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  • [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    Isabelle Merle, organisatrice de l’évènement et historienne au CNRS, spécialiste de l’histoire coloniale de Nouvelle-Calédonie, a répondu aux questions de La Marseillaise.

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette réunion publique maintenant ?

    Isabelle Merle : Car les trois militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), accusés d’avoir été commanditaires du mouvement social de mai 2024, ont été libérés de leur astreinte à rester en France. C’est l’opportunité d’alerter sur la situation de la Nouvelle-Calédonie, avant qu’ils ne repartent. Pour qu’ils nous donnent leur point de vue sur le processus de passage de l’accord Bougival avec la loi sur le report des élections provinciales [étudiée en commission parlementaire mixte depuis ce lundi, Ndlr.].

    Si la loi passe, les élections devraient se tenir en juin 2026 au lieu du 30 novembre 2025. En quoi ce report pose-t-il problème ?

    I.M. : Ces élections sont très importantes, parce qu’elles permettent d’élire les membres des assemblées de province et du Congrès. Si la loi passe, ce serait la troisième fois qu’elles sont reportées. Les élus auront donc un mandat qui aura excédé deux ans, car ils ont été élus en 2019. Le pays a besoin d’un souffle démocratique et d’avoir des représentants légitimés par une nouvelle élection. Car les élus du Congrès vont porter le processus d’organisation du référendum sur l’accord de Bougival, qui n’est pas consensuel.

    Pourquoi cet accord, signé le 12 juillet dernier, ne fait-il pas consensus ?

    I.M. : Une partie du FLNKS le rejette. Il a été extrêmement critiqué sur la forme : insuffisamment préparé, insuffisamment négocié, passé dans des conditions de contraintes fortes, ce qui a entraîné le retrait du FLNKS. Ce texte est aussi problématique sur le fond : il propose un État, mais sous un fort contrôle de la France, crée une nationalité, mais indexée à la française, ce qui en fait une nationalité subalterne. Le dégel du corps électoral est aussi prévu dans cet accord. Les indépendantistes ne sont pas opposés à la discussion sur un élargissement des électeurs, mais se le voir imposer par Paris sans négociation est problématique, car le dégel ne fait pas consensus.

    Maintenir la date des élections provinciales est donc important ?

    I.M. : Le pays a besoin de ce souffle démocratique pour apaiser les tensions. Sans cela, cet accord de Bougival sera pris comme un passage en force. Plus on restreint les formes de contestations démocratiques, plus elles risquent de s’exprimer autrement. Les braises sont encore chaudes dans l’archipel.

  • L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    Et si on regardait la nature autrement ? « Le grand salon-showroom innovation & biodiversité », pose ses valises au palais du Pharo, ce mardi, pour sa 9e édition. Une première à Marseille. Biomim’expo, en quelques chiffres, c’est 3 000m2 d’expos, un showroom accueillant près de 130 exposants, plus de 80 conférenciers, vingt fresques et ateliers et près de 1 500 participants attendus pour cette journée. L’idée : fédérer chercheurs, entreprises et citoyens autour d’une idée simple : la nature est notre meilleure alliée pour inventer un futur durable.

    Si le prix d’entrée (30 euros grand public, 15 euros étudiants, 9 euros scolaires) est hésitant, le pitch est, lui, séduisant : « Les constats et alertes ne suffisent plus, le monde a besoin de solutions, de projets, de perspectives, de vie. Depuis 3,8 milliards d’années, le Vivant est champion de la transition et de l’adaptation continue. Basée sur les sciences et la recherche, la bio-inspiration propose d’en tirer leçons et idées pour des activités humaines plus respectueuses et pérennes. »

    Un cycle de neuf conférences sur l’intelligence artificielle, le climat et les océans, le sport, les villes comme territoires de résilience, ou encore l’agriculture du futur viendront alimenter une grande plénière tout au long de la journée, avec des exemples concrets à l’appui. La présentation du projet MaiOasis, une ferme pilote, autonome, agrobiologique à but social et solidaire sur l’île de Maio au Cap Vert, qui invente « une agriculture presque sans eau sur un territoire touché par des sécheresses à répétition », en sera l’un des points d’orgues.

