Tag: Marseille

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.

  • Il est encore temps d’agir pour le vivant

    Il est encore temps d’agir pour le vivant

    S’inspirer du vivant, comme le promeut le rendez-vous Biomim’expo et les signataires de l’appel du Pharo à Marseille, c’est avant tout lui rendre justice. C’est rétablir la balance d’un déséquilibre abyssal au détriment de la nature.

    Car la destruction silencieuse de la biodiversité continue. Des données scientifiques sont sans appel et disent l’urgence absolue d’arrêter de faire la guerre au vivant et à notre environnement au risque de périr avec lui. Le Muséum national d’histoire naturelle le rappelle notamment à propos du déclin de 70 à 80% des insectes constaté depuis ces vingt dernières années. « Nous pouvons encore agir pour l’arrêter », prévient tout de même le Muséum. Car il est encore temps. Pour les promoteurs du biomimétisme (mimer le vivant pour trouver des solutions aux maux de notre temps), il est impératif en priorité de prendre conscience de la puissance du vivant et de sortir de notre système de prédation à son endroit.

    Changement d’échelle

    Car faune et flore ont beaucoup à nous apprendre et sont sources d’inspiration. Mais le changement d’échelle est à penser. L’exception de certaines expériences et démarches vertueuses doit devenir la norme. Pour cela, il faut investir dans le vivant et la biodiversité. À ce titre, la tenue dans ces prochains jours de la conférence des parties sur le changement climatique, la COP30, à Belém au Brésil, aura le mérite de remettre le vivant sur le devant de la scène et au cœur du débat public. Des mesures systémiques au niveau mondial sont nécessaire. Et pour cause : le vivant, comme le capitalisme, n’a pas de frontières. Pour faire triompher le premier, il faut s’attaquer au second.

  • Un agent du Samu social révoqué pour cumul d’activités

    Un agent du Samu social révoqué pour cumul d’activités

    Un agent technique du Samu social de Marseille a été définitivement révoqué, cet été, pour fautes au terme d’une procédure disciplinaire engagée pour « cumul d’activités non autorisées et réitérées ». Le juge des référés du tribunal administratif l’a débouté, la semaine dernière, de sa requête en suspension de l’arrêté du 1er août 2025 pris par le maire de Marseille le révoquant avec effet au 1er septembre, considérant qu’il n’y avait pas de caractère disproportionné dans la sanction.

    Il est reproché à ce fonctionnaire de catégorie C, recruté en 2002 par la commune de Marseille et qui exerçait depuis 2019 les fonctions d’agent d’intervention du Samu social, d’avoir exercé des activités de voyance tarifée, de massage Zen pour hommes et d’astrologie/médium au cours des années 2024 et 2025 et produit des attestations et déclarations mensongères à sa hiérarchie.

    Pour justifier la révocation, la commune souligne que M. Philippe H. a commis des « manquements volontaires et persistants à plusieurs de ses obligations », que les activités de cumul non autorisé l’étaient en continu, pendant son temps de travail, mais aussi pendant son congé de maladie et durant le temps partiel thérapeutique dont il a bénéficié, et qu’elles ont eu des conséquences sur son activité professionnelle. La commune ajoute qu’il a montré une « insubordination persistante », rompu le lien de confiance avec son employeur et porté atteinte à l’image de la collectivité, alors que la commune lui a laissé l’opportunité de se conformer à ses obligations à plusieurs reprises.

    Pour rappel, l’ancien maire Jean-Claude Gaudin, l’ancien chef de service du Samu social René Giancarli et cinq autres hauts fonctionnaires ont été condamnés en mars 2022, sur reconnaissance préalable de culpabilité, pour détournement de fonds publics par négligence, à des peines d’emprisonnement avec sursis et d’amende pour certains dans une procédure pénale initiée en 2017 sur des « situations atypiques » dans le temps de travail et l’octroi d’heures supplémentaires décorrélée de l’activité réelle d’agents du Samu social.

    En février 2025, l’Agence française anticorruption a recommandé à la commune de Marseille de veiller à la bonne appropriation par les agents de la réglementation sur le cumul d’activités.

