Tag: Marseille

  • A Marseille, le front se veut antiraciste

    A Marseille, le front se veut antiraciste

    Les drapeaux palestiniens et libanais flottent sous l’imposante silhouette de la Porte d’Aix à 14h, samedi 14 mars. Slogans et batterie résonnent : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ». À la veille du premier tour des élections municipales, 8 000 personnes ont marché selon les organisateurs et 2450 personnes selon la préfecture de police, contre le fascisme, le racisme, l’islamophobie et les violences d’État. Plus de 60 collectifs, syndicats et organisations politiques marseillais avaient signé l’appel national de La Marche des Solidarités, plateforme de collectifs de personnes sans papiers. Des manifestations étaient organisées dans 102 villes, dont Avignon, Toulon, Gap…

    « Il faut montrer qu’on est nombreux et qu’on fait corps », confie Michel, 75 ans, « antifasciste de toujours ». Inès, 20 ans et Rose, 21 ans sont venues pour « se faire entendre ». « On ne va pas se laisser faire », expriment-elles face à la montée de l’extrême droite et des discriminations.

    Isabelle, du Réseau Universitaire Sans Frontières (RUSF), elle, dénonce les « lois liberticides contre les migrants » et s’inquiète pour le devenir des étudiants étrangers. « La connaissance n’a pas de frontière », martèle-t-elle, fustigeant la suppression des APL et l’augmentation des frais d’inscription différenciés.

    Le cortège a marqué un temps fort devant le commissariat de Noailles. Les visages de ceux « tombés sous les mains de la police » s’affichent sur de grandes banderoles. Le père de Souheil, tué en 2021 par un policier, prend la parole : « Ni oubli, ni pardon ».

    «Sardine antifa»

    Malgré la gravité des revendications, la joie infuse dans la marche. Face aux cordons de police, des clowns, vêtus de rose, imitent les policiers et brandissent des frites de piscine, comme des matraques. Au milieu des drapeaux, une autre touche d’humour attire l’œil : des sardines bleus en carton, portées à bout de bras ou piquées dans les cheveux. C’est l’œuvre de Léna Turist, artiste de 24 ans. « La sardine , c’est le symbole de Marseille. J’ai recyclé mes cartons de la manif du 8 mars pour unir les gens et amener de la joie », explique-t-elle. Ses poissons affichent : « sardine antifa » ou « sardine mangeuse de mascu ».

    De la Porte d’Aix au Vieux-Port, le cortège a affiché un front uni et a rappelé que Marseille est « antifasciste ».

  • Le croissant « Morning Flaky », avocat mariné et œuf

    Le croissant « Morning Flaky », avocat mariné et œuf

    Il vous faudra :

    – Un croissant de chez Maison Léon

    – Un pot de mascarpone

    – Un œuf,

    – Un citron bio de préférence,

    – Une échalote et un concombre

    – Un 1/2 avocat

    – Sel, poivre et huile d’olive

    Des viennoiseries charnues

    Pour commencer cette recette, nous vous conseillons d’aller chercher vos croissants chez Maison Léon, des viennoiseries charnues, authentiques et savoureuses réalisées à base de levain de seigle et de beurre Isigny AOP ce qui donne une belle couleur à la mie.

    Vient maintenant le moment de préparer la garniture pour votre croissant. Pour cela déposez le mascarpone dans un saladier, ciselez finalement l’échalote et le concombre que vous viendrez incorporer à la crème. Mélangez soigneusement et zestez très généreusement le citron. Réservez-le pour en extraire le jus plus tard. Ajoutez du sel et du poivre ou un mélange cinq baies si vous voulez suivre la recette dans le détail et réservez.

