Tag: Marseille

  • Les robes noires vent debout contre une Justice au rabais

    Les robes noires vent debout contre une Justice au rabais

    C’est autour d’un pique-nique qu’avocats et magistrats se réunissent ce vendredi. Le rendez-vous est prévu entre 12h30 et 13h30, devant le palais Monthyon (6e). Une pause déj, oui. Mais pas n’importe laquelle. Les représentants de la justice se dressent ce midi contre le nouveau projet de loi Sanction utile rapide et efficiente (SURE) porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Un programme que le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature considèrent « méprisant » pour la victime comme pour l’accusé.

    « Une Justice plus rapide mais moins éthique »

    Des procès qui traînent sur plusieurs années. Une justice parfois trop lente pour répondre aux besoins de chacun. Selon un rapport du gouvernement, le nombre de dossiers criminels en attente d’un jugement a doublé ces 5 dernières années. Manque de moyens matériels et humains, accroissement des plaintes, notamment dans les affaires sexuelles. Les instances peinent à traiter les plaintes. En « réponse », le ministre de la justice Gérald Darmanin présente en janvier un tout nouveau décret (SURE) qui comporte plusieurs volets. Parmi ces lois, on retrouve l’éventuel « plaider-coupable » qui s’appliquait déjà sur les petits délits depuis 2004. Si le texte entre en vigueur il serait aussi possible d’y avoir recours dans les affaires de crimes. Plus de séance en Cour de Justice, plus d’audience publique. Seulement l’accusé face au parquet, entre les quatre murs de son bureau. Une « privatisation » des démarches de condamnation selon Zoé Poncelet, avocate au Barreau de Marseille. « Cette loi est la goutte de trop qui vient confirmer la prise de position du gouvernement pour une justice plus rapide mais moins éthique. Ce n’est pas une négociation équitable. L’accusé sort de détention provisoire. Affaibli par des conditions de vie compliquées. Il peut facilement céder à de faux aveux », déplore-t-elle. Des textes qui viendraient brouiller les choix et déclarations des personnes jugées. Favoriser les aveux, au risque d’en obtenir de faux sous pression. Et qui ne laisseraient plus tellement de place aux plaignants. L’avocate poursuit : « C’est bénéfique et libérateur pour les victimes de débattre sur la peine. Pour certains, il faut plusieurs années. Le procès est parfois le théâtre de nombreux rebondissements. » À la suite des négociations, la partie civile aurait 10 jours pour s’opposer ou non à l’accord. Un délai que l’avocate considère « insuffisant ».

    Julie Jarno, responsable de la commission pénale à Marseille confirme. Selon elle, ces mesures s’inscrivent dans un changement de couleur politique de notre système judiciaire.

    Revirement des valeurs

    de notre République

    « Contrairement à d’autres pays comme les États-Unis, l’aveu est, en France, un élément parmi tant d’autres. Avec cette réforme, il devient une preuve principale. C’est un revirement complet des valeurs de notre République. » Faciliter les démarches, alléger les dossiers en attente de procès. Mais à quel prix ? SURE fait suite à plusieurs lois récemment adoptées notamment en 2023. On y compte la création des Cours Criminelles Départementales. Avec des délais d’audience écourtés, en grande partie utilisés pour les affaires d’agressions sexuelles. Bien qu’elles soient rapides, les séances sont dispensées de participation citoyenne. Dès 2025 la possibilité de téléconsultation en garde à vue pour les accusés qui nécessitent de l’aide médicale. Un dispositif qui remet en doute le respect du consentement éclairé ainsi que le secret médical. Et enfin cette année, le projet de loi RIPOST qui promet plus de pouvoirs pour les polices municipales. Des mesures jugées « punitives et répressives » pour Julie Jarno et qui, selon elle, « préparent le terrain pour une possible arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’ici la prochaine élection présidentielle ».

    La commission des lois du Sénat examinera le texte en séance publique les 13 et 14 avril. Le ministre de la Justice se dit toutefois « prêt à discuter ».

  • Rue de Tivoli, l’hommage et le sentiment d’abandon

    Rue de Tivoli, l’hommage et le sentiment d’abandon

    L’hommage sans discours est ponctué d’une minute de silence et d’un dépôt de gerbes au pied d’une plaque commémorative, accrochée par le collectif Tivoli-9 avril, où figurent les prénoms des victimes. Huit bougies sont allumées. « On a décidé d’un recueillement intime et de cette plaque pour interpeller parce qu’on se sent oublié et envahi par les tagueurs. On commence à ne plus y croire, chaque victime se sent abandonnée à ses contrats privés en l’absence d’un accord-cadre », explique Johanne Raimbault, membre du collectif.

    Lettres au Préfet

    Le 9 avril 2023. Une explosion au gaz provoque l’effondrement de deux immeubles, faisant huit morts et entraînant l’évacuation d’environ 350 personnes au Camas. Trois ans plus tard, six immeubles toujours inhabités, les murs de la dent creuse couverts de tags et un permis de construire décrépi, traduisent une situation au point mort. Dans la foule, Didier Jau, le maire (EELV) du secteur ne cache pas son « émotion » avec en tête les images de la nuit du 9 avril. Plusieurs adjoints du Printemps marseillais sont présents. Avec eux, le vice-amiral, Lionel Mathieu, du Bataillon des marins pompiers et Céline Lefléfian, la directrice de la police municipale.