  • Arthur Vermeeren, prodige qui doit jouer des coudes

    Arthur Vermeeren, prodige qui doit jouer des coudes

    Alternant entre le banc de touche et quelques apparitions furtives lors de ses premiers pas à l’OM, Arthur Vermeeren (24 ans) a récemment pris du galon.

    Depuis sa première titularisation sous les couleurs olympiennes face à l’Ajax, en Ligue des Champions, le milieu de terrain des Diables Rouges a de nouveau été aligné dans le onze de départ marseillais contre le Sporting et le RC Lens. Et même si les résultats n’ont pas été ceux escomptés, le joueur prêté par le RB Leipzig pour la somme d’1,5 million d’euros a su se démarquer grâce à ses qualités d’anticipation, de placement et de relance, avec un sens aiguisé du jeu vers l’avant. « C’est un joueur fort, c’est le présent et le futur de l’OM », lançait Roberto De Zerbi, conscient que le club olympien peut à tout moment activer la clause d’option d’achat de 20 millions d’euros pour qu’Arthur Vermeeren devienne Marseillais.

    Mais l’ancien prodige d’Antwerp, comparé à Pedri par Swann Borsellino, ancien rédacteur en chef du magazine So Foot, doit d’abord trouver sa place dans le cœur du jeu phocéen, victime d’une rude concurrence. « Contre Paris ou Metz, je pense que vous avez apprécié la performance de Højbjerg, un très grand joueur. À Lisbonne, j’ai choisi O’Riley pour apporter un peu plus de force dans les transitions et la relance. Arthur progresse beaucoup, il a une très bonne attitude et il jouera de nombreux matches », prévenait l’entraîneur italien, persuadé que Vermeeren « a encore une très grande marge de progression ». « Sur le terrain, il faut qu’il réussisse à être plus patron de l’environnement qui l’entoure. S’il devient moins timide en dehors des terrains, il pourra augmenter son rendement sur le terrain », ajoutait le professeur De Zerbi, qui joue les chimistes en tentant de trouver l’atome qui s’associerait bien avec le Belge. « On pourrait penser que l’effervescence de l’OM ne colle pas à sa personnalité, mais il n’est pas du tout un panic buy puisque son profil colle parfaitement à ce que veut De Zerbi », estimait le gardien tricolore Jean Butez, coéquipier de Vermeeren à Antwerp.

    Condamné à être

    un « super sub » ?

    Pour l’instant, le tandem Højbjerg-Vermeeren, visible lors de la bonne première mi-temps face au Sporting Portugal, a pris le pas sur celui avec O’Riley, dont le duo n’a pas fait des étincelles sur la pelouse du RC Lens. Parmi la multitude de combinaisons possibles, celle qui a le plus prouvé reste l’association de Pierre-Emile Højbjerg et Matt O’Riley, dont les profils sont plus complémentaires et les relations sont plus fortes, compte tenu de leur entente avec la sélection danoise.

    Cette situation ferait d’Arthur Vermeeren le « super sub » du milieu olympien. Une position qui lui permettrait quand même d’avoir du temps de jeu, dans une saison XXL entre les journées de Ligue 1, les rencontres de Ligue des Champions et les tours de Coupe de France. Et pour l’instant, l’ex-pensionnaire de l’Atlético Madrid profite de la méforme d’Angel Gomes, un milieu qui possède l’avantage de pouvoir évoluer devant le double pivot Højbjerg-O’Riley.

    Retour de la rumeur Dani Ceballos à l’OM

    Selon le média sportif espagnol Fichajes,le Real Madrid étudierait la possibilité de prêter, en janvier, le milieu de terrain Dani Ceballos à l’OM, avec option d’achat obligatoire de 7,5 millions d’euros, plus 500 000 euros de variables, avec 5% à la revente conservés par le club espagnol. Pour le moment, aucun accord n’a été établi entre les deux parties. L’international espagnol, passé par Arsenal notamment, avait déjà fait l’objet de convoitises du club olympien lors du dernier mercato estival, où Pablo Longoria avait reconnu être « vraiment intéressé » à l’idée de le recruter. Sous contrat jusqu’en 2027 avec les Merengues, Ceballos a joué 329 minutes sur les 13 premiers matches de la saison, toutes compétitions confondues.

