Tag: Marseille

  • Youth League : les U19 ont un mince espoir de qualification

    Youth League : les U19 ont un mince espoir de qualification

    Il y a encore quelques semaines, il n’était pas évident de voir l’équipe moins de 19 ans de l’OM capable de se qualifier pour les phases finales de la Youth League. Avec trois revers en trois rencontres, les espoirs de franchir ce premier tour étaient réduits au minimum, mais les deux derniers matches ont apporté un brin d’optimisme. Un point pris contre l’Atalanta puis un succès face à Newcastle. Quatre points seulement et pourtant, se qualifier est encore possible.

    Ce mardi, la victoire est impérative sur la pelouse de l’Union Saint-Gilloise, mais il faudra aussi zieuter vers les autres terrains, en particulier celui de Monaco. L’ASM est actuellement la dernière équipe qualifiée et doit s’incliner contre Galatasaray pour que les jeunes Olympiens puissent croire en un avenir européen. Un espoir mince, car il faudrait aussi des contre-performances de la Juventus, du Napoli et du PSV.

    Antoine Valero, clé de la victoire ?

    Le groupe de Lassad Hasni va jouer sa chance à fond et peut compter sur un jeune homme en forme : Antoine Valero. Sept buts en U19 Nationaux cette saison, un appel en équipe de France U18 et des prestations consistantes dans cette Youth League. Une victoire passera sans doute par une performance de l’attaquant aux cheveux longs. En face, les Bruxellois restent sur trois matches sans victoire en compétition européenne. La dynamique est marseillaise, reste à la conserver pour boucler convenablement cette phase de ligue.

  • [Entretien] Claudy Weibel : « Je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant »

    [Entretien] Claudy Weibel : « Je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant »

    La Marseillaise : Vous étiez présent vendredi au Cercle de Saint-Barnabé pour présenter les événements que vous organisez en Corse et en Espagne. Êtes-vous toujours aussi compétiteur malgré tout ?

    Claudy Weibel : Je suis un peu en transition, j’avoue que j’ai décidé cette année de me retirer de l’équipe nationale belge. Bizarrement et psychologiquement, j’ai l’impression que tout s’arrête. Je ne pensais pas que ça allait faire un effet comme ça, mais j’étais décidé et je ne reviendrai pas sur ma décision. Du coup, ça me vieillit un peu, je deviens nostalgique des super moments que j’ai vécus, notamment ceux en Moselle à Metz Ronde Pétanque avec Serge Sala. Mais aujourd’hui, je porte une autre casquette, celle d’organisateur, parce que j’ai une société événementielle qui s’appelle Pétanque Events depuis dix ans maintenant. Personne ne le sait spécialement, parce qu’on me voyait encore comme un joueur. Ce nouveau rôle ne m’a pas effacé du milieu de la pétanque, mais tout doucement, je me suis retiré des grosses compétitions, et comme je ne suis pas trop demandeur, on me voit de moins en moins.

    Vous avez récemment annoncé votre retraite internationale. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

    C.W. : C’est un peu de ne plus être avec les anciens, les potes, les amis avec qui on a tout gagné (« Dédé » Lozano, Jean-François Hemon, dit « Tichon » et Michel Van Campenhout). Progressivement, on a arrêté de jouer ensemble et il y a des nouveaux qui sont arrivés. C’est difficile à recréer une très belle entente. Je pense que le niveau a vraiment monté dans les autres nations, et puis j’ai perdu un peu de motivation. En plus, on a fait un fiasco cette année au championnat d’Europe et ça a vraiment agi comme un déclic en moi. Je me suis dit que c’était le moment. En plus, Gustave Muntz, qui a toujours été mon coach, mon sélectionneur, et qui est devenu un ami, a lui aussi cédé sa place. J’arrête en même temps que mon coach avec qui j’ai tout vécu.

    On fête cette année les dix ans de votre titre de champion du monde tête-à-tête, où vous êtes comme on dit à Marseille « à jamais le premier ». Est-ce le plus beau titre à vos yeux ?