    « La Direction interministérielle d’aide aux victimes a envoyé un mauvais message », poursuit Johanne Raimbault. Les deux ministres nommés à l’époque ont été démis sans explication en décembre. Le nouveau préfet ne répond pas. « Je pense qu’ils n’y croient plus… Le dernier Comité local d’aide aux victimes pour monter accord-cadre a eu lieu en mai sans résultat. » Celui de décembre a été annulé. Ce long bras de fer avec les assurances et la disparition de dispositifs d’aide aux victimes alimentent le sentiment d’oubli. « Seul un accord-cadre permettrait une indemnisation groupée et le maire Benoît Payan a de nouveau écrit au Préfet pour demander avec toute la force de la ville qu’il puisse intervenir », reprend Didier Jau.

    L’information judiciaire se poursuit. L’enquête vise à déterminer le mécanisme ayant conduit à l’écoulement du gaz et l’explosion. Elle pourrait être clôturée dans l’année à l’issue d’une contre-expertise toujours en cours. Aucune mise en examen n’a été prononcée.

    « On continue à se battre puisqu’on est renvoyé à notre assurance privée », reprend Johanne Raimbault. « Notre combat maintenant sera aussi de faire évoluer la loi car il y aura d’autres accidents collectifs de ce genre, pour que les prochaines victimes ne subissent pas la double peine qu’on vit. »

  • Criminalité organisée : Laurent Nunez vient faire l’état des lieux

    Criminalité organisée : Laurent Nunez vient faire l’état des lieux

    Suite à une visite en février, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, est finalement de nouveau attendu dans la cité phocéenne ce jeudi 9 avril. Précédemment accompagné du ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun pour causer un peu prévention et beaucoup répression, c’est seul qu’il vient faire un point cette fois-ci sur la lutte contre la criminalité organisée et « l’état de la menace en France et à Marseille ».

  • Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    « Sous la dictature du régime de Vichy, La Marseillaise résistait à l’occupation nazie. Nos fondateurs risquaient leur vie pour briser le mur de désinformation et la censure. » C’est autour d’une table ronde que Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise raconte aux élèves l’histoire du journal. Il en profite pour évoquer les différentes notions associées au paysage médiatique : transparence journalistique, pluralisme, déontologie. Des discussions sur les outils nécessaires pour appréhender, vérifier, situer l’information. Après quelques échanges, le directeur tend un journal pour le présenter à la classe. Certains connaissaient déjà, d’autres un peu moins…

    « Tombée dans

    la désinformation »

    Après avoir levé sa main, Briac rétorque : « C’est démodé les journaux ! » Il réajuste ses lunettes, puis tente de se justifier entre les quelques rires de ses camarades. Le jeune garçon de troisième scolarisé au collège Sylvain-Menu n’a pas pour habitude de lire le journal. Et il n’est pas le seul. Sur la quelque vingtaine d’élèves du collège du 9e arrondissement, la plupart s’informe sur internet. C’est le cas de Chloé, qui raconte être déjà tombée dans la désinformation. « Sur les réseaux sociaux nous n’avons même pas à chercher l’actualité, elle nous tombe dessus. C’est plus simple, plus rapide, et gratuit. Il faut cela dit faire attention à ne pas se faire avoir par l’IA ! », réplique-t-elle avec humour. Sur ces nouvelles plateformes, on retrouve en outre, des vidéos générées par l’intelligence artificielle, qui mettent en scène des situations inventées de toutes pièces.

    Pour Laurent Bedos, professeur d’histoire-géographie, il est important de sensibiliser les collégiens à la désinformation le plus tôt possible. « Cette visite s’inscrit dans le programme d’éducation morale et civique. J’ai pour habitude de pousser mes élèves à réfléchir. S’intéresser au monde qui les entoure. Les confronter à des idées qui ne sont pas les leurs. »

    Apprendre à se renseigner

    L’objectif : savoir se renseigner correctement pour prendre du recul sur ce que l’on apprend. Confronter, comparer, opposer. Maîtriser sa gestion de l’information et ne pas tomber dans la propagande. Après une visite de l’open space, le groupe se dirige vers l’entrée. Au mur, des plaques gravées du nom de personnes qui ont perdu la vie pour la liberté de la presse et pour que vive La Marseillaise. Mala Kriegel, Jean De Bernady, Léon Paranque. Le directeur éditorial en profite pour rappeler : « Mala Kriegel s’est faite mitrailler alors qu’elle distribuait un tirage de La Marseillaise pendant l’insurrection pour la libération de Marseille. Les personnalités inscrites sur ces plaques se sont battues pour qu’aujourd’hui, vous ayez le choix du média sur lequel vous vous informez. » La pluralité. Mais encore faut-il savoir faire le bon choix. Selon lui : « Une partie des jeunes s’informe sur les médias traditionnels. L’autre exclusivement via les réseaux sociaux. C’est très inégal. Les matinées de sensibilisations comme celle-ci sont nécessaires pour que tous les collégiens partent avec le même bagage. »

  • La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    « Dans les Bouches-du-Rhône, plus de la moitié des salariés travaillent hors de leur commune. Le carburant n’est pas un choix, c’est une nécessité pour vivre et travailler. Chaque hausse est donc une attaque directe contre leur pouvoir d’achat. » C’est l’alerte lancée par l’UD CGT 13 dans le cadre d’un appel à la mobilisation, ce jeudi à 18 heures, autour de la hausse des prix des carburants depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    « 24 milliards de profits »

    L’organisation syndicale dénonce notamment une « spéculation » pour essence, diesel et autres produits pétroliers pétrole, en lien avec ces « tensions géostratégiques ». « Dans notre département, la plateforme pétrochimique de Lavéra génère près de 5 millions d’euros supplémentaires de profits par jour depuis le début du conflit ! », prend pour exemple l’UD CGT. Avant de pointer plus globalement « 24 milliards d’euros de profits supplémentaires pour les raffineurs et distributeurs, avec, pour les grands groupes pétroliers et pétrochimiques, une explosion de leurs profits ».

