Tag: manifestations

  • À Avignon, les agriculteurs en veulent à l’Europe

    À Avignon, les agriculteurs en veulent à l’Europe

    Devant le portail orné de drapeaux européens de la préfecture de Vaucluse, ce mardi 6 janvier en début d’après-midi, un peu moins d’une centaine d’agriculteurs ont manifesté à l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA). Des bannières bleues à douze étoiles dorées, prêtées par les maires du département, pour signifier leur soutien contre différentes mesures de l’Union européenne.

    Parmi les mesures décriées, le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, sur lequel les pays membres seront potentiellement appelés à se prononcer ce vendredi 9 janvier. « C’est tout simplement de la concurrence déloyale. Ces pays ne sont pas soumis à la même réglementation que nous. C’est comme si on envoyait l’équipe de France de foot en finale de Coupe du monde sans que les joueurs ne portent de crampons », image ainsi Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA de Vaucluse. Pour le responsable syndical, c’est une « mise à mort » de « la première économie du département ». Tout en concédant que c’est surtout « l’agriculture qui nourrit », comprenez les moyennes à grandes exploitations, qui seront les plus touchées par ces mesures. Mais que celle-ci « permet aux gens qui n’ont pas les moyens de se nourrir correctement ». Quant à la promesse du Premier ministre Sébastien Lecornu de contrôles des résidus de produits phytosanitaires interdits en Europe, Sylvain Bernard estime que l’État « n’a pas les moyens » de mettre cela en œuvre.

    À quelques mètres de là, un cercueil avec écrit en lettres rouge sang « Paysans » est accroché à l’arrière d’un tracteur. « Si ça continue comme ça, on va tous finir dedans », lâche un membre des Jeunes agriculteurs. Une délégation de représentants du syndicat a été reçue dans la soirée ce lundi 5 janvier. C’était laborieux », regrette Guillaume Greter, vice-président des JA de Vaucluse. « Cela devient très compliqué de tirer des revenus avec toutes ces taxes », poursuit-il. Il vise notamment la taxe carbone, officiellement nommée Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Celle-ci taxe les engrais importés. « Cela représente 80 euros supplémentaires par tonne d’engrais. La période néfaste va continuer. Il faut continuer notre mobilisation et ne pas baisser les bras », lâche de son côté Sophie Vache, présidente de la chambre d’agriculture de Vaucluse et ex-présidente de la FDSEA 84.

    Délégation inhabituelle

    Une délégation d’une dizaine d’agriculteurs a été reçue par le préfet de Vaucluse. Mais le seul élu dans l’un des syndicats était le président des JA, Jordan Charansol. « On veut que le message soit donné par d’autres personnes que ceux qui ont l’habitude. Avec leurs mots et leurs ressentis », précise Sylvain Bernard. À l’image de Sébastien Mazoyer, céréalier à Uchaux et membre de la FDSEA. « On va finir par crever, mais on ne crèvera pas tout seuls. Là, on est bien gentils. Mais on va finir par s’énerver. Si on est obligés de partir car ce n’est plus viable, il restera quoi dans nos communes ? C’est aussi nos paysages de champs qui ramènent des touristes. Mais ils vont finir en friche », confie-t-il quelques minutes avant de s’engouffrer dans la préfecture. Jean-Philippe Bres, également céréalier et affilié à la FDSEA, évoque des « trésoreries à sec » après avoir subi des taxes sur les engrais et estime qu’avec « le cours très bas des céréales, un paquet d’exploitations de la région vont déposer le bilan cette année ».

  • Venezuela : à Avignon, Martigues et Toulon, les Provençaux concernés

    Venezuela : à Avignon, Martigues et Toulon, les Provençaux concernés

    Plus de deux cents manifestants se sont réunis devant l’Hôtel d’Avignon ce lundi 5 janvier dans un froid glacial contre « l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores ».

