Tag: Marseille

  • [Entretien] Maxime Tommasini : « Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne »

    [Entretien] Maxime Tommasini : « Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne »

    La Marseillaise : Que représente pour vous votre élection et quelles sont vos priorités ?

    Maxime Tommasini : Cette confiance m’honore et m’oblige. Notre objectif, plus que de développer le commerce, est de créer de l’emploi et de la croissance, autant du côté italien que du côté français. Aujourd’hui, les projets européens prennent une place de plus en plus importante, notamment sur l’entrepreneuriat féminin. C’est un axe que j’ai souhaité développer, avec des programmes de mentorat et de coopération entre plusieurs pays du bassin méditerranéen dans le cadre du projet She Empower. En tout ce sont 140 entrepreneuses qu’on souhaite accompagner. C’est une nouvelle ère qui commence.

    De quelle manière vous financez-vous ?

    M.T. : Nous sommes une association loi 1901 et, contrairement à ce que l’on croit souvent, nous sommes très faiblement subventionnés par l’Italie. Notre région consulaire s’étend du Var jusqu’à La Rochelle, en passant par l’Occitanie et la Corse. C’est complexe à gérer, mais cela reflète le dynamisme et le potentiel de ces territoires. Bien que nous soyons la troisième chambre la plus dynamique, nous nous autofinançons à 90% en vendant des services, un peu comme une agence de conseil.

    Comment expliquer le lien entre Marseille et l’Italie ?

    M.T. : Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne. Ce lien se retrouve naturellement à la Foire de Marseille, mais aussi dans des projets comme l’AOC Cassis et l’œnotourisme. Nous cherchons également à pérenniser la liaison aérienne Marseille-Rome, qui ouvre cet été.

    Entretien réalisé par Macha Ryzhova Guichard

  • Rebecca Bernardi à la tête du MIN

    Rebecca Bernardi à la tête du MIN

    L’adjointe au maire de Marseille déléguée au commerce, à l’artisanat et aux noyaux villageois a publié un message de réaction, ce mercredi matin, sur X : « Honorée d’être la nouvelle présidente du MIN marché Marseille Méditerranée. Consciente des défis multiples liés au site des Arnavaux et de Saumaty. Merci à Benoît Payan pour sa confiance et pour permettre à une femme, pour la première fois d’accéder à ce poste. Une pensée pour mon père, poissonnier sur les marchés, client de saumaty qui, là où il est, est fier sans aucun doute. » Rebecca Bernardi succède à Christian Burle (DVD), maire de Peynier et conseiller métropolitain.

  • Les dockers rendent hommage à Marcel Sanchez

    Les dockers rendent hommage à Marcel Sanchez

    C’est à un monument du syndicalisme sur le port qu’a rendu hommage la section syndicale des retraités dockers CGT de Marseille. Cette dernière a inauguré, vendredi 22 mai dernier, un local « Marcel-Sanchez », secrétaire général des dockers CGT du port de 1987 à 1993 et décédé en janvier 2021. « Marcel Sanchez mena notamment le combat contre la réforme du statut des dockers, administrateur du port, responsable à la Fédération CGT des Ports et Docks », relate la section, qui a également posé une plaque commémorative pour l’occasion. Une pose réalisée par le secrétaire des retraités dockers, Henri Ballester et Nora Sanchez, son épouse.

    « De nombreux dockers retraités étaient présents pour cette cérémonie, aux côtés du représentant du syndicat, Gilles Olivieri. Des représentants du Grand Port Maritime, de la Réparation navale, des Douanes ainsi que du bureau de l’Union syndicale des retraités CGT 13 avaient également fait le déplacement, tout comme une délégation de la section PCF du port », poursuit la section.

    Elle rappelle que c’était un « militant profondément attaché aux valeurs de la CGT, son parcours fut marqué par son engagement au sein du PCF, à la section du port. Il a contribué au développement de notre section de retraités et veuves de dockers jusqu’à sa mort ». C’était aussi un artisan du « rapprochement des travailleurs portuaires, en particulier avec les dockers de Fos et de l’ensemble du bassin méditerranéen » puisqu’il était « à l’initiative de la coordination internationale IDC, aujourd’hui EDC [syndicat européen des dockers, Ndlr.] ».

  • [Entretien] Philippe Sands : « Il y a un trou entre la définition publique et juridique du génocide »

    [Entretien] Philippe Sands : « Il y a un trou entre la définition publique et juridique du génocide »

    La Marseillaise : Hiérarchisez-vous le droit et l’histoire pour aider à la sauvegarde de la mémoire ?