    D’où le rassemblement afin de revendiquer « l’augmentation générale des salaires, l’encadrement des prix de l’énergie et la taxation des superprofits liés aux crises ». Et surtout montrer « le refus que les salariés paient pendant que d’autres s’enrichissent ». « Ce que les salariés, retraités, et précaires perdent à la pompe, les multinationales le gagnent en profits. La guerre et les crises servent de prétexte à l’enrichissement d’une minorité », martèle l’Union Départementale.

  • Rue de Tivoli : l’hommage aux victimes avec l’amertume sur l’accord-cadre oublié

    Rue de Tivoli : l’hommage aux victimes avec l’amertume sur l’accord-cadre oublié

    « Nous nous réunirons pour ne pas oublier l’explosion effroyable qui a eu lieu à cet endroit et qui a coûté la vie à huit personnes, Anna, Anne-Marie, Antonietta, Marion, Nicole, Jacky, Jacques et Michael, pour nous remémorer cet instant qui a aussi démoli deux immeubles, entrainé le délogement de plus de 300 personnes, délogement encore d’actualité pour certain-es d’entre nous – et modifié à jamais le visage de tout un quartier », déclare le Collectif Tivoli 9 Avril dans un communiqué.

    L’information judiciaire est toujours en cours. Trois immeubles impactés par l’explosion n’ont pas encore vu débuter des travaux, deux immeubles et une maison de fond de cours sont en attente d’une totale reconstruction et plusieurs immeubles alentour sont encore en travaux partiels ou en attente de travaux.

    Ses membres remercient les marins-pompiers, les associations et les commerçants, les solidaires qui leur ont tendu la main, leur ont offert aides psychologiques et financières, recherches de logement, dons et matériels. Ils saluent aussi les agents municipaux dans l’accueil des 350 évacués, la mairie de Marseille « toujours présente dans notre combat pour l’élaboration d’un accord-cadre avec les assurances, qui permettrait d’indemniser les victimes à hauteur des préjudices réels », mais aussi les différents préfets, avocats qui les accompagnent et les soutiennent. Depuis le débarquement des deux coordonnateurs nommés en 2023 par la Première ministre, Élisabeth Borne, ce renoncement des autorités à aboutir à un accord-cadre avec les assurances « pour encadrer des dépenses exceptionnelles dues à un accident exceptionnel », ne passe pas.

  • Une nouvelle cuvée pour les Carreaux du cœur du Mondial

    Une nouvelle cuvée pour les Carreaux du cœur du Mondial

    L’opération Les Carreaux du cœur fait son retour en 2026 à l’occasion du Mondial La Marseillaise à pétanque (3 au 8 juillet). Reconduite pour une nouvelle édition, cette initiative solidaire transforme les moments spectaculaires des parties télévisées en gestes concrets de soutien au monde associatif. Le principe originel : chaque carreau réalisé à l’écran est primé. À l’issue de la compétition, la somme récoltée est répartie entre plusieurs associations partenaires. L’occasion est surtout le prétexte à une mise en avant des associations et de leurs actions.

    Depuis sa création, l’opération a permis de soutenir près d’une vingtaine de structures engagées dans les domaines de la solidarité, de la santé, de l’inclusion et de l’aide humanitaire dont la Ligue contre le cancer, le Secours populaire, Vaincre la mucoviscidose, Électriciens sans frontières, l’Unicef, Gefluc, ou Féminité sans abri. Autant d’acteurs dont l’action s’est trouvée renforcée par la ferveur populaire du Mondial.

    En 2026, trois nouvelles associations intègrent le dispositif : Massajobs, Handident Paca et Maison Dacor. À leurs côtés, une quatrième structure bien connue du Handi Mondial, le Ramh, sera également présente dans le parc Borély à leurs côtés.

    Massajobs

    Implantée au cœur des quartiers prioritaires de Marseille, Massajobs agit depuis dix ans pour rapprocher les habitants du monde professionnel. Active à travers sept antennes dans la ville dont une à la Belle de Mai, à Malpassé et à Kallisté, l’association mise sur une présence de terrain : porte-à-porte, cafés de rue, accueil sans condition et accompagnement personnalisé, sans limite de durée. En créant des passerelles avec les entreprises et en s’appuyant sur plus de 100 professionnels bénévoles, Massajobs entend redonner confiance et perspectives. En 2024, 450 personnes ont été accompagnées, avec 219 réussites vers l’emploi.

