Tag: Marseille

  • Plus de 40 000 personnes à la Grande braderie de Marseille

    Plus de 40 000 personnes à la Grande braderie de Marseille

    Seulement 70 euros contre 135 normalement, on n’hésite pas, on enfile directement la chaussure ! », s’époumone Carrie derrière son stand, tentant d’interpeller la foule de curieux qui envahit la rue Saint-Ferréol (1er), cœur battant de la Grande braderie de Marseille. « C’est toujours une journée très agréable, on voit le centre-ville renaître, la clientèle est très hétéroclite, c’est un moment pour tout le monde ! s’enthousiasme-t-elle. C’est aussi la journée la plus importante pour nous financièrement, on multiplie par 3 notre chiffre d’affaires. » L’occasion de renflouer la trésorerie donc, mais aussi de vider les stocks. Emmanuelle, depuis 10 ans propriétaire d’une friperie, voit là une opportunité en or pour débarrasser son magasin. « Cette année j’ai acheté un lot de 4 000 pièces. Il y a de la grande qualité que je garde pour les rayons mais la braderie est l’occasion d’écouler les vêtements fast fashion à très bas prix », raconte-t-elle, postée sur le parvis de son magasin, envahi de jeunes marseillaises. à quelques rues, Marion, responsable itinérante de Souleiado, elle aussi installée devant sa boutique, espère que la braderie permettra à son enseigne provençal de gagner en visibilité. « On sait qu’on va plus que tripler le chiffre d’affaires mais c’est aussi le moment de faire découvrir notre marque vieille de 200 ans », détaille-t-elle.

    Côté clients, tous sont venus pour la même chose ou presque : profiter des prix cassés, avec des réductions allant jusqu’à moins 70%. « C’est l’occasion de faire des bonnes affaires bien sûr, et c’est vrai que l’ambiance est conviviale. On en profite pour passer du temps entre copines », raconte Maëlys, 18 ans, déjà habituée de l’événement. « Je me suis acheté un bel ensemble, j’en ai eu pour 300 euros au lieu de 800, c’est sûr que ça vaut le coup », lâche Thomas, venu du 13e arrondissement.

    En parallèle du shopping, la mairie, organisatrice de l’événement depuis 2021, a mis en place un espace jeunesse sur la place Charles de Gaulle et un carré des artisans sur celle de l’Opéra. Plusieurs points musicaux étaient installés dans le périmètre de la Grande braderie, allant dans le centre-ville de la rue Breteuil à la rue de Rome, et comprenant cette année les noyaux villageois de Mazargues (9e), Saint-Barnabé (12e), Vauban (6e) et la place du 4-Septembre (7e). « C’est un moment important pour les commerçants marseillais, ils font environ 60 à 70% de plus que leurs meilleurs chiffres d’affaires de l’année, souligne Rebecca Bernardi, adjointe au maire en charge du commerce et de l’artisanat. Et les restaurateurs des alentours aussi en profitent ! » La Grande braderie de Marseille a cette année accueilli 40 000 personnes.

  • Le théâtre de l’Œuvre et le Café Julien prêts à faire peau neuve

    Le théâtre de l’Œuvre et le Café Julien prêts à faire peau neuve

    À l’hiver 2023, la coopérative de musiques Grand bonheur s’associait aux salles de concerts et spectacles du Makeda, à la Plaine, du Théâtre de l’Œuvre, à Belsunce, et de la Meson, aux Réformés, pour récupérer la gestion de l’Espace Julien, propriété de la Ville de Marseille. Le point de départ d’une « réflexion commune sur la mutualisation et la solidarité autour des musiques actuelles dans le centre-ville », réunie au sein d’une entité nommée « Responsabilité des rêves », rappelle Sarah Lepêtre, directrice de la Meson.

    « Virevolte »

    Près de deux ans et des centaines de concerts plus tard, l’emblème culturel du cours Julien se prépare à un grand bouleversement. « Il va y avoir une réfection totale du Café Julien [espace attenant à la salle principale qui a vu défiler des groupes comme IAM ou
    la Fonky Family à leurs débuts, Ndlr] », annonce Maud Dissescou, chargée des relations publiques. Les travaux prévoient notamment « une rénovation de la façade qui ouvrira le café sur la rue, un accès pour les personnes à mobilité réduite, un nouveau bar, de nouveaux vestiaires et sanitaires, une augmentation de la jauge, ainsi qu’une nouvelle acoustique des lieux », ajoute-t-elle à propos de ce chantier qui doit occasionner « la fermeture du Café Julien et de l’Espace Julien entre décembre 2025 et février 2026 », avant « une réexploitation de transition de mars à juin », puis « une réouverture définitive en octobre 2026 ».