    Philippe Sands : Non. Ce sont deux aspects différents, mais absolument liés. Par exemple, chaque procès auxquels j’ai participé comme avocat ou chaque livre que j’ai écrit comportent des aspects bien sûr fortement juridiques, mais il y a toujours des aspects historiques et intimes qui entrent en jeu. La question de la mémoire touche ces deux côtés.

    « 38, rue de Londres » se situe entre l’enquête historique
    et le thriller. Pourquoi
     ?

    P.S. : J’habite à Londres, dans le quartier d’Hampstead. Pendant 25 ans, mon voisin était John le Carré, un très grand écrivain de thrillers. Nous sommes devenus amis. Il a toujours été fasciné par les questions juridiques : sur la guerre en Irak, Guantanamo… Il me posait plein de questions. Il se trouve que, dans chacun de ses ouvrages, il y a un juriste épouvantable. Mon rôle auprès de lui était de vérifier que le juriste correspondait à la réalité. En lisant ses manuscrits, j’ai compris comment aider les lecteurs à entrer dans un sujet sérieux et complexe, comment les aider à continuer à lire.

    Votre récit s’échafaude autour des liens entre le criminel nazi Walter Rauff et le dictateur chilien Pinochet, qui ont tous deux bénéficié d’une certaine impunité. Quand on est victime ou descendant de victime, comment faire lorsque la justice échoue à préserver la mémoire ?

    P.S. : Après 1963, chaque jour qu’il vivait, Walter Rauff savait qu’il encourait des risques, qu’il avait la possibilité d’être attrapé, assassiné. Pinochet a, quant à lui, été arrêté à Londres en 1998. Il a passé 503 jours en détention, avant de rentrer chez lui et de perdre son immunité. Un procureur chilien, Juan Guzman, l’a poursuivi. À sa mort [en 2006], il était détenu chez lui, n’avait pas le droit de sortir. On peut donc parler d’impunité partielle. Mais, du point de vue des descendants des victimes, il n’y a pas de doute : il n’y a pas eu de jugement d’un tribunal disant que Pinochet était responsable de ses crimes. C’est peut-être, aussi, l’une des raisons pour lesquelles il reste une figure qui continue d’inspirer des gens comme on l’a récemment vu au Chili.

    Comment analysez-vous le retour au pouvoir ou en force d’héritiers de criminels de guerre, avec José Antonio Kast au Chili et l’AfD en Allemagne ? L’absence de reconnaissance juridique fait-elle bégayer l’histoire ?

    P.S. : L’histoire ne se répète pas exactement, mais il y a des points de comparaisons. Dans le contexte européen par exemple, la génération qui a vécu les années 1930 et 1940 a presque disparu. Aujourd’hui, la mémoire directe n’existe donc plus. Les gens oublient ce que nous sommes capables de faire contre d’autres êtres humains. De nos jours, les populismes et nationalismes sont de retour. Cela va certainement durer un moment et provoquer des désastres. Qu’apprend-on de l’histoire ? Finalement, peut-être pas grand-chose.

    Vos activités juridiques et littéraires trouvent leur épicentre dans le procès de Nuremberg en 1945-1946, notamment à travers la figure de Raphaël Lemkin et l’apparition du terme de génocide. Le trouvez-vous galvaudé de nos jours ?

    P.S. : On assiste à un grand débat. Autour du mot « génocide », il y a en fait une grande différence entre ce que pense le grand public et ce que décident les juges. Je viens par exemple de plaider une affaire de la Gambie, contre la Birmanie, sur la question du génocide des Rohingyas. Il y aura un jugement dans la deuxième partie de l’année. Les gens ne comprennent pas qu’il n’est pas toujours si simple de prouver un état d’esprit, l’intention de détruire un groupe partiellement ou totalement. Il existe ce trou entre la définition juridique et publique. Et, entre les deux, il y a forcément des interprétations différentes. Récemment, le New York Times m’a demandé si on pouvait considérer ce qu’il se passe à Gaza ou en Ukraine comme un génocide. Je ne peux pas, moi seul, répondre à cette question. La définition du génocide, inventée par Raphaël Lemkin en 1944, prend une approche beaucoup plus élargie du génocide, à tel point que s’il était encore parmi nous, il caractériserait ce qu’il se passe à Gaza actuellement, mais aussi le 7 octobre 2023 en Israël, comme génocide. Pour autant, cela ne veut pas dire que la Cour internationale de justice ou la Cour pénale internationale vont faire la même chose. Il faut juste attendre. En ce qui me concerne, je ne fais pas de hiérarchie entre crimes de guerres, contre l’humanité et génocide. C’est atroce dans tous les cas. À quoi sert donc d’avoir ce débat ?

