Tag: Marseille

  • Départs de l’OM, Benjamin Pavard premier de cordée

    Départs de l’OM, Benjamin Pavard premier de cordée

    Alors que les supporters marseillais étaient encore sonnés par le départ soudain d’Adrien Rabiot, l’annonce du recrutement de Benjamin Pavard a d’abord suscité de nouveaux espoirs.

    Le buteur providentiel du quart de finale du Mondial 2018 contre l’Argentine allait-il prendre le leadership d’un vestiaire orphelin de son « Duc », un des principaux artisans du retour des Olympiens en Ligue des Champions, envoyé au Milan AC ?

    Difficile de comparer le rôle que peut avoir un meneur de jeu avec celui d’un défenseur axial, souvent appelé à évoluer piston de couloir. Néanmoins, la première apparition de Benjamin Pavard au Vélodrome, ponctuée d’un but face à Lorient, a suscité tous les espoirs. D’ailleurs, sa présence au coup d’envoi a longtemps été associée aux rares clean shit réussis par la défense marseillaise jusqu’au départ précipité de Roberto de Zerbi.

    En perdition

    S’il a été le ciment défensif lors de cette première séquence de la saison olympienne, dans la seconde, Benjamin Pavard a aussi été le symbole du naufrage collectif. S’il n’a pas été le seul élément à perdre pied durant l’hiver, son statut de champion du Monde a fini par se retourner contre lui. Alors que plusieurs de ses coéquipiers, cadres du club, étaient également à la dérive.

    Celui qui aurait pu devenir un nouveau chouchou du Vélodrome s’est finalement retrouvé dans le même panier que Léo Balerdi, autre défenseur emporté par le maelström des humiliations marseillaises, notamment à Lorient ou Nantes. En témoigne la bronca qui a accompagné son entrée en jeu et ses dernières minutes lors du match contre Rennes, en clôture de la saison.

    Première conséquence d’une campagne éprouvante pour le Nordiste, il a définitivement perdu sa place dans le groupe France. Déjà sur la sellette du fait de ses prestations en demi-teinte à l’Inter, il a fini par ne plus intéresser Didier Deschamps et ne sera pas à la Coupe du Monde qui débute le 11 juin.

    Autre conséquence, qui était prévisible, l’OM ne lève pas l’option d’achat auprès de l’Inter. Le joueur a annoncé lui-même qu’il quittait le navire marseillais. « Porter ce maillot restera une expérience forte dans ma carrière et dans ma vie. J’ai toujours essayé de tout donner sur le terrain et de représenter ce club avec respect et engagement », a-t-il confié sur son compte Instagram. « Je pars avec beaucoup d’émotions, des leçons et le souvenir d’un vestiaire resté uni jusqu’au bout. Merci au club, au staff, à mes coéquipiers et à toutes celles et ceux qui ont été derrière nous cette saison. »

    Benjamin Pavard est donc le premier Olympien à officiellement quitter l’OM. Mais s’il va retourner à l’Inter, son avenir ne devrait pas être du côté de Milan. Il pourrait rebondir du côté de Stuttgart, où il s’est révélé. Le club souabe retrouvant la Ligue des Champions.

    Trois autres départs presque certains

    Benjamin Pavard n’était pas le seul joueur prêté à l’OM.

    Ethan Nwaneri était sûr de ne pas prolonger son bail. Car Arsenal l’avait envoyé à Marseille pour s’aguerrir. Malheureusement, la greffe n’a pas pris et le milieu offensif va donc retourner à Londres sans avoir progressé.

    Arthur Vermeeren a été prêté par le Red Bull Leipzig, où il risque de retourner. Ses débuts ont été prometteurs. Mais le carton rouge face à Nantes, début janvier au Vélodrome, a stoppé net sa saison et il n’a jamais retrouvé son niveau.

    Bilal Nadir est en fin de contrat. Mais son entourage se montre trop gourmand pour espérer un nouveau bail.

  • Jours de fête à Félix-Weygand

    Jours de fête à Félix-Weygand

    Le long week-end de l’Ascension a été sportif pour les Minots de Marseille.

    Encadrée par près de 70 bénévoles et arbitrée par 4 arbitres officiels, la « Minots star league » a pu rassembler 2 400 personnes au cours des quatre tournois qui ont vu les victoires de l’Olympique de Marseille en U9, du FC Septème en U10, de La Garde en U11 et de Gémenos en U12.

