Tag: Marseille

  • Les Marseillaises tombent les armes à la main face au PSG

    Les Marseillaises tombent les armes à la main face au PSG

    Les Marseillaises se sont approchées de l’exploit. Au Campus PSG de Poissy, mercredi après-midi, les joueuses de Corinne Diacre n’ont perdu que sur le score de 2-1, après avoir tenu bon plus d’une heure.

    Le PSG a d’abord misé sur la vitesse supérieure de ses joueuses pour déstabiliser le bloc marseillais. Dans les couloirs, les locales ont apporté du danger, notamment au cœur du premier acte avec Leuchter, proche d’ouvrir le score à deux reprises. L’impact physique des deux équipes a également été important et l’arbitre central, Romy Fournier, n’a pas hésité à sévir à trois reprises à la suite de contacts trop appuyés.

    Paris fait le travail en fin de match

    Les Marseillaises ont, par ailleurs, bien existé lors de ces 45 premières minutes. Tactiquement au point, elles ont réussi plusieurs sorties de balles pour affoler la surface parisienne. Ce score nul et vierge à la pause et le contenu ont dû satisfaire Corinne Diacre, en béquilles suite à une rupture du tendon d’Achille récemment.

    Cet OM a été loin d’être frileux. De la qualité technique, avec notamment Naomi Bamenga au milieu de terrain, un bon alignement défensif sur l’ensemble de la partie et globalement de la justesse dans tout ce qui a été entrepris. Jamais dépassé, Marseille est puni après la 70e minute par un tir croisé de Jenifer Echegini. Les Marseillaises ont ensuite encaissé un bijou d’Elimbi, petit pont et frappe premier poteau pour sceller la victoire parisienne.

    L’OM a brillamment réagi avec une réalisation de Jenny Perret, mais c’était tout. L’OM reste 9e, six points devant la zone rouge.

    PSG 2 (0)

    OM 1 (0)

    17e journée d’Arkema Première Ligue

    Campus PSG (700 spectateurs).

    Buts : Echegini (73e), Elimbi (80e) pour le PSG, Perret (83e) pour l’OM.

    Avertissements : Samoura (20e), Ajibade (21e) pour le PSG, Elisor (26e) pour l’OM

    PSG : Earps – De Almeida, Samoura, Dudek, Carmona – Karchaoui – Kanjinga, Groenen, Echegini, Ajibade – Leuchter

    Entraîneur : Paulo César

    OM : Shore – Carro, Laplacette, Blanchard, Kbida – Bamenga, Perret, Elisor – Cabezas, Bourgoin, Bourdieu

    Entraîneur : Corinne Diacre

  • L’OM a deux matches pour reconquérir les cœurs

    L’OM a deux matches pour reconquérir les cœurs

    Samedi dernier, la victoire ramenée de Toulouse a stoppé la chute sportive. L’OM a profité du nul de Lyon face au Paris FC pour remonter sur le podium de la Ligue 1, grâce à une meilleure différence de buts. Néanmoins, si elle s’est améliorée, la situation reste précaire. « Cette victoire n’enlève en rien du début 2026 calamiteux », clame Thierry.

    Au Stadium, samedi dernier, la délégation des supporters marseillais a fait la grève des encouragements. Qu’en sera-t-il vendredi, pour le retour de l’OM au Vélodrome à l’occasion de la réception d’Auxerre ? « Les joueurs ne méritent pas d’être encouragés. Ils auront droit à l’accueil qu’ils méritent. Je sais que la plupart des abonnés seront au stade, car l’amour du maillot est plus fort. Mais je pense que le meilleur moyen de faire comprendre la déception, ce sera le silence. » Gilbert a d’ailleurs tranché. « Mes places, je vais les donner à mes petits-neveux. Moi, je serai devant la télé vendredi », continue celui qui ne compte plus les décennies à suivre les matches.

    Nouveau départ ?

