Tag: Marseille

  • « Je me demande ce que je fais dans cette salle »

    « Je me demande ce que je fais dans cette salle »

    La Marseillaise : Vous entrez dans votre 23e saison professionnelle. Est-ce que vous avez subi beaucoup de commotions cérébrales dans votre carrière ?

    Teddy Da Costa : Je n’en ai pas eu beaucoup dans ma carrière, mais j’en ai subi une, la saison passée, un peu par accident. J’ai pris une charge et je suis tombé sur le genou d’un joueur qui était dans mon dos. C’est une blessure pas comme les autres, dans le sens où je ne ressens pas trop de douleurs. Mais ça se joue plus sur l’appréhension, car ça se passe dans la tête. Et quand je me suis rendu à l’hôpital pour passer des examens, les médecins m’ont dit que j’avais une microhémorragie à l’arrière du cerveau. Même avec le casque, je n’y ai pas échappé. Mais je n’avais pas mon protège-dents ce jour-là, parce qu’il se faisait vieux et que j’avais la flemme d’aller en refaire un autre. J’ai pris des centaines de cartouches avec et je n’ai jamais rien eu. Je pense que ça peut jouer, ça évite de trop se contracter.

    Quels ont été les effets de cette commotion cérébrale ?

    T.D-C. : Au-delà de la petite douleur derrière la tête, on se sent faible pendant plusieurs jours. La lumière me provoquait comme une sorte de migraine. J’avais besoin de me reposer. De toute façon, je ne pouvais quasiment pas faire d’efforts. Un peu comme quand on a chopé une bonne grippe. J’avais aussi du mal à dormir, parce que j’avais peur que le mal de tête s’amplifie.

    Est-ce que ça pouvait jouer sur votre humeur aussi ?

    T.D-C. : Je dois avouer que je m’énervais assez vite et que j’étais de plus en plus impatient. C’est surtout la fatigue qui parlait. J’avais l’impression que tout me saoulait. Le pire, c’est quand j’ai commencé à avoir des pertes de mémoire. Souvent, dans la journée, je me demande ce que je fais dans cette salle. C’est étrange comme situation. Encore récemment, je dormais parfois mal à cause de ça, parce que je me demandais si j’aurais des séquelles bizarres comme ça, quand je serais vieux. Mais, avec le temps, ça va bien mieux. Ce n’est pas facile à vivre, surtout que ça arrive à la fin de ma carrière. C’est dommage, mais ce n’est pas une catastrophe. Il ne faut pas faire peur aux gens, ça reste une pathologie très rare et les équipements sont de bien meilleure qualité. Pour moi, ce n’était qu’une question de poisse et c’était tombé sur moi, cette fois-là.

    Est-ce que c’était un sujet tabou quand vous avez commencé le hockey sur glace ?

    T.D-C. : On n’en parlait pas beaucoup. Quand on se prenait une mauvaise charge, on avait mal à la tête et puis c’est tout. Il n’y avait pas de protocole commotion comme aujourd’hui. Heureusement que les choses évoluent.

  • La 34e Fiesta des Suds à Marseille, un hymne à l’amour

    La 34e Fiesta des Suds à Marseille, un hymne à l’amour

    On a vécu beaucoup de péripéties cette année avec notre déménagement du Dock des Suds », rappelle d’emblée Natalie Solia, directrice de la Fiesta des Suds, au dernier étage de la tour La Marseillaise.

    Le point culminant idéal pour observer l’agitation immobilière qui cerne Arenc et les quartiers limitrophes, à deux rues du Dock des Suds. La terre d’adoption pendant plus d’un quart de siècle de Latinissimo, l’association organisatrice de la Fiesta des Suds, qui en a été chassée au printemps dernier par l’établissement public Euromediterranée pour des projets toujours incertains. Autant de bâtons dans les roues évités vaillamment par Latisinissimo et la Fiesta des Suds, dont la 34e édition investit, comme depuis 2018, l’esplanade du J4. « Même si le monde de la culture connaît un avenir incertain, nous sommes plus déterminés que jamais à proposer des musiques qui rassemblent, en dehors des sentiers battus », résume celle qui est à la tête de cet événement dont les trois coups sonneront jeudi 9 octobre, lors d’une soirée où Morcheeba occupera la tête d’affiche.

