Tag: Marseille

  • Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Treize femmes et trois hommes, dont dix septuagénaires, comparaissent depuis lundi, à Marseille, pour proxénétisme aggravé et tolérance habituelle de la prostitution dans un lieu ouvert au public. Avec ce procès tardif de tenancières de « bars américains », de barmaids et d’hôtesses aguicheuses, ressurgit l’ancien monde des nuits chaudes du quartier de l’Opéra, remplacé depuis dix ans par des cafés bobo et des commerces attrape-touristes.

    Le Brazilia, le Beverly, le John’s, le Ginger, le Dark Side, le 5e Saens, la Crémaillère, le Sweet Lady, le Tropical ou la Grange ont tous tiré le rideau après le coup de filet opéré en 2015 par la police judiciaire. La nostalgie des « bars à hôtesses » pour clients esseulés alpagués par des entraîneuses pour boire du faux champagne à 350 euros la bouteille, c’est la défense de Florence G., 62 ans, ex-patronne du Ginger et du John’s. « Je trouve qu’aujourd’hui on est beaucoup plus rigoriste, on ne sait plus vivre », a-t-elle confié au juge d’instruction. « C’est vieux tout ça », soupire, agacée, la matrone un peu raide qui lève les yeux aux écoutes et témoignages qui disent qu’au contraire, ses filles faisaient des « gâteries » aux bons clients derrière un rideau ou au fond des toilettes. L’ex-patronne avance surtout la volonté des autorités d’aseptiser et gentrifier le quartier.

    « La foire à la saucisse »

    Prostituée à l’âge de 18 ans, Florence G. a toujours voulu diriger un bar. « C’est festif et marrant », d’autant que « racoler, c’est pas un souci ». « Pour acheter le Ginger 20 millions d’anciens francs, il fallait se prostituer, car les banques ne font pas crédit. » En 2003, elle est condamnée pour proxénétisme : « Déjà, ils voulaient fermer les bars. Il n’y avait rien, mais j’ai fait deux mois de prison, j’ai fermé deux ans, puis j’ai rouvert. Et là, on m’a collé cette affaire alors qu’il n’y a rien. Je suis responsable de mes bars. J’ai mis en place des barmaids de confiance. J’avais engueulé Jackie car elle se faisait masser le bas du dos. » Pour elle, les filles s’accusent par jalousie. « Elles savent que si j’apprends qu’elles franchissent la ligne rouge, je les renvoie. Regardez le dossier, il n’y a rien ! » lance-t-elle à la présidente Clémence Heinemann, qui menace de l’expulser et lit les dépositions d’un habitué de la rue Glandevès : « Oui, il y a eu bisous, caresses, danses et fellations dans tous les bars. » « Si on veut faire du chiffre, comme nous le demandent les patronnes, il faut fermer les yeux », a admis aussi une barmaid.

    Martine, 48 ans, ex-entraîneuse transgenre en dépression, met l’ambiance à la barre. « La prostitution, c’est pas le but des bars américains. Moi, j’ai adoré y travailler. J’avais acheté un boa en plumes aux puces. C’était la comédie, tout le monde rigolait alors que la prostitution de rue, à 30 euros la fellation sur le Prado, c’est la misère. Là, j’étais rémunérée 50 euros par jour et un pourcentage sur les consommations. »

    La magistrate cite un barmaid qui raconte que c’était « la foire à la saucisse » dans le grand salon où, tous les soirs, telle hôtesse avait « une bite à la main ». Max, 79 ans, le barmaid poursuivi mais absent, relate que « pour un verre à 20 euros, elle va derrière ». « Moi j’ai eu plein d’amants, j’adorais la bite, réfute Martine, vraiment sans filtres. J’étais nympho, dévorée par les hormones pour ma transition. Mais, j’ai jamais sucé un client. On avait des beaux mecs dans le bar, on rigolait de pleins de conneries. Le client, il se prend pour un jeune premier, c’est un sketch. On offrait ce qu’un psychiatre ou une prostituée ne peut pas offrir. La personne devient quelqu’un, on lui redonne ses 20 ans. Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix pour quelqu’un qui doit rentrer chez lui avec ses crédits, ses ados qui font la gueule… Si le client paie 350 euros pour une pipe et qu’il revient, c’est qu’il a besoin d’un psychiatre. »

    L’association Équipes d’action contre le proxénétisme s’est constituée partie civile.

    « Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix »

  • La gauche veut une hausse du budget Solidarité du Département

    La gauche veut une hausse du budget Solidarité du Département

    Sa campagne électorale ponctuée d’une lourde défaite à Marseille, la candidate Martine Vassal (DVD) a repris, lundi, les rênes du conseil départemental qu’elle préside depuis 2015, avec une séance publique consacrée au débat sur les orientations budgétaires. « Le premier épisode » d’une séquence qui se poursuivra avec le vote du budget, le 14 avril, puis celui du compte administratif, rappelle Yves Moraine (LR).

    Grève des agents de la DGAS

    Le rapporteur général du budget ne se fendra que d’un « update » en guise de présentation, la situation financière ayant, estime-t-il, été largement débattue à l’automne. Dans les grandes lignes : « La situation s’améliore », même si « les prévisions restent soumises à incertitudes », en raison du contexte international.

    « Avec un baril à 200 dollars, ce n’est pas pareil, avec une inflation qui monte, ce n’est pas pareil, et, surtout pour nous, avec une remontée des taux d’intérêt qui auraient une influence sur les Droits de mutation à titre onéreux, les conséquences ne seront pas les mêmes », note l’élu marseillais, rappelant comme à son habitude toute l’importance du seul levier fiscal de la collectivité.

    Sans précision utile si ce n’est servir son discours, maître Moraine insiste sur la progression des recettes de fonctionnement (+105 millions par rapport à 2024), l’épargne brute (200 millions) et nette (60 millions) en amélioration, une capacité de désendettement de 12,4 années avec un cap fixé sur 9 ans en 2029, et des dépenses de fonctionnement « contenues » (+0,4%), traduisant un « très gros effort ». « On a traqué le superflu comme le cholestérol chez les plus de 50 ans », image Yves Moraine, tablant sur une capacité d’investissement de « 400 à 500 millions, dont la moitié liée à de l’emprunt ».

    Une question de point de vue. Quand l’extrême droite, l’œil figé sur la dette (2,5 milliards), réclame des « mesures drastiques », Gérard Frau (PCF) note que « l’effort » en question est sans doute la cause des difficultés des agents des affaires sociales (DGAS) « en grève pour l’amélioration de leurs conditions de travail et pour défendre leurs missions d’accueil, d’accompagnement et de protection des publics ».

    « Pas à la hauteur »

    Plusieurs centaines d’agents en action, dans la foulée des mobilisations des travailleurs de la protection de l’enfance en 2025. Dans l’hémicycle, les élus de gauche leur apportent leur soutien. Sophie Camard (GRS) rappelle que les organisations syndicales attendent d’être reçues par l’exécutif départemental, et les communistes promettent de défendre « une hausse substantielle pour le secteur » lors de l’examen du budget.

    « Vous estimez le besoin supplémentaire pour 2026 à +3,8% dans le domaine des solidarités, cette petite hausse ne nous semble pas à la hauteur des besoins », assure le président du groupe PCF. Lui souhaite que la majorité de droite sorte de sa « posture répressive » dans ses politiques d’insertion, clarifie ses aides au handicap, engage des moyens contre le non-recours, et fasse un geste en direction des politiques de l’enfance, où la situation a dépassé « le seuil critique ». « Un allocataire du RSA éloigné de l’emploi ne trouvera pas un travail avec un coach, un enfant en situation de handicap ne cessera pas de l’être tout comme un mineur confié à l’ASE ne grandira pas tout seul », conclut Gérard Frau.

    Si Anthony Krehmeier (PS), au nom du groupe de la gauche marseillaise, prend rendez-vous pour le 14 avril, Samia Ghali (DVG) donne un peu de mordant à cette fade séance en précisant que les orientations de la collectivité vis-à-vis de son bailleur social, 13 Habitat, seront suivies de près de ce côté de l’hémicycle. « La situation nous inquiète très fortement, des gens vivant dans des conditions très dangereuses », insiste l’élue des 15-16. « Je partage ses inquiétudes » lui répondra Martine Vassal, alors que le ton monte avec Jean-Marc Perrin (LR), président de 13 Habitat. « Faites-moi une liste et nous irons sur place, vous, M. Perrin et moi », lance la présidente. Rendez-vous est pris.

  • Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Déjà en campagne en coulisse depuis plusieurs mois (notre édition du 24/03), le maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, a profité de la conférence des Maires de Provence, ce lundi soir à Saint-Victoret, pour officialiser sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille, à mi-chemin entre le second tour des municipales et la réunion du premier conseil métropolitain de la mandature, le 7 avril.

    « L’occasion est belle de prendre une nouvelle orientation et de faire de ce que l’une d’entre nous [l’ex-maire LR d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, Ndlr] appelait la “Monstropole” un outil au service de chacun d’entre nous », défendait-il face aux 83 maires du département présents, en s’engageant « pour une Métropole des maires, au service des maires, œcuménique, transpartisane ». Et d’annoncer : « Si vous le souhaitez, j’aspire modestement à porter cette voix, non pas d’un maire, non pas d’un territoire, mais de 92 maires. »

    Des promesses qui viennent répondre à l’aspiration de la plupart d’entre eux, souvent exprimée dans la campagne des municipales. « Quand la Métropole s’occupe de ses compétences, elle travaille bien. Par contre, c’est dans la proximité qu’il y a un problème », partageait le président (DVD) du groupe métropolitain des Maires de Provence, Jean-Pascal Gournès. Avant d’assumer : « Une Métropole à la carte, ce n’est pas un gros mot ! »

    Pas de RN dans l’exécutif

    « L’action publique en circuit court, nous savons produire et faire. Mais là, il y a souvent un écran dans nos compétences de proximité », opine aussi le président (SE) des Maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, qui a cependant pris le soin de faire applaudir la présidente sortante de la Métropole, Martine Vassal, et son « courage presque sacrificiel » pour avoir tenu l’institution.

    Alors Nicolas Isnard promet « une Métropole au service des maires et pas au-dessus des maires, aux mains des maires et pas aux mains d’une technostructure », un établissement public de coopération intercommunale « ramassé sur ses compétences régaliennes et laissant les compétences de proximité au service des communes qui voudront s’en emparer ». Et ébauche la création d’antennes métropolitaines dans chacun des anciens conseils de territoire.

    Surtout, la majorité marseillaise devrait faire son retour dans l’exécutif. « Le soutien du maire de Marseille est indispensable », souligne Nicolas Isnard. Dans la matinée, il a ainsi échangé pendant plusieurs heures avec Benoît Payan (DVG). « Les échanges ont été plutôt constructifs, avec un alignement global sur ce que doit être la Métropole », apprécie-t-on dans l’entourage du maire marseillais. « Mettre en place les mesures que l’on préconise à Marseille coûtera de l’argent », reconnaît-on cependant dans les couloirs de l’hôtel de ville, tout en assurant ne pas réclamer plus que « sa part du gâteau ». Surtout, si l’heure de la répartition des postes et des outils métropolitains n’est pas encore venue, « si dans l’exécutif métropolitain, il y a des personnes d’extrême droite, ce ne sera pas pareil », avertit-on. Une option écartée par le candidat à la présidence : « Ils n’en ont pas fait la demande. Mais il est compliqué de dire comme l’extrême droite nous présentons des listes contre vous tous et une fois que vous êtes élus, nous voulons travailler avec vous ! » Même si, promet-il, chaque commune sera traitée de façon équitable.

    « Le soutien
    du maire
    de Marseille est indispensable »

  • [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    En première ligne depuis le début du mouvement, lancé le 5 mars, les lycéens ne s’essoufflent pas. Déterminés à défendre la qualité de leurs enseignements et les conditions de travail de leurs professeurs, ils prendront part, ce mardi, aux mobilisations organisées dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale (FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation formation et recherche publiques, CGT Educ’Action et Sud Éducation), lancé le 20 mars.

    En proie à d’importantes coupes budgétaires, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, le secteur de l’enseignement est poussé à de sérieuses restructurations à la rentrée 2026. Dans le cas des lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement délivré qu’on menace de réduire, avec 22 établissements publics concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille. « Certains de mes proches vont être directement impactés par cette politique d’austérité, s’inquiète Gwendal, élève de terminale au lycée César-Baldaccini (7e) et membre du Mouvement national lycéen 13 (MNL). Des spécialités doivent être supprimées, comme humanité, littérature ou philosophie. C’est triste que les générations futures n’aient pas accès aux dispositifs que nous avons connus nous. »

    D’après un communiqué de Sud éducation, publié le 9 mars, ce sont 80 heures qui devraient être perdues au lycée Nelson-Mandela (12e), 180 heures à Jean-Perrin (10e), 146 à Marie-Curie (5e), 100 à Montgrand (6e), 80 à Diderot (13e) ou encore 77 à Saint-Charles (1er).

