Tag: Marseille

  • La CGT alerte sur les points chauds du département

    La CGT alerte sur les points chauds du département

    L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône commence l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a mené sa première action d’ampleur, ce vendredi dans la matinée, avec un rassemblement devant le siège de la chambre de commerce et d’industrie métropolitaine (CCIAMP) à Marseille. « Unis rien n’est inéluctable. Aujourd’hui, nous sommes réunis et tous issus d’entreprises et de secteurs d’activités différents pourtant complémentaires et essentiels à la vie dans le département », tempête Marc Pietrosino, secrétaire général de l’organisation. À ses côtés, on retrouve les militants et représentants syndicaux de plusieurs secteurs clés de l’activité économique locale : agents du Grand port maritime, des industries métallurgiques du pourtour de l’Étang de Berre comme Arcelor ou encore des travailleurs de l’énergie. Mais aussi des figures des « dossiers » du syndicat, à l’instar de Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale de Pamar, Nicolas Guglielmacci pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) ou encore une délégation de la Centrale de Gardanne. Il faut aussi compter sur la présence des cheminots de Marseille, de postiers ou encore d’agents territoriaux et de la santé. « Nous sommes tous dépendants des uns des autres. La convergence existe entre la métallurgie, l’énergie, la santé, les activités maritimes, le rail, la distribution de la presse ou le commerce », développe Marc Pietrosino, insistant sur le fait « qu’il n’y a pas de petits ou grands dossiers ». Et certains sont particulièrement sensibles : par exemple, la CPMM fait face à une diminution de taux de rémunération des messageries. De quoi « mettre en péril à court terme la viabilité même des coopératives ».

    « D’autres rencontres

    à venir »

    Concrètement, l’objectif du jour est d’alerter la chambre consulaire sur les différentes problématiques, et conflits, rencontrées sur les différents « dossiers sensibles et stratégiques ». « On porte ensemble nos revendications directement auprès des décideurs économiques et politiques », explique le secrétaire général. Avant de préciser que cette initiative est « le début d’un nouveau cycle ». Le tout en vue « d’obtenir des investissements pour nos infrastructures, pour nos industries, dans les transports ».

    L’organisation syndicale a d’ailleurs été reçue par des représentants de la CCI. « La rencontre était plutôt positive, il y a eu une écoute attentive pour certains dossiers, plus partielle pour d’autres », relate Marc Pietrosino. Avant de conclure : « Il va y avoir d’autres rencontres. »

  • Le goût des autres

    Le goût des autres

    C’est un métier de passion et de rigueur, d’engagement et d’apprentissage constant : la cuisine. Aujourd’hui, c’est aussi un secteur en tension. Depuis l’épidémie de Covid, les métiers de la restauration ont perdu du personnel et n’ont pas stoppé l’hémorragie. Mais ce n’est pas le seul facteur. Les conditions de travail et la rémunération font partie des critères qui peuvent rebuter. Les améliorer est une des clés pour sortir la profession de l’ornière. Et puis, il y a le volet insertion et réinsertion professionnelle, véritable atout de ces métiers de la gastronomie. Car la cuisine ouvre les portes de l’emploi notamment aux personnes qui en sont privées depuis longtemps, éloignées du système et de la jungle du marché du travail. Dans la région Paca, des restaurants d’insertion forment et accompagnent.

    Pays du bien manger

    Pour les travailleurs étrangers notamment c’est aussi un moyen de partager un savoir universel, cuisiner, et de prendre leurs marques dans leur pays d’accueil. Pour les jeunes, c’est une école de l’exigence et de la satisfaction. Le geste en cuisine est à la fois individuel et collectif.

    Le grand chef Thierry Marx en a fait un cheval de bataille depuis une dizaine d’années. L’offre est en train de se développer avec la remise au goût du jour des restaurants familiaux, à la cuisine simplement bonne. La street food s’est aussi développée. Dans le pays du bien manger, le premier loisir est la sortie au restaurant. Pour satisfaire les convives, il faut donc des travailleurs bien formés, accompagnés puis embauchés. C’est le travail des maîtres en apprentissage qui ont le goût des autres.

  • « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    En plus de son poste de coprésidente du collectif Épices, Floriane Rieu est directrice de la Table de Cana, l’un sept restaurants membres de l’association, dans la cité phocéenne. En 35 ans, l’établissement a accompagné 1 500 profils en réinsertion.

    La Marseillaise : À qui s’adressent vos programmes de réinsertion ?