    De l’art du Mycélium

    Au fil des allées, les visiteurs découvriront une multitude d’initiatives (publiques et privées), de prototypes, maquettes, objets, cartes, matières… Tous seront support à une galerie démonstrative et immersive présentant 108 solutions de recherches et projets bio-inspirés, mais aussi à des pitchs et résumés de travaux de recherche, à des séances de design fiction, ou des ateliers pédagogiques et de création collective.

    Au menu également, la projection du film Nature, notre alliée insoupçonnée, qui sera suivie d’un débat avec le producteur du film et de séances de dédicaces dans un salon du livre où seront réunis plusieurs auteurs, dont le journaliste Marc Mortelmans, le biologiste Marc-André Selosse et Aïna Queroz, « exploratrice du monde végétal et animal » et créatrice du podcast Bioinspi, qui vient de publier Biomimétisme et bio-inspiration en cosmétique.

    À découvrir, aussi, plusieurs expositions, dont « FluOREST » présentant la manière dont le vivant fabrique et émet de la lumière au cœur des forêts amazoniennes et d’Asie du Sud-Est, ou « Mycosmos », œuvre de l’artiste et designer marseillais, Côme Di Meglio, présentant les prouesses du Mycélium. Une expérience sensorielle qui pourra se prolonger avec « La Matériauthèque », réunissant près de 400 échantillons de matières, fibres et textiles innovants.

    Celle-ci sera une porte d’entrée pour un défilé de mode bio-inspirée, une première mondiale, dont la nature serait la directrice artistique. L’objectif ici est d’illustrer concrètement la capacité du biomimétisme à interroger la mode.

    Des kimonos vernaculaires à base de matériaux locaux et naturels, des kimonos circulaires fait de déchets recyclés, des kimonos bio architecturés inspirés de structures de la nature, ou des kimonos symbiotiques réalisés à partir de matériaux biocompatibles ou de micro-organismes inviteront les spectateurs à se questionner.

    LES TEMPS FORTS DU « BIOMIM’EXPO 2025 »

    Débats

    10h15. « L’Océan, la Biodiversité, le Climat et nous, destins liés » avec Gilles Bœuf, Maud Lelièvre, Patricia Ricard, Jacques Rougerie, Brune Poirson.

    11h15. « Et si l’Agriculture du futur était déjà là ? » avec Marc-André Selosse, Alain Thibault, Thomas Rabant, Sébastien Roumegous.

    12h. « Cette eau invisible que personne ne compte » avec Esther Crauser-Delbourg.

    14h. « Et si l’IA était profitable à la biodiversité » avec Olivier Rovelotti, Eliot Graeff, François Alexandre Bertrand et Audrey Vermeulen.

    16h. « Villes, territoires et résilience, comment les repenser au service du futur » avec Anne Claudius-Petit, Bertrand Delignon et Grégoire Fabre.

    Initiative

    17h. Lancement de « L’Appel du Pharo », pour « inventer un nouveau monde inspiré par le monde, en communauté de destins liés et fraternels entre le genre humain et l’ensemble des autres habitants de la Terre ».

    Mode

    12h20. « Défilé de mode bio-inspiré », commenté par Audrey Prat et Jocelyn Meire.

    Projection

    13h. Projection du film Nature notre alliée insoupçonnée suivie d’un échange avec le producteur Gilles Dufraisse.

    Concours

    14h. Finale et présentation des Biomim’expo Awards dont les prix (catégories Challenge étudiants, recherche et Startups) seront remis à 16h.

    Découverte

    16h15. Présentation du projet de ferme agrobiologique « MaiOasis » au Cap Vert.

