Tag: manifestations

  • Déterminés

    Déterminés

    La tambouille entre les droites LR et macroniste pour permettre à l’extrême droite RN de retrouver, mardi, deux vice-présidences au bureau de l’Assemblée nationale, illustre le fossé abyssal entre les aspirations à la justice sociale, qui se manifestent avec ampleur depuis la rentrée, et les petits calculs politiciens. Un vote aussi décalé que dangereux, dénoncé par les gauches, intervenu la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles à l’appel d’une intersyndicale toujours unie et déterminée pour arracher la justice sociale et fiscale.

    Un plan antisocial

    L’essentiel n’a pas lieu dans les couloirs du Palais Bourbon, mais dans la rue. Rien n’est venu entamer, ces derniers jours, la détermination du mouvement social, qui exige un budget 2026 à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement, tente de ranimer le « conclave » sur les retraites pourtant conclu sur un échec cuisant. Le voilà qu’il évoque la retraite des femmes sans remettre en cause une réforme inique passée en force. Sur le cœur du budget 2026, aucune réponse. Ni sur les franchises médicales, ni sur les suppressions de 3 000 emplois dans la fonction publique, ni sur le financement de la Sécurité sociale. Ni sur le niveau d’investissements pour les services publics. En repoussant la taxe Zucman sur les très hauts revenus, l’homme lige de Macron a envoyé un message limpide : la politique qui a asséché les recettes publiques va continuer. Un plan antisocial dont les travailleurs ne veulent pas. Ils le diront ce jeudi.

  • « L’objectif est d’obtenir un budget de justice sociale »

    « L’objectif est d’obtenir un budget de justice sociale »

    La Marseillaise : Après deux journées de mobilisations, les 10 et 18 septembre, quel est le sens de l’appel à l’action pour ce 2 octobre ?

    Sandrine Mourey : Le sens est le même que pour les deux précédentes journées. C’est-à-dire qu’après ces mobilisations, et la rencontre avec le Premier ministre, on voit que le budget qui se prépare est le même que celui de François Bayrou. Ses mesures sont toujours dans les cartons. L’objectif est donc d’obtenir un budget de justice sociale, que les travailleurs puissent vivre de leur travail et qu’enfin, le gouvernement entende les revendications des salariés pour que ce budget permette des investissements dans les services publics et enterre les différentes mesures prévues : le gel du point d’indice, la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires… Saluons, d’ailleurs, que l’ensemble des organisations syndicales poursuivent le mouvement. Lequel sera à la hauteur des précédents : on enregistre, à cette heure, plus de 250 rassemblements et manifestations prévus sur le territoire. C’est à la hauteur du 18 septembre : nous attendons une grande journée de mobilisation, avec des grèves dans les entreprises, des piquets… Avec également des revendications locales sur les conditions de travail, les salaires, qui sont la première revendication des salariés, pouvoir vivre correctement de son salaire. Le gouvernement leur dit : « Vous allez encore vous serrer la ceinture lors du prochain budget. » Alors que de l’autre côté, du côté des plus riches, on ne leur demande rien et ils ne veulent pas payer plus d’impôts, ils ne veulent pas participer à l’effort national. Et les entreprises du CAC 40 qui, elles aussi, bénéficient de réductions d’impôts, bénéficient des 211 milliards d’aides publiques, on ne leur demande rien non plus. La coupe est pleine et le taux de pauvreté augmente en France.

    Le Medef s’agite avec son grand meeting prévu le 13 octobre.
    Le jugez-vous fébrile
     ?

    S.M. : Je dirais qu’il est fébrile et qu’il est à court d’arguments. Les organisations syndicales, la CGT et les salariés, gagnent la bataille des idées. Le patronat se rend compte qu’il est à court d’arguments pour garder ses privilèges et ceux des grandes entreprises. Vous aurez remarqué que la CPME et l’U2P n’y sont pas. Donc un Medef fébrile. D’habitude, il travaillait en sous-main, en lobbying, et bien là, il n’y arrive plus face à la mobilisation. Ce qui le contraint à faire ce rassemblement… On va en rire. Mais pour les salariés et les retraités, je pense que c’est moins drôle. On voit là que le Medef est l’organisation patronale des grands groupes, des plus riches. Ça sera le meeting des donneurs d’ordres.