    Floriane Rieu : Notre objectif est de proposer un accompagnement professionnel et social à des personnes qui soit n’ont pas travaillé depuis plus de deux ans, soit sont aux minima sociaux et ne parviennent pas à retourner sur le marché de l’emploi. Nous proposons de les former à un métier en lien avec la cuisine. Cela peut être commis de cuisine, pâtissier, chauffeur-livreur, serveur, magasinier, plongeur… L’accompagnement social permet, lui, de travailler sur les problématiques périphériques, parfois responsables de l’éloignement de l’emploi : endettement, problèmes de logement, accident de la vie… L’idée est qu’en deux ans maximum, les personnes puissent retourner sur le marché de l’emploi.

    Quelles sont les particularités d’une réinsertion par la cuisine ?

    F.R. : La cuisine se prête bien à la réinsertion, déjà parce que c’est beau et bon, donc c’est valorisant pour les personnes qui viennent. Ensuite, c’est un travail qui se fait en équipe, ce qui permet de retrouver du lien social, pour des personnes qui ont souvent subi beaucoup de solitude. La cuisine permet d’échanger, de vivre des moments de convivialité. C’est aussi un métier évolutif, c’est-à-dire qu’on peut commencer par exécuter des tâches très simples, avant d’évoluer vers des choses plus complexes. On peut commencer par éplucher les légumes, puis progressivement avancer vers de nouvelles compétences. Et, enfin, c’est un marché en tension. Un secteur qui recrute donc, notamment depuis la crise Covid.

    Les employeurs avec lesquels vous travaillez ont-ils des réticences à embaucher des profils en réinsertion ?

    F.R. : Oui, il y a beaucoup de préjugés sur l’insertion. C’est un peu tout le travail qu’on veut mener, notamment avec le collectif. Nous voulons briser ces images fausses et accompagner les entreprises qui recrutent en les incitant à appliquer de bonnes méthodes d’intégration. C’est important que le secteur de la restauration se remette aussi en question, pour accueillir les personnes dans de bonnes conditions. Notre idée est aussi de défendre une cuisine inclusive et participative, ce qui veut dire ouvrir la cuisine à des profils avec des parcours de vie différents.

    Combien de personnes a accompagnées le collectif depuis sa création en 2022 ?

    F.R. : Par an, le collectif accompagne environ 100 personnes. Dans le cas de la Table de Cana, 65% des personnes trouvent ensuite un emploi stable.

    Propos recueillis par Margot Milhaud

  • Les Spartiates auront fort à faire pour venir à bout des Brûleurs de Loups

    Les Spartiates auront fort à faire pour venir à bout des Brûleurs de Loups

    Victorieux lors de leurs trois dernières journées de Ligue Magnus, les Spartiates, cinquièmes du championnat, se préparent à affronter ce vendredi (à 20h15) les Brûleurs de Loups de Grenoble, troisièmes avec quatre points d’avance sur les Marseillais. Avec neuf points d’avance sur Nice, ils sont pour le moment ex æquo avec les Boxers de Bordeaux, qui comptent une journée de retard.

    Les Isérois, qualifiés pour la finale de la Coupe de France après avoir battu Caen mardi (3-6), n’ont perdu que deux matches à domicile cette saison et partent avec un autre avantage : celui de n’avoir jamais perdu dans le temps réglementaire, chez eux face aux protégés de Luc Tardif. Ces derniers se sont toutefois imposés à deux reprises sur les douze rencontres qu’ils ont disputées face aux Grenoblois.

    Thompson suit Lavoie

    de son compatriote

    La dernière confrontation en date a d’ailleurs tourné en la faveur des Spartiates, qui avaient réalisé un festival offensif devant son public (6-2, le 14 novembre 2025). Ce jour-là, Brett Thompson (9 buts et 14 passes décisives) avait apporté sa pierre à l’édifice. Mais l’attaquant canadien n’évoluera désormais plus sous les couleurs marseillaises, puisque le club et le joueur ont décidé, d’un commun accord, de mettre un terme à leur collaboration. Il s’agit du deuxième départ hivernal, après celui de son compatriote Alexandre Lavoie (6 buts et 18 passes décisives).