    Programme complet sur biomimexpo.com

  • Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    « Ça crée un gouffre financier important pour l’élève. Avec autant de temps d’attente, soit il conduit et ça a un coût puisqu’il devra prendre des heures, soit il ne conduit pas et ça aura aussi un coût, puisqu’il devra faire plusieurs tentatives. » Thierry Pic, directeur de l’auto-école EPF à l’Estaque, résume la problématique que rencontrent les élèves à la recherche du permis de conduire. Avec des temps d’attente pour avoir une place à l’examen qui varie de 3 à 6 mois, voir « un an pour les cas les plus extrêmes, notamment pour la deuxième présentation à l’examen », difficile d’assurer une continuité pédagogique dans l’apprentissage de la conduite. « Avec un de taux de réussite à 50%, imaginez les embouteillages que ça peut faire sur le long terme. Et c’est toute la formation qui s’effondre avec le temps », laisse en suspens celui qui est également référent Bouches-du-Rhône pour Mobilians, organisation professionnelle représentative des écoles de conduite.

    Un ressenti plus que partagé par Nelly, responsable pédagogique depuis 17 ans dans une auto-école de l’hypercentre marseillais : « On est sur une moyenne de 6 à 8 mois d’attente. ça fait un bon moment que ça dure, ça ne fait que s’accentuer, les délais sont de plus en plus longs ». In fine, elle explique que les équipes pédagogiques des auto-écoles sont prises entre deux feux : « On a la Préfecture qui n’a pas assez d’inspecteurs et des élèves qui sont pressés d’avoir le permis, c’est deux mondes qui ne collent pas ensemble ». Avant de se désoler des conséquences sur les travailleurs de la conduite : « Le problème c’est que ça rebondit sur nous, car les élèves n’ont pas de contact avec la préfecture. Il y a des élèves mécontents, qui menacent de faire des commentaires négatifs sur l’établissement, par exemple ». Thierry Pic abonde : « Les parents pensent parfois qu’on retient les élèves exprès. Mais ce n’est pas le cas, on n’est pas en lien étroit avec la Préfecture ».

    « Le CPF ne répond pas aux besoins »

    Pour les deux auto-écoles, le public est principalement « des jeunes et des étudiants » passant leur permis sur leurs deniers personnels. « On a aussi des jeunes en alternance qui bénéficient d’une aide de 500 euros. Elle est nécessaire pour eux, ils auraient du mal à le passer sans », précise Nelly. Une aide que Thierry Pic aimerait voit « généralisée » pour les jeunes et étudiants. Et pour cause, la responsable évoque des « tarifs étudiants entre 1 000 et 1 200 euros minimum ». « C’est un coût pas vraiment bienvenu à ce moment là de leur vie », note Thierry Pic. D’autant que via le Compte personnel de formation (CPF), les tarifs environnent les 1 500 euros pour une trentaine d’heures et le passage de l’examen. Un dispositif pratique pour les travailleurs, mais qui ne permet pas de répondre à la problématique du coût pour les plus jeunes. « Le CPF ne répond pas aux besoins des jeunes et étudiants puisqu’ils n’ont pas de point dessus », conclut Thierry Pic.

  • Un sésame indispensable pour les jeunes de La Martine

    Un sésame indispensable pour les jeunes de La Martine

    « C’est pas secondaire, nos parents épargnent sur un livret depuis qu’on est né pour le payer », raconte Nasser, 15 ans, en train justement de passer le code. « Comme ça, je pourrai être tranquille à 17 ans et passer directement la conduite », poursuit-il. Pour les jeunes du centre social de La Martine (15e), réunis ce lundi de vacances scolaires au centre social, le permis de conduire fait partie des indispensables. « Je le vois dans la vie de tous les jours », témoigne Chemsy, 16 ans. « Mon frère, il travaille, il va à l’école, il prend tous les jours le bus et après, mon père ou ma mère doivent l’emmener, c’est galère », déplore-t-elle. Pour la jeune fille, la conduite accompagnée serait « une des solutions » pour réussir l’examen sans avoir à prendre de leçons supplémentaires.