    Depuis la deuxième partie des années 1990, dans la foulée de Massive Attack, un groupe symbolique du trip-hop, genre électro née en Angleterre et habité par des samples de la musique afro-américaine. « Le premier morceau qu’on m’a envoyé était Call for love, issu de l’album Escape de Chaos », situe Frédéric André. Sorti cette année et destiné à célébrer les 30 ans du groupe, un opus qui a donné le la de cette édition.

    Le programmateur de la Fiesta des Suds justifie : « On veut partager des émotions avec le maximum de gens. Depuis que je suis petit, on entend parler que de crises, mais très peu de discours d’un avenir commun ». Pour reprendre le titre de Morcheeba, un « appel à l’amour » qui infuse dans toute la programmation avec des artistes tels que la soulwoman Enchantée Julia ou encore la mitrailleuse de tendresse rap et punk, Uzi Freyja, toutes deux programmées le premier soir de la Fiesta des Suds, illustre entre autres Frédéric André.

    Qui dit amour et fête dit également Dabeull et son ensemble de onze musiciens, aussi à l’affiche du premier soir, qui ravivent la flamme funk des années 1970-80, inspirés notamment par des groupes style Bar Kays ou Imagination, comme il en a fait part sur les ondes de RFI. Une ribambelle d’artistes qui ont pour dénominateur commun « de procurer de l’émotion au public », dixit Frédéric André, qui énumère encore des messagers du « love » présents à la Fiesta des Suds le vendredi 10 octobre : le rappeur Youssoupha qui viendra défendre son dernier album en date Amour suprême, le projet électro-rock maroco-tunisien Aïta mon amour. Sans oublier le guitariste nigérian Keziah Jones.

    Et que dire encore de la soirée du samedi 11 octobre, avec « l’amour en barres » prodigué par Kassav’, groupe mythique antillais qui a préfiguré le zouk dès le début des années 1980. Une nuit décidément placée sous les auspices du déhanchement de bassin, avec les « ambassadeurs » du Shatta – genre aux lignes de basse puissantes dérivé du dancehall – en la personne de Blaiz Fayah et Bamby.

    « Nous sommes un festival populaire, ce qui est non négociable, et en même temps exigeant. On n’est pas là pour servir de la soupe aux gens sous prétexte qu’un artiste fait beaucoup d’entrées », souligne Frédéric André. Un credo encore plus perceptible le 12 octobre avec la « Fiesta du dimanche », à l’esprit diurne et « plus familial ». Un événement gratuit qui proposera plusieurs concerts, au premier rang desquels celui de La cité des minots, avec la chanteuse slovaque et tzigane Marcela, « accompagnée par plus de 80 enfants des écoles Peyssonnel 1 et Malpassé – Les Oliviers », précise Andy Burle, responsable des actions culturelles au Nomad’ Café, producteur de cette création. « La fiesta du dimanche est une après-midi de découvertes, musicales mais pas que, avec notamment une ludothèque, des jeux et ateliers créatifs, des terrains de pétanque et une grande battle de hip-hop », complète Marion Bergé-Lefranc, chargée de production de cette journée de clôture.

    Philippe Amsellem

    Programme complet sur www.fiestadessuds.com

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Robin Renucci

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Robin Renucci

    Rentrée du théâtre national de La Criée, climat politique et social, relation au public des quartiers populaires, place de la culture dans la ville de Marseille… posez vos questions à Robin Renucci

  • « Il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins »

    « Il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins »

    Entretien

    La Marseillaise : L’interdiction du thon dans les cantines est-elle une bonne idée ?

    Daniela Banaru : Tout comme l’espadon, ou le requin, le thon est un grand prédateur qui se trouve tout en haut de la chaîne alimentaire. Plus tu es au sommet de la chaîne, plus il y a des chances que tu accumules des contaminants, dont le mercure. Mais, ce n’est pas le seul, il y a aussi des polychlorobiphényles (PCB), des Pfas ou encore des pesticides. Et on ne connaît pas l’effet cocktail.