    Une idée originale a été proposée lors des finales U11 et U12 : les parents des joueurs des deux équipes finalistes ont été invités à accompagner leurs enfants lors de l’entrée des équipes, à la manière des formations professionnelles accompagnées par de jeunes pratiquants.

    Une attitude exemplaire

    Cette initiative a été particulièrement appréciée par les parents, les éducateurs et les joueurs eux-mêmes. L’ensemble des parents, souvent émus par la situation, ont adopté une attitude exemplaire en assistant à la finale au bord de la pelouse. Une démarche qui laisse entrevoir une lueur d’espoir pour la pratique du football, que les Minots de Marseille souhaitent promouvoir comme festive, respectueuse et comme un véritable moment de partage.

    Nul doute que le succès de ces tournois, organisés sur quatre jours, donnera des idées pour proposer une nouvelle édition lors de la prochaine saison sportive.

  • Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    « On a abordé la réunion sous le prisme de la méfiance, il y a eu des moments houleux où les habitants en souffrance ont exprimé leur amertume », résumait Yoann Titous devant la salle archi-comble du centre social d’Air Bel, ce mardi. Porte-parole des 130 pétitionnaires, locataires et copropriétaires de Bel Ombre, il reconnaissait : « à la sortie, on avait une opinion plus favorable des institutions publiques, mais il reste qu’AJA pourrait faire un effort de communication. »

    Pour rappel, en 2023, les dettes cumulées de la copropriété du 11e arrondissement, des travaux urgents, mais impossibles à financer sur la remise en état des ascenseurs qui desservent 16 étages, la dégradation du béton sur les balcons et divers autres dysfonctionnements, avaient conduit le tribunal à en confier la gestion à l’administrateur judiciare AJA. Pour autant, en juillet 2025, confrontés à l’installation d’un point de deal, à la dégradation continue du bâti, à un seul des huit ascenseurs en état de marche et à des charges à la hausse, les copropriétaires et les locataires avaient alerté les pouvoirs publics.

    En octobre, une nouvelle séance de travail avait débouché sur des engagements. « L’Agence nationale de l’habitat (Anah) financera à hauteur de 50% les travaux urgents, notamment la modernisation et les réparations des ascenseurs. L’administrateur provisoire s’engage à solliciter d’autres devis permettant l’amélioration pérenne des conditions de vie des occupants », avait annoncé la préfecture.

    Vers un calendrier

    Plus de six mois ont passé, les impayés de charges s’élèvent encore à 750 000 euros, augmentés d’une « dette fournisseurs d’environ 250 000 euros », indique l’arrêté préfectoral. « Les comptes sont bloqués donc rien n’avance », déplorent les copropriétaires et locataires, qui se sont organisés en association et craignent de s’enfoncer encore. « On n’obtient aucune réponse d’AJA qui a décidé de remplacer les ascenseurs sur la base d’un seul devis alors qu’il s’agissait d’une modernisation », déplore Mohamed Ramdani, représentant de Préservons Bel Ombre. Les copropriétaires ont demandé d’autres évaluations et notent « des factures bien moindres ». Quant à la demande de transparence des copropriétaires, le représentant d’AJA a balayé : « Nous gérons 500 mandats sur le territoire français. nous n’avons de comptes à rendre qu’au tribunal. » Au regard des situations dans lesquelles les habitants des Rosiers, du Mail, du Parc Corot, de la Maurelette, de la Mazenaude, de la Sauvagère ou de Benza s’enlisent, un membre du collectif intercopro Marseille interroge : « Mais ils en sauvent combien ? »

    Autant dire que ce dernier tour de table initié, mardi, par la préfète déléguée pour l’égalité des chances, était nécessaire. Isabelle Epaillard a réaffirmé sa volonté de trouver des solutions, « il y a urgence à avancer ». Elle a proposé un diagnostic par un tiers afin d’avoir de quoi établir un calendrier des travaux. Pour sa part, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge du logement et nouvellement élue à la présidence du bailleur social métropolitain PML, précisant que « la Ville intervient au titre de son pouvoir de police lorsqu’un désordre est constaté », a prorogé pour la 4e fois, la phase contradictoire déjà engagée. Une décision « assise sur l’acceptation du plan de sauvegarde ». De quoi voir s’éloigner la crainte, chez les copropriétaires, d’un arrêté de mise en sécurité qui aurait de fait entraîné le gel des loyers, l’obligation de relogement et un endettement plus fort.

