Tag: Marseille

  • Amine Kessaci élu à la tête de Marseille Habitat

    Amine Kessaci élu à la tête de Marseille Habitat

    « S’il a 22 ans et est très certainement le plus jeune président des bailleurs sociaux du pays, il a beaucoup d’ambition pour les habitants », promettait le maire (DVG) Benoît Payan. Ce mardi matin, sans surprise, c’est le 4e adjoint (EELV) au maire de Marseille, Amine Kessaci, qui a été élu à la tête de Marseille Habitat, le bailleur social de la municipalité, prenant la succession de l’ancienne adjointe (PS) à la politique de la ville, aujourd’hui chargée de l’urbanisme, Audrey Gatian.

    « J’ai conscience de toutes ces problématiques, conscience de tout ce que cela implique pour notre ville », assurait le jeune militant écologiste face au conseil d’administration largement renouvelé. En rappelant son enfance dans les logements sociaux de Frais Vallon (13e). « Toute ma vie, j’ai aidé mes parents, mes voisins, à écrire des courriers l’hiver pour dire qu’on avait froid, que l’eau chaude ne fonctionnait pas, que les ascenseurs étaient en panne », témoignait-il, en promettant qu’il saura « répondre au téléphone, me déplacer, aller rencontrer et aussi trouver les solutions lorsque cela sera nécessaire, aller chercher des moyens ».

    Rénovations urbaines

    Au moment de présenter sa candidature, le maire Benoît Payan prend le temps aussi de saluer le travail déjà réalisé lors de la précédente mandature, « un premier mandat de consolidation », avant de promettre de faire de la société d’économie mixte « un exemple en France ». Certes, le passé n’est jamais loin : le procès en appel des effondrements de la rue d’Aubagne se tiendra à partir du 2 novembre, avant l’audience en septembre 2027 sur les intérêts civils.

    Mais d’autres chantiers majeurs ont déjà été engagés. « Marseille Habitat est un bailleur qui répare, engage de nouveaux chantiers, des démolitions d’immeubles », brosse rapidement Amine Kessaci, évoquant la cité Kallisté, ancienne copropriété reprise par la société d’économie mixte où a été engagée la démolition, en février, du bâtiment G (notre édition du 18/02), ainsi que Félix-Pyat où doit être démolie la tour B. Autre chantier en coulisse, la recapitalisation du bailleur social, dont le conseil municipal avait déjà approuvé le principe, en décembre dernier, à hauteur de 22,5 millions d’euros afin de mener à bien son plan stratégique patrimonial pour notamment rénover 59 immeubles. La Ville doit apporter la moitié des fonds, reste aux actionnaires minoritaires 
    -Caisse d’Épargne, Action logement et la Caisse des dépôts- à se prononcer.

    Surtout, le jeune militant contre le narcotrafic espère faire de Marseille habitat le fer de lance pour reloger les familles de victimes. « Nous allons mettre tous les acteurs autour de la table pour expliquer l’urgence de reloger ces familles et donc de créer un contingent spécifique dédié à leur relogement », explique-t-il, en précisant que le bailleur marseillais ne portera pas seul cette responsabilité.

  • Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Un entrepreneur du bâtiment a été condamné, lundi à Marseille, pour avoir dissimulé l’emploi de trois salariés entre juillet 2020 et décembre 2022 sur ses chantiers de maçonnerie générale et de gros œuvre. « C’est un tropisme des procédures de travail dissimulé avec des prévenus absents qui continuent encore et toujours à faire pousser des sociétés ! », a déploré la procureure de la République, Anne-Sophie Larrouy.

    Gravité particulière dans un secteur accidentogène

    Erhan F., patron turc de 34 ans, qui ne s’est pas présenté à l’audience, a écopé lundi de 8 mois d’emprisonnement avec sursis et de 10 ans d’interdiction de gérer, conformément aux réquisitions du parquet. La présidente a qualifié les faits d’une « gravité particulière eu égard à l’activité accidentogène du secteur du bâtiment » et a ordonné la diffusion de la condamnation pendant un an sur le site du ministère du Travail.

