Tag: Marseille

  • Après 46 ans à régaler les papilles sur le port, Loury bouillabaisse le rideau

    Après 46 ans à régaler les papilles sur le port, Loury bouillabaisse le rideau

    « Les petits restaurants comme le mien, avec un patron et deux ouvriers qui font des spécialités du terroir, sont amenés à disparaître », observe Bernard Loury, en ce samedi 30 mai, pendant qu’un flot de passants, victimes consentantes des attrape-touristes et enseignes de restauration guindées, inonde le Vieux-Port. Prenant quelques minutes à l’heure du café en cette dernière et ultime journée de service, ses souvenirs jaillissent, goûteux et raffinés comme la bouillabaisse qui participe à sa renommée depuis 1980, lorsque ce Bourguignon a établi son restaurant Chez Loury au 3, rue Fortia, avec sa femme Ghislaine. « J’aurais aimé passer la main, mais ce n’était pas possible », confie-t-il, les mains posées sur une nappe en tissu blanc, non loin d’un tableau figurant un matelot étreignant sa belle à l’heure du départ. Ce cuisinier aussi chevronné que sa si reconnaissable moustache avait démarré il y a 46 ans « avec une carte de spécialités de Bourgogne. Mais ça n’a pas marché. J’ai changé au bout de deux mois car j’ai compris qu’il fallait que je me mette dans le moule du quartier, en faisant du poisson et des coquillages ».

    « Ici, on aime les gens »

    Mais au-delà des rascasses et autre faune méditerranéenne dont il s’approvisionne chaque matin auprès des pêcheurs du Vieux-Port, la terre s’ancre aussi dans sa carte avec daube provençale et pieds paquets que l’acteur Philippe Noiret aimait venir déguster, se remémore-t-il entre autres. « Je ne le connaissais même pas et un jour, alors que je revenais du marché aux poissons, Loury m’a demandé si je savais les mettre en filet. Il m’a appris à le faire dans la cuisine du restau. Je suis triste qu’il parte », témoigne Laure, jeune habitante du quartier. « Tellement tu es connu ici, il y a des cartes postales avec toi dessus », s’adresse-t-elle en direction du restaurateur, tout en pointant l’objet qui orne des murs tapissés d’œuvres et souvenirs d’épopées culinaires de Loury.

    « Ici, on aime les gens. Quand on leur fait du bien, ils vous le rendent », dit, ému mais serein et le sentiment du devoir accompli, cet homme « issu d’une famille communiste. Ma grand-mère, Eugénie Loury, a été l’une des premières femmes à se présenter sur une liste communiste en 1946. Et mon frère est élu en Bourgogne », précise Loury, compagnon de route du journal La Marseillaise dont les lecteurs ont vu pendant des décennies les encarts et articles imprimés sur ses pages. De beaux souvenirs qui ne le rendent pas pour autant nostalgique. « ça tourne, la vie avance. Je m’aperçois juste que j’ai pris un coup de vieux », plaisante-t-il, entre une photo prise avec groupe achevant son déjeuner et l’étreinte de son petit filleul.

    « Ce que je retiens de lui, c’est la rigueur. Il m’a transformée », se souvient Dania, apprentie serveuse il y a 20 ans chez Loury.

    Rigueur et humanité

    « Moi qui venait de Frais-Vallon, travailler chez lui m’a fait rencontrer un autre monde. ça m’a donné confiance en moi. Et ensuite, il ne m’a pas lâchée, s’est même porté garant pour que je loue mon appartement », rappelle-t-elle sur le toit-terrasse du Rowing club, au Pharo, où Bernard Loury a organisé dimanche un apéro d’au revoir avec ses proches et une cinquantaine d’anciens collègues de travail qui se retrouvent chaleureusement après tant d’années. « C’est le seul restaurateur qui a bien voulu m’employer. À l’époque, on n’embauchait pas les femmes dans ce secteur. Il est rigoureux dans le travail mais toujours très humain », fait part Carine, première apprentie femme en cuisine chez Loury. « Moi qui partais de zéro, il m’a tout appris : la découpe du poisson, le respect du client. Il m’a donné un espoir et m’a fait renaître », va même jusqu’à dire son ultime serveur, Ayoub, qu’il convie à chaque mois de novembre pour la récolte des olives. « Chaque fois que je remonte un Saint-pierre ou un chapon, je pense à toi », lui promet Achraf, l’un de ses fournisseurs. Autant de membres de la grande famille enfantée depuis 46 ans par Loury qui regrettent tous « la fin d’une époque », mais comptent bien continuer à cultiver les liens qui les unissent à leur chef.

  • Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    À Marseille, enfreindre les règles d’urbanisme est un sport. À quelques dizaines de mètres du rooftop illégal d’un bar, un chantier est à l’arrêt depuis l’intervention du service de l’urbanisme de la ville de Marseille alertés par des habitants que des travaux avaient entièrement rasés l’ancien cabinet dentaire au 247, Corniche Kennedy, (8e), qui devait être conservé.

    Affiché sur la grille, le permis de construire délivré en accord tacite fin juillet 2025 et que nous avons pu consulter, ne prévoyait à l’origine aucune démolition, même partielle. L’opération était présentée sous un angle étonnement peu interventionniste. « Le projet est une demande de changement de destination pour l’aménagement d’un petit hôtel constitué de 12 chambres. Il comprend la surélévation des trois bâtis afin d’harmoniser les hauteurs et les volumétries, le tout articulé autour d’un patio » peuvent lire les passants sur le panneau d’affichage de ce projet hôtelier porté par un chef cuisinier.

    C’est en effet la société de restauration SOCOMREST de Christian Ernst, le chef cuisinier du Rowing Club de Marseille, qui se lance dans l’hôtellerie sur la célèbre corniche marseillaise. Baptisé « Le Kennedy by Mr Ernst », l’établissement « s’adresse à une clientèle simple et esthète qui souhaite découvrir la cité phocéenne, les ruelles du quartier de Malmousque et ses plages attenantes » en leur « offrant une expérience intime et confidentielle » dit la présentation annexée au permis.

    Décidément, les grandes toques sont meilleures à leurs fourneaux que devant des agglos. Son confrère étoilé Gérald Passédat a démontré récemment aussi sa difficile assimilation du code de l’urbanisme. Le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable en novembre 2025 d’avoir édifié une villa à Endoume avec un permis périmé et en infraction au PLUi. Un permis pour régularisation lui a été délivré pour se conformer au nouveau PLUI avant le prononcé de la peine que le tribunal a fixé au 4 septembre prochain.

    « Il l’a fait à la marseillaise comme on dit, mais quand on démolit de façon aussi cavalière, on s’arrange au moins pour que ça ne fragilise pas les mitoyens » commente Alain, un riverain qui nous montre les désordres occasionnés sur le bâti voisin. Une partie d’un commerce a été endommagée du fait que les charpentes étaient solidaires du bâti rasé. Interrogée, la ville s’est bornée à nous confirmer pudiquement qu’« une procédure était en cours », sans préciser si un arrêté interruptif de travaux avait été pris, comme ce fut le cas pour le chantier en infraction de l’hôtel cinq étoiles Amédée Armand, au 11, rue Lafon. Il nous a été indiqué qu’il avait été demandé au maître d’ouvrage de mettre urgemment en sécurité l’immeuble mitoyen, ce qui a été fait : un mur a été remonté et la toiture voisine refaite. Depuis le chantier est arrêté.

    La parcelle litigieuse de 244 m2 a été acquise 650 000 euros en 2021. Elle comprenait un bâtiment principal d’un niveau et d’anciens petits bâtiments en retrait organisés en patio et un bâtiment ruiné en pierre conservé. Le dossier d’urbanisme ne comporte aucune photo du bâti démoli, ce qui est une anomalie. Le descriptif rédigé par un cabinet d’architecte présentait l’opération comme un simple « réaménagement (décoration) du bâtiment existant sans toucher aux structures et aux planchers ». Il décrivait « la création de trois ailes attenantes à R+1 d’une surface totale de 140,1 m2 (hors bâtiment existant) entourant un espace à l’air libre de 72 m2 ».