    C.W. : J’ai été au Luxembourg, j’ai été champion de Luxembourg. J’étais en Belgique, j’étais champion de Belgique. J’étais en France, j’étais champion de France. Je pense que chaque étape a été importante. Mais le Graal, c’est quand on a été pour la première fois champion du monde, parce qu’on tournait autour depuis plusieurs éditions. Par contre, quand j’ai été champion du monde en 2015, il faut savoir que ma sélection a vraiment été remise en question, que ce soit par la fédération, par mon entourage et par mes sponsors de l’époque. Et quand je réussis à gagner ce titre en ayant battu en 8e de finale le joueur qui avait fini premier des groupes, puis enchaîner avec Dylan Rocher, Diego Rizzi, puis une finale mémorable et phénoménale face à Sami Atallah, c’était incroyable. J’ai souvent dit que je suis né sous une bonne étoile. Ce titre a été émotionnellement pour moi, le plus beau, parce qu’il était improbable.

    Parmi les grandes compétitions, on ne vous associe plus aux Masters qu’au Mondial La Marseillaise à pétanque…

    C.W. : Je n’ai strictement rien contre La Marseillaise, au contraire, j’aime y participer, mais ce n’est pas mon but premier. Mais quand j’y vais, j’y vais vraiment avec le plaisir. J’y suis toujours allé avec des amis, je n’ai pas vraiment fait des grosses séries. J’ai souvent joué avec des amis ou des sponsors, mais j’y suis allé dans un esprit ultra-convivial, c’est-à-dire que je prends mon apéro, je bois mon petit pastis, avec cet état d’esprit marseillais. Il va peut-être y avoir du changement maintenant, avec le changement de direction, peut-être avec des autres idées, peut-être avec du renouvellement. Peut-être que ça va monter en gamme, peut-être que ça va faire plus une grosse compétition pour les gros joueurs, plutôt que la masse. Mais, là, comme je ne vais plus faire les championnats du monde, comme je ne fais pas trop de nationaux, il est clair que l’année prochaine je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant, et surtout avec une très bonne équipe.

  • [Théâtre] Kahraba pose ses valises au Théâtre Joliette

    [Théâtre] Kahraba pose ses valises au Théâtre Joliette

    Dès le 9 décembre, le collectif Kahraba pose ses valises au Théâtre Joliette. « Nous y invitons des amis, des complices, ceux que nous avons croisés sur nos chemins, dont la compagnie nous fait nous sentir à la maison », indique ce groupe libanais qui s’adonne aux arts de la marionnette et de la danse. Autant de conversations artistiques déclinées jusqu’au dimanche 14 décembre, à commencer ce mardi, par Et le cœur ne s’est pas arrêté. Une « fiction poétique » aux « résonances très concrètes » imaginée avec la compagnie L’entreprise de François Cervantes. « Si on devait résumer, c’est l’histoire d’une personne qui continue à lire un livre pendant un bombardement », explique l’auteur metteur en scène marseillais du spectacle.

    Miroir d’humanités

    Cofondateurs du collectif Kahraba, Eric Deniaud et Aurélien Zouki dispenseront du 10 au 12 décembre des ateliers gratuits « Petite migration » au cours desquels le public est invité à fabriquer des maisons en papier, avant d’en faire une fresque collective sur les murs du Théâtre Joliette. Contrebassiste et chanteuse de Hayeli, musique dont le nom « signifie miroir en arménien », Donna Khalifé donnera quant à elle un concert samedi 13 décembre, après avoir elle aussi prodigué quelques rudiments aux spectateurs les jours précédents. Avec, en première partie, Ce que les dieux nous ont laissé, création de Kahraba où la flûte, danse et « dessin en direct » défient le « chaos » du monde ambiant.

  • Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    « Ça peut prendre quelques secondes pour fermer une porte, mais des années pour l’ouvrir », citaient avec évocation Jean-Marc Lamoure et Pilar Arcila lors des dernières Rencontres du cinéma de Gindou. Les réalisateurs de Du monde aux portes, projeté en ouverture des Rencontres sciences et cinéma, mardi 9 décembre dans la salle de la Baleine, située sur le cours Julien. « Un documentaire » tendant « vers la fiction » immergé dans le quotidien du Centre hospitalier de Valvert et de ses patients en psychiatrie, dans le 11e arrondissement de Marseille, qui compte huit chambres d’isolement. L’occasion de questionner l’hospitalité, qui connaît une crise profonde dans tous les champs de la société française aujourd’hui, et dont la racine vient « d’hospes, accueillir et hostis, l’ennemi ».

    Le symbole d’un lien entre le cinéma et la recherche dont Risc, organisé par l’association Polly Maggoo, s’est fait une spécialité depuis une quinzaine d’années et qui irriguera cinq jours de projections ainsi que de rencontres dans des salles obscures telles que le Gyptis, le Vidéodrome 2, l’Artplexe, le Polygone étoilé mais aussi le Muséum d’histoire naturelle et celui d’Histoire.

