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  • [Portrait] Michel Potoudis, débatteur et metteur en liens

    [Portrait] Michel Potoudis, débatteur et metteur en liens

    Un récit de vie s’articule souvent autour des impressions de l’enfance et de l’adolescence. Rien ne prédisposait Michel Potoudis pour qu’il devienne un militant de l’éducation populaire, un enseignant d’économie des classes de Prépa du lycée militaire d’Aix-en-Provence. Proportions gardées et sans légende, son itinéraire ressemble au parcours de la chorégraphe Pina Bausch qui se souvenait pour ses spectacles des prolétaires et des prostituées qu’elle rencontrait au café Müller de ses parents.

    Son père était en Turquie un grec de Smyrne. Chassé par la guerre, il apprend le français à Oran avant de faire sa place à Marseille comme ouvrier métallurgiste et porteur de sacs de charbon. Notis Potoudis (1923-2005) épouse une jeune femme venue de la Nièvre, de 17 ans moins âgée que lui. Leur fils est né en 1956. Sa mère tient un bar rue d’Endoume avant de gérer une baraque proche des Docks et d’Arenc. Ensuite, avec sa clientèle d’ouvriers et de routiers, le Bar de l’Indépendance, 234 boulevard de Paris fut pour Michel un lieu d’amitiés et d’interrogations à propos de l’injustice sociale.

    Un instituteur conseille ses parents. Michel Potoudis apprend le latin et le grec à l’École de Provence, boulevard Sicard ; les jésuites sont des pédagogues qui ouvrent des chemins pour donner des cours d’alphabétisation à la Cimade, rue d’Aix. Non pas parce qu’il se perçoit comme un leader, mais comme souvent, parce qu’il se sent « poussé par les autres », Michel accepte d’être élu délégué de classe, forge ses convictions. Autre lieu de clarté pour un adolescent, les années lumineuses de Bourseiller du Théâtre du Gymnase : il découvre les mises en scène de Jean-Pierre Vincent et Patrice Chereau, Jean-Louis Barrault dans un solo de deux heures pour un texte de Jean Vauthier. Après son Bac, plutôt que devenir un philosophe à l’Université, il cherche des armes pour « transformer le monde » : il choisit d’étudier les sciences économiques et sociales, représente l’UNEF dans plusieurs instances et milite à l’UEC. Sa thèse concerne les conflits du monde du travail : il mène des enquêtes auprès des syndicalistes à propos des luttes chez Ugine-Acier.

    Une retraite active et inventive
    Sa carrière d’enseignant entre Aix et Marseille qui s’achève en juillet 2023 au lycée Saint Charles le confirme pleinement, Michel Poutoudis est un personnage cultivé et discret, à l’aise dans tous les milieux, un esprit critique soucieux de partager avec autrui les expériences de sa vie. Quoiqu’à la retraite, il conserve un pied au lycée St Charles, informe par voie de mail les lycéens pour les emmener dans des débats avec le festival Allez savoir autour de la désinformation ou bien via le pass cuturel dans des spectacles au théâtre Joliette ou à la Criée : sous sa houlette une trentaine de lycéens rencontrent une dirigeante de Mediapart, réfléchissent à propos de l’actualité d’Antigone, assisteront prochainement à une représentation de « 65 rue d’Aubagne ».Il est temps d’évoquer les intenses activités orchestrées depuis plus de deux ans par son association Coudes à Coudes à l’intérieur de l’espace public marseillais. Sans subventions, loin des grandes machines des Festivals, grâce aux relais de ses nombreux amis, pour la joie des partenaires qui lui font confiance (entre autres la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, la Bibliothèque de l’Alcazar, des éditeurs, les librairies de l’Hydre, Maupetit et Transit, les mairies du 1-7 et du 4-5, la Compagnie Manifeste Rien, le cinéma Pathé Madeleine et la Baleine) Coudes à Coudes échafaude avec des universitaires et des militants des débats publics dans des lieux étonnamment diversifiés (Hyperion aux Cinq Avenues, l’auditorium de l’Alcazar, un micro-lieu comme Hang’Art). Chaque fois l’objectif, c’est autour d’un livre ou d’un thème (le racisme, le travail, le logement, le service public, l’inceste et la transphobie, les Biens Communs ou la décolonisation) d’inviter des personnes capables de susciter « horizontalement » des prises de paroles citoyennes.

    Cette passionnante démarche mérite clairement des aides ponctuelles des collectivités locales, un maximum de canaux d’informations. On croise les doigts pour que l’aventure de Coudes à Coudes ne dépende pas seulement de l’ingéniosité et de la ténacité de son programmateur. Par les temps qui courent, sa combativité est une merveilleuse antidote !