    D’ici là, l’automne 2025 sera chargé à l’Espace Julien, avec de nombreux concerts prévus, dont celui du « prince de la soul » Curtis Harding ou encore de l’héritier de l’afrobeat, Femi Kuti, pointe entre autres Marie Ketele, co-directrice artistique de l’Espace Julien. Les bouleversements qui se profilent n’entament pour l’instant en rien la programmation du Théâtre de l’Œuvre, de l’Espace Julien, du Makeda et de la Meson, ces deux derniers connaissant eux aussi bientôt une rénovation acoustique. Les quatre salles ouvriront leur saison simultanément avec le festival Virevolte, entre les 10 et 13 septembre. « Une itinérance festive pour danser la fin de l’été », résume Marion Bayol, responsable de la communication et de la billetterie. Le « leitmotiv de la danse » chevillé au corps, c’est un « plateau 100% féminin et queer », assuré par Sororo club, qui lancera le bal au Café Julien mercredi 10 septembre pour une soirée gratuite placée sous le signe de l’électro. Le lendemain, direction la rue Ferrari, au Makeda, où se produira le quintette Sarab « qui mêle rock, jazz moderne et sonorités arabes », puis le trio électro-oriental Bakir. Vendredi 12, au tour de la Meson de faire virevolter le public avec Article 15 « qui crache son flow sur des rythmes afro-punks de Kinshasa à Paris », tandis que l’Espace Julien accueillera Dombrance et son « électro politique disco-pop » ou encore la Dj marseillaise Mystique, aux « sons afros et latinos ».

    Cette première édition de Virevolte augurera définitivement l’automne, le 13 septembre au Théâtre de l’Œuvre, avec une « block party » assurée par les Dj’s avec Ammar 808 ainsi que Youthstar & Rumble du label Chinese Man records. Implanté depuis près d’un siècle rue Mission de France, ce théâtre à l’italienne du quartier Belsunce connaîtra bientôt sa « réhabilitation totale », expose son directeur, Dro Kilndjian. « La salle de spectacle permettra de faire du assis-debout pour le public, toujours dans cet esprit baroque. » 1 200 m² et quatre niveaux dédiés aux résidences d’artistes, à l’action culturelle, aux services généraux et bien évidemment aux spectacles. « Les travaux vont démarrer au printemps 2026. On rouvrira 14 mois après », espère cet homme à la tête d’un théâtre « de proximité » qui assurera « 43 levers de rideaux entre septembre et décembre », parmi lesquels ceux de Kepa, « à la croisée de la surf music et du cinéma » ou de « la voix de la nouvelle scène folk française » Claire Days.

  • Une triplette tropézienne triomphe au 100% féminin de Provence

    Une triplette tropézienne triomphe au 100% féminin de Provence

    Après avoir sorti en quart de finale l’équipe de Sabine Fara, récente demi-finaliste du championnat de France tête-à-tête, puis celle d’Anna Maillard, championne du monde et tenante en titre de l’épreuve marseillaise, Emmanuelle Goffoz-Durand, Cyntia Cantiget et Malory Guillaumont-Navaro ont soulevé, dimanche sur l’esplanade du Mucem, le trophée du 100% féminin de Provence. Opposées à la triplette de la Rumillienne Camille Durand, vainqueur du Grand prix féminin du Mondial La Marseillaise à pétanque en 2022, associée à l’Arlancoise Jessica Tronche et de la Brondillante Amélie Romuald, les Varoises, pensionnaires de la Boule Tropézienne, ont dû s’employer jusqu’au dernier moment pour l’emporter (13-12). « On a développé un très beau jeu », se réjouit Cyntia Cantiget, fière de l’aventure qu’elle a vécu avec ses habituelles coéquipières. Même si le championnat du Var ne leur a pas souri cette saison, elles ont toutefois réussi à se hisser jusqu’en 16e de finale à Espalion et à Palavas, en doublette avec Malory Guillaumont-Navaro.

    Cette dernière, âgée de 18 ans seulement, a ébloui le public marseillais par sa force de frappe au tir. Elle n’a pas eu froid aux yeux face à des expertes comme Séverine Roche, Cindy Peyrot et Amélie Romuald. Et même dans les situations les plus stressantes. « Notre jeu offensif a payé sur ces deux jours », souligne la lauréate du trophée des Pépites l’année passée. De quoi confirmer qu’elle fait partie des potentiels espoirs de la pétanque féminine française. Une joueuse qui sera à suivre de près.

