Tag: manifestations

  • Emmanuel Macron en visite éclair à Marseille ce lundi

    Emmanuel Macron en visite éclair à Marseille ce lundi

    Déplacement-surprise pour le chef de l’État ce lundi à Marseille. Après un nouveau week-end de mobilisation, il se rend dans la cité phocéenne pour rencontrer Benoît Payan. Il visitera notamment la salle des mariages de l’hôtel de Ville qui avait été dégradée par des émeutiers. Emmanuel Macron a aussi prévu d’échanger avec les forces de sécurité et les commerçants qui ont été victimes des casseurs.

    Plus d’information à venir sur lamarseillaise.fr et dans La Marseillaise de ce mardi.

  • Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Venant de toutes artères de Marseille mais aussi des communes voisines où les regroupements étaient interdits, des dizaines de milliers d’étudiants, de militants, de retraités, de chômeurs, ont convergé samedi à Marseille dans une ambiance enjouée et déterminée pour la seule manifestation autorisée par la Préfecture, un acte II d’une grande puissance protestataire.

    « C’est une grande satisfaction, un ouf de soulagement pour nous la CGT et les autres syndicats d’avoir emmené cette manifestation pour la liberté d’expression de nos revendications » s’est félicité en fin de parcours Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. Il revendiquait 100 000 manifestants contre 17 000 selon la Préfecture dans ce cortège intersyndical CGT, FSU et Solidaires colossal.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) a salué le « calme » de la manifestation et un dispositif policier qu’il a estimé cette fois « à la hauteur de l’enjeu » après les folles exactions du 17 octobre. Plus tard, il rejoignait le poste de supervision urbain, des débordements sporadiques ayant lieu avec des dégradations et des pillages dans une ambiance de lacrymogènes et de feux de poubelles. Dimanche matin, la Préfecture comptait pour tout le département 7 commerces pillés ou dégradés, 71 interpellations dont 40 majeurs et 61 gardes à vue.

    Pour le préfet, cette manifestation dérogatoire s’est déroulée « dans de bonnes conditions ». Lancé à 14h15, après une minute de silence aux Réformés en hommage aux victimes de l’attentat criminel raciste de Trappes, l’immense cortège emmené par la CGT et de nombreux militants et élus communistes prenait la direction de la gare Saint-Charles, sécurisé par les dockers CGT. Postés sur la Canebière près d’un canon à eau, des CRS continuaient de barrer l’accès de l’hypercentre à de potentiels fauteurs de trouble pour ne pas répéter le sac du 17 octobre.

    « On vient de Carpentras, on tenait à manifester dans une ville où ça a de l’ampleur » expliquent Alia et Ludivine, motivées comme jamais. « Nous sommes en guerre contre ce gouvernement corrompu » proclame la pancarte de la mère. « Tout ce que j’ai retenu de la Marseillaise, c’est aux armes citoyens ! » dit celle de sa fille. Les pancartes en disent long et gros sur la colère sociale concentrée sur Emmanuel Macron, figure d’un pouvoir honni. « La voilà ta République en marche, connard ! » conspue celle d’Émilie venue avec Pierre son papa. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on n’a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble » assure ce dernier.

    « Ils fabriquent la misère puis nous facturent la survie » a écrit Céline, éducatrice spécialisée qui n’a pas eu peur de venir « pour défendre les lycéens et les travailleurs sociaux » et qui est comblée de voir « tout ce monde de tous âges ». « M-A-C-R-O-N, Menteur, Arrogant, Corrompu, Répressif, Odieux, Narcissique » a écrit en grosses lettres Oscar, jeune chômeur pour qui « c’est un ras le bol accumulé de ces dix dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid et des gilets jaunes, l’ignorance des cahiers de doléances, même l’affaire Epstein, tout !!! » Des Scop-Ti (ex-Fralib) sont là. Des parents d’élèves aussi. « On est un collectif de 360 parents « vaillants et révolutionnaires » des lycées de Marseille.

    Eva et son ami sont descendus d’Aix pour dénoncer les conditions d’enseignement à la faculté de droit Robert Schumann, mais pas que : « On n’arrive pas à joindre les deux bouts, on a peur de l’avenir. » Eugène, 19 ans, en BTS de cybersécurité, s’est déguisé en banane et en tutu rose pour demander lui aussi de « meilleures conditions matérielles d’études. »

    « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » « Tout le monde emmerde le Rassemblement national ! » « Siamo tutti antifascisti ! » claquent dans les mains la foule hétérogène de ce très long cortège sécurisé par les dockers de la CGT qui a emprunté les allées Léon Gambetta, le boulevard d’Athènes, la gare Saint-Charles, la Place Marceau pour ensuite se disperser à la Porte d’Aix où des CRS finissent par gazer des manifestants boulevard des Dames. « La liberté est un droit fondamental. Sans elle, il n’y pas de véritable justice, pas d’égalité et pas d’avenir ! » venait de conclure au mégaphone une militante CGT. « Nous voulons la paix, la liberté pour construire un monde plus juste. Ne restons pas silencieux, continuons à défendre nos droits. La liberté a besoin d’hommes et de femmes prêts à la défendre ! Ensemble faisons vivre la liberté et rendez vous au 5 novembre ! » « Je suis là en solidarité avec la jeunesse quand je vois tous les coups qu’ils se sont pris pour exprimer leurs revendications » dit Jessie, mère de quatre enfants venue de Vitrolles pour affirmer son « droit à manifester ».