  • Bonzi convoqué avec les Bleus pour la Coupe Davis

    Bonzi convoqué avec les Bleus pour la Coupe Davis

    C’est la récompense d’une saison 2025 performante, avec des victoires mémorables sur des tops joueurs mondiaux comme Stéfanos Tsitsipás, Lorenzo Musetti ou Daniil Medvedev par deux fois. Benjamin Bonzi (99e mondial), double vainqueur du regretté Open 13 de Marseille, a été convoqué par Paul-Henri Mathieu pour représenter l’équipe de France, en compagnie d’Ugo Humbert, Arthur Rinderknech et Pierre-Hughes Herbert, lors du premier tour qualificatif de la Coupe Davis 2026, les 7 et 8 février au Portel, face à la Slovaquie.

    Grand favori sur le papier

    « C’est toujours un moment un peu particulier et forcément une compétition à part. Je suis à chaque fois content de la même manière d’y retourner », souligne le Nîmois aux six rencontres internationales. « Je pense qu’on est un très bon groupe de joueurs et qu’on peut se rapprocher de la victoire finale », ajoute-t-il, conscient que la dernière campagne, stoppée aux portes des demi-finales par la Belgique, a tourné au fiasco. Les Bleus auront donc à cœur de se relancer d’entrée avec la réception de la Slovaquie au Portel. « Sur le papier, c’est une rencontre où on est vraiment en favoris, en plus à la maison. Après, ça reste la Coupe Davis. Il faudra faire une rencontre sérieuse, se préparer au mieux et essayer de se mettre à l’abri assez rapidement d’une mauvaise sortie », souligne Benjamin Bonzi, qui espère de son côté être plus épargné par les blessures en 2026. Sur le plan personnel, sa nouvelle saison a déjà débuté à Brisbane, en Australie, aux côtés de son nouvel entraîneur Nicolas Mahut, et se poursuivra sur les tournois d’Adélaïde et Melbourne.

  • L’envie de grandir affichée de l’équipe CIC Pro Cycling Academy

    L’envie de grandir affichée de l’équipe CIC Pro Cycling Academy

    Voilà une équipe souhaitant faire sauter la banque au Grand Prix de Marseille – La Marseillaise. CIC Pro Cycling Academy sera l’une des plus petites formations en lice le 1er février sur les routes du Var et des Bouches-du-Rhône. L’effectif, basé à Nantes, a vécu quelques modifications cet hiver, mais conserve sa ligne directrice : faire grandir de jeunes cyclistes.

    « Nous avons eu un changement de naming puisqu’avant, nous étions CIC U Nantes. Il y a aussi eu un léger changement de couleurs. Nous avons une équipe de jeunes, on a un centre de formation et cette vocation de former les champions de demain. Jordan Jegat (10e du dernier Tour de France) et Louis Barré (nouveau coureur du mastodonte Visma – Lease a bike) sont notamment passés chez nous », détaille Cédric Barre, le directeur sportif.

    Actuellement en troisième division, cette formation souhaite progresser et évoluer rapidement à l’échelon supérieur. Grandir passera par un renforcement des partenaires. « Notre objectif, annoncé clairement dans la presse, est de grimper dans la classification en étant promu en ProTeams. Pour cela, il faudra briller dans les courses et donc attirer un sponsor qui voudra bien accompagner le CIC, déjà bien présent à nos côtés. » En 2026, CIC Pro Cycling Academy compte un minimum de coureurs sous contrat. Onze au total, total inchangé par rapport à la saison dernière. Cédric Barre met en avant un groupe stable et équilibré : « Nous avons notamment Victor Guernalec, qui sortait d’une Vuelta avec Arkea et qui a bien performé en étant actif. Je dirais que nous avons trois ou quatre cyclistes aguerris plus des jeunes talents. Ce mix peut nous permettre d’être une bonne équipe et d’avoir une bonne cohésion. »

    Une reprise anticipée

    pour CIC

    En effet, l’équipe compte des cyclistes âgés de 19 à 27 ans avec seulement trois hommes au-delà de 23 ans. S’aligner sur des courses importantes est donc primordial pour voir ces jeunes pousses progresser. « Cela permet à nos jeunes coureurs de se confronter au meilleur du peloton international. Nous, sur ces courses, on devra anticiper car nous savons très bien que nous n’avons pas les coureurs les plus forts. En anticipant, on peut déjouer les plans des grosses armadas », appuie Cédric Barre. Un moyen de ne pas hypothéquer leurs chances sur des épreuves denses, pourquoi pas fracturer la porte du coffre-fort et s’emparer du butin au nez et à la barbe des cadors.