    « Auxerre, cela doit être le coup d’envoi d’un nouveau départ ! » Thierry n’arrive pas à se défaire de sa carapace de supporter viscéral. « C’est vrai qu’il y a eu les déceptions, la rouste face au PSG, l’élimination en Coupe qui est peut-être la défaite de trop. Mais il reste encore la troisième place à aller chercher », insiste-t-il.

    Alain est plus radical : « C’est vrai que le nom OM reste vendeur. Mais les vrais supporters ont fini par se lasser. Moi le premier. » Quant à savoir comment le peuple du Vélodrome doit se manifester vendredi, lui reste sur sa position. « Je le répète depuis plusieurs semaines. Il faut un stade vide ! Les banderoles, les chants hostiles ne mènent à rien. »

    Contre Strasbourg, les deux virages s’étaient signalés de la sorte, boycottant le premier quart d’heure. « Ce qu’il faudrait, c’est passer tout le match dehors. à chanter comme si nous étions à l’intérieur, faire la fête. Montrer que l’on est là, sans y être. »

    Florence, quant à elle, a une autre vision. Celle d’une personne qui s’apprête à traverser toute la France pour assister à OM-Lille : « Chaque fois que je peux venir au Vélodrome, c’est une bouffée d’oxygène. » La Boulonnaise voit le verre à moitié plein. « Je me dis qu’il reste encore une fin de saison qui peut tout changer, remarque-t-elle. Même si je comprends la déception d’une nouvelle saison sans trophée. » Elle note que « chaque fois que je viens, il y a la victoire ! » La dernière fois, c’était pour la Ligue des Champions, contre Newcastle.

    Une saison perdue

    Toutefois, Florence reconnaît « comprendre la lassitude de ceux qui attendent en vain quelque chose ». De son côté, Gilbert rumine depuis qu’il a assisté aux deux humiliations de Liverpool et du PSG. « Pour moi, cette saison est perdue depuis début janvier. Elle va se terminer dans l’indifférence totale. »

    « Le mal est profond, car mes amis Dodger’s, grâce à qui je pourrai venir assister au match de Lille, envisagent de ne pas reprendre leur abonnement la saison prochaine, alors que certains n’ont rien raté depuis plus de trente ans », souligne Florence.

    Une chose est sûre. L’OM n’a plus le droit à l’erreur s’il veut regagner les cœurs. Mais battre Auxerre ne suffira pas. « Il faut faire le plein sur les deux réceptions consécutives », clame Thierry. Mais il avertit que « les victoires ne suffiront pas. Il y faudra la manière. Faire le travail avant la trêve et enchaîner à Monaco. Pour terminer le championnat à fond jusqu’au bout ! ».

    Ligue 1 : l’appel des sept

    Frank Mc Court fait partie des sept patrons de clubs de Ligue 1 demandant une réforme du football professionnel français.

    Le propriétaire de l’OM s’est joint à ceux de Lyon, Rennes, Lens, Metz, Le Havre et du Paris FC pour interpeller l’Assemblée nationale afin qu’elle inscrive à son calendrier la proposition de loi sur la réforme du football français, en sommeil depuis son vote au Sénat, en juin 2025. Elle prévoit le remplacement de la LFP par une société de clubs, sur le modèle de plusieurs grands championnats européens et évoque les droits TV à renégocier.

  • [Théâtre] « Le petit chaperon rouge » trace son chemin à Marseille

    [Théâtre] « Le petit chaperon rouge » trace son chemin à Marseille

    Avant de s’attaquer à des contes populaires tels que Pinocchio ou Cendrillon dans les années 2010, Joël Pommerat s’était emparé en 2004 du Petit Chaperon rouge.

    « Je voulais parler d’aujourd’hui à des enfants d’aujourd’hui. Raconter à nouveau, le plus simplement et le plus concrètement possible, l’histoire de cette petite fille qui part de chez sa mère pour se rendre chez sa grand-mère et qui rencontre un loup », rappelle-t-il à propos de ce récit auparavant popularisé par les frères Grimm ou encore Charles Perrault, qui prend ses quartiers du jeudi 12 au dimanche 15 mars, au Théâtre de La Criée.