    Pour news-letter, écrire à michelpotoudis@gmail.com

  • « Avec les neutrinos, nous espérons avancer vers une nouvelle physique »

    « Avec les neutrinos, nous espérons avancer vers une nouvelle physique »

    La Marseillaise : Le détecteur Juno (en Chine) et Orca (au large de Toulon, dans le cadre du projet KM3NeT) visent à étudier les propriétés fondamentales du neutrino, notamment sa masse. En quoi sont-ils différents ?

    L’idée de ces deux détecteurs n’est donc pas de faire naître une nouvelle astrophysique exploitant
    les neutrinos pour observer des phénomènes cataclysmiques à l’autre bout de l’Univers
    ?

    J.B. : Non, ça c’est le rôle d’Arca, l’autre détecteur de KM3NeT au large de la Sicile (Italie) qui traque les neutrinos de plus haute énergie. Orca et Juno ont une portée plus fondamentale. Nous espérons qu’ils nous permettront d’avancer vers une nouvelle physique et de nouvelles théories car il existe des questions auxquelles le modèle standard de la physique des particules ne permet pas de répondre.

    Par exemple ?

    J.B. : Une des grandes questions est de savoir pourquoi il y a plus de matière que d’anti-matière dans l’Univers. La théorie dit qu’il devrait exister autant de l’une que de l’autre. La physique du neutrino pourrait apporter des réponses.

  • Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Alors que deux détecteurs de neutrinos sont en cours de déploiement au fond de la mer Méditerranée avec le projet KM3NeT, un troisième est entré en service en Chine : Juno. « Un projet XXL », insiste José Busto, chercheur au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM) et impliqué dans le projet depuis une dizaine d’années. Le détecteur est composé d’une sphère de 35 mètres de diamètre plongée dans une piscine enfouie à 700 mètres sous terre. Et il est complémentaire aux deux autres : « Ils observent des neutrinos différents », ajoute le chercheur. Ceux produits sur Terre par des centrales nucléaires pour Juno. Ceux venus de l’atmosphère ou du cosmos pour KM3NeT. Pendant dix ans, Juno étudiera les propriétés fondamentales de cette particule élémentaire –une brique de base, indivisible, de la matière– encore très méconnue.

    Théorisé en 1930 et découvert en 1956, le neutrino n’interagit avec presque rien –ce qui le rend difficile à détecter- et a une masse presque nulle. « Si faible qu’on a longtemps pensé qu’il n’en avait pas, souligne José Busto. Jusque dans les années 2000… » Aujourd’hui, les physiciens veulent étudier cette masse et notamment la hiérarchie des masses. Car il existe trois types de neutrinos : le neutrino-électronique, le neutrino-muonique et le neutrino-tauique. Lequel est le plus lourd ? Le plus léger ? « Nous avons des indices, mais c’est encore incertain », admet José Busto. Pour y voir clair, ils souhaitent étudier le phénomène d’oscillation -c’est-à-dire le passage des neutrinos d’un type à l’autre.

    Physique fondamentale

    Juno est positionné entre deux centrales nucléaires chinoises : celles de Yangjian et de Taishan. « Les centrales nucléaires produisent beaucoup de neutrinos », souligne José Busto. Mais il s’agit de neutrinos-électroniques à basse énergie. « Placer un détecteur à proximité est bien pratique pour les étudier », ajoute-t-il. Très précisément, Juno se situe à 53 kilomètres de chacune des centrales. « Selon les calculs, c’est là que se produira le plus d’oscillations », explique le chercheur. Quand un neutrino-électronique interagit avec le liquide contenu dans la sphère du détecteur, cela produit une réaction qui émet une lumière caractéristique. Ce signal permet de détecter l’interaction du neutrino, sa position, son énergie… « Le détecteur doit être ultra-sensible et s’affranchir des effets de la radioactivité ambiante », insiste José Busto. C’est là qu’a résidé la principale contribution du CPPM.

    À travers cette étude de la masse des neutrinos et du phénomène d’oscillation, les scientifiques espèrent répondre à des questions de physique fondamentale (voir interview). « Des premiers événements ont déjà été observés », glisse José Busto. Mais ils servent pour l’instant à calibrer le détecteur. Il faudra être patient avant d’obtenir les premiers résultats réellement utiles.

  • [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    La Marseillaise : Peut-on le voir votre « Best of studio » comme un retour aux sources ou bien une renaissance ?

    Sinclair : Des deux manières. C’est un moyen de faire partager aux gens qui m’ont un peu oublié, ou qui ne savaient plus trop ce que j’étais, ce que j’avais fait auparavant. Quand on a décidé de repartir sur les routes faire des concerts, je me suis dit que le moyen le plus sain et évident était de sortir un best of. J’ai rajouté des inédits, des versions démo de certains titres emblématiques. Il faut savoir que moi, je suis producteur et éditeur de ma musique. C’est de l’artisanat.