    Un peu serrés par les installations de Noël, pas encore démontées, l’esprit des fêtes a laissé place à la colère pour les membres et sympathisants d’un collectif unitaire constitué d’une quinzaine d’organisations, dont le PCF, LFI, la CGT, la FSU, EELV ou encore la LDH ou Pax Rhona. « Ils veulent faire pareil qu’au Chili dans les années soixante-dix. Trump veut s’emparer de leur pétrole », considère Bernard Recquerie, membre de France Amérique Latine en Vaucluse.

    Menace pour la France

    Des prises de parole se sont enchaînées sur le parvis de la place de l’Horloge entre les El pueblo unido jamás será vencido (« Le peuple uni jamais ne sera vaincu ») lancés par les manifestants. Comme Julien de Benito, secrétaire départemental du PCF du Vaucluse, qui regrette la déclaration d’Emmanuel Macron, la qualifiant d’une « extrême gravité en se félicitant de la chute d’un président à la suite d’une intervention militaire étrangère ». Ou encore Fabienne Haloui, vice-présidente de la section LDH Avignon Orange Carpentras, qui dénonce une « violation flagrante des principes de l’égalité ». « La France aussi est sous la menace impérialiste », rappelle Vincent Gauthier, militant LFI, en citant, entre autres, l’interdiction de séjour aux États-Unis de l’ancien commissaire européen Thierry Breton.

    Et aussi

    Le PCF de Gardanne

    C’est via un communiqué que la section PCF de Gardanne et des élu.es du groupe Collectif Citoyen Gardanne Biver a tenu à réagir à « l’agression impérialiste contre le Venezuela ». Dénonçant les « prétextes fallacieux » et le « mépris le plus total du droit international », ils soulignent que la position du président Macron leur « paraît particulièrement irresponsable ». Condamnant cette invasion, ils appellent au « respect du droit international et de la souveraineté du peuple vénézuélien » et demandent une « réunion de la commission de sécurité de l’ONU ».

    CGT Paca

    Dans un communiqué commun, le comité régional de la CGT et les six unions départementales dénoncent une « agression militaire unilatérale ». « Les puissances financières ne s’encombrent même plus d’utiliser les structures politiques pour servir leurs intérêts », s’alarment les signataires, affirmant leur soutien au peuple vénézuélien.

    À Toulon
    À Martigues
  • [Rétrospective social 2025 1/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    [Rétrospective social 2025 1/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    Une année marquée par un front syndical mobilisé contre les différents budgets austéritaires. Débutée avec François Bayrou comme Premier ministre, l’année commence avec des grèves chez les syndicats des services publics (CGT et FSU notamment) dès février contre ses projets de réformes. Rebelote le 20 mars avec une large intersyndicale appelant à la défense de la Sécurité sociale, à l’initiative des organisations de retraités. Des actions pas que symboliques puisque 2025 marque le 80e anniversaire de la Sécu. Et le 3 avril, les syndicats de l’État, se remettent en grève à l’appel de la CGT, l’Unsa, la FSU et Solidaires, toujours pour la défense des services publics sur fond de potentielle casse à venir, alors que François Bayrou prépare des milliers de suppressions d’emplois chez les fonctionnaires. Le début de l’année est donc placé sous le signe de la défense de conquis sociaux principalement. La CGT lance également une alerte sur la destruction de l’industrie française, énumérant les milliers de pertes d’emplois dans le secteur. Le Premier ministre palois joue la montre avec un « conclave » sur la réforme des retraites : un cycle de réunion, qui réunit une partie des syndicats et organisations patronales pendant des mois. Les représentants des travailleurs dénoncent des discussions qui n’aboutissent à rien et quittent peu à peu la table des négociations. Et justement, le 5 juin, le combat contre la réforme des retraites est ravivé avec des mobilisations à l’appel de la CGT. C’est aussi le jour de la niche parlementaire du Parti communiste français où l’abrogation de la réforme de 2023, qui place l’âge de départ à 64 ans, est au programme.

