Tag: Marseille

  • L’Urban Bowl Fest célèbre les cultures urbaines

    L’Urban Bowl Fest célèbre les cultures urbaines

    Plus qu’un simple événement sportif, l’Urban Bowl Fest, célèbre festival des cultures urbaines, occupe le mythique Bowl du Prado, du 24 au 28 septembre, à l’occasion de sa 16e édition. Au programme : roller, trottinette, skateboard, BMX et breakdance, des disciplines qui mettent en avant « un espace d’expression, de création et de rencontre ». « C’était important à nos yeux d’élargir l’horizon des cultures urbaines », souligne Mike Bonassi, co-fondateur de l’association AMSCAS, organisateur de l’événement qui se nommait à l’origine « Pro Bowl Contest », avant de devenir « Pro Bowl Fest ».

    Mission sociale

    Et ce n’est pas le seul changement qui a été opéré. « Historiquement, on l’organisait au début de l’été, mais on a voulu se détacher d’autres événements dans le but d’avoir une identité plus forte », raconte le président du comité départemental de roller et skateboard, en pensant notamment attirer plus de jeunes « à la recherche de nouvelles pratiques » après avoir repris le chemin de l’école.

    Côté compétition, l’Urban Bowl Fest parvient à attirer des athlètes internationaux. « On a des Néerlandais, des Espagnols et même des Australiens qui y participent », se réjouit Mike Bonassi, conscient que maintenir un événement « n’est jamais de tout repos ». « On voit que ce n’est pas évident, mais en tant que président d’une association d’éducateurs sportifs, il y a toujours cette envie de transmettre notre passion. On accueille des jeunes qui peuvent voir ce qui se fait de mieux dans ces disciplines avec des athlètes qui ne sont pas toujours accessibles », ajoute-t-il, convaincu que ses interventions, que ce soit en club ou dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV), créent des passerelles sociales.

  • Au carrefour de la recherche et des performances sportives

    Au carrefour de la recherche et des performances sportives

    Les Rendez-vous Carnot se tenaient, ce mardi, en plein cœur de Marseille. Le but du rassemblement ? Mettre en lien les entrepreneurs et leur donner accès au meilleur de la recherche publique française. Lors de ce salon, de nombreux stands ont présenté des nouvelles technologies liées au sport, des innovations au service de la performance des athlètes, mais aussi de leur santé. Trois d’entre elles retiennent l’attention, de par leur utilité pour l’entraînement personnel ou la prévention de séquelles cérébrales.

    L’entreprise Multi Wave et Amidex – le fonds d’investissement de l’université Aix-Marseille – ont co-financé un projet d’IRM mobile. Cette petite machine d’environ un mètre de haut doit servir à faciliter l’accès au scanner et répondre à des problèmes immédiats, comme lors d’un AVC. « Nous sommes en train de pousser les performances de la machine pour ensuite obtenir une certification », explique Jonathan Bartoli, responsable des projets et subventions pour Micro Wave. Les avantages de cet IRM, agir plus rapidement et permettre un suivi dit « longitudinal ». C’est-à-dire être dans la prévention, intervenir au moment d’une blessure et poursuivre lors du processus de guérison. Cette machine est facile à utiliser mais elle est encore au stade de la recherche. Pourtant, les potentiels clients se présentent déjà. « Des fédérations internationales nous ont déjà contactés , la NBA, le monde de la moto, le ski… », énumère Jonathan Bartoli. Avec l’idée d’étendre les compétences de l’IRM au reste du corps dans les années à venir.