  • À Aix, Ted Huffman prends les rênes du Festival d’art lyrique

    À Aix, Ted Huffman prends les rênes du Festival d’art lyrique

    Parmi les huit noms en lice pour reprendre la tête de l’événement à rayonnement international, c’est celui de Ted Huffman, scénariste et metteur en scène américain, qui a été choisi à l’unanimité. Il prendra officiellement ses fonctions à compter du 1er janvier prochain pour un « mandat » d’une durée de 5 ans. «Ted Huffman mettra en œuvre la programmation élaborée par (Pierre Audi) au titre de l’édition 2026 et, pour partie, de l’édition 2027. Il initiera dès à présent la conception artistique et stratégique des éditions 2028 et suivantes», annonce le Festival, dans un communiqué. Ted Huffman « conjugue l’audace de la création contemporaine et l’innovation artistique tout en ayant une connaissance approfondie du Festival, de ses histoires et de ses valeurs », réagit dans la foulée Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. Cette nomination est aussi un hommage à la vision de Pierre Audi, qui a programmé Ted Huffman à plusieurs reprises ces dernières années.»

  • À la Major, tutoyer les cieux avec le sculpteur Marcoville

    À la Major, tutoyer les cieux avec le sculpteur Marcoville

    Pour nos déchets, il y a une vie après la vie. Et ressuscités par la poésie de l’illusionniste Marcoville, ils s’en retrouvent sublimés. À la Major, qui a séduit l’artiste par son implantation face à la mer et offre depuis le 25 octobre un écrin majestueux à sa nouvelle exposition, les visiteurs sont aux anges.

    La sacristie fait école

    Dès le seuil de l’édifice religieux franchi, le caractère le spectaculaire et monumental de l’œuvre éblouit. Les colonnes romano-bizantines se déploient en une forêt de palmiers et autres essences exotiques qui grimpent à 5 mètres de haut. Une procession de 600 anges en verre transparent sablé et or prend son envol, le long de la nef. Grandeur nature, 50 madones revêtues de dentelles translucides ou de drappés dorés et colorés veillent devant l’autel, sur un banc de 30 000 poissons en verre irisé qui s’élèvent vers le ciel en une nuée étincelante de 30 mètres de haut. Enfin, transcendance du geste du plasticien, lorsque les rayons du soleil couchant embrasent les vitraux de la Major, l’œuvre prend les allures d’un hymne à la foi.

    Exposer cet artiste hors norme, c’est une première pour la cathédrale Sainte-Marie Majeure. Comme c’est une première pour Marcoville d’exposer à Marseille. Le projet, soutenu par Michel Pezet, devait être programmé dans le cadre de Marseille Capitale culturelle européenne en 2013. Il fut ajourné. Et, après avoir investit L’église Saint-Julien de Tours ou Notre-Dame de Fourvière à Lyon, ses « Lumières célestes » descendent sur Marseille.

    C’est que le sculpteur de 86 ans est patient. Autant qu’il faut l’être depuis 50 ans qu’il récupère, cisaille, brise, raye, rouille, sable, colorie, peint, empile, assemble ou colle des milliers de morceaux de verre. Dans son atelier il transfigure chacun de ces débris à la main, grâce à des techniques, parfois complexes, de sa propre invention. Prennent alors naissance des petits poissons, des baobabs, des danseuses de french cancan ou des vierges à l’enfant qui iront alimenter ses compositions.

    Soutenu par la plateforme culturelle Pour que Marseille Vive, le projet s’accompagne d’un volet éducatif : l’artiste ira visiter des établissements scolaires pour expliquer aux écoliers l’importance du recyclage et comment l’art peut naître du rebut.

  • Lucas Colombin, l’âme d’un oiseau migrateur

    Lucas Colombin, l’âme d’un oiseau migrateur

    Il a préféré retourner au bercail. Après avoir évolué la saison dernière sous les couleurs de Gap, Lucas Colombin (23 ans), ancien pensionnaire des Spartiates de Marseille, a choisi de revenir chez les Pionniers de Chamonix, son club formateur. « Je n’ai pas eu trop de soucis à m’intégrer, ça s’est fait facilement, c’est une petite ville et je connaissais déjà pas mal de joueurs », note l’attaquant originaire de Sallanches, en Haute-Savoie. Depuis son retour, les Chamoniards alternent les contre-performances et les excellentes prestations.