    Pourquoi le mercure est-il dangereux ?

    D.B. : Depuis la pollution accidentelle au mercure en mer à Minamata, au Japon, on sait que c’est un neurotoxique. Les conséquences vont être très importantes au niveau du système nerveux pour les fœtus et les enfants. C’est là le véritable danger. Mais, il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins, car on en tire aussi énormément de bénéfices. Il faut juste faire attention à l’âge. Anses, OMS, Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’autres organismes scientifiques nous disent qu’il faut en manger pour les acides gras essentiel, les protéines, les vitamines B12 ou encore le potassium et de magnésium. Il ne faut pas oublier ça. C’est la balance bénéfice-risque qu’il faut regarder.

    Comment faire le tri ?

    D.B. : Si l’on n’est pas biologiste marin (rire), il faut tenir compte des recommandations. Taille, âge, poids ou quantité, les risques prennent en compte différents critères d’une population, mais aussi le lieu d’habitation. Par exemple, en zone côtière, on mange davantage de poissons. Pour les enfants, on sait qu’il y a un risque. Le mercure en mer, naturellement présent, est transformé en méthyl mercure, c’est lui qui est toxique. L’activité humaine (dans l’industrie par exemple) augmente ses concentrations au-delà du normal.

    Qu’en est-il en Méditerranée ?

    D.B. : Le mercure est un peu plus élevé car la Méditerranée est une mer pauvre, les cellules vivantes sont très petites, la bioconcentration est accrue. Les thons sont tout en haut de la chaîne alimentaire et ce sont des gros mangeurs, jusqu’à 30% de leur poids par jour.

    Quel poisson peut-on manger alors ?

    D.B. : Les seuils de surveillance fixés par l’Europe sont différents pour les grands prédateurs et les autres espèces. En ce qui concerne les femmes enceintes et les enfants, il faut manger d’autres poissons que le thon. Avec mon laboratoire, nous avons étudié et donné à la Mairie une liste de 263 espèces comestibles sur nos côtes. Il faut manger d’autres espèces, plus bas dans la chaîne alimentaire. Il ne faut pas céder dans la psychose.

  • La boule souple de Jean-Pierre Albertini en a fait du chemin

    La boule souple de Jean-Pierre Albertini en a fait du chemin

    Il n’y a pas forcément besoin d’un terrain à l’extérieur avec du sable pour disputer une belle partie de pétanque. Jean-Pierre Albertini, un Marseillais de 76 ans passionné par le passe-temps emblématique de la Provence, a imaginé et inventé, il y a une vingtaine d’années, des boules de pétanques « souples » afin de pratiquer la pétanque en intérieur.

    « Un jour, un ami de Paris, qui a été champion de France, m’appelle et me dit : “Jean-Pierre, est-ce que tu pourrais inventer des boules de pétanque pour jouer à l’intérieur ?”. J’y ai réfléchi et j’ai d’un coup eu une idée. Quand on était à l’éducation physique au lycée, on s’envoyait des médecine ball. Et là, je me suis dit qu’il faut réduire tout le truc pour en sortir une boule », raconte celui qui a fini par déposer un brevet, en 2013,pour une boule recouverte de PVC souple qui résiste même à des terrains en extérieur.

    Succès en développement

    « Il fallait trouver le moyen de durcir la boule, tout en la gardant souple », poursuit-il, en décidant de partir sur la fabrication d’un modèle unique : 72 millimètres de diamètre et 680 grammes. Ce qui correspond à la moyenne choisie par les joueurs de pétanque. « Il y a quelques décennies, les passionnés choisissaient des boules plus grosses et lourdes parce que l’appoint était au centre du jeu, mais j’ai remarqué qu’aujourd’hui, les champions préfèrent jouer avec des boules plus petites et légères, du fait que le tir ait pris une place prépondérante », note Jean-Pierre Albertini en citant l’exemple de Mayron Baudino, vainqueur du Mondial La Marseillaise à pétanque en 2023, qui évolue avec des boules de 71 millimètres de diamètre et 680 grammes. D’ailleurs, le créateur des « boules souples » a présenté son produit à des boulistes renommés, comme Philippe Suchaud pour inciter les passionnés de pétanque à s’y intéresser. « Encore aujourd’hui, certaines personnes n’arrivent pas à s’imaginer que l’on peut jouer à la pétanque chez soi », s’amuse le Marseillais, originaire du quartier Saint-Pierre (5e arr), qui a commencé à commercialiser ses boules il y a six ans. « On a eu une hausse des ventes pendant le Covid, parce que les gens ne pouvaient pas sortir », ajoute-t-il en vendant plus de 1 200 coffrets par an, pour le tarif unitaire de 89 euros. Soit plus de 50 % moins cher qu’une seule triplette de boules de pétanque traditionnelles. Un prix attractif qui attire désormais des convoitises internationales, puisqu’il a vendu deux coffrets au Canada durant le mois d’août.

  • Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Une vive émotion s’est emparée de la place Félix-Baret (6e) lundi à 18h, au pied de la préfecture, où une centaine de personnes se sont rassemblées en hommage – ou « femmage » – à Caroline Grandjean-Paccoud. Mariée à une femme, la directrice d’une école de Moussages, dans le Cantal, s’est suicidée le 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, après plusieurs mois de harcèlement lesbophobe sur son lieu de travail.

    Vécu comme un moment de recueillement collectif, le rassemblement s’est ouvert avec la lecture d’une lettre écrite par Christine Paccoud, épouse de Caroline, suivie d’une minute de silence. Dans les mains des participantes émues, un slogan revient : « La lesbophobie tue ». « Il faut le répéter encore et encore. Les LGBTphobies isolent, détruisent et tuent. Les LGBTphobies et le silence institutionnel brisent des vies. Caroline n’est pas la première », s’est indigné Camille Dutta Gupta, co-président du centre LBGT Marseille. Nous pensons à toutes celles et ceux dont les noms ne sont pas médiatisés. En vos noms, nous demandons enfin des moyens pour que vous ne soyez pas partis pour rien ».

    L’Éducation nationale mise en cause

    Parmi les institutions pointées du doigt dans l’affaire : l’Éducation nationale, accusée de ne pas avoir soutenu la fonctionnaire face au harcèlement qu’elle subissait. Après que le rectorat de Clermont-Ferrand a suggéré à Caroline Grandjean-Paccoud de changer d’établissement en 2024, une première proposition mal vécue par la directrice d’école, l’Éducation nationale a porté plainte en diffamation, en 2025, contre Remedium, auteur de bande dessinée qui avait relayé l’histoire de Caroline sur son blog « Cas d’école ».

    « La justice française et l’Éducation nationale sont coupables. Les politiques sont coupables (…) de nous faire taire lorsqu’il s’agit de nous soutenir. Nous sommes une foule en colère de t’avoir perdue, Caroline », s’est émue Ambre, militante féministe. Sophie Roques, adjointe au maire en charge de l’état civil et à l’initiative du rassemblement avec plusieurs associations locales de défense des droits LGBT, s’est elle aussi exprimée. « En tant qu’élue, je veux dire avec force que la République, l’école, les institutions ne peuvent pas rester aveugles. Elles ont le devoir de protéger, de reconnaître et de soutenir », a-t-elle rappelé. Et d’ajouter : « Son nom – celui de Caroline- portera l’exigence de combattre chaque parole, chaque geste lesbophobe. Nous portons aussi ensemble la promesse que ce combat sera mené ». Des membres de la FSU-Snuipp 13, syndicat des instituteurs, étaient présents lors du rassemblement mais n’ont pas pris la parole.

    Selon SOS homophobie, les jeunes LGBT ont 2 à 7 fois plus de risques d’effectuer une ou plusieurs tentatives de suicide au cours de leur vie que le reste de la population.

  • « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette charte et de ses 26 propositions ?

    Maxime Boudet : On veut respecter toutes les sensibilités de Renaissance et notre ADN, qui est un socle solide autour du « en même temps ». On défend ces valeurs au national avec un renouvellement des visages. Localement, Renaud Muselier pilote les échanges avec les autres partis, mais on voulait montrer que pendant ce temps, nous bossons. On a donc travaillé avec l’ensemble des présidents de comités signataires du document et nos 250 adhérents sur Marseille, sur ce qu’on veut défendre : la laïcité, l’humanisme, le progrès, la modernité, le dépassement, l’écologie pragmatique…

    Il y a des propositions qu’on peut mettre en avant ?