    Des saveurs puissantes
    et fraîches

    Coupez ensuite votre avocat en deux et ôtez la chair de l’une des moitiés à la cuillère en faisant attention de la garder entière. Coupez ensuite très finement en tranches dans le sens de la longueur. Au plus les tranches sont fines au plus la marinade sera rapide et goûteuse. Une fois qu’il est entièrement coupé, faites un éventail avec la surface plane de votre couteau. Ajoutez un beau filet d’huile d’olive, assaisonnez et le jus de votre citron. Laissez de côté à température ambiante pendant une vingtaine de minutes. Réalisez un œuf au plat en mettant un peu d’huile d’olive dans une poêle que vous faites bien chauffer. Baissez ensuite le feu au minimum et couvrez une minute avec un couvercle pour une cuisson parfaite du blanc en gardant un jaune coulant. Sel, poivre. Quand il est cuit, déposez l’œuf sur le restant de marinade réalisé précédemment pour l’avocat.

    Une fois que tout est prêt, coupez votre croissant dans le sens de la longueur au 3/4 et non pas en deux pour avoir une mie généreuse. étalez la crème tsatsiki généreusement, déposez ensuite l’avocat, l’œuf et rajoutez de la crème sur le chapeau. Fermez et dégustez !

  • [Grand entretien] Romane Bohringer : « Malgré l’intime, il y a une fable à partager »

    [Grand entretien] Romane Bohringer : « Malgré l’intime, il y a une fable à partager »

    Romane Bohringer : Dans le cinéma en général, elle est à la fois tellement essentielle, délicate, importante. Et la musique sur mes films, c’est un long dossier, à chaque fois, une longue recherche. Le musicien Arnaud Fleurent-Didier est crédité au générique de L’amour flou car il avait commencé à travailler sur la musique. Mais cela s’est révélé infructueux. J’ai ensuite fait appel à quelques-uns de mes camarades à moi qui ont pris le relais. C’est devenu du coup une musique de film assez chorale. On a également acheté pas mal de chansons ensuite, de Georges Moustaki par exemple, qui correspondaient à l’esprit du film. Et en ce qui concerne Dites lui que je l’aime, j’ai rencontrée le jeune artiste et chanteur-compositeur Marius Maurice et Emmanuel Jessua, qui a par ailleurs un groupe de metal qui s’appelle Hypno5e. Pour la première fois dans mon travail de réalisatrice, je dois avouer que j’ai accédé à un résultat très satisfaisant et cohérent, à quelque chose d’assez gracieux.

    Vu les veines autobiographiques
    de vos deux films, diriez-vous que ce sont aussi les bandes originales de votre vie
     ?

    R.B. : Oui. Sur L’amour flou (sorti en 2018), des chansons ont émergé d’un coup. Elles correspondaient à l’univers de notre vie avec Philippe [coréalisateur du film et son ancien conjoint, Philippe Rebbot, Ndlr] à cette époque-là, des chansons que l’on écoutait beaucoup. C’est une part de notre vie avec les enfants. Et sur Dites-lui que je l’aime, la musique vient soutenir une partie plus intime, plus en souffrance. Elle illustre une part moins légère et plus intime, dense. Je dirais même fantomatique.

    Dans des styles bien différents mais autobiographiques, « L’amour flou »

    et « Dites-lui que je l’aime » expriment les relations filiales. La réalisation, c’est la quête de l’intime à vos yeux ?

    R.B. : C’est compliqué de répondre car j’aime tellement de cinémas différents. Les deux sujets de mes films se sont imposés comme des intimes convictions. Pendant l’aventure de L’amour flou, c’est ce qui m’a donné la force de devenir réalisatrice avec un sujet qui partait tellement de mon intime mais qui me semblait à la fois universel. Malgré l’intime, il y a une fable à partager avec les gens. Ce film partait de mon réel, de ma vie avec mes enfants et leur père, puis la famille, la rupture du lien, la reconstruction, l’amour. En ce qui concerne Dites-lui que je l’aime, c’est parti du livre de Clémentine Autain, mais qui a touché quelque chose de très personnel. Et nos deux histoires me semblaient tellement rejoindre mille autres histoires. Après, il est clair que j’ai pour l’instant été guidée par le fait qu’il fallait que ces histoires passent par moi pour être les plus loyales et justes possible.

