Tag: Marseille

  • [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    La Marseillaise : Mad Mars est né en 2018 en réaction à un système municipal verrouillé. Huit ans après, que reste-t-il de la promesse ?

    Olivia Fortin : En juin 2018 lorsqu’on crée Mad Mars, on est animé par une colère contre l’état de la ville, et l’espoir de faire les choses autrement. On savait qu’il y avait plein de compétences au sein des partis de gauche et écologistes, des acteurs associatifs et syndicaux, et ont avait deux mantras encore d’actualité : « S’unir ou subir » parce que la ville était alors donnée à la droite et qu’on se devait d’initier ce large rassemblement qui a amené au Printemps marseillais, et « Soyons fous, croyons à la politique ».

    Éric Méry : Et on a un bilan politique avec plus d’une quinzaine d’élus de secteur, une maire de secteur, et cinq élus dans la majorité sur des délégations assez structurantes. Chacun a essayé dans le Printemps marseillais d’apporter ce qu’il cherchait à Mad Mars : travailler avec les habitants et mettre l’outil politique à leur service. Pierre Marie Ganozzi sur les écoles, par exemple, a toujours rencontré les associations de parents d’élèves, le corps enseignant…

    O.F. : J’ai été durant trois ans adjointe au maire, aux ressources humaines et au dialogue social pour redonner à notre administration sa pleine capacité d’agir, persuadée qu’il fallait commencer là. Aujourd’hui on reçoit 75 000 CV par an, on a restauré l’image d’employeur de la Ville, des gens de toute la France postulent pour participer au projet. C’est valorisant une fonction publique qui attire à nouveau. En tant que maire de secteur je suis désormais sur l’échelon de proximité qui est extraordinaire pour produire avec les habitants des politiques répondant à des besoins concrets. Nos élus de secteur contribuent à fabriquer de l’action publique avec cette conscience collective. On a réussi avec Benoît Payan et la majorité, on a vraiment ouvert les portes et les fenêtres de la Ville.

    Qu’est-ce qui distingue encore Mad Mars des partis traditionnels ?

    O.F. : Mad Mars n’est pas un parti politique au sens juridique. Ce qui nous rassemble, c’est Marseille, sa métropole. On a une palette très large de sensibilités de gauche, c’est l’image du Printemps marseillais dans sa composante citoyenne et c’est ce qui donne à Mad Mars une fonction de passerelle d’engagement vers la politique pour faire progresser la société de manière radicale. En 2020, quand notre collectif a atteint son objectif, il aurait pu exploser, ça arrive en général. Une partie d’entre nous a pris des responsabilités d’élu, au cabinet du maire, dans les services, pour transformer concrètement leur engagement. D’autres ne l’ont pas fait par choix ou parce que ça n’a pas été possible. Ça a créé des manières différentes de voir et on a mis du temps à retrouver un objectif commun et donner du sens à cet engagement citoyen.

    C’est l’objet du Bonheur intérieur brut que Mad Mars travaille ?

    O.F. : Si restaurer les conditions d’une vie digne doit être une priorité, nous considérons que chaque citoyen à le droit, en plus des services publics, de vivre dans des conditions satisfaisantes et propres à amener son bonheur. Cinq groupes de travail thématiques se réunissent depuis deux ans et demi pour élaborer les conditions du bonheur. Cela peut nous amener à porter un contre récit face à tout ce qui nous est proposé dans une société qui agite les peurs et les souffrances. Il en ressort deux choses : un indicateur pour mesurer si les Marseillais vivent bien et des propositions qui ont été faites au Printemps marseillais pour notre programme commun.

    La promesse de 2018 est tenue ?

    O.F. : On a des élus qui sont engagés, des citoyens qui agissent, réfléchissent, contribuent et trouvent une passerelle vers l’engagement politique. Donc oui, on continuer à croire à la politique.

    Il y a quand même des gens qui ont le sentiment que depuis 2020 ce n’est pas allé assez loin ?

    E.M. : Il faut qu’on soit honnêtes, quand on est arrivé, on n’était pas nombreux à avoir de l’expérience, il y avait une administration à réformer, et les finances de la Ville n’étaient pas florissantes, il a fallu résorber la dette, tout en continuant à investir. Quand aujourd’hui on préempte un lieu comme la résidence du Roy d’Espagne, c’est de l’investissement.