    Handident Paca

    Handident Paca œuvre pour l’accès aux soins buccodentaires des personnes en situation de handicap et des personnes âgées dépendantes. Grâce à une offre mobile composée d’un bus de soins, de véhicules dédiés et de cabinets éphémères en Ehpad, l’association pallie les difficultés de mobilité et de suivi médical. En 2026, de nouvelles conventions avec le Centre hospitalier d’Arles et le conseil départemental des Bouches-du-Rhône viendront renforcer son réseau, illustrant une approche inclusive et territoriale de la santé.

    Maison Dacor

    Créée en 2014, Maison Dacor (Développement des apprentissages, des compétences et des réalisations) lutte contre l’isolement des personnes en situation de handicap en favorisant l’accès aux loisirs, à la culture et aux rencontres. L’ouverture, en janvier 2025 à Aubagne, de la Maison Dacor marque une étape clé : un tiers-lieu chaleureux proposant ateliers artistiques, activités de bien-être et temps de répit pour les aidants. Des initiatives ouvertes au grand public viennent compléter cette démarche inclusive.

    Ramh

    Partenaire historique du Handi Mondial, le Relais d’aide matérielle aux handicapés (Ramh) transforme depuis 22 ans le recyclage en solidarité. Une mobilisation hebdomadaire portée par des bénévoles, pour qui chaque geste compte. Bouchons, lunettes, matériel informatique ou radiographies collectés ont permis de financer plus de 320 000 euros d’aides directes et matérielles. En 2025, avec 430 kilos de bouchons plastiques, métal et liège, le Mondial La Marseillaise figurait dans le top 10 (8e position) des plus grosses collectes de l’année. L’ambition, cette année sera de viser le top 5.

    Avec les Carreaux du cœur, le Mondial La Marseillaise rappelle que la pétanque peut aussi être un jeu de générosité.

  • L’Urssaf Paca pousse la lutte contre le travail dissimulé

    L’Urssaf Paca pousse la lutte contre le travail dissimulé

    « La lutte contre le travail dissimulé et toutes formes de fraude est la condition même du maintien de la pérennité de notre modèle social », rappelle Franck Barbe, directeur de l’Urssaf Paca à l’occasion de la présentation du bilan 2025.

    L’année a été particulièrement réussie avec un nouveau montant record de redressement. « Les résultats prouvent notre haut niveau de performance. Sur le travail dissimulé, on a atteint plus de 95 millions d’euros de redressement en Paca sur un total national de 1,5 milliard d’euros », expose Karine Mos, directrice juridique et contrôle. Pour rappel, l’Urssaf Paca a encaissé 38,37 milliards d’euros en 2025 de cotisations auprès de 762 756 usagers.

    « Nous avons renforcé nos ciblages en continuant à nous appuyer sur l’intelligence artificielle qui croise des masses de données et permet de mieux scorer les entreprises les plus à risques pour cibler nos contrôles », développe Karine Mos. « Les procédures de recouvrement des créances frauduleuses sont elles aussi optimisées pour éviter de laisser ces usagers organiser leur insolvabilité et récupérer au maximum les sommes puisque la mission principale de l’Urssaf est de financer le système de sécurité sociale français. »

    156 inspecteurs aidés

    de 30 contrôleurs

    C’est ainsi qu’en Paca, 156 inspecteurs spécialisés traquent la fraude, appuyés par 30 contrôleurs qui épluchent les documents. Parallèlement aux outils IA, le système s’appuie aussi sur un plan de contrôle aléatoire « de manière à respecter l’équité de traitement sur la totalité du territoire ». En 2025, 3 726 actions de lutte contre le travail dissimulé ont été engagées en Paca. 707 portaient sur des objectifs ciblés (367 employeurs et 340 travailleurs indépendants). 87% ont donné lieu à un redressement avec transmission au parquet et dépôt de plainte. On y trouve surtout les secteurs du BTP, de la sécurité privée et des métiers de bouche. 102 actions ont ensuite été exploitées par des officiers de police judiciaire et des inspecteurs du travail. 2 917 actions ont donné lieu à de la prévention et de la pédagogie.

    Les méthodes de fraude ne cessent d’évoluer. Il faut s’adapter aux plateformes numériques d’intermédiation et d’économie participative (meublés touristiques, aide à domicile, etc.). « Des procédures de fiabilisation sont engagées auprès des auto-entrepreneurs et des travailleurs indépendants. On croise les fichiers en comparant les chiffres d’affaires et les recettes déclarées à l’Urssaf et au fisc », détaille Pierre Donadey, directeur des relations usagers. Depuis 2023, 135 millions d’euros ont ainsi été récupérés via le guichet de régularisation.

  • L’OM dévoile le 12e logo de sa longue histoire

    L’OM dévoile le 12e logo de sa longue histoire

    C’est un bout de la longue histoire de l’Olympique de Marseille qui s’est écrit ce mercredi 8 avril. Lors du diner de gala du programme « Treizième hOMme », organisé dans l’agréable cadre du Fort Ganteaume, le club a révélé son nouveau logo. Le douzième écusson de l’OM est donc bien né et sera utilisé par les Olympiens dès la saison prochaine. Un emblème moins volumineux, plus épuré, avec le « M » encastré dans le « O », le slogan « Droit au but » toujours présent en compagnie de l’étoile symbolisant la Ligue des Champions 1993. Autre paramètre modifié sur ce logo : la couleur. Le bleu ciel n’est plus et laisse sa place à une teinte plus foncée. Alban Juster, président intérimaire, évoque la genèse de ce blason : « Ce qu’on se dit déjà, c’est que ce logo, c’est un travail, c’est l’aboutissement d’un travail de quasiment 24 mois. Le dernier logo, on l’a eu pendant 20 ans, donc celui-ci, on l’aura probablement plusieurs années. »