  • Un millier de personnes ont bravé l’interdiction à Avignon

    Un millier de personnes ont bravé l’interdiction à Avignon

    La manifestation étudiante et contre la vie chère à Avignon, pourtant interdite, a été suivie par un millier de personnes au fil de la journée ce samedi 24 octobre. Le tout sans aucune casse et globalement dans le calme.

    Une journée de mobilisation quelque peu rocambolesque, car la préfecture était entourée d’un important dispositif policier dès 9h du matin. « Ils sont là contre la casse. Mais la vraie casse, c’est celle qu’il y a dans nos lycées où il y a des plafonds qui s’effondrent car il n’y a pas de moyens mis dedans », confie Sandrine, aide-soignante dont le fils est scolarisé au lycée Philippe de Girard. Le rassemblement de la matinée s’est donc tenu dans le calme quelques centaines de mètres plus loin, à proximité de la porte Saint-Lazare. Un référé contre l’interdiction avait été déposé par la CGT, mais il a été rejeté en début de matinée par le tribunal administratif de Nîmes. Ceux s’aventurant à proximité du bâtiment préfectoral se voient contrôlés et fouillés quasi systématiquement. Tandis que FO Enseignement avait de son côté déposé une déclaration de rassemblement, mais l’a retirée en fin de soirée ce vendredi 23 octobre pour ne pas exposer ses membres à une forte amende et une peine d’emprisonnement. « On a voulu les protéger après la communication de la préfecture. Mais il fallait être là car ce qui se passe dans le pays et à Avignon est scandaleux, car c’est un droit fondamental de pouvoir se rassembler et manifester afin de porter les revendications des jeunes. Que le préfet prenne un arrêté de la sorte à Avignon, je n’ai jamais vu ça, même pendant la guerre d’Algérie », regrette Tanguy Langlet, secrétaire départemental FO Enseignement. « Pas besoin d’être juriste pour s’apercevoir qu’il y a un problème de droit. C’est honteux. Rien ne va dans ce pays et la seule réponse que l’on reçoit, c’est une interdiction de manifester », abonde Nadia El Bouroumi, juriste présente dans les rangs des manifestants. « Le gouvernement, plutôt que de répondre, choisit la répression et tente aujourd’hui de criminaliser toute contestation qui ne passe pas par les canaux qu’il contrôle », ajoute la CGT de Vaucluse. Venue en matinée, Marie-Anne Bertrand, élue municipale d’opposition (L’Après), regrette qu’une partie de la classe politique « mette la même valeur entre le bien matériel et la vie humaine », tout en rappelant que « les observateurs étrangers qualifient la situation démocratique en France de dégradée ».

    Dans un esprit festif, les manifestants ont chanté, dansé et même réalisé une « chenille contre l’extrême droite » et une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes. Tandis qu’en début d’après-midi, la manifestation s’est transformée en jeu du chat et de la souris entre manifestants, surtout des étudiants et lycéens, et les forces de l’ordre. Tout se déroulait dans le calme, d’abord place de l’Horloge, où se trouvait d’ailleurs en terrasse le maire de la ville Olivier Galzi (DVD), puis dans les rues de la Cité des Papes avant de se retrouver à nouveau à proximité de la préfecture. Des gaz lacrymogènes ont été tirés, déclenchant un mouvement de foule qui ne s’est arrêté qu’en début de soirée. Repoussés du côté de la route de Lyon, des manifestants sont montés sur la voie ferrée, suivis par des policiers. La préfecture de Vaucluse fait d’ailleurs état de « deux intrusions sur les voies ferrées » qui « ont occasionné une interruption temporaire du trafic ferroviaire ».

    En fin de journée, la préfecture de Vaucluse annonce que « les forces de l’ordre ont procédé à 57 interpellations liées aux violences qui se sont déclenchées pendant les manifestations ». Mais aussi qu’« aucune dégradation de bien public ou de commerce n’est à déplorer à la fin de cette journée ». En soirée, aucun heurt n’a été constaté, hormis un groupuscule d’extrême droite qui « patrouillait » dans les rues, prenant à partie des groupes de jeunes sans aucun rapport avec les manifestations.

    Poursuite du mouvement

    Un mouvement qui est voué à continuer au vu du mutisme du gouvernement, mais surtout de sa réponse répressive. Thierry Juny, du syndicat Solidaires, le confirme, « on sera là la semaine prochaine et le jeudi 5 novembre ». Et pointe à la fois les contradictions du préfet et l’attitude de la droite et de l’extrême droite vis-à-vis du mouvement social en cours. « On nous parle de pillages qui ont eu lieu le dimanche soir, sans lien avec les manifestations du samedi. Quand Macron dit que seuls les syndicats peuvent déposer une manifestation, c’est anticonstitutionnel. Mais surtout, c’est stupéfiant de voir comment certains courants politiques de droite et d’extrême droite étaient silencieux et sont sortis de leurs tanières pour se présenter comme des partis de l’ordre. On voit bien où elle se situe, et ce n’est absolument pas du côté des travailleurs. Le silence du RN pendant le mouvement des lycéens était assourdissant », poursuit-il. À ses côtés, Philippe Riehl, co-secrétaire de Sud Éducation 84, ajoute qu’il « n’est pas question de lâcher ». « C’est hors de question d’accepter une réduction de nos droits les plus élémentaires. On ne nous empêchera pas de nous rassembler et de manifester », poursuit-il. Avec en tête, une « semaine noire » pour la rentrée.