  • À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    Mettre la pression sur le patronat pour défendre l’emploi. C’est l’objectif de l’UD CGT 13, qui appelle ses militants au rassemblement sur la place du Général-de-Gaulle à Marseille, ce jeudi à 11h30, devant les locaux de l’Union pour les entreprises, déclinaison phocéenne du Medef.

    L’organisation met en exergue des inquiétudes pour l’emploi sur plusieurs sites majeurs du département. « Des milliers d’emplois sont menacés, que ce soit dans l’industrie, dans les pans de la fonction publique, dans le secteur social ou le commerce, notamment avec Arcelor, Kem One, la CPMM (Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne), Fibre Excellence… », énumère la CGT. Avant de résumer : « Dans notre département, nous sommes face à des urgences dans tous les secteurs. »

    Des urgences sociales dont le dénouement pourrait avoir un impact direct sur les ambitions de réindustrialisation du Golfe de Fos et du pourtour de l’étang de Berre. « Il y a des projets de décarbonation et de réindustrialisation, mais la situation actuelle remet tout en cause : on risque de perdre des emplois existants et de ne pas gagner les emplois futurs », pressentait Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, lundi, lors d’une conférence de presse annonçant la mobilisation syndicale à venir. Preuve que son organisation a le nez fin : le projet d’usine XXL de photovoltaïque, Carbon, qui devait s’installer à Fos-sur-Mer, a officiellement été abandonné, le lendemain… D’où le rendez-vous avec le patronat : « Plus de 210 milliards d’euros d’exonérations lui sont offerts chaque année ! »

  • Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Les juges ont débouté le bailleur social qui voulait « faire un exemple » (notre édition du 9 mars 2026) en expulsant deux familles de la cité La Castellane (15e) sur le fondement de la loi Narcotrafic de juin 2025. Entendant les arguments de Me Marilou Poisot et Me Sofien Dridi, le tribunal a estimé que la condamnation pour trafic de stupéfiants de ces deux enfants majeurs, qui par ailleurs n’habitent plus la cité, ne suffisait pas car la « proximité suffisante » des faits troublant la jouissance d’autrui avec le logement n’étant pas démontré par Erilia. Les juges se sont appuyés sur une réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel.

    Un fils majeur avait été condamné comme « ravitailleur » d’un réseau. Il avait été interpellé quittant la cité en voiture avec un sac contenant 1,2 kg de résine et 632 gr de coke. « Pour autant, dit le jugement, la commission de ces infractions ne saurait à elle seule, suffire à établir la réalité des manquements graves à l’obligation contractuelle du locataire d’user paisiblement du bien donné à bail. » Le bailleur doit établir que les faits ont été commis dans le même ensemble immobilier à une proximité suffisante du logement dont il est demandé l’expulsion de la famille.

    S’agissant de l’autre famille, si l’enfant majeur a été condamné à trois reprises pour trafic de stupéfiants : la première se rapporte à des faits commis cité Consolat à 3 km de là. Pour la seconde, le majeur se trouvait place des Bartavelles à 400m de logement sans que soit précisé où était le point de deal. S’agissant de la 3e condamnation pour des faits de trafic dans La Castellane, Erilia n’apporte pas davantage de précision sur la distance entre le lieu de commission des faits et le logement de la famille.

  • L’interception de la flottille pour Gaza inquiète

    L’interception de la flottille pour Gaza inquiète

    Après l’interception, lundi, de 40 des 52 bateaux membres de la flottille Global Sumud (résilience, ténacité, persévérance en arabe), partie la semaine dernière de Turquie pour apporter de l’aide humanitaire à Gaza, les forces israéliennes ont progressivement poursuivi les arrestations mardi. « Trois des dix bateaux restants ont déjà été arrêtés, ils vont tous être interceptés, ce n’est plus qu’une question d’heures malheureusement », se désole Florence Heskia, coordinatrice de Global Sumud France, ce mardi après-midi.

    176 militants interceptés en avril

    à bord de ce cortège humanitaire, près de 400 personnes, issues de 47 nationalités, dont 41 Français et trois Marseillais. Si les activistes ne peuvent plus communiquer avec les organisations à terre depuis leur arrestation, Florence Heskia dit avoir été informée par le consulat français d’un transfert des militants sur des « bateaux prisons ». « Nous sommes très inquiets. Au début, les interceptions se sont déroulées sans violence, mais on constate sur certaines vidéos que des coups de feu ont eu lieu. D’autant que, au-delà du moment de l’interpellation, nous ne savons pas comment sont traités nos camarades », poursuit la coordinatrice.