  • L’OM Féminines évite une lourde correction lyonnaise

    L’OM Féminines évite une lourde correction lyonnaise

    Elles avaient conscience de se frotter à un sommet bien plus haut qu’une simple montagne. Les joueuses de l’OM Féminines, tombées d’entrée de championnat sur l’OL Lyonnes, n’ont pas réussi à rivaliser avec le club aux 18 titres de championnes de France sur ces 19 dernières années, dimanche au Parc OL.

    Cette première défaite (3-1), pour leurs grandes retrouvailles avec le plus haut niveau national, a toutefois mis en lumière deux points positifs à conserver pour la suite de la saison : un bloc bas resserré efficace qui a contraint les Lyonnaises à passer par les couloirs, notamment en fin de première période, où le but d’Ada Hegerberg a été la seule occasion rhodanienne des 20 dernières minutes avant la mi-temps.

    Et surtout, une volonté de fer qui leur a permis de ne rien lâcher jusqu’au bout, même quand les locaux ont creusé l’écart par deux fois en cinq minutes, à l’heure de jeu. Un état d’esprit positif et conquérant qui a provoqué le but de Mathilde Bourdieu en toute fin de match. Ce qui a, ainsi, à la fois sauvé l’honneur marseillais et ouvert le compteur de buts olympiens dès leur première journée en D1 Arkéma.

    « Il y a de la fierté parce que l’on a montré un beau visage », insiste l’internationale algérienne Roselène Khezami, qui a perdu son brassard de capitaine au bénéfice de Tess Laplacette. « On a posé beaucoup de problèmes à Lyon. On a été très soudées et très fortes collectivement. J’étais déjà rassurée avant ce match, mais je le suis encore plus à présent. Je suis vraiment fière de cette équipe et de notre performance aujourd’hui. On va essayer de faire un beau parcours en D1, c’est notre objectif et celui du club », ajoute la défenseure de l’OM.

    Après ce déplacement à Décines, les Marseillaises vont reprendre le chemin de la cité phocéenne afin d’y affronter Le Havre, le samedi 19 septembre (à 21h), au stade Francis-Turcan, à Martigues.

    1ère journée – D1 Arkéma

    Au Parc OL (5 000 spectateurs)

    Arbitre : A. Gerbel

    Buts : Hegerberg (32), Joseph (59), Yohannes (63) pour Lyon ; Bourdieu (90+1) pour Marseille

    Avertissements : Hegerberg (70), Benyahia (78) pour Lyon ; Bourdieu (36) pour Marseille

    LYON : Endler – Lawrence (Fathallah, 60), Renard, Engen, Bacha (Svava, 79) – Heaps, Yohannes, Joseph (Brand, 60), Becho (Diani, 60), Katoto, Hegerberg. Entraîneur : J. Giráldez

    MARSEILLE : N’Gazi – Joseph (Moryl, 75), Blanchard, Khezami – Laplacette, Le Mouël (Magalhaes, 83), Perret (Bamenga, 75), Elisor, Herrera (Couasnon, 75) – Brown (Kbida, 66), Bourdieu.

    Entraîneur : Dalin Anrifani

  • Rassemblement contre la lesbophobie lundi

    Rassemblement contre la lesbophobie lundi

    La Pride Marseille a appelé à un rassemblement
    en hommage à Caroline Grandjean-Paccoud, directrice qui s’est suicidée le jour de la rentrée scolaire, lundi à 18h au pied de la préfecture. Mariée à une femme, la professeure subissait depuis des mois un harcèlement lesbophobe dans le cadre de son travail. Une souffrance que sa hiérarchie n’a pas « comprise » d’après son épouse. « Elle [Caroline Grandjean-Paccoud, Ndlr] a alerté l’Éducation nationale et porté plainte. Elle n’a pas été écoutée », s’indigne la Pride Marseille dans son communiqué. « Nous nous rassemblerons pour honorer sa mémoire, dénoncer l’indifférence institutionnelle et exiger que l’état assume enfin sa responsabilité : accompagner et agir contre la lesbophobie et toutes les violences LGBTIphobes », poursuit le collectif. Un appel à réagir relayé notamment par la FSU-SNUipp 13. Dans une publication mise en ligne le jour du drame, le syndicat national rappelait que « les LGBTQIAphobies comme toutes les discriminations, le harcèlement, la haine de l’autre n’ont pas leur place à l’école comme dans l’ensemble de la société ». Et Aurélie Gagnier, porte-parole du FSU-Snuipp au niveau national, d’ajouter : « Ce cas tragique montre des problématiques systémiques liées à la santé et la sécurité des personnels et relatif aux suicides dans l’enseignement. »

    Une enquête administrative sur le décès de Caroline Grandjean-Paccoud a été diligentée par le ministère de l’Éducation.