    Vous retrouvez l’ADN du funk français qui vous a caractérisé. Quelle est la différence avec le funk américain, si ce n’est la langue ?

    Sinclair : Le funk reste un style difficile à définir en France, car il est rarement arrivé ici, hormis des choses très commerciales, mais malgré tout superbes, comme Earth Wind & Fire, Kool & the gang ou Prince. Le funk, à la base, est un mélange de rock, de jazz, de soul…. c’est une fusion. Le funk français, c’est ce mélange de musiques avec des paroles et une façon de chanter en français. Avec, parfois, d’autres influences : certains de mes titres comportent, par exemple, de l’accordéon.

    L’époque qui vous a vu cartonner, celle des années 1990-2000, a été le climax, puis le déclin du disque. Avez-vous eu, à l’époque, le sentiment d’être avalé par l’industrie musicale et les majors, qui ne voient les musiciens que comme un produit de consommation ?

    Sinclair : Ce qui est sûr, c’est que cela n’a pas changé. C’est même devenu encore pire avec les plateformes. Après, en ce qui me concerne, j’ai eu la chance que mon père soit ingénieur du son et baigne dans ce milieu. J’ai donc pu faire un premier album de manière artisanale. Beaucoup de gens à l’époque m’ont dit : « reste producteur et éditeur, ça te sauvera la vie un jour. » Si je n’avais pas été artiste indépendant, je ne serai pas là depuis longtemps. La vie, c’est une bataille. Si vous ne vous battez pas, quelqu’un le fera pour vous. Mais du coup, il mangera aussi à votre place. De nos jours, on ne gagne pas bien sa vie en vendant des albums ou en passant sur des plateformes. Mais, à mes yeux, ce qui a été le nerf de la guerre n’a jamais été l’argent, mais plutôt la liberté artistique. C’est comme ça qu’on devient indépendant.

    Après votre apogée, le public vous a connu dans des émissions de télécrochet ou téléréalité. Regrettez-vous certains choix ?

    Sinclair : Mon choix de faire La nouvelle star était intéressant à l’époque, car j’avais besoin de faire une pause dans mes concerts. Je ne regrette absolument rien. ça a surtout témoigné de la possibilité de faire d’autres choses après de gros passages à vide. Dans l’ensemble, je suis quand même content d’avoir eu ce parcours et d’être encore là aujourd’hui, de savoir que des gens m’attendent encore dans les salles. Une espèce de cycle vient de passer. J’ai l’impression d’avoir traversé l’épreuve du temps. Je me dis que, quand on reste sincère, qu’on bosse ce qu’on aime, on ne meurt pas.

    Après votre traversée du désert, le public est de retour dans vos concerts. Une reconnaissance de votre authenticité ?

    Sinclair : Il y a de ça. Le monde dans lequel on vit est devenu tellement fou qu’on ne peut pas distinguer, si on n’a pas l’œil averti, une vidéo en intelligence artificielle d’un discours de haine déguisé en discours populiste. On est envahi par les réseaux sociaux. Il faut être sincère et humble. Et c’est ce que le public a envie d’entendre sur scène, de la musique. Il y a bien sûr un côté nostalgique, mais je propose de la musique au présent avant tout. ça peut paraître bizarre de dire ça mais, dans mon concert, tout est joué en direct. Il n’y a aucun playback et de l’humain partout.

    Vous êtes aussi installé à Arles depuis 7 ans, où vous avez monté le label Rocket records. Une ville qui a aussi joué un rôle dans votre renaissance ?

    Sinclair : Je me suis toujours dit qu’un jour, j’y habiterai. au premier regard. Cette ville m’a permis de me reconstruire car elle est à taille humaine, avec une énergie particulière. On y a monté un petit collectif pour faire des soirées DJ. Grâce à cela, j’ai repris confiance et j’ai produit un artiste, Aissa Malouk, qui va partager la scène avec moi lors de la tournée. J’ai trouvé à Arles quelque chose de rassurant.