    Luc, entré au MNL 13 au début du mouvement et élève de première à Saint-Charles, est, lui, directement concerné par ces importantes baisses de moyens : « 77 heures (…), c’est un énorme impact sur la qualité de l’enseignement qui est donnée. Par exemple, dans les classes de spécialité, qui sont les cours les plus importants, aujourd’hui on est 25 élèves. L’année prochaine, avec ces baisses de dotations, on sera 35 par salle. » Et Gwendal d’ajouter : « Notre objectif est d’élargir le plus possible la lutte, à la fois au niveau national, pour que d’autres lycées nous rejoignent, mais aussi aux autres institutions du service public. Nous nous sommes déjà unis avec certains étudiants postbac. » Le MNL 13 annonce une série d’actions organisées sur les deux prochaines semaines, qui ne prendront pas forcément la forme de blocus.

  • Retour gagnant à Marseille pour l’impériale Chloé N’Gazi

    Retour gagnant à Marseille pour l’impériale Chloé N’Gazi

    Deux joueuses rêvaient de fouler la pelouse du Vélodrome sous les couleurs olympiennes, mais l’ont désormais fait en portant le maillot de l’équipe vainqueure. L’attaquant américaine Ashley Clark, ex-capitaine et serial-buteuse de l’OM Féminines entre 2021 et 2024, qui a récemment fait son retour dans l’Hexagone après une saison aux États-Unis et un bref passage en Islande, puis la gardienne algérienne Chloé N’Gazi (29 ans), présente dans l’effectif durant l’année civile 2025. « Franchement, c’était parfait. C’est passé comme prévu », se réjouit la portière montpelliéraine, auteure d’un grand nombre d’arrêts face aux nombreux assauts de l’attaque phocéenne. « J’avais de la pression, c’est normal de revenir dans son ancien club et en plus de jouer au Vélodrome devant tant de personnes. Mais je suis contente, on a répondu présentes en tant qu’équipe et ça fait du bien à la confiance », confie celle qui a rêvé toute la semaine de ce rendez-vous.

    Montpellier survit jusqu’au bout

    Sa prestation sur la mythique pelouse du stade Vélodrome a amplement contribué à la victoire des Héraultais, en grand danger dans la lutte pour le maintien avec Saint-Etienne et Lens. « Je me suis préparée mentalement pour faire un bon match, surtout pour gagner les trois points parce qu’on en a besoin. On a un objectif maintenant et c’est le plus important. J’ai mis de côté tout ce qui a pu se passer avant, tout ce qui a pu être dit et on a fait le boulot », souligne N’Gazi, persuadée que la courte défaite face au Paris Saint-Germain, la semaine dernière, leur a mis « un coup derrière la tête la semaine dernière ». « Je pense qu’on a fait preuve de sagesse en se remettant vite au travail, en oubliant ce qui s’était passé, en gardant seulement le positif. Et aujourd’hui, je pense qu’on a montré qu’on avait quand même du mental, qu’on n’est pas encore mort et que tout est encore possible. En tout cas, nous, on veut y croire et on travaille pour ça », ajoute l’internationale algérienne aux 23 sélections. Elle tient d’abord à se concentrer sur la fin de saison avec Montpellier, avant de songer à la Coupe d’Afrique des Nations féminine qui a été reportée du 25 juillet au 16 août 2026.

  • [Entretien] « Il faut modifier le regard des valides sur le handicap »

    [Entretien] « Il faut modifier le regard des valides sur le handicap »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif des journées handicitoyennes qui se tiennent du lundi 30 mars au vendredi 3 avril à Marseille ?