    Des histoires et films féministes aussi ?

    R.B. : Je parle de femmes dont on n’a pas tellement pris soin. Des femmes dont la vulnérabilité mais aussi l’entièreté des désirs et contradictions n’ont pas été comprises par la société. Des femmes à la fois audacieuses et dans une quête de liberté. Des femmes fragiles et vulnérables qui ont peut-être été utilisées dans leurs milieux respectifs, dont les fragilités n’ont pas été soignées. On parle presque de femmes dont le désir est trop vaste, trop singulier pour être entendu et soigné.

    Vous serez à Marseille quelques jours après les résultats des élections municipales, où l’extrême droite prétend à la victoire. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    R.B. : Je rechigne un peu à m’exprimer là-dessus mais le danger et la menace de l’extrême droite sont immenses. C’est dur de s’exprimer sur ce sujet sans dire de banalités. Partout où le RN menace de l’emporter revient à un désespoir. Une crainte folle. Cela serait une erreur historique, le pire chemin à emprunter qui répond hélas à une souffrance chez les gens. En plus de cela, le sentiment de trahison qu’éprouvent les femmes et hommes vis-à-vis de la médiocrité du spectacle politique est permanent. Cela mène à une espèce de colère, de sentiment d’isolement, d’abandon. Ça peut faire emprunter un chemin mortifère. À Marseille et partout ailleurs.

    Une ville dans laquelle
    vous avez des souvenirs
     ?

    R.B. : Oui, beaucoup. J’ai une relation privilégiée avec cette ville. J’y viens souvent pour mon travail. Je suis aussi passée par le théâtre du Gymnase où lorsque j’avais 20 ans, on avait créé Roméo et Juliette. Des souvenirs qui s’égrènent au fil des années. Les Goudes, Callelongue… J’ai même voulu m’installer, comme tous les bobos de mon espèce, à Marseille.

  • Des balades poétiques et littéraires dans la ville

    Des balades poétiques et littéraires dans la ville

    Ainsi, au gré de textes d’auteurs plus ou moins connus, mais aussi de musiques et d’images d’archives en lien avec le quartier mis à l’honneur, vous cheminerez entre le XIXe et le XXe siècle. L’occasion de découvrir les dancings du début du XIXe siècle, des récits de Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore ces témoignages oscillant entre joies et misères, des punaises de lit aux nuits à la belle étoile.

    Juliette effectue un long travail de recherche pour construire chacune de ses balades. « Il me faut plusieurs mois pour construire une balade.Elle se met en place au fil de mes lectures ou de mes trouvailles, avec toujours l’objectif et l’envie de faire participer le public », continue la guide.

    Une balade le 22 mars

    Elle ajoute : « Certains textes ou parties historiques font appel aux souvenirs des participants ou à des histoires que leur a racontées leur famille. La visite se transforme alors en moment de partage. C’est aussi ça l’intérêt. »

    La prochaine balade, consacrée elle à la Plaine, en passant par le Camas pour se terminer à la Conception, est prévue le dimanche 22 mars, à la même heure. Là encore, il s’agira de découvrir l’histoire des quartiers à travers des textes d’auteurs tels qu’Alexandre Dumas, Jean Giono ou encore Arthur Rimbaud.

    Pour réserver votre balade envoyer un mail à lesbaladesdejuliette@gmail.com

    Entre 13 et 16 euros la place.

  • [Marseille] Tour d’horizon des enjeux secteur par secteur

    [Marseille] Tour d’horizon des enjeux secteur par secteur

    1er secteur (1er et 7e arrdts.)

    La maire (GRS) sortante Sophie Camard qui conduit la liste du Printemps marseillais retrouve face à elle que des grosses têtes : Romain Simmarano le porte-parole (Ren) de Martine Vassal pour la droite, l’écologiste Sébastien Barles (LFI), Clémence Parodi (RN), et Erwan Davoux (SE).

    2e secteur (2e et 3e arrdts.)