    La réalité virtuelle entre en piste

    Quelques mètres plus loin, le projet Revea est lui aussi bien concret. Né d’un appel à projets de la Fédération française d’athlétisme, il permet d’optimiser les capacités d’anticipation des relayeurs de 4x100m grâce à la réalité virtuelle. L’athlète porte un casque de réalité virtuelle sans fil et doit ajuster en quelques foulées sa course en présence de jumeaux numériques. À la suite de l’entraînement, coach et sportif reçoivent un rapport d’analyse des performances. Ce dispositif 100% tricolore a déjà été utilisé en amont des Jeux olympiques 2024 et servira pour les prochaines échéances internationales. « L’outil est entièrement paramétrable. Le principal risque est que l’environnement soit trop éloigné de la réalité et que l’athlète soit perdu lorsqu’il est en piste. Le paramétrage est donc primordial », détaille Martin Eguiziona, doctorant travaillant sur ce projet. Le salon n’oublie pas non plus d’aider les athlètes handisports. Utilisable en rugby ou en athlétisme, un fauteuil équipé de roues connectées pourrait aider les sportifs à connaître exactement la puissance qu’il développe. Des capteurs sont placés au-dessus de la roue et les données sont envoyées sur une application smartphone. L’objectif, à terme, est de le rendre accessible aux professionnels, pour qu’ils adaptent leur préparation physique en fonction des résultats.

    Des projets à l’état embryonnaire pour certains ou déjà développé pour d’autres, avec le but de placer la performance au centre de l’attention.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

    Actualité locale, proximité, campagne des municipales, mouvement social, crise politique… À vous la parole ⤵️

  • Marseille jumelée à Bethléem, un nom qui « résonne dans tous les cœurs »

    Marseille jumelée à Bethléem, un nom qui « résonne dans tous les cœurs »

    La municipalité de Marseille a choisi d’aller au-delà de la symbolique des drapeaux. Alors que la France a reconnu l’État palestinien à l’ONU, Benoît Payan a annoncé lundi le jumelage de Marseille avec Bethléem. L’initiative préparée avec le Quai d’Orsay, a été engagée depuis quatorze mois, expliquait la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola en conseil municipal le 20 juin. Une semaine plus tôt, le maire avait révélé être en discussion avancées avec deux communes palestiniennes.

    « Je suis particulièrement fier que Marseille et Bethléem deviennent des villes sœurs », indique le maire de Marseille dans un communiqué rappelant l’engagement de la ville pour la paix et une solution à deux états « seule à même de garantir une résolution pacifique et durable du conflit ». À travers ce jumelage, « Marseille dit haut et fort au peuple palestinien : vous n’êtes pas seuls. Marseille est une ville de dialogue, de diversité et de vivre-ensemble. Ce lien avec Bethléem sera un pont entre nos habitants, nos étudiants, nos artistes, nos cultures », justifie-t-il encore.

    « Magnifique initiative de notre maire qui choisit de jumeler Marseille avec Bethléem, ville ô combien meurtrie par l’histoire et les épreuves », a réagit le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi. « Par ce geste fort et symbolique, il unit nos destins pour toujours. Quelle fierté d’être marseillais ! »

    Ce partenariat officiel s’inscrit dans la tradition d’ouverture de la deuxième ville de France, déjà jumelée notamment avec la ville israélienne d’Haïfa. La démarche se lit aussi dans une posture d’équilibre alors que depuis des mois Benoît Payan, pressé par des collectifs palestiniens et des élus de gauche, refuse de rompre le jumelage avec cette dernière.

    Dans la nuit de dimanche à lundi, des insoumis en lien avec le collectif les bazoukeuses, ont d’ailleurs projeté des drapeaux palestiniens sur la façade de l’hôtel de ville, dénonçant « le silence et l’inaction de Benoît Payan face au gouvernement d’extrême droite israélien ».

    Par trois fois, le conseil municipal avait pourtant approuvé des subventions, pour un montant total de 260 000 euros, en faveur de l’Unrwa puis de l’Unicef, la dernière le 20 juin dernier. « Nous n’avons pas le droit de nous taire ni de fermer les yeux », assénait alors le maire à son opposition de droite qui refusait de soutenir la subvention pour les enfants de Gaza.