    O.F. : Aujourd’hui, inaugurer une école primaire par semaine, des parcs et des jardins, des commissariats, c’est le fruit de ce qu’on a semé. Mais le quotidien des Marseillais est géré dans une situation institutionnelle particulière. Quand on ouvre sa porte, on voit le travail de la Métropole : la propreté, les déchets, la voirie, les transports, le logement, le travail, l’attractivité, sont des compétences métropolitaines. Et en effet sur ces aspects, les Marseillais pourraient considérer que les choses n’ont pas assez changé. On est les premiers à le déplorer.

    Vous soutenez Benoît Payan, avec quelle marge de manœuvre ?

    O.F. : Le Printemps marseillais est un lieu de liberté. En tant qu’adjointe au maire, puis maire de secteur, j’ai eu toute la latitude de proposition et d’action. C’est dans ce cadre coopératif et de confiance au service des Marseillaises et des Marseillais qu’on entend continuer. On s’est créé une culture commune depuis 2018, on n’est pas un rassemblement électoraliste opportuniste. Nos priorités sont les mêmes que l’ensemble de la majorité municipale, sur les services publics, le logement, les écoles, les espaces verts, la fraternité.

    E.M. : Mad Mars, contrairement à d’autres collectifs citoyens qui se montent encore, a toujours misé sur la complémentarité et eu la volonté de travailler avec les partis. Ce fondamental est conforté en 2026, puisque le Printemps marseillais s’est élargi avec les écologistes, Place publique, Debout ! En 2020, on a fait tomber les drapeaux pour partir derrière celui du Printemps marseillais.

    En 2020, après la rue d’Aubagne, la droite était divisée, aujourd’hui, elle se présente unie, vous avez un bilan et face à vous LFI ?

    E.M. : Sur le bilan, on n’a peut-être pas tout fait et bien mais les gens qu’on rencontre ne nous reprochent pas de ne pas avoir mené une politique de gauche. Les logements sociaux, les places d’hébergement, les services publics, l’été marseillais, les activités et musées gratuits… ils en ont conscience.

    O.F. : Ce qui motive, c’est le projet qu’on va proposer, on se concentre dessus, on est en démocratie. Après on regarde, comme tout le monde, les sondages avec une extrême droite très haute, et une droite républicaine, si on peut dire, qui s’effondre. Ce n’est pas dans cette société que je veux habiter. Nous, on croit à ce qu’on fait, on est déterminé.

    « On s’est créé une culture commune depuis 2018.
    On n’est pas un rassemblement opportuniste »

  • Resserrer les liens avec l’Afrique du Sud

    Resserrer les liens avec l’Afrique du Sud

    Pour promouvoir la diplomatie française et ses missions, le quai d’Orsay a déployé plusieurs de ses ambassadeurs dans différentes capitales régionales. David Martinon, ambassadeur de France en Afrique du Sud, Malawi et Lesotho a choisi Marseille. « D’abord parce qu’il y a du business à faire pour les entreprises marseillaises en Afrique du Sud, notamment la CMA-CGM, parce que la route sud est une des routes importantes. Il y a du potentiel », fait valoir le diplomate, avant de poursuivre « l’autre raison, c’est qu’il y a un historique entre la ville de Marseille et la ville du Cap. Un accord de jumelage a été signé en 2001 entre les deux maires de l’époque, donc Jean-Claude Gaudin et Peter Marais. Je voulais faire le point avec la mairie pour voir s’il y avait un intérêt à continuer à travailler ou à reprendre cet accord ou pas », pousse-t-il.

    Un rendez-vous avec la municipalité était prévu dans la journée de mardi, suivi par la Région avant de conclure par une rencontre avec les étudiants de l’université Aix-Marseille pour leur présenter le métier.

    L’Afrique du Sud reste la première puissance économique du continent africain. Dès lors, l’aspect business apparaît comme prépondérant dans ses missions. Ainsi, il liste les projets menées par des entreprises françaises dans le pays, parmi lesquels figurent le Club Med dans le KwaZulu-Natal, l’acquisition par Canal + de MultiChoice le géant sud-africain de la télévision payante ainsi que l’installation par Stellantis d’une usine de production de véhicules à Port Elizabeth. « Les grandes boîtes françaises sont toutes en Afrique du Sud », indique David Martinon qui y voit des possibilités de développement pour les entreprises de la tech.