    Le Premier ministre a annoncé qu’il ne reviendra pas sur la réforme des retraites. Comment analysez-vous cette posture-là
    au regard du rapport de force installé
     ?

    S.M. : On fait face à un gouvernement qui est sourd, qui ne veut pas écouter la population et les revendications. Il y a la réforme des retraites qui colle au président de la République et aux gouvernements successifs comme le pansement sur la chaussure du Capitaine Haddock dans Tintin [gag récurrent dans l’œuvre d’Hergé, le personnage se débattant avec des sparadraps, Ndlr]. Il ne veut pas entendre que les gens ne veulent pas se faire voler les deux plus belles années de leur retraite alors que parallèlement, les entreprises continuent à licencier les salariés de plus de 50 ans parce qu’ils sont ou cassés par le travail ou parce qu’ils sont présumés pas assez productifs. Donc cette réforme des retraites, elle colle au gouvernement et l’intersyndicale est ferme sur le sujet.

    Certains militants questionnent un retour des mobilisations dites « saute-mouton ». Qu’est-ce que vous leur répondez ?

    S.M. : La CGT seule mobilise moins qu’avec l’entièreté de l’intersyndicale, il y a peu de grèves reconductibles et pour cela, il faut déjà réussir une vraie journée de grève. Pour le moment, le seul secteur en reconductible est Mines-Énergie, d’EDF, de GDF, qui sont sur des piquets de grève depuis le 2 septembre, avec des revendications inhérentes à leur entreprise, notamment les grilles salariales et des revendications sur le 100% service public de l’énergie. Ils tiennent le cap. C’est à ces conditions, en discutant avec les salariés, que nous allons pouvoir tenir la grève, mais ce n’est pas la CGT ici à Montreuil qui décide, ce sont les salariés avec leur syndicat qui votent pour poursuivre la grève et pour partir en reconductible.

  • Soulever l’espoir

    Soulever l’espoir

    « Résistance n’est qu’espérance » écrivait le poète René Char, le capitaine Alexandre du maquis de Céreste. Cette Résistance dont
    le programme, Les jours heureux, a posé les bases d’une société sans guerre et avec des droits nouveaux, dont la Sécurité sociale, se conjugue toujours au présent. Le mouvement social qui se met en route cet automne est l’héritier de ce combat pour la dignité et la justice sociale. Alors que la société bouillonne de colères, l’objectif de l’intersyndicale est de transformer ces colères en mobilisation et en espoir. Un seul chemin pour cela : le nombre et l’unité du monde du travail pour faire plier un Premier ministre missionné par Emmanuel Macron pour poursuivre la même politique.

    Guerre idéologique

    Une politique de cadeaux fiscaux – 211 milliards d’aides publiques aux entreprises -, qui voit s’enrichir à vitesse supersonique les grandes fortunes au détriment des salaires, des pensions, des allocations, des services publics. Cette inégalité se voit de plus en plus et le patronat a bien compris le danger. Conséquence, il a entamé une guerre idéologique avec le soutien de la droite classique et de l’extrême droite. À son crépuscule le pouvoir macroniste a démontré qu’il était incapable de répondre à la question sociale autrement qu’en la niant et/ou en la réprimant.

    L’intersyndicale sonne l’heure de la Résistance avec dans sa musette des propositions concrètes et crédibles pour augmenter les salaires, développer les services publics, financer les retraites, la Sécurité sociale etc. De quoi soulever l’espoir.

  • L’intersyndicale appelle à la mobilisation jeudi 2 octobre

    L’intersyndicale appelle à la mobilisation jeudi 2 octobre

    Le Premier ministre n’a apporté « aucune réponse claire » aux attentes des travailleurs et des travailleuses, ont déploré les membres de l’intersyndicale à l’issue de leur rencontre avec Sébastien Lecornu à Matignon mercredi. L’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFTC, FSU, Solidaires, CFE-CGC et Unsa, soit toutes les organisations de travailleurs du pays avait lancé un « ultimatum » au Premier ministre, exigeant des engagements forts en matière de justice fiscale et contre l’austérité.