    Un écusson qui serait inspiré de celui utilisé entre 1935 et 1972, qui, en effet, se veut plus minimaliste et finalement plutôt ressemblant. Pourquoi ce changement d’identité ? Sous la présidence de Pablo Longoria, le club propriété de Frank McCourt avait émis l’idée d’une modernisation jusqu’aux emblèmes. Tourné vers le monde, l’OM se veut maintenant plus qu’un club, une marque reconnue et un business en développement. Cette modification arrive seulement quelques semaines après le déménagement d’une partie de la branche administrative au 480 avenue du Prado, pour rapprocher l’équipe du Vélodrome et de la ville.

    Pas au goût des supporters

    Le dernier changement de logo remonte à un temps que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître. 2004, Robert Louis-Dreyfus est encore le propriétaire de l’OM, l’ancien journaliste Christophe Bouchet en est son président et Pape Diouf arrive en tant que manager général. Les Phocéens s’inclinent par ailleurs en finale de la Coupe UEFA contre Valence. Une autre période.

    Retour en 2026. Ce mercredi, dans les rues de Marseille, les supporters étaient unanimes à la vue du design de cet écusson. « Je n’aime pas », « trop simple », « basique »… Les avis sont tranchés. Mesut fait partie de ces fans-là : « C’est une blague. Comme c’est la période du 1er avril, je me suis douté au début. L’actuel est magnifique, je ne l’aurais pas changé. » Sa fille, maillot domicile sur les épaules, découvre le logo sur le moment et poursuit : « Il est trop minimaliste, on dirait celui d’une marque de voiture. »

    Mickaël, supporter originaire de Charente-Maritime, termine ses emplettes à la boutique officielle située sur la Canebière. Lui aussi rejoint l’avis de la majorité. « Je n’aime pas du tout, comme beaucoup de gens je suppose. Je ne sais pas, c’est peut-être à la mode, je ne suis pas designer. Mon logo préféré est celui de 1999. Le nouveau, on dirait qu’il y a des gouttes au milieu », décrit-il. Beaucoup sur les réseaux sociaux ont également remarqué ce détail. La façon dont l’intérieur du logo est designé laisse apparaître des gouttes. Un emblème peu populaire, mais qui sera bien celui de l’OM pour la saison 2026-2027, au minimum.

    Le Vélodrome touché par les pickpockets

    D’après une étude menée par les spécialistes de la billetterie sportive SeatPick, le stade Vélodrome est le 2e stade le plus touché par les pickpockets les jours de match. Le Grenoble Foot 38 arrive en tête de ce peu glorieux classement avec plus de 42 vols pour 1 000 habitants. L’Olympique de Marseille arrive donc deuxième avec un taux de 38,18 vols pour 1 000 habitants.

    Montpellier complète ce podium (35,01), alors que le FC Metz, adversaire cette semaine de l’OM en Ligue 1, affiche un score au plus bas, dépassant à peine les deux vols. Notons que Paris est en tête du classement, mais regroupe trois clubs, d’où sa non-présence au sommet du tableau.

    P.G.

  • [Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »

    [Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »

    La Marseillaise : Il se murmure que vous songez à vous présenter aux sénatoriales. Êtes-vous candidat ?

    Renaud Muselier : J’annoncerai ce jeudi à ma majorité, avec une expression orale ce vendredi lors de la plénière qui a lieu pour le budget, ma décision d’être candidat. Après les municipales, la prochaine étape, qui est la mère des batailles, c’est la présidentielle. J’entends y participer dans le cadre de ce que je sais le mieux faire : avoir un candidat unique et des soutiens rassemblés pour gagner. Depuis ma position de président de Région, ma voix n’est pas assez forte. J’ai donc décidé d’être candidat au Sénat. Je pense que j’ai servi mon pays en servant la région, je veux désormais servir notre région en servant mon pays. Nous avons ici le sentiment du travail accompli et la certitude que nous avons été un laboratoire d’innovation politique. Nous avons créé une majorité plurielle, c’était une nécessité imposée par la contrainte, puis nous avons eu une pratique du pouvoir, un exercice novateur de l’expression de l’intérêt général, une manière de gouverner en additionnant les différences qui a prouvé qu’il était possible de demeurer fidèle à ses idées et ses valeurs sans sombrer dans le sectarisme ou la brutalité des comportements. Ici à la Région, on a multiplié les succès, su faire face aux crises, donné une ligne, un cap. On a surtout su suppléer aux insuffisances d’un État obèse, au mieux engourdi, au pire pétrifié. Et aujourd’hui je vois qu’à l’Assemblée un certain nombre de parlementaires veulent s’en prendre aux régions au prétexte d’une proposition sur l’Alsace, avec, au bout, un dépeçage de notre organisation territoriale. Je le refuse. Les Régions ne sont pas des territoires avec lesquels on peut faire sécession au gré des humeurs du moment ou des petits calculs électoraux. C’est dans ce contexte que je serai candidat aux élections sénatoriales en septembre.

    Cela signifie-t-il que vous quittez le conseil régional ?