    Dans votre tube « Tranquille », sorti en 1994 et que vous reprenez dans votre « Best of studio », vous chantez : « on ne choisit pas sa mentalité, c’est pourquoi je trouve bien troublant que des gens se fassent insulter pour des questions d’identité. » Des paroles qui trouvent hélas toujours un écho dans la société actuelle, avec l’extrême droite plus que jamais aux portes du pouvoir…

    Sinclair : Ce qui est étrange, c’est qu’il y a 30 ans, je chantais la liberté et la tolérance en imaginant que les choses allaient bien évoluer. Malheureusement, c’est quelque chose qui décline. Aujourd’hui, les gens ne pensent qu’à l’argent. ça ne peut pas marcher comme ça. Ils s’accrochent à des idées reçues et à leur téléphone, où ils ne reçoivent que de la merde. Moi, avec mes concerts, je veux leur donner la possibilité de kiffer l’instant présent pendant une heure et demie.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • [Recette] Filet de rouget en portefeuille, seiche et purée de fenouil

    [Recette] Filet de rouget en portefeuille, seiche et purée de fenouil

    – 2 rougets entiers

    – 1 seiche

    – 2 fenouils

    – Un peu d’encre de seiche

    – De quoi faire une mayonnaise

    – De l’huile d’olive, de l’huile neutre et du sel fin

    – un brin de thym frais

    Pour débuter, coupez les nageoires des rougets à l’aide d’une pince, puis écaillez-les à la main en partant de la queue. Coupez la tête et réservez, videz les entrailles et coupez de chaque côté dans le sens de la longueur en suivant l’arrête. Attention, n’allez pas jusqu’au bout de la queue pour avoir une coupe que l’on appelle en portefeuille. Arrivé à la queue, cassez tout simplement au couteau l’arrête que vous réservez pour la sauce. Enlevez les quelques arêtes restantes à l’intérieur avec une pince et découpez légèrement le ventre restant. Faites désormais de petites incisions du côté de la peau, sans traverser la chair du poisson. C’est une technique qui empêche le filet de se rétracter à la cuisson. Faites la même chose des deux côtés.

    Un poisson frais et nacré

    Videz ensuite la seiche à la main au-dessus d’un saladier, avec de l’eau pour ne pas vous tacher avec l’encre. ouvrez-la en deux sur un côté et nettoyer ce qu’il reste. Passez votre doigt entre le blanc de la seiche et la peau pour l’enlever complètement, il ne vous restera plus que le blanc de seiche que vous quadrillerez légèrement avec un couteau en biseau, puis taillez de petits morceaux.

    Émincez ensuite le fenouil le plus finement possible. Au préalable, enlevez les petites pousses vertes et gardez-les pour le dressage. Faites-le cuire à feu doux dans une casserole avec un fond d’huile d’olive et laissez compoter. Quand il est tendre, mixez le fenouil pour faire une purée et assaisonnez.

    Faites cuire le rouget à feu doux avec un filet d’huile dans une poêle, un petit papier sulfurisé et déposez dessus le filet. Faites la même chose quand vous le retournez. Pour la seiche, faites bien chauffer une poêle avec de l’huile. Quand ça fume, déposez la seiche avec un brin de thym frais, pas plus de deux minutes à feu vif.

    Pour le dressage dans l’assiette, déposez le rouget, la purée et parsemez de morceaux de seiche. Ajoutez la sauce faite avec les restes de poisson et mise en réduction longue. Ajoutez les pousses de fenouil, une chips de fenouil et servez.

  • La culture provençale prend le large au Château de la Buzine

    La culture provençale prend le large au Château de la Buzine

    Fifres et tambourins résonnent dans la cour du Château de la Buzine, en ce samedi 11 octobre. Tandis que certains se laissent aller à une volte toute provençale, poissonnières en coiffes blanches et pêcheurs avec leurs bas de forçats pour éviter de se blesser avec leurs filets de pêche, typiques du début du XXe siècle, ont fière allure pour le vernissage de l’exposition « Marsiho e la mar ».

    Une partie des troupes des associations de transmission de la culture provençale, telles que l’Escolo de la mar, fondée en 1877, Roudelet Felibren de Château-Gombert ou encore Trésors Patrimoine, ayant toutes œuvré à ce parcours, qui se déploie jusqu’au 8 mars 2026. Avec un angle ethnographique pour aborder la relation entre Marseille et la mer. « celui de la relation intime et poétique nouée entre les Marseillais. Pas comme un horizon commercial ou des rêves, mais plutôt comme un espace de travail, et même un emblème », résume Alexandre Mahue, commissaire d’une exposition qui démarre par une séquence aimantée par L’intérieur du Port de Marseille, vu du Pavillon de l’horloge du Parc, peint par Joseph Vernet en 1754. Autour de cet instantané portuaire, où les marchandises issues du bassin méditerranéen affluent sur les quais, s’esquisse un tableau vivant et ethnographique où s’agrègent objets issus des siècles derniers : des cordages aux musettes en osier, en passant par des jarres à huile et un coffre de marin du XVIIIe, paré d’attributs nuptiaux.