    S’agissant du traitement du bâtiment sur rue, l’Architecte des bâtiments de France avait émis un « avis favorable de principe » sous la réserve de la reprise du porche central et l’ajout d’un balcon ajouré sur le modèle des architectures des années 30. Le permis de construire accordé le 15 octobre 2025 a bénéficié d’une dérogation du préfet sur la non-accessibilité des personnes handicapées, après un refus initial. Contacté, Christian Ernst, n’a pas donné suite à notre demande.

  • Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    La Région Sud est le point culminant français en matière culturelle et artistique. Nous ne voyons pas la culture comme une dépense mais comme une identité, notre force », amorce Sophie Joissains. « Du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence à Marsatac, en passant par le Festival d’Avignon ou les Chorégies d’Orange », « la culture est un ferment d’espoir et un lien entre tous », estime la vice-présidente de la Région en charge de la culture lors d’une conférence de presse organisée vendredi 29 mai. En dépit d’une baisse de 4% de son budget alloué à la culture, 52,5 millions en 2026, et à l’approche de la saison des grandes manifestations de l’été, l’occasion est donnée de faire un point sur les gros festivals que la collectivité territoriale soutient.

    Primeur de la parole à Richard Galy, président de la Société publique locale (SPL) des Chorégies d’Orange, qui note d’emblée la « nécessité de passer à un autre statut plus adapté, l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC), déjà voté par la Région, le Département et la Ville. Nous attendons l’arrêté qui nous permettra d’y associer l’État ». Directeur démissionnaire de la manifestation, Jean-Louis Grinda annonçait il y a quelques mois une « saison 2026 light », divaguant du 19 juin au 18 juillet de La Traviata de Verdi avec Jessica Pratt dans le rôle-titre, à un concert symphonique de Philippe Katerine. « Un nouveau directeur artistique des Chorégies sera nommé la semaine prochaine. Avec l’objectif de proposer ce qui fait l’ADN des Chorégies, le lyrique et la mise en scène », annonce avec soulagement Richard Galy.

    Successions et bougies

    Nommé à la suite de Pierre Audi, décédé il y a un peu plus d’un an, Ted Huffman, nouveau directeur du Festival d’Aix-en-Provence qui se tiendra du 2 au 22 juillet, réaffirme quant à lui que « l’opéra doit demeurer un art vivant. Il faut sortir de l’idée selon laquelle l’art lyrique est un musée. C’est le moment d’aller vers des choses inattendues », souligne le metteur en scène américain. Parmi les « 250 festivals et manifestations » soutenus par la Région sur le millier existant, certains sont présents comme Marsatac, dont la date du 13 juin réunissant Théodora et Disiz est « bientôt sold out », annonce sa directrice Béatrice Desgranges, Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon dont la 80e édition s’élance le 4 juillet, ou encore Michaël Dian, directeur artistique du Festival de Chaillol qui souffle ses 30 bougies dans les Hautes-Alpes dès le 17 juillet. Sans oublier la présence d’Hugo Lucchino, nommé l’été dernier à la tête de la Villa Noailles, à la suite de la mise à pied de Jean-Pierre Blanc par le ministère de la Culture. Avec une programmation articulée autour du festival international de la mode, de la photographie et d’accessoires d’Hyères ainsi que du festival Design Parade à Toulon et dans la région. Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres d’Arles, tenues du 6 juillet au 4 octobre, met l’accent, elle, sur les différents dispositifs dispensés aux élèves de tous âges autour de l’initiation à la lecture de l’image. « Pour donner des clefs pour permettre aux jeunes de décrypter les images qui les entourent. »

    Le 15e vice-président de la Région en charge de la jeunesse, des sports et de la vie étudiante, Ludovic Perney enchaîne et se félicite pour sa part des « 4 800 élèves » qui ont pu bénéficier de ces ateliers de « lecture de l’image à Arles », mais aussi des parcours initiés au Festival d’Aix ainsi que du nombre de « lycéens accompagnés au Festival d’Avignon ».