    Un septembre chaud
    Piquet pour le plein d’énergie
    Dans le cadre du mouvement social du 10 septembre, et prévu pour 3 jours, le piquet de grève des énergéticiens de Marseille sur le site du boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement aura tenu jusqu’au 18 septembre, où les grévistes gagnent une entrée en négociation sur la base de leurs revendications. Jours et nuits, ils se relaient sur le site et organisent des soirées concert ou projections de films, des repas à partager, et invitent les habitants à un débat pour décrypter leurs factures. « On tient ce piquet de grève depuis le 2 septembre pour revendiquer des hausses de salaires et la baisse des factures d’électricité pour les usagers », explique Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT Énergie de Marseille. Rechargé à bloc, on le retrouve le 2 octobre perché sur le camion des énergéticiens d’où il lance un discours enflammé sur l’état des services publics en France.
    M.G.
    Le 12 décembre – Pour les salariés de Pamar, la lutte jusqu’à la victoire

    La cour d’appel a confirmé, ce vendredi 11 décembre, la décision du conseil des prud’hommes de réintégrer les employés de la blanchisserie du groupe Sainte Marguerite. Défendus par Me Doudet, les petits salariés obtiennent une victoire juridique qui vient couronner deux ans de lutte, soutenus par la CGT quartiers Nord de Marseille, contre un employeur qui les avait menacé de mort parce qu’ils avaient alerté sur des conditions de travail et d’hygiène indignes. Un marathon juridique et un conflit social exemplaire.

    M.G.

    Le 22 janvier – ArcelorMittal menacé de fermeture

    Alain Le Grix de la Salle, président d’ArcelorMittal France, annonce devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, que « tous les sites européens d’acier sont à risque » de fermeture en 2025.

    Le 22 janvier – Négociations tendues pour les salaires chez Technic Atom

    Devant le site des Milles, plus de 200 salariés ont rejoint le piquet de grève de l’intersyndicale CGT, CFDT et la CFE-CGC. La société spécialisée en réalisation et maintien de réacteurs nucléaires proposait moins de 3% d’augmentation lors des NAO alors que les syndicats en demandaient 4. Ils estimaient : « On génère 90 millions de bénéfices. L’argent est là. On voudrait qu’il profite aux salariés. »

  • [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    La SPLA-IN remet debout ses premiers immeubles

    La société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix-Marseille-Provence a réceptionné en ce dernier trimestre 2025 les travaux de gros œuvre des 34, 36, 38 et 40, rue Jean-Roque (6e) à Noailles. Désormais, le second œuvre (sols, cloisons, plomberie, électricité) est lancé pour y aménager 16 logements sociaux confiés au bailleur Vilogia. Le gros œuvre se termine au 50-52, rue de la Joliette. D’autres chantiers des deux premiers appels à manifestations d’intérêt ont démarré au 30, rue du Musée, 4, 6 et 7, rue Nationale, 23, rue des Petites Maries, 28, montée des Accoules, 1 et 2, rue Puits Baussenque, 1, rue Porte Baussenque. La livraison des premiers immeubles entièrement réhabilités interviendra à l’automne 2026. Les travaux de démolition de la pointe de l’îlot Hoche Kléber (80 au 88, rue Hoche et 107/109, rue Kléber prolongée) vont débuter. La démolition est achevée des immeubles irrécupérables des 166, 168, 170, rue Félix-Pyat et des 33, 35, 37, rue Hoche.

    Après avoir élaboré
    un modèle
    d’intervention réplicable qui satisfait les exigences architecturales, patrimoniales, environnementales, la SPLA-IN détenue à 59% par l’État, 35% par la Métropole et 6% par la Ville de Marseille, est désormais totalement lancée dans l’opérationnel pour recycler 182 immeubles dont 116 immeubles sur les quatre îlots prioritaires démonstrateurs, couvrant plus de 17 hectares de terrain. Son budget prévisionnel reste à 256 millions d’euros. « C’est une cordée, une chaîne d’acteurs, un modèle unique et innovant. On créé une nouvelle grammaire de la réhabilitation du centre de Marseille », résumait Franck Caro, le directeur général de la SPLA-IN en guidant la ministre du Logement, Valérie Létard, sur ses chantiers.