    Aussi un moyen de trouver

    un emploi

    Obligé de se lever à 5h du matin pour rallier son établissement à Marignane et d’emprunter un métro et deux lignes de bus, Jahny, 14 ans, rêve lui aussi du moment où il pourra être autonome et gagner du temps. « On pourra sortir », s’enthousiasme Samy et obtenir un travail, « quand des employeurs le réclament, pour faire livreur aussi, ça peut servir », enchaîne son voisin.

    À 1 000 euros en moyenne le tarif, tous pointent le coût exorbitant de cet examen. « C’est inaccessible et inadmissible », s’emballe le jeune Samy, tandis que Zayan insiste : « il faudrait des aides comme [le fait la Ville de Marseille] pour le BAFA. »

    Pour ces jeunes habitants des quartiers Nord, le manque de transports ajoute à la difficulté. « Il n’y a pas assez de bus et on doit faire avec les horaires en plus », déplorent-ils.

  • Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Après des années d’études, la Métropole a défini les objectifs du réaménagement global de cette place de 1,2 ha jadis remarquable et devenue illisible, morcelée et déboisée. Elle lance le marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux en 2027-2028. Il s’agit d’abord de restaurer l’escalier monumental inscrit en décembre 2022 au titre des monuments historiques, de recréer des espaces publics apaisés, harmonieux, végétalisés et reconnectés à la future « Gare souterraine Marseille Saint-Charles » qui doit voir le jour en 2035.

    La place doit servir d’accès au hub de mobilité du pôle d’échanges multimodal de la gare. Le socle situé sous l’esplanade Narvik doit s’ouvrir sur la place. L’objectif déclaré est de réduire la place de la voiture, mais d’intégrer le réseau des bus. L’offre de stationnement pour véhicules motorisés sera majoritairement contenue à l’intérieur de la « boîte gare ». La « station taxi » sur la terrasse côté boulevard Bourdet sera supprimée. Les fonctions de taxis et dépose minute seront majoritairement à l’intérieur de la gare. « Ainsi, la place des Marseillaises requalifiée sera un parvis de gare apaisé et libéré des modes de transports individuels motorisés (voitures personnelles, voitures de location, deux-roues motorisés). »

    S’agissant de l’Est de la place occupé aujourd’hui par un parking d’une quarantaine de places « plus ou moins légitimes » (sic !), il est indiqué qu’« à terme la majeure partie des services de location de voiture seront répartis dans les infrastructures du projet Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur afin de libérer les espaces publics de ce site emblématique », écrit la Métropole. Des stationnements résidents seront maintenus et « du fait de la présence d’hôtels autour de la gare, l’offre de stationnement “linéaire” sur la voirie ne sera pas supprimée dans son intégralité, mais réduite et devra avant tout intégrer les usages de logistique urbaine (livraison, hôtels, restaurateurs etc.) ». La trame circulatoire globale est en cours de finalisation.

    Restituer des alignements d’arbres

    Le site devra intégrer des itinéraires cyclables sécurisés avec intégration d’abris pour 75 vélos dans le socle Narvik. Des aires de stationnement pour les cycles seront offertes à l’intérieur de l’ouvrage Gare (jusqu’à 750 places de stationnement cycle côté place des Marseillaises et autant côté Ouest sur la façade du Bd Bourdet/Bd Charles Nédelec).

    Les deux jardins d’agrément situés de part et d’autre de l’escalier seront requalifiés. « En surplomb depuis la terrasse, les pieds de l’escalier devront offrir les qualités d’un paysage immersif et ombragé », prescrit le cahier des charges, qui inscrit la restitution des alignements d’arbres, avec des essences adaptées au climat et au site, alors que la moitié des platanes atteints du chancre ont déjà été abattus. L’état phytosanitaire des deux hauts palmiers Washington, qui encadrent l’escalier, reste à surveiller.

