Tag: Marseille

  • Un coordinateur pour la campagne des Écologistes

    Un coordinateur pour la campagne des Écologistes

    Continuer la campagne malgré tout. Alors que les militants écologistes restent encore suspendus à une décision des instances après la suspension et la mise en retrait temporaire de leur chef de file désigné, Hassen Hammou, le bloc majoritaire issu de l’assemblée générale du 14 octobre dernier a décidé de lancer, malgré, tout un comité de campagne. Mandataire du chef de file, l’adjoint d’arrondissement dans les 2-3, Thomas Laffare, a ainsi annoncé, dans un courriel adressé aux adhérents et que La Marseillaise a pu consulter, qu’il assurerait « la coordination du travail de préparation de la campagne des municipales des Écologistes à Marseille ».

    « J’ai à cœur de proposer aux personnes qui le souhaitent de trouver leur place dans ce comité de campagne en cours d’élaboration », écrit-il, indiquant avoir déjà échangé avec des responsables nationaux, ainsi qu’avec la tutelle mise en place au mois de mars sur la fédération régionale du parti. Arrivée en troisième position lors de l’assemblée générale, la responsable des Jeunes écologistes, Mirabelle Lamoureux, a déjà accepté d’y participer. Une place de coprésidente du conseil politique de la campagne est aussi proposée à l’adjointe Christine Juste, arrivée en 2e position. « Pour l’instant, rien de cela n’est officiel ou validé », modère-t-elle, attendant une réunion de la tutelle, ce jeudi matin, et des consignes du national pour lancer ce travail d’organisation.

    Quoi qu’il en soit, le bloc majoritaire propose déjà d’organiser de « grandes écoutes » auprès des habitants, avant la mise en place d’un organigramme et d’outils de campagne. Ainsi que la constitution d’une liste de candidats écologistes.

  • L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    « Aux frontières du rêve et du réel, l’univers de Katia Bourdarel mêle le corps et la nature dans un voyage entre lumière et ombre, fragilité et puissance, douceur et chaos », affiche un panneau au rez-de-chaussée du Musée Regards de Provence, qui accueille jusqu’au 15 mars 2026 l’exposition de cette Marseillaise, « De fiel, de miel et de sel ». A priori, une exposition aux saveurs fades. Jusqu’à ce que notre rétine, ne s’accommode difficilement d’une série de toiles qui paraissent être des photographies au réalisme invraisemblable. Mais quelques pas en avant, permettent de voir le détail de ces peintures, parmi lesquelles Damnatio memoriae #9 et Rebelle #1. En vis-à-vis, une statue masquée par des feuillages, et le même item entièrement drapé de blanc. Presque envie de soulever ce voile tant il paraît concret. Entre le fiel et le miel, elle est peut-être là, la pincée de sel.

    « Noirceurs et soleils »

    « Inspirée par des figures mythologiques ainsi que par des textes classiques de Platon et Ovide à Apulée », indique la commissaire de l’exposition, Amélie Adamo, « l’œuvre de Katia Bourdarel nous plonge dans une exploration intime et collective de la métamorphose. Elle résonne avec nos noirceurs et nos soleils, de l’amour à la mort ». Différentes Narcisse et odalisques sont encore bluffantes de détails, tout au long d’un parcours où les nus sont légion, dévoilant chaque pli des corps et du visage. Plus l’exposition se dévoile, plus la clarté laisse place à la noirceur, comme le suggère une nuée de corbeaux suspendus en l’air. Le chemin tout tracé vers les Nocturnes métamorphoses de Katia Bourdarel qui, au son d’une musique crépusculaire, dévoilent des beautés douces-amères, assaisonnées d’un sel qui nous comprime le cœur et les artères.

  • Vacances dans un site superbe pour des enfants malades

    Vacances dans un site superbe pour des enfants malades

    Il est 10h30 et l’orage est passé, ce mercredi 22 octobre. Le soleil revient éclairer le sublime site du Château Sourire, 1 800 m2 dans 5 hectares de terrain à Sainte-Marthe dans les quartiers Nord. Depuis 20 ans, l’association Sourire à la vie accompagne des enfants atteints du cancer. Dans le château mis à disposition par Ricard après une grosse rénovation, elle a pu lancer, lundi, sa première semaine d’activités.