    « Mode de vie occidental »

    Si « l’État baisse non seulement ses budgets mais demande aussi aux collectivités un effort pour rembourser la dette nationale », rappelle Sophie Joissains, « il faut faire en sorte que les structures et festivals passent ce mauvais cap ». De son côté, Ludovic Perney voit aussi la culture comme un moyen de s’opposer « aux attaques contre le mode de vie occidental ». Une formule qui laisse pantois, mais que ce candidat à la présidence de la fédération LR des Bouches-du-Rhône « assume », avant de se vautrer dans des explications alambiquées pour tenter de déminer la polémique. « Quand on était à l’école, l’Occident était au milieu de la carte du monde avec l’Europe, et nous, au milieu. Et bien, aujourd’hui, l’axe du monde a changé. Il faut préserver ces valeurs qui sont fondamentales pour conserver la maîtrise de notre destin », dit celui qui aime à citer le moraliste nationaliste et controversé Ernest Renan. Avec tous ces festivals, l’été sera chaud. Mais gare aux coups de soleil idéologiques sur la nuque.

  • Un exercice de sauvetage de force majeure sur un ferry

    Un exercice de sauvetage de force majeure sur un ferry

    « Mayday ! Mayday ! Nous signalons un départ d’incendie dans la salle de barre avec des blessés. Et nous avons perdu notre capacité de manœuvre ! » Aux alentours de 9h, dans la salle de pilotage du ferry, le commandant Nicolas Chatot contacte le centre de contrôle de la préfecture maritime. Le préfet déclenche alors le dispositif de sauvetage Orsec de niveau 3, c’est-à-dire le niveau maximal. Dans quelques minutes, des renforts humains et matériels vont arriver de la mer et des airs. Tout ceci pour un exercice grandeur nature.

    Conditions réelles

    Mais les conditions, elles, sont quasi réelles. Dans le garage qui fait office de théâtre d’un feu, des mannequins entassés et des marins-pompiers, acteurs d’un jour, recouverts de faux sang, certains plâtrés, d’autres sous perfusion. Dans ce scénario, vingt victimes sont à déplorer, certaines gravement blessées. Trois nécessitent une évacuation d’urgence. L’atmosphère de grande concentration des équipes de pompiers contraste avec le chaos des corps au sol. Mais il faut du renfort pour maîtriser le feu (fictif) qui se déploie tout en secourant les victimes. Les pompiers vêtus de lourds uniformes (20kg au total) éteignent le feu et évacuent les blessés, qui sont pris en charge par des soignants au Point de rassemblement des victimes (PRV) improvisé sur place, dans une zone du parking. Le temps presse, l’exercice demande une grande coordination entre les différentes équipes, afin de sauver tous les passagers.

    En parallèle de l’action dans le garage souterrain, des équipes de renfort arrivent de toutes parts. Et là encore, la coordination prime. Une embarcation du bataillon des marins-pompiers de Marseille s’approche du ferry. Au même moment, un hélicoptère de la Marine nationale, avec à son bord l’Équipe d’évaluation et d’intervention (EEI), arrive depuis Hyères. Il tourne plusieurs longues minutes autour du Paglia Orba. L’hélicoptère se rapproche à grand bruit du point d’hélitreuillage et fait descendre un à un les membres d’équipage, créant des rafales de vent. Il repart au bout d’une dizaine de minutes. Quelques instants plus tard, un deuxième hélicoptère du Samu fait descendre des soignants. Tous se rendent en courant sur le lieu de l’incident. En une trentaine de minutes, le feu est éteint et les blessés sont pris en charge. Une victime se fait hélitreuiller en civière par le Samu, pour être emmenée à l’hôpital d’urgence.