    Global Sumud insiste par ailleurs sur le caractère illégal de ces opérations, a priori opérées en eaux internationales, où aucun état n’est en droit d’intercepter un navire. Il existe deux exceptions : les actes de piraterie (criminalité de guerre) et la lutte contre l’esclavage.

    Fin avril, 176 militants de la Flottille, partis, eux, de Marseille, Barcelone et Syracuse, avaient été interceptés par Israël, au large de la Grèce, là aussi en eaux internationales. Thiago Avila et Saif Abu Keshek, activistes présents à bord, avaient ensuite été détenus durant 10 jours dans une prison israélienne, où ils ont été « maltraités et brutalisés ».

  • Des Marseillais s’envolent vers la Coupe du monde

    Des Marseillais s’envolent vers la Coupe du monde

    « Ramenez la coupe à la maison », lance Stéphane Anfansso, président de la section Bouches-du-Rhône de la Fédération sportive et gymnique du travail, aux quinze Marseillais qui s’envoleront, la semaine prochaine, pour disputer la cinquième édition de la Coupe du monde de walking-foot, à Brisbane, en Australie, sous les couleurs de l’équipe de France.

    Née en Angleterre en 2011, cette discipline -que l’on nomme « football en marchant » dans l’Hexagone- permet aux passionnés du ballon rond d’avoir une deuxième vie de footballeur. Grâce à des règles adaptées, comme le fait de ne pas pouvoir courir ou d’être limité individuellement à quatre touches de balle, règle instaurée il y a deux par la Fédération internationale. « Parfois, on peut trouver deux joueurs sur le terrain qui ont 40 ans d’écart. Très peu de sports permettent cela », souligne Alexandre Caribone, capitaine de l’équipe de France des + 50 ans, la catégorie reine du walking-foot mondial.

    Séjour onéreux

    Lors de cette Coupe du monde en Australie, les Bleus seront également en lice dans les tableaux des + 60 ans et + 70 ans. Si l’équipe la plus jeune est composée presque exclusivement de Marseillais, les formations plus âgées sont complétées par des joueurs issus d’autres pôles régionaux, comme Toulouse, Vias ou Nice. « Pour la sélection, on est d’abord parti des volontaires, parce qu’on est sur un projet particulier avec des contraintes de disponibilités et de finances », souligne le chef d’orchestre du projet.

    De base, chaque participant aurait dû dépenser près de 3 600 euros pour financer ce séjour. Mais grâce aux aides des partenaires publics et privés, le coût du déplacement revient finalement à 1 500 euros par personne. En plus des quinze pensionnaires de la cité phocéenne, deux arbitres et un coordinateur feront également le voyage de 17 000 km jusqu’à Brisbane pour participer à cette cinquième Coupe du monde. L’année passée, l’équipe de France n’a pas pu être en compétition à cause de la grève des aiguilleurs du ciel. Grâce à son réservoir de 7 000 footballeurs, la FSGT 13 n’a pas eu instantanément du succès en lançant la pratique du walking-foot en 2017. « Beaucoup de gens rigolaient et ne prenaient pas ce jeu au sérieux », se remémore Alexandre Caribone. Pourtant, en Angleterre, ce sport est devenu un phénomène avec plus de 10 ligues, 1 000 clubs et 150 000 pratiquants. « Ils ont tellement de joueurs qu’ils sont obligés de couper les catégories d’âges en deux. Il y a donc des équipes de +45 ans par exemple. Nous, aujourd’hui, on n’a pas encore la capacité d’inscrire une équipe dans chaque catégorie », ajoute le directeur du comité départemental.

    Concurrence accrue

    Les Bleus se sont déjà illustrés sur le plan international, en remportant la Coupe du monde (+ 50 ans) en 2022, à Florence, en Italie. Ils ont même été champions d’Europe
    (+ 65 ans et + 70 ans) l’année suivante, à domicile, au stade Pierre-Delort. Les grandes compétitions se déroulaient jusqu’ici sur le Vieux continent, ce qui rendait complexe la venue de pays comme le Japon, Singapour ou la Nouvelle-Zélande. Les footballeurs marseillais auront l’occasion de se frotter à ces nations inédites lors de ce Mondial en Australie.