    Avec huit listes, ce fief de la gauche, où Benoît Payan a été élu en 2020, est le plus fourni de la ville. La plus grosse opposition pour le maire sortant (PS), Anthony Krehmeier, devrait venir de la France insoumise (Abdallah Salim Alladine). À droite la vétéran, Solange Biaggi peut tirer son épingle du jeu. Le RN sera représenté par Marie Bermejo (RN/Allisio). Isabelle Bonnet (Lutte ouvrière), Juliette Coleou (NPA), Hyacinthe Etoundi (Marseille citoyenne) et Elisabeth Said (Marseille pour tous) complètent le tableau.

    3e secteur (4e et 5e arrdts.)

    Dans les 4-5, un secteur qui a basculé à gauche depuis 2020, le maire (EELV) sortant Didier Jau trouve face à lui Bruno Gilles, l’ex-député-maire (Hor). L’Insoumise Léa Bijaoui et Mathilde Lanté (RP), dont la liste « Reprendre Marseille aux riches » a mené une dynamique campagne, joueront les arbitres. Le RN (Battesti) ne devrait pas exister.

    4e secteur (6e et 8e arrdts.)

    Depuis l’élection du Printemps marseillais en 2020, ce fief historique de la droite, terre d’élection de Jean-Claude Gaudin, a confirmé son basculement à gauche en élisant un député socialiste en 2024. La maire sortante Olivia Fortin (Mad Mars) aura face à elle Catherine Pila (LR) et une figure de l’extrême droite, Jean-Baptiste Rivoallan (RN, ex-LR). Christine Juste (ex-EELV) pourrait coûter des voix au PM, plus que Victoire Diethelm (LFI). Maximilien Touat (DVC) est aussi sur la ligne de départ.

    5e secteur (9e et 10e arrdts.)

    En l’absence de Lionel Royer-Perreaut, élu en 2020, les cartes sont rebattues dans ce secteur où la crainte d’une victoire de l’extrême droite (Eléonore Bez) est forte. La droite a envoyé Laure-Agnès Caradec, la présidente des LR 13, et Benoît Payan a investi Pierre Huguet (G.s). Chez LFI, Myriam Meghraoui espère mobiliser les quartiers populaires. Stéphanie Brun est la candidate de Davoux.

    6e secteur (11e et 12e arrdts.)

    Gros risque d’extrême droite sur ce secteur qui a élu en 2024 une députée RN inconnue. Ce n’est pas pour rien si Olivier Rioult (ex-LR), porte-parole de Franck Allisio, s’y présente. L’équation dépendra du niveau du maire sortant (LR), Sylvain Souvestre. Si la chute de la droite lui est fatale, Yannick Ohanessian (PS) pour le Printemps marseillais pourrait espérer un second tour. Là encore, la mobilisation derrière Radhouane Ouachani (LFI) est l’inconnue.

    7e secteur (13e et 14e arrdts.)

    Sept listes sont en course sur cet ancien bastion de la gauche, et Marion Bareille, la maire (DVD) sortante aura fort à faire. Face à elle, à sa droite, Nora Preziosi (DVD), et sa prédécesseure, Sandrine D’Angio (RN). à sa gauche, la populaire Tina Biard-Sansonetti (PS) pour le Printemps marseillais, Sami Benfers (SE), élu à droite en 2020 avant de rejoindre les bancs de gauche, Mohamed Bensaada (LFI) qui retente sa chance après plusieurs échecs, et le trotskiste Frédéric Gourc (LO).

    8e secteur (15e et 16e arrdts.)

    À l’extrême nord, le combat s’annonce épique à gauche, dans le fief de Samia Ghali (DVG) où Sébastien Delogu est élu député depuis 2022. C’est Rabyata Boinaheri qui représentera LFI. La droite (Gérard Blanc) ne devrait pas trop exister mais le Rassemblement national (Charpentier) est en embuscade.