    Des activistes français

    anti-apartheid honorés

    En novembre dernier, Emmanuel Macron a fait le voyage jusqu’en Afrique du Sud, à l’occasion du sommet du G20. Il s’est rendu à Pretoria et visité le Freedom Park (parc de la liberté), un mémorial dédié à ceux qui ont sacrifié leurs vies en luttant pour la liberté et contre l’apartheid. Le président de la République a ainsi dévoilé les noms de 20 Français honoré sur les murs de ce lieu d’histoire : Aimé Césaire, Frantz Fanon, Paul Vergès et Marcel Trigon mais aussi Jacqueline Grünfeld et Danielle Mitterand, pour ne citer qu’eux.

    Un travail de recherche mené par les services de l’ambassade. « C’est très important, ça montre à nos partenaires sud-africains que, même s’il est vrai que la France a vendu des armes de guerre à l’Afrique du Sud dans les années 1960 dans un contexte de guerre froide (…) des gens étaient engagés contre le régime d’apartheid », insiste l’ambassadeur qui fut le dernier représentant de la France en Afghanistan avant la prise de pouvoir des talibans.

    Alors que la France prend la présidence du G7, elle entend « porter l’héritage de la présidence sud-africaine » affirme David Martinon, « parce qu’on a le même attachement au multilatéralisme, à l’état de droit, à la démocratie ».

  • À Marseille, l’extension du tramway laisse les habitants dans l’expectative

    À Marseille, l’extension du tramway laisse les habitants dans l’expectative

    Inaugurée ce mercredi, l’extension de la ligne 3 du tramway interpelle les habitants des quartiers Nord.

    « J’ai habité au Nord et au Sud de Marseille : le traitement et les moyens mis en place sont clairement différents », estime un habitant de l’Estaque rencontré à la station de bus de Gèze. « Il ne faut pas se leurrer, reprend il, elle ne fera pas de grande différence pour les habitants des quartiers Nord, elle ne va pas assez loin. Si elle allait jusqu’à la Castellane comme il en était question au début, ça aurait déjà été beaucoup mieux. Comme toujours, les habitants des quartiers Nord sont délaissés », conclut-il. Le développement du tramway jusqu’à la Castellane est bel et bien prévu d’ici 2029, selon la Métropole, avec une enquête publique cet automne.

    Un avis loin d’être isolé,
    « j’habite à Saint-Antoine, je n’ai pas l’impression que l’extension de la ligne va changer grand-chose. C’est toujours mieux parce qu’il y aura plus de moyens de transports pour aller au même endroit, donc peut-être moins de monde dans les bus, mais bon… De toute façon, on ne s’attendait pas vraiment à grand-chose », soupire Maïssane, lycéenne âgée de 15 ans. « Le tramway passe pas chez moi », lâche une autre habitante du quartier, assez âgée, et « je ne sais pas si je serais toujours là pour le voir chez moi d’ici 2030… » D’autres habitants se réjouissent tout de même de cette extension, comme Noussaïba, 29 ans : « Ça m’arrange beaucoup parce que je travaille à Estrangin, et jusque-là pour prendre le tram j’allais à la Joliette, j’échangeais… Donc là, ça m’arrange beaucoup : je me gare à Gèze et c’est une ligne directe. Ça serait bien de faire une petite extension encore plus loin, mais c’est super. »

    Des avis partagés

    De son côté, l’Estaquéen se considère privilégié : « J’ai la chance d’avoir une voiture pour me rendre jusqu’aux stations de métro, ce qui n’est pas le cas de tout le monde ici. Si je n’en avais pas, je devrais prendre des bus surchargés, comme le 70, ce n’est agréable pour personne. » Un retraité septuagénaire, à proximité de l’arrêt de tramway Gèze, s’exclame : « J’habite à côté de l’hôpital Nord, le tramway ne passera pas chez moi, je prendrai toujours le bus, le B2 » et néanmoins de rester positif :
    « Ça ne me dérange pas je suis sportif, je viendrais à pied ! »