    Humaniser des emblèmes

    Clichée, mais non moins emblématique, une deuxième séquence ravive le souvenir des poissonnières. D’abord à travers leurs textiles, qui illustrent le fait qu’elles « n’étaient pas que des femmes modestes. Certaines étaient propriétaires de bancs qu’elles se transmettaient de mère en fille », éclaire Alexandre Mahue. Et, « en contrepoint de ces silhouettes qui dénotent déjà d’une folklorisation du costume de poissonnière », indique celui qui est aussi conservateur du Musée provençal de Château-Gombert, s’affiche leur « postérité iconographique », avec des gravures et céramiques indiquant « leur goût pour la parure ».

    Les « gens de mer », comme le suggère le nom d’une autre section, sont aussi à l’honneur. à travers leurs outils de travail comme des filets à épervier en cordage ou des paniers à palangrotte, mais aussi leurs habits de travail, de leur chemise en toile jusqu’à leur braïo retroussé. Autant d’évocations et mémoires d’une culture vivace dans les imaginaires, mais presque disparue, ou réservé aujourd’hui à de petits cercles, en ce qui concerne ses usages. Illustration supplémentaire de ces « arts de vivre » avec les thèmes de la bouillabaisse ou du cabanon, que de splendides services à poisson ou des photographies de l’excursionniste Édouard Cornet, revigorent respectivement dans l’histoire commune des Marseillais.

    Du mardi au dimanche de 10 à 13h et de 14 à 18h. Tarif plein : 5 euros, gratuit le 1er dimanche du mois.

  • Islande-France : Benjamin Pavard appelé en renfort

    Islande-France : Benjamin Pavard appelé en renfort

    Finalement, il y aura un joueur de l’OM en équipe de France, à l’occasion des éliminatoires de la coupe du Monde 2026.

    Didier Deschamps a en effet appelé Benjamin Pavard. Le néo – Olympien va rejoindre le groupe, qui jouera ce lundi en Islande. Il va suppléer le forfait d’Ibrahim Konaté. Le défenseur de Liverpool s’est blessé à la cuisse et a dû rentrer en Angleterre.

    C’est la seconde fois que Benjamin Pavard rejoint le groupe en cours de rassemblement. En septembre dernier, il avait été appelé suite à la blessure de William Saliba. Il va rejoindre directement la sélection à Reykjavik, sans passer par la case Clairefontaine.

  • Lucien Molino. Les victoires d’une CGT puissante

    Lucien Molino. Les victoires d’une CGT puissante

    Nous avions obtenu aussi les lois et les décrets en faveur des femmes et des jeunes, leur accordant les mêmes droits politiques et économiques avec l’abattement de 10% que, par notre action, nous avions fait supprimer. C’était pour la CGT, un grand succès pour une vieille revendication : « À travail égal, salaire égal. » Nous avons aussi obtenu un mois de congé pour les jeunes jusqu’à 18 ans et trois semaines à partir de 20 ans.

    Tout ceci s’ajoutait aux 40 heures sans diminution de salaires et aux congés payés obtenus sous le Front Populaire.

    Cette simple énumération démontre ce que les travailleurs unis ont pu arracher au patronat et à la réaction, avec une CGT puissante, avec l’alliance des ouvriers, des paysans et des républicains. Les nationalisations, les lois sociales, l’amélioration des conditions de vie, les travailleurs plaçaient la France en tête de tous les pays capitalistes sur le plan du relèvement économique et social. En 1981 et avant l’austérité de 1983, ont été imposées les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans ou avant. Aujourd’hui, en 2000, c’est-à-dire plus de trente ans après, la semaine de travail a été réduite d’une heure. Au moment où j’écris mes mémoires, je ne peux m’empêcher d’approuver la diminution du temps de travail hebdomadaire à 35 heures sans diminution de salaire. Cette orientation est tout à fait justifiée pour des militants qui gardent en mémoire comme moi les luttes de 1936 et 1968, et tous les combats du monde du travail au cours de ce siècle. L’éclairage historique contribue à mettre en lumière le caractère non seulement souhaitable, mais parfaitement réaliste, de cette réduction du temps de travail. D’autant que la productivité est en augmentation constante et que les profits atteignent des proportions scandaleuses. Voilà qui situe à sa place la proposition de la CGT : elle vise surtout à continuer dans les conditions actuelles le combat à la fois pour la valorisation du travail et pour la possibilité de participer à la vie de famille, aux loisirs, à la culture, au sport. De plus cette diminution du temps de travail que nous devons obtenir par notre lutte est efficace pour notre économie. Enfin, c’est la condition première pour créer des emplois.

    Prolétaires de tous les pays….

    15 septembre et 8 octobre 1945 : la création de la Fédération syndicale mondiale fut un événement considérable. Lorsque la CGT me désigna comme délégué à cette conférence, je ne me tenais plus de joie, il y avait de quoi pour un jeune militant ! Quelque temps auparavant, Louis Saillant, secrétaire de la CGT de passage à Marseille, m’avait expliqué les progrès de l’unité et les possibilités réelles de mettre sur pied une véritable Fédération syndicale mondiale. Et bien c’était possible !