    « Le désir et la peur de grandir »

    Les comédiens Rodolphe Martin, Murielle Martinelli et Isabelle Rivoal incarnent les rôles principaux de ce conte qui prend les enfants au sérieux à travers des évocations du quotidien et des ambiguïtés qui en découlent parfois. « Le passage d’une génération à l’autre, le désir et la peur de grandir, la solitude, la rencontre, sans que ces questions ne soient jamais abordées directement par les personnages, c’est cela qui, je crois, rend cette histoire si envoûtante pour les enfants et les adultes », estime Joël Pommerat. Un spectacle et une trame éclairés par un jeu de lumières et une création sonore immergeant petits et grands dans une quête initiatique qui ne dit pas son nom.

    Jeudi 12 mars à 19h, samedi 14 mars à 11h et 18h et dimanche 15 mars à 16h. Entre 6 et 14 euros. www.theatre-lacriee.com

  • Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    « Ce sont les élèves qui sont en ligne de mire. Ce sont leurs conditions d’apprentissage qui sont remises en question. » Réunis devant le lycée Montgrand (1er), les enseignants ont reconduit leur grève, ce mercredi. Déjà mobilisés la veille, avec plus de 90% des personnels en grève, ils ont profité, mercredi matin, du « relais des lycéens », explique Didier Castino, professeur de lettres et de membre de la CGT Educ, en désignant l’amoncellement de poubelles qui bloquent l’entrée de l’établissement. Avant de continuer : « On a vraiment des revendications qui se complètent. Avec les élèves qui se mobilisent, on ne peut qu’embrayer. »

    Convergence

    Au lycée Montgrand comme au lycée Diderot (13e), enseignants et élèves se sont mobilisés, mercredi, contre la suppression des heures d’enseignement prévue par les dotations horaires globales (DHG). Les critiques concernent aussi « la suppression des 4 000 postes annoncée pour la rentrée 2026 » et « la baisse des moyens pour l’éducation, tandis que de l’argent, il y en a pour financer la guerre et l’armée », explique a CGT Educ 13 .

    Les personnels éducatifs et les élèves se rejoignent aussi sur la crainte de voir des établissements qui accueillent des publics scolaires déjà fragiles mis encore plus en difficulté. La perte de 100,5 heures, soit 9,2% de sa dotation, signifierait par exemple, pour le lycée Montgrand, « la suppression des groupes de soutien en première, qui sont mis en place pour que les élèves puissent réussir leur bac de français », indique une professeure. Des lycéens mentionnent « des classes surpeuplées qui monteraient à 35 élèves ». Au lycée Diderot, la même crainte s’exprime. « On va perdre le dédoublement des classes dans la formation professionnelle », redoute un professeur d’histoire-géographie.

    Une assemblée générale des établissements mobilisés, réunie à la Bourse du travail mardi, a voté un appel à la grève plus large pour le mardi 17 mars. « Pour faire aboutir nos revendications, nos luttes et nos grèves doivent converger », note la CGT Educ 13, qui appelle « les établissements durement touchés par des pertes d’heures à rejoindre le mouvement ».

    Un rassemblement est prévu à 11h le 17 mars au kiosque des Réformés à Marseille, pour réunir personnels, élèves et parents. Les enseignants des lycées Montgrand et Diderot ont annoncé une nouvelle grève, ce 12 mars. Un moyen de mettre la pression sur leurs chefs d’établissement, reçus ces jours-ci par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. Contacté, le rectorat rappelle que que « la période (…) est consacrée aux échanges avec les établissements afin d’identifier (…) les besoins pour la rentrée (…). Les dotations sont fixées (…) par la baisse démographique, l’objectif demeure inchangé : être au plus près des besoins des élèves et leur garantir les meilleures conditions possibles. Le retrait des emplois dans les lycées (…) de l’académie représente moins de 1% des moyens dont dispose les lycées (-0,6%) ».