  • Des Olympiades sur le fil des coupes budgétaires

    Des Olympiades sur le fil des coupes budgétaires

    Les spectaculaires démonstrations de breaking terminées sur les terrains de la Plaine des sports et des loisirs de la Busserine (14e), les premiers minots s’avancent déjà pour s’échauffer. Ce samedi, près de 800 jeunes sont venus participer à la finale des Olympiades interquartiers, qui pour la première fois rassemblaient les jeunes des quartiers prioritaires de la ville originaires aussi bien des arrondissements du Sud et de l’Est de Marseille que du Nord.

    « Dans le cadre de la politique du contrat de ville et des Quartiers d’été, nous proposons des activités pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances, raconte sur place la préfète déléguée à l’égalité, des chances, Isabelle Epaillard. Ces olympiades s’inscrivent dans la continuité, elles ont été lancées en 2021 dans le 14e arrondissement. » Au total, l’État a apporté 1,1 million d’euros cet été pour aider centres sociaux et associations à rester ouverts et proposer des activités pendant ces vacances, dont 112 000 euros pour ces seules Olympiades qui regroupent une quarantaine de structures. Des financements qui ont dégringolé de 32% en un an, contraignant les organisateurs à mutualiser, à rogner sur l’accueil, même si l’essentiel a été conservé pour les Olympiades.

    « Ouvrir les horizons »

    Malgré ça, les différentes associations se sont démenées pour organiser ces quatre semaines d’activités avec la Cité des arts de la rue, les Olympiades nautiques à l’Estaque… « Des mamans de Jean-Jaurès m’ont sauté dessus pour me dire : merci d’organiser ça, je n’ai pas eu le souci de ce qu’on allait faire le lendemain », sourit Thibaut Blum, délégué du préfet dans le 14e arrondissement, parmi les organisateurs. Les efforts en particulier ont été mis pour les quartiers les plus enclavés, ceux qui se vidaient le moins pendant l’été, faute, pour les habitants, de pouvoir partir en vacances. « Les prix des bateaux ont fortement augmenté, beaucoup de familles m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas partir cette année », soupire-t-il.

    « L’objectif, c’est de fournir des activités aux jeunes et pouvoir ouvrir les horizons, montrer ce qu’il est possible de faire, d’avoir des loisirs avec une logique éducative et sportive », appuie l’adjointe (PS) chargée de la politique de la ville, Audrey Gatian. « Cela permet d’avoir un autre regard sur les quartiers populaires, complète le conseiller métropolitain (DVD) chargé de la politique de la ville, Denis Rossi. Certains disent que ça coûte cher, on fait la démonstration que c’est utile. »

    Pratique sportive menacée

    Mais cela permet aussi d’occuper le terrain. « La nature a horreur du vide, c’est le premier qui occupe l’espace qui s’installe », soupire Thibaut Blum. Les précédentes éditions, certains réseaux du narcotrafic avaient pu se montrer menaçants. « On n’a eu aucun incident cette année », se réjouit le délégué du préfet.

    Cet été, l’accent a tout particulièrement été mis sur la pratique sportive, sur l’apprentissage du vélo et de la natation. « Le sport apprend la persévérance, contribue à un bien-être social, mental », sourit la préfète déléguée, encourageant les minots qui se jettent dans le bassin de la Busserine. Les responsables des fédérations sportives sont là, pour inciter les parents à inscrire leurs enfants. Mais alors que le gouvernement a supprimé les aides du Pass’sport pour les enfants de 6 à 13 ans, « cela va être un carnage », craint un bon connaisseur. Surtout après la baisse des enveloppes des contrats de ville. « Nous sommes dans une période budgétaire compliquée, mais nous devons faire preuve d’initiative, souligne Isabelle Epaillard. Il faut qu’on y arrive, nous avons un devoir de résultat pour accompagner ces jeunes. »

    « Il faut qu’on y arrive, nous avons un devoir de résultat pour accompagner ces jeunes. »

  • [Rue de la République] Laurent Lhardit : « Nous voulons gouverner avec nos partenaires naturels à gauche »

    [Rue de la République] Laurent Lhardit : « Nous voulons gouverner avec nos partenaires naturels à gauche »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laurent Lhardit, député PS de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône.