    Michel Collomp : L’objectif est de sensibiliser les collégiens et lycéens au handicap et de leur apporter des connaissances sur le sujet. La sensibilisation se fait par une mise en situation à travers des activités et des ateliers, pour se mettre à la place des personnes handicapées pendant une demi-journée. Il y aura une multitude d’activités organisées par des associations de personnes handicapées : parcours en fauteuil roulant, parcours d’obstacles avec les yeux bandés ou des jeux de société les yeux bandés. L’association Sport et Loisirs pour Aveugles (ASSLA) viendra animer un atelier de tir à la carabine laser pour les aveugles. Le concept est simple : le tireur a des écouteurs dans les oreilles et se repère à l’aide du son, plus le « bip » est frénétique, plus la cible est proche.

    Pourquoi est-ce aussi important de se mettre à la place des personnes handicapées pour
    les enfants
     ?

    M.C. : C’est un âge où ils découvrent, par des cas particuliers ou dans leur famille, des personnes en situation de handicap. On veut apprendre aux 900 élèves qu’on va recevoir cette semaine : le vivre-ensemble. On cherche, par ces ateliers, à leur faire comprendre que, quand ils voient une personne handicapée dans la rue, il ne faut pas avoir peur ou s’en méfier, mais au contraire aller vers elle pour lui proposer de l’aide. Parce qu’on fait tous société et qu’il faut vivre ensemble plutôt que dans une séparation : handicapés et non handicapés.

    Est-ce que c’est par la sensibilisation des enfants qu’une société peut prendre davantage en compte les personnes en situation de handicap ?

    M.C. : Oui, on le constate déjà par les retours de certains professeurs qui sont là depuis la première édition. Ils observent des changements de comportement dans leurs classes. On fait le maximum pour que cette action porte ses fruits et améliore les comportements des valides avec les personnes handicapées. Les élèves repartent, à la fin de la demi-journée, avec un diplôme « d’handicitoyen » qui atteste qu’ils ont été sensibilisés au handicap. C’est moi qui m’en occupe et je leur fais promettre de ne jamais se garer sur une place handicapée quand ils seront adultes.

    Aujourd’hui, notre société
    est-elle encore trop peu adaptée aux handicapés
     ?

    M.C. : On a fêté les 20 ans, l’année dernière, de la loi sur l’égalité des chances et des possibilités pour les personnes en situation de handicap (déplacement, emploi, civilité). Il y a encore beaucoup à faire en matière d’égalité devant l’emploi et d’accessibilité. Le préfet Parisot de Bayard, a créé ces journées handicitoyennes à Montpellier puis a développé le concept dans d’autres villes, notamment à Marseille. Il partait de son constat de personne handicapée. Il disait que le handicap était une souffrance physique en soi, mais que ce dont il avait le plus souffert, c’était le regard des autres et l’indifférence. Notamment par l’impossibilité d’entrer dans certains lieux, comme au cinéma où on lui disait que son fauteuil ne pouvait pas entrer. Moi, je suis à la retraite, mais j’étais kiné, donc le handicap, je l’ai connu dans ma profession. Dans les pas de Parisot, ce qu’on veut, c’est modifier le regard des valides sur le handicap.

  • [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    Le maire (DVG) de Marseille a remis sa démission de son poste de conseiller départemental à la présidente du Département et au Préfet ce lundi matin. Elu en 2021 en binôme avec Sophie Camard (GRS), il sera remplacé dans l’hémicycle départemental par Ahmed Heddadi (Les radicaux de gauche) qui était son suppléant. « Ahmed Heddadi a toute sa confiance pour mener cette mission et défendre les intérêts de Marseille au sein du Conseil départemental », indique son entourage.

    Cette démission sera effective lors du prochain conseil départemental qui aura lieu le 14 avril. Si le maire n’y a guère siégé depuis quatre ans, ce choix est motivé par la nécessité de se « concentrer sur Marseille et son rôle de maire à plein temps », poursuit-on du côté de l’Hôtel de Ville, soulignant que la nouvelle gouvernance qui se dessine à la Métropole suite aux élections municipales et les questions qui vont se poser, nécessiteront un travail et une attention accrue.

  • Pour une mode écolo et responsable sans culpabiliser

    Pour une mode écolo et responsable sans culpabiliser

    La Fabulerie (1er) a ouvert ses portes vendredi 27 mars pour une après-midi dédiée à de la sensibilisation sur l’impact environnemental de la surconsommation dans l’industrie textile. Portée par Sarah Saadi, de la fédération L’Air et Moi, le projet « Slow Fashion Climat » a organisé l’événement pour restituer et prolonger des ateliers organisés les 7 et 8 mars, autour de la mode « responsable et de ses enjeux écologiques et sociaux ».