    Un groupe d’adolescents court avec un éducateur dans le parc. Des rires s’échappent de la grande salle du rez-de-chaussée où d’autres jeunes, enthousiastes, font du renforcement musculaire. Ils sont accompagnés de Frédéric Sotteau, le fondateur de l’association. « Il y a eu beaucoup d’excitation des enfants. Et pour nous, beaucoup de plaisir à les recevoir, voir enfin ce château qui vit, ces beaux dortoirs qui sont occupés », se réjouit-il avant d’ajouter : « Ce sont des enfants qu’on suit depuis longtemps. Et ils avaient l’air halluciné de découvrir les chambres, les appartements qu’ils ont. » Les murs blancs sentent encore la peinture fraîche. Une trentaine de jeunes ont pu poser leurs valises pour profiter d’un répit.

    « On a nagé avec des requins, incroyable ! »

    L’association occupait jusque-là le Phare Sourire à l’Estaque, mais l’espace manquait et le logement n’y était pas possible. Le château permet plus. « On est très impatient de pouvoir accueillir tous les publics en même temps. On a des gamins qui sont en post-greffe et ne peuvent voir personne, mais pour autant on peut quand même les recevoir », s’enflamme Frédéric Sotteau, « C’est merveilleux. Le gosse participe aux activités, et hop, quelqu’un vient le chercher pour un soin, et hop, il revient. »

    L’initiative est unique en France. C’est le seul lieu pour enfants qui propose des activités sportives, un suivi hors hôpital, un hébergement des familles entièrement pris en charge. Les jeunes font du sport, de l’art-thérapie, des ateliers de nutrition aidés du chef cuisinier et profitent d’un potager.

    « J’ai commencé à faire des stages d’une semaine » témoigne Lucas, 18 ans, atteint de leucémie et ayant rejoint l’association en 2021. Et de lister : « Je suis parti faire du bateau en Corse, on est parti en Polynésie un mois. Franchement, c’était incroyable ! On a nagé avec des requins. » « J’ai continué car ici tout le monde se comprend. Ça fait du bien de venir pour s’amuser et oublier un peu tout ça », conclut enfin le jeune homme.

    Le voyage est un élément central pour l’association et la prochaine destination est… la Norvège en mars ! « On fait une préparation avant de partir, beaucoup de sport durant la semaine car ça va être très physique là-bas », précise Candice, 20 ans. En rémission, elle a passé son Bafa avec l’association et sera animatrice durant le séjour norvégien. La boucle est bouclée.

    Aurélie Laborde

  • Frontières échappe aux sanctions

    Frontières échappe aux sanctions

    Un an après la vague de harcèlement subie par trois avocats marseillais jetés en pâture par le média identitaire Frontières qui les associait aux « casseurs antifas », le tribunal judiciaire de Marseille a reconnu leur mise en danger dans son délibéré rendu ce mercredi. « L’élément matériel du délit visé est caractérisé, compte tenu de la diffusion sur le réseau social X du nom et de la profession des parties civiles », indique la décision. Ceux-ci avaient témoigné, lors de l’audience le 3 septembre dernier, des commentaires haineux publiés jusque sur leurs pages professionnelles, et des conséquences sur leur vie privée. Malgré cela, la justice a décidé de relaxer le directeur de publication Erik Tegner, estimant que « l’élément intentionnel n’est pas suffisamment caractérisé ». « Les parties civiles ont accepté que leur nom et leur profession soient diffusés dans un contexte particulier dont ils avaient connaissance. Dès lors, la diffusion de cette information sur X par un média d’opinion opposée ne caractérise pas en soi la volonté de monsieur Erik Tegner de les exposer à une atteinte directe », estime la décision.

    « Quand des commentaires écrivent qu’il faut “les raser”, est-ce que monsieur Tegner ne se doutait pas que sa publication entraînerait cela ? » fait mine de s’interroger Me Léa Talrich, représentant le Syndicat des avocats de France. Et de pointer : « Ce n’est pas une réponse judiciaire que nous attendions, mais une réponse de l’état : des dispositifs doivent être mis en place pour nous protéger, nous ne pouvons pas être visés dans l’exercice de nos fonctions ! »

  • Un nouveau partenaire institutionnel dans la course

    Un nouveau partenaire institutionnel dans la course

    Jean-Michel Leclercq a pris ses fonctions de délégué régional de la Drajes de la région Sud-Paca le 1er mai dernier.

