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  • [Entretien] Jean-Pierre Hunckler : « Marseille a besoin d’une équipe de basket au plus haut niveau »

    [Entretien] Jean-Pierre Hunckler : « Marseille a besoin d’une équipe de basket au plus haut niveau »

    Les excellents résultats en jeunes et seniors des EDF, en coupe d’Europe, Coupe du monde et aux derniers JO, confirme la courbe ascendante du basket sur le plan national.

    Samedi dernier, Jean-Pierre Hunckler président de la FFBB, dans le cadre de son tour de France des Comités, est venu présenter les stratégies de la Fédération pour faire avancer les clubs et les aider. Très tôt dans la matinée, Jean-Pierre Hunckler a présenté aux élus du Comité la politique que la Fédération entend mener sur l’ensemble du territoire national.

    Mme Amapola Ventron, maire de Cabriès accompagnée de l’adjoint aux Sports, qui a mis à la disposition du Comité, la Maison des Arts, a souhaité la bienvenue et d’excellents débats à l’ensemble des participants.

    Jean-Pierre Hunckler, est rentré rapidement dans le vif du sujet, signalant que la fédération forte de 750 000 licenciés, regrette que cette année encore les clubs aient été dans l’obligation de refuser de nombreux jeunes, par manque de salles. mais aussi de formateurs. À l’issue de la réunion M. Hunckler a répondu à nos questions.

    La Marseillaise : Quelle est la raison de votre venue sur le territoire du Comité des Bouches-du-Rhône ?

    Jean-Pierre Hunckler : Nous avons décidé d’aller à la rencontre de tous les intervenants des Comités, pour avoir le retour du terrain sur le travail participatif. Nous voulons promouvoir et renforcer les valeurs du basket dans les clubs. Développer la diversité avec le handi-basket. et accompagner les dirigeants bénévoles. D’après les sondages, on voit un intérêt croisant pour notre sport. Nous devons nous adapter avec plus de 750 000 licenciés. Cette année encore de nombreux jeunes n’ont pu être accueillis, par manque de salles et d’éducateurs, c’est fort regrettable. Nous nous attachons à les aider à trouver des solutions.

    Comment utiliser les championnats du monde pour aider le basket au quotidien ?

    J.-P.H. : L’héritage de ces championnats c’est une panoplie active sur tout le territoire. Nous avons l’ambition d’un basket visible, innovant, performant, solidaire, et mettre ces valeurs au service du plus grand nombre.

    Est-ce que le 3×3 peut être un tremplin pour le basket classique 5×5 ?

    J.-P.H. : Tout à fait, les formateurs viennent du 5×5 leurs méthodes profitent aux deux systèmes. Nous retrouvons d’ailleurs des joueurs et joueuses au plus haut niveau sur le plan national. par exemple les internationales Caroline Hériaud et Migna Touré et beaucoup d’autres encore.

    Quelle place voyez-vous pour le basket à Marseille ? La ville pourra-t-elle retrouver les heures de gloire des années 50 ?

    J.-P.H. : Oui, je le pense, le président de Marseille Basket et son équipe bossent sur le projet. Nous y travaillons aussi. En effet, Marseille a besoin d’une équipe de haut niveau c’est le souhait d’un grand nombre. Mais il faut bien reconnaître qu’à part Lyon, Paris, Strasbourg, actuellement ce sont plutôt dans les villes moyennes, Le Mans, Bourg, Cholet, entre autres qu’évoluent les formations de Betclic Elite. Il est important que des partenaires acceptent de s’investir dans le projet. Il est aussi souhaitable qu’une Arena voit le jour, une nécessité dans la 2e ville de France. Une équipe dans l’Elite éviterait le départ des joueurs de talents vers d’autres clubs.

    Les Universités des USA profitent de l’excellente formation française, est-ce une forte concurrence ?

    J.-P.H. : Oui, elle existe, il faut s’adapter, trouver une solution. Il faut en discuter avec nos jeunes joueurs. Et puis, il y a l’effet « Wemby » c’est une locomotive, un personnage, un garçon super sympathique, et qui à chaque sortie améliore ses performances de top niveau.

  • Premier jet du bouchon studieux pour le 65e Mondial La Marseillaise

    Premier jet du bouchon studieux pour le 65e Mondial La Marseillaise

    Comme un air de rentrée. à un peu plus d’un mois du coup d’envoi de la 65e édition du Mondial La Marseillaise à pétanque, programmée du 5 au 8 juillet au parc Borély, une grande partie des membres de l’organisation était réunie lundi dans la salle Les Rotatives, au siège du journal La Marseillaise.

    Initié par Maryan Barthelemy, le nouveau directeur de l’épreuve et directeur des événements du journal, ce rendez-vous a été l’occasion de présenter les grandes lignes de cette Marseillaise 2026 et pour les nouveaux venus, de faire connaissance.

    Autour de lui, Léo Purguette, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Maurice Caumel, le directeur technique et son successeur désigné, Étienne Paolacci, ainsi que l’ensemble des chevilles ouvrières, bénévoles, salariés et amis du journal ou partenaires, de ce concours unique en son genre.

    Car la fête s’annonce cette année encore hors-norme. Lundi matin plus de 2 150 équipes étaient déjà engagées, représentant plus de 90 départements français et pas moins de 25 pays étrangers. Appliquée et conviviale, à l’image du Mondial, cette réunion de travail a permis de faire le point en interne sur l’état d’avancement de l’organisation, de cibler les derniers points chauds à régler et de focaliser sur les points d’attention liés aux changements qui interviendront cette année dans le déroulement de l’événement.

    Mais nous garderons encore quelques semaines la surprise…

  • La Région représentée au congrès mondial des médias

    La Région représentée au congrès mondial des médias

    Juste à côté de l’auditorium principal qui concentre les échanges du congrès mondial des médias, la Région Sud inaugurait son stand, lundi après-midi, avec la volonté d’envoyer un message à l’égard d’une profession qui connaît de nombreuses difficultés et doit relever d’importants défis avec la numérisation des usages et l’arrivée de l’intelligence artificielle.

    C’est François de Canson, successeur désigné de Renaud Muselier à la tête de la Région, qui s’est chargé du discours.

    « Les journalistes sont des femmes et des hommes qui écrivent, enquêtent, questionnent, racontent et alertent parfois. Des femmes et des hommes qui portent une responsabilité immense, celle d’éclairer nos sociétés », a-t-il indiqué. « Nous vivons dans une époque de tensions géopolitiques, de guerres à frontières, d’instabilité démocratique, de bouleversements technologiques, d’intelligence artificielle, de désinformation, de fragmentation du débat public… Jamais le besoin de presse n’a été aussi fort. Quand une société doute, elle cherche des repères, lorsqu’une démocratie tremble, elle a besoin de journalistes solides », a souligné le vice-président de l’institution.

    « Des acteurs précieux pour nos démocraties »

    « La liberté de la presse, la liberté d’expression ne sont jamais acquises, elles doivent être défendues juridiquement, politiquement, culturellement et surtout protégées », a affirmé François de Canson, assurant qu’« à la Région Sud, nous savons ce que vous représentez, vous êtes précieuses et précieux pour nos démocraties, pour l’intelligence collective, pour maintenir l’espace de raison saturé de faux ».

    Il s’est enfin félicité du choix de la région et singulièrement de la deuxième ville de France pour l’organisation de ce congrès mondial des médias, car « Marseille est une ville de circulation des idées, des peuples, des récits, des cultures. Une ville qui connaît le tumulte du réel, une ville profondément journalistique ».

    Le vice-président de la Région était accompagné par Jean-Christophe Tortora (La Tribune/CMA Médias), Véronique Saadé (CMA Médias), Michel Laugier, sénateur (Union centriste) des Yvelines et rapporteur du budget de la presse à la Haute assemblée pour couper symboliquement le ruban d’inauguration du stand.

    Parmi les participants, on notait la présence de Jean-Louis Pelé (La Provence), Laurence Bottero (La Tribune), Guilhem Ricavy (Var-Matin), Simon Perrot et Baptiste Bize (Nice-Matin) et Léo Purguette (La Marseillaise).

    L’info de proximité au centre d’un débat au Club de la presse Marseille-Provence

    « L’information de proximité, un enjeu de démocratie » : tel est l’intitulé du débat organisé, ce mardi 2 juin à 10h, par le Club de la presse Marseille-Provence Alpes du Sud, à l’occasion du congrès mondial des médias.

    Aux côtés de Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Léo Purguette, et des représentants de Marsactu et Var Matin.

    Inscription obligatoire par mail : contact@club-presse-provence.com

  • « La justice et le patronat cherchent à abattre la CGT »

    « La justice et le patronat cherchent à abattre la CGT »

    La sentence est tombée. Près d’un mois après le procès de Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT au Grand Port maritime de Marseille (GPMM), et de Bernard Cristalli, ancien secrétaire du Comité social et économique (CSE) au Port, la 6e chambre du tribunal correctionnel de Marseille a rendu sa décision, ce lundi.

    Devant une foule de soutiens cégétistes, mobilisés dès 8h sur le parvis du tribunal (6e), Pascal Galéoté révèle sa condamnation : 12 mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité sans exécution provisoire. Bernard Cristalli écope de la même peine, avec une amende allégée à 3 000 euros. Le parquet réclamait 18 mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.

    Les deux hommes, qui contestent les faits, sont condamnés pour « abus de confiance » dans le cadre de leur gestion du budget du CSE du Port, entre 2014 et 2018. Le tribunal établit qu’au total, 264 833 euros ont été détournés en cinq ans, sans que soit respecté « l’usage déterminé du budget activité économique et professionnel du CSE ». Parmi les dépenses pointées du doigt : 98 527 euros de frais de restauration, 49 118 euros de frais de déplacements et 33 992 euros de cadeaux et dons divers.

    « Criminalisation

    de l’action syndicale »

    Posté face à ses soutiens venus en nombre, devant les grilles du tribunal où avait pour l’occasion été accrochée une banderole « Stop à la criminalisation de l’action syndicale », Pascal Galéoté a annoncé faire appel de la décision. « Mes camarades, je pense qu’on ne pouvait pas faire pire », s’est indigné le leader CGT au Port.

    Il souligne tout de même deux « bonnes nouvelles ». D’abord, la constitution de partie civile du syndicat Force ouvrière du Syndicat professionnel des ingénieurs et cadres portuaires et affiliés Marseille-Fos, a été déclarée irrecevable par le tribunal. Pascal Galéoté les qualifie d’« organisations syndicales alliées du patronat et du gouvernement libéral ».

    Autre « bonne nouvelle » évoquée : sa peine n’est pas assortie d’une exécution provisoire, qui aurait rendu la condamnation temporairement applicable, même en cas d’appel. « Depuis sept ans que cette histoire dure, c’est entre 500 000 et 700 000 euros d’argent public qui auront été dépensés pour essayer de condamner la CGT, a poursuivi le secrétaire général du syndicat au port. Voilà ce qu’ils font avec notre argent public : essayer de faire tomber celles et ceux qui au quotidien essayent de défendre collectivement les travailleurs. » Il ajoute : « Partout, il faudra qu’on fasse une démonstration de force à la justice et au patronat, qui cherchent à abattre la CGT. »

    La CGT des portuaires a, dans un communiqué, exprimé « toute son incompréhension et sa colère » face au jugement prononcé et dénonce une « décision d’une extrême sévérité ». L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône appelle, elle, les « travailleurs et les travailleuses » à « prendre la mesure de l’attaque » et déclare « fermement condamner » la décision rendue par le tribunal.

    Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a elle aussi manifesté son soutien à l’élu syndical lors de son discours d’ouverture du 54e congrès de la CGT, à Tours, ce lundi. « Quand on attaque un militant de la CGT, c’est toute la CGT qui riposte », a-t-elle déclaré, faisant référence à plusieurs syndicalistes poursuivis, dont Pascal Galéoté.

  • Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    La présidence du conseil d’administration de la SPLA-IN, acteur opérationnel de la résorption de l’habitat indigne à Marseille, a basculé, ce lundi, avec l’élection, par 16 voix favorables sur 17 et 1 abstention, d’Audrey Gatian, représentante titulaire de la Ville, qui succède à David Ytier (LR), l’un des dix représentants de la Métropole.

    C’est l’effet attendu de l’accord de gouvernance noué, en avril, entre le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), et le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence. Le capital de la société publique créée en novembre 2020 est réparti entre la Métropole (59%), l’état (35%) et la Ville de Marseille (6%).

    « J’ai, en tant que président sortant, le sentiment du devoir accompli. Je me suis régalé dans cette mission », réagit David Ytier, 11e vice-président de la Métropole délégué aux finances, interrogé par La Marseillaise.

    « Quand j’ai été élu il y a six ans, on était dans un contexte extrêmement compliqué, tendu. Quand on regarde aujourd’hui tout ce qu’on a fait collectivement, le conseil d’administration, les équipes de Franck Caro [le directeur général], on a une structure qui fonctionne, des chantiers dont déjà une quinzaine sont terminés et une centaine d’autres en cours ou sur les rails. La SPLA-IN est propriétaire de quasiment 100 immeubles. La machine est pleinement lancée et elle fonctionne bien, elle est reconnue. »

    David Ytier approuve le fait que « les outils pleinement marseillais devaient revenir en priorité aux élus de la commune ». « J’ai été très clair dès le départ en disant que j’étais très heureux d’en être le président et que dès lors que la Ville de Marseille aurait positionné un élu, je ne serais pas candidat. C’est ce qui s’est passé. On reste dans un process d’administration œcuménique et transpartisan pour s’écarter de toute polémique, de toute dispute. Je crois qu’Audrey [Gatian] se placera dans la continuité. »

  • Opération dégraissage pour Grégory Lorenzi à l’OM

    Opération dégraissage pour Grégory Lorenzi à l’OM

    À peine embarqué à bord du navire marseillais, le nouveau directeur du football de l’OM, Grégory Lorenzi, n’a pas le temps de prendre ses marques. Il doit immédiatement se pencher sur un dossier crucial pour l’avenir à court terme du club phocéen : l’équilibre des comptes.

    Selon plusieurs estimations, l’Olympique de Marseille doit réaliser entre 50 et 60 millions d’euros de ventes lors du mercato estival afin de réduire son déficit et présenter des garanties suffisantes. Un enjeu majeur à l’approche du passage, toujours redouté, devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG).

    D’ailleurs, le club olympien a sollicité un report de son audition auprès du gendarme financier du football français. Selon L’Équipe, cette demande a été acceptée. Les dirigeants marseillais espèrent désormais être auditionnés à la fin du mois de juin, le temps de conclure plusieurs transferts et d’assainir leur situation financière avant ce rendez-vous décisif.

    En parallèle, Grégory Lorenzi doit également trancher la question de l’entraîneur. À ce jour, Habib Beye n’a toujours pas été officiellement informé d’une rupture de contrat. Pour éviter d’éventuelles sanctions, la direction marseillaise va devoir se séparer de certains éléments à forte valeur marchande. Parmi les principaux candidats à un départ figurent Mason Greenwood, Leonardo Balerdi et Pierre-Emile Højbjerg, tous considérés comme des actifs majeurs.

    De grosses ventes

    et de gros salaires en moins

    Le dossier de l’ailier anglais s’annonce comme le plus délicat à gérer. Valorisé autour de 55 millions d’euros par Transfermarkt, le troisième meilleur buteur de Ligue 1 la saison passée susciterait notamment l’intérêt de l’AS Rome. Un élément complique toutefois l’équation : Manchester United percevra 40% du montant d’un éventuel transfert de son ancien Golden Boy. « Il fait partie des joueurs qui font l’objet d’une grande réflexion. S’il y a une opportunité qui se présente, forcément, elle sera à étudier », a confié Grégory Lorenzi dans les colonnes de L’Équipe.

    Le cas du défenseur international argentin, convoqué avec l’Albiceleste pour la prochaine Coupe du monde, ainsi que celui du milieu de terrain danois, mieux rémunéré du club, restent également ouverts, en l’absence d’offres concrètes pour le moment.

    Au-delà des indemnités de transfert, certains départs permettraient aussi de réduire significativement la masse salariale. Geoffrey Kondogbia (450 000 euros mensuels) et Pierre-Emerick Aubameyang (350 000 euros mensuels) figurent parmi les principaux concernés.

    Le milieu de terrain centrafricain de 33 ans serait notamment proche d’un départ vers Sunderland, révélation de la dernière saison de Premier League. D’autres noms comme Gouiri, Medina et Aguerd pourraient apparaître après la Coupe du monde (du 11 juin au 19 juillet).

    Près de 12 millions d’euros grâce à la Ligue Europa

    Avec sa cinquième place en Ligue 1, l’Olympique de Marseille s’est qualifié pour la phase de groupes de la Ligue Europa. Avant même le début de la compétition, le club phocéen est déjà assuré de percevoir plusieurs millions d’euros de la part de l’UEFA. Cette qualification lui garantit une prime de participation de 4,31 millions d’euros, à laquelle s’ajoutent des revenus calculés en fonction de son parcours historique sur la scène européenne et de sa valeur sur le marché des droits télévisés. Selon les estimations publiées par Sportune, ces mécanismes pourraient rapporter près de 8 millions d’euros supplémentaires à l’OM. Une somme totale d’environ 12 millions d’euros, non négligeable.

  • Au Pharo, les médias questionnent la place de l’IA

    Au Pharo, les médias questionnent la place de l’IA

    Ils viennent d’Espagne, du Kenya, d’Inde, d’Arménie, d’Allemagne, du Venezuela ou de Norvège. Ils sont journalistes, éditeurs, patrons de presse ou sponsors. Ils se réunissent autour de l’une des plus belles vues de Marseille pour débattre du futur de l’information. Lundi s’est ouvert le 77e congrès mondial de l’Association mondiale des éditeurs de presse (WAN-IFRA), organisé avec CMA Media, au Palais du Pharo.

    Dans l’auditorium, des centaines de personnes assistent, en début d’après-midi, à la séquence d’ouverture durant laquelle un hommage est rendu aux journalistes sur les terrains de guerre, en Ukraine, en Palestine, au Soudan et en République démocratique du Congo. « La seule chose qui s’oppose à l’oubli et à l’invisibilité, c’est le journaliste prêt à se tenir debout », martèle Ladina Heimgartner, présidente de la WAN-IFRA et PDG de Ringier Médias Suisse. Elle fait applaudir les journalistes qui exercent dans la bande de Gaza, pour « leur courage, leur bravoure et leur refus de baisser les bras ». Ces derniers ont été récompensés de la « Plume d’or » (lire ci-contre) en début de soirée.

    Un « risque » ?

    Une « opportunité » ?

    Face à l’assemblée, elle lance le débat sur « la technologie qui transforme tous les aspects de notre travail » : l’intelligence artificielle. Un thème largement évoqué par toutes les parties prenantes, à travers des discours ou discussions informelles. L’inquiétude qui assaille la profession transcende les frontières. « Il ne faut pas prendre cela à la légère. La mission des médias d’information n’a pas été aussi importante depuis la Seconde Guerre mondiale », renchérit Ladina Heimgartner.

    Une menace ou une révolution ? « Bien sûr, nous devons nous adapter à ce changement, sinon, il se produira sans nous », estime pour sa part Véronique Saadé, présidente de CMA Média. « L’IA représente un risque, mais c’est aussi une opportunité extraordinaire ; elle doit toutefois rester un simple outil. C’est le jugement humain qui doit avoir le dernier mot », appuie celle qui dirige la branche presse de l’armateur, désormais troisième groupe de médias privés en France.

    À la tribune, la ministre française de la Culture Catherine Pégard, ancienne journaliste, appelle à ne pas opposer « innovation » à la « création » : « Il faut que s’affirme d’urgence le dialogue sur les droits d’auteur qui pour nous, vous le savez, sont un principe. » Dans ce contexte de pression financière pour les médias, la vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie de la Commission européenne, Henna Virkkunen, suggère « un soutien accru aux médias indépendants ».

    Un appel à réveiller

    la profession

    Puis, c’est Arthur Gregg Sulzberger, président du New York Times, qui envoie la charge la plus lourde. « Notre profession s’est montrée trop discrète, trop passive et trop fragmentée face aux abus commis par les entreprises qui provoquent la révolution de l’intelligence artificielle », abonde-t-il. Et accuse les géants de l’IA d’organiser « un vol sans scrupule de propriété intellectuelle qui se déroule à une échelle sans précédent », dénonce-t-il devant ses pairs. Le titre new-yorkais de renommée internationale poursuit actuellement devant les tribunaux OpenAI, créateur de ChatGPT. « Le résultat, c’est qu’on va vers un avenir où il y aura de moins en moins de journalistes pour accomplir le travail coûteux et difficile que représente le reportage d’investigation », averti Arthur Gregg Sulzberger, sous les applaudissements.

  • Des ombres sur les JO après le fiasco de Nice

    Des ombres sur les JO après le fiasco de Nice

    « L’histoire retiendra que si nous avons mis 5 ans à construire ce dossier, Monsieur Ciotti l’a détruit en un mois », cingle encore le président (Ren.) de la Région Sud, ce lundi matin, face à la presse. Après l’annonce, vendredi, de l’abandon de l’installation à Nice du pôle glace des Jeux olympiques d’hiver 2030 au profit de Lyon, « les regrets sont immenses », reconnaît Renaud Muselier. Ce dernier avait offert sur un plateau à la deuxième ville de la région le plus gros morceau des Jeux, des épreuves de patinage aux matches de hockey, soit 60% de la billetterie.

    Mais, après le choc, reste à éclaircir les zones d’ombre qui persistent sur ses conséquences. D’abord sur le coût. « L’abandon de Nice signifie l’arrêt de procédures qui étaient arrivées à maturité », déplore le directeur général de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), Damien Robert. Un marché global de performance était sur le point d’être finalisé pour la construction de la patinoire des Jeux à Nice, mais surtout, la construction de son village olympique avec 400 logements à la clé avait déjà été confiée à un groupement emmené par la Sogeprom. « Sur ces deux consultations, il va falloir indemniser les opérateurs », reconnaît Damien Robert. Les montants restent confidentiels. « Ce qui ne peut pas être indemnisé, c’est tout le temps passé en ingénierie interne, qui a été très intense », précise le directeur général de la Solideo.

    Cérémonie à Marseille ?

    Il faut aussi déterminer si la Région Sud, qui ne conserve finalement qu’un seul (Briançon) des quatre pôles olympiques prévus, peut maintenir le même engagement financier, à hauteur de 100 millions d’euros. « La Région soutient les Jeux, je ne me désengage pas par rapport au Nord [la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Ndlr], insiste Renaud Muselier. Mais, maintenant, il y a une clé de répartition qui a changé et il faut que l’on voie cela de façon sérieuse. »

    Dans le partage initial entre les deux régions, il espérait aussi « un spectacle exceptionnel » pour la cérémonie de clôture des Jeux, face à la baie des Anges, à Nice. « à partir du moment où vous perdez Nice, je ne vois pas très bien comment vous pouvez mettre la soirée de clôture à Nice », estime Renaud Muselier. Lui espère encore conserver un événement suivi par plus de 600 millions de téléspectateurs dans le monde, « ou bien à Marseille au Vélodrome, ou bien autour du lac de Serre-Ponçon ». Mais il craint la réticence des instances olympiques, tandis que l’adjoint marseillais aux sports, Eric Méry (Madmars), indique ne pas avoir été informé d’une telle hypothèse.

    Surtout s’ajoutent des craintes pour le financement de la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur. Pour accueillir les Jeux, la Région avait obtenu des arbitrages très favorables de l’état, notamment pour la création d’une nouvelle gare proche de l’aéroport de Nice. « Nous continuerons à nous battre pour la Ligne nouvelle, mais il y a des difficultés », reconnaît le président de Région.

    Retombées perdues

    De quoi comprendre le bras de fer épistolaire mené dans le week-end avec le maire d’extrême droite de Nice, éric Ciotti, auquel il reproche d’avoir fait couler l’implantation olympique sur la Côte d’Azur en refusant la transformation temporaire du stade de l’OGC Nice, l’Allianz Riviera, en patinoire le temps de « 3 à 9 matches ». « Au total, le retrait du pôle glace pourrait ainsi priver Nice et la Région Sud d’un impact global compris entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros », comptabilisait, samedi, le président de Région. Des chiffres « extravagants », répliquait le maire niçois (UDR), satisfait de sabrer dans 100 millions d’euros d’investissements pour la municipalité.

    « Même sans Nice, l’aventure continue », répète donc ce lundi Renaud Muselier, en remontant le fil de la vingtaine de réunions techniques qui, depuis le 1er avril, ont essayé de trouver une voie de sortie pour répondre aux exigences des fédérations internationales, à commencer par celle de hockey, qui refusait de séparer épreuves masculines et féminines. En vain. « C’est le Comité international olympique qui décide, pas la Région, pas l’état », insiste le président du comité régional olympique Hervé Liberman, élu à la Région, alors que même le président du RN, Jordan Bardella, relayait les accusations ciottistes de « sanction politique ». « éric Ciotti perd les Jeux, qu’il ait le courage de l’assumer », tacle Renaud Muselier, qui balaie encore les craintes environnementales et répète que « le retour de la flamme olympique en France, c’est grâce à nous ».

    Trois élus quittent la majorité régionale

    Dans la foulée de l’abandon du pôle glace des JO 2030 à Nice, Roger Roux, maire de Beaulieu, Bruno Bettati, maire de La Gaude, et Colette Fabron, maire de Saint-Etienne-de-Tinée, ont annoncé quitter immédiatement la majorité régionale où ils siégeaient, révèle ce samedi Nice Matin. Dans un courrier, ils dénoncent « une incapacité à entendre les avertissements et une tendance à privilégier les postures politiques au détriment de l’intérêt général ». « Ils sont achetés ou menacés par le maire de Nice, réplique Renaud Muselier. Je les ai appelés, ils m’ont dit : je n’ai rien contre toi, mais maintenant j’ai besoin de la Métropole. » Dirigée aujourd’hui par un certain Éric Ciotti (UDR).

  • Une peine de 16 ans de prison requise contre Félix Bingui

    Une peine de 16 ans de prison requise contre Félix Bingui

    Dans le box des prévenus en détention, il ne bouge pas d’un cil. À l’inverse des proches qui, dans le public, commentent d’un « ohhhhhh » les réquisitions à l’encontre du chef présumé du clan Yoda, Félix Bingui dit « le chat », ce lundi 1er juin. En cette fin d’après-midi caniculaire, l’heure n’est plus à la torpeur dans la salle d’audience de la 7e chambre correctionnelle de Marseille. Le procureur vient de requérir, à l’encontre de l’Alésien de 35 ans, 16 ans de prison avec maintien en détention et sûreté des deux tiers de la peine, et une grosse amende de 500 000 euros au regard du chiffre d’affaires estimé par les enquêteurs, de 3 000 à 6 000 euros par jour, soit de 3 à 4 millions par an sur les deux ans d’enquête.

    Le ministère public réclame aussi « la confiscation du bien immobilier identifié à Dubaï », d’une valeur de plus de 422 000 euros. Un appartement mis en location par le prévenu, assène-t-il, à raison d’un loyer de 150 000 dirhams annuels. Un peu plus de 35 000 euros au regard du cours actuel de la monnaie dubaïote. Le magistrat demande enfin une interdiction de paraître dans les Bouches-du-Rhône de 5 ans.

    En état de récidive, en détention provisoire depuis « un an, 4 mois et 12 jours », avec 13 mentions à son casier judiciaire, Félix Bingui « apparaît comme le dirigeant du réseau, a persévéré dans la délinquance malgré les sanctions prononcées, a du réseau à l’étranger, a usé de manœuvres pour déjouer sa libération conditionnelle et a effectué un trafic de véhicules depuis sa cellule », argumente le procureur.

    Pour son « bras droit », Mohamed H. dit « Pirate », identifié par les enquêteurs comme le numéro 2 du réseau, ce sera 12 ans requis, avec mandat de dépôt et peine de sûreté des deux tiers, 100 000 euros d’amende, une interdiction de paraître dans le département de 5 ans et la confiscation des produits de luxe saisis dans la procédure, estimés à plus de 20 000 euros.

    « Des éléments

    sans équivoque »

    Lui aussi en « état de récidive », sous contrôle judiciaire, il « dispose de réseaux pour prendre la fuite », estime le procureur, qui doute du « sérieux » de son projet de sortie avec un contrat « proposé par une société en cessation d’activité ».

    Vient ensuite Zine Eddine B. dit « Zino », le « grand gérant » des points de vente de Yoda, selon les policiers. Un prévenu sous mandat d’arrêt, rappelle le procureur, pour qui il réclame dix ans de prison avec une peine de sûreté des deux tiers et 100 000 euros d’amende, assorti d’une interdiction définitive du territoire français. Pour les 17 autres prévenus, les réquisitions vont de 15 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire à 6 ans.

    « Si on les écoute, personne n’a rien fait, personne n’a vu un trafic de stupéfiants et ceux qui ont vu quelque chose minimise les faits », considérait au début de son propos le ministère public. Mais « la réalité, ce sont des quantités astronomiques de drogue qui touche la population marseillaise, qui génèrent des sommes astronomiques avec des profits blanchis (…) pour en profiter une fois la liberté retrouvée », posait-il. La « réalité, ce sont ces réseaux qui sont armés et se livrent à une lutte acharnée et mortelle. La réalité, c’est qu’Omar Benchiha et Nadir Amara ont été assassinés et tués dans ce qui s’apparente à un narchomicide », insistait-il, faisant référence au meurtre des deux membres des Yoda présumés le 3 mai 2023 à Salou en Espagne, conduisant à l’exil de certains membres du clan. Et de rappeler que 14 personnes ont été tuées en 2022 à Marseille, 52 en 2023. Les investigateurs « ont enquêté durant des mois pour remonter la chaîne hiérarchique », de quoi « révéler ceux à qui on rendait des comptes, “Fé”, “Pirate” et “Zino” », poursuit le procureur. Avec des éléments « sans équivoque » selon lui, issus des sonorisations des voitures et des chambres d’hôtel du Chat, où « on récupère des papiers, entendre de l’argent », où on évoque « 100 mètres de shit ».

    Les multiples déplacements de Bingui depuis le Maroc en passant par l’Espagne, son train de vie avec les vacances à Dubaï ou à Serre Chevalier alors qu’il est en incapacité de justifier ses ressources étant, pour le magistrat, comme autant de preuves de sa culpabilité. Sa défense et celle de ses 19 coprévenus ont désormais deux jours pour démontrer le contraire…

  • Conseil départemental des Bouches-du-Rhône : Martine Vassal exige la démission des ralliés au RN

    Conseil départemental des Bouches-du-Rhône : Martine Vassal exige la démission des ralliés au RN

    La passe de trois. Après les ralliements des vice-présidentes (ex-LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec et Marie-Pierre Callet, c’est au tour de la présidente de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) Valérie Guarino, troisième vice-présidente de la collectivité, de rejoindre les bancs de l’extrême droite.

    Un ralliement qui est tout sauf une surprise : l’ex-adjointe au maire de Carry-le-Rouet s’était déjà alliée avec le candidat soutenu par le RN, lors des dernières municipales. Sans réussir à battre l’édile (LR) sortant, René-Francis Carpentier. « Valérie Guarino a successivement trahi Roland Mouren, Eric Diard aux législatives, Francis Carpentier à Carry et aujourd’hui Martine Vassal, persifle un proche du groupe majoritaire, Provence Unie. Lorsqu’on construit son parcours politique sur la trahison, on le paye un jour ou l’autre dans les urnes. La preuve récente avec sa défaite à Carry. »

    Mais avec ces ralliements, commencés déjà en 2023 avec le maire de Marignane Eric le Dissès, le RN, qui n’avait initialement que deux élus dans l’hémicycle départemental – Cédric Dudieuzère et Sandrine D’Angio – annonce dans les colonnes de La Provence, ce lundi, qu’il va désormais y constituer un groupe, fort de ces six membres. « Il a fallu du temps pour que les hommes et les femmes qui ne se sentaient pas bien dans cette majorité finissent par en tirer les conclusions », tente le responsable du RN dans le département, Franck Allisio.

    Taper au porte-monnaie

    Du côté de la majorité de droite, la réplique n’a pas tardé. « L’exercice de fonctions exécutives au sein de notre collectivité suppose une adhésion claire à la majorité et à son action. à la demande de la présidente, il a donc été demandé aux vice-présidentes concernées de remettre leur démission », a réagi, dans l’après-midi, le groupe Provence Unie. En menaçant : « À défaut, leurs délégations seront retirées, entraînant la cessation des indemnités attachées à ces fonctions. » Un ton qui s’est considérablement durci au fil de l’eau. L’entourage de la présidente Martine Vassal (DVD) parlait d’un « non-événement » après le ralliement de Laure-Agnès Caradec, et celle-ci avait obtenu que Marie-Pierre Callet rende sa délégation « dans un souci de clarté ». « L’heure est au travail, à l’action et aux résultats pour les habitants de notre territoire, elle n’est pas aux manœuvres politiciennes, ni aux stratégies individuelles qui font passer les ambitions personnelles avant l’intérêt général », cingle aujourd’hui la majorité, à deux ans des départementales.