    Une réalité encore bien loin des ambitions de la Métropole, qui a pour projet de proposer à tous les Marseillais un réseau de « transport moderne », « accessible », qui « faciliterait leurs déplacements du quotidien ». L’extension de la ligne 3 de 6,2 kilomètres, proposera douze nouvelles stations. Parmi elles effectivement : seules trois sont rajoutées au Nord après Arenc, contre neuf au Sud après la place Castellane. Ce projet, qui a coûté 350 millions d’euros, a été financé par le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille Provence, mais aussi par le plan Marseille en grand, annoncé par le président Emmanuel Macron lors de sa visite de la cité phocéenne en 2021. Ce plan doit rattraper des retards importants dans différents domaines dont les transports.

  • Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Le bruit des casseroles du piquet de grève du personnel de l’hôtel Marseille Centre Gare Saint Charles (ex-Holiday Inn) s’entend depuis l’entrée de la gare de la ville, ce mardi.

    Après plus d’une semaine de mouvement avec la CNT-SO, la détermination des grévistes est intacte et n’est pas érodée par le froid glacial du jour. « On est toujours là malgré la météo. On ne baisse pas les bras », lance Karima Malagouen, responsable des petits-déjeuners de l’établissement, entre deux coups de casseroles. En lutte contre plusieurs menaces de licenciements pour de supposés motifs économiques, et malgré des débuts de discussions avec la direction du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel, il n’y a malheureusement rien de nouveau sous le soleil dans le conflit. « Ces tentatives de licenciements sont injustes et injustifiables donc on ne lâchera pas. On est ici depuis longtemps, on sait que l’hôtel va bien. De l’argent, il y en a. On a d’ailleurs eu deux fois de suite une prime de qualité, preuve de notre bon travail », tempête la salariée.

    Seul bougé notable : le début d’une série d’entretiens préalables à licenciement, comme annoncé dans notre édition du 06/01, avec une première salve ce mardi, et une autre mercredi. « On n’a pas eu de retours sur nos propositions dans le cadre des négociations. La direction ne revient pas sur sa volonté de licenciement. Les entretiens ne vont pas être faciles », précise Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13. D’où « une mobilisation spéciale », avec la remise de chèques de solidarité avec les grévistes, ce mercredi à 12 heures.

  • Les petites mains du conservatoire de Marseille relèvent la tête

    Les petites mains du conservatoire de Marseille relèvent la tête

    « On est les boucliers du conservatoire : on gère tout mais on ne pense jamais à nous. » Dans les salles du Palais Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille, les agents d’accueil et de surveillance du conservatoire Pierre Barbizet sont remontés et entendent bien taper du poing sur la table. Les petites mains de cet établissement de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm) sont en mouvement social depuis ce lundi, avec l’appui de la CGT, à coups de deux heures de grève le matin et en fin d’après-midi.

    De quoi impacter l’accueil des usagers mais surtout mettre en lumière leurs conditions de travail qu’ils jugent « plus que dégradées ». Sous couvert d’anonymat, les agents dénoncent une multitude de problématiques, allant d’une nouvelle salle de repos à des recrutements en passant par une revalorisation salariale. Nicolas* dénonce : « On fait face seuls à plein d’aléas, il y a des procédures qui ne sont pas forcément suivies, c’est en mode freestyle ». Marie*, son homologue, prend un exemple concret : « Le soir, on est les derniers présents sur le site. Parfois, on réalise le travail du service scolarité, c’est-à-dire qu’on doit gérer les enfants quand les parents sont en retard mais on n’a même pas accès au logiciel pour avoir leurs numéros de téléphone ! » Autre anecdote qui en dit long : « Quand il y a des inondations, c’est nous qui nettoyons, alors que ce n’est pas dans nos fiches de poste. » In fine, ils demandent une reconnaissance accrue au regard « du premier maillon de la chaîne » qu’ils représentent.