    Questions d’accueil(s)

    Vitrine de productions qui entretiennent une proximité avec les sciences, y compris humaines et sociales, ce festival présente des films qui « questionnent notre relation à l’autre et nos façons de l’accueillir, l’expérience du handicap et de la maladie, les dits et non-dits de nos histoires familiales mais aussi ceux de la grande Histoire », résume son directeur artistique Serge Dentin, ou encore « notre relation à la vérité dans un monde bouleversé par les réseaux et l’intelligence artificielle, brouillant les frontières entre le réel et le virtuel ».

    Toujours liée à la question de l’hospitalité, plus particulièrement à « ce que signifie l’expression être de quelque part », une séance ayant toujours trait à Marseille sera organisée samedi au cinéma le Miroir de la Vieille Charité. Elle sera lancée à 14h par La cité des phoques, « conférence performée » de Camille Goujon qui « monte et démonte l’histoire, rembobine le film déconstruisant la cité phocéenne » à travers « documents, vidéos de ses enquêtes de terrain, récits mythologiques et témoignages scientifiques ». Place ensuite au court-métrage La station, dans lequel la réalisatrice Lisa Chapuisat rend un hommage musical à la dernière station uvale de France, dont le charme désuet mais profondément humain se répand sur le cours Pierre Puget. Là où « Yanis sert du jus de raisin frais dans des petites coupelles dorées » tandis que « des clients s’installent au comptoir et y laissent un peu d’eux-mêmes ».

    Au total, une cinquantaine de films de tous formats sera diffusée pendant la 16e édition de ce festival qui s’achèvera par l’avant-première de Planètes, de Momoko Seto, « odyssée » d’animation « dans un monde microscopique et imaginaire qui évoque les enjeux des migrations environnementales ».

  • Les berges de l’Huveaune réaménagées

    Les berges de l’Huveaune réaménagées

    Le chantier
    de renaturation de l’Huveaune terminé au bout de trois ans,
    ce nouvel espace a été inauguré
    ce lundi 8 décembre. Sur une longueur d’un kilomètre, les berges ont été replantées d’arbres, le lit de la rivière élargi pour permettre un nouvel accès
    au public, mais aussi éviter les inondations. Un nouvel appel
    à projet a été lancé par l’Établissement public d’aménagement et de gestion
    des eaux (Epage) HuCA, sur les bassins-versants Huveaune-Côtiers-Aygalades.

  • Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un commerçant de Belsunce a été reconnu coupable, ce lundi, d’« aide au séjour irrégulier » et « travail dissimulé commis à l’égard d’une personne vulnérable », en l’espèce une ressortissante des Philippines qu’il avait fait venir en 2014, à Marseille, et qu’il a exploitée sans contrat de travail pour la virer en 2019.

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a infligé à Thomas B., 57 ans, une peine de 180 jours-amendes à 270 euros, ce qui revient à verser 48 600 euros au Trésor public, ou bien à effectuer six mois de prison ferme, le tout assorti d’une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans, « compte tenu de la réitération des faits pendant plusieurs années commis au préjudice d’une personne vulnérable ». Le tribunal a confisqué au prévenu une créance de 28 654 euros saisie sur le produit de la vente d’un immeuble. Constituée partie civile, la victime qui a obtenu depuis un titre de séjour, s’est vu allouer 4 000 euros pour son préjudice moral et 2 500 euros pour ses frais de justice.

    Une vaine promesse d’obtention de papiers

    Après une rencontre sur l’application d’appel vidéo Skype suite à une offre d’emploi qu’il avait diffusée sur son compte Facebook, Thomas B. avait financé le voyage en autocar, depuis Milan, de cette jeune femme de nationalité philippine, alors âgée de 31 ans et qui se trouvait à Dubaï. Il l’avait accueillie à Marseille en avril 2014, promettant de lui obtenir des papiers de régularisation. Au départ, il l’avait affectée à vendre des vêtements dans sa boutique, à Belsunce, la rémunérant 100 euros par semaine tout en la logeant gratuitement. Après un mois, il l’avait affectée, pour les mêmes conditions salariales, au ménage de son domicile, s’occupant aussi de l’enfant du couple, et au nettoyage après travaux d’un appartement détenu par sa mère, allée Léon-Gambetta, destiné à la location Airbnb, dont elle allait ensuite gérer l’aménagement, la propreté et la gestion des clients pendant près de sept mois.

