Tag: Marseille

  • Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un immense bâtiment, formé par des colonnes en béton blanc borde le boulevard Schloesing sur 150 mètres dans le 9e arrondissement, à quelques minutes du stade Vélodrome, s’inscrit dans le paysage urbain. Il s’agit du site de maintenance et de remisage des tramways de la ligne T3, mis en service en septembre 2025.

    Véritable colonne vertébrale de la mobilité au sud de Marseille, cet édifice de 30 000 m² accueille l’entretien de trente rames et, au-dessus, un parking relais de 600 places. En face de la station de métro Sainte-Marguerite Dromel, des stations de bus et de tramways, ce parking de 20 000 m² doit permettre aux usagers de stationner leur véhicule et d’utiliser les réseaux de transport en commun pour se rendre en ville.

    L’ouvrage a été conçu pour « exploiter de manière optimale la première phase de la prolongation de la ligne de tramway T3 vers le Sud et le Nord, entre Gèze et la Gaye », explique Christophe Soullier, directeur du pôle infrastructure de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une structure réalisée compte tenu de l’incapacité du site de maintenance, situé à Saint-Pierre, d’accueillir une nouvelle génération de rames. À l’entrée du site, un ancien tramway de la ligne 68 trône en solitaire, la seule du réseau de la ville avant 2007.

    « Le bâtiment est technique »

    Le projet, dont le maître d’ouvrage est la Métropole, a coûté 70 millions d’euros. Il fait partie des seize projets de mobilités financés par le plan Marseille en Grand initié en 2021 par Emmanuel Macron. Pour ces seize projets, l’État subventionne à hauteur de 500 millions d’euros. « Certains ont déjà été livrés et d’autres non pas encore commencés », affirme Christophe Soullier.

    Les bruissements des outils des travailleurs dans les rames rythment la vie du bâtiment. Entre 50 et 70 personnes travaillent sur ces nouvelles rames.

    Lauréat d’un concours en 2017, l’agence Carta Reichen et Robert associés a réalisé la structure entre « architecture et ingénierie », indique Stephan Bernard, architecte et directeur général, au vu de la complexité de la tâche. « Le bâtiment est technique, mais nous l’avons conçu surtout comme un projet urbain, qui s’aligne dans le mouvement de la ville », poursuit-il. L’agence était déjà à l’œuvre pour la conception de la station du Capitaine-Gèze, terminus nord de la ligne 2 du métro. Les tramways sont entretenus : de l’équipement électrique sur le toit, jusqu’au système de frein. Ils passent par le nettoyage, avec le même système que les rouleaux pour les voitures dans les stations-service.

    En 2024, la Métropole avait annoncé l’étude de nouveaux projets, dont la possible prolongation de la ligne 2 du métro de Sainte-Marguerite Dromel jusqu’à la ZAC Vallon Regny.

  • Digital Realty ne surveillait pas les fuites de son data center

    Digital Realty ne surveillait pas les fuites de son data center

    Comme de l’eau dans le gaz. À travers un arrêté publié le 12 mars dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône a adressé une mise en demeure au géant des data centers, Digital Realty. En cause, les contrôles insuffisants sur les potentielles fuites de gaz refroidissant de son centre de données MRS3, installé dans l’ancienne base sous-marine allemande Martha, sur les emprises des bassins est du grand port maritime de Marseille-Fos. « Chacun des 18 groupes froids contient plus de 100 kg de gaz (…) sans disposer d’un système de détection de fuite », cible le document, qui pointe aussi des inspections semestrielles des équipements là où elles étaient censées se dérouler tous les trois mois. Et d’imposer la mise en place d’un système de détection sous quatre mois et, d’ici là, des visites de contrôle trimestrielles, faute de quoi des sanctions pourraient être prises.

    Si une large partie des systèmes de refroidissements de ces plus de 7 000m2 de serveurs informatiques qui tournent en continu est assurée par l’eau de la galerie à la mer qui évacue les eaux des mines de Gardanne, ils sont complétés par ces gaz fluroés afin de maintenir une température de 25°C. « Des pratiques de refroidissement de pointe et des conceptions idéales », vante le géant du stockage de données sur son site internet. Mais ceux-ci ont un impact plus de mille fois supérieur au CO2 dans le réchauffement climatique et détruisent l’ozone de l’atmosphère.

    Déjà, en octobre 2023, la préfecture avait mis en demeure Digital Realty de mettre en place, sous trois mois, ce système de détection de fuites face aux incidents récurrents qui touchaient les systèmes de refroidissement. « Les installations de production de froid du site MRS3 ont dû être rechargées, du fait de fuites, par 745 kg de fluide frigorigène R134A depuis 2021, ce qui correspond en équivalent CO2 à une distance de près de 9 millions de kilomètres effectuée avec un véhicule thermique sans malus ni bonus écologique », taclait l’arrêté.