    Les représentants de l’intersyndicale ont annoncé une nouvelle journée de grèves et de mobilisation le 2 octobre, une date qui devrait être confirmée ce mercredi, en fin de journée, par l’intersyndicale.

  • « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    ENTRETIEN

    La Marseillaise : Depuis 2023, c’est la première fois que l’intersyndicale est réunie. Faut-il y voir le signe d’un mouvement social qui va durer ?

    Serge Ragazzacci : En tout cas on le souhaite. Pour cette première journée, on a eu 55 appels à la grève public/privé. Ce qui est sûr, c’est que les annonces de Bayrou le 15 juillet, qui faisaient suite au naufrage du Conclave sur les retraites, ont tout de suite créé les conditions de l’unité syndicale qui manquait depuis deux ans. Ça a été un détonateur. De la même manière qu’il n’avait pas appelé les partis politiques, Bayrou n’a pas consulté les syndicats de salariés. Tout le monde a parlé de la suppression des deux jours fériés mais il y a aussi la énième réforme de l’Assurance chômage, la question du déremboursement des médicaments avec les retraités – les « boomers » – pointés du doigt. Sans oublier la remise en cause de la monétisation de la 5e semaine de congés payés, des 35 heures… Sur ce budget, on est sur tout ce qui peut remettre en cause les conquêtes sociales des 50 dernières années.

    Cela signifie qu’après avoir accusé le coup en 2024, le moral des troupes syndicales est regonflé à bloc ?

    S.R. : Il y a eu un moment de flottement avec le passage de Bayrou. Mais tout le monde a compris que c’était pour maintenir le même cap, notamment la réforme des retraites qui est le catalyseur de toutes les colères depuis 2023. C’est cette réforme qui a conduit à la chute des différents gouvernements et a conduit aux échecs électoraux de la macronie et de ses soutiens. En tête de la plateforme revendicative figure toujours l’abandon de la réforme des retraites à 64 ans.

    La chute de Bayrou change-t-elle la donne ?

    S.R. : Son plan d’austérité n’est pas caduc. Pour l’instant la seule assurance que l’on a, c’est le renoncement à la suppression des deux jours fériés. Tout en réclamant de demander aux syndicats de trouver des rentrées d’argent. Pour le reste, il n’y a pas d’abandon global, c’est pour cela qu’on appelle à la mobilisation. On reste dans la même veine. Ils ont sorti les boucliers et les défenses anti-aériennes pour défendre les intérêts des plus riches via les 211 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni contrepartie. Depuis quelques semaines, c’est haro sur la taxe Zucman [2% d’imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, Ndlr], dont on nous dit qu’elle générerait le départ des plus grandes fortunes qui se sont gavées comme jamais. Ils oublient qu’on est champions d’Europe de réversion des dividendes. La taxe Zucman, ce serait vraiment le minimum. Les pauvres, eux, sont toujours suspects. Comme s’ils allaient s’acheter des voitures de luxe et des Rolex avec leur allocation de rentrée scolaire. Contrôler ces 211 milliards aux entreprises par contre ce serait une atteinte à la liberté. Je constate qu’à ce jour, à part nous, personne au gouvernement ne parle des fermetures de boîtes et des licenciements alors même que 300 000 emplois sont sur la sellette. Bayrou s’en foutait et pour l’instant, Lecornu n’en parle pas.

    Sébastien Lecornu tente d’envoyer des signaux (jours fériés maintenus, fin des « privilèges à vie » des ministres). Cela va-t-il dans le bon sens ou est-ce de la poudre aux yeux ?

    S.R. : J’ai l’impression qu’on est sur de la cosmétique sur le plan économique. On parle d’un côté de ponctionner 40 milliards sur le dos du monde du travail et de l’autre de quelques millions d’euros… Il n’y a pas de commune mesure. Si c’est pour retirer des privilèges à 15 personnes pour justifier d’aller en massacrer des millions d’autres à coups de déremboursements médicaux et de remise en cause de l’emploi, on se rendra vite compte de la limite de l’effet d’annonce. Le sujet principal de notre pays, c’est que les salaires et les pensions n’ont pas été revalorisés, on n’a pas retrouvé le niveau de 2020. Le pouvoir d’achat reste une revendication essentielle. Si on veut remplir les caisses de la Sécu, la question des salaires et de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui rapporteraient 6 milliards d’euros, fait partie de la solution. Des gens peinent à finir le mois. Si on veut relancer l’économie, il faut relancer la consommation, en recul avec l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie avec par exemple la hausse de la TVA sur le gaz. Les gens continuent à perdre du pouvoir d’achat alors que les plus riches continuent de voir leur fortune augmenter. En 30 ans, le PIB de la France a été multiplié par deux mais pas le Smic. Les 500 plus grandes fortunes possédaient 9% de la richesse nationale, elles en contrôlent aujourd’hui 42%. Je pense qu’on peut leur en prendre un peu.

    L’autre enjeu, c’est celui des services publics. La CGT donnera d’ailleurs des suites le 9 octobre avec une mobilisation nationale et dans l’Hérault sur les questions de santé et de Sécurité sociale. Du côté de l’intersyndicale, il y aura bien sûr des suites au 18 septembre…

    Si le mouvement citoyen « Bloquons tout » rebondit, l’intersyndicale envisage-t-elle des actions communes ?

    S.R. : Le 10 septembre, il n’y a pas eu que « Bloquons tout ». Ce mouvement ne souhaitait pas d’élargissement syndical mais à Béziers, Bédarieux ou Lodève, comme il ne se passait rien, la CGT avait déclaré un rassemblement. Ici ou là, on a déjà eu des contacts. On est sur un mouvement hybride. On n’est pas dans la situation des Gilets jaunes.

  • À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    Patatra. Le blocus qui devait s’organiser, jeudi matin au pied de la CMA CGM (2e), dans le cadre du mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux, a été réprimé avant même d’avoir commencé. À 6h30, quelque 200 militants qui s’étaient donné rendez-vous au métro Joliette (2e) abandonnaient déjà l’éventualité d’une action au pied de l’empire Saadé, d’après eux « surprotégé » par les forces de police.

    Aux alentours de 7h, le cortège a finalement décidé de se déplacer vers les Terrasses du port (2e), où un blocus de l’A55 était envisagé. Mais les policiers, mobilisés en nombre sur la zone, ont immédiatement stoppé les militants qui ont été poussés hors de la route moins d’une minute après leur arrivée. Les forces de l’ordre ont dans la foulée utilisé plusieurs bombes lacrymogènes afin d’encercler le cortège et de procéder à un contrôle d’identité général. Au total, selon la police, 100 personnes ont été contrôlées et 22 interpellées. « Tu n’es pas seul ! », scandent les militants lorsque certains manifestants sont écartés. « Les personnes mises à l’écart ne sont pas systématiquement interpellées. En général, elles le sont parce qu’elles refusent de décliner leur identité. Si elles refusent toujours de coopérer au bout de 4h, elles sont emmenées en garde à vue », explique un policier présent sur place. Les forces de l’ordre ont fouillé l’intégralité des militants contrôlés, photographié leur pièce d’identité et récupéré leurs équipements de protection (gants, lunette de plongée, masque FFP2…). Des bombes de peinture et pétards ont également été confisqués aux militants.

    Violence et revendications du blocus

    Si les bombes lacrymogènes, utilisées dès 7h10, ont permis aux policiers d’encercler la majorité des manifestants, certains sont parvenus à s’extraire du groupe, parfois violemment repoussés par les forces de l’ordre. Dans une vidéo enregistrée par l’Agence France Presse et diffusée en masse sur les réseaux sociaux, on aperçoit un policier pousser avec son pied une manifestante avant de lui exiger de se « casser ». « Oui je me casse », répond la jeune femme avant qu’un policier ne la pousse de nouveau et qu’elle tombe au sol. Une vidéo qui a suscité, sur les réseaux, une vive émotion, notamment chez Clémence Guetté, députée du Val-de-Marne (LFI). « Partout ce matin, la répression frappe et cogne sans distinction ni retenue. Les images qui nous parviennent sont honteuses », s’est indigné l’élue sur X.

    « On est là pour dire au gouvernement qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il se passe au niveau national comme international, détaille Lucie, militante de 23 ans présente à la tentative de blocus. On exige notamment que les ultrariches donnent davantage à l’état ». Et son amie, Line, d’ajouter : « On reviendra même si ça s’est mal passé aujourd’hui, on ne se laissera pas faire ». « On essaie de créer un rapport de force car on voit bien que les manifestations traditionnelles n’ont pas d’effet. L’intensité de la présence policière montre que le ministère de l’Intérieur n’est pas serein », justifie Luidji, en fin de manifestation.

    D’autres blocus étaient en parallèle organisés à Marseille, notamment devant l’usine d’armement Eurolinks (13e), qui a fourni des composants militaires à Israël depuis le 7-Octobre.

  • Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Il faut savoir dire stop ! Stop à l’injustice sociale, stop au non-respect du vote du peuple, stop aux centaines de milliards qui sont versés aux entreprises sans contreparties ! Stop à m’ment donné ! » Devant le Mucem à Marseille, Stéphane Martins De Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, donne le ton de l’état d’esprit des manifestants qui battent le pavé marseillais ce 18 septembre.

    À ses côtés, les travailleurs de la métallurgie des usines du bassin de l’Étang de Berre allument une myriade de fumigènes. Devant lui, des milliers de chasubles rouges estampillés CGT marchent d’un pas déterminé. En fond, on aperçoit à peine le camion avec ballon de la FSU et à l’autre bout du port, des manifestants attendent encore leur tour avant de prendre le départ. Le Vieux-Port est plein à craquer. C’est dire l’ampleur du cortège, au niveau des plus grosses manifestations contre la réforme des retraites. Et tous dénoncent avec force les politiques libérales. « On se bat pour obtenir de nouveaux conquis sociaux, pas en perdre comme on le subit année après année depuis trop longtemps. La retraite doit revenir à 60 ans », tonne Stéphane Martins De Araujo. Avant de développer sur la réalité des conditions de travail des ouvriers : « Entre la pénibilité et l’exposition à plusieurs produits nocifs, on a une explosion des maladies professionnelles, année après année. Travailler à 64 ans dans ces conditions, c’est impossible. »

    La retraite toujours dans les têtes

    Il fait également le lien avec les débats autour du budget : « C’est ahurissant, on ne peut pas donner des millions d’euros à un milliardaire et lui laisser la main sur l’industrie française qui s’en sert pour de la casse sociale ! » Des propos qui font écho aux messages inscrits sur les pancartes des manifestants : « Toujours les mêmes qui subissent : les travailleurs pauvres et de la classe moyenne », « Taxons les super riches et leurs super profits pour l’école et la santé » ou encore « Plus rien à traire ici ». Cette demande unanime de justice fiscale est sans doute symbolisée par le refus toujours aussi prégnant de la réforme des retraites et son passage de l’âge de départ à 64 ans. « Il faut une rupture complète des politiques menées. L’abrogation de la réforme des retraites ne serait pas que symbolique, mais ça montrerait un changement radical. C’est la première mesure d’urgence à prendre. Depuis 2023, une majorité de la population est toujours hostile à cette réforme », insiste Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca.

    Entre le combat syndical de 2023 et aujourd’hui, le lien est tout trouvé : « Ce 18 septembre, les travailleurs se mobilisent massivement. À des niveaux qu’on n’a pas vus depuis des années, au moins depuis les mobilisations contre cette réforme. » Avis partagé par Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui évoque « une grève massive dans les établissements scolaires et les services publics ». « Il y a un monde fou dans les rues aujourd’hui, plus que le 10. Ça montre que la population veut une autre politique, sans budget d’austérité. Et on a des propositions pour un budget qui finance les services publics, l’abrogation de la réforme des retraites », développe le syndicaliste.