  • La paix au cœur de la mobilisation aixoise

    La paix au cœur de la mobilisation aixoise

    Celle qu’on surnomme la « belle endormie » a été particulièrement animée ce samedi 24 octobre pour l’Acte II des mobilisations. À Aix-en-Provence, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis pour faire entendre d’une voix commune leurs revendications plurielles. Malgré l’« interdiction temporaire des manifestations » imposée par le préfet du département deux jours plus tôt, les Aixois étaient nombreux dans les rues de la ville.

    Pour Sabine, aixoise et membre de la CGT « c’était inconcevable de laisser la jeunesse se battre seule pour des droits qui nous concernent tous ». Accompagnée de son fils Louis, élève de Seconde, elle poursuit « le gouvernement ne nous écoute pas alors pourquoi nous devrions, nous, respecter ces interdictions […] c’est donnant-donnant ». Dans le cortège, beaucoup de jeunes sont présents, parmi lesquels Achille, étudiant en master à Sciences Po Aix. Également membre du collectif Sciences Po Aix en lutte, il se dit « en colère contre l’État et sa politique de répression ». Selon lui, cette situation témoigne d’« un durcissement des moyens démocratiques […] qui nous pousse à être dans l’illégalité avec le maintien de cette manifestation ».

    En raison de son interdiction, aucun parti ou syndicat ne s’est revendiqué de l’organisation de cette journée. Comme Hakim, ils sont alors plusieurs aixois, de tout âge et tous horizons à donner de la voix pour guider, animer et sécuriser le cortège. Également présent lors de la mobilisation du 17 octobre, ce père de famille estime qu’« il en va de l’avenir de [ses] enfants ». Il dénonce « les factures qui augmentent mais un salaire qui ne bouge pas d’un centime ». Tout autour du cortège plusieurs voitures de police et de nombreuses forces de l’ordre, un dispositif qu’il juge « démesuré et honteux ». Entre deux slogans, Hakim conclut « en manifestant calmement, on va leur montrer à ces CRS qu’on peut très bien se mobiliser sans qu’ils soient obligés d’utiliser leur gaz lacrymo et leur bouclier ».

    Pour sécuriser le cortège, les « brassards blancs », couleur symbolisant la paix, guident également les manifestants. Dominique et Fred, tous deux membres de La France Insoumise (LFI), en font partie. Ancienne directrice d’école, Dominique insiste sur sa présence à titre individuel et ses motivations personnelles qui justifient sa présence dans le peloton. Elle explique se mobiliser « en soutien pour toute cette jeunesse » et notamment pour sa fille, actuellement résidente à Berlin et n’ayant pu se déplacer pour participer à la marche de ce 24 octobre.

    A51 bloquée,

    les CRS interviennent

    Toujours pacifique et rythmé par la musique, le groupe de manifestants se dirige lentement vers le Jas de Bouffan. Son but : rejoindre l’autoroute. Sur son chemin pour la rejoindre, une minute de silence est organisée devant le stade Maurice-David, en hommage à l’attentat de Trappes et La Verrière, dans le département des Yvelines. L’événement survenu la veille, a fait un mort et cinq blessés. Le groupe a ensuite repris sa marche vers la route de Galice pour tenter de bloquer l’entrée de l’autoroute A51. Alors qu’un sit-in est en train de s’organiser, les manifestants sont rapidement délogés par les forces de l’ordre. Ils décident alors de contourner les dispositifs policiers en passant par le quartier de Corsy, leur permettant ainsi d’arriver au-dessus de l’autoroute. En quelques minutes les deux voies de l’A51 sont bloquées. Face à la situation, les CRS décident d’intervenir et de repousser les manifestants vers les voies d’insertion. Malgré l’élan de panique à la vue des CRS et la crainte d’un nassage, les manifestants sont finalement remontés sans égratignures vers l’entrée de l’autoroute. Le cortège prend finalement fin là où il a commencé quatre heures plus tôt, à la Rotonde. Comme pour traduire une forme de soulagement, la fontaine est investie par les manifestants qui chantent et clament à tue-tête. L’ambiance légère et festive de cette fin de mobilisation est cependant perturbée après l’arrestation d’un jeune homme par les CRS provoquant ainsi un élan de mécontentement chez les Aixois. Tandis que la mobilisation touchait à sa fin, un groupe de manifestants décide alors de rejoindre le commissariat pour demander la libération du jeune homme. Mais les choses dégénèrent lorsqu’après une sommation, un élan de foule se crée. Un homme alors âgé d’une soixantaine d’années trébuche et finit au sol, la tête ensanglantée. Une infirmière en civil s’occupe de lui en attendant l’intervention des secours quelques minutes plus tard. Cet événement sonne alors le glas pour cette mobilisation du 24 octobre dont les manifestants se félicitent toutefois du pacifisme général.