  • [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    Ce vendredi au matin, le lycée Montgrand n’a pas ouvert ses portes. Déjà bloqué le 11 mars par les lycéens, après un mouvement de grève massif des enseignants le 10 mars, les élèves ont remis le couvert. Cette fois-ci, « les lycéens, rassemblés en assemblée générale, ont voté démocratiquement la poursuite du blocage », raconte Angèle, élève de première et militante au syndicat Mouvement national lycéen (MNL). « Nous soutenons leur initiative », indiquent Caroline Roux, Violaine Vandepoorter et Sophia Banoudi, professeures d’histoire-géographie et de français. « Il faut que nos mobilisations convergent, continuent-elles, car avec la perte de 100 heures de notre dotation les conditions d’enseignement, pour nous, et d’apprentissage, pour eux, ne seront plus les mêmes. » Les trois enseignantes craignent par exemple « la suppression des groupes de langues et d’accompagnement personnalisé » et anticipent « qu’il sera compliqué de repérer les difficultés des élèves dans des classes de 32 ».

    Des heurts avec la police

    Au lycée Artaud, les lycéens ont aussi enchaîné un blocus les 12 et 13 mars, avec près de 200 élèves mobilisés selon la préfecture de police. Alors que l’action de la veille s’était déroulée pacifiquement, les forces de l’ordre rapportent vendredi avoir essuyé de la part de certains élèves des jets de projectiles et un départ de feu aurait été déclenché sur un local poubelles dans une résidence en face du lycée. Selon la préfecture, deux lycéens ont été interpellés avant que la situation ne revienne au calme.

    Il s’agit de la septième journée de mobilisation dans les lycées marseillais. Depuis le 5 mars, des élèves et des enseignants des lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Diderot (13e) ou encore Mandela (14e), se relaient pour faire entendre leur colère, entre blocus et piquets de grève. Ils protestent contre la suppression des heures d’enseignement prévue dans les dotations horaires globales (DHG), distribuées par l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée 2026.

    Les organisations syndicales (CGT Éduc et SUD Éduc) appellent à une mobilisation générale et une journée de grève mardi 17 mars, avec un rassemblement à 11h aux Réformés.

  • [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    Classé parmi les besoins physiologiques, cet acte essentiel est effectué plusieurs fois par jour. Mais lequel d’entre nous s’est-il demandé la différence entre s’alimenter ou se nourrir ? Joëlle Zask nous propose d’en discuter ensemble samedi à 17h30. « La question du partage de la nourriture, de l’hospitalité, de la gastronomie est devenue très présente dans le débat sociétal, mais qui y a vraiment accès ? », se demande l’autrice.

    Dépendance alimentaire

    Pour Joëlle Zask « l’alimentation crée de la dépendance au sucre, au gras, aux traitements… En transformant la nourriture en alimentation, on découvre toutes sortes de mécanismes d’asservissement, via l’empoisonnement, le développement d’addiction ou encore la difficulté d’accès aux circuits courts. » Pourtant le développement de l’agro-industrie depuis la révolution verte des années 1960 prétendait être « la seule solution pour nourrir 9 milliards d’êtres humains ». En 2026, le constat est tout autre. Depuis 6 ans, la population mondiale souffre à nouveau d’insécurité alimentaire. « L’obésité tue 3 fois plus que la faim », souligne l’autrice dans ses recherches.

    Sur le simple constat que l’autosuffisance alimentaire n’est pas innée mais acquise, la question du comment donner à manger sans plonger l’enfant dans la vulnérabilité devient essentielle. La grande distribution et ses propositions ultratransformées persuadent d’être la seule alternative. « Ce n’est pas faux, c’est très compliqué de revitaliser les circuits courts, de les reconstruire à partir du moment où on a supprimé toute l’ancienne infrastructure », déplore-t-elle.

    Des plus jeunes aux plus âgés en Ehpad, à travers l’Histoire, les civilisations, les courants économiques, ou simplement les traditions, Joëlle Zask brosse un portrait très réaliste d’une société malade. Et questionne : « Si une société dite démocratique doit permettre à chacun de manger à sa faim, comment sortir de cette spirale ? »

    Conférence samedi à partir
    de 17h30 à la librairie de la Friche (3
    e). Gratuit sans réservation.