    « Pas de déclaration à l’Urssaf. Aucune déclaration salariale. Aucune comptabilité déposée car il n’a aucun document comptable. Il s’est versé 21 510 euros, mais n’a déclaré que 2 000 euros de revenus par an. Convoqué, il a quand même reconnu avoir payé ses salariés en espèces. C’est tellement facile de créer des sociétés sans en avoir les compétences », a observé la présidente de la 6e chambre correctionnelle de Marseille, Stéphanie Donjon.

    « Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse »

    La plainte de l’Urssaf déposée en novembre 2023 fait suite l’indifférence du prévenu au contrôle diligenté au vu de la distorsion entre ses revenus déclarés infiniment modestes – 2 000 euros par an – et son chiffre d’affaires que trois agents de l’Urssaf ont dû reconstituer à partir des données bancaires et des versements à des sous-traitants. Il en ressort une masse salariale de 42 000 euros sans déclaration sociale correspondante.

    Atteinte à la solidarité nationale

    « En deux ans, il n’a déclaré que 4 118 euros de salaire. Il s’en moque que tout le monde cotise pour tout le monde. Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse », a dit la procureure. Si la société Provence Avenir Étanchéité a été radiée, le prévenu demeure gérant de Sud Sol Chape et apparaît en filigrane de la société Firtina Concept Bâtiment en redressement judiciaire. « Il continue encore et toujours et une situation d’inéquité pour les employeurs qui déclarent. »

    Partie civile, Me Luna Bayoumi rappelle que l’Urssaf défend ici « l’intérêt général en ce qu’elle collecte les ressources de la majorité des organismes de protection sociale qui financent nos prestations de santé, nos retraites ».

    Il ajoute : « Je souligne la gravité des faits qui portent atteinte à l’entièreté du système de solidarité nationale. Pour le prévenu, ce n’est pas grave, d’ailleurs, il n’est pas là aujourd’hui. Il n’a jamais retiré la mise en demeure que nous lui avons adressée, ce qui augmente l’impression qu’il n’a que faire de la Justice. Et en plus, il y a une autre procédure incidente ouverte sur une autre société contrôlée. »

  • Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Beaucoup de signaux négatifs et peu d’avancées sociales positives pour les salariés du premier opérateur télécom français.

    Ce mardi, plusieurs dizaines de travailleurs d’Orange se réunissaient sur la place de la Joliette, à Marseille. « En parallèle d’une assemblée générale des actionnaires à Paris, on a décidé de faire un mouvement de grève et d’actions avec des rassemblements partout sur le territoire », campe Olivier Néri, secrétaire général de la CGT FAPT Télécoms 13. L’objectif de la mobilisation est limpide : « On veut mettre la pression sur la direction et les actionnaires sur plusieurs sujets. »

    Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de l’organisation, précise : « On veut demander des comptes : encore une fois, on a une année record de bénéfices et des NAO (négociations annuelles obligatoires) qui ne sont pas à la hauteur. On nous a baissé l’intéressement et la participation, par contre, ils augmentent les dividendes aux actionnaires ! » Les syndicalistes ont un exemple parlant : « On est la seule entreprise des télécoms à ne pas avoir de 13e mois alors que ça fait 20 ans qu’on réalise plusieurs milliards de bénéfices chaque année ! » Forcément, ça ne passe pas vraiment quand l’entreprise engrange plus de 3 milliards en 2025 : « Mettre en place un 13e mois couterait 300 millions d’euros pour l’ensemble des salariés du groupe ! »

    D’autant que cette colère sur les salaires s’accompagne d’inquiétudes de plus en plus grandissantes sur la question de l’emploi. Surtout lorsque la vente de SFR, l’un des quatre acteurs des télécoms en France, se profile. « Orange, Free et Bouygues vont mettre plus de 20 milliards sur la table pour racheter SFR. Ils veulent se partager le gâteau : le réseau, les clients, les infrastructures… », explique Guillaume Lamourette. Avant de tonner : « Mais aucun des opérateurs ne parle des salariés de SFR. On revendique que les personnels fassent partie de la reprise par le consortium : il ne faut pas les laisser à la rue ! »

    Un datacenter à Saint-Mauront ?