  • [Quoi de neuf] « La mobilisation est vouée à continuer car la colère est là »

    [Quoi de neuf] « La mobilisation est vouée à continuer car la colère est là »

    Émission exceptionnelle de « Quoi de neuf » qui est à écouter en intégralité en podcast sur Divergence. Au moment où le pays vit un mouvement social inédit, historique, trois témoins relatent comment ils vivent les manifestations. Une étudiante engagée dans un syndicat et deux journalistes.

    Françoise Verna : Comment envisagez-vous la suite de la mobilisation ? Je pense au 5 novembre, journée interprofessionnelle de grève et de mobilisation, dans lesquelles les revendications de la jeunesse seront centrales.

    Enola Kraemer : Avec le SCUM, nous participons à l’appel du 5 novembre, en tant que syndicat, parce qu’on n’a pas obtenu satisfaction. Quand Macron a pris la parole à 20h, sa seule réponse est d’appeler au calme. On ne peut pas dire qu’il ait compris que les étudiants et les lycéens se mobilisent, qu’on est en colère. Donc, c’est une mobilisation qui est vouée à continuer. Aujourd’hui, on a à nouveau bloqué l’université Paul-Valéry à l’initiative des étudiants et étudiantes. Il y a également la faculté des sciences qui continue son occupation depuis deux semaines. Et ce matin, on a également bloqué la faculté d’économie, mais le président de l’université de Montpellier a décidé d’envoyer les CRS, donc le site a été débloqué.

    Françoise Verna : Vous avez des points de convergence avec les lycéens ?

    Enola Kraemer : On doit permettre fin à la sélection, à Parcoursup, à Mon master, parce qu’on devrait tous pouvoir étudier dans les filières de son choix. C’est 250 000 places qui devraient être ouvertes dans l’enseignement supérieur pour pouvoir garantir une possibilité aux étudiants et étudiantes de pouvoir étudier dans les études de leur choix. L’université Paul-Valéry de Montpellier est assez emblématique des universités françaises les moins bien dotées. Comment on peut justifier cet état de fait ? Actuellement, à Paul-Valéry, il nous manque 17 millions d’euros pour fonctionner correctement. L’État ne nous donne pas assez d’argent pour fonctionner correctement. Il ne veut pas financer des sciences sociales, des sciences humaines.

    Françoise Verna : Yann Castanier, depuis 2016 jusqu’à aujourd’hui, vous avez été le témoin, en tant que photo-journaliste, des mouvements sociaux. Est-ce que vous avez pu constater une évolution de la réponse répressive policière ?

    Yann Castanier : Ce qui va advenir, c’est qu’au fur et à mesure il y a de plus en plus de revendications face à un État qui ne répond pas. Et ensuite, ce qui va arriver, c’est les gilets jaunes. Il va y avoir un glissement qui va mener à la répression de manifestations par le LBD. La BRAV-M (Brigade de répression de l’action violente motorisée) est créée [unité spécialisée de la Police nationale. Créée en 2019, Ndlr.]. Du coup, ça fonce dans le tas, en permanence, pour pouvoir disperser, y compris quand il ne se passe rien. Je me rappelle les manifestations contre les retraites de 2022 ou 2023. Là, c’est l’incompréhension totale. On les voit charger même sur le cortège de la CGT et sur le service d’ordre de la CGT. Et puis, il va y avoir la logique des nasses qui se mettent en place, qui sont interdites, il faut préciser. Oui, elles sont interdites, mais elles sont utilisées en permanence. Cela consiste à isoler des personnes, à encercler des personnes par des CRS ou des gendarmes mobiles, et faire en sorte qu’elles ne puissent plus bouger, ni sortir pendant des heures.

    Françoise Verna : Louis Laratte, vous avez couvert en tant que journaliste la manifestation parisienne, le 17 octobre. Avez-vous été surpris de la tournure de la journée ?

    Louis Laratte : Ce qui a été vraiment inédit, c’est ce qui s’est passé bien avant que le rassemblement ait lieu et que les gens convergent vers la place de la République. En fait, la répression était déjà en marche. Alors que les personnes n’avaient pas encore débuté leur manifestation. Je pense que cela a surpris beaucoup de gens et surtout, ça a énervé pas mal de gens parce que la répression en manifestation, c’est un fait avéré.

    Je pense que la majorité des gens qui viennent en manifestation sont au courant de comment ça se passe, que la répression, elle est là et que c’est quelque chose avec lequel il faut faire.

    Là, je pense que beaucoup de gens étaient pris au dépourvu et ça a énervé beaucoup parce qu’au-delà de cette répression, c’est vraiment le droit de rassemblement et le droit de manifestation qui ont été entravés avant même que la manifestation ait lieu.

    Françoise Verna : Peut-on dire que les manifestants étaient sidérés ?

    Louis Laratte : Il y a beaucoup d’incompréhension, je pense, par rapport à la stratégie qui a été adoptée. Et en fait, la situation s’est tendue à un tel point qu’en fait, les CRS se sont eux-mêmes embourbés sur la place de la République, parce que les gens n’ont pas spécialement voulu en partir.

    Les affrontements ont duré assez longtemps. Ça a commencé sur la place à peu près à midi et ça a duré avec une vraie intensité jusqu’à, je pense, 16-17 heures. C’était vraiment très, très violent. Ensuite jusqu’à tard dans la nuit, en parallèle, pas de police pour empêcher les magasins d’être pillés. Et j’en ai fait des kilomètres dans Paris.