    Gardanne : grève au collège Pesquier

    À Gardanne, les enseignants se sont mis en grève, les 10 et 11 mars. Ils dénoncent l’absence de réponse du rectorat devant « la recrudescence des faits de violence » dans l’établissement, qu’ils attribuent au « manque de moyens », comme l’explique Johanne Guedini Souche, professeur de français. Des postes de proviseur adjoint, de professeur de musique ou d’assistant social sont vacants depuis le début de l’année scolaire. Une délégation de l’établissement a été reçue par le directeur d’académie des Bouches-du-Rhône, mercredi. Celui-ci réaffirme « sa vigilance particulière quant à la dotation des collèges du département », note le rectorat.

  • Les collégiens invités à briser les stéréotypes de genre

    Les collégiens invités à briser les stéréotypes de genre

    En cercle, les filles s’assoient d’un côté et les garçons de l’autre. C’est ainsi que les élèves procèdent instinctivement dans cette classe de 6e du collège Jules-Massenet. « Le mot égalité, ça veut dire quoi pour vous ? », demande Eva, intervenante de l’association Aroéven. « Qu’est-ce que vous pouvez faire et ne pas faire en tant que garçon et en tant que fille ? », interroge-t-elle. « J’ai trop de choses dans le cœur à écrire », lance vivement une élève. Chacun vient poser son post-it coloré sur le tableau de la classe : « Les filles doivent faire à manger, mais elles ne peuvent pas traîner dehors toutes seules le soir » ; « C’est mal vu d’être efféminé en tant que garçon. »

    À l’occasion de la semaine de l’égalité du 9 au 13 mars au collège Jules -Massenet, dans le 14e arrondissement (classé réseau d’éducation prioritaire renforcé REP+), l’association Aroéven intervient dans les classes de la 6e à la 3e pour sensibiliser les élèves à l’égalité entre les hommes et les femmes. « Ils apprécient qu’on leur donne un espace de parole », affirme Eva. En se déplaçant dans la pièce, les élèves se positionnent d’un côté ou de l’autre pour dire s’ils sont d’accord ou pas avec telle ou telle affirmation. « Pourquoi c’est mal vu de pleurer pour les garçons ? », « c’est à cause de Neymar », déclame un élève amusé.

    « Les élèves sont acteurs »

    Avec l’appui de quiz et de jeux en groupe, ils échangent, argumentent et débattent entre eux pour déconstruire les préjugés et stéréotypes, mais aussi prendre conscience de leurs représentations. Tous se prêtent au jeu. « J’ai appris qu’il n’y a pas beaucoup de filles qui jouent au foot et qu’on pouvait dire sage-femme même pour les hommes », indique joyeusement Tidjara, 12 ans. « Tous les élèves sont acteurs et porteurs du message », explique la principale du collège, Lamia Abassi. « Les élèves de 4e interviennent auprès des 5e et les 5e auprès des 6e avec des exposés sur des femmes célèbres », poursuit-elle. Plusieurs partenaires extérieurs et académiques accompagnent cette semaine qui concerne tout l’établissement. Les professeurs et personnels suivent des formations internes sur l’égalité femmes-hommes. José, 12 ans, ressort légèrement insouciant de l’atelier : « Je ne savais pas ce que le mot préjugé voulait dire, mais après pour moi, filles ou garçons, on est tous pareils. »

  • Les Canourgues, la rénovation urbaine par la démolition à Salon-de-Provence

    Les Canourgues, la rénovation urbaine par la démolition à Salon-de-Provence

    Après la démolition de la tour Sofia l’été dernier, le bailleur social Unicil programme de raser deux autres tours identiques au sein du grand ensemble immobilier des Canourgues à Salon-de-Provence (44 500 habitants) dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) validé en 2019.