    « On vise le Graal, mais chacun va faire ce qu’il peut », glisse Jean-Louis Mense, sélectionneur national des + 50 ans. Déjà à la tête des Bleus lors de la Coupe du Monde victorieuse il y a quatre ans, le pilier du walking-foot marseillais a conscience que cette activité physique entre dans le domaine du sport-santé. « Chacun peut trouver un petit peu ce qu’il a encore envie de donner, ce que son corps peut donner encore. D’ailleurs, on voit sur les catégories +65 ans et +70 ans qu’ils cherchent moins le challenge, même s’ils ont la même motivation », surligne le chef de la délégation tricolore. « Au-delà de la pratique sportive, ça leur permet aussi de retisser du lien social. Parce que des fois, ils ont été six mois empêchés par un cancer ou une problématique de diabète. Et du coup, ils peuvent reprendre tranquillement et se faire plaisir », explique Christian Gibert, membre du comité directeur de la FSGT Ligue Sud Paca.

    À Brisbane, les trois équipes de France marcheront surtout vers un même objectif : ramener la coupe à la maison.

  • Karim Touche élu pour piloter le Centre d’action sociale

    Karim Touche élu pour piloter le Centre d’action sociale

    Adjoint (DVG) chargé de l’action sociale et des solidarités, l’ancien directeur de la Ligue de l’enseignement dans les Bouches-du-Rhône, Karim Touche, a logiquement été élu, ce mardi matin, vice-président du Centre communal d’action sociale (CCAS), prenant la suite d’Audrey Garino (PCF), désormais chargée du logement. « Tout ce que j’ai pu recevoir, j’ai envie de le mettre au service des plus fragiles », défend l’ancien directeur de centres sociaux en saluant l’implication des agents rencontrés, « qui souvent interviennent dans des missions exigeantes humainement », et « le travail remarquable » effectué par sa prédécesseure.

    « Je souhaite inscrire mon action dans la continuité », indique-t-il ainsi. « Le CCAS s’est beaucoup développé, il y a une nécessité de structurer les organisations, les outils de pilotage, de poursuivre la transformation numérique pour garantir dans la durée un service social de qualité, accessible, humain et réactif », détaille l’adjoint. C’est que lors du précédent mandat, la dotation accordée par la municipalité avait augmenté de moitié, faisant monter le budget aujourd’hui à quelque 38 millions d’euros (dont 31 millions de fonctionnement), pour 300 agents.

    Parmi les autres chantiers qui l’attendent, le développement du service d’aide à domicile, l’ouverture de nouveaux équipements, la lutte contre l’isolement des personnes âgées. « Le contexte social est de plus en plus difficile, le CCAS devra continuer à être un acteur de proximité », défend Karim Touche.

  • Contrer l’extrême droite au menu de l’assemblée de Solimut

    Contrer l’extrême droite au menu de l’assemblée de Solimut

    Autour de la table, ce mardi matin, trois personnalités étaient réunies pour échanger au sujet de la montée de l’extrême droite : Fatima Mostefaoui, conseillère municipale déléguée à la délinquance et conseillère d’arrondissement des 13-14 à Marseille, Cole Stangler, journaliste franco-américain spécialiste de la politique américaine et Carole Hazé, présidente de la Fédération des mutuelles de France.

    La table ronde était organisée dans le cadre de l’assemblée générale de la mutuelle Solimut, dont le siège est basé à Marseille. Le matin même, les délégués venus de toute la France mettaient à jour la « charte morale » de cette mutuelle présentée par Carole Hazé, son ancienne présidente, comme « féministe et antiraciste ». Cette table ronde, dans la continuité des échanges, était animée par Léo Purguette, président et directeur éditorial du journal La Marseillaise. Le public, constitué uniquement de salariés ou élus de Solimut, est « déjà convaincu. Ce n’est pas un public qui va voter pour le RN à la prochaine élection », confie un employé de la mutuelle. Néanmoins, les sujets abordés représentent des piqûres de rappel nécessaires quant au risque de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

    Quelles solutions

    face au RN ?

    La table ronde mêlait donc trois voix. L’élue municipale Fatima Mostefaoui, d’origine algérienne, qui a grandi dans le 15e puis le 14e arrondissement de Marseille, raconte son expérience face au racisme : « J’ai appris jeune qu’il faut tenir tête. », L’élue rappelle également que « les premières victimes du RN, c’est nous ».

    Carole Hazé souligne ensuite les enjeux politiques que constitue l’élection de 2027 : « On constate une inversion du barrage républicain. L’extrême droite, c’est un marché de dupes. La société s’est individualisée, les gens manquent de lien social. Le RN, lui, veut augmenter les inégalités et favoriser le patronat. » Pour elle, il faut recréer des espaces de rencontres « entre toutes les strates sociales, pour endiguer la recrudescence du racisme ».