    Un travail sur « des propositions concrètes »

    Tous pointent l’état de leur salle de repos, en réalité un local technique dans un état peu reluisant où se mêlent casiers personnels, colonne informatique et fenêtre cassée. Une première discussion avec la direction a eu lieu, ce lundi. Les agents relatent un « échange constructif » et une direction globalement à l’écoute. Ce que confirme le directeur général de l’institut Raphaël Imbert : « On a eu un échange sur l’expression d’un mal-être au travail qu’on a entendu et sur les débuts de réponses que l’on peut apporter. » Dans une situation budgétaire contraignante (lire notre article du 06/01), il assure travailler à « des propositions concrètes » comme sur le passage en filière technique, le réaménagement de la salle de repos, un audit, une revalorisation… « Ils manifestent un besoin d’écoute et de reconnaissance, on a convenu de faire un effort », conclut le directeur général.

    *Les prénoms ont été changés

  • Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Un agent immobilier et sa SCI ont été reconnus coupables de soumission de personne vulnérable à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine et refus de relogement du jeune occupant de la cave située 48 rue Curiol (1er) à Marseille, définitivement interdite à l’habitation par arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Christian Castel, 67 ans, qui avait boudé son procès et n’était pas non plus présent, mardi, au délibéré, a écopé de 2 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Son bien immobilier est confisqué. Il lui est fait interdiction d‘acheter tout bien immobilier à usage d’habitation pendant trois ans. La SCI dont il est le gérant est condamnée à 20 000 euros d’amende mais avec sursis. La Ville, partie civile dans les procès d’habitat indigne, se voit allouer 1 000 euros au titre du préjudice moral et 1 500 euros pour ses frais de justice.

    « Il devait être aux abois »

    S’assurant une rentabilité de 25%, le propriétaire louait 300 euros par mois dont 20 euros de charge et 40 euros d’électricité depuis 4 ans cette cave humide achetée en 2010 pour 15 000 euros et pourtant décrite dans le règlement de copropriété comme un « local indépendant à usage commercial ». Le lot de 17 m² était composé d’une pièce principale de 9 m² et d’une salle d’eau de 2,6 m², équipé d’une petite fenêtre en soupirail donnant à même le trottoir de la rue. Après signalement par le syndic aux autorités, un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris le 13 novembre 2024 interdisant définitivement ce « local impropre à l’habitation compte tenu de l’éclairement naturel insuffisant ». Le bail indiquait mensongèrement que le local faisait 30 m² et présentait la location comme meublée alors qu’aucun meuble n’était fourni, mis à part un chauffage, une plaque et un petit frigo.

    Pour le tribunal, la vulnérabilité du locataire est patente, s’agissant d’un jeune homme de 22 ans en grande précarité sociale et économique, arrivé seul et mineur en France et auparavant logé dans des foyers d’urgence. Le propriétaire ayant même déclaré en audition « il devait être aux abois pour prendre quelque chose comme ça ». Après un passage en hôpital psychiatrique, le jeune a été relogé par un bailleur social.

    Christian Castel est propriétaire de 9 logements en plus du sien. Il tire de son patrimoine un revenu locatif de 3 660 euros par mois. La police a visité trois de ses logements rue Fortuné-Jourdan, rue Sainte-Thérèse et rue Docteur Laennec notant que certains d’entre eux étaient « proches de l’insalubrité ». Il est par ailleurs l’objet d’une enquête pour la location d’une autre cave au 100 rue Saint-Savournin frappé aussi d’un arrêté d’insalubrité et où vivait jusqu’à 4 migrants. L’année 2025 a connu un regain de prise d’arrêtés préfectoraux d’insalubrité dans les Bouches-du-Rhône. L’analyse de 140 des 187 arrêtés publiés à ce jour au recueil de la préfecture permet de préciser que 89 arrêtés engageaient la procédure à l’encontre de propriétaires sur tout le département dont 43 à Marseille. 44 arrêtés ont acté la fin de la procédure après constat de travaux réalisés ou de démolition. Sept arrêtés ont prononcé des astreintes jusqu’à 200 euros par jour.

  • Les médecins dépassent-ils les bornes ?

    Les médecins dépassent-ils les bornes ?

    Les médecins ont entamé ce lundi une grève de dix jours qui doit les conduire jusqu’à une manifestation nationale le 10 janvier à Paris. D’après le syndicat CSMF, le « mouvement est excessivement suivi », 85% des adhérents ayant annoncé leur intention de faire grève. Médecins de ville en tête, ils se mobilisent contre la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, dans laquelle ils voient « une nouvelle étape dans une trajectoire devenue intenable pour l’ensemble du système de santé », résume l’association Médecins pour demain. Leur colère devra être entendue. Mais dans la bataille qui se mène, le code de déontologie de la profession n’est-il pas en train de s’estomper derrière un bras de fer comptable ? Confrontés à la ruine d’un système de santé, de plus en plus à deux vitesses, la confiance dans le corps médical est mise à rude épreuve.