    « On se cherche encore beaucoup, on manque de réussite, donc ça reste plutôt très mitigé, pour l’instant, en termes collectifs », souligne Colombin. Ce dernier profite des blessures pour avoir un temps de jeu conséquent. En neuf matches disputés, il a inscrit deux buts et délivré une passe décisive. « J’ai un peu du mal à démarrer, mais j’ai quand même pas mal d’occasions et tout, donc c’est un peu frustrant de ce côté-là », ajoute-t-il.

    Arrivé au bon moment

    Après avoir concédé le premier round, la semaine passée (défaite 8-2), Lucas Colombin retrouve de nouveau les Spartiates de Marseille, ce mardi (20h05) à domicile, club dans lequel il a débarqué lors de la saison 2023-2024. « C’était une très belle surprise, parce que moi, à la base, quand j’arrivais à Marseille, l’objectif était de se maintenir en Ligue Magnus. On s’attendait à vraiment jouer le maintien et, au final, on fait une très belle saison, parce qu’on finit cinquième », raconte celui qui n’aura vécu qu’un seul exercice dans la cité phocéenne. « J’étais un peu en discussion avec Marseille, mais je voyais que ça avançait pas trop. Et de l’autre côté, j’ai Gap qui m’a rappelé qu’il y avait un peu un nouveau projet, avec un bon rôle où on me proposait beaucoup plus de temps de jeu que j’aurais eu à Marseille », souligne Colombin.

    Il espère désormais faire « une grosse saison » à Chamonix, retrouver le chemin des playoffs avec les Pionniers, avant de songer à s’installer durablement dans un club compétitif.

  • [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    Isabelle Merle, organisatrice de l’évènement et historienne au CNRS, spécialiste de l’histoire coloniale de Nouvelle-Calédonie, a répondu aux questions de La Marseillaise.

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette réunion publique maintenant ?

    Isabelle Merle : Car les trois militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), accusés d’avoir été commanditaires du mouvement social de mai 2024, ont été libérés de leur astreinte à rester en France. C’est l’opportunité d’alerter sur la situation de la Nouvelle-Calédonie, avant qu’ils ne repartent. Pour qu’ils nous donnent leur point de vue sur le processus de passage de l’accord Bougival avec la loi sur le report des élections provinciales [étudiée en commission parlementaire mixte depuis ce lundi, Ndlr.].

    Si la loi passe, les élections devraient se tenir en juin 2026 au lieu du 30 novembre 2025. En quoi ce report pose-t-il problème ?

    I.M. : Ces élections sont très importantes, parce qu’elles permettent d’élire les membres des assemblées de province et du Congrès. Si la loi passe, ce serait la troisième fois qu’elles sont reportées. Les élus auront donc un mandat qui aura excédé deux ans, car ils ont été élus en 2019. Le pays a besoin d’un souffle démocratique et d’avoir des représentants légitimés par une nouvelle élection. Car les élus du Congrès vont porter le processus d’organisation du référendum sur l’accord de Bougival, qui n’est pas consensuel.

    Pourquoi cet accord, signé le 12 juillet dernier, ne fait-il pas consensus ?

    I.M. : Une partie du FLNKS le rejette. Il a été extrêmement critiqué sur la forme : insuffisamment préparé, insuffisamment négocié, passé dans des conditions de contraintes fortes, ce qui a entraîné le retrait du FLNKS. Ce texte est aussi problématique sur le fond : il propose un État, mais sous un fort contrôle de la France, crée une nationalité, mais indexée à la française, ce qui en fait une nationalité subalterne. Le dégel du corps électoral est aussi prévu dans cet accord. Les indépendantistes ne sont pas opposés à la discussion sur un élargissement des électeurs, mais se le voir imposer par Paris sans négociation est problématique, car le dégel ne fait pas consensus.

    Maintenir la date des élections provinciales est donc important ?

    I.M. : Le pays a besoin de ce souffle démocratique pour apaiser les tensions. Sans cela, cet accord de Bougival sera pris comme un passage en force. Plus on restreint les formes de contestations démocratiques, plus elles risquent de s’exprimer autrement. Les braises sont encore chaudes dans l’archipel.