    Au même moment, une deuxième action a lieu. En effet, le ferry a besoin d’assistance pour être remorqué jusqu’au port maritime de Marseille, son point de départ. C’est la mission de l’Abeille Méditerranée. Ce bateau est un remorqueur d’intervention d’assistance et de sauvetage (Rias). Son petit volume contraste avec l’immensité du ferry, de plus de 200 mètres de long. Mais il ne faut pas s’y fier : sa puissance de tractage lui permet de remorquer les plus gros navires. Pour l’exercice, le tractage ne s’effectuera pas sur tout le trajet du retour.

    Un exercice nécessaire

    La situation est maîtrisée, les derniers blessés légers sont pris en charge. C’est au tour de l’Équipe d’évaluation et d’intervention de jouer, afin de contrôler l’état du navire. La pression peut enfin se relâcher. « Sur ce genre d’exercice, les conditions sont réalistes. C’est nécessaire de s’entraîner sur des missions de cette ampleur pour travailler la coordination entre les équipes », explique Tony, matelot des marins-pompiers de Toulon. « Comme en conditions réelles, on doit faire face à des imprévus et réagir en conséquence. » Ce type d’exercice est exceptionnel par le nombre d’équipes déployées. Il est réalisé une fois par an. « Mais évidemment, nous nous entraînons toute l’année sur des missions de sauvetage en mer de plus petite ampleur. »

    En passerelle, le commandant du ferry, Nicolas Chatot, se réjouit du déroulement de l’exercice : « On a observé une réactivité sans faille. C’est important avant la saison qui arrive. » Emmanuel, capitaine de corvette et représentant de la Marine nationale, ajoute : « Nous nous entraînons aussi sur des missions de crash aérien, c’était le cas l’an passé, mais aussi à du contre-terrorisme. » Les professionnels se préparent au pire pour le jour J, tout en ayant conscience que chaque situation reste imprévisible.

  • Daniel Pennac à la rencontre des jeunes de la Busserine

    Daniel Pennac à la rencontre des jeunes de la Busserine

    Le temps d’une rencontre, la bibliothèque du Merlan prend des allures de salle de conférences où des doigts levés s’érigent tels des fusées. Face à des rangées d’enfants du quartier du Grand Saint-Barthélemy, Daniel Pennac. Cet auteur, « le plus grand écrivain du monde » d’après un des enfants, a été sollicité par le comité Mam’Ega pour échanger sur deux de ses œuvres, Kamo et Moi et L’Œil du loup.

    Créations artistiques

    Pour l’occasion et à l’initiative du comité, deux classes de l’école élémentaire de la Busserine ainsi que les collégiens du collège Pythéas ont produit des travaux mêlant podcast, art plastique, vidéo et lecture autour de ces deux livres.

    La rencontre a pour ambition de donner le goût de la lecture aux jeunes, de stimuler leur créativité et surtout d’encourager la fréquentation des lieux culturels. Ali Akroun, directeur de la bibliothèque, se félicite de l’événement qui traduit l’engagement du lieu : « C’est important que des rencontres comme celle-ci se passe parce que ça permet de mettre en lumière notre travail mené à l’année : rendre la culture accessible à tous ». Les enfants attentifs du début jusqu’à la fin semblent eux aussi sensibles à cette démarche. Kaïm s’exclame devant le reste de la classe : « Il est rigolo Pennac, ça m’a donné envie d’écrire ! »

    Vincent Schneegans, avocat et président de l’association Des livres comme des idées, est à la genèse de cette rencontre. Ancien élève de Daniel Pennac, il lui a présenté le livre de Françoise Ega, alias Mam’Ega, qu’il a par la suite préfacé.