    Ce mois-ci, alors que le lieu-ressource est en cours d’aménagement sur le site des effondrements du 5 novembre 2018 et que le 61, rue d’Aubagne a été conforté, que le 69 a été démoli, le marché unique de travaux est lancé pour la réhabilitation des huit immeubles au 61, 71, 73, 75, 77, 79, 81 et 83, rue d’Aubagne. La signature des marchés est prévue pour mars 2026 avec un calendrier de 17 mois de travaux et une réception attendue en juillet 2027. Lauréat du second appel à manifestations d’intérêt, le bailleur social Erilia prendra en charge, en co-maîtrise d’ouvrage, la réhabilitation des immeubles du n°71 au n°83 pour produire 24 logements sociaux majoritairement en PLAI.

    Rue d’Aubagne : un jugement incompris

    Le procès qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024 a été à la mesure de l’onde de choc politique et humaine que continue de susciter ce drame historique de l’habitat indigne. 12 personnes et 4 sociétés ont fait face durant 6 semaines à leurs juges dans ce procès hors-norme pour rendre justice aux huit victimes de la rue d’Aubagne. Mais le délibéré rendu le 6 juillet 2025 a été une douche froide pour les familles. Les 102 parties civiles n’ont pas compris certaines relaxes ni la tiédeur des peines infligées alors que la faillite de toute la chaîne des responsabilités a été pleinement démontrée lors des débats. L’incurie systémique des propriétaires, du syndic, des agents municipaux, de l’expert judiciaire, du bailleur public, avait pourtant sauté aux yeux. Le procès en appel est d’ores et déjà très attendu. Il se tiendra du 2 novembre au 19 décembre 2026 dans la salle bien nommée des procès hors-norme de la caserne du Muy.

    D.C.

    12 mai : les Zennou, marchands de sommeil XXL, sont condamnés

    Ce jour-là, Raphaël Zennou, 86 ans, écope de 4 ans de prison dont un an sous bracelet. Il louait plus de 60 taudis à Noailles et Belsunce aux plus vulnérables. Les comptes du couple et deux immeubles sont confisqués soit plus de 1 million d’euros. Ils ont fait appel.

    D.C.

    Airbnb, la fête est finie, Marseille est passée à l’offensive

    Après avoir fourbi ses armes, la Ville est passée cette année à l’offensive judiciaire pour tenter d’endiguer la jungle des meublés touristiques qui aggrave la crise du logement.

    Dans une ville où l’habitat dégradé frappe plus de 100 000 habitants pris au piège de 40 000 taudis, où près de 13 000 annonces de meublés touristiques fleurissent sur les plateformes en ligne dont plus de la moitié sont en violation du règlement édicté par la Ville, l’assignation exemplaire de trois multipropriétaires en infraction devant le tribunal judiciaire le 24 novembre est un tournant. Le cynisme triomphant du chirurgien de Périgueux narguant la mairie avec son « c’est Marseille bébé » était devenu intolérable, insupportable aux Marseillais qui peinent à se loger. Un des spéculateurs a même osé exploiter un meublé saisonnier dans un immeuble frappé d’un arrêté de péril.

    La Ville a réclamé une amende civile de 2,4 millions d’euros à l’encontre de trois gros propriétaires et de la conciergerie de l’un d’eux, pour n’avoir pas déclaré le changement d’usage de leurs 24 logements touristiques. Le tribunal judiciaire rendra son délibéré le 2 février 2026.

    L’arsenal réglementaire s’était considérable étoffé. La fête est finie. La municipalité a renforcé en février 2025 sa réglementation qui ne permet plus à ses investisseurs en nom propre ou via des sociétés de louer en courte durée leur soi-disant résidence secondaire, sauf à créer un logement classique en compensation dans le même secteur. Et au 1er janvier 2026, il sera interdit de louer plus de 90 jours par an contre 120 jours. 300 mises en demeure ont été adressées. L’offensive judiciaire n’est qu’à son début.