    En janvier 2015, il l’avait affectée au nettoyage, à la gestion et à l’intendance des 23 logements de la résidence universitaire que ce chef d’entreprises gérait au 5 boulevard Dugommier (1er). à l’audience, le prévenu a reconnu qu’elle était la « déléguée de locataires, responsable dans les colocations pour faire régner la propreté » et « faisait du ménage un peu partout ». Il est établi aussi qu’il l’a fait travailler dans son restaurant de la rue Longue-des-Capucins. La victime, complètement isolée en France, expliquait avoir travaillé dans l’espoir d’être régularisée et n’avait jamais obtenu de contrat de travail malgré ses demandes. Le prévenu a fini par la virer en janvier 2019 au motif qu’elle avait passé une nuit ailleurs. Selon la jeune femme, il l’a expulsée, a changé la serrure de sa chambre, a pris tous ses documents et supprimé ses e-mails de son ordinateur.

    Le conseil des prud’hommes, qu’elle a saisi en 2021, a considéré qu’« incontestablement », elle gérait contre rémunération depuis 2015 et sous ses ordres la location en Airbnb, et des appartements de la SCI du prévenu à des étudiants étrangers.

    Entendu par les enquêteurs, le prévenu s’est présenté en bon Samaritain, déclarant avoir sans cesse aidé la jeune femme, présentée comme une « fille au pair », en lui offrant « une chambre qu’elle ne payait pas pendant 5 ans » et un pécule hebdomadaire d’une centaine d’euros en guise d’argent de poche. « Elle a rendu service. Ce n’est pas travailler. » « Je lui ai procuré une vie bien meilleure que ce que l’État offre aux sans-papiers. » Il prétendait l’avoir « entretenue comme une maîtresse », lui avoir permis de mener « une vie de princesse ».

    S’agissant de la résidence étudiante, « elle s’en occupait quand je devais m’absenter. Comme elle vivait dedans, je lui ai délégué la gestion en mon absence. Il n’y avait pas de travail défini. Je lui demandais d’aller récupérer des clés, de changer un nom sur une boîte aux lettres, bref, des petits services. Je la logeais gratuitement et elle me rendait service, c’est tout ». Il ajoute, pour parfaire le cynisme : « Pour moi, j’ai sauvé cette femme de sa situation en Italie, de dormir par terre, de garder un bébé pour 100 euros par mois, de vivre comme une esclave. »

    Le prévenu a revendu en 2021, pour 1,2 million d’euros, sa résidence de locations pour étudiants et réinvestit en Angleterre, où il gère notamment une société qui possède huit appartements de vacances dans le Yorkshire.

  • Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Un incinérateur qui ne chauffe pas assez fort pour détruire les Pfas. Entendre les composés « per » et « polyfluoroalkylés », présents notamment dans les textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie ou encore les revêtements antiadhésifs. Pour Sébastien Barles, conseiller communautaire écologiste, responsable du collectif écolo-citoyen Vaï Marseille, et Paul Poulain, ingénieur prévention, le centre Évéré, basé depuis 15 ans à Fos-sur-Mer, n’est pas adapté à l’élimination de certains déchets devenus omniprésents dans les ordures ménagères.

    « En chauffant à 850 degrés, il ne prend pas en compte la résistance au feu des Pfas qui, pour être détruits, doivent brûler entre 1 100 et 1 400 degrés », pose Paul Poulain. De quoi garantir une minéralisation de ce genre de déchets, précise une étude de l’Ineris parue en 2023.

    L’ingénieur prévention dans les assurances et auteur de Tout peut exploser, Enquête sur les risques et les impacts industriels (Fayard), insiste sur la dangerosité de ce polluant méconnu. « 4 700 substances au total listées par l’OCDE », précise-t-il, citant une étude de 2018, mise à jour en février 2025. Si un plan d’action interministériel sur les Pfas a été mis en place en 2024, la réglementation au niveau national et européen de ces substances reste embryonnaire.