    La droite crie « au calcul politique »

    La droite qui dénonçait alors ce projet et l’accusait de « fracturer Marseille », se trouve gênée aux entournures. Car Bethléem reste une ville emblématique et singulière. Connue comme le lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, elle abrite aujourd’hui une population majoritairement palestinienne musulmane.

    « Bethléem est une ville dont le nom résonne dans tous les cœurs », insiste d’ailleurs Benoît Payan. Alors, le groupe Une volonté pour Marseille attaque « une décision de jumelage prématurée, provocatrice et irresponsable », et dénonce le « coup de communication d’ampleur » d’un « apprenti sorcier » qui n’est que « calcul politique et manipulation ».

    Et d’apprécier plutôt la vingtaine de drapeaux tricolores pavoisant l’hôtel de Région, hissés lundi en réaction aux drapeaux palestiniens installés sur plusieurs mairies en France. « Certains, par calcul politique, voudraient nous manipuler, et nous faire oublier que la France et la République sont notre destin commun. J’ai souhaité que nous affirmions la fierté de notre pays, de notre République, de nos valeurs et de notre drapeau », martèle le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier.

    Au même moment, Éric Le Dissès, le maire d’extrême droite de Marignane, déployait lui aussi ses drapeaux français et un portrait de Marianne en pleurs, sur la façade de sa mairie…

  • À Luminy, Innate pharma veut réduire ses effectifs de 30%

    À Luminy, Innate pharma veut réduire ses effectifs de 30%

    L’annonce est tombée en même temps que la publication de ses résultats du premier semestre, ce mercredi 17 septembre. Employant 160 salariés sur son site de Luminy, l’entreprise spécialisée en recherche médicale Innate Pharma projette de réduire ses effectifs de 30%. «Nous avons annoncé aux représentants du personnel l’initiation d’un plan de sauvegarde de l’emploi la semaine dernière, dont la mise en œuvre complète devrait intervenir dans la première moitié de 2026 », confirme la responsable de la conformité, Odile Belzunce. Ce plan de licenciement concernera une trentaine de postes, auxquels s’ajoutent une vingtaine de départs non remplacés.

    « Le contexte financier pour les biotechs s’est drastiquement durci, la trésorerie est plus que jamais le nerf de la guerre », justifie la responsable de l’entreprise. Cotée à la Bourse de New York depuis 2019, celle-ci se finançait également à travers des partenariats avec les grands laboratoires du Big Pharma… et à une abondante manne publique, avec quelque 7,5 millions d’euros de crédit d’impôt recherche pour la seule année 2024. Pas suffisant pour maintenir les emplois : les 70,4 millions d’euros de trésorerie à la date du 30 juin n’assurent l’activité qu’à l’horizon du troisième trimestre 2026.

    Des médicaments bientôt sur le marché

    « Nous nous focalisons sur la technologie la moins risquée, la plus validée, pour amener dans un moyen terme », explique Odile Belzunce. Trois traitements contre le cancer développés par l’entreprise spécialisée en immunologie sont en effet en études de phases cliniques. Dont deux en phase 3, la dernière étape avant d’obtenir l’aval des autorités pour la commercialisation des médicaments : le programme Lacutamab, qui cible des cancers rares, et le programme Monalizumab contre les cancers du poumon, développé en partenariat avec le géant AstraZeneca. De quoi espérer des retombées rapides.

    Mais alors que le président de la République avait annoncé 100 millions d’euros pour développer un biocluster d’immunologie à Marseille, ce plan de licenciements arrive dans la foulée de la liquidation de l’entreprise Veracyte, elle, spécialisée dans le dépistage du cancer. De quoi fragiliser le projet, à l’heure à l’État gèle les crédits à tout va ? « Je ne répondrai pas sur le biocluster », balaie la responsable. Au moment où le directeur de la recherche, l’immunologue Eric Vivier, a annoncé quitter ses fonctions à la fin de l’année en ne conservant qu’un poste de conseiller pour se consacrer à temps plein à la recherche académique, elle rassure sur la pérennité de cette entreprise pionnière. « Nous faisons tout cela dans une stratégie positive d’avenir », promet-elle.