    D.C.

  • [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    L’année 2025 restera marquée, à Alès et plus largement dans le Gard, par une succession de mobilisations citoyennes face aux violences d’extrême droite et à la banalisation des discours racistes.

    Déclencheur : l’attaque du Prolé d’Alès, dans la nuit du 30 au 31 mai, en pleine feria. Une douzaine d’activistes néofascistes ont fait irruption dans ce lieu emblématique de la vie militante et festive alésienne, faisant une vingtaine de blessés. Très vite, l’émotion a laissé place à la colère et à la réaction. Dès le lundi suivant, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture d’Alès à l’appel du Parti communiste français et de nombreuses organisations syndicales, associatives et politiques. Une foule dense, plurielle, déterminée à dire non à la violence politique. À la tribune, élus locaux, responsables syndicaux et militants ont dénoncé une attaque « préméditée » et exigé que les auteurs soient identifiés et jugés. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a fait le déplacement pour apporter son soutien aux victimes et alerter sur une « montée des violences d’extrême droite qui n’a plus rien de marginal ».

    Cette mobilisation ne s’est pas éteinte avec les jours. Tout au long de l’année, le Prolé est resté un point de ralliement. En septembre, une soirée de solidarité, mêlant concerts et prises de parole, a permis de collecter des fonds pour les victimes, alors que l’enquête judiciaire tardait à avancer. En novembre, les avocats des parties civiles ont publiquement dénoncé l’inertie de la procédure, relançant la mobilisation politique et médiatique.

    La peur doit

    changer de camp

    Comme une prémonition, Alès avait déjà pris toute sa part aux manifestations nationales contre le racisme et l’extrême droite, notamment le 22 mars, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Près de 300 personnes avaient battu le pavé dans le centre-ville cévenol, tandis que près de 90 000 manifestants défilaient partout en France. Syndicats, associations, collectifs et partis de gauche ont dénoncé une parole raciste « désinhibée » et appelé à l’unité face à ce qu’ils décrivent comme une menace démocratique majeure.

    De l’attaque du Prolé aux marches antiracistes, 2025 aura ainsi dessiné une ligne claire  : celle d’une riposte citoyenne qui refuse la peur, revendique la fraternité et rappelle que la rue reste un espace central de résistance démocratique.

  • Les taureaux camarguais menacés par l’épizootie

    Les taureaux camarguais menacés par l’épizootie

    À bord de son quatre-quatre rempli d’outils en tout genre, Michel Gallon est fier de traverser sa manade pour présenter quelques-unes de ses bêtes, dont il connaît, toujours ou presque, toute l’histoire. « Celle-là, on a emmené un de ses fils en Espagne cette année. Elle s’appelle Mosquera, raconte-t-il, enthousiaste. Et celle-là s’appelle Odalisca, un de ses demi-frères a été gracié en Espagne. Et elle, elle est belle non ? C’est Mora. »

    Deuxième génération à exploiter cette manade arlésienne de 600 hectares, Michel Gallon travaille aujourd’hui avec deux de ses fils à l’élevage de 350 bêtes. Il s’agit en majorité de bovins de combats espagnols, destinés à la Corrida pour les mâles et à la reproduction pour les femelles, et dont les « caractères » sont méticuleusement choisis au fil des ans, pour faire naître les bêtes les plus performantes possibles. Au sujet de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie bovine responsable du très contesté abattage de 207 bovins en Ariège, Michel défend une position modérée. « Tuer toutes ces bêtes, bien sûr que c’est horrible, c’est un crève-cœur, s’émeut-il. Mais je ne suis pas vétérinaire, je me dis que si les scientifiques ont pris cette décision, c’est peut-être que c’était la seule solution. » En France, la réglementation actuelle veut qu’en cas de découverte d’un foyer, la totalité du troupeau soit abattue, y compris les animaux sains. C’est contre cet « abattage systématique », qu’éleveurs et agriculteurs, pour la plupart issus de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, se sont levés en Ariège, dans le Sud-Ouest puis dans le reste de la France. La journée du 11 décembre, marquée par des manifestations en soutien au propriétaire des 207 bovins menacés par l’abattage – et abattus depuis – vivement réprimées par les forces de l’ordre, a également marqué les esprits. Thomas, fils de Michel et lui aussi exploitant sur la manade, voit ces récents événements d’un œil bien plus sévère que son père. « Tout ça me choque. Le soir des manifestations en Ariège, je bondissais sur mon canapé. Autant de violence contre des mecs qui essaient de défendre le travail de toute une vie, s’indigne-t-il. Et puis tuer des bêtes qui ne sont pas malades, on ne peut pas faire ça, c’est pas normal. »