    M.B. : Dans ce qui me parle le plus, il y a la citoyenneté. La République est en pleine turbulence, mais les élections municipales vont redonner envie aux gens de s’engager. On propose aussi des mesures sociales comme la création d’un droit opposable à la garde des enfants pour les mères isolées. Il y en a sur la santé aussi, sujet d’actualité avec les derniers événements à Belsunce…

    C’est bien de l’aborder ainsi.

    M.B. : Et c’est ce qu’on est censé défendre, on doit regarder les faits en face. D’accord, l’immigration irrégulière est un vrai problème, mais quand la personne est en situation régulière, il y a d’autres problèmes de fond qu’il faut traiter. Là, le monsieur avait des problèmes psychiatriques et c’est un vrai sujet à Marseille. Ça fait deux ans que le CMP du 1er et du 2e arrondissements est fermé. On voit bien les gens qui errent dans la rue, sans soins, en rupture sociale totale, sans accompagnement. Il faudrait négocier un vrai partenariat Ville – Aphm comme il existe des partenariats Ville – Port. Laisser les gens sans soins, on voit là ce que ça donne : une personne qui a une errance médicale, qui ne prend plus de traitement, qui se réfugie dans des produits stupéfiants… Certes, le monsieur était Tunisien, mais il avait surtout un gros problème psychiatrique. Et qu’est-ce qu’on en a fait ? On l’a ignoré.

    La charte s’inscrit dans une démarche « centriste, humaniste et progressiste ». C’est un message aux Républicains qui courent après l’extrême droite ?

    M.B. : On veut être droit dans nos bottes et le garant de ces valeurs fondamentales dans la coalition. On ne veut pas se renier. On dit à la droite républicaine, attention, on doit défendre ce côté humaniste. Et des Républicains le font très bien, comme les UDI ou le Modem. On est sur cette ligne. Mais aussi, on veut chercher les centres gauches, les sociaux-démocrates modérés. Il faut vraiment se rassembler. En fait, on ne peut pas pactiser ni avec la LFI, ni avec le RN. Marseille n’a vraiment pas besoin de ça, surtout en ce moment.

    Vous n’avez pas le sentiment que cette alliance tire à droite ?

    M.B. : Je suis persuadé que beaucoup vont nous rejoindre parce que nous allons recentrer le débat, et sortir des invectives et de la surenchère. Rien n’est figé. Plus on sera nombreux dans cette alliance, mieux ce sera pour gagner la ville en 2026.

  • Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Des palettes pour le feu le soir, des hamacs, des lits de camp et des matelas gonflables, un barbecue et même un écran télé « pour suivre le départ du Premier ministre, indique un gréviste d’Engie, avec une bonne dose d’ironie. On n’en attend pas grand-chose, vu que c’est plus un souci de fond que de forme qu’on a avec ce gouvernement, comme avec nos directions. C’est un tout, on a beau militer au sein d’un syndicat, on est tous tributaires de la politique de ce pays ».

    « Bayrou casse-toi et emmène Macron avec toi » affiche un panneau CGT devant l’entrée bardée de pneus sur le site du boulevard Gueidon, dans le 13e arrondissement. Leur mouvement pour la revalorisation des salaires et contre la hausse des factures de l’énergie ne fait qu’un avec la colère sociale et populaire qui s’exprimera mercredi dans la rue. Avec 30 000 agents en grève reconductible depuis le 2 septembre en France, les énergéticiens ont entamé une action de longue haleine, destinée à rebattre les cartes pour les prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO). En se battant pour les salariés et pour les usagers, le secteur se positionne en fer de lance d’un mouvement social qui grondera encore le 18 septembre.