  • Le BTP attend plus de stabilité et de lisibilité

    Le BTP attend plus de stabilité et de lisibilité

    Le BTP ne cache pas sa déception après la chute du gouvernement Bayrou. Dans un contexte de « rétractation des marchés », la position ne se veut pas politique. Sur un an dans les Bouches-du-Rhône, les appels d’offres (-11,2%) et leur montant (-16,3%) ont dévissé, et l’emploi salarié (-1,4%) et intérimaire (-5%) a baissé, poussé des défaillances d’entreprises (+25%).

    La « légère reprise » dans le neuf (+21,3% d’autorisation de logement et +64,4% de mise en vente; +55,5% d’autorisation de locaux), en lien avec une « amélioration de la délivrance des permis de construire à Marseille », précise Cyril Sauvat, ne rassure pas le secteur. D’autant que les réservations baissent de 5,7%. « Qui dit investissement dit vision à long terme, ce qui n’est pas le cas avec l’instabilité politique », reprend le président de la fédération du BTP 13.

    Et de rappeler que depuis 2020, six ministères du Logement se sont succédé, « un niveau de considération proche de l’insulte ». La déception est d’autant plus forte qu’avec Valérie Létard, « les choses avançaient dans le bon sens ». Notamment autour du travail réalisé par le « statut de bailleur privé » devait être intégré à la loi de finances 2026.

    « La mère des réformes »

    « C’est la mère des réformes, ça va relancer le marché, la construction, relancer la dynamique de la pierre », reprend Cyril Sauvat. En contrepartie de loyers plafonnés et de normes énergétiques strictes, ce statut veut encourager la rénovation et la location en permettant aux propriétaires d’amortir fiscalement jusqu’à 80% du prix du bien, d’augmenter le plafond de déficit foncier à 40 000 euros, et d’échapper à l’impôt sur la fortune immobilière. Pour les partis de gauche ce statut favorise surtout les investisseurs, sans garantie sur les loyers. Eux préféreraient un renforcement du logement social et un encadrement strict du parc privé.

    Mais pour le BTP d’autres dossiers sont encore sur la table : la stabilité et la visibilité des aides à la rénovation énergétique, le maintien du Prêt à taux zéro, la refonte de la responsabilité élargie du producteur, ou la baisse de la Réduction de loyer de Solidarité qui grève les finances des bailleurs sociaux.

  • La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    Procès lundi à Marseille d’un système patronal d’exploitation de la main-d’œuvre étrangère sans papier, accompagnée de fraudes sociales et fiscales, d’abus de biens sociaux et de blanchiment. Le dirigeant du groupe « Nour d’Égypte », Tamer Shabana, 48 ans, et son beau-père, Jean Claude Amar, 89 ans, ont comparu toute la journée de lundi et jusqu’en soirée devant la 6e chambre correctionnelle pour un florilège d’infractions qu’ils nient dans la gestion de sociétés et établissements culinaires marseillais entre 2016 et le 17 mai 2022, date des interpellations.

    Il est reproché à ce ressortissant égyptien arrivé en France en 2009 et naturalisé français depuis, et à son beau-père d’avoir exploité, sans les déclarer ni parfois même les payer complètement, de nombreux travailleurs étrangers en situation irrégulière dont ils assuraient parfois l’hébergement, aidé en cela par un conseiller bancaire. L’ordonnance de renvoi dénombre 21 personnes non déclarées dans les 4 établissements. 12 se sont constitués partie civile. Aucun d’eux n’était présent à l’audience.

    Les avocats de la défense ont plaidé des nullités de procédure, dénonçant « la surdité totale des juges d’instruction ». « Les droits de la défense ont été piétinés », a déclaré Me Laurent Bartoloméi, avocat de Tamer Shabana, et qui n’a pas mâché ses mots sur l’absence de travail du dernier juge d’instruction à la section financière, Fabrice Karcenty, un magistrat condamné en juin dernier pour des faits d’escroquerie.