    à suivre la semaine prochaine…

  • #DisMoiPourquoi : Qui a été le tout premier scientifique ?

    #DisMoiPourquoi : Qui a été le tout premier scientifique ?

    Cette question demande qu’on définisse ce qu’est un ou une scientifique, avant de pouvoir répondre. Si c’est quelqu’un qui se pose des questions sur le monde, puis fait des expériences ou des hypothèses pour essayer de trouver des réponses, alors le premier scientifique était sans doute parmi les tout premiers humains. Mais tu voulais peut-être savoir qui est le premier à s’être appelé “scientifique” ; et là, c’est une autre question philosophique, qui touche à la mémoire et à la dénomination. À partir de l’Antiquité, après l’invention de l’écriture, on a gardé une trace des noms et des actions humaines ; il y avait alors des “savants”. Le mot “science” existe depuis longtemps comme synonyme de “savoir”. Toutefois, le terme “scientifique” n’est apparu que récemment, depuis 150 ans, pour désigner les personnes qui se consacrent à la recherche et à l’invention avec une méthode et dans une discipline précises : chimie, biologie, économie, géographie… »

    Caroline Antherieu-Yagbasan, chercheure en philosophie AMU
    au centre Gilles-Gaston-Grange

  • [Rue de la République] Marc Pena : « Emmanuel Macron imagine une République sans le peuple »

    [Rue de la République] Marc Pena : « Emmanuel Macron imagine une République sans le peuple »

    La situation politique

    Didier Gesualdi : M. le professeur de Droit, puisque c’est votre profession d’origine, quelle confusion politique ! Comment continuer à intéresser les Français à la chose publique ?
    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on vit une crise politique grave qui peut déboucher sur une crise de régime. Ce n’est pas rien. Puisque vous parlez de ma profession de juriste, Emmanuel Macron a réuni ce vendredi les formations politiques, hormis le RN et LFI, or dans la Constitution l’article 20 nous dit que c’est le Premier ministre qui forme le gouvernement qu’il propose au président de la République. Ce n’est donc pas son rôle. Il y a de la confusion. Ce qui m’inquiète, c’est qu’en définitive, les citoyens ne comprennent plus rien. Il y a des problèmes de pouvoir d’achat, des difficultés à finir les fins de mois, 10 millions de pauvres dans ce pays… Et pendant ce temps, ils ont le sentiment d’une classe politique qui se chamaille pour des places. C’est plus complexe que ça mais il est évident que le pouvoir exécutif ne prend pas ses responsabilités, ne joue pas son rôle et imagine une République sans le peuple. Nous sommes là pour rappeler que les parlementaires, qui sont les représentants du peuple, sont bien là et doivent trouver la solution politique.

    Didier Gesualdi : Autrement dit toute l’addition est à présenter à Emmanuel Macron et à lui seul ?
    Il a fait son œuvre. C’est pour ça qu’il est aussi faible dans les sondages. Il s’entête à vouloir poursuivre la même politique, alors qu’elle a été désavouée plusieurs fois, que trois Premier ministres ont échoué, l’instabilité vient d’abord du cœur du pouvoir, d’Emmanuel Macron en particulier.

    Léo Purguette : Si Emmanuel Macron porte toute la responsabilité de la crise, doit-il partir ?
    Non. Pas par rapport à lui mais par rapport à l’institution. Il faut faire très attention aux institutions. On peut être d’accord ou pas. La fonction présidentielle est pivot. Pensez à une destitution improbable ou une démission me paraît dangereux pour la suite. Maintenant, la démission lui appartient. C’est à lui de voir.

    La Ve république

    Léo Purguette : L’hyper-présidence et des dispositions comme le 49.3 ont asphyxié la vie démocratique. Faut-il s’engager vers une VIe République ?
    Je n’ai jamais été favorable à ces institutions qui ont été faites pour un homme, le général De Gaulle, dans des circonstances exceptionnelles. L’équilibre dans cette République est largement en faveur de l’exécutif, parfois est une monarchie républicaine, et on a un Parlement, la plupart du temps, qui suit la direction du chef de l’État et donc une seule élection décide de tout. Il a vraiment des questions à se poser sur – au moins – une réforme de ces institutions. En même temps, ce sont les hommes et les femmes qui font vivre les institutions et nous avons un problème aussi de ce côté-là.