    Marseille n’a pas le monopole des ensembles immobiliers complexes et dégradés. Le quartier des Canourgues à Salon-de-Provence regroupe 3 560 habitants. Il a trouvé son plein essor à sa construction dans les années 60-70. L’ensemble locatif au nord-est est composé de 1 455 logements à 92% de logements locatifs sociaux répartis sur trois bailleurs Unicil, Erilia (qui a absorbé Logirem) et 13 Habitat.

    L’habitat collectif est formé principalement de barres en R+4 et de hautes tours en R+12. On y trouve essentiellement de grands logements de type T3 et T4. C’est un bâti vieillissant relativement enclavé qui ne répond plus aux attentes. Après la tour Sofia démolie par grignotage en août dernier, Unicil qui gère 14 bâtiments se cherche une maîtrise d’œuvre pour raser la tour B4 en février 2027 et la tour B3 pour février 2028. Il faudra aussi raser les bâtiments Renaissance et D18.

    La pauvreté y frappe 53% des ménages

    « Le secteur est fragile en termes de fonctionnement social et urbain et présente des tendances de précarisation accrue et des problématiques de sécurité urbaine », écrit pudiquement la Métropole peut-on lire dans le cahier des charges de la consultation pour désigner la maîtrise d’œuvre. Plus crûment, ce quartier prioritaire et populaire cumule les difficultés. 53% des ménages se situent sous le seuil de pauvreté. La part des 16-25 ans non scolarisés et sans emplois est de 35%. Celle des familles monoparentales de 40%.

    Cette rénovation urbaine [validée en 2019 en comité d’engagement de l’Anru] est budgétée à hauteur de 150 millions d’euros portés pour l’essentiel à 46.3% par les trois bailleurs, à 19.5% par la Métropole, à 7.3% par Salon-de-Provence et à 17% par l’Anru. Elle doit être achevée à l’horizon 2030. Déclinée en trois axes – « oxygéner, mixer, ouvrir » – elle ambitionne de régénérer tous les bâtiments conservés pour atteindre la performance énergétique, d’améliorer le confort et la santé des habitants et de changer l’image du quartier.

    394 logements sociaux seront démolis en tout, 953 réhabilités. Jusqu’à 118 logements locatifs libres et en accession sociale seront créés. 394 logements sociaux seront reconstitués hors site pour plus de mixité. La restructuration de l’école Saint-Norbert est au programme avec la création d’une école d’infirmiers, d’aides-soignants, d’auxiliaires de puériculture et d’un pôle santé mentale. Une serre bioclimatique, des jardins de formation professionnelle et des jardins partagés seront développés, ce qui vaut au projet le label « Quartiers fertiles » de l’Anru.

  • LFI-Vaï veut boucler le plan Vélo à Marseille

    LFI-Vaï veut boucler le plan Vélo à Marseille

    Fin 2024, « seulement un tiers des pistes cyclables du plan Vélo ont été réalisées », selon le collectif. Les insoumis et Vaï prévoient de récupérer les compétences de la voirie à l’échelle de la commune, et de boucler le plan Vélo : huit grands axes cyclables pour irriguer la Ville, qu’ils souhaitent mailler par la suite, afin de « rendre la Ville aux Marseillais ».

  • Austérité et exclusion, dans le programme du RN à Marseille

    Austérité et exclusion, dans le programme du RN à Marseille

    Lors de la venue de Jordan Bardella à Marseille le 6 mars dernier, Franck Allisio se gargarisait de faire main basse sur les voix de droite. « Les électeurs de Martine Vassal ne se tromperont pas », affirmait-il, sûr de lui. Au service de cette ambition, son programme assume désormais être « pro-business ». L’extrême droite veut ainsi dérouler le tapis rouge aux multinationales avec « comme objectif l’installation de 5 sièges sociaux d’entreprises de taille internationale », promet de protéger « les propriétaires et les investisseurs » dans le bâtiment, notamment en dérégulant les permis de construire. Il veut même livrer une partie du foncier portuaire au tourisme d’affaires avec une « marina du nord de Marseille », un projet qui « menace directement l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité », alertait la CGT du Port.