    Après avoir exploré son nouveau territoire, ce Pas-de-Calaisien de naissance a souhaité impliquer sa structure dans les diverses manifestations du Mois de l’inclusion par le sport. « C’est une de nos missions, à savoir rapprocher des publics éloignés de la pratique sportive par un incident de la vie », indique-t-il. Le choix de Marseille-Cassis coulait de source. « Il s’agit d’un événement de très haut niveau, où se côtoient des gens qui viennent pour la performance et d’autres pour se mesurer à eux-mêmes. »

    Jeunes adolescents et scolaires

    Il pense ainsi aux diverses déclinaisons de l’épreuve, comme « le Marseille-Cassis des quartiers, qui permet de sortir des gamins en difficulté en les préparant à la course dans les conditions du haut niveau. Ou cette initiative d’accompagner des patients en rémission de cancer pour les amener à prendre le départ de la course, ce qui constitue une aide non négligeable pour lutter contre la maladie ».

    Le public visé par les actions de la Drajes sont les jeunes adolescents et les scolaires. « Nous sommes dans la course pour accompagner sa dynamique, dans un domaine, le sport, qui est une activité universelle. »

    Outre Marseille-Cassis, la délégation de Jean-Michel Leclercq a également accompagné l’Algernon, où valides et handicapés partent sur un pied d’égalité dans une épreuve disputée le long de la Corniche de Marseille, les diverses courses organisées dans le cadre d’octobre rose pour la prévention du cancer du sein, ou encore les courses de la Mémoire dans le cadre du Mois de l’inclusion par le sport.

    « Nous nous sommes lancés dans le bain en utilisant des épreuves de course à pied. C’était pour lancer une dynamique », précise-t-il. « À terme, nous souhaitons que la Drajes apparaisse sur d’autres terrains. Tout au long de l’année », conclut-il.

  • Marseille-Cassis, l’ouverture et l’inclusion

    Marseille-Cassis, l’ouverture et l’inclusion

    Le Marseille-Cassis des quartiers passe la seconde. Pour la deuxième fois consécutive, cette initiative, imaginée par André Giraud et portée par la SCO Sainte-Marguerite, propose à près de 100 jeunes issus de quartiers défavorisés de découvrir l’emblématique course de plusieurs manières. « L’idée est de faire courir ou devenir bénévole des jeunes de quartiers, qui sont un peu éloignés du sport, de l’école, du monde professionnel. C’est également pour les rapprocher des mondes de l’emploi ou associatif, mais aussi mettre en avant leur don de soi » explique Laurent Manneveau, directeur sportif du club d’athlétisme de la SCO.

    La course représente donc un challenge conséquent pour toutes les personnes concernées. Mais, derrière, d’autres opportunités pourraient s’ouvrir à eux. Là est tout le principe de ce dispositif. « Ils seront ensuite invités à une opération “Stade vers l’emploi”. C’est-à-dire faire du sport avec des chefs d’entreprise, personne ne sait qui est qui et à la fin il y a un job dating pour, peut-être, décrocher un emploi », synthétise Laurent Manneveau.

    Parrainé par le champion du monde Jimmy Gressier

    Les instigateurs de ce Marseille-Cassis des quartiers sont aussi heureux de voir le nombre de participants augmenter d’une année sur l’autre. Ce nombre a quasiment doublé, avec une présence féminine accrue pour cette « aventure humaine », version 2025. Ces jeunes ont notamment été conseillés par l’Epide, l’École de la 2e chance ou encore l’Entreprise éphémère, des instituts de formation pour les adultes.

    Vendredi, à 18h, ils entreront réellement dans le vif du sujet avec la remise des dossards pour la course. Ils seront attribués par un invité spécial, que présente le directeur sportif de la SCO Sainte-Marguerite. « Jimmy Gressier va leur remettre les dossards. C’est très bien, je trouve, car lui aussi vient d’un quartier défavorisé, même si ce n’est pas de Marseille mais de Boulogne-sur-Mer. Il a suivi le même parcours, le sport a été un tremplin pour lui. » Champion du monde du 10 000 mètres et médaillé de bronze sur 5 000 m, le mois dernier, le Nordiste participera aussi à la course. Il courra avec sa compagne, Aude Clavier, elle aussi athlète de l’équipe de France.