    « Plus de 100 000 lits ont été fermés en 20 ans ! On n’a pas cessé d’alerter contre la dégradation de l’accès aux soins, mais on a en face de nous des comptables, des gens qui ne connaissent que des ordinateurs », déplore le Dr Said Ouichou, qui exerce dans le 15e arrondissement de Marseille. Il dénonce les nouvelles mesures de la loi de financement de la Sécurité sociale qui « continuent le travail de sape » et la colère est grande.

    Faire plus avec moins d’argent. Toujours sous couvert de maîtrise budgétaire, le texte impose « plus de contraintes, plus de contrôles, de la suspicion » à l’égard des généralistes, dénoncent les grévistes. Sans réparer le système de santé. « On nous a traité de nantis… mais là, on cherche à nous sanctionner, à faire de nous des exécutants aux ordres de l’assurance maladie, dénonce le praticien. On nous fixe des indicateurs de prescription sur des médicaments, sur des arrêts de travail, de transport, à ne pas dépasser. » Comment décider qu’un arrêt maladie devra se limiter à un mois ?

    La question des dépassements d’honoraires est aussi pointée. Et elle divise. Sur trois secteurs de tarification, le premier est pris en charge par la Sécurité sociale, le deuxième donne la possibilité d’un dépassement, « qui correspond à un rattrapage pour les spécialités », justifie Saïd Ouichou. Pour le troisième, libre, la consultation n’est pas remboursée et désormais la prescription ne le sera plus. « C’est la loi de finance qui permet une médecine à deux vitesses, une médecine pour riches », estime Jean-Marc Bensoussan, médecin à Gignac-La-Nerthe, évoquant le risque que les médecins libéraux se déconventionnent pour pouvoir faire des dépassements d’honoraires. Un point « inacceptable » pour Anthony Gonçalves. S’il concède à ce mouvement « d’essence libérale, des revendications, notamment l’opposition à la restriction sur les dépenses de l’assurance maladie », le professeur de médecine et oncologue, désigné chef de file pour mener la campagne des communistes au sein du Printemps Marseillais, considère au contraire que ce sont « au final les patients qui vont sortir l’argent de leur poche. Ceux qui le pourront. Pour réguler, il faut un seul tarif, celui de l’assurance maladie ». Ce sont surtout les salaires en radiologie et en biologie médicale qui font grincer des dents, comme ceux des directeurs d’assurances complémentaires.

    Noyés sous l’administratif

    « Ce n’est pas notre niveau de vie qu’on défend », recadre le Dr Jean-Marc Bensoussan. « On est entre 5 000 et 5 500 euros par mois une fois tout déduit. C’est bien, mais ce n’est pas volé. Les heures on en fait. Malheureusement de plus en plus en administratif. » Pour les internes en milieu hospitalier, « c’est entre 60 et 70 heures par semaine alors que la loi fixe un maximum à 48h », précise Saïd Ouichou. Là encore la loi ne résout rien, relève Jean-Marc Bensoussan : « Si on ne remplit pas le dossier médical partagé, on est pénalisé. Jusqu’à 10 000 euros par an. En clinique, c’est dix fois plus. »

    Face aux déserts médicaux qui gagnent du terrain c’est encore avec de l’argent qu’on entend attirer les jeunes médecins. Soit avec 200 euros par jour garantis d’office, ou comme à Sorgues, dans le Vaucluse, le département le moins doté de la région Paca, où 900 euros étaient promis aux étudiants en contrepartie d’une installation de plusieurs années dans la commune. « Aucune mesure efficace n’est prise, on n’a pas retenu la leçon de Covid », déplorent les médecins. Plutôt que de taper sur les soignants, ils préféreraient que le gouvernement, finance la santé en « cessant d’exonérer les multinationales de leurs cotisations sociales ».