    L’héritage de Mam’Ega

    Pour l’avocat, il y a un devoir de faire vivre la mémoire de l’autrice : « Tout part du livre de Mam’Ega parce que c’est son héritage ce quartier et qu’elle mérite d’être connue ». Daniel Pennac a eu une véritable rencontre littéraire avec son œuvre alors « tout ce qui touche à son univers me plaît et ça me fait plaisir d’être ici », affirme-t-il. Plus largement c’est la rencontre avec les enfants qui l’anime : « Les enfants c’est la vie vivante » Pour son fils, Jean Marc Ega, faire vivre la mémoire de sa mère, c’est entretenir une figure de proue dans leur travail associatif : « Elle et comme beaucoup de femmes nous permet de mettre en avant la culture dans notre quartier en mutation. C’est par ce biais qu’on s’ouvre au monde. C’est en joignant les histoires et les mémoires qu’on crée la rencontre entre les personnes. Cet esprit d’ouverture, c’est l’héritage de Mam Ega ».

  • Des milliers de minots invités à la fête des écoles au parc Borély

    Des milliers de minots invités à la fête des écoles au parc Borély

    La fête des écoles a fait son retour à Marseille l’an dernier. Cette année, le parc Borély s’est transformé en grand terrain de jeux pour les enfants, pour une deuxième édition proposée par la Ville de Marseille. Des univers multiples, de la « forêt enchantée » au « pays des rêves », chaque espace propose des activités ludiques et sportives, mais aussi des parcours éducatifs et de sensibilisation sur des thèmes variés.

    « C’est une autre manière de raconter la société aux enfants », explique Pascaline Lécorché, ajointe (Place Publique) au maire de Marseille et déléguée à l’éducation, au soutien scolaire et aux activités périscolaires. « Le fait de mutualiser des temps ludiques avec des temps éducatifs c’est aussi permettre à des publics qui sont plus éloignés de pouvoir venir et de mêler tout le monde à l’éducation, poursuit-elle. C’est un moment festif et populaire mais aussi éducatif à la direction, à la fois des enfants, des parents et le corps enseignant ».

    « L’idée c’est de mêler l’ensemble de ces temps, pour qu’on puisse avoir des moments de restitution et faire connaître tout ce que peuvent proposer la ville de Marseille et le corps enseignant comme offre éducative », confie Pascaline Lécorché. Parmi les propositions, des sensibilisations au climat et la biodiversité, et trois conférences dans le cadre du Printemps des écoles. Côté parcours, le public a eu l’occasion de découvrir entre autres « Ibrahim Ali, lutte contre les discriminations » ou « Ambassadrices et Ambassadeurs de la mémoire ».

    « De nouveaux défis »

    La journée a permis également d’approfondir la question du rapport aux écrans, via le parcours « Les petites exploratrices et explorateurs du web », qui a permis d’échanger sur les pratiques numériques en famille. L’élue partage : « La question des écrans et plus largement de l’IA, de manière générale, du numérique, c’est une question fondamentale que se posent tous les parents et tous les enseignants. On a besoin d’outils et de clés ». Derrière cette volonté, une réflexion de la Caisse des écoles pour donner ces « outils » à chacun et chacune. « Ce sont des clés de compréhension, mais aussi pour réagir, s’adapter et mieux intégrer les nouveaux défis », souligne l’élue.

    Au-delà des parcours éducatifs, c’est une journée festive. « C’est un moment de valorisation, confie Pascaline Lécorché, les enfants sont très contents lorsqu’ils sont sur scène, c’est aussi un moment de fierté pour eux ».

  • Tomili Moirabou, de la Mars Cup à l’équipe fanion de Istres FC

    Tomili Moirabou, de la Mars Cup à l’équipe fanion de Istres FC

    Dans le football, certains parcours suivent une trajectoire toute tracée, tandis que d’autres empruntent des chemins plus sinueux. Celui de Tomili Moirabou, surnommé « Faïz » par ses proches, appartient incontestablement à la seconde catégorie. Formé à l’US Cheminots Grande Bastide dès l’âge de 10 ans, le Marseillais de 22 ans, originaire de la cité Maison Blanche dans le 14e arrondissement, a dû surmonter plusieurs obstacles avant de voir son talent reconnu. « Après les Cheminots, j’ai joué pendant sept saisons au SO Caillolais. Lorsque je suis arrivé en U19, je souhaitais rester au club pour évoluer au niveau national, mais il n’a pas souhaité me conserver », raconte le joueur d’origine mahoraise, arrivé en métropole à l’âge d’un an. Confronté à ce premier revers, Faïz décide alors de prendre du recul.