    Pour ce début d’année 2026, CIC Pro Cycling Academy a choisi de s’exporter, « car rien n’est mieux que la compétition ». Une reprise des courses plus tôt que par le passé et deux jours de compétition en Espagne. Une semaine avant le Grand Prix de Marseille – La Marseillaise, l’équipe sera au départ de la Classica Camp de Morvedre, puis de la Ruta de la Ceramica, dans la région de Castellon. Une nouvelle préparation pour espérer entrer dans le top 10 à Marseille, après avoir été peu épargné en 2025. « Nous avons été malchanceux en début de saison dernière avec plusieurs coureurs majeurs absents. On espère briller et arriver au GP un peu plus prêts », raconte-t-on à la direction sportive.

    Cédric Barre est, justement, lui-même au centre du projet de la formation nantaise. Passé par l’équipe de l’Armée de Terre, en tant que coureur puis directeur sportif, il a atterri à CIC avec grand plaisir. « J’ai longtemps été à l’Armée de Terre et lorsque j’ai commencé à FDJ-Suez, j’étais toujours militaire. J’ai eu besoin de souffler car mon emploi du temps était très, très chargé. Avec le CIC, on s’est contactés, je connaissais bien Anthony Ravard [manager de l’équipe, Ndlr], ils avaient besoin d’un directeur sportif et ça s’est fait comme ça », explique l’homme de 43 ans.

    Objectif à court terme : gagner des courses pour poursuivre leur développement global. Avec un premier rendez-vous sur le Grand Prix cycliste.

  • Kid Francis, la boxe dans les flots de l’histoire en BD

    Kid Francis, la boxe dans les flots de l’histoire en BD

    Au cours de sa courte, mais intense existence (1907-1945), Francesco Buonagurio a croisé la route de mafiosi et politiques collaborationnistes comme son oncle Spirito ou Sabiani, a fréquenté des personnalités du spectacle comme Marcel Pagnol ou Maurice Chevalier. Jeune cireur de chaussures à la Bourse, il a défié la misère, le racisme puis la violence et la mort dans les rues, sur les rings où il est devenu un champion et même en camp de concentration. Mille vies de ce Marseillais surnommé Kid Francis, que le scénariste Marius Rivière et le dessinateur Grégory Mardon remettent en lumière dans une BD exaltant ces années folles jusqu’à la guerre, d’une effusion culturelle et d’un joyeux bordel ravagés par le fascisme.

    Phares et fantômes

    « Kid Francis, c’est mon Forrest Gump à moi. Il m’accompagne tout le temps », image Marius Rivière, journaliste de métier gaiement habité par cette figure oubliée, dont il a pris connaissance lors de son passage à La Marseillaise, en 2018, alors qu’il enquêtait sur les rafles du quartier Saint-Jean de 1943. « En 1936, Kid se trouvait au milieu des sabianistes, des royalistes et des communistes qui se tapaient dessus. à cette époque, Marseille réunit toute la merde qui va se répandre partout ailleurs : les liens entre mafieux et politiques, les compromissions avec l’occupant, les héros et les salauds. »

    De Marseille à New York, en passant par Hollywood et Auschwitz, une atmosphère retranscrite par des dialogues, silences et traits éloquents imprégnés par l’univers de films noirs comme Raging bull de Scorsese, Les incorruptibles de De Palma ou Les Sentiers de la perdition de Sam Mendes. Un esthétisme exprimé dans une rigueur quasi-documentaire, traversé par des fantômes comme le nazi Oberg, mais qui se permet aussi des libertés scénaristiques avec des phares comme Banjo, héros imaginé en 1929 par Claude McKay suite à son passage dans le Quartier réservé de Marseille.

    239 pages, 25, 95 euros.

  • [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette rencontre de l’Insee auprès des citoyens ?

    Valérie Roux : C’est une démarche à la fois nationale et régionale. Nous travaillons beaucoup avec des acteurs publics et quand nous produisons de la donnée, des analyses, nous la diffusons sur notre site et par la presse. Mais nous ne sommes jamais au contact direct des citoyens, et nous nous rendons compte que nous sommes dans une période où les chiffres peuvent être source d’incompréhensions alors que nous sommes dans un monde où la donnée est omniprésente. Nous souhaitons donc vraiment que ce soit un temps d’échanges, pas seulement expliquer comment nous faisons la statistique, mais aussi écouter ce qui ne va pas, ce qui est mal compris, ce qui manque pour alimenter ensuite la façon dont on va construire nos indicateurs, voire modifier notre façon de travailler. Nous voulons avoir des citoyens représentatifs de toute la diversité de la population pour avoir un dialogue intense, par thématique.

