, mais nous sommes en classe entière et il y a un manque de matériel pédagogique », explique-t-il.

    « Le budget pour l’économie de guerre augmente, mais les coupes sont drastiques pour les hôpitaux et l’éducation », s’indigne Patrick Moreno. « La jeunesse a raison de se mobiliser, c’est une situation de pourrissement », conclut-il. Il aimerait que les lycéens de Jean-Perrin s’organisent pour faire entendre leur voix dans ce mouvement.

    La mobilisation se poursuit dans le département. L’intersyndicale éducation des Bouches-du-Rhône appelle à la grève le jeudi 26 mars avec un rassemblement à 11h aux Réformés, suivi par une manifestation jusqu’à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN) et à 14h une assemblée générale des personnels en lutte à la Bourse du Travail pour décider des suites.

  • [Tribune] Juives et Juifs de Marseille contre le RN

    [Tribune] Juives et Juifs de Marseille contre le RN

    De la participation de Franck Allisio, candidat RN au dîner du CRIF local, candidat juif revendiqué sur la liste RN aux municipales, tracts RN à la caisse de certains commerces, etc. Depuis des années, le RN tente de séduire les électrices et électeurs juifs à Marseille. Le vote RN monte partout en France, dans toutes les tranches de la société. Nos communautés n’échappent pas à cette tendance : nous constatons une banalisation de la présence et du vote RN parmi elles.

    Avec près de 80 000 personnes, Marseille est la ville avec la deuxième communauté juive de France et la troisième d’Europe après Paris et Londres.

    Nous sommes trop longtemps restés silencieux et silencieuses face à ce mouvement d’extrême-droitisation qui paraît pourtant insensé tant les fondements du RN le renvoient à l’antisémitisme, au néofascisme et au négationnisme. Aujourd’hui encore lors des municipales : un membre d’une formation pétainiste sur les listes à Amiens, un membre de l’Action française à Dunkerque, des candidats qui font des « plaisanteries » humiliantes antisémites et racistes à Carpentras, Chambéry, Belfort… Le fond idéologique n’a pas changé, et ces candidats et candidates racistes le savent bien.

    S’il n’utilise plus la haine des Juifs et Juives comme point de campagne, ce n’est pas par changement de ligne directrice, mais par stratégie : ils se servent de nos communautés pour se blanchir. Le RN déteste la diversité et ne défend aucune minorité (religieuses, ethniques, de genre, sexuelles…). Sa stratégie de mise en concurrence des communautés lui a permis de désigner « les Musulmans », comme un groupe monolithique et antisémite, et de se positionner en défenseur des Juifs.

    Nous ne sommes pas dupes : islamophobie et antisémitisme sont les deux faces d’une même pièce. Un parti qui désigne une communauté à la meute comme responsable de tous les problèmes pourra ensuite en désigner une autre.

    De plus, nous ne votons pas seulement pour notre propre sécurité, mais pour la société dans son ensemble. La tradition juive porte des valeurs de justice qui, dans leur essence, sont incompatibles avec celles de l’extrême droite et de son racisme.

    Nos familles, en grande partie exilées d’Afrique du Nord, venues d’Europe de l’Est, ou provençales depuis toujours, ont trouvé refuge à Marseille, où nous pouvons pleinement embrasser nos identités et nos histoires. Nous sommes profondément choqués par ce rejet de la diversité, et par la confiance donnée à nos bourreaux historiques.

    La stratégie du RN est de semer la peur et la division, puis de se poser en seul protecteur possible. Ne nous laissons pas avoir : le RN ne sera jamais notre allié, ne nous protégera jamais. Refusons la division communautaire tant espérée par le RN pour fragmenter notre ville. Nous avons besoin de résister ensemble, de continuer à tisser des liens entre les communautés et à promouvoir la solidarité.