    Encore plus fort que le 10

    Plus de monde que le 10 ? Tout le monde s’accorde pour le dire, comme un signe que la colère sociale s’enracine profondément. Dans les cortèges, on retrouve la même fougue de la jeunesse qui s’y était exprimée tout en ajoutant une présence massive d’une grande diversité de travailleurs du public comme du privé. Les ouvriers CGT de Coca-Cola des Pennes-Mirabeau, les travailleurs des autoroutes du Sud de Vinci, de Technicatom, les cheminots, des travailleurs du BTP ou de la logistique, les dockers et agents portuaires du Grand port Maritime… « 48 milliards d’euros d’économies ou 38, on n’en veut pas ! Les travailleurs se mobilisent contre les politiques de casse sociale. On veut que les choix politiques permettent de vivre et travailler dignement », tonne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Si elle juge la mobilisation réussie, son organisation planche déjà sur la suite, au niveau national comme départemental. « On construit la suite du rapport de force. La journée du 9 octobre sera départementalisée, c’est en lien avec le budget de la sécurité sociale », explique la syndicaliste. Le combat ne fait donc que commencer pour les militants.

    Sur tout le territoire, une déferlante populaire a battu le pavé, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var , le Vaucluse ou encore l’Occitanie. Nos reporters étaient dans la manifestation.

    A Avignon, Marseille à Montpellier.

    A Béziers !

    A Toulon

  • Populaire et déterminé

    Populaire et déterminé

    Avant même que les centaines de cortèges s’élancent partout en France ce jeudi 18 septembre à l’appel d’une intersyndicale soudée pour la justice sociale et fiscale et contre les projets d’austérité du énième gouvernement de la Macronie, le monde du travail a d’ores et déjà gagné les cœurs et les têtes.

    Selon un sondage rendu public mercredi par Elabe pour BFMTV, 56% des Français « soutiennent » l’appel de l’intersyndicale.

    Une large majorité (66%) estime aussi que la politique du nouveau Premier ministre sera « dans la continuité de celle menée par
    les gouvernements précédents d’Emmanuel Macron
    ». Le mot de « rupture » avancé par Sébastien Lecornu ne fait pas illusion, pas plus que son auteur n’a convaincu les représentants de gauche qu’il a reçu mercredi à Matignon.

    Changer de cap

    Les Français veulent du changement dans leur vie et un cap clair. Cela passe par de bons salaires, de bons emplois, de bons services publics et une fiscalité juste avec la taxation des ultra-riches. Bref, ils exigent que l’orientation politique menée depuis huit ans par Emmanuel Macron s’arrête et que notamment l’inique réforme des retraites soit abrogée.

    les professions intermédiaires sont d’ailleurs 64% à soutenir la mobilisation du mouvement social, et 60% des employés et ouvriers également. Nombre de ces travailleurs seront soit en grève soit en manifestation.

    Face à la puissance de ce mouvement, le gouvernement démissionnaire et minoritaire, panique. Signe de sa fébrilité, le déploiement des forces de l’ordre est à un niveau inégalé alors qu’il est désormais éclatant que le rapport de force est du côté des travailleurs, rassemblés dans un élan populaire et déterminé.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

    Uzès, 9h45, départ devant la mairie.

    Un départ est organisé pour Nîmes à 13h30 de la Poste.

    Alès, 10h, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Bagnols-sur-Cèze, 10h, départ au Monument aux morts.

    Le Vigan, 10h30, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Nîmes, 14h30, rendez-vous Jardins de la Fontaine, allées Jean Jaurès.

    Montpellier, rendez-vous à 10h30, Place Albert-Ier.

    Sète, 10h30, départ Place de la mairie.

    Béziers, 10h30, au départ de la Bourse du Travail.

    Bédarieux, 10h30, rendez-vous devant la Maison des syndicats.

    Clermont l’Hérault, départ sur l’Allée Roger Salengro.

    Ganges, rendez-vous à 18h devant la mairie.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.