    Le journaliste américain Cole Stangler, auteur de l’enquête Le miroir américain, offre quant à lui une approche parallèle entre la politique en France et aux États-Unis. « Le recul du syndicalisme a fait progresser l’extrême droite américaine. Les syndicats sont des instances aux valeurs antiracistes, un vrai rempart à l’extrême droite. »

    La mise en commun, l’échange direct – et non à travers la seule parole politique ou les médias – sont autant de leviers qui, aux yeux des trois invités, permettraient d’inverser la tendance de la montée du Rassemblement national.

  • [Procès Félix Bingui] Mohamed H. , un « Pirate » qui la joue profil bas

    [Procès Félix Bingui] Mohamed H. , un « Pirate » qui la joue profil bas

    Casier, parcours professionnel, personnel… À la barre de la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille, ce mardi 19 mai, deuxième jour de procès du clan Yoda, les co-prévenus défilent, sous le feu des questions de la présidente qui tente d’en savoir plus sur leur profil. Après Félix Bingui, présenté par les enquêteurs comme le chef de la bande la veille, et qui a consciencieusement nié en bloc toute implication dans le narcotrafic, est venu le tour de Mohamed H., dit le « Pirate » présumé bras droit du « Chat », qui aurait été en charge du ravitaillement en cannabis du réseau.

    Il fait plus que profil bas, rendant ses réponses inaudibles malgré les demandes réitérées de la présidente de hausser le ton et de parler dans le micro. À 33 ans, mis en examen pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment d’un délit de trafic de stupéfiant, il comptabilise neuf mentions à un casier judiciaire démarré en 2012, avant de passer en cours d’assises trois ans plus tard. Aujourd’hui au RSA, papa d’un petit de 3 ans qu’il n’a pu reconnaître, il tente de justifier ses allers-retours en Algérie, à Dubaï, en Thaïlande durant le temps de l’enquête, menée de 2021 à 2023.

    Un discours

    de circonstance ?

    S’il a traversé la Méditerranée, c’est en raison de sa séparation avec sa compagne et pour suivre une formation « sur la promotion immobilière. » Mais « cela n’existe pas en France ? Vous vivez de quoi à Oran ? », questionne la présidente, qui s’inquiète de savoir comment il se logeait sur place. « J’avais peu de moyens, mais des économies et puis aussi [le gain de] paris sportifs », lui lance-t-il. De quoi financer aussi des séjours au ski. « Il y a beaucoup de gens qui ont des économies monsieur dans ce dossier, vous avez les justificatifs de ces gains ? » rétorque la présidente, face à un prévenu bien en peine de lui répondre.

    Dubaï, où il a pourtant le titre de résident confirme-t-il, c’était au départ pour un mois de vacances. Avant de trouver un emploi de serveur par le biais d’un ami. Où alors c’est pour y faire des escales, dans le cadre de vacances en Thaïlande. Mais il en est revenu après avoir « réfléchi 6 mois », déplorant le niveau du loyer.

    Confus, dans un chuchotement, il évoque la gestion de magasins, la vente de cigarettes, des activités de taxi, dit miser sur son BEP carrosserie obtenu à l’âge de 18 ans, qu’il n’a pas terminé faute de stage pratique pour l’avenir.

    « En France, je souhaite assumer pleinement mon rôle de père », balance-t-il devant une présidente dubitative. Ses demandes de levée des obligations de contrôle judiciaire, refusées, et de pouvoir retourner dans les Bouches-du-Rhône, c’est pour « mon fils », insiste-t-il. « Ce n’est pas de circonstance ce discours-là ? Cela a beaucoup évolué dans le temps », constate-la présidente. Sur son parcours judiciaire, il se dit influencé. « J’étais mineur, j’ai eu de mauvaises fréquentations, mais j’ai essayé de trouver du travail », avance-t-il.

    Quand le procureur lui demande des précisions sur son rôle éventuel dans une affaire en date de 2010, dans laquelle Félix Bingui a été désigné notamment comme numéro 2 de la bande des Carmes, il réfute avoir été ravitailleur, assurant que ce dernier était son ami du point de vente. Son avocat, Gaëtan Poitevin, en rajoute une couche : « On essaie de vous associer à ce dossier où cette affaire ne serait que la continuité de la bande des Carmes et un trafic généralisé. »

    Et d’insister sur la bonne volonté de son client qui, après une consommation de cannabis importante, ne fume plus. Il faudra attendre les débats sur le fond de l’affaire, prévus pour la fin de semaine prochaine le concernant, pour rentrer dans le vif du sujet…