    Rattaché au Mois

    de l’inclusion

    Cette initiative n’aurait pas été possible sans André Giraud, figure du sport marseillais et ancien président de la Fédération française d’athlétisme (2017-2025). Le Marseille-Cassis des quartiers s’inscrit désormais dans le Mois de l’inclusion, créé cette année, pour combler un vide persistant. « Il est né d’un coup de colère. J’ai en partie participé à la construction des Jeux de Paris, surtout sur le côté héritage. Quand les JO se sont finis, il y a un peu plus d’un an, on parlait beaucoup d’héritage, mais il n’y avait pas beaucoup d’actions » lance Giraud, lui-même enfant des quartiers Nord de la ville et natif des Rosiers (14e). Ce dernier a même été professeur de maths dans son quartier d’origine.

    Le mois d’octobre, dans la cité phocéenne, est à caractère sociétal avec des événements liés à la course à pied (Algernon, Marseille en rose, la course pour la mémoire…). Une première édition qui n’en appelle pas une autre puisque le but est d’ancrer l’inclusion sur toute l’année, pour André Giraud : « À l’origine, j’ai contacté les organisateurs de ces événements qui ont tous adhéré au projet. Il ne faut pas s’arrêter là, fédérer d’autres associations et faire vivre l’inclusion. » Marseille, à jamais la première, car aucune autre ville en France ne s’est investie autant sur la mixité et l’inclusion, qui plus est par le sport.

  • Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Une foule de jeunes engagés a envahi, mercredi soir, le hall de l’Alcazar (1er), à l’occasion de l’ouverture des traditionnelles Semaines de l’engagement associatif, cette année organisées du 22 octobre au 6 décembre. Devant l’auditorium de la plus grande bibliothèque de la ville, les jeunes bénévoles marseillais sont passés tour à tour derrière un appareil automatique, repartant avec un cliché imprimé que, peut-être, ils colleront sur le passeport bénévole qu’ils viennent d’acquérir.

    Pour lancer les Semaines de l’engagement, événement mis en place par la Ville de Marseille, en partenariat avec de nombreuses associations locales, Ahmed Heddadi, adjoint au maire en charge de la Vie associative (PM), a en effet remis à plusieurs associations un lot de passeports bénévoles nominatifs. « L’objectif de ce support est que les associations valorisent et reconnaissent l’engagement du bénévole, en mettant en avant les compétences qu’il ou elle a acquises et développer au cours de son expérience dans l’associatif », détaille la représentante de France Bénévolat Marseille, collectif d’associations créateur du passeport bénévole en 2007. Elle ajoute : « Nous recommandons que le document soit remis lors de petite manifestation solennelle, comme c’est le cas aujourd’hui. »

    Le passeport se matérialise sous la forme d’un petit livret qu’il est possible de remplir progressivement. Aussi imaginé pour permettre aux bénévoles de prendre conscience du temps qu’ils ont dédié à leur engagement associatif, le document est pensé pour être complété par les présidents d’associations, en présence du bénévole concerné. « En revenant sur toutes les heures qu’il a passées à travailler pour l’association, le bénévole se réapproprie les compétences qu’il a développées et aura ensuite moins de mal à les mettre en valeur pour une demande d’embauche, par exemple », insiste la représentante France Bénévole Marseille.

    Florilège d’engagements

    Lutte contre la discrimination et le racisme, soutien aux étudiants en situation de précarité, cours de français gratuits, aides administratives aux familles démunies, réseau d’accueil de mineurs non accompagnés ou cours de musique, les causes défendues par les associations présentes mercredi soir à l’Alcazar sont presque aussi nombreuses que ceux qui les portent. Dans l’auditorium de la bibliothèque pour cette ouverture des Semaines de l’engagement : Action Bomaye, le centre social de la Martine, le conseil municipal des jeunes, Donne-moi ta chance, Espoirs étudiants, IMSP, Kipawa, la Ligue de l’Enseignement, Marseille Bénévolat, Ramina, Restons solidaires ou encore Voix d’artistes.

    « C’est une bonne manière d’ouvrir les Semaines particulières, qui ont pour objectif de sensibiliser sur les valeurs de l’engagement, fraternité et lien social, car cela permet de valoriser ceux qui travaillent et donnent de leur temps », explique Ahmed Heddadi. Le 4 novembre sera la prochaine échéance des Semaines de l’engagement, avec une conférence-débat organisée sur le thème de l’engagement comme levier d’insertion professionnelle.