    « Donner à manger », éditions Premier parallèle, 201 pages, 17 euros,

  • Un premier tour décisif et indécis pour la bataille de Marseille

    Un premier tour décisif et indécis pour la bataille de Marseille

    Porté au pouvoir en 2020, pour mettre un terme à 25 ans de règne de Jean-Claude Gaudin, le Printemps marseillais (PM) transformera-t-il l’essai ? La question reste entière. Benoît Payan (DVG), installé dans le fauteuil de Michèle Rubirola (EELV) cinq mois après l’élection et un « switch » décrié, mène sa première campagne municipale en son nom. Malgré un mandat sérieux, amputé par le Covid et marqué par la prise en main d’une administration sclérosée, l’ancien socialiste défend un bilan. Imparfait et incomplet sans doute, au regard de l’attente née du drame de la rue d’Aubagne, de la situation des écoles et des problématiques de transports et de propreté inhérentes à la Métropole, mais largement défendable.

    Au fil des semaines, d’ailleurs, les sondages ont laissé un scénario se dessiner. Celui d’un maire sortant, devançant d’une courte tête au 1er tour du scrutin, le candidat d’extrême droite, député de Marignane, Franck Allisio (RN). Tous deux ont été régulièrement jaugés au-dessus des 30%.

    Malgré son absence du terrain et des prises de position à l’emporte-pièce, le candidat du Rassemblement national a capitalisé sur l’étiquette RN et une campagne qui a pris dans les grandes villes une tournure nationale à un an de la présidentielle. Résultat, l’extrême droite n’a jamais semblé aussi haute à Marseille et le risque de voir la deuxième ville de France tomber entre ses mains est réel. Et les conséquences se sont déjà fait sentir sur cette campagne privée d’un véritable débat de fond au nom du vote utile.

    Plusieurs inconnues

    Derrière ce duo, Martine Vassal, présidente de la Métropole et du Département, candidate (DVD) de la droite républicaine largement rassemblée, partie en campagne dès septembre, a, petit à petit, décroché. À force de ne courir que derrière les obsessions sécuritaires de l’extrême droite, elle semble s’être fait avaler. Le débat où Martine Vassal reprend le triptyque pétainiste, « travail, famille patrie » et assume, semble l’avoir définitivement enterré. Juste derrière, le député insoumis, Sébastien Delogu, lui, n’a jamais décollé. Tourné vers les quartiers populaires et chantre du « tous pourris », il semble peiner à convaincre dans une ville qui avait pourtant voté à 31% pour Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2022.

    Tous les quatre en revanche ont toujours été donnés au-delà des 10% et en capacité de se maintenir au second tour. À ce titre, l’ordre d’arrivée, dimanche, sera évidemment déterminant pour se projeter sur le second tour même si le scénario le plus probable semble celui d’une quadrangulaire.

    Plusieurs inconnues concourent à ce flou dans ce scrutin impossible à comparer avec le vote sous covid de 2020 marqué par une abstention record. Le taux de participation d’abord qui pourrait niveler le niveau de la vague brune qui a déferlé aux législatives, au même titre que celui de la droite. Les modalités du scrutin ensuite. Revues dans le cadre de la réforme de la loi PLM, elles n’offrent pas de recul. Reste enfin les autres listes engagées. Elles sont quatre.

    On retrouve deux listes d’extrême gauche Rémy Bazzali (LO) et Coralie Raynaud (POI). à leur côté figure aussi Erwan Davoux (Divers centre). L’ancien collaborateur de Martine Vassal au Département, parti en guerre contre cette dernière, s’est trouvé une alliée de choix avec Nora Preziosi, l’ex-présidente (DVD) de 13 Habitat. Mais l’interrogation la plus forte concerne la candidature de dernière minute de Christine Juste.