    Les signataires

    Mathilde Arock, avocate

    Hannah Amar, productrice

    Robin Assous, animateur de centre social dans les quartiers Nord

    Charlotte Ayache, enseignante

    Léna A., enseignement supérieur

    Eliaou Balouka, psychologue clinicien, chercheur

    Elisha Baskin, libraire

    Haim Bendao, rabbin

    Eve Benhamou, enseignante-chercheuse

    Esther Bensadon, productrice

    Hannah Bensoussan, psychologue et poétesse (Radical Mitzvah Marseille)

    Louise Berrebi, consultante

    Benjamin Bitane, directeur associatif

    Michèle Bitton, sociologue indépendante

    Alice Boccara, artiste

    Cecilia Breuil, travailleuse dans l’art

    Zohar Cherbit, chercheur

    Cléo Cohen, réalisatrice

    Charlotte Daled, chargée de projet

    Chloé Darmon, directrice RH

    Rémi Decoster, photographe – chef opérateur

    Daniel Disegni, mathématicien

    Maya Eyal, ingénieure pédagogique

    Agnès Freschel, journaliste

    Yael Greenberg, creative consultante

    Sarah Grin, juriste

    Lionel Guetta-Jeanrenaud, réalisateur

    Delphine Guyomar Ponsot, enseignante

    Marielle Hababou, chercheuse

    Marie-Hélène Hadjadj, orthophoniste

    Noémie Hadjedj, dessinatrice

    Alain Hayot, sociologue

    Sacha Hendrickx, président d’Ani Veata

    Jonathan Henzinski, réalisateur-vidéaste

    Odelia Kammoun, illustratrice

    Josiane Korobeinik, militante

    Jessica Laik, accompagnatrice d’initiatives sociales et solidaires

    Eloise Langer, entrepreneuse

    Dan Lascar, infirmier

    Elodie Lascar, dessinatrice

    Rebecca Levy, designer

    Philippe Levy, comédien

    Sarah M., travailleuse associatif

    Émilie Marchandin, artiste peintre

    Caroline Melloul, médecin biologiste

    Elina Melloul, consultante résilience/gestion de crise

    Jany Melloul – Goguillot, Orthophoniste

    Serge Melloul, psychiatre

    Yoram Melloul, journaliste

    Lauren Miller, formatrice

    Ed Mills-Affif, réalisateur et enseignant

    Mia Oustry, cinéaste

    Lauranne Esther Pestre, professeure de piano

    David Pierret, producteur

    Salomé Riviere, danseuse et chanteuse

    Laura Sahin, journaliste réalisatrice co-responsable des Guerrières de la Paix Section Sud

    Evelyne Sitruk Warschawski, responsable d’association

    Anaëlle Smadja, étudiante

    David Stoleru, directeur associatif

    Carole Tauflichen Mills, éditrice

    Clara Teper, réalisatrice

    Hannah Thuriere, cheffe (Radical Mitzvah Marseille)

    Samuel V, médiateur

    Justine Van Minden, Juive « du Pape »

    Véronique Ventola, médecin

    Saskia Waledisch, scénariste-réalisatrice

    Lévanah Zeidenberg, étudiante

    Yael Zerbib, chargée de projet

  • Les Winners veulent réveiller les abstentionnistes

    Les Winners veulent réveiller les abstentionnistes

    S’adressant particulièrement aux abstentionnistes, ils évoquent une « urgence » face à « la montée de l’extrême droite », arrivée en deuxième position au premier tour, juste derrière le Printemps marseillais.

    Dans leur texte, les South Winners qualifient le RN de « parti de la division, du racisme et de la xénophobie ». Ils rappellent notamment « le devoir de mémoire », évoquant la mort d’Ibrahim Ali en 1995, tué par colleur d’affiches du Front national.

    Insistant sur l’âme profonde de Marseille, le célèbre groupe de supporters met en avant une ville marquée par le « vivre-ensemble. Le mélange des cultures, des religions et des classes sociales ne doit pas être remis en question ». Avec un goût amer, les Winners constatent : « Nous qui avons fanfaronné de ne pas avoir de fachos dans notre stade, contrairement à Lyon, Lille ou Paris – où le RN a réalisé des scores minimes – honte à nous. »

    Dans leur communiqué, le groupe appelle à un sursaut électoral, avec une abstention qui a atteint 47,83% lors du premier tour. Le message est clair : « Le plus grand allié pour eux est l’abstention. Il faut aller voter (…). Marseille, réveille-toi : près de 100 000 traîtres vivent parmi nous, 100 000 personnes qui ont cédé au populisme et au choix de la facilité, celui de vendeurs de rêves, d’une réalité inadaptée qui n’existera jamais pour notre ville et ses habitants. »