    TÉMOIGNAGES

    Josiane, 24 ans, bénévole pour Marseille Bénévolat

    J’ai choisi Marseille Bénévoles parce qu’ils interviennent sur des événements qui rassemblent beaucoup de monde et j’avais besoin de rencontrer de nouvelles personnes. C’était l’occasion de passer de bons moments tout en aidant. J’ai appris beaucoup sur l’esprit d’équipe avec des personnes qui ne se connaissent pas mais qui évoluent en harmonie pour aider d’autres personnes.

    Chaina, 21 ans, présidente de l’association Espoir étudiant

    Notre mission c’est d’aider les étudiants en situation de précarité. On distribue des colis alimentaires, on fait des vide-dressings, des collectes pour les redistribuer par la suite. On écoute les étudiants, on est là pour eux. J’ai choisi d’aider car je pense qu’on peut tous se retrouver dans une situation compliquée un jour dans notre vie. C’est une démarche de solidarité.

    Ibrahim, 15 ans, bénévole pour la Ligue de l’enseignement

    Je suis bénévole pour une junior association de la ligue qui a été créée par des amis à moi. On y fait de l’éducation populaire, de l’éducation à la citoyenneté. J’ai gagné énormément d’expérience. Ça m’a ouvert des portes. Ça m’a permis de découvrir ce que je voulais faire plus tard, c’est-à-dire un métier en lien avec l’informatique, que j’aimais déjà, et la politique, que j’ai découverte.

    Jinane, 23 ans, bénévole pour Restons solidaires

    C’est dans le cadre de ma recherche d’emploi que j’ai découvert l’association. Elle m’a beaucoup aidée, j’ai appris à construire un CV, à rédiger une lettre de motivation. Ça m’a beaucoup touchée et j’ai donc décidé d’à mon tour de devenir bénévole. J’ai appris à aider les gens et j’ai été confrontée à beaucoup de situations difficiles, avec des gens qui n’avaient plus de vie sociale, qui ne parvenaient plus à payer leurs factures…

  • [Entretien] Pierre Dharréville : « La Maison de la culture, repaire pour une culture populaire »

    [Entretien] Pierre Dharréville : « La Maison de la culture, repaire pour une culture populaire »

    La Marseillaise : Que vous inspire la figure de Pierre Ambrogiani ?

    Pierre Dharréville : Un grand peintre populaire qui a justement cherché à représenter le peuple, à lui donner toute sa place. à titre personnel, je me rappelle de la toile magnifique d’Ambrogiani qui était dans le bureau de la direction de La Marseillaise [Il a été président du journal entre 2015 et 2017, Ndlr]. Ne l’ayant pas connu, c’est le contact le plus intime que j’ai pu avoir avec lui.

    Il a notamment participé à la création et à l’aventure de la Maison de la culture de Marseille, établie en 1936 au 68, rue Sainte…

    P.Dh. : Dans les années 1930, au niveau national, un certain nombre d’artistes ont envie de se rencontrer et sont préoccupés par la situation politique nationale et internationale. Il y a des initiatives diverses, comme la création de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires en 1932. Puis, surviennent les émeutes du 6 février 1934 (la manifestation antiparlementaire organisée par des ligues d’extrême droite provoque 15 morts et plus de 1 000 blessés), qui sont un mouvement déclencheur de l’engagement de beaucoup de gens. Le milieu artistique n’y fait pas exception. C’est dans ce contexte que l’association essaye de prendre de l’élan. à Paris, elle a besoin d’un nouveau siège car ses actions se développent. C’est à cette occasion que la première Maison de la culture est créée, en 1935. Elle va rapidement devenir un lieu de foisonnement, un centre de convergences, là où se croisent et s’installent les associations du cinéma indépendant, du théâtre indépendant, des amis des musées, des peintres… Un peu partout dans le pays, des cercles culturels se forment. C’est dans ce cadre que naît la maison de la culture de Marseille, la deuxième maison à voir le jour en France, avant bien d’autres.

    Quels buts étaient poursuivis par les Maisons de la culture ?