    Des bases de données limitées

    Paul Poulain entend alerter et sensibiliser le grand public aux risques sanitaires de ce genre d’installation et au-delà des émissions des zones industrielles. « Ce n’est pas comme si on avait des doutes », considère-t-il, se basant sur une étude de Santé publique France, parue ce 4 décembre, sur l’état de santé des populations autour des grands bassins industriels où la zone de Berre, Fos et Marseille a été prise en compte. Les conclusions de l’établissement public ne sont pas aussi tranchées. Ce dernier indiquant que « des résultats ont montré une association entre une exposition liée à des industries (…) et des surrisques pour certains indicateurs de santé », mais qu’ils sont à « mettre en perspectives, au vu des limites identifiées des bases de données utilisées et du design même de l’étude, qui ne permet pas d’établir de lien causal entre l’exposition industrielle et l’apparition des pathologies étudiées ». Il souligne néanmoins « l’importance de maintenir et renforcer la surveillance environnementale des installations industrielles ».

    Concrètement, « nous avons écrit au préfet de région sur la question du contrôle et de l’accès à l’information », indique Sébastien Barles, pour qui cette question s’inscrit également dans un contexte électoral. « Ce sera un sujet de l’élection métropolitaine, niveau auquel nous comptons organiser des états généraux des déchets », espère l’élu. Paul Poulain ne cache pas non plus ses ambitions. « Je vais rejoindre Vaï pour les municipales, je serai sur la liste dans les 15e et 16e arrondissements, secteur de Marseille le plus impacté » par la pollution estime-t-il, dénonçant au passage une « inégalité territoriale ».

  • Sanctions maximales pour le RSA sous conditions

    Sanctions maximales pour le RSA sous conditions

    Tour de vis supplémentaire pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Deux ans et demi après avoir approuvé le lancement de l’expérimentation d’un RSA conditionné à 15 heures d’activité, le conseil départemental doit approuver ce vendredi, dans le huis clos de la commission permanente, un nouveau barème de sanctions à l’encontre de ceux qui n’en respecteraient pas les règles.

    Mais, là où le décret d’application de la loi dite « plein emploi » publié le 30 mai dernier prévoyait « la suspension d’au moins 30% du montant de l’allocation pour une durée d’un à deux mois » en cas de manquement, et sa suppression dans les mêmes proportions « en cas de persistance ou de réitération », le Département, lui, a décidé de placer le curseur répressif le plus haut possible. En cas de non-respect de son contrat d’engagement ou s’il refuse deux offres d’emploi jugées raisonnables, le bénéficiaire voit les 646 euros de ce minima social – pour une personne seule – intégralement suspendus pour deux mois (de moitié seulement pour une famille). En cas de tout nouveau manquement dans les deux années suivantes, l’allocation est purement et simplement supprimée (50% pour une famille) sur une période de quatre mois. Pour tout refus de contrôle, la suppression est immédiate, sur trois mois dès la première fois, quatre mois en cas de réitération.

    « Bilan positif »

    « Le nouveau cadre de sanctions n’est pas plus contraignant pour les allocataires que le précédent », promet la collectivité. Elle défend ainsi une « sanction de remobilisation » : « Si la personne régularise sa situation, l’allocation, qui avait été suspendue, lui sera reversée avec un effet rétroactif de trois mois. » Quitte à s’arranger avec la réalité. Car les suspensions étaient auparavant plafonnées à 80% et, surtout, aucune suppression immédiate de l’allocation n’était alors prévue. Des conditions qui ont motivé seize organisations syndicales et associations à saisir le Conseil d’État, le 22 octobre, pour contester ce décret « sanctions » face à « un durcissement sans précédent des politiques sociales », comme le dénonçait alors la CGT.

    Le Département, lui, s’abrite derrière son respect du cadre légal actuel, passant sur le fait qu’il a déjà été sanctionné par la justice pour des suspensions abusives. Ainsi, en avril dernier, pour une femme qui s’était bien rendue aux rencontres de l’emploi auxquelles elle était tenue de participer, ou au mois de novembre précédent, pour un homme qui n’avait pu signer son contrat d’engagement, étant convoqué au même moment à Pôle emploi… « 47% des allocataires entrés dans le RSA intensif dans les Bouches-du-Rhône sortent sur un emploi durable sous 6 mois d’accompagnement », promet néanmoins l’institution, qui met en avant un « bilan positif ». Elle indique ainsi que le nombre de personnes sanctionnées n’a pas augmenté, « les personnes concernées se rendant de façon plus nombreuse aux rendez-vous de leurs référents ».

    De quoi la motiver à poursuivre sa collaboration avec France Travail, avec l’approbation, vendredi, d’une convention sur trois ans pour la mise à disposition de conseillers afin de mettre en œuvre cet « accompagnement rénové » du RSA, moyennant une enveloppe de 1,3 million d’euros.