    Devant le tableau des astreintes, où chacun vient s’inscrire pour assurer un tour de garde permanente, Géraldine, électricienne, explique : « Nos secrétaires généraux font le point quotidiennement sur les suites de l’action. Mais on est encore nombreux à vouloir tenir et les soutiens arrivent tous les jours. » Retraité des IEG, Bernard confirme : « les anciens, les jeunes, les portuaires, les cheminots, toutes les sections locales de la CGT s’organisent pour assurer l’intendance. C’est cette solidarité qui fait notre force ». Et le soir même, c’est la section PCF du 13e qui s’y colle volontiers. « Ils offrent l’aïoli », annonce Michel Pruvost, militant CGT énergie, « pour fêter le départ, mais surtout pour organiser la suite », précise-t-il, convaincu « qu’un changement politique profond doit avoir lieu pour permettre aux forces les plus progressistes de prendre la main ».

    Agrégat de colères

    Un besoin s’intensifie au sein des entreprises, pour ceux qui produisent les richesses, étranglés par un pouvoir d’achat en chute libre, de reprendre le gouvernail pour fixer un autre cap. « Travailleur, rejoins la lutte » ou encore « tu es une force pas un coût ». Partout autour du piquet, les pancartes engagent à l’action. « Pour beaucoup de salariés, nous savons qu’il est difficile de faire grève. Il y a cet étranglement financier, avec les salaires qui n’évoluent pas et le coût de la vie qui s’envole, les emprunts à payer… », reconnaît Frédéric Gonnella. Le secrétaire général CGT Ufict des Alpes-de-Haute-Provence se montre cependant optimiste : « quand on fait le tour des sites, on entend bien la colère. Et on touche aussi les usagers. Il y a eu quelques chefs d’entreprise qui sont venus s’intéresser à nos revendications ». à ses côtés, un agent ajoute : « Même l’huissier qui est venu sur le site a semblé réceptif… ».

    Les restrictions budgétaires sur le dos des travailleurs sont de plus en plus difficiles à justifier pour le gouvernement, au regard des profits redistribués aux actionnaires qui ont encore progressé de 40% entre 2021 et 2024. « Les discours du gouvernement sont hors-sol », assure Bernard. Plus de 12 millions de foyers sont en situation de précarité énergétique. Et « l’année noire » annoncée passe encore par une hausse de facture : jusqu’à maintenant, la France pratiquait une TVA réduite à 5,5% sur l’abonnement et une TVA à 20% sur la consommation. La loi de finances 2025 a fait sauter ce plafond à compter du 1er aoûtdernier. « Comment, dans ces conditions, exiger des 68% des ménages qui ont restreint leur chauffage faute de pouvoir payer leur facture, de payer la note ? », s’indigne Frédéric Gonnella. La Fédération CGT des mines et de l’énergie (FNME) revendique la baisse de cette TVA sur l’abonnement et sur la consommation. Elle soutient à ce titre la proposition de loi présentée au Sénat, le 16 juillet, par Fabrien Gay pour le groupe communiste.

    En soutien, Nicolas Guglielmacci, pour la CGT CPMM, voit dans le mouvement social qui se prépare « une agglomération des colères, sociale, politique et citoyenne » et appelle à participer. Cheminote, Charlotte assure également : « Le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille sera présent ce mardi sur le piquet. Nous aussi, nous mettons la pression sur les 10 et 18 septembre ». Dans l’ouverture à la concurrence du service public ferroviaire qui se joue sur nos lignes, les cheminots refusent de voir leurs accords se faire lessiver.

  • Marseille Concerts à l’origine d’une saison éclectique

    Marseille Concerts à l’origine d’une saison éclectique

    Cette année encore, Marseille Concerts mise sur la qualité des interprètes que cette association invite tout au long de sa saison et sur la grande diversité des programmes proposés : de Haydn à Barbara, de Mozart à la comédie musicale américaine, tous les styles et toutes les époques se succéderont sur différentes scènes de la ville. Charge au remarquable clarinettiste marseillais Pierre Génisson d’ouvrir la saison avec le pianiste niçois David Kadouch, autour des répertoires de Schumann, Brahms, Saint-Saëns et de Falla, le 20 septembre au Palais du Pharo.