    Le vote de confiance

    Didier Gesualdi : François Bayrou pose ce lundi la question de confiance pour son gouvernement. Allez-vous lui accorder la vôtre ?

    Non. Cette confiance, on ne peut pas lui accorder pour deux raisons essentielles. D’abord, la méthode qu’il a employée en annonçant des mesures budgétaires de 44 milliards d’économies d’euros sans jamais consulter personne. Ensuite parce qu’il a trahi les engagements qu’il a pris devant le Parlement. On ne peut faire confiance à quelqu’un qui ne respecte pas sa parole. Je pense que la décision de François Bayrou était prise depuis le début de l’été. C’est une manière pour lui de sortir du jeu de sa propre initiative.

    Léo Purguette : Et après ? Est-ce que cela va relancer le jour sans fin macroniste avec la nomination d’un nouveau Premier ministre issu du camp présidentiel ?

    Évidemment que je ne le souhaite pas. La problématique centrale, c’est de ne pas reproduire les erreurs qui ont été faites par le président de la République l’année dernière. Des secteurs entiers de l’économie ont souffert de cette attente. C’est au président de la République qu’il appartient de nommer un nouveau Premier ministre, rapidement.

    Didier Gesualdi : Ou alors on dissout pour redonner la parole au peuple.

    La dissolution, je n’y suis pas favorable et je ne pense pas que ce soit le scénario privilégié. Ce n’est que si on échoue dans le processus qui va s’engager à partir du vote de lundi, qu’il faudra retourner aux urnes.

    Léo Purguette : Olivier Faure propose que le prochain Premier ministre soit socialiste. Mais pour gouverner avec qui ?

    Avec les partenaires naturels que nous trouvons à gauche. On a déjà une réponse qui est négative de LFI donc on va mettre le cas de LFI de côté…

    Léo Purguette : … Ça réduit singulièrement l’assise d’un potentiel Premier ministre.

    Même avec LFI, il n’y a pas de majorité. Personne n’a de majorité et d’ailleurs en cas de nouvelle dissolution il est possible qu’on retrouve le même schéma. Donc les futures majorités ne peuvent être que des majorités de projets, sur des textes, c’est là qu’on arrive sur la méthode. La proposition que fait le PS, c’est de gouverner sans 49.3. Nous allons proposer une voie, un chemin.

    Les alliances de gauche

    Léo Purguette : On voit bien que la gauche est extrêmement divisée. Des invectives sont échangées entre socialistes et insoumis. Que répondez-vous à vos électeurs qui ne comprennent pas comment vous avez pu être unis il y a un an et pas capables de proposer un projet de gouvernement aujourd’hui ?

    Premièrement, je ne suis pas responsable de la décision de LFI de dire a priori « nous ne participerons pas à une expérience gouvernementale ». Et la deuxième chose, c’est que les invectives viennent d’abord et toujours de LFI. Au lendemain des élections législatives, LFI a en fait trahi le pacte et le programme du Nouveau front populaire dont le 4e paragraphe, parle de mettre fin à la brutalisation du débat public, aux invectives et à la diffusion de fausses informations. Or cela a démarré dans les jours qui ont suivi. Cela a été adressé à tout le champ politique et aussi aux socialistes, aux communistes, aux Verts, autant à la gauche qu’à la droite… Donc je crois qu’il faut remettre les choses en place, savoir qui est responsable d’un champ de discussion à gauche qui est pollué. J’espère que nous allons faire la preuve dans les jours qui viennent, à gauche, qu’il y a un certain nombre de personnes qui sont prêtes à discuter – peut-être durement – sur des sujets importants mais ensuite à se rassembler.

    La loi PLM

    Léo Purguette : Une réforme modifie le mode de scrutin à Marseille. Vous y êtes favorable, pourquoi ?

    Je rappelle que selon une enquête d’opinion faite en janvier 88% des Marseillais étaient favorables à cette évolution. On va pouvoir élire directement les 111 conseillers municipaux qui vont élire le maire, donc une élection beaucoup plus directe. On se rapproche du système qui fonctionne partout en France donc pour moi c’est un progrès démocratique.

    Léo Purguette : Les socialistes parisiens ne sont pas d’accord !

    Je sais mais attendez : je suis solidaire de l’ensemble des actions que nous menons au sein du parti socialiste mais je suis aussi un député de Marseille, je défends la démocratie à Marseille et je me suis opposé à mes collègues qui étaient beaucoup sous influence d’Anne Hidalgo qui ne voulait absolument pas de cette réforme. Je crois qu’à présent la gauche parisienne sera bien heureuse de travailler dans ce cadre.