    Les manadiers plaident pour la vaccination

    À quelques kilomètres, dans la manade Albert-Chapelle à Saint-Martin-de-Crau, Florent Chapelle, qui élève sur place 170 bêtes sur 185 hectares, est lui aussi fermement opposé à l’abattage systématique. À bord de son tracteur, arrêté au milieu de ses taureaux di Biou, race emblématique de la Camargue, il qualifie la répression policière du 11 décembre de « scandale d’État ». « Il serait bon qu’enfin on écoute les gens du terrain. L’abattage total ne peut pas être une solution, assène-t-il. Ici en Camargue par exemple, la race di Biou fait partie intégrante de notre patrimoine, c’est l’âme de la culture camarguaise. La perdre serait une grave atteinte à la biodiversité locale. » L’éleveur, qui souligne le temps nécessaire pour reconstituer un cheptel, construit année après année à partir d’une précise sélection des bovins en fonction de leur tempérament, plaide pour la vaccination préventive. « La saison des courses camarguaises commence en mars et le vaccin met 28 jours à agir. Le compte à rebours est donc lancé », s’inquiète-t-il.

    Emmanuel Lescot, président de la Fédération des manadiers, défend lui aussi la solution vaccinale, bien que demeurant plus nuancé. « Je comprends que ça soit compliqué pour les collègues qui font de la viande, car la vaccination met en cause l’exportation. Le combat reste collectif. Nous nous tenons à la disposition de l’État pour réfléchir à des solutions. »

  • Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Si on arrête, tout s’arrête ! ». C’est le slogan qui va résonner un peu partout en France ce jeudi, à l’occasion de la journée internationale des Migrants. Une journée décrétée par l’ONU après l’adoption de la Convention Internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille. Proclamée en 1990, elle est entrée en vigueur en mars 2003, mais n’a été ratifiée par aucun pays européen.

    Manifestation

    aux flambeaux

    Deux appels ont été lancé au national. Le premier, « Une journée sans nous », porté par la Marche des solidarités et plus de 400 organisations et syndicats locaux, appelle à la manifestation et à la grève pour l’égalité des droits, contre le racisme et le fascisme. Le second, « Né.es ici ou venu.es d’ailleurs », comptait parmi ses signataires la confédération CGT, Solidaires, Attac ou encore la Cimade.

    Des dizaines de manifestations sont prévues en France. A Marseille où ce 18 décembre, résonne aussi avec la publication de la Charte mondiale des migrants qui y a été initiée en 2016, plusieurs rendez-vous vont ponctuer la journée.

    En fin de matinée (11h30), le Collectif réquisition ambiancera en fanfare la place Bargemon où se tient le Conseil municipal. Au menu : prises de paroles, point infos, foot réquisition, cartographie collective et marche du vide. Direction ensuite la Porte d’Aix où dès 10h, des permanences d’accès aux droits « hors les murs », des tables d’information, des stands de collectifs et des ateliers pancartes sont prévus.

    Dans l’après-midi (14h30), la CNT-SO organise un rassemblement, place Henri Verneuil devant l’hôtel Golden Tulip Euromed-Joliette. Après une journée de grève le 5 décembre, les femmes de chambre de l’établissement sont en négociation. « L’occasion de les soutenir, d’échanger sur leur condition de travail, de lutter contre le racisme et de se mobiliser, alors que l’industrie hôtelière et du nettoyage exploite beaucoup de travailleurs étrangers », indique le syndicat.