  • La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    « Le 11 juin, Marseille sera la capitale du Made In France. » Olivier Robert, fondateur de Sacré Français qui organise depuis trois ans les rencontres du Made in France, se réjouit que l’événement prenne place à Marseille, à la Friche de la Belle de Mai (3e). De 9h à 17h le 11 juin, des conférences et un village de plus de 40 exposants permettront de mettre à l’honneur le fameux « made in France ».

    Après the Camp à Aix-en-Provence et le Couvent à Marseille, c’est à la friche de la belle de mai que s’installeront les ambassadeurs de la fabrication française. Un nouveau lieu plus grand, pour accueillir un nombre croissant de participants et lourd de sens, puisque c’est dans une ancienne cartoucherie que les intervenants aborderont les thèmes de la réindustrialisation et des relocalisations.

    « Avec ces rencontres, c’est les victoires du made in France que nous voulons mettre en avant, explique le fondateur des Sacrés Français. Car on peut encore fabriquer en France et on peut en être fier », insiste-t-il. L’objectif de cet événement est de montrer que fabriquer en France est encore possible. Un rendez-vous pour mettre la lumière sur les entreprises qui font ce choix, donner des clés à celles qui voudraient le faire et permettre aux partenaires de se rencontrer.

    Région Sud bien présente

    Si c’est la France entière qui se retrouvera le 11 juin, la Région Sud est tout de même bien représentée, avec notamment le label « Fabriqué à Marseille », lancé par la municipalité il y a 3 ans. Pour l’organisateur, c’était une évidence de venir à Marseille. « D’abord pour montrer qu’il n’y a pas que Paris, et aussi parce que Marseille c’est la 2e ville de France, et c’est un lieu où ça bouge pas mal. »

    Un événement très soutenu par la Ville de Marseille qui y voit un moyen de faire rayonner la ville et le territoire avec. « Cela permet de faire de la ville un catalyseur pour mettre en avant les richesses françaises et marseillaises », se félicite Julien Harounyan, adjoint (Madmars) au maire en charge de l’attractivité économique. Pour l’élu, c’est également un moyen : « De faire en sorte de construire une économie d’attractivité économique pour les Marseillais et pas seulement au service du territoire national. »

    Une initiative également soutenue par la chambre de commerce et de l’industrie d’Aix Marseille. « Notre but c’est de soutenir les entreprises locales, mais aussi de pousser le consommateur à consommer local », insiste Jocelyn Meire, membre de la CCI.

    Plus d’informations sur sacré-français.com

  • Trois jours de rencontres pour lutter contre la xénophobie

    Trois jours de rencontres pour lutter contre la xénophobie

    Une première journée riche en information. Depuis ce mercredi matin, l’association Réseau Sanctuaire, et son fondateur Jean-Pierre Cavalié, ainsi que des bénévoles du collectif Marseille Hospitalités ont réuni des participants variés, travailleurs sociaux, étudiants, militants. La thématique : l’accueil des personnes étrangères à Marseille, qui est rentrée en 2020 dans le programme Anvita, l’Association nationale des villes et territoires accueillant. Le contexte : la montée de l’extrême droite et la recrudescence de la xénophobie en France et dans le monde. « On vit dans une culture de l’hostilité généralisée. Nous voulons enraciner une culture de l’hospitalité », explique Jean-Pierre Cavalié. En s’inspirant des « villes sanctuaires » américaines, dont les lois permettaient de protéger les personnes sans-papiers, le militant défend des pratiques de désobéissance civile douces. « Le droit à l’hébergement est un droit fondamental. C’est la base de tout. Il faut que les citoyens s’emparent de cette cause. »

    Le matin, plusieurs rencontres ont eu lieu, dont une avec des associations d’hébergement solidaire à la Friche Belle de Mai, comme le Collectif des habitants organisés du 3e (CHO3) mais aussi On le fait pour nous. « Ces associations sont le relais de la Cimade à l’échelle des quartiers », explique Bernadette, bénévole à l’accueil de la Cimade Marseille qui œuvre pour l’accès aux papiers.