    Durant une saison blanche, il rejoint l’académie Garrincha, une structure spécialisée dans les stages de perfectionnement située à proximité de son quartier d’origine. « Cette expérience m’a permis de me préparer au monde senior », explique-t-il. Ses progrès lui ouvrent ensuite les portes de l’équipe réserve d’Aubagne FC. « J’ai eu l’occasion de m’entraîner à plusieurs reprises avec l’équipe première. Mais le club n’a finalement pas donné suite pour m’intégrer durablement au groupe », poursuit l’ailier gauche.

    Le tournant l’été dernier

    À l’issue de la saison 2024-2025, Tomili Moirabou participe à l’aventure de la Mars Cup, le prestigieux tournoi des quartiers marseillais. Aligné sous les couleurs de Saint-Just, il contribue au beau parcours de son équipe, qui atteint les demi-finales de la compétition. « Je savais que ce tournoi pouvait offrir de véritables opportunités aux joueurs qui y participent », confie celui qui décroche dans la foulée une place au sein du Carnoux FC, en National 3.

    Au fil des éditions, la Mars Cup s’est imposée comme une formidable vitrine pour les talents locaux. Plusieurs joueurs aujourd’hui reconnus y ont fait leurs premiers pas sous les projecteurs, à l’image de Yacine Benhattab, dit « Zino », ancien joueur d’Aubagne qui a évolué cette saison avec le Stade de Reims en Ligue 1 (prêté par le FC Nantes). Autre exemple, le Marocain Gessime Yassine, vainqueur de l’épreuve avec La Viste en 2024 avant de participer à l’épopée du RC Strasbourg jusqu’aux demi-finales de la Coupe de France 2026. À son tour, Tomili Moirabou espère transformer l’essai. Ses qualités de percussion, sa vitesse, son explosivité et sa capacité à évoluer sur plusieurs postes offensifs ont convaincu l’Istres FC, pensionnaire de National 2, de lui offrir sa chance dès la saison prochaine. À lui désormais d’écrire la suite de son histoire.

    Début de la 7e édition

    L’édition 2026 de la Mars Cup, célèbre tournoi des quartiers marseillais, a débuté dimanche 31 mai avec les premières rencontres des phases de poule au stade La Martine. Les huit équipes en lice vont s’affronter lors de chaque dimanche du mois de juin. Les deux meilleures formations de chaque poule seront qualifiées pour les demi-finales, qui se tiendront le 24 juin. La grande finale aura lieu le 28 juin. Entre-temps, la compétition féminine et le tournoi juniors se produiront le week-end du 13 et 14 juin au stade Pierre-Delort.

    Billetterie disponible via la plateforme Shotgun

  • « Foot 2 Meufs » encourage l’émancipation féminine

    « Foot 2 Meufs » encourage l’émancipation féminine

    Utiliser le football comme outil de lien social, d’expression et de réappropriation de l’espace public. Telle est l’ambition portée par Archipel 13, association marseillaise d’éducation populaire, sportive et artistique, à travers son événement « Foot 2 Meufs ». Organisée en partenariat avec l’US Endoume Catalans, cette deuxième édition, mêlant football féminin, culture, pratiques artistiques et initiatives associatives, s’est tenue dimanche au stade Francis Di Giovanni.