    Trois ans plus tard donc, bis repetita. « L’ensemble des travaux de réparation des défauts a été réalisé », reconnaît le rapport de l’inspection réalisée le 27 août dernier, levant la précédente mise en demeure. Mais malgré cela, pour la seule année 2024, cinq fuites accidentelles avec 62,5kg de rejets de gaz fluorés ont été enregistrées, dont trois au niveau des joints « de la même typologie que celles constatées en 2022-2023 », malgré les réparations effectuées. « Le plan d’action mis en œuvre sur ce type de fuites n’a manifestement pas été suffisant », s’agacent les fonctionnaires, réclamant un rapport d’expertise technique sur cette problématique.

    Évolution réglementaire

    « Dans le cadre de la mise en demeure de 2023, Digital Realty s’est pleinement conformé aux obligations qui lui avaient été notifiées », répond de son côté Digital Realty. Et le géant des centres de données de préciser qu’il a « intégralement remplacé le fluide frigorigène sur tous les groupes froids du site par un fluide présentant un impact environnemental très limité, ce qui ne nécessitait plus alors la mise en place de dispositifs de contrôle des fuites ». De quoi permettre la levée de la première mise en demeure.

    Mais face à l’évolution de la réglementation européenne, « la préfecture a fait une interprétation de ces textes la poussant à émettre une nouvelle mise en demeure », regrette la société, qui indique que « l’interprétation de ces obligations fait actuellement l’objet d’échanges avec les services de la préfecture ». Et d’assurer qu’elle reste « pleinement engagée à respecter l’ensemble des obligations réglementaires ». Il vaut mieux, au moment où son cinquième – et plus grand – data center MRS5 prend forme en bord d’autoroute, sur les emprises du Grand port maritime.

  • Le Medef juge les résultats des municipales « apaisants »

    Le Medef juge les résultats des municipales « apaisants »

    « La séquence des municipales est enfin derrière nous ! Nous allons enfin pouvoir nous consacrer à l’essentiel : la gestion des territoires. »

    Ce mardi, à Marseille, le président du Medef Sud, l’entrepreneur varois, Stéphane Benhamou, ne cache pas son soulagement quant à la fin des élections municipales. Et il semble plutôt satisfait des équilibres politiques qui en ressortent. « Les résultats sont apaisants pour les entrepreneurs dans la région. C’est une bonne chose que les extrêmes aient été évités à la tête des métropoles marseillaise, toulonnaise ou niçoise », juge-t-il. De quoi s’interroger sur sa notion des extrêmes, alors même que la liste victorieuse d’Éric Ciotti, à Nice, était catégorisée comme « union de l’extrême droite » par la préfecture, puisque soutenu par le Rassemblement national.

    « Besoin d’entrepreneurs qui s’impliquent »

    Pas de quoi l’empêcher de faire l’éloge de l’artisan niçois de « l’union des droites ». « Je connais Éric Ciotti, c’est un libéral. Ses choix politiques sont les siens, je ne me prononcerai pas dessus. Mais il a dans son équipe des entrepreneurs d’un très grand niveau », explique-t-il. Avant de développer sans sourciller : « Si ces hommes-là ont fait le choix de travailler au sein de l’équipe, c’est qu’ils ont envie d’apporter leur contribution au développement économique de la métropole. Et c’est tant mieux, nous avons besoin d’hommes de cette envergure, d’entrepreneurs qui s’impliquent. »

    Plus tôt dans son point presse, sur la question de la prise en compte des doléances des entrepreneurs, Stéphane Benhamou allait même plus loin : « Certains élus sont peut-être un peu plus mobilisés, je pense à Éric Ciotti ou Josée Massi. D’autres devront être acculturés. » Ambiance.

  • Une semaine d’actions contre le racisme à l’université Aix-Marseille

    Une semaine d’actions contre le racisme à l’université Aix-Marseille

    « Réaffirmer sa détermination à faire de ses campus des lieux de tolérance, de respect et de sécurité pour toutes et tous. » Voilà l’ambition qu’affiche Aix-Marseille université (AMU), en cette semaine nationale d’éducation et d’action contre le racisme et l’antisémitisme. Pour l’occasion, l’établissement propose une série d’événements : accès gratuits à certains sites culturels, ateliers de sensibilisation, spectacles et conférence.

    Parmi eux : l’entrée libre au site-mémorial du Camp des Milles, sur simple présentation de la carte étudiante, jusqu’au 28 mars. Les intéressés découvriront l’engrenage des intolérances qui rendirent possible la déportation. La compagnie Ellipse proposera mercredi, entre 12h et 14h dans le Cube du campus Schuman à Aix-en-Provence, un atelier de « Danse pour l’inclusion ». Un rendez-vous accessible au grand public gratuitement sur inscription. Les participants travailleront en rythme sur la lutte contre les discriminations, en particulier dans le contexte des crises sociales et écologiques. La compagnie présentera son spectacle Reverse dans le théâtre du Cube le jeudi à 18h30. Une forme « d’ode à la désobéissance et à l’entraide face aux situations d’adversité », elle aussi accessible gratuitement sur inscription.

    La faculté de droit et de science politique de la Canebière (1er) accueillera, mercredi dès 10h, une conférence tenue par Nicolas Bessone, procureur de la République de Marseille. Ouverte aux étudiants AMU et co-organisée par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, elle abordera la politique pénale en matière de lutte contre les discriminations.

    Détails sur univ-amu.fr

  • Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Les lycées Jacques-Chirac (2e), Marie-Curie (5e), Montgrand (6e) et César-Baldaccini (ex-Rempart-Vinci, 7e), ont été bloqués une nouvelle fois, mardi 24 mars, par les élèves. Au lycée Denis-Diderot (13e), une réunion publique a été organisée conjointement avec l’école primaire Malpassé (13e), en fin de journée, à l’annonce de la possible suppression de postes et de classes à la prochaine rentrée. Des professeurs de l’école Gilles-Vigneault (5e), également concernée par des fermetures de classes, ont tenu un rassemblement devant leur établissement.

    « Du public de qualité »

    Au lycée Baldaccini, mardi matin, les élèves ont bloqué les entrées de l’établissement pour la troisième fois depuis le début du mouvement, le 5 mars. « Il s’agit d’un blocage filtrant, pour permettre aux élèves qui ont des examens de passer », précise Gwendal, lycéen et membre du syndicat Mouvement national lycéen (MNL). Une délégation d’élèves et d’enseignants a été reçue par la direction pour « clarifier nos revendications », explique une professeure. Le proviseur, présent, n’a pas souhaité commenter. Selon les personnels en lutte, l’annonce d’une réduction de 50h de la dotation horaire impliquerait, dans ce lycée, « la suppression d’un poste de CPE, de plusieurs spécialités et de classes dédoublées ». Une session de tractage s’est organisée dans l’après-midi, devant le collège Gaston-Defferre, à deux pas, « pour visibiliser notre lutte et parce que 50% de ces collégiens viennent ensuite à Baldaccini. Il faut se battre pour un enseignement public de qualité et éviter l’hémorragie vers le privé. »

    Les primaires en colère

    Les écoles primaires ne sont pas en reste. Devant l’annexe Pardigon de l’école élémentaire Vigneault, une trentaine de professeurs et de parents d’élèves se sont réunis à 16h, ce mardi. « On a appris par les syndicats que la suppression d’une, voire deux classes, était sur la table. Ça voudrait dire plus d’élèves par cours, mais aussi la fermeture d’un des bâtiments de l’école, donc moins d’espace pour nos enfants », explique Célia, parent d’élève. Pierre, un autre parent, ajoute : « Notre école est en REP+, on a vraiment besoin de maintenir nos conditions d’enseignement. On risque juste de mettre nos enfants en échec. »

    Une réunion de travail doit se tenir, ce mercredi 25 mars, avec la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) et les syndicats, pour arbitrer des ouvertures et fermetures de classes. « Cette année, la DSDEN n’a pas informé les syndicats des hypothèses de travail en amont de la commission, au prétexte des élections municipales, raconte Sébastien Boistel, représentant syndical FSU-SNUipp et professeur à l’école Malpassé. On ne les a reçues que le 23 mars, alors qu’on parle quand même de la possible fermeture de 50 classes rien qu’à Marseille. » Contacté, le rectorat n’a pas encore donné suite.

    Mobilisation au collège l’Estaque

    Des parents d’élèves organisent un rassemblement, ce mercredi 25 mars, devant le collège l’Estaque (16e). Depuis le 12 janvier, un poste de professeur de français est vacant dans l’établissement. Conséquence : quatre classes de cinquième et quatrième se retrouvent sans solution de remplacement. Avec cette mobilisation, « nous souhaitons interpeller l’administration sur la situation et faire bouger les choses », explique Fabrice, l’un des parents d’élèves. Une pétition circule.