    Quelles sont justement les principales incompréhensions que vous rencontrez ?

    V. R. : Si je peux en citer une, je dirais le pouvoir d’achat. C’est un sujet qui est fréquemment interrogé, quand on dit qu’il a augmenté, les gens n’ont pas l’impression que le leur a augmenté. Surtout que l’on parle beaucoup en moyenne, ce qui ne reflète pas forcément ce que chacun vit. On essaie de développer des outils pour mieux rendre compte de la réalité de chacun, et parfois, nos chiffres ne collent pas aux ressentis. Ils peuvent être biaisés : il y a souvent un sentiment d’inflation plus fort que ce qui est mesuré parce qu’il y a des biais cognitifs, on est plus sensibles aux biens que l’on achète fréquemment, comme une baguette, que ceux que l’on achète tous les dix ans, comme un ordinateur. Notre objectif, c’est de produire des données utiles à la compréhension de notre société et de notre économie, qui vont servir à construire des politiques publiques adaptées.

    Face à de la désinformation qui peut se propager vitesse grand V, quel rôle pouvez-vous être amenés à jouer ?

    V. R. : On nous a dit à Nantes : vous avez un rôle dans l’usage qui est fait des données que vous produisez. Si elles sont mal utilisées, vous devez corriger. Aujourd’hui, nous, on diffuse l’information, mais si certaines personnes ne l’interprètent pas comme il faut, on estime que ce n’est pas dans notre rôle de rectifier tous les mauvais usages des chiffres tellement nombreux que l’on produit. Mais cela nous interroge, nous pouvons être amenés à changer notre action. Nous ne communiquons peut-être pas assez sur les méthodes mises en place pour réaliser nos enquêtes, afin de redonner confiance dans des données de la statistique publique, qui ne doivent pas être comparées à n’importe quelle donnée sur internet.

    Vous parliez de votre rôle dans les politiques publiques, comment vos données peuvent façonner le monde autour de nous, au quotidien ?

    V. R. : Tout ce que l’on publie aide à voir les problématiques : dans la région, quand le précédent préfet est arrivé, on lui a produit une note de synthèse avec notre diagnostic, avec nos chiffres sur les différentes thématiques de la région. Cela pointe des difficultés, par exemple sur l’accès au logement. Nous travaillons aussi beaucoup avec le conseil régional sur les déplacements domicile-travail, sur la pollution, sur des projections du nombre de lycéens, pour déterminer s’il faut implanter un nouveau lycée à un endroit. Tout cela doit les aider à arbitrer.

    Les chiffres de l’Insee sont déjà au milieu des municipales. Quel éclairage pouvez-vous apporter au débat public ?

    V. R. : Cela fait partie de notre réflexion, est-ce que nous ne devons pas présenter nos travaux d’une autre façon pour que, quand les débats de chiffres vont faire rage, on puisse les trouver plus facilement, pour que les données objectives puissent être le plus partagées possible…

    Il y a aujourd’hui énormément de données autour de nous, produites soit par du sondage, soit par les big data des nouvelles technologies… À quel point le travail de l’Insee reste-t-il pertinent dans ce contexte ?

    V. R. : Nous utilisons des sources variées. Nous faisons des enquêtes sur des sujets sur lesquels c’est la meilleure façon d’avoir de la donnée, comparable dans le temps et avec d’autres pays. Mais nous utilisons aussi depuis longtemps beaucoup les fichiers administratifs, les déclarations de salaires des entreprises, les données fiscales, qui sont retravaillées pour produire de la statistique. Pour l’indice des prix, on utilise des extractions des enregistrements aux caisses de ce qui est acheté. Ce qu’on observe, c’est que la donnée, quand elle n’est pas travaillée, analysée, organisée, si sa qualité n’est pas vérifiée en amont, elle peut donner n’importe quoi.