    Les municipales

    Didier Gesualdi : On a vu fuser cette semaine des déclarations chocs de Martine Vassal et Benoît Payan. Ça annonce une campagne violente ?

    J’ai été surpris par les attaques de la droite sur le drame qui s’est déroulé à Belsunce. On est dans le discours du RN puisqu’on met en cause très directement à la fois la municipalité et les étrangers. Il faut avoir une explication de situation. La réalité, c’est qu’à Marseille, la droite est dans une situation désespérée. Je l’ai vu aux législatives dans un secteur où elle était extrêmement implantée, elle réalise des scores plus que réduits. C’était quand même le secteur de référence de Jean-Claude Gaudin, la circonscription bâtie pour la droite. On parlait de la « varisation » de la gauche, c’est-à-dire le phénomène de disparition de la gauche à l’image de ce qui s’est passé dans le Var. Et bien, je crois qu’à Marseille, c’est ce qui guette la droite. La réaction de la droite est d’autant plus violente qu’elle a du mal à se positionner vis-à-vis de notre bilan. Y compris sur les questions de sécurité, c’est nous qui doublons les effectifs de police municipale. La coopération entre police municipale et nationale est un modèle ici. C’est ce que me disait M. Darmanin, alors ministre de l’Intérieur après la réussite des JO.

    Didier Gesualdi : Selon votre opposition vous ne donnez pas les bons chiffres, vous n’installez pas les caméras de vidéosurveillance…

    C’est ce que racontent M. Muselier et ses porte-messages ou Mme Vassal qui a au moins le courage de se mettre en première ligne. Il y a des caméras dans la ville. Quand on arrive, la moitié ne fonctionne pas ou sont mal dirigées, fixes sur des points sans intérêt. Donc la coopération entre forces de police dont je parle doit aussi concerner ces caméras pour plus d’efficacité.

    Didier Gesualdi : À gauche, localement, la division existe aussi. Peut-elle vous faire perdre la Ville ?

    Vous aurez remarqué qu’on est exactement dans la même situation qu’au plan national. Il n’y a eu aucune discussion et c’est LFI qui a affirmé sa volonté nationale de présenter des candidats partout où il y a des maires de gauche.

    Didier Gesualdi : M. Delogu sera candidat.

    Tant mieux pour lui, c’est le jeu démocratique. Chacun a le droit de se présenter. La logique du Printemps marseillais, dans laquelle il s’est inscrit depuis 2020, c’est d’être le rassemblement le plus large, le plus complet de la gauche à Marseille.

    Les écologistes

    Léo Purguette : Vous parlez d’un rassemblement large pour les municipales de Marseille, écologistes compris ?

    Oui bien sûr. En 2020, les écologistes étaient en partie divisés puisque Sébastien Barles était parti de son côté avec ses propres listes et il nous avait rejoint au second tour.

    Léo Purguette : Il semble vous quitter à nouveau. Il a été suspendu de son parti de ce fait mais il est toujours adjoint au maire. N’y a-t-il pas d’incohérence ?

    Non. Je ne le vois pas critiquer ouvertement le bilan de la majorité municipale auquel il a contribué au cours des cinq dernières années.

    Les questions des lecteurs

    Bonjour j’ai vu que vous parlez sur le problème des ascenseurs. C’est des pannes sans arrêt dans mon bâtiment. Comment faire concrètement ?

    Aujourd’hui, il y a 4 à 5 boîtes européennes qui maîtrisent l’essentiel du marché. Là où ils sont malins, c’est que toutes les pièces détachées, c’est eux aussi, au travers de filiales dans lesquelles ils ont des participations croisées. Le marché est donc tenu par une poignée d’acteurs que personne n’était venu questionné depuis 25 ans. Lorsqu’un problème d’ascenseur dure six mois, c’est parce qu’il n’y a pas de pièce détachée disponible ou qu’elle coûte très cher et qu’on préfère attendre d’avoir 5 problèmes pour faire une commande groupée en Chine. Le premier objectif de la loi que nous avons porté avec Philippe Brun, c’est de dire que si l’ascensoriste est de bonne foi et n’arrive pas à obtenir une pièce détachée, il peut se retourner contre ceux qui tiennent le marché. Cette loi a été votée à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire. Elle est aujourd’hui sur le bureau du Sénat pour être votée complètement. On va être sur la responsabilisation d’un secteur professionnel en visant les responsables. J’ajoute que l’évolution technologique des ascenseurs fait que dans de nombreux lieux la réponse à un problème, c’est « on ne fabrique plus ce type de mécanisme ». Ça n’est pas acceptable. La dernière nouvelle, c’est qu’à la suite du débat que nous avons ouvert, la ministre de la Ville, Juliette Méadel, a lancé un plan sur le sujet.