    P.Dh. : D’abord, regrouper les spécialistes des arts et des lettres pour défendre la culture. Puis, permettre la rencontre entre le peuple et les artistes. Une double dimension qui est finalement l’un des vecteurs de la montée en puissance du Front populaire. Une épine dorsale. La Maison de la culture de Marseille a, par exemple, connu une belle inauguration avec la présence d’Aragon et une exposition autour de Daumier. Avec une foule importante pour y assister. Cette maison va vivre et organiser des rencontres. Elle deviendra un repaire pour une culture populaire.

    C’est le régime de Vichy qui signe sa fin ?

    P.Dh. : Lorsque le PCF est interdit en 1939, d’autres organes le sont avec lui. Identifiées comme organes du Front populaire, les Maisons de la culture sont prises pour cibles et les journaux pétainistes parlent d’« établissements d’empoisonnement intellectuel ».

    Les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) sont-elles les héritières des Maisons de la culture ?

    P.Dh. : On peut dire qu’il y a une parenté car il y a un esprit d’éducation populaire. à l’époque, elles organisent la rencontre, la pratique du théâtre, de la peinture. L’idée n’est pas seulement de faire parler les grands artistes, même s’il y a bien sûr des événements, spectacles et conférences. Après guerre, les Maisons de la culture ont ressurgi en 1959 sous l’égide d’André Malraux, mais de manière plus institutionnelle. C’est l’une des choses que l’on retient de son mandat au ministère de la Culture.

  • Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Le réseau de bus marseillais est-il en train de craquer ? C’est le ressenti de beaucoup d’usagers et de traminots depuis la rentrée de septembre. Bus qui ne passent pas, largement en retard ou dans un état « catastrophique », les critiques contre le service rendu par la Régie des transports métropolitains (RTM) sont de plus en plus nombreuses.

    « Ma fille attend le 10 en direction des Caillols depuis une heure ! Aucun bus n’est passé ! », témoigne Sabine, sur les réseaux sociaux, avant de remercier ironiquement la RTM pour « le bus fantôme des Caillols tous les matins ». Des bus fantômes, c’est aussi ce que pointe la CGT RTM, dans une communication assassine à l’endroit de leur direction, en date du 16 octobre. Le tableau que dresse l’organisation syndicale fait froid dans le dos : « Certains bus sont dans un état d’épaves, désastreux. Plus de pare-chocs, trappes ouvertes, pare-brise fissuré. »

    La liste est évidemment non exhaustive, mais c’est surtout la face visible d’un iceberg bien plus alarmant pour les transports en commun marseillais : « Le pire, ce n’est pas seulement l’état, mais le manque de matériel, nous n’avons plus de bus pour faire tourner le réseau correctement, et ceux qui restent tombent en panne (avaries, incidents techniques, fuites etc…) et ne peuvent pas être réparés. » Le constat est sans appel du côté des représentants des traminots : « Des tours délestés, des lignes amputées, des usagers en colère, des chauffeurs épuisés, un centre de régulation essoufflé. »

    « Il y avait 185 véhicules immobilisés »

    Nicolas Ruiz, secrétaire général de FO RTM, développe : « Pendant des mois, sur de grandes lignes comme la 32, on avait la moitié des bus effectifs, avec donc des retards conséquents. » « Tous syndicats confondus, on reproche la mise en fonction de nouvelles lignes à la rentrée, la B3, B4 et B5, alors qu’on n’était pas prêts, on n’avait pas assez de bus. » La CGT pointe également une ligne B3, qui relie Saint-Jérôme et Château-Gombert, « à bout de souffle » avec des « temps de parcours irréalistes » et demandait des véhicules supplémentaires. « Au gros de la crise, il y avait 185 véhicules immobilisés, aujourd’hui c’est moins de 100 », abonde Nicolas Ruiz, qui cite des exemples de bus roulants malgré la présence de « voyants rouges » au tableau de bord.

    Contactée, la RTM ne nie pas les difficultés récentes. « La RTM a rencontré, depuis la rentrée de septembre, des difficultés de disponibilité de son parc autobus sur le réseau de Marseille, qui ont eu un impact sur les fréquences de passage. […] En septembre, le taux d’indisponibilité du parc était de l’ordre de 5% », explique la Régie. Une indisponibilité « qui peut apparaître relativement faible, mais qui est pour autant directement perceptible par la clientèle ».