    Programme et inscriptions sur rencontres.insee.net

  • Les vœux de proximité et de solidarité de Sophie Camard

    Les vœux de proximité et de solidarité de Sophie Camard

    La cérémonie officielle des vœux de la mairie des 1er et 7e arrondissements s’est déroulée jeudi soir en grande pompe dans le palais du Pharo (7e). Empêchés par leur devoir de réserve à l’approche des municipales, les élus n’ont pas pu évoquer les projets prévus pour 2026, se contentant donc d’aborder « par une forme brève et succincte », comme le veut la loi, les actions menées en 2025. Une vidéo a dans un premier temps énuméré une dizaine d’initiatives municipales de l’année passée, parmi lesquelles : l’inauguration de l’école Baya (1er), du centre sportif Pape Diouf (1er) et du Jardin Saint-Nicolas (7e). Trois projets que Sophie Camard a rappelé dans son discours car, selon elle, représentatifs « de la volonté [de la Ville, Ndlr] de maintenir des espaces de rencontre, de dialogue et de vie collective, dans un contexte où notre quotidien numérique est souvent marqué par la rapidité et la distance ».

    « Rompre la peur »

    L’élue glissera un mot pour Noailles, quartier du 1er arrondissement, où un pôle d’équipement associatif pour la mairie de secteur est en cours d’installation. Il comprendra deux espaces, « un lieu de mémoire et de ressources au 63 rue d’Aubagne, choisi avec les familles des victimes de l’effondrement des immeubles, et un immeuble en réhabilitation au 44 rue d’Aubagne, pour accueillir des activités sociales et associatives ». La maire aura aussi une pensée pour Belsunce, « marqué récemment encore par l’actualité tragique du narcotrafic ». « Néanmoins, l’action conjointe des services publics, des forces de sécurité, du tissu associatif, de la régie de quartier, des collectifs d’habitants s’est poursuivie sans relâche. Nous avons besoin de cette solidarité dans un monde angoissant qui marche à la guerre. La proximité permet de se parler. Parler, c’est rompre la peur et l’isolement », a-t-elle déclaré dans la foulée.

    Dans son intervention, Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a lui proposé une sorte d’ode à l’amour, une forme de résistance « dans ce monde où tout est basculé, où les politiques internationales nous montrent que des destins changent en quelques mois, à des moments où le président des États-Unis d’Amérique veut s’emparer d’une partie de l’Europe comme d’une proie et (..) où celle et ceux qui n’acceptent plus les différences se lèvent sans complexe ». Et de conclure : « Vous [Sophie Camard, Ndlr] avez donc compris que je n’ai pas pu dire, à quel point votre secteur est formidable. »

  • Suspension contestée chez Renaissance à Marseille

    Suspension contestée chez Renaissance à Marseille

    « Le débat public c’est quelque chose de sain, je ne comprends pas cette suspension immédiate », déplore toujours Jean-Philippe Vigneron, entouré de quelques proches. Fondateur de son propre think tank Marseille vision, le militant de Renaissance était convoqué ce jeudi soir devant la commission départementale des conflits du parti, pour se prononcer sur son cas. En cause, un billet de blog qu’il avait publié le 30 novembre dernier sur le site d’information Marsactu, et dans lequel il déplorait qu’au sein du parti présidentiel, « tout a été fait pour écarter les voix qui refusaient la dérive droitière et la stratégie d’alignement ». Des propos qui lui ont valu une suspension dès le lendemain, à titre transitoire, avant une sanction qui devra être prise par la commission nationale des conflits.

    « Le sujet n’est pas ce que pense Jean-Philippe Vigneron, pose d’emblée le responsable départemental, Bertrand Mas-Fraissinet. Nous sommes un parti politique et comme dans tout collectif humain, il y a des règles à respecter. » Et d’indiquer que plusieurs militants ont demandé que des sanctions soient prises envers celui qui avait rejoint les rangs macronistes dès 2017, des sanctions qui peuvent aller du blâme à la suspension temporaire ou définitive. « Il a diffamé des cadres de Renaissance », pointe le porte-parole marseillais Maxime Boudet, rappelant que son texte était publié sous des publications d’Erwan Davoux comme de Franck Allisio… Et soulignant que liberté de ton ne vaut pas sanction : « Lionel Royer-Perreaut est contre le soutien à Martine Vassal, mais il n’est pas exclu. »

    « Je ne cite personne », conteste Jean-Philippe Vigneron, étrillant encore l’union avec la candidate de droite. « C’est l’alliance avec une droite revancharde prête à toutes les compromissions quitte à s’allier avec le RN », estime-t-il. « Le sujet lié au positionnement de Martine Vassal a été clarifié par elle-même », rappelle Bertrand Mas-Fraissinet. Peu importe : le militant suspendu qui avait milité avec Yvon Berland en 2020 lance cette fois un appel du pied à Benoît Payan : « Il faut qu’il élargisse le Printemps marseillais à des gens responsables et compétents, et je veux bien en faire partie. »