    L’enveloppe prévisionnelle affectée aux travaux est estimée à 11,3 million d’euros HT incluant la restauration du monument historique estimée quant à elle à 1,9 millions d’euros HT.

  • Un permis met les écoles au point mort

    Un permis met les écoles au point mort

    Le Prado était animé, aux alentours de midi, ce lundi 27 octobre. Sur le trottoir, les passants flânaient entre les étales du traditionnel marché, tandis que, sur la route, les automobilistes se frayaient un chemin pour circuler malgré les véhicules d’auto-école stationnés sur les deux voies de bus. Après être parti à 10h du boulevard de l’Europe à Vitrolles, un cortège de 90 voitures, 40 poids lourds et 12 bus (chiffres de la préfecture de police) a rejoint la place Castellane lors d’une opération escargot menée le long de l’A7 puis du Jarret. Une action menée à l’appel de l’intersyndicale des gérants d’écoles de conduite et du syndicat majoritaire des inspecteurs du permis (Snica-FO).

    Au cœur de la contestation : les délais pour obtenir une date de passage d’examen « qui atteignent un point de non retour », regrette Yves Demange, responsable départemental de CER, un groupement de plus de 400 auto-écoles et centres de formation sur le territoire national. En moyenne, aujourd’hui en France, un candidat attend trois mois pour passer son permis, contre trois semaines avant la période du Covid-19. « Dans les zones tendues, comme les grosses agglomérations, on atteint un an », affirme-t-il.

    « C’est inacceptable », s’agace Patrick Mirouse, président d’ECF national, qui pointe des pertes de chances pour les jeunes : « Le permis de conduire c’est la mobilité, la mobilité, c’est l’employabilité. » Yves Demange souligne également les « surcoûts de formation très importants pour maintenir les candidats à niveau ».

    D’après les représentants du secteur de la conduite, les inscriptions à l’examen connaissent une hausse de 16% depuis cinq ans. En cause : le retard pris lors de la crise sanitaire de Covid-19, un boum démographique, mais aussi l’abaissement de l’âge légal de passage du permis B à 17 ans, entré en vigueur le 1er janvier 2024. « Entre ça et le CPF moto, on a vu arriver un nombre d’élèves conséquent dans les auto-écoles, mais l’administration n’avait pas prévu une seule place ni un seul moyen humain supplémentaires pour absorber l’afflux », témoigne Jean-Marc Kocik, du CER Fos, Martigues, Saint-Chamas.

    « On a eu un geste du ministère avec l’ouverture de 80 000 places supplémentaires jusqu’à fin décembre, mais c’est un pansement sur une jambe de bois, reprend son collègue Yves Demange. On a besoin de mesures réelles pour améliorer les pratiques, les délais… »

    Les professionnels de la conduite revendiquent la création de 150 postes d’inspecteurs supplémentaires. « Ce n’est pas énorme : en France, on est environ 1 200 au total », précise Frédéric Mar, délégué syndicat du Snica-FO, qui demande également une protection du statut de fonctionnaire. « L’externalisation fonctionne très mal, plaide-t-il. En 2016, on a perdu le Code de la route au profit du privé pour faire passer plus d’examens B, ce qui n’a pas résolu le problème et a engendré d’énormes fraudes. » Le coût de cette mesure est estimé à 5 millions d’euros pour l’État.