  • Les associations font leur rentrée en force

    Les associations font leur rentrée en force

    « En 2021, Benoît Payan le maire de Marseille décide de faire venir le festival des associations sur le Vieux-Port. Il se tenait jusque-là au parc Borély de manière beaucoup plus confidentielle. Et c’est tout de suite un succès pour les exposants et les curieux qui découvrent la richesse de cette ville », détaille Ahmed Heddadi adjoint en charge du lien social et de la vie associative. Et « cette année encore, ce sont des milliers de Marseillais qui sont attendus », lance-t-il.

    Près de 500 associations sportives, culturelles, artistiques, sociales, environnementales, engagées pour la santé ou encore la défense des droits sont présentes pour aller à la rencontre du public toute la journée. Septembre, c’est la rentrée, pour les petits et pour les grands, le sport c’est important. Rollers, marche nordique, danse, gymnastique, athlétisme, capoeira, arts martiaux, savate boxe, aviron, tir à l’arc, escrime, volley-ball, rugby… L’espace sports permet de découvrir mais aussi de se tester, libre à chacun ensuite de s’inscrire pour intégrer un club sportif.

    Dimanche, l’éventail des possibles est encore plus large avec une centaine d’associations de plus que l’édition précédente. Initiation aux échecs, ateliers d’écriture, activités d’astronomie, ou encore apprentissage des gestes de premier secours sont au programme à moins que votre cœur ne penche vers une activité artistique. Ateliers de percussions, démonstration de chant ou encore de danse…

    Sans oublier l’engagement et le bénévolat, maillons essentiels de l’associatif, regroupés dans un espace dédié. « Moi, j’aimerais bien aider les petits jeunes à faire leur CV », confie Mounir, 61 ans, sans emploi depuis peu. Devant la grille des offres de la maison des associations, le sexagénaire se dit prêt « à consacrer du temps plusieurs fois par semaine ». Et de poursuivre : « L’associatif j’en ai déjà fait, mais dans un tout autre domaine. »

    La Ville propose ce week-end son stand pour mieux faire connaître tous les services associatifs mis à disposition des Marseillais. « Le Covid a mis en difficulté ce maillage, nous avons été beaucoup vers les mairies de secteur, pour proposer des formations, pour apprendre à remplir les dossiers de subvention car c’est très complexe », explique l’élu. Et de compléter « nous avons mis ponctuellement à disposition gratuitement des espaces publics. De mémoire, nous n’avons jamais laissé tomber une association qui nous demandait de l’aide ». Pour lui pas de doute : « Marseille est une des villes, les plus engagées de France. Je le constate quand je parle en terrasse, le tissu associatif est très fort. »

    Toujours plus de solidarité

    « En termes de fréquentation du public, il y a environ 500 personnes qui passent par jour à la maison des associations notamment pour une activité sociale » note Erick Espel, responsable de la division services aux associations (DSA) pour la Ville. Par exemple « L’encre bleue association d’écrivains publics aide gratuitement tous les publics. Ils sont présents une demi-journée tous les jours, onze mois par an ». Cours de langues, aide pour les démarches juridiques, oasis de clubs sportifs, mais aussi culturel, la maison des associations est un lieu emblématique sur la Canebière depuis 35 ans, un incontournable tant pour la demande que pour l’offre avec un peu plus de 750 structures adhérentes. « Nos associations sont à l’image de la société, l’engagement a changé au fil des ans », explique le responsable DSA. Par exemple « on voit des étudiantes venir monter leur structure pour faire de la distribution alimentaire ». La pandémie a été un révélateur pour la population notamment en termes de solidarité. « Mais l’existence de ces associations, est ponctuelle. Elle répond à un besoin », poursuit-il. Travailler en transversal, se connaître, échanger est très important. Pour exemple, « une fois par mois, une rencontre ouverte à tous, adhérents ou pas se tient en présence de l’adjoint en charge du lien social pour faire émerger des projets communs, c’est le Bla Bl’Asso ». L’objectif de la maison des associations est de passer le millier d’adhérents. Une antenne dans le 2e arrondissement a ouvert ses portes en février, et en novembre, ce sera au tour du 14e. Dans tous les cas, ce dimanche des centaines d’associations seront sur le pont pour rencontrer leurs futurs adhérents.