  • Jusqu’à 18 mois ferme pour avoir terrorisé les salariés d’Orange

    Jusqu’à 18 mois ferme pour avoir terrorisé les salariés d’Orange

    Vite identifiés, ces amateurs âgés de 19 à 21 ans, au casier vierge, ont reconnu avoir été payés pour en réalité déstabiliser un point de deal voisin. L’onde de panique au sein d’Orange et l’importante médiatisation ont provoqué le départ définitif de 90% des salariés du siège.

    « On ne vous demande pas de nom. On a compris que vous avez peur de représailles », les rassure le président Bonnifay. « Au départ, on nous a contactés pour péter une vitre. Moi, je filmais, mais le commanditaire nous a dit que c’était pas sérieux, qu’il fallait tirer », explique l’un des prévenus, Saliou, grand sénégalais de 21 ans, accusé avec les autres de dégradation et d’association de malfaiteurs. Il écopera de 3 ans de prison, dont 15 mois ferme, avec maintien en détention.

    « C’était l’aventure sous adrénaline »

    « On a été immatures », se repend Abou, 20 ans, vendeur à Plan de Campagne en fin de CDD. Il indique avoir répondu à une annonce sur Snapchat. « C’était l’aventure sous adrénaline. Au départ, c’était pour 2 000 euros. On s’est fait embobiner quand il a offert 1 000 euros de plus, on s’est dit “pourquoi pas ?” »
    « Et pour un zéro de plus, vous tuez quelqu’un ? », lance le président. « Non, ma mère m’a très bien éduqué ».
    – « C’est pas la DZ Mafia, qui tue partout où elle passe, qui vous a payés ? », tente la procureure. « Je ne veux rien savoir du commanditaire », se referme aussitôt le minot, payé au final 300 euros et coffré depuis à Luynes. Il écopera de 3 ans de prison, dont 18 mois ferme.

    Sur son téléphone, des annonces questionnent : « DZNG recrute sicario, mission enlèvement », « Cherche pilote au plus vite », « Cherche shooter bien bien payé. Pas de blabla, venez en DM », « Rabatteur 80 euros, secteur la Savine, Saint Loup même prix », « Poste charbonneur 300 euros », « Mission sicario dodo, 20 000 euros, tenue, arme fournies, itinéraire sera donné, contactez si prêt à bouger »… « Mission Dodo, c’est un assassinat vu le prix ! », lance un juge assesseur. « C’est vraiment un malentendu, j’ai cliqué sur un lien, j’ai rien à voir avec DZ Mafia ni aucun groupe. »

    « Les contrats sont de plus en plus confiés à de jeunes immatures », rappelle la procureure, Agnès Rostoker, devant ces « trois exécutants zélés d’une mission confiée par le crime organisé pour terroriser une société ». « Qui peut ignorer les cadavres semés par la DZ Mafia ?! Le motif le plus profond, ce n’est pas l’argent, mais leur fascination pour une organisation de tueurs et de psychopathes, leur adhésion profonde à des contre valeurs malsaines. » Pour avoir « fait le jeu d’une organisation criminelle qui pourrit notre société, la peine doit être exemplaire », annonce le ministère public, qui requiert cinq ans de prison, dont trois ferme, contre les deux premiers et deux ans, dont un ferme aménageable, contre le copain qui les a véhiculés.

    « Au départ, c’est une virée entre copains qui zonent le 31 décembre et boivent des Capri Sun à 1,30 euro », plaide Me Samir Bouchama pour le chauffeur relaxé pour association de malfaiteurs, mais condamné à un an avec sursis. « C’est un énorme gâchis, plaide Me Samuel Katz pour Saliou. Vous n’avez aucun élément qui oriente sur DZ Mafia. On donne en pâture ces trois-là à votre juridiction pour complaire. On se contente du menu fretin qu’on vous demande de broyer. Mais ce sont des pieds nickelés qui venaient casser quelques vitres. Ce ne sont pas des cramés, ils ont un avenir. »

    « C’est des minots qui ont fait n’importe quoi et qui viennent la tête basse. C’est pas si grave que ça, même si DZ Mafia a peut-être tiré les ficelles », plaide Me Bruce Blanc pour Abou.

    Constitué partie civile, la CFE-CGC d’Orange obtient un euro symbolique. Le syndicat majoritaire a rappelé que « le siège de Saint-Mauront ne peut plus recevoir de salariés parce que la peur est là ». Le groupe Orange, présent, a dit « le traumatisme des salariés pour leur siège victime de tirs à l’arme lourde ». Il obtient un renvoi au 19 mars 2027 pour l’indemnisation.

  • Marseille, lève-toi contre la barbarie à Gaza !

    Marseille, lève-toi contre la barbarie à Gaza !