    A partir de 18h enfin, depuis la porte d’Aix, une quarantaine d’organisations syndicales, associations, collectifs et partis appellent à une marche aux flambeaux vers les Réformés.

    Les mots d’ordres sont multiples : abrogation de la loi Darmanin, des circulaires Retailleau et de toutes les lois racistes ; présomption de minorités pour les mineurs isolés ; régularisation de toutes les personnes sans papier ; réquisition des logements vacants ; fermeture des Centres de rétention administratives ; liberté de circulation et d’installation ; justice sociale et la solidarité, contre le racisme et le fascisme…

  • Pour la prime de Noël, les chômeurs CGT manifestent

    Pour la prime de Noël, les chômeurs CGT manifestent

    La prime de Noël, on s’est battu pour la gagner. On se battra pour la garder ! » C’est le slogan qu’ont inlassablement répété les militants de la CGT qui ont manifesté de l’agence de la Caisse d’allocations familiales du centre de Marseille jusqu’à la porte d’Aix, ce samedi matin. À l’occasion de la « Journée nationale de lutte pour les privés d’emploi », le comité CGT Chômeurs et précaires des Bouches-du-Rhône s’est mobilisé notamment pour défendre la prime de Noël.

    Une aide versée à partir de la mi-décembre aux plus démunis, notamment les personnes bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Et issue d’une longue lutte victorieuse débutée à La Ciotat en 1993 qui s’est étendue à Marseille puis aux Bouches-du-Rhône. « La prime de Noël, ce n’est pas de la charité. C’est un conquis gagné par une lutte fantastique pour les plus précaires », tempête Jean-Charles Baccarelli, secrétaire départemental de la CGT Privés d’emploi devant la CAF 13. Avant de dénoncer : « Le gouvernement veut aujourd’hui la supprimer ! » Une référence au projet de loi de finances pour l’année 2026 dans lequel il était initialement prévu de restreindre la prime de Noël seulement pour les bénéficiaires des minima sociaux ayant des enfants. « On a commencé à 23 chômeurs et après, nos luttes ont mobilisé des dizaines de milliers de chômeurs à Marseille. C’est un conquis, oui, mais rien n’est jamais acquis si on ne se bat pas. C’est un combat permanent », rappelle Charles Hoareau, figure de la lutte des privés d’emploi. Comme un symbole de la convergence entre travailleurs et chômeurs contre la fermeture des accueils de ces organismes, la mobilisation a rassemblé des militants de plusieurs organisations CGT, dont des travailleurs des organismes sociaux.

    Le député Manuel Bompard en soutien

    « L’assurance maladie, la sécurité sociale et les services publics disparaissent sous nos yeux. Les privés d’emploi et les assurés sociaux doivent être sacrifiés sur l’autel de l’austérité pour les capitalistes », abonde David Garcia, au nom de la fédération CGT des organismes sociaux. Et la situation qu’il décrit ne risque pas de s’arranger. « La réforme de l’assurance chômage actuellement débattue à l’Assemblée nationale et inscrite dans le budget est la plus violente jamais connue dans ce pays », analyse François Canu, pour l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Dans ce combat, les militants ont reçu « tout le soutien » du député insoumis de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, présent à la mobilisation. Il critique une « remise en cause de la prime de Noël inacceptable ».

  • La magie de Noël ouverte à tous durant trois semaines

    La magie de Noël ouverte à tous durant trois semaines

    Il a déjà commencé à s’inviter. Dans les vitrines des commerces de la ville, qui ont troqué le code couleur orange et vert pour le rouge, or et sapin. Dans les cuisines, d’où émane le doux parfum de cannelle. Dans une dizaine de jours, l’esprit de Noël, tout en générosité et en partage, aura fini d’envahir tous les quartiers de Martigues. Comme chaque année, la Ville et ses partenaires ont concocté un programme d’animations riche et gratuit.