    La RTM reste positive : « La situation est aujourd’hui en très nette amélioration avec un service très proche de l’offre nominale. » Elle en veut pour preuve le recrutement de « 22 opérateurs de maintenance pour accélérer la réparation des véhicules immobilisés ». Et renvoie surtout sur la livraison de bus électriques Iveco, qui a du retard, mais dont « la totalité devait être livrée au 1er semestre 2025 ». Avant de conclure : « Daimler Buses France (Mercedes) a remporté l’appel d’offres portant sur un ensemble de 200 bus articulés 100% électriques, qui devront être livrés à partir de l’automne 2026. »

  • La Bonne Mère équipée d’un paratonnerre de dieu !

    La Bonne Mère équipée d’un paratonnerre de dieu !

    La restauration de la statue de la Bonne Mère mobilise de nombreux corps de métiers. Il en est un méconnu et de première importance : l’installateur des paratonnerres. Olivier Heintz, 42 ans, dirigeant de la société Protibat Sud basée à Aubagne, a renouvelé le dispositif de paratonnerres qui équipe la couronne de la statue de la Vierge. Il a également équipé l’église des Réformés, la cathédrale de la Major et celle de Saint-Sauveur à Aix-en-Provence, mais aussi des usines, des administrations.

    L’homme connaît parfaitement la cinétique des orages, les variables de polarité, d’intensité et surtout le monument à protéger. « Depuis tout petit, je viens ici. J’ai eu la chance de pouvoir monter avec mon père dans la structure et de l’accompagner pour l’entretien régulier des paratonnerres. » L’entreprise familiale a installé, il y a 35 ans, le précédent modèle qui était doté d’antennes radioactives et de panneaux photovoltaïques. Les nouvelles normes interdisent cette présence de radium 226, qui était censée augmenter la conductivité électrique autour des pointes. La Bonne Mère est désormais dotée d’un Pulsar à dispositif d’amorçage de la société française AAB-Helita.

    « Tout se joue

    en 30 millisecondes »

    « La couronne est équipée de quatre pointes captrices de 30 cm, détaille Olivier Heintz. Quand le dispositif électronique interne détecte une montée du champ électrique ambiant, des générateurs s’activent et génèrent l’amorçage d’un arc ascendant, une impulsion électrique haute tension pour éviter le risque d’impact direct de la foudre sur la structure protégée. » Le paratonnerre central de 2 mètres, qui surmonte la couronne, anticipe la foudre et déclenche un rayon ionisant ascendant de protection qui va attirer le traceur descendant du nuage et canaliser la foudre à son point de rencontre. « Tout se joue en 30 millisecondes. La foudre, c’est une décharge de 100 000 à 200 000 ampères qui disparaît aussi vite. »

    Et la Bonne Mère prend régulièrement la foudre. En 30 ans, le compteur de l’ancien paratonnerre a dénombré 980 impacts sur la Vierge, soit 30 par an. La foudre, c’est une énergie soudaine et colossale. Des études ont montré qu’au point d‘impact, la température atteint 30 000 degrés, cinq fois la surface du soleil. « Il n’y a eu aucun dommage sur la statue, qui est entièrement en cuivre galvanisé et sert de conducteur. En retirant l’ancien paratonnerre, on a vu que les pointes étaient noircies avec des coulures de métal par endroits », explique Olivier Heintz.

    Toutes les pointes et masses métalliques en toiture sont interconnectées et raccordées entre elles avec des conducteurs de descente sur les façades et toute la croix du dôme pour écouler les courants dans le sol. « Mon père avait fait des maillages conducteurs périphériques en cuivre qui sont enterrés sur des centaines de mètres sous les parkings de la basilique car sur un sol rocailleux la conductivité est mauvaise. »

    Le réseau européen de détection de la foudre (ELDN) a décompté 46 131 éclairs, l’an dernier, en région Paca. La commune d’Arles a même été la plus foudroyée de France avec 489 impacts au sol (nombre d’éclairs nuage-sol par km² et par an) et un point d’orgue atteint le 21 juillet 2024 qui a concentré 165 éclairs en 24 heures. « Depuis une dizaine d’années, on voit des coups de foudre qui dépassent largement les 200 000 ampères », observe M. Heintz. « En juillet dernier, on a eu des coups de foudre sur le plateau de Signes de 320 000 et 450 000 ampères. C’est d’une intensité incontrôlable. Le moindre impact occasionne de très gros dégâts. »