    Sitôt la présentation des faits par le président Fauchier-Delavigne, Tamer Shabana a protesté : « Ce n’est pas un résumé qui montre la vérité. Je conteste 99,9% des poursuites. Mon beau-père n’était pas gérant mais secrétaire. Il n’y a aucune mauvaise foi, ni mauvaise intention de ma part. J’ai toujours fait les choses dans les règles », assure-t-il.

    Opération Pharaons

    Au départ fin 2020, le dépôt de plainte d’un employé agressé qui décrivait les recrutements de sans papiers, les hérésies comptables, les recettes en espèces servant à dégager du black pour payer des salaires. Une enquête préliminaire était ouverte dans ce dossier baptisé « opération Pharaons » à la section d’investigation de la Police de l’air et des frontières (PAF) assisté du Groupe interministériel de recherches de Marseille (GIR). Elle creusait les flux financiers entre les entités contrôlées par Shabana : la SCI Tamer et Agnès, « La cantine de Nour d’Égypte » créée en 2013 au 10 rue Bernex dans le 1er, siège initial d’un centre culturel égyptien qu’il avait fondé, le snack « Le Petit Nour d’Égypte » créé en 2018 au 44, La Canebière, la boulangerie Balady créée en 2019 à l’angle des rues Bernex et Consolat puis « Le Souk de Nour d’Égypte » ouvert au 2 rue de Rome dans l’ancien magasin Tati et enfin une société de travaux « L’art de la rénovation ».

    Le 19 janvier 2022, un contrôle de l’Urssaf trouvait 11 personnes en action de travail au « Souk de Nour » dont 4 en situation irrégulière : un Sierraléonais, un Palestinien demandeur d’asile, un Algérien et un Égyptien. Le soir même, Shabana sur écoute donnait instruction de « dégager rapidement toutes les personnes qui n’ont pas de contrat ». En tout, sur les 4 établissements concernés sur la période des poursuites, ce sont 21 personnes selon l’Urssaf qui n’ont pas été déclarées, représentant un préjudice de 145 765 euros. Le motif de l’aide humanitaire ou de la solidarité familiale est exclu.

    La perquisition au domicile, avenue du Prado (8e), de Jean-Claude Amar, le beau-père et grand argentier, permettait la saisie de 227 520 euros en espèces et 4 lingots d’or dans des coffres en banques. « Qu’est ce qui permet à la Justice de me considérer comme gérant de fait ?! », a dénoncé l’octogénaire, un ancien dentiste qui nie être « le grand patron ». « Cet argent vient de mes 44 ans de travail. Rien ne vient des restaurants », lance-t-il contredisant ses déclarations en garde à vue. « Je faisais la comptabilité et faisais les paies car personne d’autre ne le faisait. » Le réquisitoire et les plaidoiries étaient attendus dans la soirée. La décision devait être mise en délibéré.

  • La 6e édition du festival Allez Savoir dédiée à l’information

    La 6e édition du festival Allez Savoir dédiée à l’information

    À l’heure de l’ultra-connexion et de l’information à foison, difficile de savoir démêler le vrai du faux. ça tombe bien, la 6e édition du festival
    « Allez savoir » qui débute jeudi se fait fort de mettre le thème en débat.

    « La multiplication des informations, qui était censée permettre notre émancipation collective, tend à muer en un moyen de nous asservir » considèrent Cécile Van den Avenue et Cyril Lemieux, sociologues à l’EHESS et co-présidents du comité éditorial de la sixième édition du festival. À ce constat répond une intention, celle de remettre l’information à plat et au service des citoyens.