    R.M. : Si je suis élu, je céderai la présidence tout en restant conseiller régional ayant en charge les Jeux olympiques, les affaires internationales et l’Europe.

    À qui souhaitez-vous céder la présidence ?

    R.M. : Question naturelle. Mais la réponse s’inscrit dans un cadre plus large et plus collectif. Quels sont les enjeux ? Un certain nombre de personnes dans la majorité régionale vont faire campagne pour la présidentielle, je veux garantir cette liberté pour chacun mais protéger la Région des turbulences que cela peut générer. Après, il faut un profil type et mécaniquement un respect territorial. Quand on regarde les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, qui ne manquent pas de gens de qualité. C’est trop petit. Le Vaucluse, il y a des évolutions politiques avec la victoire à Avignon mais il y a trop de travail pour venir ici. Dans les Bouches-du-Rhône, tout le monde est servi. La victoire de Nicolas Isnard fait en sorte que la totalité des vice-présidences de droite et du centre à la Métropole Aix Marseille Provence, sont des membres de ma majorité. Dans les Alpes-Maritimes, le désordre est encore important. Il faut attendre tranquillement que ça se décante et que les écuries se définissent dans le cadre de la présidentielle. Donc on arrive dans le Var. Je pense que le profil type c’est quelqu’un qui a été élu et réélu…

    … Dès le premier tour ?

    R.M. : Quelqu’un qui est président d’une communauté d’agglo, qui a participé à la victoire à Toulon, qui est vice-président à la Région. Un profil type s’écrit naturellement. Mais ce n’est pas le débat du jour. C’est l’organisation qui est importante. Les vice-présidents resteront vice-présidents. Le cabinet restera le cabinet. Les équipes resteront les équipes. C’est l’intelligence collective qui doit perdurer.

    Avec François de Canson dans votre fauteuil, ce serait la première fois qu’un Varois accéderait à la présidence de la Région.

    R.M. : D’abord je veux dire que cette démarche que j’engage s’est faite dans d’autres régions. C’est vrai en Bretagne avec Jean-Yves Le Drian et Loïg Chesnais-Girard, dans les Pays de la Loire avec Bruno Retailleau et Christelle Morançais, en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke… Ça s’est fait deux fois dans le Grand est, c’est désormais M. Leroy qui en est président. C’est susceptible d’arriver en Corse avec l’élection de M. Simeoni à la mairie de Bastia. Ensuite, le Var est un département qui a beaucoup grossi, il est de même taille que les Alpes-Maritimes en réalité, donc il n’est pas incohérent qu’il puisse nous donner un président.

    En apprenant votre décision, certains diront que vous désertez le combat des prochaines régionales, qu’elles sont perdues d’avance.

    R.M. : On m’a toujours annoncé que je vais perdre. C’est assez amusant parce que tout en disant cela, on me demande toujours de partir au combat. On m’avait annoncé la défaite aux régionales, le raz-de-marée RN aux municipales. Ils sont où ceux qui ont annoncé cela ? Peuvent-ils ressortir leurs écrits, leurs propos, leurs passages télé pour nous expliquer qu’on allait tous être dévorés ? La vérité c’est que sur 29 têtes de liste issues de ma majorité, 28 sont gagnants ! Il n’y en a qu’un qui a perdu, c’est Nice. C’est à part. Quand je regarde le nombre de communes dans la région et que j’additionne les listes divers droite et sans étiquette qui forment ce grand collectif de la droite et du centre, j’en ai 94% ! 2,5% d’extrême droite. Ont-ils progressé ? Oui. La pression est-elle importante ? Oui. Mais avec ma méthode régionale, ils perdent systématiquement.

    Peut-on appliquer la méthode Muselier sans Muselier ?

    R.M. : Je ne suis pas unique au monde. C’est une technique, une méthode, un mode d’emploi. Tous ceux qui ont gagné dans leur commune, l’ont suivi. J’ai toujours dit « ne soyez pas candidats les uns contre les autres », ils ne l’ont pas été. Ça marche quand même. Partout où il y a eu division, il y a eu défaite. Vous voulez qu’on parle de Fos ? De Menton ? De La Seyne ? De Carpentras ? Oh ! Quand il y a l’union avec du travail dans la proximité, de l’efficacité, comme chez M. Isnard, ce sont des endroits où le RN est à 60% et nous gagnons à 80%. Le national ce n’est pas le local !

    La méthode d’unité maximale
    de la droite et du centre a été éprouvée à Marseille et n’a pas fonctionné. Comment l’expliquez-vous
     ?

    R.M. : Je pense qu’on a eu dans la région une efficacité maximum sauf pour Nice et Marseille. D’abord l’extrême droite n’a pas gagné ce scrutin, je remercie tous ceux qui nous ont aidés à ce qu’elle ne le gagne pas et j’en veux beaucoup à ceux qui se sont divisés pour la faire gagner. À Fos, c’est les divisions de la gauche, à La Seyne, ce sont les miens qui font perdre. Et à Toulon, c’est tous ensemble qu’on gagne. Bravo Mme Massi, merci M. Bonnus et Mme Brunel.

    Vous faites comme si Marseille et Nice étaient des exceptions. Ce sont de très grosses exceptions !