    Les Minots de Marseille mettent en avant la mixité

    L’association des Minots de Marseille, école de foot et acteur social, a publié un communiqué, mercredi. Un texte qui débute ainsi : « Il n’est pas possible de fermer les yeux et de se taire… » Le club réaffirme son refus de l’extrême droite et son attachement à la diversité : « Nous ne voyons pas des origines, des religions ou des couleurs (…) Nous voyons une richesse humaine qui donne du sens à tout ce que nous faisons (…). » L’association rappelle que ses terrains accueillent « des jeunes qui apprennent à se respecter et à grandir malgré leurs différences ». Le club, né en 2020, évoque son histoire : « En unissant les Minots du Panier et l’Amical Saint-Just, nous avons prouvé que ce qui peut paraître impossible peut devenir possible : réunir le centre-ville et les quartiers nord (…) et faire grandir ensemble une jeunesse diverse, mais unie. » « Le RN, qui propose un monde contraire à nos valeurs, risque de prendre le pouvoir dans notre secteur des 13e et 14e, ainsi qu’à la mairie centrale (…). S’abstenir, c’est laisser quelqu’un d’autre décider à notre place », notent les Minots.

    Roman Carlier Del Rio

  • Plusieurs salles de spectacle s’engagent pour préserver la culture

    Plusieurs salles de spectacle s’engagent pour préserver la culture

    Parmi les signataires figurent l’Espace Julien, Le Makeda, le Théâtre de l’Œuvre, La Meson et Grand Bonheur. Ces acteurs culturels affirment que leurs établissements sont des espaces où « se vivent la diversité, la rencontre et le partage », qu’ils décrivent comme des composantes essentielles de l’identité marseillaise. Ils soulignent que ces valeurs sont aujourd’hui « clairement en jeu ».

    Les signataires défendent une « culture libre, accessible à toutes et tous, ancrée dans les quartiers » et rappellent leur conception de la solidarité, présentée comme « ce qui garantit notre sécurité au quotidien ». Le communiqué insiste aussi sur le rôle de la culture, un « droit fondamental (..) pilier de la démocratie », ainsi que sur l’importance de soutenir la création et les talents locaux.

    Au-delà de la mairie centrale, le texte souligne l’enjeu représenté par les mairies de secteur, où se construisent « le lien social, l’accès à la culture et le vivre-ensemble ». Les établissements concluent en appelant à la mobilisation citoyenne : « Parce que Marseille ne se replie pas, elle se partage. »

  • Des rappeurs phocéens haussent le ton contre le RN

    Des rappeurs phocéens haussent le ton contre le RN

    « On entend des gens dire : “on n’a jamais essayé le RN, on ne peut pas savoir.  Moi, je n’ai jamais testé de manger des excréments, mais je sais que ce n’est pas bon. » L’extrême droite, beaucoup en parlent, mais c’est peut-être le jeune rappeur Maze qui la résume de la manière la plus parlante.

    Comme certains de ses autres camardes, ils sont quelques MC’s et chanteurs, la plupart assez jeunes, à avoir tenu à exprimer leur refus de voir le RN accéder au pouvoir à Marseille, en ce jeudi 19 mars, à l’Après-M. Un lieu de restauration rapide tout autant que plateforme sociale et banque alimentaire, situé à Sainte-Marthe. Dans le secteur des 13-14, ici même où le RN est arrivé en tête au premier tour des élections municipales. « Dans toute l’histoire de notre ville, le monde artistique a fait preuve d’engagement face au racisme et à l’extrême droite : des mouvements des quartiers des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, en passant par les mobilisations après le meurtre d’Ibrahim Ali », rappellent les organisateurs de cette prise de parole.

    « Ce vote, c’est pour notre survie et les gens qui nous entourent. Il faut aller voter. Même si ce n’est pas votre choix de base, ça sera toujours mieux d’avoir Payan pendant 7 ans que le RN pendant 7 ans », appelle la rappeuse DZ Kaïna, qui se réfère aux exemples du passé comme du présent : « Regardez ce que l’extrême droite a fait avec l’Allemagne nazie, ce qu’elle fait en Palestine, aux États-Unis avec l’ICE… »

    Parmi les autres artistes présentes, Lansky Namek prévient pour sa part : « On est là pour faire barrage aux idées nauséabondes du RN. Marseille, c’est une unité plurielle et ça le restera. »

    Si une majorité de présents sont plutôt jeunes, un pilier du rap marseillais a répondu présent, en la personne de Jo Popo. « Marseille est à un tournant de son histoire. Si les gens ne se mobilisent pas, ils vont le regretter », alerte cette moitié du groupe emblématique 3e Oeil, qui redoute également la destruction du tissu associatif et culturel de la ville si le RN accède à la tête de la mairie.