    Et le deal à venir, ou pas, pour SFR, n’est que la partie émergée de l’iceberg. « Solution 30, une entreprise qui faisait le déploiement de fibre comme sous-traitant, est en redressement judiciaire. On revendique aussi l’intégration de leurs personnels », poursuit Guillaume Lamourette. Il pointe également certaines orientations d’Orange jugées préoccupantes. « Orange, via le nouveau dispositif “Orange Drone Guardian”, se positionne sur les drones de surveillance pour sécuriser des sites ou même des territoires. La cyberdéfense prend une place de plus en plus importante dans l’entreprise. » Et Olivier Neri s’inquiète aussi de la présence accrue de l’intelligence artificielle (IA) dans leur quotidien : « Ils mettent en place une IA pour organiser le planning des techniciens et une autre pour remplacer les téléconseillers des plateformes téléphoniques. » De quoi questionner alors qu’un vaste projet de réorganisation de l’entreprise, nommé « regain », est en cours d’élaboration du côté de leur direction depuis plusieurs mois.

    Une fois que la CGT met tous les éléments bout à bout, le constat est sans appel : « Notre directrice générale [Christel Heydemann, Ndlr.] a dit en commission parlementaire que l’objectif est de passer à 35 000 salariés d’ici 2030, alors qu’on est 68 000 aujourd’hui », assure Guillaume Lamourette.

    Localement, la CGT tient à alerter particulièrement sur la situation du site de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement. « On aimerait avoir la vérité sur ce que veut faire l’entreprise du site de Saint-Mauront », martèle Guillaume Lamourette. Quand Olivier Neri s’inquiète de l’avenir concret du site : « Le directeur, la semaine dernière, nous annonçait que le site est bien toujours à nous et qu’ils vont y faire un datacenter. » Si le conditionnel est de mise, pas de quoi satisfaire le syndicat, qui réclame un retour des salariés sur place et s’oppose à sa fermeture en tant que site majeur d’Orange dans la région.

  • Bruno Schiavo désigné titulaire pour le bus d’Or

    Bruno Schiavo désigné titulaire pour le bus d’Or

    C’était l’heure de l’affrontement au Centre bus de La Rose. Ce mardi se disputait la finale interne à la RTM afin de désigner le titulaire pour le challenge « bus d’Or » à Paris. Un duel disputé entre la jeunesse d’Aymen Allouache ( 20 ans ) du centre bus d’Arenc, lauréat du concours du meilleur jeune conducteur de France lors des Worldskills 2025, et l’expérience de Bruno Schiavo (49 ans), du centre bus La Rose, vainqueur de la première phase de sélection. Ils ont d’abord passé un exercice de conduite dans la matinée avant d’effectuer une épreuve dite en ligne, sur le terrain, dans l’après-midi. C’est Bruno Schiavo qui a été désigné titulaire pour le bus d’Or.

    Des ambitions de victoire à Paris

    Les deux conducteurs sont donc directement qualifiés pour la finale nationale à Paris. « On a deux très bons candidats avec le meilleur jeune conducteur de France (Aymen Allouache) et Bruno Schiavo qui est très expérimenté avec la double casquette de formateur. On essaye de mettre toutes les chances de notre côté et on ne monte pas à Paris pour être figurant », annonce Nicolas Covarel, directeur d’exploitation de la RTM, en charge d’organiser l’épreuve du jour.