    Sortir des préjugés

    « Le projet est parti du besoin d’un groupe de filles qui expliquaient qu’il leur était compliqué de pratiquer le football, que ce soit à l’école ou en club », raconte Léna Jimenez, cofondatrice de l’association. Elle souligne notamment que certaines jeunes filles se heurtaient à des difficultés financières pour assumer le coût de la licence et de l’équipement nécessaire. Mais l’obstacle principal résidait surtout dans le regard porté sur elles. « Elles recevaient sans cesse des jugements, y compris de la part de leur entourage. Nous avons donc voulu apporter une réponse à ce problème », insiste l’ancienne présidente. Dans l’imaginaire collectif, le football reste encore trop souvent considéré, à tort, comme un sport masculin. Au fil de ces temps de partage autour du ballon rond, l’association a également ouvert la réflexion à d’autres thématiques. Des ateliers culturels, comme la photographie, mais aussi des échanges autour de questions sociétales, notamment sur la place des femmes et des personnes minorisées dans le football, ont ainsi trouvé leur place au sein du projet.

  • Yannick Noah en animateur à Château-Gombert

    Yannick Noah en animateur à Château-Gombert

    Dimitri n’en revient toujours pas. Lui qui participait à sa première séance de tennis-fauteuil a échangé quelques balles avec Yannick Noah.

    « Franchement, je suis tout bizarre. C’est un énorme champion, mais il est très gentil et m’a donné de très bons conseils », a confié le jeune Aubagnais, fan d’AC/DC. Eva, qui découvrait le céci-tennis, savoure, elle aussi, son bonheur. « C’est exceptionnel de vivre un tel événement. Je vais pouvoir raconter ça à mes amis. En plus, il est sympa, génial et avenant. »

    Celui qui était l’entraîneur de l’équipe de France de tennis aux Jeux paralympiques de Paris n’a pas hésité une seconde quand il lui a été demandé de prolonger l’expérience en devenant le parrain du Para-tennis tour, mis en place par la Fédération française de tennis. « J’ai adoré ce que j’ai vécu aux Jeux et continuer à promouvoir le tennis inclusif est un grand plaisir pour moi », a confié le champion, après avoir échangé quelques balles et donné des conseils à plusieurs joueurs, venus découvrir les quatre disciplines du jour.

    « Ce tour de France, c’est l’occasion de faire connaître les passerelles qu’offrent les diverses pratiques du para-tennis. À chaque fois, je partage de très bons moments, chargés en émotions », poursuit-il. Outre de découvrir qu’il est possible, malgré un handicap, de pratiquer un sport, les séances sont autant de rendez-vous thérapeutiques qui aident à la reconstruction.

    Au sein du Tennis Club de Château-Gombert, il y a les structures pour accompagner ceux que cela peut intéresser. Le club est une référence nationale et prête les fauteuils adaptés pour les débutants.

  • La CGT appelle à venir soutenir Galéoté et Cristalli

    La CGT appelle à venir soutenir Galéoté et Cristalli

    Accusés d’« abus de confiance » dans le cadre de la gestion des comptes du Comité social et économique (CSE) du Grand port maritime de Marseille, Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du GPMM, et Bernard Cristalli, ancien trésorier du Comité d’entreprise, seront fixé sur le sort que la justice leur réserve, lundi 1er juin.

    « Criminalisation

    de l’action syndicale »

    « Cette date doit être un moment fort de la solidarité et de la mobilisation pour toutes celles et ceux attachés aux libertés syndicales », lance l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, qui appelle à un rassemblement devant le Tribunal judiciaire à 8h, en soutien à leurs deux camarades contre lesquels ont notamment été requis, le 28 avril dernier, 18 mois de prison avec sursis et une peine d’inéligibilité de 5 ans.

    Aux yeux de la CGT, pas de doute. Cette pression judiciaire participe à la « criminalisation de l’action syndicale. En plus d’essayer d’affaiblir le syndicat CGT du GPMM et de Fluxel, cette attaque illustre la volonté du gouvernement et du patronat d’accélérer le démantèlement des activités industrielles, portuaires, et plus largement, le remodelage de notre département », alerte l’UD CGT 13. Comme le soulignait la semaine dernière Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, « on a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée […]. En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale ».