« Vous allez passer pour un journal de riches ! », a-t-il plaisanté, ravi de retrouver les lieux mais surtout celles et ceux qu’il avait connus dans ses fonctions. L’occasion de se remémorer l’histoire du journal et les personnages qui l’ont peuplé. Merci pour cette mémoire vivante et humaine !
Tag: Marseille
-

Les Spartiates encaissent un quatre à la suite contre Rouen
La réception des Dragons de Rouen n’est jamais un jour comme les autres pour les Spartiates de Marseille et leurs supporters. Considérée comme l’une des meilleures équipes françaises, avec les Brûleurs de Loups de Grenoble, la formation normande a débarqué dans la cité phocéenne avec le statut d’épouvantail.
« On n’a toujours pas digéré les trois énormes défaites face à eux cette saison », martèle Antoine, un Toulonnais qui a chopé « le virus Spartiates ». Il n’a pas encore manqué un seul match à domicile de ses nouveaux héros cette saison. « C’est encore une jeune équipe, faut créer quelque chose sur le long terme. C’est déjà beau ce qu’ils ont réussi sur ces trois saisons », souligne-t-il, parfois frustré parce que les Marseillais n’ont pas encore « l’étoffe d’une grosse équipe ». Surtout face aux grosses cylindrées du championnat. « On va se prendre une tôle », annonce Mathieu, abonné depuis le début de la saison après avoir découvert par hasard qu’il y avait un club de hockey sur glace évoluant au plus haut niveau national. Sa prédiction s’est avérée plutôt juste : les pensionnaires rouennais ont rapidement ouvert le score, même si les protégés de Luc Tardif ont tout de même montré du répondant lors du premier tiers-temps.
Patience pour les play-offsLes Dragons, plus expérimentés, ont repris confiance en deuxième période, malgré une défense solide des Spartiates, parfois dangereux offensivement face à la cage normande, bien gardée par un Macmillan Carruth plutôt serein. « On y croit toujours, mais ça s’annonce difficile », lance Amandine, dévastée lorsque ses « chouchous » ont subi trois buts supplémentaires qui ont propulsé les Rouennais vers la victoire. Impatiente de voir les hockeyeurs marseillais en play-offs, elle devra patienter encore un peu avant de pouvoir fêter leur qualification officielle.
MARSEILLE 0
ROUEN 5
36e journée – Ligue Magnus
Tiers-temps : 0-1, 0-1, 0-3
Palais omnisports de Marseille (4 919 spectateurs)
Arbitres : MM. Martin et Laboulais
Buts : Yeo (13’), Regush (38’, 51’), Simonsen (42’), Lafrance (50’) pour Rouen
Pénalités : Welsh (14’), Coulaud (23’), Lindgren (26’), Dufek (40’), Joubert (49’) pour Marseille ; Nesa (17’), Chakiachvili (25’), Holway (29’), Yeo (40’) pour Rouen
MARSEILLE : Kasik, Gourdin – Coulaud, Corvez, Cantagallo, Bourgeois (A), Lindgren, Petersson – Gonnard, Joubert, Asten, Bouvet, Colotti (C), Dair, Dufek (A), Welsh, Valtonen, Stromberg, Nsonsa Kitala.
Entraîneur : Luc Tardif
ROUEN : Mugnier, Carruth – Holway, Roy, Schmitt, Yeo (A), Bouramman, Chakiachvili (A) – Nesa, Lavoie, Colomban, Perret, Lafrance, Rech, Simonsen, Lamperier (C), Tessier, Gresock, Vigners, Regush.
Entraîneur : Csaba Szeleky
-

Bisbille entre associations à la cité la Paternelle
« La lumière, vous inquiétez pas, ça vient du cœur. » La soixantaine de convives attendus ce mardi 27 janvier pour le repas des ateliers cuisine, dans le local de l’association Jeunes Renaissance, à la Paternelle (14e), font contre mauvaise fortune bon cœur. Faute de pouvoir accéder au compteur, ils vont manger dans le noir. Fadela, présidente de l’association, ne cache pas sa colère. Lorsqu’elle a pris la suite de son frère, décédé en 2020, « on nous avait promis un bail », assure-t-elle. Elle occupe le bâtiment, propriété du bailleur social de la Ville, Marseille Habitat, dans le cadre d’une convention avec l’association Schebba, elle officiellement locataire des lieux. « On a ensuite appris qu’ils devaient partir le 31 décembre, mais l’état des lieux, prévu le 5 janvier, n’a pu se faire », raconte Fadela. Problème : la cuisine et le compteur, situés dans la partie occupée par Schebba, ne sont pas accessibles.
Projections de films, cours du code de la route, de mathématiques, soutien scolaire… « On fait comme on peut » malgré « le froid et les infiltrations d’eau », résume Fadela. Les murs lépreux confirmant ses dires.
Un bailleur médiateurÀ ses côtés, Yahya insiste sur son rôle crucial pour la communauté kurde « très représentée ici ». Jeunes Renaissance, « c’est de l’or, les mamans issues de la première génération ne peuvent pas aider leurs enfants aux devoirs », témoigne-t-il. Avec 200 familles adhérentes, des habitants des alentours sont là.
Dans une réponse en date de ce mercredi, la direction de Marseille Habitat précise que le local est mis à disposition depuis 2004 par Schebba, qui souhaitait résilier le bail avant de finalement vouloir poursuivre ses cours de FLE (Français langue étrangère). Une discussion ayant été initiée avec le bailleur, les clés n’ont pas été rendues. Pour les travaux de remise en état, ils ne seraient pas « opportuns » dans la mesure où vont être entamés en mai prochain les travaux de rénovation de la Paternelle, 17 millions d’euros investis, avec une livraison prévue un an et demi plus tard. Et d’inviter les deux associations à s’entendre.
« Nous sommes convaincus de l’utilité de leurs actions, il n’y a pas de sujet là-dessus », tempère Audrey Gatian, présidente de Marseille Habitat et adjointe (PS) aux mobilités et à l’éducation populaire, consciente qu’il faut revoir un accord qui « ne tient plus », dans un climat de tension entre les deux associations. « On va trouver une solution », espère-t-elle, confiante, rappelant que « sur la Paternelle, on a vécu des moments tellement compliqués ». Une référence au calme revenu après le démantèlement en 2024 d’un point de deal qui rapportait jusqu’à 200 000 euros par jour. Pour ce qui est de l’état du local, « si on avait pu résilier le bail avant, on aurait fait le nécessaire mais nous intervenons dès qu’il y a un problème », affirme l’élue.
-

À Marseille, les CIQ échaudés par le démarchage du RN
Plus que jamais à l’approche des municipales, la politique est partout. Institution désormais plus que centenaire quadrillant chaque arrondissement de Marseille, les comités d’intérêt de quartier (CIQ) n’y échappent pas, malgré leur apolitisme revendiqué. « À chaque élection, ils sont dragués », opine un cadre de la droite marseillaise. « Nous avons un maillage, une représentation qui sont énormes par rapport à beaucoup d’associations », souligne le président de leur confédération, Philippe Yzombard, qui doit présenter le livre blanc des doléances des 180 structures marseillaises d’ici une dizaine de jours. « Nous avons plus de 100 ans, alors oui, nous sommes sollicités parce que cela représente du monde. »
Chacun s’efforce ainsi de les caresser dans le sens du poil. « Il faut les connaître, les comprendre et les respecter, c’est un maillon important du dialogue citoyen et de la démocratie locale », appuie le directeur de campagne du Printemps marseillais, Arnaud Drouot. « Ce sont des lanceurs d’alerte, dont on a besoin dans la vie démocratique de la ville », défend la cheffe de file (LR) de la droite dans les 6-8, Catherine Pila. Malgré leur neutralité, leurs responsables s’investissent pour certains auprès des différentes équipes de campagne, consultés en coulisses. « Nous avons des présidents de CIQ qui participent à nos réunions militantes, c’est précieux pour nous, cela veut dire que le travail que nous avons mené pendant six ans sur le terrain est productif », confirme celle qui menait l’opposition municipale de droite. « Quand nous avons organisé 74 ateliers thématiques, parmi les 1 125 personnes, il y avait des présidents de CIQ, explique de son côté Arnaud Drouot. Nous leur demandons une expertise, pas de prendre une carte. » Même si certains sont prêts à figurer sur les listes. « Nous avons toujours une dizaine de présidents qui partent en politique », explique Philippe Yzombard. « C’est leur droit absolu », complète-t-il. Pourvu qu’ils respectent l’obligation de démissionner.
Appels « très insistants »Mais la percée de l’extrême droite bouscule les équilibres. « La droite ou la gauche sont en place depuis cinq ans et donc connaissent les présidents, savent vers qui s’orienter. L’extrême droite arrive un peu sur le terrain en ce moment et vient davantage solliciter », déplore le président de la confédération. Ainsi, le 4 décembre, le candidat RN annonçait le ralliement des ex-présidentes des CIQ des Caillols et de la Pauline. « Le RN est plus fort, avec des possibilités qu’il n’avait pas jusque-là, c’est peut-être plus attractif pour certains », glisse Philippe Yzombard. « Beaucoup de CIQ se sont à juste titre radicalisés à cause de l’insécurité », note un cadre de la droite. Mais ces ralliements sont aussi le fruit d’un pressing. « C’est soit l’attaché parlementaire, soit une autre personne qui contacte des présidents de CIQ de manière très insistante », rapporte le maire (LR) sortant des 11-12, Sylvain Souvestre. « J’ai des personnes qui me parlent depuis des mois d’appels pour prendre des nouvelles, à qui on fait miroiter des postes », assure-t-il, évoquant aussi des associatifs, des forces de l’ordre contactés. « Certains de leurs membres ont souhaité rejoindre Franck Allisio, ni plus, ni moins », assure-t-on cependant au RN. En contestant toute « campagne spécifique auprès des CIQ ».
-

Non aux villes Disneyland
En 18 ans d’existence,
la plateforme de location de courte durée, la multinationale américaine Airbnb (9,18 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et 2,1 milliards de bénéfices) a bouleversé le marché du logement et met en péril les équilibres résidentiels. Son activité dérégulée prive des habitants de logements en location de longue durée.C’est un enjeu des élections municipales des 15 et 22 mars. Les citoyens appelés au vote doivent faire un choix démocratique éclairé et, pour cela, connaître les programmes au sujet du logement et de la régulation drastique des locations saisonnières.
Ces dernières années, des décisions politiques locales, comme à Paris et Marseille, permettent de mieux encadrer l’activité de la multinationale. Mais face à l’augmentation du nombre de locations saisonnières (25% du parc locatif dans le centre de Marseille), il convient de donner de nouveaux tours de vis.
Loi plus stricte
D’ores et déjà, une loi plus stricte, adoptée en novembre, a rendu la fiscalité des locations saisonnières moins avantageuse. Mais cette régulation doit aussi s’accompagner d’une politique massive de construction de logements accessibles et de réhabilitation de l’ancien. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des ménages sont éligibles au logement social. Faute de constructions, ils se tournent vers le privé où les loyers explosent. Selon les données connues, le revenu mensuel moyen des bailleurs de locations saisonnières se situe entre 2 000 et 4 700 euros par mois. Certains, multipropriétaires
en ont fait une rente qui transforme certaines villes en Disneyland, au détriment de la vraie vie dans la cité et donc du droit au logement. -
![[Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/0f5a89e83fec9fef3aa8191afc462728.jpg)
[Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée
Face à l’explosion des meublés touristiques (12 722 locations fin 2024, avec une croissance annuelle de +23%) la Ville de Marseille poursuit sa stratégie de régulation pour freiner une « jungle spéculative » particulièrement concentrée autour du Vieux-Port et dans le centre-ville, où les locations de courte durée représentent jusqu’à 25% du parc.
En 2022, la municipalité a d’abord imposé que toute location hors résidence principale nécessite une autorisation de changement d’usage. Depuis 2024, les propriétaires souhaitant transformer une résidence secondaire en meublé sont tenus d’appliquer une compensation sous forme de la création d’un logement de même surface dans le secteur. Enfin, depuis le 1er janvier, la limitation de la durée de location pour les résidences principales est passée de 120 à 90 jours. Encore loin des 30 jours imposés à New York.
Pour faire respecter ces règles, la municipalité compte sur sa brigade des meublés créée en 2023 : sept agents aujourd’hui, bientôt dix, explique Patrick Amico, l’adjoint (GRS) au logement de la ville.