    Trouver des solutions

    Une visite d’exposition au Musée d’Histoire de Marseille revenait sur son histoire postcoloniale. Cette visite était organisée par la doctorante Marie-Aude Salomon, dont la thèse dresse un parallèle entre l’accueil à Marseille et à Bristol, en Angleterre, qui fait partie du réseau des villes sanctuaires.

    Après un repas partagé sur la place de la Porte d’Aix, organisé par le collectif Les Anges du Bonheur 13, place à la réalisation d’une fresque collective sur la résistance active à Marseille. Durant deux jours, à l’Institut méditerranéen, auront lieu des tables rondes autour de la question de l’hospitalité, avec des chercheurs internationaux. En point d’orgue, une mise en commun et un bilan des trois jours de discussion se tiendront vendredi à partir de 14h.

    Au programme

    Ce jeudi 28 mai, à partir de 9h, rencontre avec des chercheurs. Repas partagé à midi.

    L’après-midi, deux tables rondes et une visio sur les réseaux sanctuaires aux États-Unis.

    Puis, vendredi 29 mai, à partir de 9h30, trois tables rondes, suivi d’un repas partagé, puis d’une mise en commun à partir de 14h et enfin un bilan de ces trois jours de rencontres.

    À l’IMVT (Porte d’Aix), programme complet sur www.marseille.archi.fr/agenda

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?

  • Plan-de-Cuques frôle l’exploit face aux impériales messines

    Plan-de-Cuques frôle l’exploit face aux impériales messines

    Opposées à une « équipe B » messine, les Guerrières de Plan-de-Cuques, septièmes du championnat, pouvaient prétendre au succès à l’occasion de cette avant-dernière journée de Ligue Butagaz Energie. Mais les redoutables Dragonnes, qualifiées pour le carré final de la Ligue des Champions, ont tout de même démontré leur supériorité technique mercredi soir sur le parquet d’un Palais des Sports de Marseille en fusion (31-32).

    Dès l’entame du match, les Mosellanes aux 27 titres de championnes de France ont mis en avant leurs atouts offensifs au travers de contre-attaques rapides ou de tirs puissants de loin, à l’image des missiles déployés par la géante congolaise Betchaïdelle Ngombele.

    Efficaces offensivement, les protégées d’Emmanuel Mayonnade ont néanmoins montré de réelles fragilités dans le secteur défensif. Les Provençales ont su exploiter ces périodes de flottement pour rester au contact des Messines, même quand ces dernières sont parvenues à prendre un petit écart au score.

    En chef de file des Guerrières, Nele Antonissen a réalisé une première mi-temps très impressionnante. La meneuse de jeu belge, leader du classement des buteuses de LFH (186 réalisations, dont 67 penalties), loin devant Sabrina Zazai (Besançon, 144) et Sarah Bouktit (Metz, 144), a planté huit des dix-sept buts inscrits par les Plan-de-Cuquoises.

    Un espoir de longue durée

    Antonissen termine cette rencontre avec 14 réalisations en 16 tentatives seulement. Une efficacité monstrueuse qui fait d’elle l’une des meilleures joueuses de la saison. Elle est d’ailleurs nommée dans deux catégories pour les Trophées LFH (Ligue Féminine de Handball), meilleure demi-centre et meilleure joueuse de la saison. Pour le titre de MVP, elle sera en concurrence avec deux Messines – Bouktit et Grandveau – et deux Brestoises – Vyakhireva et Ondono.

    Ses prouesses ont permis à son équipe de prendre le meilleur au tableau d’affichage à un peu moins de vingt minutes du terme. Dans le même temps, la gardienne Andréa Novellan a engrangé de la confiance sur sa ligne.

    De quoi totalement relancer l’issue de la partie. Mais la mécanique mosellane, parfaitement rodée, a finalement contrecarré les plans des Guerrières. Plan-de-Cuques finit par tomber les armes à la main face aux impériales messines, en quête d’un cinquième sacre national de suite. La messe était dite. « Il ne nous a pas manqué grand-chose pour réaliser un hold-up, mais ça reste une très belle performance », lance Angélique Spincer, l’entraîneur du HBPC, qui va désormais se tourner sur le dernier match de la saison, dimanche (15h), sur le parquet de Dijon.