  • L’appel à la prudence de Benoît Payan avant le couvre-feu

    L’appel à la prudence de Benoît Payan avant le couvre-feu

    Le maire de Marseille qui avait salué le «calme» et un dispositif policier «à la hauteur de l’enjeu» appelle les Marseillais à la prudence ce soir dans un post sur le réseau X : «À la fin de la journée, plusieurs groupes d’individus tentent de se livrer à des pillages dans différents secteurs de la ville. La Police Municipale et le Bataillon de Marins-Pompiers interviennent aux côtés de la Police Nationale. Je demande à l’ensemble des Marseillais de rester prudent et de faciliter le travail des forces de l’ordre et de secours.La priorité est de préserver la sécurité des habitants, des commerces et de ramener le calme dans la ville.»

    Le maire est actuellement au centre de supervision urbain avec la directrice de la police municipale pour suivre la situation avec attention et assister le commandement. Quelques commerces à ce stade ont été victimes de tentatives d’effraction. La police municipale est mobilisée aux côtés de la police nationale et du bataillon des marins pompiers qui fait preuve d’une grande réactivité pour intervenir dans le cadre de ses missions.

    Un couvre feu est instauré de 23h à 5h du matin dans le centre-ville et les principales zones commerciales de Marseille.

  • [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    Bouches-du-Rhône

    À Marseille

    10h50 Le kiosque à journaux de la Joliette a dû fermer sur injonction de la police. « On ne comprend pas, samedi c’est notre meilleur jour », déplore Sylvie la responsable du point de vente. Sans compter l’importance de la presse pour la démocratie.

    13h40 Plusieurs centaines de manifestants sont déjà rassemblés aux Réformés. Alia et Ludivine, mère et fille, sont venues de Carpentras « déterminées à manifester dans une grande ville » avec leurs pancartes : «Tout nous motive : le pouvoir d’achat, les services publics, l’interdiction du voile.»

    13h42 Les manifestants arrivent à Réformés. Les forces de l’ordre ont déployé un important dispositif de sécurité sur la Canebière, dont un engin lanceur d’eau.

    13h45 Eugène, 19 ans, en banane et tutu rose, étudiant en cybersécurité, a tenté un selfie avec les policiers. « Ils ont refusé mais franchement ils étaient très corrects, pourvu que ça dure. Je suis là pour l’amélioration des conditions matérielles d’études. »

    13h45 Des forces de l’ordre avec gros engins sont prépositionnées à hauteur du cinéma Artplex sur la Canebière et filtrent les piétons.

    14h Oscar jeune chômeur : «Franchement tout me motive depuis ces 10 dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid, les gilets jaunes et l’ignorance des cahiers de doléance, le pouvoir d’achat, tout ! »

    14h05 Ce sont déjà plusieurs milliers de manifestants qui sont rassemblés aux Réformés. Le début du cortège encore statique est conduit par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 avec des centaines de militants et un service d’ordre.

    14h05 Les totally spies font partie du cortège marseillais.

    14h05 Le cortège marseillais se forme avec l’intersyndicale en tête et de nombreux élus communistes.

    14h08 «Marseille, Marseille antifas ! Tutti antifascisti !» crient les jeunes juchés sur la fontaine repris par la foule.

    14h10 Le parcours de la manifestations marseillaise n’empruntera pas la Canebière.

    14h12 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 en tête de cortège !

    14h15 360 parents des lycées de Marseille ont créé leur groupe.

    14h19 Émilie et son père Pierre sont venus manifester en famille. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif, témoignent-ils. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble. »

    14h20 Un jeune poing levé sur le monument des Mobiles.

    14h25 Jessie, une mère venue de Vitrolles avec ses trois enfants « vraiment pour exprimer le droit de manifester après la répression des jeunes samedi dernier. La justice est vraiment à deux vitesses. »

    14h30 Les communistes qui avaient déposé un référé liberté contre l’interdiction de manifester sont présents en nombre à Marseille.

    14h30 Céline, éducatrice spécialisée : « Je suis là pour soutenir les lycéens mais aussi tout le manque de moyens que nous subissons dans notre secteur. Non, je n’ai pas peur de manifester. Nous sommes tous ensemble. »

    14h40 Le cortège arrive au pied des escaliers de la gare Saint Charles. Pas d’écho d’incidents.

    14h55 Eva et son ami sont venus d’Aix-en-Provence pour manifester à Marseille. Ils dénoncent leurs conditions d’apprentissage à la faculté de droit Schuman, où « il n’y avait pas de clim à la rentrée alors qu’ils faisaient 40 degrés », racontent-ils. « On n’arrive pas à joindre les deux bouts en étant étudiants, on a peur de l’avenir », ajoutent-ils.

    15h « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » entonnent les militants CGT avant d’amorcer l’avenue du général Leclerc.

    15h10 Les Scop-TI (ex Fralib) sont dans la manifestation marseillaise.

    15h20 Ça défile en bon ordre boulevard Camille Pelletan.

    15h30 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 : « On ne va pas crier victoire tout de suite mais c’est une manifestation réussie. On a réuni 100 000 personnes. C’est un grand ouf de soulagement pour la CGT d’avoir emmené cette manifestation pour exprimer nos revendications.»

    15h40 Encore énormément de monde aux escaliers de la gare Saint-Charles et sur tout le boulevard d’Athènes.

    16h Encore beaucoup de monde dans les rues dans une ambiance joyeuse.

    16h25 Les manifestants se sont engagés boulevard des Dames avant de reculer face aux forces de l’ordre qui ont fait usage de lacrymogènes.

    16h38 Premières tensions à Porte d’Aix.

    17h La porte d’Aix, devenue blanche sous les lacrymogènes, se vide.

    À Aix-en-Provence

    11h20 La ligne 50 reliant Aix- Marseille a été suspendue sur décision préfectorale ce samedi 24 octobre

    11h40 Le marché du cours Mirabeau, situé juste en face de la Rotonde, reste maintenu. Les commerçants y sont installés depuis 6h pour les plus matinaux et les Aixois sont bien au rendez vous.

    12h Pour le moment, seulement quelques voitures de police ont été déployées à la Rotonde, lieu d’où était partie la manifestation samedi dernier.

    14h55 L’interdiction de manifester est contestée en actes.

    15h Pourtant interdite par la Préfecture, un groupe de manifestants commence à se créer. Entre sittings et chants, le cortège se déplace actuellement vers la gare routière.

    15h La manifestation poursuit son chemin toujours animée par les chants et colorée par les centaines de pancartes. Le cortège pourtant pacifique reste cependant très encadré par les forces de l’ordre.

    15h30 Les manifestants tentent de bloquer la route de Galice, départementale qui permet de rejoindre l’autoroute A51 en direction de Gap.

    16h45 Finalement délogés de l’autoroute A51 par les forces de l’ordre, le cortège a perdu quelques manifestants en cours de route. Mais ceux encore présents dans les rues aixoises maintiennent malgré tout leur énergie et leur ferveur.

    17h Les manifestants font une nouvelle minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes.

    17h10 La manifestation poursuit sa marche pacifique. Elle se dirige peu à peu vers la Rotonde, point de départ du cortège.

    Après presque 4h de marche à travers les rues, le cortège des manifestants prend fin à la Rotonde.

    Après l’arrestation d’un jeune homme par les forces de l’ordre pour un motif inconnu, les Aixois haussent le ton.

    18h C’est la fin de la manifestation. Les participants s’éparpillent pour regagner le centre-ville.

    Vaucluse

    À Avignon

    9h45 À Avignon, la Sud PTT a décidé de maintenir son rassemblement contre la fermeture du bureau de poste de la place Pie, prévu depuis plusieurs semaines, malgré l’interdiction de manifester en centre-ville. « On est pacifiques donc il ne devrait pas y avoir de soucis ni d’amendes. Les luttes se rejoignent », confie Bruno Verdi , secrétaire du syndicat. Il est prévu qu’ils se joignent à la manifestation devant la préfecture entre 10 et 11 heures.

    10h10 Les représentants de la CGT sont allés échanger avec les forces de l’ordre, en nombre, postées devant la préfecture. Le représentant de la police nationale qui rappelle l’interdiction, tout en affirmant qu’il laissera passer le cortège, peut recevoir des ordres de faire évacuer la place.

    10h50 Un millier de personnes sont rassemblées devant la porte Saint Lazare. La CGT a décidé de ne pas aller devant la préfecture, à une centaine de mètres, pour l’heure. « On fait valoir nos droits et on nous arrête. Je ne comprends pas », confie Marie, étudiante à l’université locale.

    11h15 Faute de pouvoir aller devant la préfecture, les manifestants ont organisé une chenille « contre l’extrême droite » dans une ambiance festive.

    13h10 Manif sauvage en cours à Avignon sans but précis. D’après des manifestants, le but est de rentrer en centre-ville alors que les forces de l’ordre bloquent toutes les entrées. « C’était un peu une idée de merde. Ça sent mauvais » glisse un étudiant.

    13h12 Des policiers casqués et équipés de boucliers suivent de près et empêchent les manifestants de passer.

    14h25 Alors que quelque dizaines de manifestants tentent de se rassembler sur place de l’horloge malgré l’interdiction du préfet, les forces de l’ordre commencent à contrôler les personnes devant l’hôtel de ville. Tandis que le maire Olivier Galzi (DVD) boit un café au restaurant en face.

    15h25 Empêchés de passer sur la rue de la République, le cortège s’engouffre rue de la Bonneterie. « On nous fait passer dans les rues avec toutes les boutiques, ça ne va pas avec tous les discours qu’on a entendus cette semaine », réagit Anne-Marie, aide soignante. Tout en pointant « que la vraie casse, elle est dans nos lycées où les plafonds s’effondrent. »

    Var

    À Toulon

    11h15 L’audience du référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits devant le tribunal administratif de concernant le droit de manifester s’est achevée il y a quelques instants. Le verdict est attendu dans les prochaines minutes.

    13h20 40 minutes avant le début du rassemblement auquel ont appelé plusieurs organisations ce samedi (14h place de la Gare), le tribunal administratif de Toulon n’a toujours pas rendu sa décision concernant le référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits.