    Surtout, il promet aux propriétaires et entreprises des baisses d’impôts conséquentes. « L’objectif sera la baisse de 20% de la taxe foncière, de la contribution foncière des entreprises et de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères », décrit le programme. Soit pour la Ville de Marseille, un manque à gagner de 100 millions d’euros, alors même qu’un amendement du RN qu’il avait voté à l’Assemblée projetait de réduire les dotations aux communes.

    Plages interdites

    De l’argent, il en faudra pourtant quand le candidat, qui veut mettre les écoliers au garde-à-vous devant le drapeau, promet d’instaurer le port de l’uniforme dans les écoles. Une bagatelle de plus de 15 millions d’euros au bas mot. Il faudra surtout payer les 1 200 agents de police municipale que Franck Allisio compte recruter sur le mandat (environ 100 millions d’euros par an) et les 2 000 caméras de vidéosurveillance qu’il veut installer.

    La sécurité en effet, « s’est imposée comme le fil rouge, ma ligne directrice », assurait vendredi Franck Allisio. Dans son programme, il cible pêle-mêle « narcotrafiquants », « voyous », « racailles » dont il veut expulser les familles des logements sociaux. Ses propositions semblent pourtant pour la plupart irréalistes. Ainsi de l’état d’urgence qu’il réclame pour Marseille, avec un couvre-feu imposé aux mineurs, une proposition qui dépend du président de la République. Cette politique sécuritaire, il veut la faire entrer à l’hôpital en interdisant aux familles d’entrer aux urgences. Il veut en effet restreindre l’accès à un accompagnant par patient, une décision illégale qui n’est pas de son ressort. Tout aussi illégal est son « pass anti-racailles » qu’il souhaite mettre en place dans certains parcs et plages sur certains horaires, pour en réserver l’accès aux seules personnes âgées et familles.

    S’ajoute une chasse au « wokisme » et des « associations militantes à vocation politique » qu’il veut chasser des écoles et des bibliothèques. Ce réflexe de censure vise tout le monde associatif, avec l’annonce de la fin des « subventions politiques et idéologiques », un motif suffisamment flou pour ratisser large. Mais après le triple audit promis, pas sûr que cela suffise à couvrir les 100 à 200 millions d’économies qu’il compte réaliser pour « réorienter les moyens municipaux vers l’essentiel ». Au risque de saper le service public municipal.

  • Erwan Davoux et Nora Preziosi font feu de tout bois dans la dernière ligne droite

    Erwan Davoux et Nora Preziosi font feu de tout bois dans la dernière ligne droite

    Dans la permanence de campagne, ce mercredi soir, une quarantaine de personnes était présente pour la réunion publique organisée par Erwan Davoux (DVD) candidat la liste « Marseille pour tous » et Nora Preziosi, sa tête de liste dans le secteur des 13e et 14e arrondissements, à quelques jours du scrutin.

    « Cette campagne n’a pas été ce qu’on attendait », se désole Erwan Davoux. « Des médias nous ont maltraités, qui ne vivent que grâce aux subventions de la Métropole et nous ont considérés comme une petite liste », poursuit-il. Arguant du « stratagème des sondages » qui ne mentionne pas sa liste, il déplore que les médias n’aient pas « suffisamment repris » son programme. Il continue son discours en s’attaquant aux autres listes, en commençant par celle de Benoît Payan, avant de parler des « listes qui se prétendent antisystème : LFI et le RN », qui sont, selon lui « menées par des parlementaires qui dénoncent un système, mais qui y appartiennent ».