  • L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    Et si on regardait la nature autrement ? « Le grand salon-showroom innovation & biodiversité », pose ses valises au palais du Pharo, ce mardi, pour sa 9e édition. Une première à Marseille. Biomim’expo, en quelques chiffres, c’est 3 000m2 d’expos, un showroom accueillant près de 130 exposants, plus de 80 conférenciers, vingt fresques et ateliers et près de 1 500 participants attendus pour cette journée. L’idée : fédérer chercheurs, entreprises et citoyens autour d’une idée simple : la nature est notre meilleure alliée pour inventer un futur durable.

    Si le prix d’entrée (30 euros grand public, 15 euros étudiants, 9 euros scolaires) est hésitant, le pitch est, lui, séduisant : « Les constats et alertes ne suffisent plus, le monde a besoin de solutions, de projets, de perspectives, de vie. Depuis 3,8 milliards d’années, le Vivant est champion de la transition et de l’adaptation continue. Basée sur les sciences et la recherche, la bio-inspiration propose d’en tirer leçons et idées pour des activités humaines plus respectueuses et pérennes. »

    Un cycle de neuf conférences sur l’intelligence artificielle, le climat et les océans, le sport, les villes comme territoires de résilience, ou encore l’agriculture du futur viendront alimenter une grande plénière tout au long de la journée, avec des exemples concrets à l’appui. La présentation du projet MaiOasis, une ferme pilote, autonome, agrobiologique à but social et solidaire sur l’île de Maio au Cap Vert, qui invente « une agriculture presque sans eau sur un territoire touché par des sécheresses à répétition », en sera l’un des points d’orgues.

    De l’art du Mycélium

    Au fil des allées, les visiteurs découvriront une multitude d’initiatives (publiques et privées), de prototypes, maquettes, objets, cartes, matières… Tous seront support à une galerie démonstrative et immersive présentant 108 solutions de recherches et projets bio-inspirés, mais aussi à des pitchs et résumés de travaux de recherche, à des séances de design fiction, ou des ateliers pédagogiques et de création collective.

    Au menu également, la projection du film Nature, notre alliée insoupçonnée, qui sera suivie d’un débat avec le producteur du film et de séances de dédicaces dans un salon du livre où seront réunis plusieurs auteurs, dont le journaliste Marc Mortelmans, le biologiste Marc-André Selosse et Aïna Queroz, « exploratrice du monde végétal et animal » et créatrice du podcast Bioinspi, qui vient de publier Biomimétisme et bio-inspiration en cosmétique.

    À découvrir, aussi, plusieurs expositions, dont « FluOREST » présentant la manière dont le vivant fabrique et émet de la lumière au cœur des forêts amazoniennes et d’Asie du Sud-Est, ou « Mycosmos », œuvre de l’artiste et designer marseillais, Côme Di Meglio, présentant les prouesses du Mycélium. Une expérience sensorielle qui pourra se prolonger avec « La Matériauthèque », réunissant près de 400 échantillons de matières, fibres et textiles innovants.

    Celle-ci sera une porte d’entrée pour un défilé de mode bio-inspirée, une première mondiale, dont la nature serait la directrice artistique. L’objectif ici est d’illustrer concrètement la capacité du biomimétisme à interroger la mode.

    Des kimonos vernaculaires à base de matériaux locaux et naturels, des kimonos circulaires fait de déchets recyclés, des kimonos bio architecturés inspirés de structures de la nature, ou des kimonos symbiotiques réalisés à partir de matériaux biocompatibles ou de micro-organismes inviteront les spectateurs à se questionner.

    LES TEMPS FORTS DU « BIOMIM’EXPO 2025 »

    Débats

    10h15. « L’Océan, la Biodiversité, le Climat et nous, destins liés » avec Gilles Bœuf, Maud Lelièvre, Patricia Ricard, Jacques Rougerie, Brune Poirson.

    11h15. « Et si l’Agriculture du futur était déjà là ? » avec Marc-André Selosse, Alain Thibault, Thomas Rabant, Sébastien Roumegous.

    12h. « Cette eau invisible que personne ne compte » avec Esther Crauser-Delbourg.