    « Tous les événements sont pris en charge par la municipalité pour qu’ils soient accessibles à tout le monde, quel que soit son revenu », explique Marceline Zephir, conseillère municipale déléguée à l’événementiel et à la culture, particulièrement au festival des Fadas du monde et au carnaval. Tous, y compris les manèges, la roue de 9 mètres de haut qui sera installée au bout de la pointe San Crist, ou la luge gonflable qui sera installée place Gérard Tenque, le 17 décembre puis du 20 au 28.

    « Aucun quartier ni aucun public n’est oublié, avec des manifestations dans les quatre coins de la ville, pour les familles, mais aussi avec des activités dédiées aux séniors », affirme l’élue.

    De nombreux moments festifs

    À Jonquières, le marché de Noël ouvrira ses portes Esplanade des Belges, le 11 décembre, avec 22 exposants. Les illuminations seront officiellement lancées le vendredi 12 décembre à 18h, place de la Libération, avec un spectacles d’effets pyrotechniques et des parades. Le Père Noël fera son arrivée en barque sur le quai Maurice-Tessé, à Ferrières, le 13 décembre à 15h30. Le tant attendu mapping se déroulera quant à lui les 20 et 21 décembre, sur les bâtiments du quai Brescon et de la place Mirabeau.

    Côté spectacles, samedi 13 décembre, rendez-vous à 18h devant le cinéma La Cascade pour un conte moderne mêlant feu et musique, dans un univers féerique où la technologie sublime l’émotion. Un feu d’artifice sera tiré le 20 décembre, à 18h, du Théâtre de Verdure. Deux jours plus tard, au même endroit, des jongleurs de feu enflammeront la scène. Enfin, samedi 27 décembre, des drones illumineront la nuit et seront visibles depuis Sainte-Anne, à 18h. De nombreux défilés sont également programmés, les 13, 20 et 21 décembre, avec des personnages de dessins animés, le 23 décembre avec le groupe de musique Macadam qui déambulera à Jonquières et le 14 décembre pour la grande parade de Noël, avec la star de la période qui sera présente : le Père Noël.

    « Les centres sociaux organisent aussi de nombreuses activités créatives, ludiques, et des animations sportives en partenariat avec les clubs de la ville », précise Carole Gouiran, directrice à Jacques Méli, qui se réjouit : « Les gens qui ne partent pas en vacances peuvent profiter de trois semaines festives et familiales. »

    Programme complet sur le site de la Ville

  • « Non » à la guerre aux travailleurs

    « Non » à la guerre aux travailleurs

    Le mouvement social n’est pas prêt à baisser
    les bras ni la garde face au rouleau compresseur de l’austérité que constituent les deux projets de loi fondateurs pour la Nation et la vie de toutes et tous, à savoir le Projet de loi de finances 2026 et le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ces deux budgets sont charpentés par des économies drastiques au nom de la lutte contre les déficits publics. Cette austérité budgétaire est une déclaration de guerre au monde du travail, au mouvement social au sens plein. Celui qui comprend les associations, les forces vives de la République, les services publics.

    Question sociale

    La situation est grave au point que trois syndicats appellent à la mobilisation, ce mardi 2 décembre, partout en France et donc dans notre région. La CGT, la FSU et Sud-Solidaires en remettant au mitan du débat public la question sociale, incarnent aujourd’hui la République sociale. Inscrite dans notre Constitution, sur les frontons de toutes nos communes, la liberté, l’égalité et la fraternité sont mis à la marge. Or, si les inégalités s’accroissent, c’est parce que les choix politiques de la macronie et des droites, (avec la complicité de l’extrême droite) ont pris parti pour le capitalisme financiarisé en octroyant des cadeaux fiscaux honteux. Les dividendes aux actionnaires, voilà ce qui anime ces affairistes qui défigurent la République sociale. Les travailleurs sont considérés comme des variables d’ajustement à qui l’on promet de crever au travail en imposant une réforme inique des retraites et des salaires au rabais. Il faut dire « non » à toutes les guerres.