    « Ne vous laissez pas faire », martèle à plusieurs reprises Nora Preziosi, ex-présidente de 13 Habitat, acclamée par les sympathisants. « Avec Erwan Davoux, on a voulu créer un mouvement citoyen qui vous appartient », déclame-t-elle, parce que les autres listes « sont toujours les mêmes ». « Nous, nous avons des personnes de toute origine, de toute confession, c’est ça notre force. » Elle conclut : « Ne vous laissez pas avoir par les sondages »…

  • À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    « Alors tu es venue voir la future maire ? Et noooon, je plaisante on va pas passer… » « Mais si, il faut y croire, qu’est-ce que tu dis ? » Au Florida Palace ce mercredi soir, paré de ballons en forme de cœurs rouges et aux couleurs de Marseille, il y a ceux qui viennent sans illusion et font acte de présence, et ceux qui, dans un dernier sursaut, sont venus soutenir la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal (DVD), alors qu’un dernier sondage la crédite de 13% des suffrages loin derrière les 36% de Benoît Payan (DVG) et les 34% de Franck Allisio (RN). Elle arrive dans une haie d’honneur, Unstoppable de Sia poussé à fond les baffles. Son porte-parole, Romain Simmarano, joue les chauffeurs de salle. « On a construit une équipe, un 111 de départ fier de représenter les Marseillais », martèle-t-il.

    Fabienne Bendayan, numéro 3 sur la liste, fait son hagiographie et Renaud Muselier (Ren.) entre en scène : « C’est bon les campagnes et j’en ai fait des bien pourries. » « Je pensais qu’on allait avoir des débats sur le fond », mais « rien » balance le président de la Région.

    Sur la sécurité, « Allisio nous explique qu’on égorge partout en ville, ce n’est pas vrai et le sortant nous explique que tout va bien… » Sur la culture : « Le sortant, un communiste, est 39e le mec et tout est fermé, pas un mot sur la culture, inquiétant », s’indigne-t-il. Et d’en remettre une louche sur les Jeux olympiques, « je suis macroniste mais j’ai pris des milliards d’euros. Les écoles [par contre] ça a pas marché ».

    Muselier fait le show

    Il réaffirme son soutien. « Comme vous j’ai vécu de mauvais sondages et j’ai gagné », assure-t-il. Et c’est aussi la faute au contexte international : « Après les vacances, on a eu la guerre. » Un peu de machisme au passage, « je crois dans la douceur féminine » et il promet : « On va y aller jusqu’au bout, le [RN] ne peut pas gagner. Le RPR c’est mon grand-père, c’est pas Jean-Marie Le Pen ni ses héritiers. »

    « Martine » arrive au micro et hurle : « Bonsoir Marseille ! » Pour elle, « c’est normal que ce soit difficile, Marseille n’est pas une ville qui se cueille comme ça, il faut aller la chercher ». Elle s’enthousiasme de cette union qu’« avec Renaud nous avons réussi à bâtir, des écologistes raisonnables à la droite affirmée ». De quoi proposer « un programme, solide, concret », et dépasser « les crises qui sont devant nous ». Elle se montre évidemment confiante : « Je ne lâche jamais rien mais grâce à vous je ne vais lâcher encore moins que rien. »

    Elle revient sur une campagne « violente » où « certains ont préféré la caricature au débat, faisaient beaucoup de bruit ». Sa priorité reste la sécurité qui « manque dans la 2e ville de France » et promet un « choc d’autorité ». Sur la propreté, « la Métropole peut mieux faire, je suis d’accord, reconnaît-elle, mais pas toute seule », ailleurs « les maires mettent des amendes sur l’incivilité ». La mobilité fait aussi partie de son « ADN » et d’assurer qu’elle va continuer à développer les transports, de prendre l’engagement de baisser la taxe foncière, de développer le logement. Elle étrille en long et en large le bilan du maire sortant et martèle : « Une élection n’est jamais jouée d’avance. » Avant de conclure par un « Marseille je t’aime » vibrant. Le 15 mars, on saura si la réciproque est vraie…