    Au début du mois d’avril 2026, une flottille partira du port de Marseille en direction de Gaza. Elle ne porte pas seulement du matériel médical mais également du matériel pour tenter de reconstruire des moyens de subsistance (pêche, agriculture…) et d’éducation ; elle est un acte de rupture face à l’innommable et un moyen pacifique de dénoncer la barbarie qui s’exerce contre le peuple palestinien.

    Briser le silence et les complicités À Gaza, des enfants meurent de faim et des familles entières sont exterminées. Face à ce génocide, nous refusons le silence des « gouvernements complices ». Nous dénonçons

    • La responsabilité directe de nos dirigeants qui, par leur connivence avec l’état israélien cautionnent l’horreur.

    • Le silence des grands médias dans leur devoir d’informer sur la réalité du massacre.

    • La complicité active de grandes entreprises françaises, telles que Carrefour ou la BNP, qui participent au maintien d’un système d’oppression.

    Nous exigeons la levée immédiate et totale du blocus imposé par l’État israélien, un siège illégal et génocidaire.

    Marseille : Port de résistance et de dignité Marseille, ville d’exil et de solidarité, ne peut rester complice par son inaction. C’est pourquoi nous, habitants de l’Estaque et citoyens de tous les quartiers de Marseille, appelons à une mobilisation massive autour de la Flottille pour Gaza. Nous interpellons les élus de notre ville : l’heure est aux actes politiques clairs pour placer Marseille du côté de la dignité humaine.

    Nous demandons que le prochain conseil municipal vote le jumelage officiel de Marseille avec Gaza, un jumelage de résistance et de solidarité pour signifier à sa population qu’elle n’est pas seule

    Rejoignez le mouvement.

    La flottille ne transportera pas des armes, mais l’exigence que le droit à la vie et aux soins ne soit plus négociable. Ceux qui monteront à bord risquent leur sécurité pour porter notre message. Nous devons leur assurer un départ digne et une ville unie derrière eux.

    Signataires :

    La liste des signataires personnalités et organisations en soutien à la Tribune : Imotep pour les membres de IAM. Gari Greu du Massalia Sound System. Mousse et Hakim de Zebda ; Sanseverino Stephane ; Eric Antoine humoriste ; Mourad Musset de la rue ketanou ; Hazem pour le Molotof ; Toma Feterman de la Caravane Passe ; Hakim Hamadouche de Rachid Taha ; Gérard Meylan et Malek Hamzaoui de l’équipe de Robert Guediguian; Karim Dridi cinéaste ; Pierre Stambul de l’UJFP.

    Organisations déjà signataires : collectif 13 droit des femmes ; ATTAC Marseille ; Mrap ; Ufjp ; MassalaVox  ; «Éclosion 13» (avec les femmes artistes de Gaza) ; CQFD ; L’harmonie (estaque) ; Le donut ; FCP (festival Ciné Palestine) ; Association Rizoma ; MAGPAL (Marseille Gaza Palestinne)  ; Palestine 13 ( AFPS locale) ; Didac’Ressources.

    Les habitants de l’Estaque et de Marseille membres du collectif de soutien à la Flottille : Agnès Mazzocco, Ambrine Brik, Aminda Huille, Anne Bonnaire, Anne Boluda, Anne Keller, Arianna Cecconi, Badra Delhoum, Cathy Chatzopoulos, Chadia Tachouaf, Christine Verniere, Claude Hirsh, Corinne Lefort, Daniella Failla, Djamel Khenouf, Djazaïr Yacoubi, Elisabeth Stephanus, Elise Meouchy, Emilie Ribaute, Fathi Bouaroua, Florencia Carlin, Florian Lando, Héloïse Roydiy, Henry Saint-Jean, Jean-Charles Mathieu, Kader Atia, Kevin Vacher, Léa Bouaroua, Luci Lando, Margo Chou, Michel Teule, Michèle Bitton, Mireille Lando, Myriam Guiral, Pierre Ciaravela, Philippe Stephanus, Raïb Setita, Régine Fiorani, Sarah Righl, Sophie Etienne, Sébastien Barles, Thierry Lando, Thierry Louchon, Thomas Figuera, Valentina Corro, Valerie Bournet, Youssef Khafif, Christophe Oudelin, Mohamed Bensaada, Manuel Bompard (député), Sébastien Delogu (député), Vincent Geisser, Aicha Sif, Nouriati Djambaé, Aicha Guedjali, Nicolas Memain, Philippe Foulquié, Cyrille Hanappe, Isabelle Bourboulon, Hubert Colas, Charles Hoarau, Samy Joshua, Sébastien Thierry, Samuel Wahl, Frédéric Michel, Laurent Mucchielli, Marc Mercier, Sophie Epstein, Jérôme Mazas, Soizic Beaumier

  • Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Au moment de la publication des premiers résultats ce dimanche soir, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier estimait qu’il « n’y a pas de bouleversement majeur » à Marseille. « Benoît Payan reste maire, et la Métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique », expliquait-il. Avec le second tour des municipales ont en effet été aussi désignés les conseillers siégeant à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Mais si l’intercommunalité reste inclinée à droite, les équilibres y sont bouleversés par l’effondrement de sa présidente (DVD) Martine Vassal. Balayée aux municipales avec à peine plus de 5% des suffrages à Marseille, elle n’a plus que quatre sièges dans son propre hémicycle, et a finalement reconnu dimanche soir qu’elle ne pourrait conserver son siège. « J’ai fait un choix de responsabilité. En politique, il faut rester fidèle à ses convictions », expliquait-elle à la presse. De quoi rebattre toutes les cartes. Et faire chauffer les téléphones.

    Une Métropole des maires

    Avec la très large victoire de Benoît Payan, Marseille amène en effet quatorze élus de gauche supplémentaires (67 au total), ce qui porte les rangs de la gauche métropolitaine à 93 élus, selon l’étiquetage préfectoral. De leur côté, les centristes comptent dans leurs rangs 18 conseillers, la droite 71. Il faut encore ajouter treize maires de petites communes, sans étiquette. Et surtout les 36 élus classés à l’extrême droite, dont 30 Marseillais portés par les scores du député RN Franck Allisio. Un hémicycle éclaté d’où il est difficile de sortir la moindre majorité.

    « La question des équilibres politiques n’est pas le sujet n°1, tempère le vice-président salonais sortant David Ytier (LR). C’est est-ce qu’il y a une vision commune partagée par l’ensemble des maires. » Chacun répète ainsi qu’il faut faire sortir la Métropole des chicayas politiques marseillo-marseillais dans lesquels elle s’était embourbée, pour qu’elle remplisse pleinement son rôle d’établissement public de coopération intercommunale (EPCI). « Dans la mesure où le législateur n’a pas pris de mesures, il faut qu’elle soit réformée de l’intérieur, avec une gouvernance plus partagée, qui soit plus respectueuse des maires », plaide ainsi la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains. « Il faut qu’on trouve les moyens pour que chaque sujet soit travaillé avec les communes concernées », explique ainsi le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. Beaucoup plaident ainsi pour reprendre la main sur les compétences qui touchent à leur territoire, même indirectement, à l’image du « New Deal » proposé par le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan. « Il suffit qu’on ait la main sur les outils métropolitains qui concernent la ville de Marseille », expliquait-il au moment de présenter son programme, ne demandant qu’à « vivre notre vie de commune dans un cadre intercommunal, comme toutes les communes ».

    Cette « Métropole des maires » préservée des débats politiques, l’édile salonais Nicolas Isnard (LR) s’en est fait le promoteur, faisant campagne en coulisses pour prendre la tête de l’intercommunalité lors d’une première séance prévue le 7 avril prochain. « Il échange avec tous les maires, pour voir si tout le monde et prêt à passer à une nouvelle étape », explique David Ytier qui le présente comme « l’homme du consensus, qui fait le lien avec tout le monde ». « Le retrait très digne et immédiat de Martine Vassal permet de dépolitiser tout ça », pointe-t-il.

    Sophie Joissains

    ne s’interdit rien

    Mais le maire de Salon-de-Provence ne fait pas l’unanimité à droite, où le vide laissé à Marseille nourrit les appétits. D’autres noms circulent, à l’image du président de maire des Bouches-du-Rhône Georges Cristiani (SE), auquel on prête surtout des ambitions sénatoriales. Sollicité, celui-ci n’a pas donné suite. Le nom de la maire UDI d’Aix-en-Provence revient aussi. « Je suis plutôt attentive à tous les programmes qui pourraient se dessiner de la part des candidats potentiels », explique-t-elle. Peut-elle ambitionner de présider la Métropole ? « Je fais partie de ceux qui ne s’interdisent jamais rien, mais je n’ai absolument pas décidé quoi que ce soit », répond-elle. Rappelant malgré tout que le conseil de territoire du Pays d’Aix avait su rassembler des municipalités très différentes.

    Reste aussi le risque de voir une majorité obtenue grâce aux voix de l’extrême droite, Franck Allisio proposant fin février « un contrat de gouvernance avec des maires qui partagent nos valeurs ». Après avoir joué du chantage auprès des maires sortants, agitant la menace de listes RN face à eux s’ils ne signaient pas son label « La Provence qu’on aime ».

    S’ajoute aussi des dossiers très politiques au menu de l’intercommunalité pour les années à venir, à l’image de l’arrivée à terme des grandes délégations de service public, depuis celle de l’eau jusqu’à celle de l’incinérateur de Fos, en passant par le tunnel Prado Carénage. Un exemple parmi les nombreux dossiers qui peuvent rester clivants.

    Candidature à gauche ?

    Tandis que le maire de Marseille doit rencontrer ceux de Salon et Aix, l’hypothèse d’une candidature unique à gauche n’est pas écartée, à l’image de celle de Gaby Charroux (PCF) en 2020. Avec l’espoir de « chercher la première place même avec une majorité relative », glisse un connaisseur. « Le futur président doit être un maire, et si possible d’une ville », pointe Loïc Gachon, qui écarte les nouveaux venus comme Robin Pretot et Jean-Pierre Squillari, le temps qu’ils s’installent. « J’ai un rôle à jouer dans cette institution, je suis disponible pour le jouer », assure l’édile vitrollais. Mais il faudrait pour cela avoir le soutien de la gauche marseillaise.

    Quoi qu’il en soit, le futur président aura fort à faire entre les enjeux de la réindustrialisation et les murs budgétaires qui menacent les finances des transports et déchets. Avec des compétences au cœur du quotidien des habitants des 92 communes de la Métropole.

    Des satellites à remettre en orbite

    Derrière la Métropole se pose l’enjeu de la présidence des nombreux organismes qui gravitent autour d’elle. C’est ainsi le cas pour la Soleam, l’aménageur métropolitain, aujourd’hui présidé par Gérard Gazay (LR), battu dans les urnes dimanche à Aubagne. Avec des finances à redresser, qui ont pu pousser à accélérer certains projets comme les 1 000 logements de Vallon Régny dans le 9e. Le bailleur social Provence Métropole Logement est quant à lui aujourd’hui présidé par Solange Biaggi (LR), qui n’a pas réussi à se qualifier au second tour dans les 2e et 3e arrondissements de Marseille. Avec un parc de logements dégradé, sous le feu des critiques durant la campagne des municipales. À la RTM, l’ancienne présidente du groupe d’opposition de droite Catherine Pila (LR) ne siège plus en conseil municipal. Son successeur devra mener à bien la refonte du réseau et la « révolution des transports » amenée à se poursuivre.

    Y.S.

  • [Entretien] « C’est un immense chef-d’œuvre qu’il faut absolument voir sur scène à l’Opéra »

    [Entretien] « C’est un immense chef-d’œuvre qu’il faut absolument voir sur scène à l’Opéra »

    L’opéra de Marseille donne cette semaine (mercredi 25 et vendredi 27 à 20h et dimanche 29 à 14h30) Dialogues des Carmélites, du français Francis Poulenc. L’ouvrage créé à la Scala de Milan en 1957, d’après la pièce de Bernanos, est sans doute l’un des plus dramatiques et puissants du répertoire lyrique. Opéra de femmes vivant dans un décor de clôture monastique, hanté par l’idéal du martyre, Dialogues des Carmélites ne laisse pas l’auditeur indemne. Il faut une distribution qui convoque la fine fleur du beau chant français. Maurice Xiberras sait y faire en réunissant Hélène Carpentier (Blanche de la Force), Lucile Roche (Madame de Croissy), Angélique Boudeville (Madame Lidoine), Marc Barrard pour les plus familiers du public marseillais.

    La mise en scène est signée Louis Désiré. Quant à la direction musicale, elle sera assurée par la cheffe Debora Waldman. Une pionnière nommée à la direction musicale de l’Opéra d’Avignon et qui devient ainsi la première femme à la tête d’un orchestre national permanent français. Entretien.

    La Marseillaise : Que représente pour vous, en tant que cheffe,
    «
     Dialogues des Carmélites » ?

    Debora Waldman : C’est un monument d’une force profonde, un immense chef-d’œuvre mal connu qu’il faut absolument voir sur scène. J’ai des affinités avec cette œuvre. Je veux y exprimer toute la dimension religieuse et mystique qui, en tant que musicienne, me parle beaucoup. La musique de Poulenc est régie par le texte de Bernanos. C’est la prosodie qui prime et il y a peu d’air au sens habituel. Dialogues, c’est avant tout du théâtre. L’émotion y est très puissante. La mise en scène est essentielle. Louis Désiré est toujours à l’écoute au plus près de la musique. On ne peut pas séparer le récit proprement musical du drame vécu par les personnages.