    Didier Gesualdi : D’autres pays connaissent un champ politique éclaté mais fonctionnent. On n’arrive pas à trouver des compromis en France ?
    C’est aussi dû aux institutions qu’on vient de décrire. Le chef de l’État devait avoir une majorité confortable, stable, à travers le scrutin majoritaire. Il y a eu des discussions sur la proportionnelle. Pour un véritable changement de régime, ce n’est pas le seul élément mais c’est un élément. Il faut réfléchir aux modalités, ce n’est pas pareil une proportionnelle intégrale et une proportionnelle à l’allemande, mais si on demandait aux Français de revoter, il se pourrait qu’ils élisent à nouveau trois blocs.

    Léo Purguette : Si on leur demande de revoter, êtes-vous prêt ?
    Nous, on est prêt à aller devant les Français. On ne pense pas que la dissolution soit la première solution mais on n’a jamais peur d’y aller. À nouveau, on se rassemblerait, on se mobiliserait pour éviter d’abord et avant tout l’extrême droite au pouvoir. C’est d’abord l’union de la gauche qui l’a empêché il y a un an et ensuite, le front républicain.

    Les lignes rouges

    Didier Gesualdi : Chacun a des lignes rouges mais personne ne semble se rendre compte qu’il n’a pas la majorité.
    Il y a trois blocs politiques mais 11 groupes à l’Assemblée nationale, donc il faut que chacun soit humble. Maintenant ce n’est pas parce qu’on est humble qu’on n’est pas capable de proposer, en tant que parlementaire, ce que l’on croit bon pour le pays. Je vais parler au nom du Parti socialiste : pendant que M. Macron veut se perpétuer, pendant que les Premiers ministres tombent les uns après les autres, nous, on fait des propositions pour la vie des Français, on ne reste pas les bras croisés. C’est ça un parti politique, ce n’est pas jouer les places.

    Léo Purguette : Sébastien Lecornu a reconnu que le dossier des retraites était « bloquant », Elisabeth Borne se dit ouverte à suspendre sa propre réforme. Qu’est-ce que ça dit de la situation du bloc central ? Il est en déshérence ?
    Je vais aller plus loin : il n’est plus un bloc et il n’est plus central dans la vie politique. On a des gens qui s’affolent aussi, qui se rendent compte de la réalité. Quand sur un totem comme celui-ci, la réforme des retraites, qui est la seule réforme structurelle d’Emmanuel Macron, celle qui l’a porté est capable de l’abandonner en chemin, c’est bien que ce bloc n’est plus en capacité de gouverner. Notre rôle est d’obtenir le plus possible pour le budget à venir.

    La fonction de maire

    Didier Gesualdi : Dans un contexte de crise généralisée de la politique, le lien est-il rompu aussi entre les maires et la population ?
    Je ne le crois pas. Il y a une crise de vocation des maires devant les difficultés et l’isolement qui est parfois le leur. La commune a été maltraitée dans le paysage institutionnel local. Elle devrait pouvoir retrouver plus d’autonomie, de capacité de faire. Elle est indispensable dans un certain nombre de domaines. Je crois que les Français continuent de s’identifier à leur maire. Les municipales sont une élection très importante, je crois même que la démocratie se recoudra, se reconstituera à partir du local. C’est notre histoire depuis 1789. J’en suis persuadé. Il faut pour cela, non pas des mairies d’autocrates qui se perpétuent au pouvoir mais des mairies qui ouvrent l’espace aux citoyens, où la proximité est la chose la plus importante. Ça doit permettre de proposer une autre perspective que le spectacle que l’on a au plan national.

    Les municipales

    Léo Purguette : En tant que chef de file de l’opposition de gauche à Aix, vous êtes pressenti pour conduire une liste d’union. La gauche a été en tête dans la commune aux législatives, Aix peut-elle basculer ?
    Je suis persuadé que c’est possible. Si nous sommes en capacité d’être unis, rassemblés, capables de porter un projet alternatif à celui qui est en place depuis 25 ans, cela est même, d’une certaine manière à portée de main. Si je m’engage dans cette campagne, ce n’est pas pour faire un tour de piste et témoigner ou penser, comme certains, qu’Aix serait une ville de privilégiés, immanquablement à droite… L’histoire a prouvé qu’il était possible de faire différemment à Aix-en-Provence. Les Joissains ont quand même 25 ans de pouvoir au compteur, ça use. Je suis convaincu que nous serons la seule alternative.

    Didier Gesualdi : Comment définiriez-vous ce pouvoir ? Autocratique ?
    Oui, quand vous avez eu le père, la femme et la fille, on a là une dynastie qui n’a rien à voir avec la République.

    Didier Gesualdi : Les Aixois ont voté quand même…
    Oui, enfin Sophie Joissains, n’a pas été élue directement. Elle n’est pas la seule dans le département mais c’est sa mère qui a conduit la liste. Elle n’est arrivée qu’après donc il y a un problème de légitimité. Je suis convaincu que les Aixois ont besoin d’une autre perspective. Cette ville qui a l’air d’aller bien quand on y va juste pour faire les courses ou manger au restaurant, est une ville chahutée, en difficultés par bien des aspects.