    R.M. : D’abord sur l’exception marseillaise, je soutiens Mme Vassal, c’est mon amie. Ça n’a pas marché. Je le regrette. Il y a toutes une série de paramètres qui entrent en compte. M. Payan n’était pas mon candidat mais il a été élu par les Marseille. Respect. Bravo. Je lui fais ma salutation républicaine. Mais la ville était à gauche, elle reste à gauche. On ne l’a pas perdue.

    Vous avez perdu les élections…

    R.M. : Oui mais on garde la Métropole.

    Avec une ampleur historique.

    R.M. : Ça n’a pas marché du tout. Et ça me gêne tout particulièrement parce que j’étais le président de son comité de soutien. Donc je le prends aussi pour moi. Quelque part c’est une claque pour moi aussi. Certains m’ont dit « tu comprends j’aime pas Vassal », mais pourquoi tu ne votes pas pour moi alors puisque je la soutiens ? Bon, on a fait 5. Ça arrive dans la vie. On fera plus la prochaine fois ! J’ai essayé de fabriquer une nouvelle génération. Il y a plein de jeunes très bien dans cette équipe, il y a des moins jeunes qui sont malheureux et je suis malheureux pour eux. C’est une page qui se tourne, une autre s’écrira. M. Payan est conforté et pour la première fois de sa vie, il est élu maire. Tant mieux pour lui.

    Et Nice ? Que s’est-il passé ?

    R.M. : Je ne sais pas comment l’histoire s’écrira. Est-ce que ce sera le fruit de la haine de deux hommes qui ont tout fait ensemble ? Ou d’une brillante stratégie de l’un par rapport à l’autre dont le bilan exceptionnel n’a pas pesé ? Ou l’histoire d’un mec d’extrême droite qui cache l’étiquette et demande à Bardella de ne pas venir ? Pour quelle raison la gauche ne s’est-elle pas retirée ? Est-ce justement toute cette histoire commune qui fait que là-bas, elle ne veut pas ? Il nous faudra prendre du recul, analyser les erreurs. Contrairement à Marseille, il y aura des conséquences nationales. Il y a un RN camouflé en union des droites qui avance d’une manière terriblement efficace.

    Les épreuves des JO prévues à Nice auront-elles lieu à Lyon ?

    R.M. : D’abord je ne parle jamais du plan B même s’il existe. Le plan A, c’est le projet Estrosi-Muselier validé par le comité d’organisation des Jeux olympiques, les fédérations nationales et internationales et le CIO, est conforme aux normes des JO. Le projet alternatif de M. Ciotti est au niveau d’un championnat du monde junior d’après ce que me disent les fédérations et le CIO. Il y a quand même un vrai gap. J’ai constaté que M. Ciotti était contre les JO de Paris et puis quand il a vu le succès il a dit que c’était bien. Il était contre le JO à Nice parce que c’était piloté par M. Estrosi et puis il a réalisé en cours de route que c’était bien. Je l’ai eu au téléphone, au-delà des divergences politiques je veux garder les Jeux pour ma région. C’est environ 700 millions de retombées économiques pour Briançon, 700 millions pour Nice, 700 millions pour le reste. Tous ceux qui ont gagné les élections dans les Alpes sont pour les Jeux. Lui, maintenant, il est demandeur. On n’a pas le choix, il faut décider entre le 20 et le 30 avril, il faut lancer les appels d’offres en mai. Nos équipes se sont vues le 1er avril – ce n’est pas une blague – que des techniciens pas de politiques. Prochain rendez-vous le 17 avril. Je pense qu’on va y arriver.

    Vous voulez vous impliquer dans
    la présidentielle, qu’est-ce que cela veut dire concrètement
     ? Vous êtes favorable à une primaire ? Vous êtes candidat dans ce type de dispositif ?

    R.M. : Ça veut dire que ce qui est applicable au plan local pour éviter des défaites et des raz-de-marée doit être bien intégré au niveau national. Munich c’est d’abord les esprits. Il faut se battre ! Je suis viscéralement gaulliste, j’entends me porter à l’avant-garde de ce combat. C’est la présidentielle de tous les dangers. Le pays est divisé. Des clans hostiles s’y affrontent sans se préoccuper de l’intérêt supérieur de la Nation. On assiste à des attitudes irresponsables et j’ose le dire, criminelles, dans un contexte ou la France comme l’Europe sont confrontées à un nouvel ordre mondial. Je suis un des plus vieux, je peux constater avec mon expérience que les rivalités d’ego sont souvent inversement proportionnelles à la qualité de ceux qui les entretiennent. Elles risquent de donner un funeste laissez-passer à une victoire des extrémistes et à une défaite de la France. C’est au Sénat, à l’Assemblée, dans les formations politiques qu’il faut être aujourd’hui pour faire entendre cette voix-là. Il n’en faut qu’un sinon on perdra !

    Comment imaginez-vous procéder pour n’en garder qu’un ?