    Bonifier le taux de réussite

    « On veut également généraliser la conduite accompagnée et abaisser son âge 14 ans », poursuit Patrick Mirouse. L’objectif : améliorer le taux de validation de l’examen. « Cette filière fait plus de résultats en première présentation, avec 77% de réussite », contre 55% pour la formation traditionnelle, affirme le président d’ECR National. Jennifer Musico, responsable administrative de l’auto-école des Lycées à Nice, approuve : « Pédagogiquement, plus un enfant apprend tôt, mieux il assimile. »

    Le syndicat Mobilians porte également une mesure qui consiste à allonger le minimum légal de 20 heures de conduite à 28 heures. « On sait qu’en moyenne, un élève prend entre 28 et 30 heures pour obtenir le permis de conduire du premier coup, poursuit la Niçoise. Ça permettrait de monter le taux de réussite et donc, de fait, de baisser les délais d’attente. »

    Yves Demange propose d’aller plus loin : « Il faudrait peut être une refonte du système sur le volume et la durée de l’examen pour gagner du temps et pouvoir avoir plus de places… Des choses peuvent se piloter. »

  • La Marseillaise des femmes Rose, première édition

    La Marseillaise des femmes Rose, première édition

    La Marseillaise des femmes est une course bien connue dans la cité phocéenne. Cette dernière a regroupé plus de 10 000 participants lors de sa 15e édition, cette année. L’événement est organisée par le club des Marseillaises, qui a souhaité se diversifier avec une nouvelle date à son calendrier. Ce samedi, dans le luxueux hôtel Villa M (8e), le club invitait toutes celles et ceux qui souhaitaient venir à cet « entraînement sportif et musical ». De la gym suédoise pour être précis. La première Marseillaise des femmes Rose est née, avec quatre mots mis en avant : sport, bien-être, solidarité et fun.

    Christine Rollais est la présidente du club des Marseillaises. Elle raconte comment est née la manifestation du jour. « Nous sommes un club cool et féminin qui se réunit tous les samedis matin. Avec le succès grandissant de la Marseillaise des femmes, il y avait l’envie de se diversifier. Nous sommes un peu plus légitimes et nous pouvons faire plus qu’un rendez-vous par an. » Cette nouvelle course s’est réalisé en lien avec Octobre rose, avec un double objectif. Faire du sport et avoir un moment avec des associations pour parler du cancer et spécialement celui du sein. « Nous voulions commencer avec Octobre rose par cet entraînement de gym suédoise, mais aussi pour mettre en place un lieu d’échange avec des associations. ça permet de mettre en relation et de répondre à certaines questions que l’on ne se pose pas forcément », détaille Christine Rollais.

    Un événement qui pourrait en appeler d’autres

    Quinze associations étaient présentes sur place pour informer une foule d’une bonne centaine de personnes, composée à plus de 95% de femmes. L’une des salles d’accueil de l’hôtel Villa M s’est donc rapidement transformée en cours grandeur nature. Deux coaches étaient présentes sur une petite scène et montraient les mouvements à cette foule essentiellement vêtues de rose.

    Près d’une heure de sport s’est ainsi déroulé, avant la partie échange avec les associations et ravitaillement après s’être bien dépensé. Le club des Marseillaises souhaite pérenniser ce rendez-vous et possiblement en créer de nouveau, d’après sa présidente. « Nous souhaiterions faire d’autres événements aussi forts, toujours sur notre principal sujet, le sport-santé. » Un regroupement dont la Ville de Marseille était partenaire, avec la présence de la première adjointe au maire, Michèle Rubirola.

  • Un atelier pour apprendre à tisser la paix par-delà les divisions

    Un atelier pour apprendre à tisser la paix par-delà les divisions

    Quatre salves de plusieurs ateliers se sont succédé samedi dans Forum du Mucem (2e), dans le cadre du Festival MED25, centré sur la thématique du dialogue à la paix. Parmi eux : un moment de discussion organisé par les Tisseuses de paix. Composé de femmes issues de religions et sensibilités différentes, l’association est née au lendemain du 7 octobre avec l’ambition de créer un espace de dialogue et d’empathie pour aborder le conflit israélo palestinien. « On s’est dit que même si tout le monde voulait qu’on se déteste, on allait continuer à s’aimer », détaille Alexandra Lemarié, membre du collectif.