    PLAN-DE-CUQUES 31 (17)

    METZ 32 (18)

    25e journée – Ligue Butagaz Energie

    Palais des Sports de Marseille
    (1 500 spectateurs)

    Arbitre : MM. Blanco et Gazeu

    PLAN-DE-CUQUES : Novellan (7 arrêts), Schupbach (4 arrêts) – Martel (1 but), Berrais (4 buts), Loquay (1 but), Puleri (1 but), Kromoska (4 buts), Elisme (2 buts), Perret (3 buts), Mathon (1 but), Antonissen (14 buts).

    Entraîneur : Angélique Spincer

    METZ : Novotna (5 arrêts), Antunes – Flippes, Zaadi (3 buts), Augustine (1 but), Borg (3 buts), Castets, Goval, Errard (5 buts), Wajoka (4 buts), Atangana, Vamos (5 buts), Albek (5 buts), Ngombele (6 buts).

    Entraîneur : Emmanuel Mayonnade

  • Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Jugé pour escroquerie aggravée et blanchiment au préjudice de la Sécurité sociale, le docteur Mohamed Cherif a expliqué mercredi avoir été « conciliant par naïveté pour satisfaire des patients » tout en voulant s’assurer un train de vie luxueux. La facilité à frauder sans contrôle a posteriori l’aurait entraîné « dans un engrenage, une fuite en avant » où il dit avoir « perdu pied ».

    « L’engrenage, c’est l’appât du gain »

    De septembre 2020 à février 2023, ce praticien de 37 ans installé dans les quartiers nord, a facturé 10 883 actes non réalisés, médicalement non justifiés ou en utilisant frauduleusement des cartes vitales dans le cadre du tiers payant intégral pour 100 patients ciblés par l’enquête. La CPAM a évalué son préjudice à 2 660 658 millions d’euros. « Je n’ai pas eu l’impression d’avoir des montants aussi importants qui transitaient sur mon compte. Je reconnais un manquement, une faute. Je n’ai pas perçu l’intérêt personnel quand j’étais dans la spirale, car j’avais des charges, des impôts et je courais derrière un train de vie », a-t-il dit dans des explications assez confuses.

    À son interpellation, le 7 février 2023, les enquêteurs ont saisi 94 objets de luxe évalués à 358 000 euros dans son appartement de standing à la Joliette acheté 705 000 euros et un autre à Montpellier. La totalité en valeur des saisies est de 1 140 765 euros. « L’engrenage, c’est l’appât du gain », résume la présidente Margaux Kennedy qui le ramène à la réalité du fonctionnement atypique de son cabinet, boulevard Labro dans le 16e. « Vous figuriez au premier rang des dentistes français en remboursement par patient. 53,49% des actes ont fait l’objet d’une facturation par télétransmission non sécurisée, car sans lecture de la carte Vitale du patient. 56% de vos patients sont à la CMU contre 8% en moyenne dans le référentiel région avec des remboursements de plus en disproportionnés chaque année. »

    La présidente évoque le cas exemplaire d’un patient qui a fait l’objet de « 202 facturations d’actes de prothèses fixes pour un versement indu de 49 683 euros alors que son état dentaire était parfait exception faite de 2 dents dont une dent de sagesse, présentant une atteinte carieuse ». Ici un même acte facturé neuf fois. Là 35 couronnes pour un patient de 36 ans dont deux couronnes sur 13 mêmes dents dans un délai proche. Ou ces 5 assurés facturés le même jour de plus de 67 000 euros alors que le dentiste est à Montpellier. « J’ai fait des soins ce jour-là au cabinet, peut-être pas sur la totalité. J’étais très négligent. Je surfacturais sachant que j’allais avoir une longue période d’absence. »

    « J’ai jamais mutilé des patients »

    Le rapport d’enquête de quatre dentistes conseils de la CPAM conclut à un ratio d’actes fictifs très majoritaires avec forte suspicion de partage de remboursements : 15 familles représentent 47 des 100 patients ciblés par les enquêteurs. Son compte professionnel montre en effet un fonctionnement « à flux inversé » : c’est le dentiste qui fait des chèques à ses patients ! « À partir du moment où j’étais impliqué dans des actes fictifs, il m’a été demandé par certains patients une rétribution et j’ai fait certains virements à certains patients », reconnaît le prévenu, « mais j’ai jamais mutilé des patients, je me suis toujours refusé à cela ».