    Des ateliers intimistes pour mieux échanger

    Quelques semaines plus tôt, une vingtaine de participants, s’étaient réunies dans un format volontairement restreint. « J’ai voulu des événements assez intimistes pour se concentrer sur la qualité plutôt que la quantité », précise Sarah Saadi. Au programme : jeux pédagogiques, discussions et atelier d’upcycling encadré par des couturières. Les participants ont, à cette occasion, transformé des vêtements usagés en nouvelles pièces.

    Ces ateliers ont aussi donné lieu à des échanges approfondis. Un temps de discussion initialement prévu pour 30 minutes s’est prolongé plus d’une heure. « Tout le monde voulait débattre sur leur mode de consommation, c’était sans jugement », souligne la coordinatrice du projet.

    Montrer plutôt que culpabiliser

    Vendredi, l’objectif était d’élargir le public et de rendre visible ces initiatives. Les créations issues des ateliers ont été exposées, accompagnées de photo « avant-après ». Des versions plus courtes des activités ont également été proposées pour permettre à chacun de participer. « Aujourd’hui, on espère toucher un plus grand nombre, c’est ouvert à tout le monde », affirme Sarah Saadi. L’approche se veut accessible et non culpabilisante : « Il ne s’agit pas de dénoncer, mais d’insuffler des bonnes pratiques ». Une philosophie qui se retrouve dans les retours des participants. Pour Aïcha, l’événement « permet de rassembler autour d’une thématique importante ». Elle rappelle que la facilité d’accès à des vêtements bon marché fait souvent oublier les conséquences environnementales et sociales des achats…

    Du côté de l’organisation, le bilan est encourageant. Hassnaa, bénévole en service civique, observe une évolution des mentalités : « Les gens sont conscients de l’impact de la fast fashion et essaient de faire des efforts, même si ce n’est pas toujours facile ». Pour Sarah Saadi, le message est clair : changer ses habitudes de consommation est un processus progressif. « Il ne faut pas culpabiliser. C’est un chemin, étape par étape », assure-t-elle. Chaque petite action compte. Même si elle paraît insignifiante, mises bout à bout avec d’autres, elle peut avoir un réel impact ».

  • La tension sur le logement social au plus haut niveau

    La tension sur le logement social au plus haut niveau

    Jamais les demandes de logements sociaux n’auront été aussi élevées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Selon le bilan des attributions publié le 12 mars dernier par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), quelque 256 893 familles y sont désormais en attente d’une attribution à la date du 31 décembre 2025, dont près des trois quarts qui résident encore dans le parc privé. Soit l’équivalant, au total, de près du double du nombre de ménages recensés dans la seule ville d’Aix-en-Provence.

    De quoi donner l’ampleur du phénomène. Leur nombre a explosé au fil de la décennie, avec aujourd’hui quelque 116 000 demandes de plus qu’en 2016 (+ 81%), seule l’année de la pandémie de Covid ayant enregistré une baisse au milieu de cette hausse continue. En première ligne, les Bouches-du-Rhône
    – et pour l’essentiel la métropole Aix-Marseille – représentent à elles seules près de la moitié de ces demandes, 117 000 au total, loin devant les Alpes-Maritimes (60 000), le Var (48 000) ou le Vaucluse (22 000). C’est que dans la région, environ 70% de la population est éligible au logement social, et même plus des trois quarts des habitants de Marseille. Pour la plupart, ils pointent comme premier motif pour accéder au parc social un logement inadapté (44%), des raisons familiales (17%) ou professionnelles (9%). Mais surtout, ils sont plus de 18 000 à faire leur demande parce qu’ils ont perdu leur logement, et plus de 13 000 qui pointent les mauvaises conditions de leur logis actuel.

    Deux ans d’attente

    À chaque fois, il y a l’attente. En moyenne dans la région, ceux qui ont signé le bail de leur logement social en 2025 patientaient déjà depuis plus de deux ans. Un délai qui en une seule année a augmenté d’un mois et deux semaines environ. Dans les Bouches-du-Rhône, cette attente dure presque trois mois de plus.