    Léo Purguette : Avec qui entendez-vous gagner ? Les difficultés de la gauche au plan national existent aussi localement ?
    Au plan local, comme national, LFI s’est mise de côté. Toutes les autres formations de gauche peuvent le dire, ce sont les insoumis qui se sont mis eux-mêmes de côté et qui, cette fois-ci, n’ont pas voulu l’union. C’est un constat que nous faisons mais on a un arc de forces très riche et très divers. Vous avez des gens de l’Après jusqu’à Place publique qui font partie de notre coalition, c’est un éventail large qui est proposé. Une gauche qui devient le centre de la vie politique aixoise. C’est autour de cela que nous travaillons à une liste représentative, pas seulement des partis mais aussi de la diversité citoyenne d’Aix-en-Provence.

    Le risque RN

    Didier Gesualdi : Le RN est très haut dans les sondages. Pourquoi est-ce pour vous un risque pour la France ? Après tout, certains disent qu’on ne l’a jamais essayé.
    On les a essayés dans l’histoire, dans les périodes les plus sombres. Le RN reste un parti profondément d’extrême droite. On a d’ailleurs une internationale d’extrême droite qui se constitue avec des régimes comme ceux de M. Orban, Mme Meloni ou M. Trump.

    Didier Gesualdi : Ça parle aux Français ça ?
    Le RN, que propose-t-il ? Notamment de revenir sur l’Aide médicale d’État au nom de la lutte contre l’immigration. Il ne va accroître que la précarité. C’est un parti qui discrimine constamment pour asseoir une politique qu’il présente comme sociale mais qui ne l’est jamais. Le RN n’a jamais été au rendez-vous des manifestations du monde du travail ni des propositions que nous avons pu faire en matière d’amélioration de la vie des Français. Il reste un parti dangereux

    Didier Gesualdi : Ça surprend qu’il n’y ait pas d’incidence des décisions de justice concernant Marine Le Pen sur le vote RN ?
    Non, c’est un vote structurel qui s’inscrit dans une crise européenne et mondiale.

    La gauche

    Léo Purguette : La gauche aussi est en crise. Il y a un an, elle était unie sans être majoritaire. Aujourd’hui, le contact est-il rompu avec la FI ?
    Il est évident qu’aujourd’hui LFI fait cavalier seul. Mais c’est de leur responsabilité. Les autres partis peuvent ne pas être d’accord sur tout mais nous discutons avec l’Après de François Ruffin, Clémentine Autain, les communistes, les écologistes et les socialistes. Les ponts ne sont pas rompus. Je pense que LFI enjambe toutes les élections en vue de l’élection présidentielle. Ce que les insoumis regardent, ce sont les sondages de Jean-Luc Mélenchon et ils mettent toutes leurs forces dans cette bataille-là, alors même qu’ils prétendent à une VIe République, ils sont dans la culture du chef à 200%. Après, si nous devons retourner aux urnes, nous verrons bien si la gauche dans son ensemble n’a pas la responsabilité très forte de se rassembler. Regardez dans les Bouches-du-Rhône, je suis le seul député non-RN hors Marseille. La gauche laissera-t-elle la main au RN ? Je n’ose y penser un seul instant.

    La question des lecteurs

    Sorf : Que proposez-vous sur les transports et en particulier pour les personnes handicapées qui manquent de mobilité pour pouvoir se déplacer ? C’est très important.
    Les personnes en situation de handicap sont des personnes comme les autres. On le dit constamment. Les choses se sont améliorées mais pas suffisamment, notamment en matière de transports en effet. À Aix, lorsqu’il s’agit du BHNS qu’il m’arrive de prendre et qui est un transport nouveau, les éléments d’accessibilité sont là. Mais en revanche, le réseau de bus aixois géré par Keolis demanderait à être rénové dans le sens de l’accessibilité. Il y a encore beaucoup à faire je crois. Il faut voir cette question de manière plus large. Les discriminations liées au handicap touchent les personnes concernées avec la même violence que les discriminations liées à l’origine, à la classe sociale, à l’orientation sexuelle… Elles doivent toutes disparaître dans notre société, c’est un combat que la gauche doit mener tous les jours. Une personne en situation de handicap qui ne peut pas accéder aux transports en commun est en réalité considérée comme un sous-citoyen. Ce n’est pas acceptable. Et puisque vous êtes lecteur de La Marseillaise, je dois dire que ce journal représente bien cette exigence d’égalité, embrasse bien l’ensemble des problèmes de la société. C’est cela que nous avons à traiter dans une République moderne, dans une démocratie mature. La gauche a la responsabilité de contribuer à émanciper les citoyens.