    Association œuvrant depuis 1986, Marseille Concerts permettra également d’écouter toutes les sensibilités et subtilités musicales, en invoquant notamment l’élégance sobre d’Alain Planès pour jouer Joseph Haydn (le 29 mars dans le foyer Ernest-Reyer de l’Opéra), ou l’exubérance calculée de Khatia Buniatishvili pour un récital le 5 novembre dans la Grande salle de l’Opéra de Marseille. Pour faire dire aux pianos tout ce qu’ils peuvent exprimer. En famille, entre amis ou en solistes, les artistes viennent de tous horizons. On notera par exemple l’hommage aux comédies musicales américaines, le 28 janvier au Théâtre de l’Odéon, assuré par les familles de musiciens de la soprano Natalie Dessay et du baryton-basse Laurent Naouri, ou encore le récital de piano d’Alexandre Kantorow, le 16 février à la Criée.

  • La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    Des centaines de chapiteaux ont poussé dimanche sur le Vieux-Port, à l’occasion du festival Vivacité. Un important moment de visibilité pour le tissu associatif local qui, dans un contexte d’austérité budgétaire, doit redoubler d’efforts pour continuer d’assurer l’une de ses missions : l’éducation populaire. Christophe Betti, président de l’association en charge de l’Open festival de Marseille, permettant la diffusion sur deux jours de 44 courts-métrages dans les cinémas Pathé Madeleine et Pathé Joliette, dit s’appuyer avant tout sur la détermination de ses collaborateurs. « Nous sommes 16 bénévoles à travailler à l’année et 30 bénévoles en plus nous rejoignent au moment du festival. Il faut des gens motivés car nous avions 3 229 courts-métrages à visionner cette année pour en sélectionner 44 », raconte-t-il. Subventionnée exclusivement par la mairie après un refus de participation du Département, de la Métropole et de la Région, l’association, qui propose un festival 100% gratuit, a pour objectif de redonner, au plus grand nombre, le goût du cinéma, un lieu « d’échange et de partage », selon Christophe Betti.

    Véronique Manzah, créatrice de l’association les Mots passants, proposant des ateliers d’écritures pour toute la famille, ne bénéficie, elle, d’aucune subvention. « Je n’ai pas encore fait la demande, pour l’instant c’est ma poche qui subventionne et le travail des deux bénévoles qui m’accompagnent », ironise-t-elle. Son ambition : permettre aux adhérents d’apprendre dans la convivialité, l’inclusion et l’humilité.

    Mécénats et billetteries adaptées

    La ZEF, ou Scène nationale de Marseille, dont les salariés disent être relativement épargnés par les baisses de financements avec une poursuite presque inchangée des versements de subventions de la part de toutes les collectivités, s’inquiètent tout de même du sort de leurs partenaires. « Les modifications des accès au Pass culture impactent les scolaires, avec qui nous collaborons beaucoup. Peut-être ne pourront-ils plus assister aux mêmes spectacles qu’avant », confie une bénévole. Composée de deux lieux dans les 14e et 15e arrondissements, l’association dispose d’une résidence d’artistes et d’une salle dédiée à la diffusion de spectacles. Pour rendre la culture accessible au plus grand nombre malgré les manques, les tarifs d’entrée aux spectacles sont adaptés aux revenus et varient entre 3 et 15 euros. Des billetteries solidaires, permettant aux plus aisés d’acheter en plus de leur billet une deuxième entrée à 5 euros, sont également mises en place. Le Studio théâtre (1er), proposant des ateliers théâtre pour tout niveau et n’ayant, lui, obtenu aucune subvention, pratique aussi la méthode de la billetterie adaptée, allant de 150 euros à 60 euros l’année.

    Du côté de Kipawa, association qui aide les personnes exilées avec des cours intensifs de français et l’accompagnement vers le bénévolat, les financements se cherchent un peu partout. « On a des subventions de la Ville et du Département mais on se finance aussi grâce à la recherche de mécénat et aux dons des particuliers », explique Nathalie Dehay, formatrice français langue étrangère, salariée de l’association. D’après le Mouvement associatif, 45% des subventions accordées aux associations en 2025 sont en baisse par rapport à 2024, dont 20% en « forte baisse ». Et de sortir les rames.