    La finale se déroulera du 9 au 11 juin, à Paris. « Si je peux conduire à Marseille, je pense pouvoir conduire de partout. On n’a pas à rougir, on va monter sans pression dans la capitale », déclare Aymene Allouache. Bruno Schiavo complète : « On va à Paris avec détermination, on veut faire quelque chose de bien. On a une bonne équipe, de bons coaches. »

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Anthony Goncalves

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Anthony Goncalves

    Santé, prévention, inégalités, actualité marseillaise, nouveau fonctionnement de la Métropole…

    À vous la parole ⬇️

  • Marseille : la RTM en route pour le « bus d’Or »

    Marseille : la RTM en route pour le « bus d’Or »

    La Régie des Transports Métropolitains (RTM) a organisé, ce mardi 5 mai, sur le site du dépôt de la Rose à Marseille, un challenge interne pour désigner le conducteur qui représentera l’entreprise lors de la prestigieuse compétition nationale du « Bus d’Or 2026 », du 9 au 11 juin à Paris. Une sélection qui a eu lieu en présence de la nouvelle présidente de la RTM, Samia Ghali et du directeur Hervé Beccaria. La première place est revenue à Bruno Schiavo du Centre bus la Rose. Il rencontrera désormais Aymene Allouache, du Centre d’Arenc qui a remporté le concours du meilleur jeune conducteur de France lors des WorldSkills 2025, pour une finale décisive qui désignera le représentant RTM au Bus d’or.

  • Les lycéens de la région restituent leurs travaux sur la Shoah

    Les lycéens de la région restituent leurs travaux sur la Shoah

    Au lycée Adam-de-Craponne, à Salon-de-Provence, le projet pédagogique retenu a été celui d’un format du type « C’est pas sorcier » au sujet des femmes des Sonderkommando, ces déportées chargées de faire fonctionner les fours crématoires des camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. « Nous avons travaillé, sur l’année, à partir des cahiers nouvellement édités d’Alter Fajnzylberg, militant juif communiste interné à Auschwitz, rescapé des Sonderkommando », rapporte Nathalie Dupont, professeur de lettres de terminale.

    Depuis 2015, 47 000 lycéens ont bénéficié du dispositif « Mémoire et citoyenneté », financé par la Région Sud. Ce travail de mémoire sur l’univers concentrationnaire est mené sur l’année scolaire par les enseignants avec les élèves, en lien avec des historiens et des auteurs.

    Un voyage d’étude « vraiment marquant »

    Le parcours « hors les murs » débute au camp des Milles, ancien camp d’internement et de déportation, situé à Aix. Les lycéens se rendent ensuite au Mémorial de la Shoah et au Panthéon à Paris, avant de se déplacer en Pologne, au camp d’Auschwitz-Birkenau, pour un « voyage d’étude ».

    « Ça a créé une dynamique de classe forte, c’était touchant », confie Margaux, en classe de terminale générale au lycée Adam de Craponne. « Nous étions au camp d’Auschwitz en janvier, ce qui nous a permis de voir à quel point les conditions étaient terribles. C’était vraiment marquant », conclut-elle.

  • Vers une direction collégiale à la tête du PS 13

    Vers une direction collégiale à la tête du PS 13

    C’est une page que s’apprête à tourner la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, la deuxième dans le pays pour le parti à la rose. À sa tête depuis 2021 après la démission de Nora Mebarek et la transition houleuse qui s’en était suivie, l’adjoint marseillais à la vie associative Yannick Ohanessian devrait, selon des informations concordantes, céder dans les semaines à venir son siège de premier secrétaire fédéral au profit d’une direction collective transitoire.

    Une information que conteste le principal intéressé, indiquant conserver à ce jour ses fonctions. Même si celui qui ne pointait qu’à la 33e place de la liste du Printemps marseillais lors des dernières municipales avait déjà ouvertement par le passé déploré les attaques internes. « Pour l’année 2024, je n’ai pas toujours été épargné », déplorait-il ainsi lors des vœux de la fédération PS en 2025, en appelant à la « camaraderie ».