    « Nos associations sont à l’image de la société, l’engagement a changé au fil des ans »

  • Ne pas déchirer le tissu associatif

    Ne pas déchirer le tissu associatif

    Septembre rime avec rentrée et fêtes des associations dans
    les communes. C’est l’occasion pour les bénévoles de rencontrer
    le grand public et de proposer une mosaïque d’activités et d’engagements. Mais derrière les sourires qui accueillent le public sur les stands, une vive inquiétude perce. Et pour cause. Comme le souligne la fédération des maisons de la jeunesse et de la culture, « entre 2005 et 2020 la part des subventions publiques a baissé de 41% dans le budget des associations au profit de logiques marchandes ».

    Après 2020, la tendance ne s’est pas inversée mais confirmée. Les collectivités locales ont été prises à la gorge par la crise énergétique, les conséquences de la Covid et le tour de vis budgétaire du gouvernement. Même situation chez les associations.

    Le pass Sport sacrifié

    Au sein de ces structures, indispensables pour la vie en société et la cohésion sociale, ce sont les bénévoles qui assurent l’essentiel du fonctionnement. Outre que ces derniers prennent de l’âge, les réformes antisociales, à l’instar de l’allongement de l’âge de départ à la retraite, fragilisent cet équilibre déjà précaire.

    D’autres mesures s’attaquent au tissu associatif à l’instar de
    la révision honteuse du pass Sport, désormais supprimé pour les enfants âgés de 6 à 13 ans. Cette aide aux familles, d’un montant de 50 euros par enfant, était pourtant essentielle pour nombre de foyers aux revenus modestes. Les associations sportives sont vent debout et dénoncent ce grave recul.

    En dépit des mauvais coups, les associations restent déterminées à jouer leur rôle citoyen dans la cité.

    Allez les rencontrer !

  • Muselier et Vassal font rentrée commune à Marseilleveyre

    Muselier et Vassal font rentrée commune à Marseilleveyre

    Le rendez-vous était prévu lundi mais décalé en raison du report de la rentrée scolaire décidé par le préfet. Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud, et Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, ont donc fait leur rentrée commune à Marseille, vendredi, du côté de la cité scolaire mixte Marseilleveyre.

    à six mois des municipales, par-delà les distributions de tablettes aux lycéens et d’ordinateur aux collégiens, le message politique se voulait assez clair. De la sénatrice (LR), Valérie Boyer, à l’ancienne secrétaire d’État chargée de la Ville et de la Citoyenneté, Sabrina Agresti-Roubache, une grande partie de la droite locale était là… même si l’heure des déclarations de candidature n’est pas venue, note Renaud Muselier, conseillant d’attendre la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement qui à ses yeux « ne tardera pas ».

    L’inauguration de la piscine de l’établissement (2,5 millions de travaux), un bassin de 25 mètres et quatre lignes, « la seule piscine qui fonctionne sur Marseille », se gargarise Renaud Muselier, a été l’occasion de quelques piques adressées à la municipalité de gauche. L’équipement, opérationnel après des années de fermeture, servira aux élèves mais aussi aux associations et clubs dont le Smuc, l’ASPTT Marseille ou le Cercle des nageurs qui lancera en 2026 une section water-polo féminin.

    À Marseilleveyre où près de 2 500 élèves sont accueillis, 57 millions de travaux doivent être engagés fin 2026, a par ailleurs indiqué le président de Région en marge de la visite. De quoi alléger les « 700 000 euros de facture énergétique », espère Laurent Malfettes, le représentant FCPE de cet établissement vieux de 80 ans dans lequel les syndicats enseignants pointent eux l’état des salles d’eau de l’internat et des toilettes qui ne peuvent attendre les grands travaux.

    « Une rentrée apaisée »

    Un dossier qui devra être suivi de près. Comme celui des transports en commun desservant la cité scolaire. Le sujet de la fréquence des lignes RTM 20 et 19, et celui du bus spécial pour les élèves venant du 9e arrondissement, a été rappelé à Martine Vassal par l’historique Association des parents d’élèves de Marseilleveyre (Apem), et reste en suspens.

    Dans un contexte politique national tendu, Renaud Muselier préférait apprécier lui « une visite de rentrée apaisée », installé derrière les portiques mis en place pour les élèves et la garde régionale des lycées présente depuis un an aux abords des établissements du secteur. L’ensemble de Marseilleveyre a été clôturé par des barrières anti-intrusion, « notamment ici contre les sangliers », et les CDI inondés ont été refaits. Pass Zou études, Pass santé jeunes… « C’est un gain de pouvoir d’achat de 2 200 euros pour les familles », martèle Renaud Muselier avant de partager un repas dans la cantine de l’établissement.