    14h Une cinquantaine de vigiles ont été déployés par la CCI du Var à proximité des commerces du centre ville de Toulon, et des centres commerciaux Avenue 83 et Grand Var, pour prévenir de potentielles violences et rassurer les commerçants.

    14h20 Suite au référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, le Tribunal administratif de Toulon lève l’interdiction totale de manifester, mais maintient l’interdiction concernant le centre-ville. Un cortège se dirige de la Bourse du travail vers la place Martin Bidoure, d’où la manifestation va officiellement s’élancer.

    14h30 Plusieurs centaines de manifestants arrivent place Martin Bidoure, dans le quartier du Pont du Las à Toulon.

    14h40 Olivier Rosay, secrétaire départemental Solidaire.s du Var, qui a porté le référé liberté devant le tribunal administratif concernant l’interdiction de manifester, sa suspension partielle et l’autorisation d’un parcours alternatif « n’est pas une vraie victoire car on souhaitait manifester en centre ville. Même si on avait proposé ce parcours au préfet hier, ce n’était pas ce qu’on voulait obtenir.» Il se réjouit tout de même de voir «qu’il y a quand même du monde» malgré un verdict rendu tardivement, «mais le déferlement médiatique a dissuadé quelques collègues et manifestants, le gouvernement a réussi ce qu’il voulait en montrant en boucle des images de violence. On continue notre mobilisation, qu’on appellera à amplifier davantage car il y a une profonde colère sociale dans le pays, des salariés et couches populaires qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. »

    14h55 Le cortège s’élance dans les rues du Pont du Las. Des dizaines de personnes le rejoignent en route.

    15h50 1200 personnes traversent actuellement, dans le calme, le quartier du Pont du Las à Toulon, en se dirigeant vers la porte Castigneau. Les syndicalistes, parmi lesquels la CGT et Solidaire.s, sont nombreux à avoir revêtu leurs chasubles, contrairement à la semaine dernière.

    16h Plusieurs soignantes, qui composent l’équipe de street medics bénévoles de la manifestation, affirment que « certains policiers ont emmené des collègues dans les camions, et leur ont enlevé leur matériel », car celui-ci était composé de masques, contraires à l’arrêté préfectoral interdisant le port d’objets pouvant dissimuler le visage. « D’autres sont plus compréhensifs et nous ont laissé passer », précisent-elles, tandis qu’une responsable négocie actuellement avec des membres de forces de l’ordre pour récupérer ce qui a été intercepté.

    16h05 Stoppé par les forces de l’ordre à la sortie du pont du Las, le cortège se disperse. Certains manifestants ont regagné la place Martin Bidoure, quand d’autres s’engagent par petit groupe dans des rues attenantes.

    16h20 Plusieurs centaines de manifestants se sont dirigés vers le boulevard Lazare Carnot, bloqués par des policiers. Ils repartent en direction du Pont du Las.

    Finalement les manifestants s’engagent sur le Boulevard de Strasbourg, en direction de la place Liberté, et donc du périmètre interdit par la Préfecture.

    16h30 Arrivés à hauteur du lycée Bonaparte, les manifestants sont repoussés par de premiers tirs de grenades lacrymogènes des policiers.

    16h38 Une vingtaine de policiers bloquent le boulevard de Strasbourg, porte d’entrée du centre-ville, et ont procédé à une dizaine de tirs de grenades lacrymogènes. Un manifestant a été arrêté.

    17h «Vous avez des salaires de misère. Vous êtes des travailleurs comme nous. Rejoignez-nous ! », crie une manifestante à l’attention des policiers.

    17h40 Les manifestants, jeunes pour la plupart, sont repoussés vers la porte Castigneau, à l’entrée de la ville. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    18h Une jeune manifestante toulonnaise demande aux auteurs de jetés de pierres « d’arrêter de donner des images pour la télé », alors que les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivent. La BAC a effectué des tirs de LBD dont certains semblaient tendus.

    18h30 La centaine de manifestants toujours présente à Toulon a été repoussée jusqu’à son point de départ, au Pont du Las.

    18h35 Les forces de l’ordre ont encerclé le quartier du Pont du Las en s’établissant dans les rues parallèles et pris les manifestants par surprise. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    19h Les quelques manifestants restants ont été dispersés dans le quartier du Pont du Las, à Toulon. Les forces de l’ordre restent positionnées sur l’avenue du 15e Corps.

    Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque

    10h20 Environ 70 personnes sont pour l’instant réunies sur le rond-point de l’A51, où une cyclo-chorale militante et itinérante est arrivée à vélo et apprend des chants aux manifestants. Plusieurs jeunes rejoignent le mouvement ce samedi.

    10h30 Alors que les manifestants chantent calmement, les policiers viennent à leur rencontre pour les informer que la préfète est en train de prendre un arrêté d’interdiction et leur ordonner de se disperser, sous les protestations des manifestants, qui n’avaient pas déclaré le rassemblement.

    La préfecture vient de confirmer un arrêté d’interdiction de manifester à Manosque à partir de 12h.

    Hautes-Alpes

    À Gap

    9h25 À Gap, une cinquantaine de personnes sont rassemblées, pour le moment, place Desmichels.