    14h. « Et si l’IA était profitable à la biodiversité » avec Olivier Rovelotti, Eliot Graeff, François Alexandre Bertrand et Audrey Vermeulen.

    16h. « Villes, territoires et résilience, comment les repenser au service du futur » avec Anne Claudius-Petit, Bertrand Delignon et Grégoire Fabre.

    Initiative

    17h. Lancement de « L’Appel du Pharo », pour « inventer un nouveau monde inspiré par le monde, en communauté de destins liés et fraternels entre le genre humain et l’ensemble des autres habitants de la Terre ».

    Mode

    12h20. « Défilé de mode bio-inspiré », commenté par Audrey Prat et Jocelyn Meire.

    Projection

    13h. Projection du film Nature notre alliée insoupçonnée suivie d’un échange avec le producteur Gilles Dufraisse.

    Concours

    14h. Finale et présentation des Biomim’expo Awards dont les prix (catégories Challenge étudiants, recherche et Startups) seront remis à 16h.

    Découverte

    16h15. Présentation du projet de ferme agrobiologique « MaiOasis » au Cap Vert.

    Programme complet sur biomimexpo.com

  • Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    « Ça crée un gouffre financier important pour l’élève. Avec autant de temps d’attente, soit il conduit et ça a un coût puisqu’il devra prendre des heures, soit il ne conduit pas et ça aura aussi un coût, puisqu’il devra faire plusieurs tentatives. » Thierry Pic, directeur de l’auto-école EPF à l’Estaque, résume la problématique que rencontrent les élèves à la recherche du permis de conduire. Avec des temps d’attente pour avoir une place à l’examen qui varie de 3 à 6 mois, voir « un an pour les cas les plus extrêmes, notamment pour la deuxième présentation à l’examen », difficile d’assurer une continuité pédagogique dans l’apprentissage de la conduite. « Avec un de taux de réussite à 50%, imaginez les embouteillages que ça peut faire sur le long terme. Et c’est toute la formation qui s’effondre avec le temps », laisse en suspens celui qui est également référent Bouches-du-Rhône pour Mobilians, organisation professionnelle représentative des écoles de conduite.

    Un ressenti plus que partagé par Nelly, responsable pédagogique depuis 17 ans dans une auto-école de l’hypercentre marseillais : « On est sur une moyenne de 6 à 8 mois d’attente. ça fait un bon moment que ça dure, ça ne fait que s’accentuer, les délais sont de plus en plus longs ». In fine, elle explique que les équipes pédagogiques des auto-écoles sont prises entre deux feux : « On a la Préfecture qui n’a pas assez d’inspecteurs et des élèves qui sont pressés d’avoir le permis, c’est deux mondes qui ne collent pas ensemble ». Avant de se désoler des conséquences sur les travailleurs de la conduite : « Le problème c’est que ça rebondit sur nous, car les élèves n’ont pas de contact avec la préfecture. Il y a des élèves mécontents, qui menacent de faire des commentaires négatifs sur l’établissement, par exemple ». Thierry Pic abonde : « Les parents pensent parfois qu’on retient les élèves exprès. Mais ce n’est pas le cas, on n’est pas en lien étroit avec la Préfecture ».

    « Le CPF ne répond pas aux besoins »

    Pour les deux auto-écoles, le public est principalement « des jeunes et des étudiants » passant leur permis sur leurs deniers personnels. « On a aussi des jeunes en alternance qui bénéficient d’une aide de 500 euros. Elle est nécessaire pour eux, ils auraient du mal à le passer sans », précise Nelly. Une aide que Thierry Pic aimerait voit « généralisée » pour les jeunes et étudiants. Et pour cause, la responsable évoque des « tarifs étudiants entre 1 000 et 1 200 euros minimum ». « C’est un coût pas vraiment bienvenu à ce moment là de leur vie », note Thierry Pic. D’autant que via le Compte personnel de formation (CPF), les tarifs environnent les 1 500 euros pour une trentaine d’heures et le passage de l’examen. Un dispositif pratique pour les travailleurs, mais qui ne permet pas de répondre à la problématique du coût pour les plus jeunes. « Le CPF ne répond pas aux besoins des jeunes et étudiants puisqu’ils n’ont pas de point dessus », conclut Thierry Pic.