    Une grande partie de l’opéra a pour décor le couvent des Carmélites, les rôles féminins y sont les plus importants. Peut-on parler d’opéra féministe ?

    D. W. : On me pose souvent la question. Nous sommes, bien sûr, dans un monde très féminin. En y réfléchissant je pense à Goethe qui dit que l’éternel féminin nous élève et c’est là, peut-être, qu’on peut trouver dans cet opéra quelque chose de vraiment féminin. Une espèce d’idéalisation d’une communauté de valeurs portée par ces femmes et que la Révolution va vouloir étouffer.

    C’est votre première invitation à Marseille. Que ressentez-vous ?

    D. W. : C’est d’abord une surprise, je ne m’y attendais pas. Puis ça a été une rencontre. J’ai été très heureuse car je connaissais l’excellente réputation de l’orchestre. Et venir, en plus, pour cette œuvre-là était important. On peut parler d’une parfaite conjonction. Je compare le geste du chef à celui de l’archer. Tout est dans la précision. L’orchestre est très réactif. Plein de fortes personnalités. Si je devais les définir en quelques mots, je dirais l’intelligence d’une aspiration collective.

    Vous êtes la première femme
    à la tête d’un orchestre national permanent français, l’Opéra d’Avignon, vous avez fondé «
     Idomeneo », votre propre orchestre. Être cheffe d’orchestre est-ce toujours aujourd’hui une question qui se pose ?

    D. W. : Pour Idomeneo, c’était il y a 15 ans. Une fille comme moi ne pouvait pas rêver d’une vraie carrière de cheffe. Alors comme Nathalie Stutzmann, Emmanuelle Haïm ou Laurence Equilbey, avoir son propre orchestre était le moyen essentiel de se faire une place. Puis en 2020, j’ai été nommée à Avignon. Quand j’ai réalisé que j’étais la première à ce genre de poste, ça a décomplexé tout mon passé. C’est un point de bascule où les cheffes ont commencé à occuper l’espace, et pas seulement la jeune génération. On a toujours été là mais pas visible, un peu comme toutes ces compositrices que l’on redécouvre aujourd’hui et qui, comme Charlotte Sohy, doivent avoir en toute justice leur place dans les histoires de la musique.

  • Jouer l’amour et le sexe de façon sûre au Théâtre Joliette

    Jouer l’amour et le sexe de façon sûre au Théâtre Joliette

    Je rends le sexe réaliste. Pas réel. Tout est chorégraphié », résume dans sa note d’intention Ben Kidd. Sur un texte écrit par Emilie Pine, et avec son alter ego de la compagnie Dead Centre, Bush Moukarzel, qui en assure la dramaturgie, il met en scène Good sex. Le point de départ de cette création originale qui prend ses quartiers du mardi 24 au vendredi 27 mars au Théâtre Joliette, dans le cadre de la programmation hors les murs du Gymnase : « Deux comédiens et comédiennes qui ne se connaissent pas, reliés par une oreillette à un souffleur qui leur dicte leur texte, jouent une histoire d’amour. » En cette époque où les cas de harcèlement et d’agressions sur les femmes se multiplient aussi sur les planches comme sur les tournages, ce collectif irlandais manie à la fois humour, tendresse et bienveillance.

    Coordinatrice d’intimité

    Chaque soir, en plus des comédiens Emilie Maquest, Nicolas Payet et Josépha Sini, « deux nouveaux interprètes racontent une histoire de désir, de trahison et de solitude. Ils n’ont jamais répété ensemble, ni même lu le scénario. Ils ne savent presque rien et sont étrangers », écrit encore Ben Kidd, au sujet de ces deux acteurs d’un soir qui n’auront pour répétition, quelques heures auparavant, qu’un « atelier avec une coordinatrice d’intimité qui encadre les scènes de sexe simulées, entièrement chorégraphiées pour donner l’illusion, au public ». Dans Good sex, les interprètes « s’embrassent, se touchent avec un désir auquel nous devons croire. Comment faire pour que des gestes naturels dans la vraie vie se répètent sur scène avec la même aisance ? ». Tel est, selon les mentions du programme, la mission dévolue au Dead Centre. Avec un rôle pivot occupé par cette coordinatrice d’intimité qui va « les aider et les guider ». Un métier répandu dans le monde anglosaxon, et beaucoup moins en France, qui devient encore plus nécessaire à l’ère post #Metoo. Good sex illustre ainsi à quel point le sexe simulé à la scène comme à l’écran, « n’est pas toujours une partie de plaisir ».

    Mardi 24, jeudi 26 et vendredi 27 mars à 20h et mercredi 25 mars à 19h. Entre 10 et 24 euros. www.lestheatres.net