Leur mission : traquer les annonces irrégulières, contrôler les logements, dresser des PV et initier les procédures administratives. Les amendes peuvent aller jusqu’à 10 000 euros pour absence d’enregistrement et 20 000 euros pour fausse déclaration. La municipalité estime que 40% des meublés pourraient être illégaux sur la ville.
Lundi dernier, Patrick Amico et la maire (GRS) des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard, supervisaient une nouvelle opération d’enlèvement de boîtes à clés illégalement fixées sur l’espace public. La 6e du genre. Le rendez-vous était donné place Charles-de-Gaulle, à deux pas du Vieux-Port, sur un des périmètres les plus saturés. « On est dans le spot touristique de la ville : Panier, Plaine, cours Julien, Vieux-Port… », insiste Sophie Camard.
Sur le circuit empruntant les rues Paradis et Lodi, une vingtaine de boîtes ont été recensées et stickées, quinze jours plus tôt. Plusieurs ont été retirées par leur propriétaire, preuve que la médiatisation produit un effet immédiat, apprécie Sophie Camard. Au final, cinq dispositifs restants seront retirés par les services municipaux.
L’enlèvement nécessite de la préparation : repérage, photos, stickage, mobilisation de la régie et de la police municipale. « On le fait par secteur, petit à petit, mais de manière systématique », insiste Patrick Amico, pour qui l’exercice est devenu routinier.
« Ces opérations ont permis, chaque fois, d’enlever entre 30 et plus de 40 boîtes à clés. C’est extrêmement difficile de donner un chiffre global, mais on les fait partout et on continuera à le faire », explique-t-il. Pour mesurer l’impact de ces politiques, lui se base sur un autre indicateur : « En 2023, j’avais 800 demandes de changement d’usage et en 2025, j’en ai eu moins de 100, c’est très significatif. D’autant qu’on en accepte 20% seulement. »
Pour Sophie Camard, une des clés du succès réside dans la visibilité de ces interventions. « L’ampleur de leur médiatisation fait que cela marche. Les propriétaires commencent à comprendre », explique-t-elle. La maire de secteur veut croire à un infléchissement du phénomène : « La boîte à clés est un vecteur de communication plus large, pour dire qu’on veut réguler cette activité. À côté, il y a les procès, les réglementations plus sévères… Je pense qu’on va voir les choses se réguler. Je fais le pronostic que le pic est un peu passé », glisse-t-elle, tablant sur le fait que les effets de la réduction à 90 jours et la suppression des niches fiscales au national se feront sentir en 2026.
« On n’a pas la capacité de tomber à zéro, mais notre objectif, c’est permettre aux habitants d’habiter le centre-ville », rappelle-t-elle. Et les boîtes à clés en sont révélatrices. « Quand on se tient dans les 90 jours de sa résidence principale, c’est légal… J’aimerais que les copros soient bien tenues, que leur règlement interne ne permette pas n’importe quoi, qu’on ne mette pas un immeuble entier en location… La boîte à clés, c’est le résultat final, c’est la porte d’entrée et de sortie de tout ça. C’est un symbole matériel qui se voit. Ce qu’on veut, juste, c’est que les choses soient bien faites et les habitants respectés. »
Au-delà de l’espace public, la municipalité a engagé les premières assignations en justice contre quatre multipropriétaires contrôlant 33 meublés dans sept immeubles, certains en péril. Lors de l’audience du 24 novembre dernier, la Ville leur a réclamé près de 3 millions d’euros. Le délibéré est attendu le 2 février. L’objectif affiché est clair : frapper les acteurs les plus massifs pour freiner un phénomène devenu structurel.
![[Vive La Marseillaise] Notre ancien rédacteur en chef, Alain Fabre, à la découverte du siège historique rénové de « La Marseillaise »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/f3bf6d47e90c15cbd130b133574929b5.jpg)
![[Entretien] Patrick Rué : « Les dossiers portés par FO territoriaux se retrouvent au cœur de la campagne »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/59f23017526a57352cfaf61e28638086.jpg)


![[Logement social] Erilia, un plan stratégique à 4 milliards d’euros](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/22eda43901f35842e0b6bdbec5739408.jpg)