    Convaincu que des « réformes sont nécessaires », mais soucieux de la liberté du médecin, Le conseil national de l’ordre propose l’élaboration d’un « livre blanc pour 2027, écrit par les médecins, les étudiants en médecine et les internes pour une médecine au service des patients-citoyens et notre République ».

    Repères

    Déserts médicaux

    En France, les déserts médicaux touchent de nombreux territoires, en zone rurale, mais également en ville. Des accès aux soins limités qui laissaient 6 millions de Français sans médecin traitant en 2024, d’après les données de la sécurité sociale. Le ministère chargé de la Santé et de l’accès aux soins a d’ailleurs identifié deux zones dans le Vaucluse et une dans le Var comme étant prioritaires dans la lutte contre les déserts médicaux. Les Bouches-du-Rhône sont elles, relativement épargnées au niveau départemental, bien qu’au niveau local certaines zones sont peu dotées d’offre de soins, comme certains quartiers Nord de Marseille.

    Numérus Clausus

    Mis en place par une loi en 1971, le numerus clausus limite le nombre d’étudiants en médecine. Une loi qui vient d’une négociation entre médecins libéraux eux-mêmes et l’État et qui est souvent décrié comme l’un des facteurs de la pénurie de médecins que la France connaît actuellement.

    2030

    C’est la date à laquelle la fin du numérus clausus décidée en 2019, commencera à se faire sentir, car les effectifs dans les universités restent contraints à leur capacité d’accueil. Selon un rapport du sénat, le nombre de médecins devrait encore diminuer cette année, avant de commencer à réaugmenter.

    + 5 %

    C’est l’augmentation des dépassements d’honoraires entre 2019 et 2024 par les médecins libéraux en ville, en cliniques privées ou encore dans le cadre de l’exercice d’une activité libérale à l’hôpital public, d’après le rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie.

  • Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abri

    Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abri

    Le gymnase Ruffi accueille les SDF depuis ce mardi. Dimanche déjà, un premier gymnase, Vallier, avait été désigné comme centre d’hébergement. Il a pu accueillir jusqu’à 80 personnes lundi soir. Mais il était insuffisant face à la situation d’urgence. « Nous avons estimé dès mardi que les capacités étaient quasiment atteintes et que la baisse des températures se maintenait, il était nécessaire d’ouvrir un deuxième équipement », indique Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée à la solidarité. La capacité d’accueil du gymnase Ruffi sera sensiblement la même que celle de Vallier, soit une centaine de personnes.

    « Le manque de places est structurel », s’offusque l’élue, constatant le fossé phénoménal entre le nombre de places d’hébergement à Marseille et le nombre de sans-abri. Le bilan fait froid dans le dos : près de 7 000 places pérennes contre un flux de 16 000 personnes ayant déclaré avoir été au moins une fois en situation de sans-abrisme. Aussi, pour contrer le froid, la fraternité Belle de Mai donne des vêtements chauds toute la semaine à partir de mardi dans ses locaux.

    Le Samu social œuvre toujours

    « Dès que le froid commence à arriver dans la ville, nous renforçons les moyens propres de la Ville de Marseille dans nos maraudes, dans les distributions de couvertures, etc. », précise Audrey Garino. En partenariat avec les structures et associations œuvrant sur le terrain. À Marseille, le Samu social est municipal et donc financé par la Ville, une spécificité. Les équipes interviennent 365 jours par an en maraude et en gestion d’équipements (douches municipales). « Un engagement du quotidien », souligne Audrey Garino.

  • CAN 2025 à Marseille : le Vieux-Port est en partie fermé à la circulation

    CAN 2025 à Marseille : le Vieux-Port est en partie fermé à la circulation

    À 17h, l’Algérie affrontera le Congo à l’occasion des 8e de finale de la compétition. Puis à 20h, la Côte d’Ivoire jouera face au Burkina Faso.

    La zone concernée :

    Quai du Port : entre la rue de la Bonneterie et le Quai des Belges

    Rue de la République : entre la rue Coutellerie et le Quai des Belges

    Quai des Belges : de la rue de la République à l’angle du cours Jean Ballard

  • Roberto De Zerbi n’a pas apprécié le cadeau de l’OM

    Roberto De Zerbi n’a pas apprécié le cadeau de l’OM

    En Italie, le début du mois de janvier rime avec la Befana.