    « Nous avions une fédération un peu à l’arrêt depuis la fin de l’année dernière, des militants nous demandaient ce qu’il se passait, il n’y avait plus de réunion », explique l’adjointe à l’urbanisme Audrey Gatian, sollicitée par La Marseillaise. « Nous avons besoin d’un parti qui travaille, dise les choses, les porte localement », défend-elle en distinguant la situation des mélodrames nationaux qui traversent le parti. Une direction collégiale de six membres a ainsi été présentée à la direction nationale, représentative du poids des différents textes d’orientation dans le département, avec l’espoir de la voir installée « dans les semaines qui viennent ». En espérant une transition « la plus courte possible ».

  • [Entretien] Ammar Yassir : « J’aimerais que les gens s’informent sur le Soudan »

    [Entretien] Ammar Yassir : « J’aimerais que les gens s’informent sur le Soudan »

    Ammar Yassir n’a pas encore 21 ans et, pourtant, il a déjà exposé ses photos au Prix Bayeux Calvados des reporters de guerre, et dans d’autres villes européennes. Aujourd’hui, le jeune photojournaliste expose ses photos à Marseille, aux côtés de cinq autres photojournalistes soudanais. Une exposition organisée par les journalistes Eliott Brachet et Arthur Larie à la librairie Maupetit, sur la Canebière. À travers ses photos, il raconte son parcours d’exilé et un bout de la guerre au Soudan.

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous raconter l’histoire derrière les photographies sélectionnées pour cette exposition ?

    Ammar Yassir : Ces photos font partie d’un projet que j’ai appelé « I will never find home ». Le cœur du projet est l’exploration de soi et de son entourage. J’ai documenté les lieux traversés sur plusieurs mois, dans les camps de réfugiés, en Ouganda et dans diverses villes du Soudan, dont celle de mon père, attaquée par les forces paramilitaires. Je questionne, dans cette série, ce qui fait que l’on se sent chez soi, le sentiment d’appartenance à travers les lieux que l’on habite. L’autoportrait, intitulé « Conflicted », représente mes conflits intérieurs au sein du « grand conflit », celui de la guerre au Soudan lorsque j’habitais à Djouba, une période très difficile.

    Pourquoi avoir choisi le noir et blanc pour cette série ?

    A.Y. : En fait, la plupart de mes cartes SD et mon téléphone avaient été volés lors d’une manifestation de la Gen Z au Kenya. La majorité des photos étaient en couleur. J’ai donc dû trouver un lien entre les autres photos, et ce lien a été le noir et blanc. Des lieux sont représentés à travers des archives, des photos prises avec mon téléphone ou avec mon Canon, et à travers eux, je tente de répondre à mes questionnements sur le sentiment d’appartenance. À gauche de mon autoportrait, on voit une photo de tente. Elle renvoie à une période très difficile, nous étions à 9 dans une tente avec ma famille, dans un camp de réfugiés au Sud. Et, bizarrement, j’y ai de bons souvenirs car nous étions tous ensemble.

    Quel est le lieu que vous pouvez appeler « maison » ?

    A.Y. : Je pense que je peux dire que « chez moi », c’est la ville d’Omdurman, où je suis né. Je pense surtout à la maison de mon grand-père maternel, c’est ce lieu que j’espère retrouver. Je vis actuellement à Hambourg, en Allemagne, dans une résidence d’artistes qui se termine bientôt. J’essaye de ne pas penser à la suite, mais j’hésite à retourner au Soudan et je ne sais honnêtement pas dans quel état je vais retrouver cette maison.

    Que souhaitez-vous transmettre à travers la photographie ?

    A.Y. : À travers la photographie, j’ai l’opportunité de partager les récits de ceux qui ne peuvent pas raconter leur histoire et notamment les réfugiés soudanais. J’ai eu la chance de pouvoir raconter la mienne, c’est désormais à mon tour de raconter la leur. Enfin, j’aimerais sensibiliser au fait qu’il est nécessaire de s’informer sur la guerre au Soudan, sur son histoire, sur la complexité de la situation et l’importance de nommer ce que cette guerre est réellement : une guerre par procuration, pas une « guerre civile ».

    Les photos d’Ammar Yassir et des cinq autres photographes soudanais sont à retrouver jusqu’au 20 juin à la Librairie Maupetit, 142 La Canebière.