    10h10 De nombreux manifestants trouvent l’interdiction de manifester au centre ville « disproportionnée ». « On vient à chaque manif depuis des années à Gap et il n’y a jamais eu de violences, ce sont des mobilisations familiales. Tous ces policiers et un drone pour nous surveiller, c’est n’importe quoi », déplore Léa, une manifestante.

    10h20 La nouvelle est tombée : la manifestation est finalement autorisée dans le centre ville. Les manifestants ont donc annoncé un cortège vers le centre ville.

    10h45 Même si l’interdiction a été levée, la manifestation n’est pas déclarée. La police ne laisse pas passer le cortège rue Carnot dans le centre-ville. Il y a environ 200 personnes dans le cortège.

    11h10 Le cortège défile calmement entre les allées du marché sous les regards étonnés des commerçants et clients.

    12h45 La manifestation touche à sa fin, il y a eu jusqu’à environ 380 personnes. Quelques manifestants restent pique-niquer sur un rond point.

  • [La jeunesse européenne se révolte] En Serbie, « contre la corruption »

    [La jeunesse européenne se révolte] En Serbie, « contre la corruption »

    Les élections législatives anticipées de ce 25 octobre pourraient modifier le paysage politique du pays. Face au président démissionnaire Aleksandar Vucic, dont le Parti progressiste serbe (SNS) est au pouvoir depuis 14 ans, s’est constituée une liste électorale soutenue par les étudiants, qui compte remporter le scrutin.

    Nikola Čuturić, soutien de la Liste Étudiante, étudiant en mathématiques à Belgrade.

    « Les manifestations contre la corruption systémique ont débuté à l’hiver 2024, en réaction à l’effondrement d’un auvent de la gare de Novi Sad qui a tué 16 personnes. On avait quatre revendications, à l’issue de larges protestations. Nous voulons la publication de tous les documents relatifs à la construction du quai et la poursuite des coupables. L’arrestation de tous ceux liés au gouvernement ou institutions locales qui ont attaqué les étudiants, professeurs et manifestants pacifiques, ainsi que la libération de ces protestataires. Et, enfin, on exige l’augmentation du budget de l’éducation de 20%. Je soutiens la « Liste étudiante – Les étudiants gagnent », choisie par les jeunes, dont le but est de démocratiser notre société et de faire en sorte que chaque voix compte. »

  • [La jeunesse européenne se révolte] En Grèce, « pour la guerre, il y a de l’argent ! »

    [La jeunesse européenne se révolte] En Grèce, « pour la guerre, il y a de l’argent ! »

    Sont mis en cause, la pénurie de personnel et des bâtiments scolaires
    en piteux état. L’union des professeurs du secondaire, Olme, dénombre un manque de 15
     000 enseignants dans les écoles à travers le pays. Selon les données d’Eurostat, 3,3% du PIB est consacré à l’Éducation et 3,1% à la Défense. Le budget de l’Armée a augmenté 8,2 milliards de dollars, en hausse de 5%.

    Michalis Kazadeis, membre du conseil des élèves du lycée de Petroupoli

    « Les élèves des établissements scolaires de toute la Grèce, y compris le mien, sont en pleine révolte. Nous discutons de la manière d’organiser notre lutte et de mener des actions contre cette politique qui a laissé nos écoles dans un état si déplorable que chaque journée ressemble à un combat pour la survie. Des plafonds qui s’effondrent dans les salles de classe, des établissements inondés,
    des écoles évacuées seulement après que les élèves l’aient exigé suite à des fuites de gaz. Notre slogan c’est : « de la Grèce à la France, nous luttons pour une éducation publique et gratuite ! ». Ce n’est pas un hasard, nous descendons dans la rue pour les mêmes raisons. Pour la guerre, l’argent ne manque pas ! Et, après tout, nos écoles ne sont pas des bases de l’Otan, alors pourquoi l’État dépenserait-il de l’argent pour elles ? »

  • [La jeunesse européenne se révolte] En Italie, « transformer la colère, un défi »

    [La jeunesse européenne se révolte] En Italie, « transformer la colère, un défi »

    En Italie, la vie chère est au centre de la contestation contre le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Dans le week-end, la colère a éclaté dans les rues de Milan. Et comme en France, le gouvernement ne choisit pas une réponse politique mais répressive en déployant l’armée dans la capitale économique du pays. Le gouvernement a également décidé d’imposer des amendes aux parents pour les dégradations commises par leurs enfants lors des manifestations. Le rêve d’une partie de la classe politique française. Un appel à la grève générale est lancé pour le 20 novembre.

    Edoardo Casati, secrétaire national des jeunes communistes italiens

    « Deux mouvements de protestation convergent : celui des routiers du Sud, mis à mal par le coût du carburant et la spéculation, et celui des étudiants, inspirés par la France. Les routiers se demandent comment des tomates vendues entre 6 et 7 euros le kilo
    au supermarché ne leur rapportent que 12 cts. Les étudiants se sont joints aux barrages routiers et aux grèves portuaires. Le gouvernement de Meloni durcit les lois sur la sécurité, en ciblant les mineurs et les barrages routiers. Pourtant, la logistique est l’un des rares secteurs où les grèves touchent directement les intérêts économiques. À Milan, des pages Instagram et des groupes WhatsApp ont mobilisé des foules que les organisations traditionnelles peinent à atteindre. Le défi consiste à transformer la colère en objectifs politiques, et non en violence. »