    Cette sorcière qui est bienveillante avec les enfants sages, leur distribuant des friandises et de cadeaux. Mais elle montre son côté obscur à ceux qui n’ont pas respecté certaines choses. La question est donc, qu’a bien pu faire Roberto De Zerbi, durant la trêve des Confiseurs, pour qu’il subisse la punition de la Befana ?

    L’entraîneur marseillais estimait qu’avec deux entraînements quotidiens, durant la semaine qui a précédé la réception de Nantes, il avait pu bien préparer son match de reprise, dont on pouvait s’attendre à ce qu’il donne le ton d’un mois de janvier capital.

    Face aux Canaris, malgré l’enthousiasme procuré par les retours d’Amine Gouiri et Hamed Traoré, on a pourtant senti que quelque chose ne tournait pas rond dans cet OM- là. « Nous avons mal commencé le match, même à 11 contre 11, nous étions sans énergie, sans ce qu’il faut pour jouer au football », a admis Roberto De Zerbi.

    Cette rencontre, disputée à 15 heures, était synonyme de cauchemar pour l’Italien, avec des joueurs qui l’ont balayé entre Charybde et Scylla. « Le premier rouge a conditionné le match. Parce que nous avons pris le but juste derrière. En seconde période, nous avons essayé de créer quelque chose, sans avoir beaucoup d’occasions. Puis à neuf, cela a été encore plus difficile », a-t-il poursuivi.

    Aucune excuse

    S’il a parfois pris la défense de ses joueurs après une défaite, cette fois, Roberto De Zerbi ne leurs a trouvé aucune excuse. « Nous avons mérité de perdre. Tu ne peux pas penser gagner un match sans y mettre l’énergie nécessaire », a-t-il souligné.

    L’OM avait l’occasion de rester dans le sillage de Lens et du PSG et repousser Lille à trois longueurs. En étant battue par Nantes, elle rentre finalement dans le rang. « Au-delà de Lens et du PSG, nous devons nous regarder nous-mêmes. Si nous on fait ce genre de match, si nous ne mettons pas plus d’envie de gagner, nous n’avons que ce que nous méritons, c’est-à-dire pas mieux que notre troisième place », regrette-t-il.

    L’OM n’aura pas le temps de gamberger sur son humiliation nantaise puisqu’il va enchaîner trois déplacements, au Koweit, jeudi, pour le Trophée des champions, à Caen, le 13 janvier, en Coupe de France face à Bayeux, puis à Angers, le 17, où ils auront à se racheter d’un premier match raté au Vélodrome.

    L’OM va au Koweit en traînant les pieds

    Le Trophée des champions, qui verra l’OM affronter le PSG à Koweit city, jeudi, est en approche.

    La délégation marseillaise s’est envolée pour ce pays du Golfe dans la journée de lundi. Mais, avant de quitter la France, Roberto De Zerbi s’est livré sur son sentiment à propos du choix du lieu de la rencontre.

    « La Super-coupe de France, ou la Super-coupe d’Italie [qui se joue généralement à l’étranger, Ndlr.], doit se jouer dans le pays en question, devant les supporters des clubs », a-t-il confié l’avant-veille du match OM – Nantes. Avant de préciser : « J’irai au Koweït car c’est mon travail et nous sommes fiers de disputer ce match. Ce n’est pas un problème par rapport au Koweït qui va nous accueillir de la meilleure façon, mais je suis contre cette idée. » L’entraîneur phocéen précisant que c’est « [s]on avis. Ça ne veut pas dire que ce soit le plus juste ».

    De son côté, Facundo Medina songe aux supporters « qui ne pourront pas venir avec nous, ce qui est regrettable ». Lui voit l’enjeu sportif d’un duel face au PSG « tout aussi important que ceux du championnat. Nous ferons le maximum pour ramener ce trophée à nos supporters ». D’autant plus que depuis le non-match de dimanche face à Nantes, les Olympiens ont beaucoup à se faire pardonner.

    Comme l’a regretté Facundo Medina, l’OM sera privé de ses supporters au stade Jaber al-Ahmad. Ces derniers ayant refusé de faire le voyage, que l’OM était prêt à financer.

    Contrairement à leurs homologues parisiens, qui seront bien là.