    Adjointe chargée de l’environnement du PM, suspendue du parti Les Écologistes et de facto écartée des listes de l’union de la gauche, elle a monté en réaction, une liste attrape-tout dont la propagande n’a même pas pu être livrée à temps. Mais qu’importe, ses bulletins seront dans les bureaux de vote. Et leur couleur verte, la seule des listes inscrites, pourrait convaincre les indécis et hésitants, pensant bien faire en choisissant un bulletin écologiste. Or cette fois, chaque voix comptera.

  • Le président lillois demande à nouveau un report d’OM – Lille

    Le président lillois demande à nouveau un report d’OM – Lille

    Côté lillois, la faveur accordée au PSG, dont la rencontre de la 26e journée face à Nantes a été reportée au 22 avril pour cause de préparation de 8e de finale de Ligue des Champions ne passe toujours pas. Car Lille, adversaire de l’OM le 22 mars, est également encore engagé en Ligue Europe. Et si les choses en restent là, le club devra se rendre à Marseille trois jours après son déplacement à Londres.

    « La Ligue nous avait dit que reporter le match serait difficile à cause du calendrier. Encore une fois, il faut être rationnel. Si on ne peut pas jouer à 20h45 parce que c’est trop dangereux, pourquoi jouer à 17h15 et nous faire sortir au moment où ça va être plus chaud ? » s’interroge Olivier Létang chez nos confrères de L’Equipe. Le président du Losc estime comprendre une partie de la décision. « Le match contre Marseille n’a pas pu être fixé à 20h45 malgré le souhait du diffuseur, Ligue 1+, et de la Ligue de football professionnel, car les autorités compétentes ont considéré qu’il y avait des risques trop importants en termes de sécurité. OK, c’est la position des services de l’État. Ma position à moi est de dire qu’en jouant à 17h15, notre délégation va sortir du stade entre 20h30 et 21 heures. Les premières estimations (des élections municipales, ndlr) sont communiquées vers 18h ou 19h. À 20h30, tout le monde saura quel est le résultat. Donc, si ce n’est pas moi, si ce n’est pas vous, mais la Préfecture de police qui dit qu’il est trop dangereux de jouer à 20h45, pourquoi notre délégation serait plus en sécurité en sortant à ce moment-là ? C’est pour cette raison que j’ai fait une demande de report de ce match, en amont, au conseil d’administration de la LFP qui l’a refusée. » Néanmoins, Olivier Létang espère encore un changement de la part de la LFP. «L’élimination de Marseille fait qu’il y a des dates disponibles» suggère-t-il.

  • Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Finalement la tête de liste LFI, Sébastien Delogu, ne s’est pas montré ce jeudi 12 mars pour le dernier point presse avant le premier tour mais ces colistiers ont largement martelé le message : dans cette campagne de niveau « caniveau », « le vote utile, c’est un vote de conviction » et qu’importe les sondages, ce qui compte, c’est le programme.

    « On a tenu tant bien que mal la barre avec nos 380 mesures » estime Hedi Bounouar, son directeur de campagne, dénonçant entre autres le dénigrement envers son candidat, « comparé à un narcotrafiquant », « les diffamations permanentes », une « campagne d’ingérence numérique de l’étranger par un lobby israélien d’extrême droite selon vos confrères du Monde », s’inquiète d’une potentielle triche électorale. Autant de raisons selon lui pour voter « Marseille fière et populaire » car si le RN progresse, « c’est qu’on ne s’attaque pas aux raisons de fond du fascisme, la crise politique, économique et sociale », complète Paola Hartpence, en lice dans les 2-3.

    Et à l’issue du second tour, la stratégie est claire : « Mettre en place les conditions d’un rassemblement » pour bâtir « un front antifasciste » précise Léa Bijaoui, candidate dans les 4-5, où la démocratie « fera le travail », chacun avec ses convictions mais agissant pour l’intérêt commun. « Si nous sommes qualifiés pour le second tour, nous y participerons d’une manière ou d’une autre, soit on se maintient, soit on participe à ce front », détaille Hedi Bounouar.