    R.M. : Dans la mesure où on n’arrive pas à se départager aujourd’hui, il faut au moins avoir un pacte. Travailler sur un socle commun. C’est assez facile sur la santé ou sur l’école. C’est plus compliqué sur les questions économiques et fiscales. Il y a un effort à faire sur les finances, réparti équitablement. Sur l’international aussi. Il faut un pacte sur les valeurs, la laïcité, la performance de notre État. On peut faire ce qu’on veut, si on ne le modifie pas, ça ne marchera pas. Je l’ai dit au président de la République : quand on a fait nos lois olympiques, la loi Notre-Dame de Paris, on a sorti des choses en temps et en heure qu’on aura jamais sorti autrement. Et on n’a pas éclaté le droit du travail ni pété les normes environnementales… Pourquoi on ne ferait pas une grande loi comme ça, pour deux ans, sur la totalité de notre pays ? Pour éviter de mettre 5 ans à faire une crèche et que toutes ces règles qui s’additionnent aux normes coupent les pattes de tout le monde. Il faut simplifier, décentraliser…

    Vous ne répondez pas sur la primaire.

    R.M. : Je n’ai pas la réponse. Je vous ai répondu sur les ego démultipliés. Ça va se décanter. Quand vous êtes un homme de droite comme moi, qui a tout vécu, vous savez que le gagnant d’une primaire un an avant, il est battu. On n’a que ça comme expérience. M. Philippe me va très bien, M. Attal me va très bien, quelqu’un issu de LR me va très bien. Mais il faut qu’il n’y en ait qu’un à la sortie. Ça rentre dans les esprits. Si le bloc central veut être devant Mélenchon, il ferait bien de faire attention à ne pas finir derrière M. Glucksmann.

    Qu’allez-vous proposer ? Un comité de liaison entre les forces de la droite et du centre ? Cette discussion ne peut pas voir lieu qu’au Sénat ?

    R.M. : Je le dis avec humilité, je crois que je suis respecté. On peut m’aimer, ne pas m’aimer mais il est rare qu’on conteste le travail que j’ai fait et mon mode de gouvernance. Mais je vois bien que cette puissance de baron local élu et réélu, ne pèse pas au niveau national. Je suis président délégué des Régions de France… On n’a pas accès au Premier ministre, au gouvernement, au Parlement… Ce n’est pas possible ! Donc jusqu’à maintenant je menais les combats locaux, mais il y a la présidentielle à gagner. Avant je pouvais faire les deux, aujourd’hui on ne peut plus. Il faut que je monte à Paris, que je fasse entendre ma voix et mon expérience.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les sénatoriales sont un scrutin de liste. Avec qui serez-vous candidat ?

    R.M. : Je suis candidat dans un calendrier respectueux de mes amis. Je ne prends la place de personne. Patrick Boré qui était mon ami n’est plus là. M. Le Rudulier ne peut pas être candidat. Peu de gens sont capables de porter un discours rassembleur, anti-extrêmes, pro-décentralisation, pro-place des maires dans la Métropole qu’il faut revoir au plan législatif. La liste viendra.

    Vous êtes Marseillais donc il vous faut une Aixoise en numéro 2. Mme Devesa plutôt que Mme Boyer ?

    R.M. : Il me faut des voix. Je crois qu’on peut faire quatre sièges. Il faut une belle liste. Il faut du nord, du sud, de l’est, de l’ouest, des hommes, des femmes, un peu toutes les sensibilités, des gens qui s’entendent, un projet. Je veux être le chef de ce projet, le proposer en tant que tel. La liste ce sera plutôt fin mai, début juin.

    Où allez-vous siéger ? Votre sensibilité actuelle, Renaissance, est un peu marginale au Sénat.

    R.M. : Vous savez, au Sénat on n’arrive jamais à retrouver ses petits. Moi je suis un LR-Renaissance, un Muselier-Modem-Horizon-centriste-droite. Dans une élection comme celle-là, vous êtes élu par vos maires. Tous les grands maires ici, sont chez moi, en dehors de Marseille. Tous les grands maires je les ai aidés. Avec la convention régionale des maires, les contrats de territoire qu’on a passé, font en sorte qu’il n’y a pas de différence politique entre eux et moi. Je ne suis pas arrivé avec les subventions de la Région en disant « je suis Renaissance  », j’étais là pour aider à bien ficeler des dossiers avec l’Europe pour avoir des résultats. Je m’inscris dans cette logique-là.

    Vous en avez parlé avec Gérard Larcher ? Vos amis parisiens ?

    R.M. : J’ai prévenu tout le monde à Paris. Que ça soit M. Larcher, M. Attal, M. le président de la République, M. le Premier ministre. Vous savez, je fais les choses dans l’ordre parce que je sais comment ça marche.

    Que vous ont-ils dit ?

    R.M. : Après la surprise, ils trouvent que c’est plutôt une bonne idée.

    Samedi vous inaugurez le branchement à quai des navires de croisière. Ce sera donc l’une des dernières réalisations de votre mandat ?

    R.M. : Je vais être très heureux d’avoir initié ça. Mais regardez le paradoxe politique. Je pense que les Marseillais aiment leur port mais ne supporte plus d’être enfumé. Je crée les escales zéro fumée quand M. Payan nous fait une pétition contre les bateaux. On n’a pas pu en parler pendant la campagne. Samedi, on va l’inaugurer et c’est M. Payan qui va couper le ruban. J’éclate de rire. C’est cocasse. Mais je ne regrette rien, je crois que l’économie doit trouver une solution par rapport à l’environnement. C’est ce que j’ai écrit dans ma COP d’avance et mon premier budget vert d’Europe. Je le prouve. Je suis content pour le Port et les Marseillais. Pareil, je crois à la réindustrialisation décarbonée des bassins ouest. Ce n’est pas pour ça qu’il faut brûler les flamants roses !