    Face à un groupe d’une vingtaine de personnes, les tisseuses de paix présentes samedi ont proposé à leur public de distinguer trois modes d’échanges dans le débat, relevant respectivement de l’émotion, de l’opinion, ou du factuel. Placés par trois, les participants ont ensuite dû répondre à des questions en favorisant un échange émotionnel, recommandé par les animatrices pour établir un dialogue bienveillant.

  • Pour la libération d’une victime de la rue d’Aubagne

    Pour la libération d’une victime de la rue d’Aubagne

    Reda Manaa, ressortissant tunisien, est menacé d’expulsion. Détenu au centre de rétention administrative du Canet (14e), il est l’une des victimes directes des effondrements des 63 et 65 de la rue d’Aubagne, desquels il a miraculeusement survécu, mais où huit personnes ont perdu la vie en cette matinée tragique du 5 novembre 2018.

    Voilà des jours que le collectif du 5-Novembre, pour ne citer que lui, alerte sur cette détention où « la justice n’a même pas tenu compte de son statut de victime reconnue une décision inacceptable et illégale », écrit-il. Et pour cause, Reda Manaa a été reconnu partie civile au procès hors-norme qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024, résultant de six relaxes et dix condamnations, en première instance.

    Nuñez interpellé

    Dans un courrier daté du 21 octobre adressé au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, les sénateurs communistes Ian Brossat (Paris) et Jérémy Bacchi (Bouches-du-Rhône), réclament la levée de la mesure de rétention. Ils invoquent la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration et améliorer l’intégration, dont un amendement porté par l’élu parisien consacre « le droit à la régularisation des victimes de marchands de sommeil dès lors qu’elles engagent une démarche judiciaire ». Dès lors, ils demandent au locataire de la place Beauvau, son intervention « dans les plus brefs délais » : « sa présence libre au procès nous semble indispensable à la justice et au respect de la dignité due à toute victime », assurent-ils. Le procès en appel se déroulera du 2 novembre au 19 décembre 2026.

  • Deux fées comiques se passent le relais à Marseille

    Deux fées comiques se passent le relais à Marseille

    Tandis que les notes de New York New York, standard jazz popularisé par Liza Minnelli commencent à résonner, une dame rousse bien apprêtée apparaît sur la scène du Badaboum Théâtre. Des rêves de music-hall plein la tête, cette fée va bientôt prendre sa retraite et doit passer le relais à une autre. Bien plus jeune qu’elle, mais alors beaucoup moins dégourdie. Telle est l’intrigue d’Un conte de fées, qui se joue du lundi 27 octobre au samedi 8 novembre sur cette scène enfance et jeunesse située sur le Vieux-Port, Quai de Rive neuve.

    Drôle de duo

    Écrit et mis en scène par Geoffrey Coppini, ce spectacle puise ses ressorts comiques dans la passation de pouvoirs atypiques des deux fées. Interprétée par Jocelyne Monier, l’une, est la plus vieille fée du monde. Et elle doit former l’autre, incarnée par Joseph Colonna. « Une fée est un être doué de pouvoirs surnaturels. Ici, elle est jouée par un comédien. Les fées n’ont pas de sexe », cadre Geoffrey Coppini, à l’origine d’une mécanique bien huilée où deux créatures, drôles en diable, se tirent la bourre et se heurtent à une incompréhension mutuelle. Pour le bonheur des enfants. Selon le metteur en scène, « les enfants ne voient pas un travesti. Pour eux, c’est la drôlerie du clown qui sera devant leurs yeux. Je travestis un acteur homme pour amener un décalage et montrer aux enfants qu’un comédien peut autant jouer un homme qu’une femme, et vice-versa ».

    Entre 5 et 9 euros. www.badaboum-theatre.com