    L’objectif de production de logements sociaux a pourtant été atteint l’an passé dans la région, avec quelque 8 500 agréments accordés en 2025 dont près d’un tiers pour la seule métropole Aix-Marseille. En comptabilisant la reconstitution de l’offre, pour compenser les destructions des grandes opérations de renouvellement urbain, pour la première fois depuis 2019 la barre des 10 000 nouveaux logements sociaux sur une année est franchie.

    Mais cela ne suffit pas, et face à l’afflux des demandes dans un contexte de crise du logement qui continue de s’aggraver, le système est complètement embolisé. Les mutations, soit un quart de l’ensemble des demandes restent coincées dans les tuyaux, bloquant des familles dans des logements inadaptés, parfois trop grands – la moitié des demandes concernent des personnes seules – souvent trop petits aussi pour les familles. Il faut ainsi attendre plus de 28 mois avant d’obtenir un T5 ou un T6. Et sans cette mobilité interne, les attributions restent trop souvent bloquées : depuis 2021, le nombre de signatures de baux diminue.

    En attendant la carence

    La tension sur le parc social atteint ainsi des niveaux records : on compte désormais au 31 décembre 2025 quelque 11,67 demandes pour une seule attribution dans la région, soit une demande de plus qu’en 2024. Derrière les Alpes-Maritimes (16,45 demandes par attribution), ce sont les Bouches-du-Rhône qui sont les plus touchées (13,29), suivies du Var (9,88). Et derrière ces chiffres, la réalité de l’habitat indigne de toutes ces personnes qui, faute de solution, se tournent vers le logement social « de fait », alors que la production de logements sociaux se heurte aux réticences de maires.

    La prochaine réunion du comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH) est donc attendue par les acteurs du logement, avec en ligne de mire de nouveaux avis de carence pour les communes n’atteignant pas les 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain). Et de nouvelles amendes à la clé.

  • La grande fête vire à la désillusion sportive pour les Olympiennes

    La grande fête vire à la désillusion sportive pour les Olympiennes

    Elles ont quitté la pelouse la tête basse, avec le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur de l’événement.

    Pour leur première historique au Vélodrome, samedi soir, les Marseillaises se sont inclinées face à Montpellier, pourtant lanterne rouge de l’Arkema Première Ligue. « Il y a tellement de déception », confie l’entraîneuse Corinne Diacre, quelques instants après le coup de sifflet final, consciente qu’il « vaut mieux tourner trois fois sa langue dans sa bouche » à chaud. « Il y avait beaucoup d’enjeux sur ce match, à deux niveaux : sportif et organisationnel. On est passées à côté de l’enjeu sportif. En revanche, sur l’aspect organisationnel, on peut remercier les 35 000 spectateurs qui se sont déplacés. Mais pour l’instant, on n’a pas trop la tête à faire la fête », poursuit-elle. La technicienne phocéenne estime que l’ensemble du groupe, elle comprise, n’a pas été à la hauteur du rendez-vous, tant individuellement que collectivement. Un sentiment partagé par ses joueuses. « Personnellement, je me sens honteuse », lâche la capitaine Tess Laplacette.

    Trop de pression

    La défenseure de 26 ans, originaire d’Hyères, tenait à faire bonne figure devant les 35 000 spectateurs venus les encourager. « On prend deux buts en début de chaque mi-temps. C’est une faute professionnelle. On ne va pas se voiler la face », ajoute-t-elle, en référence au contre-son-camp d’Inès Kbida dès la 40e seconde de jeu, puis au but de la jeune Justine Rouquet à la 49e minute. « Au final, j’avais raison quand je disais que les cinq premières minutes de chaque mi-temps sont déterminantes, surtout dans des événements comme celui-ci. On n’a pas su gérer la pression. On n’a pas su être à la hauteur. L’adversaire était largement à notre portée », ajoute Laplacette, persuadée que son équipe a « manqué de mouvement, de courses et de qualité technique », malgré plusieurs occasions franches, dont la réduction du score signée Mathilde Bourdieu (51e). « On ne fait pas un non-match. On peut avoir des regrets, mais on est plus déçues qu’en colère. La pression et le double enjeu ont joué aussi », analyse la milieu de terrain expérimentée Laura Bourgouin, déjà tournée vers les trois dernières journées, qui s’annoncent décisives dans la course au maintien.