    Savoir, pour préserver la démocratie

    Pour Romain Huret, Président de l’EHESS et principal organisateur du festival, il y va de l’avenir de la démocratie. « En choisissant l’information comme thématique, j’avais en tête moins la réussite du modèle passé que la crise actuelle dans la fabrication de l’information », explique-t-il.Par ailleurs, le choix de rendre l’événement accessible à tous les publics, en incluant notamment des activités dédiées aux scolaires, s’inscrit dans une démarche de démocratisation du savoir et d’engagement de tous les citoyens dans le débat public et l’actualité.

    Car, comme le rappelle le Maire de Marseille (DVG) Benoît Payan, « dans ce contexte [de désinformation], la responsabilité du lecteur grandit » et le savoir « devient un acte de vigilance et une exigence de méthode ».

    L’espace de quatre jours, tables rondes, projections-débats, expositions et ateliers inviteront ainsi le public à mettre à l’épreuve leur esprit critique dans divers lieux emblématiques de Marseille.

  • L’extrême droite s’efforce de faire sauter les digues

    L’extrême droite s’efforce de faire sauter les digues

    Un ralliement au RN, un de plus. Ce lundi matin, l’équipe de campagne du candidat d’extrême droite à la Mairie de Marseille, le député Franck Allisio, avait convié la presse – mais pas La Marseillaise – pour annoncer un nouveau débauchage, celui du chef d’entreprise Mickaël Salfati. « Il va apporter son énergie et son expérience au service d’un projet ambitieux pour la ville », vante l’équipe de campagne du député du Marignane. Ce qui est certain, c’est que le quadragénaire, déjà, lui a ouvert des portes.

    Selon nos informations, c’est en effet sous le couvert de sa société La Maison Mickaël que Franck Allisio a pu obtenir une entrée au dîner du Crif Marseille – Provence ce mardi 12 septembre, accompagné de son directeur de campagne Olivier Rioult et son allié de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan. Une première, pour un parlementaire d’extrême droite. Sollicitée sur ces faits, son équipe de campagne n’a pas donné suite, tandis que la société de Mickaël Salfati indique qu’il ne sera pas disponible avant jeudi.

    « Le ménage n’a pas été fait »

    Candidat d’un parti cofondé par d’anciens collaborationnistes et Waffen-SS, Franck Allisio s’est largement gargarisé de cet événement, dont il célèbre la « portée politique majeure ». « Après Jordan Bardella invité en Israël, Serge et Beate Klarsfeld faits citoyens d’honneur de Perpignan par Louis Aliot, je suis touché et fier d’avoir été le premier parlementaire du Rassemblement national invité à un dîner du Crif », se vantait-il ainsi dimanche dans un courriel adressé aux adhérents. Quitte à s’arranger avec la réalité, n’ayant reçu aucune invitation officielle du Crif. Mais cela ne l’empêche pas de célébrer « un coup d’arrêt à la dictature de la pensée unique », en dénonçant « le procès injuste en antisémitisme qui a été intenté au RN par quelques bobos parisiens ». « Nous sommes le rempart face à l’antisémitisme », assure le parlementaire lepéniste, qui siège pourtant dans le même groupe que le Varois Frédéric Boccaletti, vendeur de livres négationnistes à Toulon dans sa jeunesse, ainsi que de la Nordiste Caroline Parmentier, qui évoquait le « lobby juif » dans les pages de Présent et célébrait Pétain sur Facebook jusqu’en 2018.

    « Franck Allisio a assisté au dîner sans être invité par l’institution, qui reste fidèle à sa ligne, insiste pour sa part la présidente du Crif 13, Fabienne Bendayan. Les députés de LFI et du RN ne sont pas invités. » Il ne figure ainsi par sur la photo officielle, n’a pas été cité au même titre que les autres parlementaires présents. « La communauté juive, pour beaucoup, est séduite par les discours philosémites et en faveur de l’État d’Israël », observe l’avocate. Mais elle avertit : « Au-delà des discours, il faut raison garder. Il faut constater que la métamorphose du RN vis-à-vis de la communauté juive manque de preuves, le ménage n’a pas encore été totalement fait dans les rangs du RN. » Les candidats antisémites des dernières législatives l’ont amplement prouvé.

  • « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    La Marseillaise : Après deux ans et demi de travaux, la Gare Franche rouvre enfin. Qu’est-ce que cela va changer pour les artistes et le public à l’année ?

    Francesca Poloniato : Nous sommes ravis de cette réouverture. On l’attendait. Il y a eu des travaux sur la maison, les jardins et aussi l’usine pour laquelle on a voulu garder l’âme qu’a pu lui donner Wladyslaw Znorko (auteur et metteur en scène qui avait créé la Gare Franche en 2001 avec sa compagnie Cosmos Kolej, Ndlr). Il y a eu un travail incroyable des cabinets d’architecture, que ça soit au niveau de Matthieu Poitevin ou de l’atelier Kristell Filotico. On a agrandi la cuisine et la salle à manger. On a rénové les chambres avec des douches, les artistes seront bien logés. Il y a surtout eu aussi une extension avec les bureaux de l’équipe et une magnifique terrasse pour accueillir les personnes qui traversent les jardins. Et en ce qui concerne l’usine, il a fallu sécuriser le talus car la maison penchait, y réaliser une nouvelle dalle. On a un équipement performant pour que les artistes puissent créer et que les techniciens travaillent avec eux. Ce n’est pas un nouveau lieu de programmation. Il va y avoir de temps en temps des spectacles, mais que ceux qui y trouvent un sens. Sinon, il y a le Merlan. La Gare Franche est vraiment un outil de création et de fabrication.

    Et de « convivialité », avez-vous dit…

    F.P. : Oui, notamment avec les projets de territoire que nous avons, la co-construction avec les habitants. C’est un lieu fait pour l’hospitalité.

    Pour cette fête de réouverture, vous invitez certains artistes compagnons du Zef…

    F.P. : Elle va démarrer à 16h30 à la Parcelle 80, que la Ville nous a mis à disposition. On y a créé une « parcelle aux 4 vents » où se trouve un compost, un four à pain et un poulailler. Tout cela est mis à disposition une fois par mois pour les activités avec les habitants et partagé avec les associations du Plan d’Aou. On pilote la parcelle mais elle est vraiment à leur service. À 18h, il y aura un DJ set Pastasciutta antifascista de Floriane Facchini. Un clin d’œil à sa création, prévue au Zef Gare Franche en mai prochain, pour laquelle elle travaille avec habitantes du Plan d’Aou. Pour la fête réouverture, elle va fabriquer des raviolis et passer des chansons engagées, tout en discutant de son projet.

    Une « épopée culinaire » qui plonge dans l’histoire, indique le programme…

    F.P. : . Floriane Facchini travaille avec la cuisine car c’est un acte d’engagement politique. Avec une position antifasciste. Sa création se situe autour d’une histoire qui s’est passée en Italie en 1943. Mussolini avait fait une loi interdisant aux habitants d’un petit village de semer du blé pour éviter que les résistants aient de quoi manger. Mais une famille de sept frères, les Cervi, l’a transgressée. Par la cuisine, elle défend la démocratie. Au cours de ses ateliers avec les habitantes, les femmes parlent de leurs parcours, de la façon dont on vit aujourd’hui dans ces quartiers en tant que femme. Sur le plateau de la création en mai, il y aura aussi des habitantes, au nombre de 7, comme les frères Cervi.

    Et quel sera le reste du programme pour la fête de réouverture ?

    F.P. : À 19h, après les discours des représentants de l’État et des collectivités, le public pourra voir le travail de l’Ensemble C Barré qui travaille avec les enfants de l’école de la Busserine. Il y aura aussi la découverte de jeunes de 15 ans du Plan d’Aou qui vont enflammer l’usine en musique. Le public retrouvera ensuite le chorégraphe Pierre Rigal qui nous fera danser et faire la fête.