    Le spécialiste avait recours à une intermédiaire rémunérée, Fella Cherif, 32 ans, qui a « industrialisé le processus » et qui répond de complicité d’escroquerie avec dix autres faux patients. La jeune femme a fourni au dentiste une trentaine de cartes vitales et des photos de bouches. Elle a reconnu à la barre qu’elle touchait 1 500 euros à chaque carte Vitale présentée et 10% sur les facturations fictives. En un an, elle a perçu 58 000 euros et 22 300 euros pour ses proches.

    Le réquisitoire est attendu aujourd’hui.

  • Une posidonie échouée utile pour lutter contre l’érosion

    Une posidonie échouée utile pour lutter contre l’érosion

    Opération mille-feuille ce mercredi 27 mai de bon matin sur une bonne moitié de la plage de la Pointe Rouge (8e). Depuis 5h, histoire d’éviter la cagnade et de s’adapter au public, les agents de la Ville sont à pied d’œuvre pour d’abord ramasser à la pince les macro-déchets pris dans les herbiers de posidonie morts, échoués, puis pour racler sable et plantes pour en faire des couches successives. L’objectif est à la fois esthétique avant l’ouverture de la saison estivale mais aussi écologique, explique Hervé Menchon (EELV), adjoint au maire de Marseille, délégué à l’environnement et à la biodiversité.

    Travailler à une acceptation sociale

    « C’est une expérimentation qui permet d’aplanir la plage pour la surveillance des baignades, parce qu’une banquette de posidonie d’un mètre de haut, un enfant pourrait tomber derrière et être moins facilement repérable pour les équipes de secours et cela permet de d’avoir une plage lisse qui correspond à un stéréotype touristique », précise l’élu. Un stéréotype contre lequel il lutte, ajoute-t-il tout de suite. Car dans le cadre d’un « plan posidonie » voté en 2023, il entend faire comprendre au plus grand nombre toute l’utilité de cette plante marine, à la fois capteur de carbone et nurserie à poissons.

    Après un plan de communication mené à l’aide d’un questionnaire pour « recueillir l’évolution de l’acceptation sociale de la présence des posidonies sur le trait de côte » et des actions de sensibilisation des enfants avec les « aires marines éducatives », une partie du chemin a été faite estime Hervé Menchon. « On ne considère plus que c’est gênant visuellement et quand ça colle aux pattes, même si on est quand même content que ça soit caché sous le sable pour pouvoir étendre sa serviette… » résume-t-il. Il espère que « petit à petit, la raison va l’emporter et que les gens vont comprendre tout l’intérêt qu’il y a à avoir une nouvelle carte postale méditerranéenne avec ses banquettes de posidonie toujours en place, même l’été ». Ce que les enfants de Corbière, à l’Estaque, ont déjà intégré puisqu’ils ont demandé à ce qu’on laisse les banquettes de feuilles mortes de posidonie intactes cette année se réjouit Hervé Menchon.

    L’autre intérêt de cette laisse de mer constituée par l’herbier, c’est aussi de lutter contre l’érosion de la plage. « Ici, la nappe de sable tourne, et à l’endroit où la plage était la plus large, au fond, les vagues tapent sur les bâtiments », précise l’élu. Les feuilles de posidonie, suivant le courant, se déposent en nombre à l’endroit où la plage est la plus mince. « On peut espérer, estimant qu’un mètre cube de posidonie peut piéger entre 100 et 300 litres de sable, que par des moyens naturels on ait un réengraissement de la plage, avec un élargissement ou un maintien du trait de côte », ajoute-t-il. C’est ce qui s’est notamment passé en à peine un an, en amont, sur la partie Nord de la plage du Prophète (7e) se félicite Hervé Menchon. Le principe du mille-feuille sera en phase de test jusqu’en 2027. « Après on verra si on avait raison », sourit Hervé Menchon.

    Côté baigneurs, on n’est pas convaincu. « Ces trucs, y en a partout, on se baigne dedans c’est pas très agréable », estime l’une d’entre eux. Et pour cette habituée, les dépôts de posidonie « plus nombreux qu’avant » ne sont pas le problème principal. « Ici ce qui nous empêche de profiter de l’endroit, ce sont les restaurants qui étendent de plus en plus leurs terrasses, on est parqués », déplore-t-elle. Plus loin, ce riverain approuve, dénonçant aussi la vétusté des équipements dont la propreté des douches et l’état de l’escalier d’accès alors qu’« on nous avait promis des travaux… » assure-t-il.