  • République laïque

    République laïque

    Pas d’adjectif. Pas de qualificatif. Pas de restriction. La célébration des 120 ans de cette loi si particulière à la France de séparation entre les Églises et l’État est l’occasion de rappeler son importance et sa force, telle quelle. De répéter que depuis 1905, en France, l’État n’a plus de religion, que la France, est une « République laïque ». Ces rappels sont d’autant plus importants que les tentations sont grandes de vouloir la « préciser », la réécrire. Mais derrière le prétexte de la mettre « au goût du jour », c’est de manipulation dont il s’agit, d’amalgame avec les menaces de l’islamisme instrumentalisées par des forces politiques qui parfois n’ont rien à envier en matière de radicalité religieuse. Le tout prétendument justifié par un retour du religieux dans nos sociétés, qui s’appuierait sur l’explosion d’interventions sur les réseaux sociaux et d’une augmentation du nombre de baptêmes. Alors même que la majorité des Français se dit sans religion et que le nombre d’athées dans l’hexagone n’a cessé d’augmenter pour passer le cap symbolique des 50% ces dernières années.

    Garantie pour tous les citoyens

    Pour cet anniversaire, martelons donc que la neutralité de l’État est une garantie d’égalité pour tous les citoyens, quels que soient leurs origines, leurs genres, leurs orientations sexuelles, leurs croyances et convictions intimes. Que cela garantit que la religion n’impose rien dans nos vies, n’ait pas son mot à dire sur qui peut se marier avec qui, sur l’IVG, sur le mariage entre homosexuels, sur la place des femmes dans la société… Que cela protège la liberté de conscience et d’expression. Et qu’à l’heure de la poussée de l’extrême droite et de l’autoritarisme, cette loi reste la meilleure des protections.

  • Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Liberté pour Christophe Gleizes », peut-on lire sur des dizaines de pancartes, ce lundi matin, sur le Vieux-Port. à l’appel de la section de Provence de l’Union des journalistes sportifs en France (UJSF), une quarantaine de journalistes sont venus apporter leur soutien à Christophe Gleizes, incarcéré depuis un an et demi en Algérie,

    Le journaliste sportif a été arrêté dans le nord du pays le 28 mai 2024, alors qu’il réalisait un reportage sur le club de football Jeunesse sportive de Kabylie. Il est condamné, en juin 2025, à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme ». La justice algérienne lui reproche de s’être entretenu avec le président du club de foot qui est également responsable du mouvement de l’autodétermination de la Kabylie (MAK), considéré comme terroriste par l’Algérie depuis 2021. La cour d’appel de Tizi-Ouzou a reconfirmé sa condamnation mercredi dernier.

    Face à cette nouvelle décision judiciaire, l’UJSF a appelé à une mobilisation nationale en soutien à Christophe Gleizes. Un appel auquel a répondu la section de Provence. « Cette action est symbolique pour marquer notre désapprobation, car cet emprisonnement est en contradiction avec la liberté de la presse », explique Gérard Poncié, président de la section Provence de l’UJSF.

    Défendre le métier

    Un rassemblement qui ne se limite pas aux journalistes sportifs, mais qui a mobilisé toute la profession. Eric Miguet, journaliste au service podcast de La Provence tenait à être présent : « En tant que journaliste, c’est important de prendre part à cette mobilisation pour témoigner notre soutien à un confrère, emprisonné pour avoir fait son travail. »

    Une entrave à la liberté de la presse qui, d’après Dine Gazoul, journaliste franco-algérien présent au Vieux-Port, n’est plus si rare en Algérie. « Il y a d’autres journalistes qui sont incarcérés simplement pour avoir dit qu’ils n’étaient pas d’accord avec le gouvernement, explique le journaliste. Il faut que les instances internationales et françaises bougent pour exiger que la liberté d’expression soit garantie. »

    Le 27 novembre dernier, un journaliste algérien, Saâd Bouakba, a été condamné à 3 ans de prison pour « insulte et diffamation des symboles de la Révolution », après une émission accusant d’anciens membres du FLN (Front de libération nationale) d’avoir pris le contrôle d’une partie du « trésor du FLN ».

    Noa Thevenin, photojournaliste en formation, est aussi venu pour protéger son futur métier. « L’incarcération de Christophe Gleizes ne fait que confirmer que c’est de pire en pire pour la liberté de la presse, en Algérie, mais aussi partout dans le monde, se désole-t-il. Il faut se mobiliser maintenant pour défendre le métier. »